Paramédical 9
Paramédical 9
CH. 5 – L’APPAREIL RESPIRATOIRE ET LA FONCTION RESPIRATION
L’ESSENTIEL
Texte de synthèse
Principaux tissus
Tableau de synthèse
VUE D’ENSEMBLE
L’appareil respiratoire
Voies aériennes supérieures
LA RESPIRATION
La mécanique respiratoire
Le transport des gaz respiratoires
LA CONSULTATION CLINIQUE
Principaux symptômes
Quelques examens cliniques
EXAMENS ET MEDICAMENTS
Quelques examens paracliniques
Pharmacologie
PATHOLOGIES
Les pathologies pulmonaires infectieuses
Mécanisme de l’infection pulmonaire
L’asthme
Les cancers du poumon
Autres pathologies
Pour maintenir leur activité, la plupart des cellules de l’organisme tirent leur énergie de l’oxydation des substrats organiques. Ce processus biochimique qui se réalise à l’échelle de chaque cellule, consomme de l’O2 et rejette du CO2 et de l’eau. La respiration est, à l’échelle de l’organisme, l’ensemble des mécanismes qui assurent ces processus d’oxydation et dont les manifestations évidentes sont les mouvements d’inspiration, et d’expiration.
l’essentiel
Pour maintenir leur activité, la plupart des cellules de l’organisme tirent leur énergie de l’oxydation des substrats organiques. Ce processus biochimique qui se réalise à l’échelle de chaque cellule, consomme de l’O2 et rejette du CO2 et de l’eau. La respiration est, à l’échelle de l’organisme, l’ensemble des mécanismes qui assurent ces processus d’oxydation et dont les manifestations évidentes sont les mouvements d’inspiration et d’expiration.
*Au cours de l’inspiration normale, le diaphragme s’abaisse et les muscles intercostaux externes se contractent pour relever les côtes : le thorax et les poumons se dilatent. Il s’ensuit une diminution de pression intrapleurale et intra-alvéolaire (Loi de Boyle). Grâce au gradient de pression favorable, l’air extérieur pénètre dans l’appareil respiratoire par le nez (1) ou la bouche (2) puis passe par le phayrnx (3), le larynx (4), la trachée (5), les bronches (6) pour atteindre les poumons (7).
Durant l’inspiratoin forcée, les muscles du cou (sterno-cleido-mastoidiens, scalènes…) se contractent aussi.
*Au cours de l’expiration normale, le diaphragme remonte et les muscles intercostaux externes se relâchent, abaissant les côtes : les poumons se rétractent. Durant l’expiration forcée, les muscles abdominaux et intercostaux internes se contractent également.
*La respiration est modifiée par voie veineuse (nerfs IX et X) et par la composition chimique du plasma (pH, teneurs en O2 (8) et CO2 (9).
*Dans les poumons, les bronches se ramifient en bronchioles qui s’ouvrent au niveau des alvéoles pulmonaires.
*Les alvéoles sont constituées par différents types cellulaires : (a) les pneumocytes de type I (revêtement de l’alvélole, (b) les pneumocytes de type II (sécrétion du surfactant qui réduit l’affaissement des alvéoles), (c) les macrophages (phagocytose des poussières et déchets), (d) des fibroblastes (production de fibres élastiques), et (e) des cellules endothéliales (réseau capillaire).
*La membrane alvéolo-capillaire est le lieu des échanges gazeux (hématose) entre l’air et le sang (10) : l’O2 passe des alvéoles pulmonaires dans les capillaires (11), alors que le CO2 sanguin est rejeté dans les voies respiratoires (12).
*Les gaz respiratoires sont transportés par l’hémoglobine des globules rouges (13) et, sous forme dissoute, par le plasma.
*Les cellules respirent : elles produisent de l’énergie sous forme d’ATP (14) en consommant les nutriments et l’O2 apportés par le sang et rejettent CO2 et H20.
