Blast
BLAST
L ’effet de souffle, ou blast, est le phénomène qui explique l ’ensemble des lésions anatomiques et des syndromes cliniques présenté par un organisme vivant exposé à une modification brutale du niveau de pression consécutive à une explosion.
Ces lésions sont souvent associées à d ’autres atteintes traumatiques.
BLAST PRIMAIRE : Il résulte directement de la variation brutale de la pression atmosphérique constituant l ’onde de choc.
BLAST SECONDAIRE : Il est lie à la projection des objets présents dans l ’environnement, mis en mouvement par l ’onde de surpression (pierre, éclat de verre). Il peut aussi s ’agir de fragment placés délibérément au contact de la charge explosive. Ce mécanisme est à l ’origine de lésions « polycriblage ».
BLAST TERTIAIRE : Il est un traumatisme cinétique consécutif à la projection de la victime contre une structure environnante sous l ’effet de l ’onde de surpression.
BLAST QUATERNAIRE : Lésions associées comme les brûlures ou l ’inhalation de fumées d ’incendie. En outre, certain engins explosifs peuvent être conçus pour provoquer la dispersion de vapeurs toxiques ou de particules radioactives.
MECANISME DE L’EXPLOSION :
Toute explosion est à l ’origine d ’une libération brutale d ’énergie sous la forme d ’un gaz à haute pression et à température élevée dont les l ’effets se traduisent par trois phénomènes physiques distincts, constitutif de l ’onde de choc.
- une augmentation brutale de la pression (surpression).
- une diminution secondaire de cette pression (dépression).
- le déplacement d ’une grande masse de fluide au voisinage du lieu de l ’explosion.
Lorsque l ’explosion se produit, l énergie incidente de l ’onde de souffle se repartit en trois fractions d ’importance inégale :
- une partie est réfléchie sur la surface du corps de la victime.
- une partie est déviée dans sa direction de propagation par glissement.
- la plus grande partie est absorbée (elle se propage alors à l intérieur de l ’organisme sous la forme d ’une onde de pression responsable des lésions)
FACTEURS DE GRAVITE :
Ils dépendent de :
- de la puissance de l ’engin explosif.
- de la distance qui le sépare de la victime.
- de la durée de l ’onde de choc.
- de la réflexion de l ’onde de choc sur un obstacle (phénomène de réverbération).
- si la victime est au contact direct de la zone de réflexion (surpression multipliée par deux)
- la surface corporelle présentée à l ’onde de choc (sujet debout face à l ’explosion, lésions beaucoup plus graves et importantes, qu’un sujet couché).
Enfin, l ’onde de choc possède des caractéristiques différentes selon qu’elle se propage dans un :
- gaz (aérien).
- liquide (mer).
- solide (sol, pont de bateau).
CARACTERISTIQUES DE L'ONDE DE CHOC SELON SON MILIEU DE PROPAGATION ET LESIONS ASSOCIEES
Milieu de l'explosion :
1. Air
2. Eau
3. Sol (mine)
Vitesse de propagation de l'onde de choc :
1. 365 m/s
2. 1600 m/s
3. 5000 m/s
Amortissement de l'onde de choc :
1. Au bout de 200 à 300 m
2. Au bout de 300 à 1500 m
3. Au bout de 2 à 10 m
Lésions associées :
1. Organes creux :
- oreilles
- poumons
- larynx
- intestins
2. Organes pleins :
- foie
- rate
- encéphale
- vessie
- yeux
3. Ostéo-musculaires :
- os
- muscles
- nerfs
- vaisseaux
MECANISME DES LESIONS :
Les lésions qui accompagnent le blast sont consécutives à trois mécanismes qui sont, par ordre d ’importance décroissante :
- phénomène d ’implosion :
Il intéresse les gaz contenus dans les cavités closes ou semi-closes de l ’organisme.
Ces volumes gazeux subissent une compression violente liée au passage de l ’onde de souffle.
- Les différences d accélération :
Elles sont à l ’origine de phénomènes d ’arrachement et de compression, responsables de ruptures de continuité, ainsi que des phénomènes d ’impactations des tissus durs dans les tissus mous voisins.
