Paramédical 16

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Paramédical 16

 

la consultation clinique

 

principaux symptomes

 

EPIDEMIOLOGIE

Dans les pays industrialisés, les maladies infectieuses ne représentent que 1,5 % des décès mais 5 % des consultations de médecine générale. Plusieurs agents sont regroupés sous le nom de « microbe » : les bactéries, sensibles aux antibiotiques ; les virus, traités par quelques antiviraux ; les champignons, traités à l’aide d’antifongiques et enfin les parasites, nécessitant des antiparasitaires. Chaque agent infectieux est responsable d’une symptomatologie particulière. Depuis une vingtaine d’années, un nouveau type d’agent non conventionnel apparaît : le prion. La transmission de ces agents peut survenir de façon pandémique (a), épidémique (b) ou endémique (c).

A côté des maladies infectieuses, l’asthme et les allergies sont des pathologies communes en augmentation constante : 20 à 30 % de la population serait actuellement touchée.

 

(a)      Infection de la quasi-totalité de la population d’un continent ou du globe

(b)     Infection qui s’étend rapidement

(c)      Infection qui s’étend dans une zone géographique précise.

 

interrogatoire

 

TEMPERATURE (1) : mesure rectale ou buccale de la température corporelle ; au-delà de 38,5°C, on parle de fièvre. La mesure axillaire (sous l’aisselle) est moins précise et l’on doit ajouter 0,5°C.

CONTAGE : contact avec un sujet malade ou porteur de la maladie.

SIGNES CLINIQUES : d’abord asymptomatique (sans signe clinique, sans modification du fonctionnement du corps) lors de l’incubation (période de développement de l’agent infectieux dans le corps humain, nécessaire à l’apparition de la maladie), le patient remarque ensuite certains symptômes à la phase d’état (période où la malaide est complète), puis retour à l’état antérieur (avant la maladie) avec ou sans séquelles lors de la guérison.

EPISODE ANTERIEUR : on recherche une infection similaire dans le passé afin de déterminer s’il y a une chronocité ou une récidive de la maladie : très fréquentes infections ORL chez l’enfant par exemple, ou infections urinaires à répétition, ou bronchite chronique.

ANTECEDENT : notion de diabète favorisant les infections, ou de terrain fragilisé par une insuffisance cardiaque ou pulmonaire.

PRISE D’ANTIBIOTIQUE : échec du premier traitement par résistances bactériennes à cet antibiotique ou agent infectieux différent de celui suspecté en première intention.

VACCINATIONS : vérification des vaccinations obligatoires : BCG contre la tuberculose, diphtérie, tétanos, poliomyélite. Vaccinations conseillées : coqueluche, hémophilus influenzae B, rougeole, oreillons, rubéole, hépatite B, grippe chez les personnes de plus de 65 ans.

 

(1)     La température normale se situe entre 36,5°C et 36,8°C le matin et 37,5°C le soir. Elle diminue pendant le sommeil. Elle augmente au cours d’un effort physique, l’ovulation ou une émotion.

 

examen physique

 

TEMPERATURE : si température persistante, plus de 7 jours, faire une courbe de température pour suivre l’évolution en plateau (stable, supérieur à 38,5 °C) ou oscillante (descendant en dessous de 38 puis remontant au-dessus de 38,5°C).

ADENOPATHIE : on recherche des ganglions qui ont augmenté de volume au niveau cervical (cou), axillaire, inguinal (à l’aine). Recherche également de spélomégalie (2) et d’hépatomégalie (3).
EXAMEN CUTANE : on recherche une éruption, une mycose, des piqûres, des nodules sur la peau et dans la bouche.

CARDIOLOGIE : souffle cardiaque lors de l’endocardite infectieuse, tachycardie (battements du cœur supérieurs à 80 bpm) lors de la fièvre.

AUSCULTATION PULMONAIRE : crépitants (bruit de papier d’aluminium froissé) des pneumopathies, ronchus (ronflement grave) de la bronchite, couleur et quantité des crachats.

DIGESTIF : trouble du transit, constipation, diarrhée, nausées, vomissements.

ORL : otoscopie (examen des tympans) et examen de la gorge systématique chez l’enfant.

 

(2)     Grosse (-MEGALIE) rate (SPLENO-) = augmentation du volume de la rate

(3)     Gros (-MEGALIE) foie (HEPATO-) = augmentation du volume du foie.