ETYMOLOGIE
(1) Nas-, naso-
(2) Bucc-
(3) Pharyng-
(4) Laryng-
(5) Traché-
(6) Bronch-
(7) Pneum-
(8) Dioxygène
(9) Dioxyde de carbone
(10) Hémo-, -émie, hémat-
(11) Capill-
(12) –pnée
(13) Erythro-
(14) Adénosine triphosphate
- a. Tissu bronchique
- a. arteriole (A)
- b. bronchiole (B)
- b. Tissu alvéolaire (noyaux colorés en bleu)
- c. Muqueuse sinusale (cils avec grain de mucus)
- d. Tissu trachéal
- a. Lumière (L)
- b. Epithélium cilié (Ep)
- c. Tissu conjonctif (TC)
- d. Cartilage (C)
DESCRIPTION FONCTION
VOIES SUPERIEURES
Fosses nasales Narine (avec poils) Entrée et sortie de l’air, filtration grossière
Cornet et sinus Réchauffement, humidification de l’air
Muqueuse pituitaire Odorat
= m. olfactive et respiratoire Sécrétion du mucus
Pharynx Entonnoir de 15 cm en 3 parties : Carrefour aéro-digestif
Naso, oro, et laryngo-pharynx
Larynx Tube cartilagineux Phonation (cordes vocales)
Fermeture des voies respiratoires (épiglotte)
Trachée Tube cartilagineux de 12 cm Mucus
Recouvert par la muqueuse respiratoire Humidification et conduction de l’air
POUMONS Bronches souches (dr. et g.) Conduction de l’air à l’intérieur
Système bronchique Bronches lobaires (diam. < 10 mm) des poumons
Bronches segmentaires (diam. < 5 mm) Le cartilage présent dans les bronches disparaît
Bronchioles (< 1 mm) progressivement au cours des ramifications
Bronchioles terminales (< 0,5 mm) successives du système bronchique
Poumon droit droit : 700 g, 3 lobes Suivent les mouvements de la cage thoracique
sup. S, moy. M, et inf. I (freq. respiratoire : 15 cycles / mn,
2 scissures (horizont. et oblique) volume courant : 0,5 litre)
Gauche : 600 g, 2 lobes Echanges gazeux contrôlés par la pression
sup. S, et inf. I partielle (3) des gaz respiratoires
1 scissure oblique
Cage thoracique Os : rachis, sternum et côtes Inspiration : soulèvement (os)
Muscles : intercostaux et diaphragme et contraction (muscles)
Plèvre (4) Expiration : abaissement (os)
et relâchement (muscles)
Sac alvéolaire Surface d’échanges de 200 m2 Hématose (5)
Alvéoles 300 millions au total Sécrétion du surfactant (6)
DEFINITIONS
(1) Air Mélange gazeux que nous respirons, formé de 21 % d’oxygène, 78 % d’azote et 1 % de gaz rares (CO2, helium)
(2) Mucus Produit de sécrétion des muqueuses sur lesquelles il exerce un rôle de protection. Le mucus est constitué d’eau, de sels, de cellules et de mucine.
(3) Pression artérielle Dans un volume contenant un mélange gazeux, pression de l’un des gaz s’il occupait ce seul volume.
(4) Plèvre Membrane séreuse constituée de 2 feuillets : 1 feuillet viscéral accolé au poumon et 1 feuillet pariétal qui tapisse la paroi thoracique. Entre les feuillets se trouve le liquide pleural.
(5) Hématose Processus d’échanges gazeux entre l’air des poumons et le sang, pendant lequel le sang se charge en O2 et se débarrasse de son CO2.
(6) Surfactant Liquide élaboré par les pneumocytes de type II, formant un film fin qui tapisse la paroi des alvéoles et évite leur affaissement en abaissant la tension superficielle.
vue d’ensemble
L’appareil respiratoire est constitué d’un ensemble d’organes qui interviennent dans la respiration. On distingue :
- Les voies aériennes supérieures qui apportent l’air dans les poumons
- Les poumons et les structures thoraciques qui les mettent en mouvement.
