Paramédical 16
Paramédical 16
la consultation clinique
EPIDEMIOLOGIE
Dans les pays industrialisés, les maladies infectieuses ne représentent que 1,5 % des décès mais 5 % des consultations de médecine générale. Plusieurs agents sont regroupés sous le nom de « microbe » : les bactéries, sensibles aux antibiotiques ; les virus, traités par quelques antiviraux ; les champignons, traités à l’aide d’antifongiques et enfin les parasites, nécessitant des antiparasitaires. Chaque agent infectieux est responsable d’une symptomatologie particulière. Depuis une vingtaine d’années, un nouveau type d’agent non conventionnel apparaît : le prion. La transmission de ces agents peut survenir de façon pandémique (a), épidémique (b) ou endémique (c).
A côté des maladies infectieuses, l’asthme et les allergies sont des pathologies communes en augmentation constante : 20 à 30 % de la population serait actuellement touchée.
(a) Infection de la quasi-totalité de la population d’un continent ou du globe
(b) Infection qui s’étend rapidement
(c) Infection qui s’étend dans une zone géographique précise.
interrogatoire
TEMPERATURE (1) : mesure rectale ou buccale de la température corporelle ; au-delà de 38,5°C, on parle de fièvre. La mesure axillaire (sous l’aisselle) est moins précise et l’on doit ajouter 0,5°C.
CONTAGE : contact avec un sujet malade ou porteur de la maladie.
SIGNES CLINIQUES : d’abord asymptomatique (sans signe clinique, sans modification du fonctionnement du corps) lors de l’incubation (période de développement de l’agent infectieux dans le corps humain, nécessaire à l’apparition de la maladie), le patient remarque ensuite certains symptômes à la phase d’état (période où la malaide est complète), puis retour à l’état antérieur (avant la maladie) avec ou sans séquelles lors de la guérison.
EPISODE ANTERIEUR : on recherche une infection similaire dans le passé afin de déterminer s’il y a une chronocité ou une récidive de la maladie : très fréquentes infections ORL chez l’enfant par exemple, ou infections urinaires à répétition, ou bronchite chronique.
ANTECEDENT : notion de diabète favorisant les infections, ou de terrain fragilisé par une insuffisance cardiaque ou pulmonaire.
PRISE D’ANTIBIOTIQUE : échec du premier traitement par résistances bactériennes à cet antibiotique ou agent infectieux différent de celui suspecté en première intention.
VACCINATIONS : vérification des vaccinations obligatoires : BCG contre la tuberculose, diphtérie, tétanos, poliomyélite. Vaccinations conseillées : coqueluche, hémophilus influenzae B, rougeole, oreillons, rubéole, hépatite B, grippe chez les personnes de plus de 65 ans.
(1) La température normale se situe entre 36,5°C et 36,8°C le matin et 37,5°C le soir. Elle diminue pendant le sommeil. Elle augmente au cours d’un effort physique, l’ovulation ou une émotion.
examen physique
TEMPERATURE : si température persistante, plus de 7 jours, faire une courbe de température pour suivre l’évolution en plateau (stable, supérieur à 38,5 °C) ou oscillante (descendant en dessous de 38 puis remontant au-dessus de 38,5°C).
ADENOPATHIE : on recherche des ganglions qui ont augmenté de volume au niveau cervical (cou), axillaire, inguinal (à l’aine). Recherche également de spélomégalie (2) et d’hépatomégalie (3).
EXAMEN CUTANE : on recherche une éruption, une mycose, des piqûres, des nodules sur la peau et dans la bouche.
CARDIOLOGIE : souffle cardiaque lors de l’endocardite infectieuse, tachycardie (battements du cœur supérieurs à 80 bpm) lors de la fièvre.
AUSCULTATION PULMONAIRE : crépitants (bruit de papier d’aluminium froissé) des pneumopathies, ronchus (ronflement grave) de la bronchite, couleur et quantité des crachats.
DIGESTIF : trouble du transit, constipation, diarrhée, nausées, vomissements.
ORL : otoscopie (examen des tympans) et examen de la gorge systématique chez l’enfant.