 

temperature

 

  1. 1.        La température normale :                       37
  2. 2.        Fébricule (petites oscillations thermiques) :           entre 37 et 38,5
  3. 3.        Fièvre hectique (grandes oscillations) :  entre 37 et plus de 40
  4. 4.        Fièvre en escalier (montée progressive) :               de 37 à 40
  5. 5.        Fièvre en plateau :                                  40

 

fievre et syndromes infectieux

 

la fievre

 

  1. 1.        Lors d’une infection (bactéries, virus…), des pyrogènes exogènes sont libérés. Les pyrogènes sont des substances provoquant la fièvre (ex : les LPS ou lipopolysaccharides de la paroi bactérienne).
  2. 2.        Les agents infectieux peuvent être phagocytés par des macrophages qui libèrent également des pyrogènes dits endogènes (cytokines IL1, IL6, TNF…).
  3. 3.        Les pyrogènes sanguins parviennent au niveau du cerveau dans l’aire préoptique et les OVLT (organes vascularisés de la lame terminale).
  4. 4.        Là, il y a transformation d’acide arachidonique en prostaglandines (PGE2).
  5. 5.        Les PGE2 augmentent la valeur de référence de la température corporelle : c’est la fièvre. Son action : détruire les germes.

 

Schéma :

La fièvre

                1. La présence de bactéries et virus provoque la libération de pyrogènes exogènes (ex : LPS)

                2. Les phagocytes libèrent également des pyrogènes endogènes (ex : IL, TNF)

                3. Les pyrogène atteignent le cerveau (aire préoptique OVLT : au cœur)

                4. L’acide arachidonique devient ici PGE2

                5. La température corporelle monte de 37 à 40°C.

 

le syndrome infectieux

 

Sueur, maux de tête

Vasodilatations cutanées (joues)

Adénomégalies (2 côtés de la gorge, aisselles, aines)

Dyspnée

Myalgie, courbature, asthénie

Tachycardie

Rash (éruptions cutanées, ex : au pli du coude)

Splénomégalie

Oligurie

 

examens et medicaments

 

quelques examens paracliniques

 

examen de sang

 

Plusieurs examens peuvent être réalisés :

 

  1. 1.        NFS (ou numération formule sanguine) :

Monocytes, lymphocytes, granulocytes. Il y a infection si les leucocytes > 10 000 / ml.

Les neutrophiles augmentent en cas d’infections bactériennes ; les éosinophiles lors d’allergies ou d’infections parasitaires ; tandis que les basophiles, les lymphocytes et les monocytes augmentent au cours des infections virales.

  1. 2.        VS (ou vitesse de sédimentation) :

Lors d’une infection, le foie et les macrophages sécrètent des protéines dont la CRP (= protéine C réactive), qui se fixe sur les bactéries et les levures et activent le complément.

Ces protéines sanguines modifient la VS et sont de bons marqueurs de l’inflammation.

  1. 3.        Hémoculture :

Examen direct ou mise en culture de sang à la recherche de bactéries aérobies ou anaérobies. Elles doivent être répétées lors des frissons ou des pics de température qui signent le passage sanguin des bactéries.

  1. 4.        Sérologie :

Dosage des IG. Les IgM sont sécrétées en premier et indiquent une infection récente ; les IgG sont sécrétées plus tard et indiquent une infection ancienne ou guérie.

  1. 5.        PCR (ou polymerase chain reaction) :
  2. 6.        Technique permettant d’amplifier de l’ADN ou de l’ARN des virus, présent dans le sang.

 

prelevements bacteriologiques

 

-CRACHATS

Mise en culture des crachats : recherche du bacille de Koch pour la tuberculose par exemple.

-COPROCULTURE

Examen direct des selles à la recherche de bactéries spécifiques ou de parasites puis mise en culture bactériologique. Il faut répéter cet examen pour augmenter les chances de détection.

-ECBU (= examen cytobacteriologique des urines)

Consiste à compter les leucocytes, hématies et germes dans l’urine. Il y a infection si leucocyturie (si nombre de leucocytes dans les urines) > 10 000 / ml et si germes > 100 000 / ml.

-PRELEVEMENTS DIVERS

La recherche des germes peut être réalisée au niveau de sites variés : cutané (au niveau d’une plaie), muqueux par écouvillonnage (gorge, urètre, vagin), rachidien (biopsie osseuse, ponction lombaire).