LES SINUS
Orbite droite
Apophyse crista-galli
Cloison nasale
Fosses nasales
Os frontal
Apophyse crista-galli
Lame criblée d’ethmoide
Sinus ethmoidaux
Os malaire
Sinus maxillaire
Dent sur maxillaire superieur
APPAREIL RESPIRATOIRE
Trompe d’Eustache (relie l’oreille moyenne et la gorge)
Fosses nasales
Pharynx naso- (N), oro- (O), laryngopharynx (L)
Epiglotte
Larynx
Trachée
Anneaux cartilagineux
Poumon droit (3 lobes)
Plèvre (2 feuillets), viscéral (V), pariétal (P)
Bronches souche (So), lobaire, (Lo), segmentaire (Se)
Bronchiole
Diaphragme
LA CAGE THORACIQUE
Sternum
Côte
Cartilage
Colonne vertebrale
Côte flottante
Poumons
TISSU ALVEOLAIRE
Veinule
Bronchiole
Muscle lisse
Réseau capillaire
Canal alvéolaire
Artériole
Sac alvéolaire
Alvéoles
LE TISSU ALVEOLAIRE – La paroi des alvéoles contient :
- Des pneumocytes de type I : PI (revêtement)
- Des pneumocytes de type II : PII (production du surfactant).
TISSU BRONCHIQUE
Artérioles
Muscles lisses
Glande à mucus
Canal bronchique
Epithélium cilié
Chorion
vue generale
Boîte crânienne
Sinus frontal
Sinus sphénoide
Cavité nasale (cornets) et nasopharynx
Trompe d’Eustache
Cavité buccale et oropharynx
Epiglotte
Larynx
Cartilage cricoide
CORDES VOCALES
- a. Fermées
Cartilage thyroïde (pomme d’Adam)
Ligament vocal et cordes vocales
Cartilage cricoide
- b. Ouvertes
Trachée
larynx
Epiglotte
Os hyoide
Membrane hyoidienne
Cordes vocales
Cartilage thyroïde (pomme d’Adam)
Cartilage cricoide
Ligament vocal
Thyroïde
Cartilage trachéal
Trachée
la respiration
La ventilation pulmonaire correspond à 2 phases :
- Inspiration : contraction du diaphragme qui s’abaisse et des muscles intercostaux qui soulèvent les côtes. Le volume de la cage thoracique augmente et la plèvre, tirée vers l’extérieur, entraîne les poumons qui se gonflent par entrée d’air.
- Expiration : relâchement des muscles inspiratoires. Le volume de la cage thoracique diminue provoquant une surpression pulmonaire, d’où expulsion de l’air.
la ventilation
La ventilation permet l’entrée et la sortie d’environ 0,5 l d’air à un rythme de 15 cycles / min, chez l’adulte au repos (soit 450 l/h).
VOLUMES CAPACITES
Volume courant 0,5 l
Inspiration forcée 3 l
Capacité inspiratoire 3,5 l
Expiration forcée 1,5 l
Capacité vitale 5 l
Volume résiduel 1 l
Capacité pulmonaire 6 l
VOLUMES ET CAPACITES RESPIRATOIRES
LA RESPIRATION FORCEE
Les muscles du cou (scalènes, sterno-cleido-mastoidien) interviennent lors de l’inspiration forcée. Les muscles de l’abdomen (obliques, grand droit) interviennent lors de l’expiration forcée.
les muscles respiratoires
Sterno-cleido-mastoidien
Scalènes
Intercostaux
Mouvements de la cage thoracique (soulèvement ou abaissement des côtes)
Diaphragme (inspiration I plus bas que expiration E)
Obliques de l’abdomen
Grand droit de l’abdomen
Les muscles inspiratoires soulèvent la cage thoracique vers le haut.
Les muscles expiratoires poussent la cage thoracique vers le bas.
Lors de la respiration pulmonaire, le dioxygène (O2) passe dans le sang. Il est transporté par l’hémoglobine (Hb) et conduit jusqu’aux cellules.