(2) Grosse (-MEGALIE) rate (SPLENO-) = augmentation du volume de la rate
(3) Gros (-MEGALIE) foie (HEPATO-) = augmentation du volume du foie.
temperature
- 1. La température normale : 37
- 2. Fébricule (petites oscillations thermiques) : entre 37 et 38,5
- 3. Fièvre hectique (grandes oscillations) : entre 37 et plus de 40
- 4. Fièvre en escalier (montée progressive) : de 37 à 40
- 5. Fièvre en plateau : 40
la fievre
- 1. Lors d’une infection (bactéries, virus…), des pyrogènes exogènes sont libérés. Les pyrogènes sont des substances provoquant la fièvre (ex : les LPS ou lipopolysaccharides de la paroi bactérienne).
- 2. Les agents infectieux peuvent être phagocytés par des macrophages qui libèrent également des pyrogènes dits endogènes (cytokines IL1, IL6, TNF…).
- 3. Les pyrogènes sanguins parviennent au niveau du cerveau dans l’aire préoptique et les OVLT (organes vascularisés de la lame terminale).
- 4. Là, il y a transformation d’acide arachidonique en prostaglandines (PGE2).
- 5. Les PGE2 augmentent la valeur de référence de la température corporelle : c’est la fièvre. Son action : détruire les germes.
Schéma :
La fièvre
1. La présence de bactéries et virus provoque la libération de pyrogènes exogènes (ex : LPS)
2. Les phagocytes libèrent également des pyrogènes endogènes (ex : IL, TNF)
3. Les pyrogène atteignent le cerveau (aire préoptique OVLT : au cœur)
4. L’acide arachidonique devient ici PGE2
5. La température corporelle monte de 37 à 40°C.
le syndrome infectieux
Sueur, maux de tête
Vasodilatations cutanées (joues)
Adénomégalies (2 côtés de la gorge, aisselles, aines)
Dyspnée
Myalgie, courbature, asthénie
Tachycardie
Rash (éruptions cutanées, ex : au pli du coude)
Splénomégalie
Oligurie
examens et medicaments
examen de sang
Plusieurs examens peuvent être réalisés :
- 1. NFS (ou numération formule sanguine) :
Monocytes, lymphocytes, granulocytes. Il y a infection si les leucocytes > 10 000 / ml.
Les neutrophiles augmentent en cas d’infections bactériennes ; les éosinophiles lors d’allergies ou d’infections parasitaires ; tandis que les basophiles, les lymphocytes et les monocytes augmentent au cours des infections virales.
- 2. VS (ou vitesse de sédimentation) :
Lors d’une infection, le foie et les macrophages sécrètent des protéines dont la CRP (= protéine C réactive), qui se fixe sur les bactéries et les levures et activent le complément.
Ces protéines sanguines modifient la VS et sont de bons marqueurs de l’inflammation.
- 3. Hémoculture :
Examen direct ou mise en culture de sang à la recherche de bactéries aérobies ou anaérobies. Elles doivent être répétées lors des frissons ou des pics de température qui signent le passage sanguin des bactéries.
- 4. Sérologie :
Dosage des IG. Les IgM sont sécrétées en premier et indiquent une infection récente ; les IgG sont sécrétées plus tard et indiquent une infection ancienne ou guérie.
- 5. PCR (ou polymerase chain reaction) :
- 6. Technique permettant d’amplifier de l’ADN ou de l’ARN des virus, présent dans le sang.
prelevements bacteriologiques
-CRACHATS
Mise en culture des crachats : recherche du bacille de Koch pour la tuberculose par exemple.
-COPROCULTURE
Examen direct des selles à la recherche de bactéries spécifiques ou de parasites puis mise en culture bactériologique. Il faut répéter cet examen pour augmenter les chances de détection.
-ECBU (= examen cytobacteriologique des urines)
Consiste à compter les leucocytes, hématies et germes dans l’urine. Il y a infection si leucocyturie (si nombre de leucocytes dans les urines) > 10 000 / ml et si germes > 100 000 / ml.