 

imagerie

 

-RADIOGRAPHIE PULMONAIRE

Permet de localiser l’infection sur une partie du poumon, de visualiser un épanchement pleural, un abcès pulmonaire, de rechercher des adénopathies (ganglions) du médiastin (partie entre les deux poumons) ou des infections bactériennes ou des mycoses (voir photo : aspergillose).

 

Photo : aspergillose, radio poumon avec filandres blancs ; photo du champignon aspergillus.

 

-SCINTIGRAPHIE ET RADIOGRAPHIE OSSEUSE

Une infection osseuse se traduit parfois par une déminéralisation osseuse localisée.

 

-ECHOGRAPHIE ET SCANNER

(cérébral, thoracique, et abdominal). Recherche de ganglions, d’abcès et de lésions diffuses des organes.

 

pharmacologie

 

MEDICAMENT                      MODE D’ACTION                                 INDICATIONS                       EXEMPLES

 

ANTIBIOTIQUE                    Action adaptée selon les bactéries          Infection bactérienne                              Pénicilline, macrolide,

ciblées en fonction des résistances                                                        aminoside

naturelles et acquises.

ANTITUBERCULEUX           Pénétration intracelulaire.                       Bactéries intracellulaires         Isoniazide, rifampicine,

et ANTILEPREUX                                                                                (tuberculose, lèpre)                 pyrazinamide, éthambutol

 

ANTIPARASITAIRE              Paralysie des helminthes ou blocage       Helminthes (oxyure, teania,    Flubendazole, pyrantel,

                                               de leur nutrition.                                     ascaris, ankylostome)                             niclosamide

ANTIPALUDEEN                  Atteintes membranaires ou inhibition     Prévention ou traitement         Chloroquine, quinine,

                                               enzymatique des protozoaires.                               curatif du paludisme                               proguanil, mefloquine

 

ANTIVIRAL                           Inhibition des mécanismes de                Herpès, zona, VIH, CMV        Aciclovir, foscarnet,

                                               réplication virale.                                                                                   inhibiteur de la transcriptase inverse

 

ANTIFONGIQUE                   Détérioration de la membrane                 Mycoses                                 Amphotercine B, éconazole

                                               des champignons.

 

DESINFECTANT                   Destruction des bactéries.                       Antiseptique externe                               Chlorexhidine, povidone

 

IG                                           Inactivation des virus par formation       Tétanos, hépatite B,                Ig (immunoglobulines) humaines

SEROTHERAPIE                    de complexes immuns.                           rage après contagion                               polyvalentes ou spécifiques

 

la lutte contre les microbes

 

lutte antibacterienne

 

La transmission des maladies infectieuses peut survenir de façon pandémique (1), épidémique (2) ou endémique (3).

Pour lutter contre ces infections, on dispose de différents moyens préventifs et curatifs :

-          Asepsie, antiseptie et vaccination pour empêcher l’infection

-          Antibiothérapie et sérothérapie pour lutter contre l’infection et empêcher la toxémie ou la septicémie.

 

(1)     Infection de la quasi-totalité de la population d’un continent ou du globe

(2)     Infection d’une zone géographique, pendant un laps de temps court

(3)     Persistance du foyer infectieux dans une zone géographique.

 

l’infection bacterienne

 

  1. 1.        Les bactéries traversent la peau ou les muqueuses de l’organisme (adhésion aux muqueuses, plaie)
  2. 2.        Les bactéries se multiplient dans les tissus ; certaines produisent des toxines.

La toxicité (virulence) du microbe est fonction de sa capacité à se multiplier et/ou à produire des toxines.

  1. 3.        On parle de septicémie lorsque les bactéries passent dans le sang.

On parle de toxémie lorsque les toxines passent dans le sang.

 

Schéma :  L’infection bactérienne

                Contamination : les bactéries traversent la peau.

                Infection : les bactéries, et les toxines produites par certaines bactéries, entrent dans les leucocytes.

                Toxémie : toxines dans le sang.

Septicémie : bactéries dans le sang.

 

antibiotherapie

 

C’est l’utilisation des antibiotiques, médicaments antibactériens qui luttent contre l’infection.

On distingue :

-          Les bactériostatiques (tétracyclines, macrolides…) qui empêchent la multiplication,

-          Les bactéricides (pénicilline) qui tuent les bactéries.

