Paramédical 17

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Paramédical 17

 

les bacteries

 

Les bactéries, organismes unicellulaires procaryotes (1), ont des formes variées : ronde (cocci), ovale (bacille), en virgule (vibrion) ou spirale (spiro). Les bactéries pénètrent dans l’organisme et deviennent pathogènes (ou virulentes) après multiplication (2) et sécrétion de toxines (3). Elles vivent en présence d’O2 (bactéries aérobies) ou en son absence (bactéries anaérobies).

Des colorations de la capside distinguent les bactéries Gram+ et Gram- (4).

 

(1)     Sans noyau délimité.

(2)     Les bactéries forment un clone par scission.

(3)     Les toxines altèrent les cellules par divers mécanismes : inhibition de la synthèse protéique, induction de coagulation, perméabilisation des vaisseaux sanguins… 3 kg de toxine botulique pourraient tuer la totalité de la population de la Terre.

(4)     Les bactéries Gram+ prennent une couleur violette qui persiste en présence d’alccol.

 

structure

 

Chromosome (ADN)

Plasmide (porte les gènes de résistance aux antibiotiques)

Cytoplasme

Membrane plasmique

Capside protéique (+ ou – complexe)

Flagelle

 

forme

 

Coques :                  assemblage de petits ronds (en grappes ou en chapelets)

Bacilles :                 ovale, éventuellement avec des griffes

Spirochète :             en forme de serpent avec un flagelle

Vibrion :                 petite cellule allongée avec un flagelle (virgule)

 

pathologies bacteriennes

 

CONTAMINATION               MANIFESTATION – SIGNES CLINIQUES                          TRAITEMENT (1)

 

PESTE

Bacille de Yersin     Peste bubonique : fièvre (2), vomissements et bubon pesteux.             Prophylaxie : vaccination et

(puces du rat)          Peste septicémique (3) toujours mortelle                                               destruction des rats et puces (DDT)

                               Peste pulmonaire : contagieuse par la salive. Toujours mortelle.           Traitement : streptomycine + sulfamides

 

CHOLERA

Vibrion cholérique  Diarrhées spectaculaires (avec selles riziformes) et                               Prophylaxie : vaccination peu sûre

(eaux souillées par les selles)                 vomissements induisant une                  Chimio-prophylaxie (sulmadoxine)

                               déshydratation parfois mortelle. Algidité (4).                         Traitement : sulfamides + tétracyclines

 

LEPRE

Bacille de Hansen    Longue incubation (2-5 ans). On distingue 3 formes :                           Prophylaxie : hygiène

                               la lèpre indéterminée (éruptions cutanées), la lèpre                               Traitement : sulfones + sulfamides

                               tuberculoide (troubles nerveux, cachexie et mort),

                               et la lèpre lépromateuse (seule contagieuse).

 

TYPHUS

Rickettsie (5)           Grand frisson, fièvre (41°C), douleurs diffuses, délires,                       Prophylaxie : vaccination et destruction

(pou et puce)           exanthème (6) et tuphos (7). Coma et décès fréquents.                         des poux/puces (DDT)

                               On distingue 2 formes : le murin et l’exanthématique                            T : tétracyclines + chloamphénicol

                                (plus grave).

 

TUBERCULOSE (PHTYSIE)

Bacille de Koch       Hémoptysie (8), toux, expectoration sanglante, cavernes       Prophylaxie : vaccination BCG

(salive du tousseur)                pulmonaires à la radiographie, fièvre, asthénie,                     Traitement : rifampicine +

                               Amaigrissement. Atteintes extra-pulmonaires : osseuse,        isoniazide

                               uro-génitale (cystite, pyurie).

 

TETANOS

Clostridium tétani    La toxine bactérienne gagne les nerfs et les muscles avec      Traitement : désinfection et

(plaie souillée par la terre)      myocontracture de la face (= trismus). La mort      antibiothérapie

                               par asphyxie peut survenir en quelques semaines.                Prophylaxie : vaccination DTP

 

MALADIES SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (MST)

 

Tréponème              Syphillis : chancre (9), exanthème (mains et pieds).

                               Stade tardif : atteinte des os, cœur et nerfs. Stérilité.

                               Risque mortel.                                                                       Prophylaxie : préservatif

 

Gonocoque de Neisser            Blennorragie ou gonococcie : écoulement génital

                               purulent. Chez l’H : douleurs à la miction (= « chaudepisse »).             Traitement : pénicilline

                               Stade tardif : urétrite, salpingite, ovarite, orchite à stérilité.