-PRELEVEMENTS DIVERS
La recherche des germes peut être réalisée au niveau de sites variés : cutané (au niveau d’une plaie), muqueux par écouvillonnage (gorge, urètre, vagin), rachidien (biopsie osseuse, ponction lombaire).
imagerie
-RADIOGRAPHIE PULMONAIRE
Permet de localiser l’infection sur une partie du poumon, de visualiser un épanchement pleural, un abcès pulmonaire, de rechercher des adénopathies (ganglions) du médiastin (partie entre les deux poumons) ou des infections bactériennes ou des mycoses (voir photo : aspergillose).
Photo : aspergillose, radio poumon avec filandres blancs ; photo du champignon aspergillus.
-SCINTIGRAPHIE ET RADIOGRAPHIE OSSEUSE
Une infection osseuse se traduit parfois par une déminéralisation osseuse localisée.
-ECHOGRAPHIE ET SCANNER
(cérébral, thoracique, et abdominal). Recherche de ganglions, d’abcès et de lésions diffuses des organes.
MEDICAMENT MODE D’ACTION INDICATIONS EXEMPLES
ANTIBIOTIQUE Action adaptée selon les bactéries Infection bactérienne Pénicilline, macrolide,
ciblées en fonction des résistances aminoside
naturelles et acquises.
ANTITUBERCULEUX Pénétration intracelulaire. Bactéries intracellulaires Isoniazide, rifampicine,
et ANTILEPREUX (tuberculose, lèpre) pyrazinamide, éthambutol
ANTIPARASITAIRE Paralysie des helminthes ou blocage Helminthes (oxyure, teania, Flubendazole, pyrantel,
de leur nutrition. ascaris, ankylostome) niclosamide
ANTIPALUDEEN Atteintes membranaires ou inhibition Prévention ou traitement Chloroquine, quinine,
enzymatique des protozoaires. curatif du paludisme proguanil, mefloquine
ANTIVIRAL Inhibition des mécanismes de Herpès, zona, VIH, CMV Aciclovir, foscarnet,
réplication virale. inhibiteur de la transcriptase inverse
ANTIFONGIQUE Détérioration de la membrane Mycoses Amphotercine B, éconazole
des champignons.
DESINFECTANT Destruction des bactéries. Antiseptique externe Chlorexhidine, povidone
IG Inactivation des virus par formation Tétanos, hépatite B, Ig (immunoglobulines) humaines
SEROTHERAPIE de complexes immuns. rage après contagion polyvalentes ou spécifiques
la lutte contre les microbes
La transmission des maladies infectieuses peut survenir de façon pandémique (1), épidémique (2) ou endémique (3).
Pour lutter contre ces infections, on dispose de différents moyens préventifs et curatifs :
- Asepsie, antiseptie et vaccination pour empêcher l’infection
- Antibiothérapie et sérothérapie pour lutter contre l’infection et empêcher la toxémie ou la septicémie.
(1) Infection de la quasi-totalité de la population d’un continent ou du globe
(2) Infection d’une zone géographique, pendant un laps de temps court
(3) Persistance du foyer infectieux dans une zone géographique.
l’infection bacterienne
- 1. Les bactéries traversent la peau ou les muqueuses de l’organisme (adhésion aux muqueuses, plaie)
- 2. Les bactéries se multiplient dans les tissus ; certaines produisent des toxines.
La toxicité (virulence) du microbe est fonction de sa capacité à se multiplier et/ou à produire des toxines.
- 3. On parle de septicémie lorsque les bactéries passent dans le sang.
On parle de toxémie lorsque les toxines passent dans le sang.
Schéma : L’infection bactérienne
Contamination : les bactéries traversent la peau.
Infection : les bactéries, et les toxines produites par certaines bactéries, entrent dans les leucocytes.
Toxémie : toxines dans le sang.
Septicémie : bactéries dans le sang.
antibiotherapie
C’est l’utilisation des antibiotiques, médicaments antibactériens qui luttent contre l’infection.
On distingue :
- Les bactériostatiques (tétracyclines, macrolides…) qui empêchent la multiplication,
- Les bactéricides (pénicilline) qui tuent les bactéries.