Le choix d’un antibiotique dépend de son spectre d’activité :

-          Un antibiotique à spectre large lutte contre de nombreuses souches de bactéries car son action n’est pas spécifique.

-          Un antibiotique à spectre étroit est utilisé quand la bactérie est identifiée.

L’antibiogramme

                Il définit l’antibiotique le plus efficace. Pourtant, de plus en plus de germes résistent aux antibiotiques, comme les bactéries responsables des infections nocosomiales contractées à l’hôpital. Ces résistances sont liées au pouvoir de mutation des bactéries.

 

Schéma :  L’antibiothérapie

                Bactéricides :           Destruction de la paroi, destruction de la membrane, altération de l’ADN et de l’ARN.

                Bactériostatiques :   Inhibition de la synthèse d’ADN et d’ARN, inhibition de la synthèse protéique.

                (Dans la cellule : ADN à ARN à Protéine).

                L’antibiogramme détermine la sensibilité d’une bactérie à différents antibiotiques (plages claires ci-contre = bactéries mortes).

                Différents antibiotiques (points de couleurs entourés d’un anneau plus ou moins large de blanc) sur un disque gris (bactérie).

 

vaccinotherapie / serotherapie

 

A chaque fois que l’organisme est confronté à un antigène (Ag), il produit des immunoglobulines (Ig) spécifiquement dirigées contre l’Ag (4). Cette réponse humorale est utilisée par la vaccinothérapie et la sérothérapie.

(4)     Le graphique ci-dessous montre comment évolue le taux des Ig lors d’un permier, puis d’un deuxième contact, avec le même Ag.

 

la vaccination

 

C’est un traitement préventif.

  1. a.        La vaccination consiste à injecter chez un sujet sain des antigènes de l’agent pathogène (sous forme morte, inerte ou atténuée).
  2. b.        Le vaccin stimule le système immunitaire qui produit alors des anticorps.
  3. c.        Lors d’une seconde infection par le même agent pathogène, les anticorps mémoires agissent immédiatement.

Cette immunité acquise doit être stimulée périodiquement par des rappels de vaccins.

Principales utilisations :

-          Antibactériens (BCG, diphtérie, tétanos…)

-          Antiviraux (poliomyélite, grippe, hépatite B,…).

 

Schéma :  Réponses humorales primaire et secondaire

                Abscisse : semaines ;              Ordonnée : taux d’Ig.

                Ag toutes les 4 semaines

                Réponse primaire : l’IgG monte un peu à la 2ème semaine ; Réponse secondaire : l’IgG monte beaucoup à la 5ème semaine.

                IgM monte très peu à la 2ème et à la 5ème semaine.

 

Schéma : Vaccination

                Le vaccin introduit des antigènes sous la peau. Le système immunitaire produit des anticorps qui vont ensuite dans le sang.

                Les anticorps mémoire agissent ensuite immédiatement sur un agent pathogène portant les antigènes.

 

la serotherapie

 

C’est un traitement curatif.

Le sérum est une fraction du plasma privée de fibrinogène et des facteurs de coagulation. Il contient les Ig qui luttent contre les agents infectieux.

  1. 1.        Prélèvement du sérum (chez l’homme ou l’animal)
  2. 2.        Purification du sérum et obtention d’Ig spécifiques qui évitent les réactions allergiques antisériques.
  3. 3.        Injection par voie intramusculaire : l’immunité est immédiate mais temporaire (2 à 3 semaines) puisque l’organisme dégrade les Ig injectées.

 

Principales utilisations

-          Antitoxines bactériennes (tétanos, botulisme et diphtérie)

-          Antivirus (rage, hépatite)

-          Antivenins,…

 

Schéma :  Sérothérapie

                1.Individu immunisé : prélèvement ; 2.Purification ; 3.Individu malade : injection.

 

pathologie

 

structure des virus

 

Les virus (poison en latin) sont les vecteurs de nombreuses maladies infectieuses. Ils ne peuvent se reproduire qu’à l’intérieur des cellules vivantes qu’ils parasitent. Hors des cellules, on les nomme virions et constituent la limite entre le vivant et l’inerte. Chaque virus contient un seul type d’acide nucléique (ADN ou ARN, simple ou double brin), enfermé dans une coque de protéines, la capside, de forme géométrique (voir ci-dessous). Une enveloppe composée de lipoprotéines (lipides plus protéines) peut entourer la capside. La taille des virus se situe entre 10 et 300 nm.