 

Chlamydia                              Vaginites : picotement de l’urètre et prurit vulvaires.

 

Gardnerella vaginale               Ecoulements clairs à odeur de poisson. Risque de stérilité.

 

INFECTIONS DE L’ENFANCE

 

Bordetella pertusis  Coqueluche : éternuements, congestion nasale, quintes                         Traitement : macrolides

                               de toux sèche suivies d’apnée. Risques d’hypoxie.

 

Streptocoque           Scarlatine : fièvre, céphalée, angine rouge avec forte                             Traitement : pénicilline

                               dysphagie. Exanthème et énanthème (6). Syndrome

                               post-streptococcique (SPS) (10).

 

INFECTIONS COURANTES (en France)

 

Méningo-, pneumo-                Méningite (11) : fièvre, mal de tête, nuque raide voire                           Traitement : antibiotiques

strepto- et                               coma et convulsions. Hypoglycémie et hyperleucocytose.     (pénicilline…)

staphylocoque         Risque d’atteinte cérébrale.

                               La méningite à méningocoque peut être mortelle.

 

Aliments souillés    Toxi-infections alimentaires (12) : gastro-entérite avec                         Prophylaxie : vaccination Typhin VI

(volaille, viande, lait,                              diarrhées, fièvre et crampe abdominale.                 Traitement : tétracycline,

oeufs, fromage)       Paralysie, septicémie, tuphos et cachexie (13) (cas graves).   ampicilline, antidiarrhéiques

 

Corynebacterium     Diphtérie : angine, fièvre. Fausse membrane sur pharynx.     Prophylaxie : vaccination

Diphteriae                               Complication : myocardite, paralysies.                                  Traitement : anatoxine diphtérique

 

Streptocoque           Angine : gorge douloureuse, dysphagie, fièvre                       Traitement : antibiotiques

Strepto- et                               Pneumonie (14) : toux, expectoration sanglante,                    Prophylaxie : vaccination

 

staphylocoque         cyanose, dyspnée, fièvre élevée avec frisson.                        Traitement : pénicilline, sulfamides

 

(1)     Seuls les traitements essentiels sont indiqués dans ce tableau. D’autres médicaments peuvent être prescrits : antipyrétiques (en cas de fièvre), antalgiques (lutte contre la douleur) et anti-inflammatoires.

(2)     La fièvre résulte de l’action sur l’hypothalamus de substances pyrogènes :

1.Toxines bactériennes

2.Cytokines produites durant l’inflammation (IL-1).

                La fièvre se traite à l’aide d’antipyrétiques.

(3)     La septicémie est l’envahissement sanguin massif par des germes (bactéries, champignons). Risque mortel.

(4)     Chute de la température corporelle avec refroidissement des extrémités.

(5)     Micro-organisme (situé entre le virus et la bactérie) parasite des poux et des puces.

Il provoque diverses maladies : les rickettsioses.

(6)     L’exanthème est une éruption cutanée localisée sous forme de macules (taches rouges) ou de papules (petits boutons).

Ne pas confondre avec l’enanthème qui est une éruption localisée aux muqueuses.

(7)     Etat d’abattement intense

(8)     Crachement de sang provenant des poumons

(9)     Plaie génitale indolore et purulente

(10)  Le SPS est un ensemble de complications tardives dues au streptocoque (angine grave, otite supurée, septicémie, glomérulonéphrite, rhumatisme articulaire aigu)

(11)  On distingue diverses méningites (M)

1.M. cérébrospinale ou bactérienne aigue

2.M. aseptique, virale ou médicamenteuse

3.M. subaigue, due à des champignons, des cellules malignes ou à la syphillis.

(12)  Plusieurs bactéries sont à l’origine des toxi-infections alimentaires :

-campylobacter : GS

                               -Shigella : à l’origine de dysenterie bacillaires, GS ou mort par cachexie

                               -Escherichia Coli : GS

                               -Listeria, rare mais mortelle

                               -Salmonella : GS pour la forme mineure. La forme majeure provoque la typhoide et les paratyphoides A et B.

                               -Staphylocoque doré. Ce germe est responsable d’infections graves avec abcès, furoncle, anthrax et septicémie.

                               -Clostridium botulinum responsable du botulisme (GS ou mort par asphyxie dans 10 % des cas).

                GS = guérison spontanée

(13)  Etat de maigreur extrême observée en cas de graves affections (cancer, typhoide…), d’intoxication (drogue, alcool), de malnutrition.