Le choix d’un antibiotique dépend de son spectre d’activité :
- Un antibiotique à spectre large lutte contre de nombreuses souches de bactéries car son action n’est pas spécifique.
- Un antibiotique à spectre étroit est utilisé quand la bactérie est identifiée.
L’antibiogramme
Il définit l’antibiotique le plus efficace. Pourtant, de plus en plus de germes résistent aux antibiotiques, comme les bactéries responsables des infections nocosomiales contractées à l’hôpital. Ces résistances sont liées au pouvoir de mutation des bactéries.
Schéma : L’antibiothérapie
Bactéricides : Destruction de la paroi, destruction de la membrane, altération de l’ADN et de l’ARN.
Bactériostatiques : Inhibition de la synthèse d’ADN et d’ARN, inhibition de la synthèse protéique.
(Dans la cellule : ADN à ARN à Protéine).
L’antibiogramme détermine la sensibilité d’une bactérie à différents antibiotiques (plages claires ci-contre = bactéries mortes).
Différents antibiotiques (points de couleurs entourés d’un anneau plus ou moins large de blanc) sur un disque gris (bactérie).
A chaque fois que l’organisme est confronté à un antigène (Ag), il produit des immunoglobulines (Ig) spécifiquement dirigées contre l’Ag (4). Cette réponse humorale est utilisée par la vaccinothérapie et la sérothérapie.
(4) Le graphique ci-dessous montre comment évolue le taux des Ig lors d’un permier, puis d’un deuxième contact, avec le même Ag.
la vaccination
C’est un traitement préventif.
- a. La vaccination consiste à injecter chez un sujet sain des antigènes de l’agent pathogène (sous forme morte, inerte ou atténuée).
- b. Le vaccin stimule le système immunitaire qui produit alors des anticorps.
- c. Lors d’une seconde infection par le même agent pathogène, les anticorps mémoires agissent immédiatement.
Cette immunité acquise doit être stimulée périodiquement par des rappels de vaccins.
Principales utilisations :
- Antibactériens (BCG, diphtérie, tétanos…)
- Antiviraux (poliomyélite, grippe, hépatite B,…).
Schéma : Réponses humorales primaire et secondaire
Abscisse : semaines ; Ordonnée : taux d’Ig.
Ag toutes les 4 semaines
Réponse primaire : l’IgG monte un peu à la 2ème semaine ; Réponse secondaire : l’IgG monte beaucoup à la 5ème semaine.
IgM monte très peu à la 2ème et à la 5ème semaine.
Schéma : Vaccination
Le vaccin introduit des antigènes sous la peau. Le système immunitaire produit des anticorps qui vont ensuite dans le sang.
Les anticorps mémoire agissent ensuite immédiatement sur un agent pathogène portant les antigènes.
la serotherapie
C’est un traitement curatif.
Le sérum est une fraction du plasma privée de fibrinogène et des facteurs de coagulation. Il contient les Ig qui luttent contre les agents infectieux.
- 1. Prélèvement du sérum (chez l’homme ou l’animal)
- 2. Purification du sérum et obtention d’Ig spécifiques qui évitent les réactions allergiques antisériques.
- 3. Injection par voie intramusculaire : l’immunité est immédiate mais temporaire (2 à 3 semaines) puisque l’organisme dégrade les Ig injectées.
Principales utilisations
- Antitoxines bactériennes (tétanos, botulisme et diphtérie)
- Antivirus (rage, hépatite)
- Antivenins,…
Schéma : Sérothérapie
1.Individu immunisé : prélèvement ; 2.Purification ; 3.Individu malade : injection.
pathologie
Les virus (poison en latin) sont les vecteurs de nombreuses maladies infectieuses. Ils ne peuvent se reproduire qu’à l’intérieur des cellules vivantes qu’ils parasitent. Hors des cellules, on les nomme virions et constituent la limite entre le vivant et l’inerte. Chaque virus contient un seul type d’acide nucléique (ADN ou ARN, simple ou double brin), enfermé dans une coque de protéines, la capside, de forme géométrique (voir ci-dessous). Une enveloppe composée de lipoprotéines (lipides plus protéines) peut entourer la capside. La taille des virus se situe entre 10 et 300 nm.
classification
On distingue les virus à ADN (a à e) et à ARN (d à m). Les virus dépourvus d’enveloppe sont représentés en vue externe.
