Paramédical 3
Paramédical 3
le vieillissement
La connaissance des mécanismes du vieillissement constitue un enjeu à la fois médical et social. Mais, quelle est l’origine du vieillissement ?
2 théories s’affrontent : celle de l’origine génétique et celle du stress oxydatif.
- 1. theorie genetique
- Avec l’âge il se produit un raccourcissement des télomères. A âge égal, les individus ayant des télomères courts auraient une mortalité cardiaque et infectieuse, respectivement 3 et 8 fois supérieures.
- La durée de vie dépendrait de l’existence de gènes commandant une « horloge moléculaire du vieillissement ». A l’appui de cette thèse, les enfants atteints de Progeria qui meurent de vieillesse vers 20 ans.
Schéma : Un chromosome composé de deux petites branches (télomères) et deux grandes branches (chromatides) jointes par le centromère.
Théorie génétique.
- 2. THEORIE DU STRESS OXYDATIF
- Les radicaux libres (RL) sont des molécules très réactives et très toxiques qui provoquent la mort des cellules. Actuellement, on considère que les RL sont la principale cause du vieillissement celulaire et donc de l’organisme.
Schéma : Les radicaux libres.
Théorie du stress oxydatif.
- 3. CONSEQUENCES
- 3a. Les cellules qui ne se divisent pas (neurones…) se chargent en « pigments de l’âge » ou lipofuchine qui sont des acides gras oxydés.
- 3b. Les cellules se renouvellent à un rythme plus lent.
Ainsi une blessure met 10 fois plus de temps à cicatriser chez un homme de 60 ans que chez un enfant de 2 ans.
- 3c. Les protéines comme le collagène subissent 2 types de transformation :
- Apparition de liaisons covalentes (liaisons chimiques fortes) qui rigidifient les molécules et les rendent plus sensibles à la dégradation.
- Glycosylation (fixation de sucres) qui altère la fonction de la protéine.
Schéma : 3a. Dépôt de lipufuchine
3b. Ralentissement des mitoses
3c. Glycosylation et liaisons covalentes.
SURDITE
TROUBLES DE LA VISION Glaucome, cataracte, dégénérescence rétinienne, presbytie
PATHOLOGIE CARDIOVASCULAIRE Athérosclérose, fibrilation auriculaire, HTA, varices, phlébites
PATHOLOGIE URINAIRE Chez l’homme : adénome de la prostate
Chez la femme : incontinence urinaire
PERTE MUSCULAIRE Myopénie
PERTE DES FONCTIONS ORGANIQUES
PATHOLOGIES NEURO-DEGENERATIVES Maladies d’Alzheimer et de Parkinson
TROUBLES OSSEUX Ostéoporose, rhumatismes : arthrite, arthrose
DIMINUTION DE LA TAILLE Tassement des vertèbres, courbure de la colonne
TROUBLES ENDOCRINIENS Diabète type II, ménopause, andropause
ALTERATION DE LA PEAU Déshydratation, rides (perte de collagène), cheveux blancs (perte de mélanine),
alopécie (surtout chez l’homme)
CANCERS
le radical superoxyde
Un radical libre (RL) est une espèce chimique instable, qui possède sur sa couche externe un électron non couplé dit célibataire. Cet électron confère une très grande réactivité au RL.
Schéma : Electron célibataire très réactif
2 noyaux
9 électrons autour de chaque noyau
Titre : le radical superoxyde (O2 °-)
mode d’action
Au cours du métabolisme le dioxygène O2 peut capter un électron et devenir l’anion superoxyde (O2 °-).
L’O2 et ses dérivés, le péroxyde d’hydrogène (H2O2) et le radical hydroxyl (OH point) sont des RL.
Les RL altèrent les composants essentiels de la cellule, à savoir les membranes, l’ADN, les chromosomes. Les cellules endommagées se réparent ou meurent (par nécrose ou par apoptose).