 

classification

 

On distingue les virus à ADN (a à e) et à ARN (d à m). Les virus dépourvus d’enveloppe sont représentés en vue externe.

  1. a.        Adénovirus
  2. b.        Parvo et papovavirus
  3. c.        Herpès virus
  4. d.        Poxvirus
  5. e.        Hépadnavirus
  6. f.         Coronavirus
  7. g.        Picorna et togavirus
  8. h.        Rétrovirus
  9. i.         Réovirus
  10. j.         Paramyxovirus
  11. k.        Rhabdovirus
  12. l.         Toga et flavivirus
  13. m.      Orthomyxovirus

 

virus grippal

 

De l’intérieur vers l’extérieur :

ARN

Capside protéique

Enveloppe interne

Enveloppe externe constituée d’antigènes stables (N) et instables (H). Chaque année ces nouveaux antigènes H rendent le virus réinfectant.

 

bacteriophage

 

Le bactériophage est un virus qui infecte les bactéries. Son cycle de réplication est classique :

  1. 1.        Virus inerte (forme virion)
  2. 2.        Infection de la bactérie par injection de l’ADN du phage
  3. 3.        Multiplication intracellulaire du virus
  4. 4.        Libération des virions.

 

Schéma :  Cycle du bactériophage

                Le virion se pose sur la bactérie, injecte de l’ADN du phage dans la bactérie, puis de nouveaux virions multipliés quittent la bactérie.

 

VMT

 

Le VMT (virus de la mosaique du tabac) fut le premier virus dont la structure simple (nucléocapside formé d’ARN et de 2 000 monomères protéiques identiques) fut étudiée au microscope électronique.

 

Schéma :  Virus de la mosaique du tabac

                Intérieur : spirale d’ARN ; Extérieur : monomères protéiques ; L’ensemble des monomères protéiques forme le nucléocapside.

 

pathologies virales

 

AGENT                   MANIFESTATION – SIGNES CLINIQUES                          TRAITEMENT

 

INFECTIONS DE L’ENFANCE

Paramyxovirus        Rougeole : fièvre éruptive très contagieuse, toux, rhinite,      Prophylaxie : vaccination

                               Koplik (tâches blanches à la face interne des joues). GS (1). Traitement : antipyrétiques

Togavirus                               Rubéole : fièvre modérée éruptive, adénopathie. Risque de

                               malformation fœtale chez la femme enceinte. GS.

Herpès virus type 6 Roséole : fièvre éruptive, adénopathie (cou). GS.                  Traitement : repos

Herpès virus zoster Varicelle : fièvre éruptive (rash (2)) purigineuse (qui démange).           Traitement : antihistaminiques,

                               GS mais complications possibles. Par la suite, le virus peut  antiviral (aciclovir), sérothérapie

                               être réactivé (stress, traumatisme) et provoquer un zona       Corticothérapie, antalgiques   

                               (éruption douloureuse de grappes de vésicules).   

Paramyxovirus        Oreillons : parotidite. Risque d’orchite et de stérilité. GS.      Prophylaxie : vaccination

Picornavirus            Poliomyélite : fièvre, céphalée, raideur de la nuque,                              Prophylaxie : vaccins Salk et Sabin

                               dysphagie. Forme bénigne (90 % des cas) ou paralytique.     Assistance respiratoire

 

MALADIES CONTAGIEUSES COMMUNES

Orthomyxovirus     Laryngite aigue : fièvre, toux, dysphonie, dyspnée. GS.                        Humidificateur respiratoire

Picornavirus            Rhinopharyngite : congestion nasale (coryza) avec                                Antipyrétiques

                               rhinorrhée (écoulement nasal). Fièvre. GS.                                            Ablation des végétations

Coronavirus            Rhume ou rhinite : congestion nasale, éternuements,                             Traitement : antipyrétiques,

                               larmoiements, fièvre modérée, toux, céphalées. GS.                              Vasoconstricteurs nasaux

Orthomyxovirus     Bronchite aigue : toux grasse avec expectorations,                 Antitussifs, bronchodilatateurs

                               respiration sifflante. Peut se compliquer en bronchiolite.

Orthomyxovirus     Grippe : fièvre et frisson, céphalées, mal de gorge, dysphagie,              Prophylaxie : vaccin annuel (3)

                               toux, courbature, fatigue, congestion nasale, hypotension.    Traitement antiviral (amantadine)

 

MALADIES SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (MST)

Herpès virus type 2 Herpès génital (4) : douleurs et prurit génital, adénopathie,    Traitement : aciclovir

                               vésicules claires suivies de croûtes. Récurrences.