Au niveau de la cellule, les métabolites (nutriments issus de la digestion) sont dégradés en présence d’O2 : c’est la respiration cellulaire. Cette réaction produit de l’énergie et des déchets (CO2…) qui passent dans le sang. L’essentiel de dioxyde de carbone (CO2) est ensuite éliminé par l’appareil respiratoire.
NB : H2O est également un déchet métabolique en partie éliminé au niveau des poumons.
le transport des gaz
TRANSPORT DU CO2 :
- 7 % dissout dans le plasma
- 23 % combinés à l’hémoglobine, Hb (HbCO2 = carbhémoglobine)
- 70 % sous forme d’ion bicarbonate (HCO3-) présent dans le plasma, dont la production est contrôlée par l’anhydrase carbonique (AC) des globules rouges.
TRANSPORT DE L’O2
- 1,5 % dissout dans le plasma
- 98,5 % combinés à l’Hb (HbO2 = oxyhémoglobine)
Sur le schéma n’est figuré que le transport des gaz par l’Hb.
Au niveau pulmonaire, la pression élevée du O2 alvéolaire favorise la dissociation d’HbCO2 (effet Haldane) : HbO2 se forme et CO2 est rejeté.
Au niveau tissulaire, le CO2 libéré par la respiration cellulaire crée un pH acide qui favorise la dissociation de HbO2 (effet Bohr) : HbCO2 se forme et O2 pénètre dans la cellule.
echanges gazeux pulmonaires
La diffusion des gaz respiratoires est contrôlée par la pression partielle (P). Lorsqu’on considère 2 compartiments le gaz passe du compartiment où P est la plus forte vers celui où P est la plus faible. C’est ainsi qu’au niveau pulmonaire le CO2 sanguin diffuse dans les alvéoles alors que l’O2 alvéolaire passe dans le sang (hématose). Au niveau des cellules l’inverse se produit.
la respiration cellulaire
Dans la cellule, l’O2 est capté par les mitochondries. Il permet d’oxyder les métabolites, nutriments provenant de la digestion. Cette oxydation produit de l’énergie (ATP) et des déchets, notamment le CO2 éliminé par la respiration pulmonaire.
Schéma :
L’air entre dans les poumons.
L’O2 passe dans le sang (HEMATOSE) :
Hb + O2 à HbO2
L’HbO2 arrive au cœur, puis descend par les artères jusqu’aux cellules.
L’O2 entre dans la cellule en passant à travers la lymphe interstitielle.
Dans la cellule, l’O2 entre dans la mitochondrie (RESPIRATION CELLULAIRE):
métabolites + O2 à déchets + energie = CO2 + ATP
Le CO2 retourne dans le sang :
Hb + CO2 à HbCO2
L’HbCO2 remonte au coeur par les veines, puis arrive aux poumons.
Le CO2 passe dans le poumon afin d’être rejeté :
HbCO2 à CO2 + Hb
Cette Hb prendra un nouvel O2, et ainsi de suite.
la consultation clinique
EPIDEMIOLOGIE
Les maladies respiratoires totalisent 8 % des décès. Les trois pathologies les plus souvent rencontrées en pratique clinique sont les infections bronchopulmonaires, les cancers et l’asthme.
Les infections broncho-pulmonaires sont le premier motif de precription d’antibiotique.
Le tabac est mis en cause dans 85 % des cancers bronchiques. Il est également responsable de bronchite chronique et à terme d’insuffisance respiratoire chronique.
On estime à 3 millions le nombre d’asthmatiques en France, mais 1 million de personnes seulement sont traitées. L’asthme est responsable de 7 à 10 décès par jour en France.
interrogatoire
*DYSPNEE (1)
En premier lieu, éliminer une dyspnée d’origine cardiaque : OAP (2) avec orthopnée (3).
A l’effort, la dyspnée apparaît dans la plupart des maladies respiratoires.