- a. Adénovirus
- b. Parvo et papovavirus
- c. Herpès virus
- d. Poxvirus
- e. Hépadnavirus
- f. Coronavirus
- g. Picorna et togavirus
- h. Rétrovirus
- i. Réovirus
- j. Paramyxovirus
- k. Rhabdovirus
- l. Toga et flavivirus
- m. Orthomyxovirus
virus grippal
De l’intérieur vers l’extérieur :
ARN
Capside protéique
Enveloppe interne
Enveloppe externe constituée d’antigènes stables (N) et instables (H). Chaque année ces nouveaux antigènes H rendent le virus réinfectant.
bacteriophage
Le bactériophage est un virus qui infecte les bactéries. Son cycle de réplication est classique :
- 1. Virus inerte (forme virion)
- 2. Infection de la bactérie par injection de l’ADN du phage
- 3. Multiplication intracellulaire du virus
- 4. Libération des virions.
Schéma : Cycle du bactériophage
Le virion se pose sur la bactérie, injecte de l’ADN du phage dans la bactérie, puis de nouveaux virions multipliés quittent la bactérie.
VMT
Le VMT (virus de la mosaique du tabac) fut le premier virus dont la structure simple (nucléocapside formé d’ARN et de 2 000 monomères protéiques identiques) fut étudiée au microscope électronique.
Schéma : Virus de la mosaique du tabac
Intérieur : spirale d’ARN ; Extérieur : monomères protéiques ; L’ensemble des monomères protéiques forme le nucléocapside.
AGENT MANIFESTATION – SIGNES CLINIQUES TRAITEMENT
INFECTIONS DE L’ENFANCE
Paramyxovirus Rougeole : fièvre éruptive très contagieuse, toux, rhinite, Prophylaxie : vaccination
Koplik (tâches blanches à la face interne des joues). GS (1). Traitement : antipyrétiques
Togavirus Rubéole : fièvre modérée éruptive, adénopathie. Risque de
malformation fœtale chez la femme enceinte. GS.
Herpès virus type 6 Roséole : fièvre éruptive, adénopathie (cou). GS. Traitement : repos
Herpès virus zoster Varicelle : fièvre éruptive (rash (2)) purigineuse (qui démange). Traitement : antihistaminiques,
GS mais complications possibles. Par la suite, le virus peut antiviral (aciclovir), sérothérapie
être réactivé (stress, traumatisme) et provoquer un zona Corticothérapie, antalgiques
(éruption douloureuse de grappes de vésicules).
Paramyxovirus Oreillons : parotidite. Risque d’orchite et de stérilité. GS. Prophylaxie : vaccination
Picornavirus Poliomyélite : fièvre, céphalée, raideur de la nuque, Prophylaxie : vaccins Salk et Sabin
dysphagie. Forme bénigne (90 % des cas) ou paralytique. Assistance respiratoire
MALADIES CONTAGIEUSES COMMUNES
Orthomyxovirus Laryngite aigue : fièvre, toux, dysphonie, dyspnée. GS. Humidificateur respiratoire
Picornavirus Rhinopharyngite : congestion nasale (coryza) avec Antipyrétiques
rhinorrhée (écoulement nasal). Fièvre. GS. Ablation des végétations
Coronavirus Rhume ou rhinite : congestion nasale, éternuements, Traitement : antipyrétiques,
larmoiements, fièvre modérée, toux, céphalées. GS. Vasoconstricteurs nasaux
Orthomyxovirus Bronchite aigue : toux grasse avec expectorations, Antitussifs, bronchodilatateurs
respiration sifflante. Peut se compliquer en bronchiolite.