Hépadnavirus          Hépatite B (5) : ictère (jaunisse), état grippal. Risque                             Vaccination

                               d’affection fulminante ou d’hépatite chronique (cancer).

Papovavirus (ou      Condylomes génitaux : verrues (crêtes de coq) génitales.      Electrocoagulation ou cryochirurgie

papillomavirus)       Favorise le cancer (6) du col de l’utérus.

Rétrovirus                               SIDA : Evolution en 3 phases : a. Contamination ;                 Prophylaxie : préservatif

                               b.séropositivité : patient contagieux mais asymptomatique ;  Vaccins à l’essai

                               c.stade du Sida avec des infections opportunistes (7) puis décès.         Traitement : trithérapie (8)

 

(1)     GS = guérison spontanée. A noter que certaines pathologies bénignes sont mortelles dans les pays en voie de développement.

(2)     Eruption cutanée brutale

(3)     Vaccin annuel. Les antigènes de surface du virus mutent sans cesse. Les anticorps qui ont lutté lors d’une épidémie sont inefficaces lors d’une réinfection.

(4)     A côté du type 2, l’herpès de type 1 (HSV-1), également récidivant provoque, en primo-infection, une stomato-gingivite avec fièvre (bouton de fièvre labial).

(5)     A côté de l’hépatite B, on distingue les hépatites :   -A (GS)

-C qui conduit à une cirrhose dans 50 % des cas

-delta, E, F et G, moins connues.

(6)     Certains retrovirus peuvent induire des cancers.

(7)     Les maladies opportunistes favorisées par le déficit immunitaire : infections ORL, candidose buccale, pneumonie, herpès, syndrome de Kaposi.

(8)     La trithérapie est l’utilisation de 2 antiprotéases couplées à des inhibiteurs de la reverse transcriptase.

(9)     On dénombre près de 100 000 morsures par animal domestique par an en France.

 

autres affections

 

D’autres infections virales peuvent être citées :

-          La variole, maladie éradiquée transmise par le poxvirus variolique

-          La mononucléose infectieuse, transmise par le virus d’Epstein-Barr

Certaines pathologies comme les fièvres hémorragiques sont endémiques dans certains pays du tiers monde ; c’est le cas de la dengue (ou fièvre rouge), l’Ebola, ou les fièvres de Lassa et de la vallée du Rift.

D’autres maladies apparaissent régulièrement comme le SRAS (Severe Acute Respiratory Syndrome), pneumopathie contagieuse déjà responsable de 8 000 morts dans 30 pays.

 

le sida

 

Découvert en 1983, le VIH (virus de l’immuno-déficience humaine) est responsable du SIDA (syndrome d’immuno-déficience acquise). 2 scientifiques sont à l’origine de la découverte de ce rétrovirus, L. Montagnier et R. Gallo. Ce virus qui s’attaque au système immunitaire a déjà fait 50 millions de victimes (dont 90 % dans le tiers-monde).

 

evolution du sida

 

On peut distinguer 3 phases dans l’évolution de la maladie :

  1. a.        Contamination et primo-infection (fatigue, adénopathie, fièvre)
  2. b.        Séropositivité : patient contagieux mais asymptomatique
  3. c.        Stade du Sida avec des infections opportunistes (infections ORL, herpès, pneumonie, candidose buccale, syndrome de kaposi, lymphome) puis décès.

 

Schéma :  Le taux sanguin de LTh fluctue entre deux valeurs chez un individu sain. A partir de la primo-infection, ce taux diminue, jusqu’à un palier durant la séropositivité, puis chute rapidement à zéro au stade du sida.

                               Le taux sanguin de VIH augmente brusquement à partir de la primo-infection, puis revient progressivment à zéro pendant la séropositivité, puis augmente de manière exponentielle au stade du sida.

                Le taux sanguin d’anti-VIH augmente lentement à partir de la primo-infection, jusqu’à un sommet arrondi au cours de la séropositivité, puis décroit lentement, jusqu’à zéro à la fin du stade du sida.

 

epidemiologie

 

40 millions de personnes sont infectées par le VIH dans le monde (pour la France, on compte 120 000 séropositifs et 5 000 nouveaux cas chaque année).