Au repos il faut rechercher des signes de gravité : hypoxie (4) ou hypercapnie (5) accompagnées de sueurs, tachycardie, hypertension.
*DOULEUR THORACIQUE
Le plus souvent brutale, décrite par le patient comme un coup de poignard.
Elle signe toujours une atteinte de la plèvre car le parenchyme pulmonaire n’a pas de récepteurs nerveux de la nociception (sensation douloureuse). Il faut préciser sa durée, sa localisation, les circonstances d’apparition (à l’effort, après un effort, au repos, au lever, à l’inspiration profonde…)
*EMOPTYSIE (6)
Crachat sanglant en général mousseux et rosé, parfois sang rouge si l’hémorragie est abondante. A différencier d’une épistaxis (saignement de nez) recraché par la bouche ou d’hématémèses (saignement d’origine digestif).
*CRACHATS
Faire préciser la couleur et en cas de bronchite chronique l’augmentation de production des crachats.
*TOUX
- Sèche : dite d’irritation, qui traduit une réelle irritation des bronches due à une inflammation ou à un corps étranger
- Grasse : dite productive, avec extériorisation de crachat ou si impossibilité de cracher, mouchage ou passage dans l’estomac.
Une toux provoquée lors des changements de position traduit un épanchement pleural.
(1) Difficulté (Dys-) à respirer (-pnée). En général polypnée (freq. Resp. > 20)
(2) Œdème aigu du poumon
(3) Dyspnée apparaissant en position couchée, s’améliorant en position demi assise
(4) Manque (hypo-) d’oxygène (-oxie) entraînant une cyanose des extrémités (lèvres et doigts bleutés).
(5) Excès (hyper-) de CO2 (-capnie). Accumulation toxique de CO2 dans le sang.
(6) Saignement (hémo-) extériorisé d’origine pulmonaire (-ptysie).
examen physique
*INSPECTION : on regarde respirer le patient
1. polypnée avec apparition de signe de lutte (1) :
a. tirage sus claviculaire (mouvement visible de la peau du cou au-dessus des clavicules)
b. tirage intercostal (creusement entre les côtes lors de l’inspiration)
c. balancement thoraco-abdominal (l’abdomen se soulève paradoxalement lors de l’expiration)
2. Bradypnée (freq. resp. < 12) :
a. inspiratoire : inspiration lente et difficile avec sifflement ou bruit rauque, traduit un obstacle situé au-dessus de la trachée
b. expiratoire : expiration lente avec sifflement, signe d’un obstacle bronchique
c. aux deux temps : obstacle trachéal
3. Diminution de l’amplitude thoracique (2).
*AUSCULTATION PULMONAIRE
On distingue le murmure vésiculaire normal (3), le sibilant (sifflement aigu et fin), le crépitant (bruit de papier d’aluminium froissé), le ronchi (ronflement grave), le frottement, et le bruit tubaire (rappelle le soufflage dans un tuyau).
Lors d’un épanchement pleural ou d’un pneumothorax, il y aura une asymétrie du murmure vésiculaire (murmure atténué dans un des deux champs pulmonaires).
*PERCUSSION (4)
Matité : son mat comme le bruit sourd produit lorsque l’on percute une bouteille d’eau pleine, traduit donc la présence de liquide derrière les muscles intercostaux (= épanchement pleural liquidien).
Tympanisme : son clair produit par la percussion d’une bouteille vide, traduit la présence d’air (= son normal du poumon ou celui d’un pneumothorax).
*PALPATION
Palpation des côtes pour rechercher un foyer de fracture en cas de douleurs et perception de la transmission des vibrations vocales lors du « dites 33 ».
(1) Signes cliniques dus aux efforts des muscles accessoires du cou, des muscles intercostaux et du diaphragme pour aider la cage thoracique à se soulever lors de l’inspiration. Ces signes de détresse respiratoire apparaissent avant l’épuisement total du patient.
(2) L’inspiration et l’expiration sont incomplètes, le patient ne peut pas respirer « à fond », on parle parfois de blockpnée.