Schéma : O2°- à H2O2 à OH°
Destructions membranaires
Lésions chromosomiques
Lésions de l’ADN
Mort cellulaire
Titre : Action des radicaux libres
cancer
Dans un tissu sain, la division cellulaire est contrôlée par des facteurs de croissance mais aussi inhibée par les cellules environnantes. Les cellules cancéreuses échappent à ces contrôles suite à l’altération de l’ADN au niveau de certains gènes (proto-oncogènes stimulateurs et anti-oncogènes inhibiteurs de la division cellulaire). Le cancer est donc une prolifération cellulaire anormale (ou tumeur) qui s’accroît en détruisant les tissus sains de l’organisme. Une tumeur peut être bénigne (1) ou maligne (2). Le cancer représente 28 % des causes de décès en France.
(1) Prolifération licalisée et limitée (lipome, adénome, polype, fibrome…)
(2) Les cellules qui prolifèrent perdent les caractéristiques du tissu d’origine (carcinome, sarcome, rétinoblastome, leucémie…)
EVOLUTION DU CANCER
1. INITIATION ET PROMOTION
1a) Les initiateurs (radiations, produits chimiques, virus) induisent des mutations de l’ADN.
Plusieurs gènes sont concernés (ras, myc, P53).
1b) Les promoteurs (tabac, hormones, alcool) induisent la prolifération des cellules altérées.
2. PROLIFERATION
Changement de forme des cellules (dysplasie) et prolifération anormale (hyperplasie).
3.CANCER PRIMAIRE
Division invasive à travers la membrane basale et angiogénèse induite par la tumeur.
4.CANCER SECONDAIRE
Processus métastasique (voir ci-dessous).
Les cellules cancéreuses se détachent et sont transportées par le sang ou la lymphe. En atteignant d’autres tissus, elles forment des tumeurs secondaires appelées métastases.
Le schéma ci-contre présente les principaux organes et ganglions (G) qui sont le siège de ces tumeurs.
Développement d’une métastase ganglionnaire (en encart) :
a) Arrivée des cellules cancéreuses
b) Destruction par le système immunitaire ou multiplication cellulaire
c) Déplacement vers d’autres ganglions.
METESTASES SANGUINES METASTASES GANGLIONNAIRES
Cerveau G. cervicaux
Poumon G. axillaires et sus-claviculaires
Foie G. thoraciques
Surrénale G. lombo-aortiques
Os G. iliaques et inguinaux
Encart : cancer du poumon Encart : ganglions lymphatique
ORGANE SIGNES FACTEURS DE RISQUE
SEIN Grosseur Femme > 50 ans
25 % des cancers chez la femme Ecoulement du sein Obésité, hérédité
VOIES AERODIGESTIVES SUPERIEURES Plaie ou enrouement Homme > 45 ans
19 % des cancers chez l’homme ou angine persistants Tabac, alcool
POUMON Toux persistante, crachat de Tabac
21 % des cancers chez l’homme sang, douleur thoracique Pollution, amiante
VOIES UROGENITALES Changement de taille, Herpès
(testicule, prostate, rein, vessie, utérus) saignement, Partenaires multiples
18 % des cancers dysurie, hématurie Tabac, obésité
APPAREIL DIGESTIF Saignement anal, Polypes colorectaux
(estomac, foie, pancréas, côlon, rectum) colite chronique Hérédité
25 % des cancers
facteurs de risque
Le tabac est la cause de nombreux cancers des voies digestives et respiratoires.
L’alcool potentialise l’effet du tabac.
Une alimentation hypercalorique favorise le développement cancéreux.
Les radiations (U.V.) déclenchent des cancers de la peau.
Il existe des prédispositions génétiques associées au cancer.
mortalite
La mortalité par cancer chez l’homme est essentiellement due à une atteinte de l’appareil digestif et de l’appareil respiratoire.