Les figures ci-contre donnent les % cumulés depuis la découverte du Sida. Aujourd’hui, on constate que le mode de transmission concerne :

-          70 % d’hétérosexuels

-          10 % d’homosexuels

-          5 % de toxicomanes

-          3 % de transfusés.

 

Schémas :                SIDA ET CATEGORIES SOCIALES                                                     REPARTITION MONDIALE DU SIDA

                Homo- et bi-sexuels masculins              45 %                                                       Afrique                   75 %

                Transmission foeto-maternelle               2 %                                                         USA                        7 %

                Hémophiles                            2 %                                                         Asie                        7 %

                Transfusés                              6 %                                                         Océanie                   1 %

                Hétérosexuels                         15 %                                                       Amérique du Sud    7 %

                Toxicomanes                          20 %                                                       Europe                    3 %

                Non déterminés                      10 %

 

le cycle du VIH (virus du sida)

 

le cycle du vih

 

Le VIH (virus de l’immuno-déficience humaine), qui pénètre dans le sang, accomplit le cycle suivant :

  1. 1.        Le VIH se fixe à la surface des LTh et fusionne avec la membrane cellulaire.
  2. 2.        Le VIH libère son contenu dans le cytoplasme : la transcriptase inverse (enzyme) transforme l’ARN du virus en ADN viral.
  3. 3.        L’ADN viral est intégré à l’ADN cellulaire. Il s’ensuit une période de latence sans symptôme (la personne est séropositive car son sérum contient des Ac qui montrent qu’elle a été en contact avec le virus).
  4. 4.        La cellule produit toutes les proteines virales qui sont activées par une protéase et qui s’assemblent pour former de nouveaux virus.
  5. 5.        Les virus qui bourgeonnent vers l’extérieur contaminent d’autres LTh.

 

Schéma :  Virus VIH :             -protéines de l’enveloppe (GP 41 et GP 120

                                               -protéines de la capside (P 24, P 17…)

                                               -transcriptase inverse fixée sur l’ARN

                Le virus se fixe à la surface du LTh. Grâce à la transcriptase inverse, l’ARN du virus devient ADN viral.

                L’ADN viral est intégré à l’ADN cellulaire à l’intérieur du noyau du Lymphocyte Th.

                L’ARN viral quitte le noyau et forme de nouvelles protéines virales dans la cellule du LTh.

                De nouveaux virus VIH bourgeonnent vers l’extérieur de la cellule.    

 

le recepteur VIH

 

Enveloppe virale

GP 120

CD4 du LTh

Récepteur CCR5 du LTh

La protéine GP120 du virus se fixe spécifiquement sur les protéines membranaires CD4 et CCR5 des LTh. Les LTh contaminés sont détruits.

 

Schéma :  *Du côté du virus : Le GP 120 est fixé à l’enveloppe virale

                *Du côté du LTh :   -Le récepteur CCR5 du LTh est fixé à la surface du LTh

                                               -Le CD4 du LTh a une forme convexe qui s’emboîte sur la partie latérale du GP 120 de l’enveloppe virale

                Il y a donc deux points d’emboîtement.

                Titre du schéma : Le récepteur du VIH

 

traitements

 

Les médicaments anti-viraux actuels ralentissent le cycle viral en agissant à différents niveaux :

  1. a.        Inhibiteurs de fusion
  2. b.        Inhibiteurs de la transcriptase inverse
  3. c.        Antiprotéase.

La trithérapie est l’utilisation de 2 anti-protéases couplées à des inhibiteurs de la transcriptase inverse.

De nouveaux médicaments sont à l’étude :

  1. d.        Les antiintégrases
  2. e.        Les inhibiteurs du récepteur CD4.

On tente de produire des vaccins, à base de protéines virales (GP120, P24, P17) ou de virus atténués.

 

Schéma :  a. empêche la fixation du virus sur la paroi du LTh

.               b. empêche la transformation de l’ARN du virus en ADN viral

.               c. empêche la formation des protéines virales à partir de l’ARN viral

.               d. empêche l’entrée de l’ADN viral dans le noyau du LTh

.               e. empêche la fixation du GP 120 de l’enveloppe virale sur le CCR5 du LTh (voir schéma : Le récepteur VIH)

 

PHOTO

 

Le virus du Sida :    LTh et VIH

                   

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Publié dans PARAMEDICAL

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