(3) Bruit que font les alvéoles pulmonaires en s’ouvrant et en se refermant.
(4) Ecoute des bruits produits par la percussion des doigts contre les espaces intercostaux.
l’auscultation pulmonaire
L’auscultation consiste à écouter les bruits provenant des poumons. Le médecin examine ainsi les deux champs pulmonaires en comparaison au niveau de différentes zones : des bases aux sommets des poumons. Il peut être nécessaire de faire tousser le patient pour éliminer des bruits parasites.
Les zones d’auscultation sont présentées en vert sur le schéma ci-contre.
Schéma :
Sommet des poumons : les deux clavicules
De part et d’autre du sternum au-dessus du cœur
Base des poumons : quatre points sur la ligne de base
AUSCULTATION PULMONAIRE
ventilation par le bouche a bouche
En cas d’arrêt respiratoire d’une victime inconsciente, on peut procéder à une assistance ventilatoire de première urgence par la technique du bouche-à-bouche.
- 1. Basculer la tête de la victime en arrière, ce qui suffit parfois à libérer les voies aériennes.
- 2. Ouvrir la bouche en appuyant sur le menton. S’assurer que les voies aériennes sont dégagées de toute gêne et corps étranger (langue, chewing gum).
- 3. Pincer le nez et souffler de l’air par la bouche de la victime 10 à 15 fois par minute.
- 4. Poursuivre cette assistance respiratoire jusqu’à l’apparition d’une respiration spontanée.
pick flow (mesure du debit de pointe)
Le débit de pointe correspond au débit initial d’une expiration forcée.
Le patient inspire profondément puis souffle brusquement dans l’embout buccal du pick flow.
Des mesures répétées permettent de suivre l’évolution d’une pathologie comme l’asthme.
examens et medicaments
fibroscopie bronchique
Introduction d’une fibre optique par le nez ou la bouche du patient jusque dans la trachée et les bronches.
Visualisation et extraction d’un corps étranger inhalé, localisation d’une hémorragie, prélèvement histologique, lavage bronchoalvéolaire (LBA). Le LBA consiste à injecter du serum physiologique stérile dans les bronches puis à l’aspirer en vue d’analyses cytologiques et bactériologiques.
gaz du sang
Prise de sang faite dans l’artère radiale. Mesure de la pression artérielle en dioxygène (PaCO2), en dioxyde de carbone (PaCO2) et mesure du pH.
Normales :
PaCO2 : 85-100 mmHg
PaCO2 : 39-41 mmHg
pH : 7,39 – 7,41
radiographie
Autant que possible faite debout en inspiration profonde.
- 1. Contrôle du cadre osseux (clavicule, omoplate, humerus, côtes, sternum) à la recherche de déformation et de fracture.
- 2. Observation de la silhouette cardiaque à la recherche d’une pathologie pulmonaire chronique à retentissement cardiaque.
- 3. On étudie ensuite les vaisseaux et le parenchyme pulmonaires, qui sont normalement clairs : des opacités ou des zones hyperclaires traduisent des pathologies variées.
INSPIRATION
Clavicule
Poumon gauche
Parenchyme et système vasculaire
Silhouette cardiaque
EXPIRATION
Diaphragme
RADIOGRAPHIE DU THORAX
ECB
Pratiqué à partir de prélèvements provenant d’un lavage bronchoalvéolaire ou des expectorations (crachats).
scintigraphie pulmonaire
Après injection d’un produit de contraste (technétium), analyse de sa répartition dans les vaisseaux pulmonaires : cet examen permet d’apprécier la perfusion des poumons.
Recherche d’embolie pulmonaire dans les secteurs normalement ventilés mais non perfusés.
ponction pleurale
Ponction à travers un espace intercostal, en pleine matité (épanchement pleural liquidien).
Recherches bactériologiques, cytologiques (hématies, leucocytes, cellules néoplasiques) et biochimiques (protéines, glucose, chlore).