- L ’effet de pulvérisation ou «spalling effect» :
Il correspond à un phénomène de fragmentation de l ’interface entre des tissus de densité différente (phénomène de résonance consécutif à l ’onde de choc).
Il est à l ’origine de l ’éclatement des parois des organes.
- Les lésions pulmonaires :
Elles sont les plus fréquentes et engagent le pronostique vital à court terme.
Elles peuvent apparaître après une période de latence d ’une douzaine d ’heures pendant laquelle le blesse est asymptomatique.
On retrouve des ruptures des alvéoles pulmonaires et de la barrière alvéolo-capillaire.
Symptômes :
- o OAP
- o Douleur thoracique
- o Dyspnée
- o Cyanose
- o Hémoptysie (crachat de sang)
- o Pneumothorax (occasionnel, air dans la cavité pleurale)
- o Hémothorax (occasionnel, sang dans la cavité pleurale)
- Les lésions auriculaires
Toute victime blastée présente en principe une perforation tympanique ou tout autres lésions auriculaires.
Symptômes :
- o Otalgies
- o Otorrhée (écoulement de sang dans l’oreille)
- o Baisse de l’audition
- o Bourdonnements d’oreille
- Lésions laryngo-trachéales :
Elles sont la conséquence de « l impaction » du squelette cartilagineux contre la muqueuse respiratoire.
Symptômes :
- o Ecchymoses
- o Hématomes
- o Pétéchies (petite tache rouge violacée, provoquée par une petite hémorragie sous-cutanée).
- Lésions intestinales :
Elles intéressent plus volontiers le colon que l ’intestin grêle en raison de son important volume gazeux.
Symptômes :
- o Douleurs abdominales
- o Défense abdominale
- o Vomissements
- Lésions des organes pleins abdominaux :
Elles intéressent particulièrement :
- o Foie
- o Rate
- o Rein
Symptômes :
- o Contusion abdominale
- o Contracture abdominale
- o Hémorragie interne
- Lésions ostéo-musculaires :
La transmission directe de l ’onde de choc par contact avec une structure non compressible est à l ’origine d ’atteintes pouvant aller jusqu’à l ’amputation traumatique.
CONDUITE A TENIR
- Bilan circonstanciel, traumatique et neuro
- Ecoutez la victime (plaintes exprimées)
- Observer et rechercher (les signes visibles)
- LVA
- Oxygénothérapie 15 l/mn
- Constantes, TA
- Position demi-assise si pb respiratoire
- Décubitus dorsal jambes fléchies si blast abdominal
- PLS si pb de conscience
- Contact coordination médicale.
BLAST
Mécanisme des lésions :
- Phénomène d’implosion du à la compression / détente violente des gaz situés dans les organes creux de l’organisme lors du passage de l’onde de souffle.
- Différences d’accélérations à l’origine de phénomènes d’arrachement et de cisaillement responsables des ruptures d’organes pleins.
- Effets parfois retardés. Attention, toute victime d’une explosion est considérée comme « blastée » jusqu’à preuve du contraire.
Conduite à Tenir du Secouriste :
- La victime doit toujours être médicalisée sur le « chantier »
- Bilan circonstanciel (Attention au risque de sur accident, accessibilité de la victime, temps écoulé depuis l’accident).
- Bilan vital
- Bilan fonctionnel (chiffrer Pouls, Ventilation, Tension, Saturation éventuellement, antécédents de la victime, traitements suivis, prise de température si possible, …)
- Bilan lésionnel (autres atteintes éventuelles)
- Oxygénation systématique dès la découverte de la victime sans oublier la Libération des Voies Aériennes.
- Stopper toute hémorragie (bandage ++ si polycriblage).
- Position d’attente selon l’état de la victime.
- Lutter contre le refroidissement de la victime.
- Aide à la médicalisation le cas échéant (perfusion, scope, intubation, injections, …)
- Bilan complété dans le VSAV (victime déshabillée, séchée et réchauffée)