Orthomyxovirus Grippe : fièvre et frisson, céphalées, mal de gorge, dysphagie, Prophylaxie : vaccin annuel (3)
toux, courbature, fatigue, congestion nasale, hypotension. Traitement antiviral (amantadine)
MALADIES SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (MST)
Herpès virus type 2 Herpès génital (4) : douleurs et prurit génital, adénopathie, Traitement : aciclovir
vésicules claires suivies de croûtes. Récurrences.
Hépadnavirus Hépatite B (5) : ictère (jaunisse), état grippal. Risque Vaccination
d’affection fulminante ou d’hépatite chronique (cancer).
Papovavirus (ou Condylomes génitaux : verrues (crêtes de coq) génitales. Electrocoagulation ou cryochirurgie
papillomavirus) Favorise le cancer (6) du col de l’utérus.
Rétrovirus SIDA : Evolution en 3 phases : a. Contamination ; Prophylaxie : préservatif
b.séropositivité : patient contagieux mais asymptomatique ; Vaccins à l’essai
c.stade du Sida avec des infections opportunistes (7) puis décès. Traitement : trithérapie (8)
(1) GS = guérison spontanée. A noter que certaines pathologies bénignes sont mortelles dans les pays en voie de développement.
(2) Eruption cutanée brutale
(3) Vaccin annuel. Les antigènes de surface du virus mutent sans cesse. Les anticorps qui ont lutté lors d’une épidémie sont inefficaces lors d’une réinfection.
(4) A côté du type 2, l’herpès de type 1 (HSV-1), également récidivant provoque, en primo-infection, une stomato-gingivite avec fièvre (bouton de fièvre labial).
(5) A côté de l’hépatite B, on distingue les hépatites : -A (GS)
-C qui conduit à une cirrhose dans 50 % des cas
-delta, E, F et G, moins connues.
(6) Certains retrovirus peuvent induire des cancers.
(7) Les maladies opportunistes favorisées par le déficit immunitaire : infections ORL, candidose buccale, pneumonie, herpès, syndrome de Kaposi.
(8) La trithérapie est l’utilisation de 2 antiprotéases couplées à des inhibiteurs de la reverse transcriptase.
(9) On dénombre près de 100 000 morsures par animal domestique par an en France.
autres affections
D’autres infections virales peuvent être citées :
- La variole, maladie éradiquée transmise par le poxvirus variolique
- La mononucléose infectieuse, transmise par le virus d’Epstein-Barr
Certaines pathologies comme les fièvres hémorragiques sont endémiques dans certains pays du tiers monde ; c’est le cas de la dengue (ou fièvre rouge), l’Ebola, ou les fièvres de Lassa et de la vallée du Rift.
D’autres maladies apparaissent régulièrement comme le SRAS (Severe Acute Respiratory Syndrome), pneumopathie contagieuse déjà responsable de 8 000 morts dans 30 pays.
Découvert en 1983, le VIH (virus de l’immuno-déficience humaine) est responsable du SIDA (syndrome d’immuno-déficience acquise). 2 scientifiques sont à l’origine de la découverte de ce rétrovirus, L. Montagnier et R. Gallo. Ce virus qui s’attaque au système immunitaire a déjà fait 50 millions de victimes (dont 90 % dans le tiers-monde).
evolution du sida
On peut distinguer 3 phases dans l’évolution de la maladie :
- a. Contamination et primo-infection (fatigue, adénopathie, fièvre)
- b. Séropositivité : patient contagieux mais asymptomatique
- c. Stade du Sida avec des infections opportunistes (infections ORL, herpès, pneumonie, candidose buccale, syndrome de kaposi, lymphome) puis décès.
Schéma : Le taux sanguin de LTh fluctue entre deux valeurs chez un individu sain. A partir de la primo-infection, ce taux diminue, jusqu’à un palier durant la séropositivité, puis chute rapidement à zéro au stade du sida.
Le taux sanguin de VIH augmente brusquement à partir de la primo-infection, puis revient progressivment à zéro pendant la séropositivité, puis augmente de manière exponentielle au stade du sida.
Le taux sanguin d’anti-VIH augmente lentement à partir de la primo-infection, jusqu’à un sommet arrondi au cours de la séropositivité, puis décroit lentement, jusqu’à zéro à la fin du stade du sida.
epidemiologie
40 millions de personnes sont infectées par le VIH dans le monde (pour la France, on compte 120 000 séropositifs et 5 000 nouveaux cas chaque année).