Muscle
Côte
Nerf
Plèvre
Liquide
Trocard
PONCTION PLEURALE
Exploration foncTIonnelle
Le patient est muni d’un embout buccal et a le nez bouché.
Mesure du volume d’air utilisé lors d’un cycle respiratoire.
Identification d’une bronchoconstriction, d’un emphysème (bulle d’air).
Embout buccal
Capteur
Mesure analyse
EXPLORATION FONCTIONNELLE RESPIRATOIRE
MEDICAMENTS MODE D’ACTION INDICATIONS EXEMPLES
ANTITUSSIFS OPIOIDES Inhibent la toux Toux classique (1) Codeine, Nodex
CENTRAUX (1) au niveau du centre de la toux Mucoviscidose
AUTRES INHIBITEURS (2) Théralène, Toplexil
CENTRAUX (2) Silomat
EXPECTORANTS (3) Diminuent la viscosité du (3) Carbocystéine
mucus bronchique
BRONCHO- Dilatation des bronches par stimulation Asthme (4) Ventoline, Maxair
DILATATEURS (4) des récepteurs beta 2 des bronches
THEOPHYLLINE (5) Dilatation modérée des bronches (5) Le thé et ses dérivés
(Theolair, Dilatrane LP)
ANTICHOLINERGIQUES Empêchent la bronchoconstriction
Bloquant les récepteurs à acétyl-choline.
GLUCOCORTICOIDES (6) Limitent le nombre de mastocytes, Asthme, allergies (6) Solupred, Celestene
lymphocytes T et polynucléaires, ainsi que
la production de citokines pro-inflammatoires.
ANTI- Effet anti-inflammatoire et anti-allergique (7) Chromoglycate de
INFLAMMATOIRES (7) sodium (Lomudal)
pathologies
L’air que nous respirons est chargé de millions de microbes (virus, bactéries, champignons) qui peuvent infecter nos voies respiratoires supérieures (rhume, amygdalite, pharyngite, laryngite, sinusite…) et nos voies respiratoires inférieures (tracheite, bronchite aigue, bronchiolite, pneumopathie…)
infections des voies superieures
Sinusite
Amygdalite
Pharyngite
Laryngite
La plupart de ces infections entrainent une inflammation des muqueuses respiratoires, accompagnées de fièvre et de douleurs bien localisées.
sinusite
La sinusite (a) est due à une infection, provoquant une altération de la muqueuse sinusale (sécrétion de pus, disparition des cils). Elle est accompagnée de fièvre, maux de tête, nez bouché et perte d’odorat.
Photo Muqueuse normale Muqueuse altérée
tuberculose
La tuberculose (b) pulmonaire est une infection due à l’inhalation du bacille de Koch (primo-infection). Cette maladie se caractérise par une toux, une expectoration sanglante, de la fièvre, une asthénie et une perte de poids. Elle peut atteindre d’autres organes lors d’une évolution secondaire.
Photo Tuberculose pulmonaire (primo-infection) Infection secondaire (vertèbres, reins et vessie)
PNEUMONIE
La pneumonie (c) est une inflammation ou une infection des alvéoles qui se chargent de liquide et de leucocytes morts, ce qui réduit le volume d’air des poumons.
(Bactéries Streptococcus Pneumoniae en médaillon).
aspergillose
L’aspergillose pulmonaire (d) est une infection du parenchyme pulmonaire provoquée par un champignon, Aspergillus (en médaillon).
Sur la radio, on distingue une « pelote mycosique » appelée aspergillome pouvant être à l’origine d’hémoptysies et parfois, d’infections bronchiques plus ou moins graves.
Le processus infectieux correspond à une multiplication des agents pathogènes (invasion bactérienne, virale…) accompagnée ou non de la libération de toxines (toxi-infection). Dans le cas des ionfections pulmonaires, c’est l’inhalation du germe qui est responsable de la contamination des alvéoles.
alveole
Capillaire sanguin
Paroi alvéolaire
Pneumocyte
Alvéole remplie de gaz
Macrophage alvéolaire
ALVEOLE SAINE
Agents infectieux
ALVEOLE INFECTEE
Granulocyte
Pus
ALVEOLE INFECTEE suite
les etapes d’une infection
- 1. Les alvéoles saines contiennent toujours des macrophages.