(14)  La pneumonie ou inflammation des tissus pulmonaires peut avoir plusieurs origines :

-bactérienne (pneumocoques)

-mycoplasmique

-virale (virus grippal…)

-corps étrangers dans les poumons (vomis).

 

autres infections

 

-          Le furoncle et l’antrax sont des infections cutanées dues aux staphylocoques

-          La brucellose et le charbon sont transmis des ovidés et bovidés à l’homme

-          La légionellose (contamination par l’eau, notamment des circuits de climatisation).

 

staphylocoques et streptocoques

 

L’homme héberge naturellement les staphylocoques aux niveaux nasal et anal. Ces bactéries pénètrent le plus souvent dans l’organisme par la peau. Elles sont responsables d’infections cutanées et de septicémie. On distingue les staphylocoques blancs des staphylocoques dorés.

Pour combattre les staphylocoques, on utilise l’antibiothérapie (beta-lactamines, aminosides, lincosamides, synergistines, fosfomycine) (1).

 

L’homme héberge naturellement les streptocoques au niveau nasopharyngé. Ces bactéries pénètrent le plus souvent dans l’organisme par voie aérienne. Elles déclenchent des infections ORL, cutanées et sont responsables de septicémie.

Pour combattre les streptocoques, bactéries à Gram-positif (2), on utilise l’antibiothérapie (beta-lactamines, aminosides, lincosamides, synergistines).

 

Infections a staphylocoques

 

(1)     Ces bactéries à gram-positif deviennent de plus en plus résistantes aux antibiotiques et sont responsables des pathologies nocosomiales rencontrées en milieu hospitalier.

 

ORL                        Infections des muqueuses

Peau                        Plaie à staphylocoques

                               Impétigo, panaris, phlegmon

                               Abcès

                               Cellulite

Poumons                 Staphylococcie pulmonaire

                               Pleurésie, Pneumothorax

                               Abcès

Cœur                       Endocardite

Rein                        Néphrite

                               Phlegmon

                               Abcès

Vertèbre et moelle   Spondylodiscite

                               Epidurite

                               Méningite

Os                           Ostéomyélite

 

staphylocoques

 

Groupe de bactéries sphériques (cocci) associées en grappes.

 

infections a streptocoques

 

(1)     La coloration de Gram permet de différencier 2 groupes de bactéries :

- les bactéries à gram-positif prennent une couleur violette qui persiste en présence d’alcool

- les bactéries à gram-négatif perdent cette couleur violette en présence d’alcool, et se colorent en rose après adjonction de fuschine.

 

Système nerveux     Abcès cérébraux

                               Méningites

ORL                        Angines

Poumons                 Pneumonie

                               Pleurésie

Cœur                       Péricardite

                               Endocardite

Rein                        Néphrite

Peau                        Erysipèle

                               Impétigo

                               Eryhtèmes

                               Cellulite

Veines                     Phlébite

 

streptocoques

 

Groupe de bactéries sphériques (cocci) associées en chapelets.

 

la multiplication des coques

 

Les bactéries se reproduisent parfois par voie sexuée (conjugaison) mais le procesus asexué (ci-dessous) est le plus fréquent : la cellule se divise par simple scission en 2 nouvelles cellules qui grandissent à leur tour. Cette multiplication bactérienne est pourtant limitée (courbe ci-contre).

 

reproduction asexuee

 

La scissiparité consiste en un étirement de la bactérie suivi d’un étranglement qui aboutit à la formation de 2 cellules filles identiques. Il y a division nucléaire puis division cytoplasmique.

Chez les coques, l’absence de sépration des bactéries filles conduit aux diplocoques, streptocoques ou staphylocoques.

 

Schéma :  2 coques s’assemblent pour donner soit 2 coques isolées, soit un diplocoque.

                Les diplocoques s’associent pour donner des tétrades soit compactes, soit linéaires.

                Les tétrades compactes forment des staphylocoques ; les tétrades linéaires forment des streptocoques.

 

croissance bacterienne

 

On peut établir la courbe de croissance bactérienne en fonction du temps à partir de l’ensemencement d’un milieu nutritif liquide (l’inoculum constitue le nombre de bactéries initiales, ici 6 * 10 puiss. 5). On distingue 6 phases :

-          Latence (I)

-          Accélération (II)

-          Croissance exponentielle (III)

-          Ralentissement (IV)

-          Palier (V)

-          Lyse bactérienne (VI).

NB : l’efficacité des antibiotiques peut être déterminée par l’évolution de cette courbe sous l’effet d’une injection antibiotique.