Appareil digestif 42 %
Appareil respiratoire 30 %
Prostate 10,5 %
Appareil urinaire 9 %
Autres 8 %
MORTALITE LIEE AU CANCER CHEZ L’HOMME
la therapie cellulaire
La thérapie cellulaire est l’introductiopn de cellules souches (CS) au niveau de l’organe malade. Les CS sont une source potentielle de réparation de n’importe quel tissu lésé de notre organisme. On distingue :
- Les CS embryonnaires = cellules ES
- Les CS adultes (précurseurs de la moelle osseuse, cellules satellites, etc)
Des travaux expérimentaux réalisés chez la souris ont montré que les cellules ES (de souris) pouvaient traiter des maladies aussi diverses que le diabète, la maladie de Parkinson, l’infarctus du myocarde, la spina bifida et de nombreuses maladies génétiques.
definition d’une cellule souche
Une cellule souche est une cellule indifférenciée (ou immature), caractérisée par sa capacité :
- D’immortalisation (= multiplication à l’identique pour donner de nouvelles cellules souches)
- De différenciation (= transformation en cellules différenciées).
Ici une cellule souche (CS) qui se différencie en globules rouges ou en neurones selon les facteurs de croissance présents dans son environnement.
therapie cellulaire – principe
Les cellules souches peuvent provenir de tissu embryonnaire ou de tissu adulte (1). Après prélèvement, ces cellules sont mises en culture (2) afin qu’elles se différencient et se multiplient. Elles sont ensuite injectées (3) soit directement dans le tissu cible, soit par voie sanguine où elles gagnent spontanément les tissus malades.
Schéma : Principe général :
(1) Cellules souches en provenance de tissu embryonnaire ou adulte
(2) Mise en culture
(3) Cellules souches différenciées, qui sont ensuite injectées dans le tissu cible
On distingue deux types de cellules souches (CS) adultes : les CS à renouvellement lent et les CS à renouvellement rapide.
les cs a renouvellement lent
On a identifié ce type de cellules dans :
a. le cerveau
b. le foie (cellules ovales)
c. le cœur, où on soupçonne leur présence au niveau des oreillettes
d. les muscles (cellules satellites)
Il existerait également une source importante de CS au niveau du tissu adipeux.
Schéma : Cerveau CS des ventricules de l’hyppocampe
Cœur CS hypothétiques
Crosse aortique
Ventricule droit
Foie Cellules ovales
Lobe droit
Hile
Muscle Cellules satellites
Fibre musculaire multinuclée
RENOUVELLEMENT LENT
LES CS A RENOUVELLEMENT RAPIDE
Les cellules de certains tissus sont renouvelées en permanence à un rythme rapide de 1 à 2 mois, grâce à la présence de CS. On trouve ces CS dans :
- La peau (les CS assurent tous les mois le renouvellement complet de l’épiderme et du système pileux).
- L’intestin (200 à 300 millions de cellules des villosités intestinales sont renouvelées chaque jour).
- La moelle osseuse. La moelle osseuse possèderait 2 types de CS : les CS hématopoiétiques (progéniteurs de toutes les lignées sanguines) et les CS mésenchymateuses, qui seraient capables de se différencier en de nombreux tissus (neurones, ostéoblastes, myoblastes…).
Schéma : Peau CS du derme
Epiderme
Follicule pileux
Tube digestif CS de la crypte
Villosité intestinale
Moelle osseuse CS hématopoiétique + CS mésenchymateuses
Os spongieux
Diaphyse
Moelle osseuse
RENOUVELLEMENT RAPIDE
Schéma : EMBRYON FOETUS
Fécondation Cellules ES totipotente Cellules ES pluripotentes Cellules ES multipotentes
les cellules es – cellules souches embryonnaires
Les cellules ES ont d’autant plus de potentialité qu’elles sont jeunes. Ainsi, chaque cellule totipotente de la morula peut donner un organisme entier, tandis que les cellules plus différenciées de l’embryon ou du fœtus perdent certaines capacités de régénération.
bioethique
L’utilisation des cellules souches (CS) ouvre d’immenses espoirs thérapeutiques (les CS peuvent théoriquement réparer n’importe quel tissu malade) tout en soulevant des controverses éthiques (doit-on autoriser l’utilisation des cellules ES provenant d’embryons humains ?)
L’utilisation des cellules ES est autorisée dans certains pays (USA, Angleterre…) mais pas en France.