- 2. Les macrophages réagissent à la présence des agents infectieux (bactéries, champignons…) en les ingérant par phagocytose.
- 3. Si les macrophages alvéolaires sont débordés, les granulocytes traversent la paroi des capillaires sanguins pour lutter contre l’infection. Du pus peut se former et remplir les alvéoles. Le malade éprouve alors des douleurs thoraciques accompagnées de fièvre et de toux.
asthme
L’asthme se traduit par des crises de difficulté respiratoire accompagnée de sifflement ; le diamètre des bronches et bronchioles se réduit. Cette sténose des voies aériennes est déclenchée par un allergène (poussières, pollens, poils d’animaux, certains médicaments et aliments).
Les mécanismes à l’origine de la crise d’asthme sont indiqués sur le schéma. On distingue :
- Une vasodilatation
- Une broncho-constriction
- Une inflammation de la muqueuse bronchique responsable d’un œdème et d’une hypersécrétion de mucus.
Vaisseau sanguin
Cartilage
Muscles lisses
Lumière
Glande à mucus
BRONCHE NORMALE
Vasodilatation
Broncho-constriction
Hypersécrétion de mucus
Inflammation et œdème
BRONCHE ASTHMATIQUE
traitements
- Eviter le contact avec l’allergène responsable
- Les bronchodilatateurs (ventoline) induisent le relâchement des muscles lisses
- Les corticoides réduisent l’inflammation
- Les anti-hitaminiques bloquent l’action des mastocytes responsables de la réaction allergique.
cancer primaire
Le cancer du poumon est la première cause de mortalité par cancer chez l’homme. Le tabagisme en est la cause dans 85 % des cas.
La paroi des bronches (1) est sensible aux goudrons du tabac qui altèrent les cellules cylindriques et les transforment en cellules squameuses (2). Pour remplacer ces cellules altérées, les cellules basales se multiplient (activation d’oncogènes) et deviennent cancéreuses (3).
- 1. Cellules cylindriques ciliées
Cellules à mucus
- 2. Cellules squameuses
- 3. Cellules basales
CANCER PRIMAIRE
cancer secondaire
Les poumons sont plus fréquemment que d’autres organes le siège de foyers cancéreux secondaires appelés métastases ; cellules cancéreuses provenant d’autres organes (cellules métastasiques en médaillon).
traitements
- Chirurgie (lobectomie)
- Radiotherapie
- Chimiotherapie
bronchite chronique
La bronchite chronique se traduit par une toux importante accompagnée d’expectoration. Elle résulte le plus souvent du tabagisme qui altère les cellules bronchiques.
- 1. Les substances irritantes endommagent les cils des cellules épithéliales (faible évacuation du mucus)
- 2. L’accumulation de mucus favorise le développement bactérien et la réaction inflammatoire (surinfection)
- 3. L’emphysème pulmonaire peut être la conséquence d’une bronchite chronique ou du tabagisme. Les alvéoles se dégradent et fusionnent ce qui réduit la surface d’échanges respiratoires.
Tabac
Cellules épithéliales
Mucus
Bactéries
Alvéoles intactes
Alvéoles fusionnées
EMPHYSEME
pathologies de la plevre
Le liquide pleural peut être le siège de différentes pleurésies (épanchements pathologiques entre les deux feuillets de la plèvre). Selon la composition du liquide, on distingue :
- L’hydrothorax
- L’hémothorax
- Le pyothorax
Une entrée d’air dans la plèvre crée un affaissement des poumons (pneumothorax).
traitements
- Ponction pleurale
- Antibiothérapie
- Talcage (introduction de talc entre les deux feuillets de la plèvre pour les recoller).
Feuillet pariétal
Feuillet viscéral
PLEURESIE