 

Schéma :  Abscisse : temps en heures

                Ordonnée : nombre de bactéries

A partir du moment de l’inoculum, le nombre de bactéries passe de 10 puiss. 5,5 environ à 10 puiss. 6 vers la fin de II. Puis au cours de III, le nombre de bactéries monte jusqu’à plus de 10 puiss. 8. Au cours de IV et V, le nombre de bactéries reste en plateau, puis diminue lentement au cours de VII jusqu’à 10 puiss. 7.

               

encephalopathies spongiformes

 

Les encéphalopathies subaigues spongiformes transmissibles (ESST) sont des maladies humaines et animales, lentes, dégénératives du système nerveux central. Chez l’animal, on connait la scrapie (ou tremblante du mouton) et l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB ou maladie de la vache folle). Chez l’homme, le Kuru (dû à des rituels nécrophages en Nouvelle-Guinée) et la maladie de Creutzfeld-Jakob (littéralement champ de croix) sont aussi des ESST. Ces maladies sont transmises par des Prions qui sont des agents pathogènes dits non conventionnels. Les Prions sont différents des agents infectieux classiques car de nature essentiellement protéique probablement dépourvus d’acides nucléiques. Les malades atteints par le Prion ont une évolution mortelle sans rémission.

 

propagation

 

Le Prion est une protéine aberrante, dérivée d’une molécule normale existant dans l’organisme. Lorsque le prion normal (a) entre en contact avec le prion pathogène (b) ce dernier a la propriété de communiquer sa forme aux molécules normales : c’est ainsi que le prion se « multiplie » de proche en proche.

 

forme de la proteine prion (PrP)

 

  1. a.        Forme normale de Prp. La protéine est constituée de 4 hélices alpha.
  2. b.        Forma pathogène de Prp. Deux hélices alpha sont remplacées par 4 feuillets beta. La protéine pathogène n’a pas la même forme et donc pas la même fonction. Son accumulation provoque la maladie.

 

Schéma :  a. hélices alpha

.               b. feuillets beta.

 

cycle des prions

 

mecanisme de contamination

 

  1. 1.        Des farines animales produites à partir de moutons atteints de tremblante sont consommées par les vaches.
  2. 2.        L’homme en consommant certains tissus (en vert sur le schéma du bovin) peut à son tour être contaminé par le Prion.
  3. 3.        Dans l’intestin grêle, c’est au niveau des plaques de Peyer (PP) que le Prion s’accumule et se multiplie. Les PP sont des amas de cellules immunitaires (lymphocytes T, B, cellules présentatrices d’antigènes, cellules M) chargées de lutter contre les agents pathogènes. Toutefois, au niveau des PP la barrière intestinale est perméable ; c’est donc à cet endroit que certains germes (cholera, VIH, prion) entrent dans l’organisme via le sang.
  4. 4.        Du sang, le prion gagne les ganglions lymphatiques notamment les amygdales.
  5. 5.        Le Prion atteint le cerveau où il détruit irréversiblement les neurones. Le cerveau est criblé de trous, ici en blanc et prend l’aspect d’une éponge.

 

les signes cliniques

 

Il peut y avoir plus de 10 ans d’incubation de la maladie sans signe clinique. L’accumulation des protéines pathologiques provoque progressivement des troubles simulant une infection lente. Puis des problèmes moteurs et psychiatriques surviennent. L’évolution finale se fait vers la démence. Une fois déclarée, la maladie est mortelle en 14 mois.

 

probleme de sante publique

 

Identifiée en 1986, l’ESB a dévasté le bétail britannique puis français, suisse et portugais. Ce Prion dit nouveau variant peut franchir la barrière des espèces et toucher l’homme. Si peu de décès sont actuellement rapportés (une centaine en tout), l’ampleur de l’épidémie est inconnue (environ 500 000 personnes contaminées).

A l’heure actuelle, il n’existe aucun moyen de dépistage, ni aucun traitement.

 

Schéma :  Farines et ovins

  1. 1.        Bovin              moelle épinière – encéphale – thymus – tube digestif –
  2. 2.        Prion ingéré
  3. 3.        Dans l’intestion grêle, le Prion passe de la lumière du tube digestif à travers les villosités intestinales, pour s’accumuler au niveau des plaques de Peyer. Il passe ensuite dans le sang.
  4. 4.        Du sang le Prion remonte aux amygdales (ganglions lymphatiques).
  5. 5.        Puis le Prion atteint le cerveau. Le tissu cérébral prend l’aspect d’une éponge, d’où le nom de spongiforme.

 

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