Les figures ci-contre donnent les % cumulés depuis la découverte du Sida. Aujourd’hui, on constate que le mode de transmission concerne :
- 70 % d’hétérosexuels
- 10 % d’homosexuels
- 5 % de toxicomanes
- 3 % de transfusés.
Schémas : SIDA ET CATEGORIES SOCIALES REPARTITION MONDIALE DU SIDA
Homo- et bi-sexuels masculins 45 % Afrique 75 %
Transmission foeto-maternelle 2 % USA 7 %
Hémophiles 2 % Asie 7 %
Transfusés 6 % Océanie 1 %
Hétérosexuels 15 % Amérique du Sud 7 %
Toxicomanes 20 % Europe 3 %
Non déterminés 10 %
le cycle du vih
Le VIH (virus de l’immuno-déficience humaine), qui pénètre dans le sang, accomplit le cycle suivant :
- 1. Le VIH se fixe à la surface des LTh et fusionne avec la membrane cellulaire.
- 2. Le VIH libère son contenu dans le cytoplasme : la transcriptase inverse (enzyme) transforme l’ARN du virus en ADN viral.
- 3. L’ADN viral est intégré à l’ADN cellulaire. Il s’ensuit une période de latence sans symptôme (la personne est séropositive car son sérum contient des Ac qui montrent qu’elle a été en contact avec le virus).
- 4. La cellule produit toutes les proteines virales qui sont activées par une protéase et qui s’assemblent pour former de nouveaux virus.
- 5. Les virus qui bourgeonnent vers l’extérieur contaminent d’autres LTh.
Schéma : Virus VIH : -protéines de l’enveloppe (GP 41 et GP 120
-protéines de la capside (P 24, P 17…)
-transcriptase inverse fixée sur l’ARN
Le virus se fixe à la surface du LTh. Grâce à la transcriptase inverse, l’ARN du virus devient ADN viral.
L’ADN viral est intégré à l’ADN cellulaire à l’intérieur du noyau du Lymphocyte Th.
L’ARN viral quitte le noyau et forme de nouvelles protéines virales dans la cellule du LTh.
De nouveaux virus VIH bourgeonnent vers l’extérieur de la cellule.
le recepteur VIH
Enveloppe virale
GP 120
CD4 du LTh
Récepteur CCR5 du LTh
La protéine GP120 du virus se fixe spécifiquement sur les protéines membranaires CD4 et CCR5 des LTh. Les LTh contaminés sont détruits.
Schéma : *Du côté du virus : Le GP 120 est fixé à l’enveloppe virale
*Du côté du LTh : -Le récepteur CCR5 du LTh est fixé à la surface du LTh
-Le CD4 du LTh a une forme convexe qui s’emboîte sur la partie latérale du GP 120 de l’enveloppe virale
Il y a donc deux points d’emboîtement.
Titre du schéma : Le récepteur du VIH
traitements
Les médicaments anti-viraux actuels ralentissent le cycle viral en agissant à différents niveaux :
- a. Inhibiteurs de fusion
- b. Inhibiteurs de la transcriptase inverse
- c. Antiprotéase.
La trithérapie est l’utilisation de 2 anti-protéases couplées à des inhibiteurs de la transcriptase inverse.
De nouveaux médicaments sont à l’étude :
- d. Les antiintégrases
- e. Les inhibiteurs du récepteur CD4.
On tente de produire des vaccins, à base de protéines virales (GP120, P24, P17) ou de virus atténués.
Schéma : a. empêche la fixation du virus sur la paroi du LTh
. b. empêche la transformation de l’ARN du virus en ADN viral
. c. empêche la formation des protéines virales à partir de l’ARN viral
. d. empêche l’entrée de l’ADN viral dans le noyau du LTh
. e. empêche la fixation du GP 120 de l’enveloppe virale sur le CCR5 du LTh (voir schéma : Le récepteur VIH)
PHOTO
Le virus du Sida : LTh et VIH