Intoxication au CO
INTOXICATION AU CO :
2 000 MORTS PAR AN EN FRANCE
moins que les accidents de la route 4 000 aujourd'hui
et moins que les suicides 12 000 aujourd'hui.
Sommaire de cette page :
-1. un extrait du Dr HUET
-2. un extrait Intoxications aigues - doc 582
-3. lien vers le doc des pompiers
-4. un document complet : Intoxication CO
-5. page internet site urgences online
-6. Inpes
-7. document du ministère de la santé : AIDE AU DIAGNOSTIC
1. Extrait de :
Prise en charge des intoxications par les secouristes
Dr Loïc HUET
Praticien Hospitalier SAMU SMUR Service des urgences CHU Caen Avenue de la cote de Nacre
Médecin du Service de Santé et Secours Médical SDIS 14
Si le Dr HUET Loic est opposé à la publication d'un extrait de son document, il peut utiliser le lien "contact" en bas de cette page.
5 1 Intoxication au CO
:
La production de CO (gaz difficilement perceptible car inodore et incolore) est liée à une combustion incomplète d’un dérivé carboné (manque d’O²).
Le mauvais fonctionnement d’un appareil de chauffage peut être la cause de formation de CO. Les endroits confinés et mal aérés sont des situations favorisantes.
Dans le cadre professionnel, certaines professions sont exposée : garage champignonnières…
Symptomatologie :
Les symptômes sont collectifs (famille & animaux) : avec des nausées, vomissements et céphalées ;
Cela évolue vers le coma, les convulsions…puis le décès.
L’évolution peut être foudroyante.
Il faut noter que la SPO² est normale et qu’il n’y a pas de cyanose
Prise en charge :
Les risques de troubles de conscience, coma par le CO surviennent vite, et sans prodrome ; Les secouristes devront faire très attention.
- Ø Aérer les locaux
- Ø Evacuer la (les) victime(s) de l’environnement dangereux
- Ø Attention à « ne pas respirer » pendant la manœuvre
- Ø effectuer le bilan des fonctions vitales
- Ø oxygéner rapidement : masque à haute concentration 15 L/min
- Ø toujours hospitaliser (dosage HbCO Oxygénothérapie)
- Ø et si nécessaire traitement en caisson hyperbare (femme enceinte défaillance cardiaque troubles de conscience)
ATTENTION : pas d’étincelle car il y a toujours un risque d’explosion en présence de gaz.
Intoxication par les fumées d’incendie : CO CO² et cyanure (CN)
Les fumées incendie exposent non seulement aux intoxications par le CO mais surtout aux intoxications par le cyanure ou ses dérivés.
En cas d’incendie seul l’ARI permet de pénétrer dans l’atmosphère gazeux et enfumé
Les masques NRBC sont perméables au CO
La symptomatologie de l’intoxication au CN se traduit par des troubles de conscience, convulsions, coma…voire un état de choc
Prise en charge :
Un Bilan au SAMU s’impose ainsi qu’une prise en charge médicalisée ;
Antidote du CN : Vitamine B12 CYANOKIT
Conclusions :
- Ø En cas d’intoxication volontaire :
Recueillir ordonnances médicaments boites vide…
Avis médical : hospitalisation sous contrainte
- Ø En cas d’intoxication accidentelle :
Risques vital engagé
Ne pas faire boire, ne pas faire vomir
Bilan au SAMU
En cas d’intoxication par des gaz
Oxygénation
Bilan au SAMU
- Ø Victime inconsciente :
LVAS et PLS
BILAN SAMU AVANT LE DEPART DES LIEUX
2. Doc 582 - secourisme.info
Théry Cédrick - Intoxications aigues :
Extrait :
4. Monoxyde de carbone et fumées d'incendie
4.1 Les troubles
Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz toxique qui prend la place de l'oxygène dans les globules rouges. Les premiers signes de l'intoxication sont les maux de tête avec vomissements, sensation de faiblesse. Ils sont rapidement suivis par des troubles de la conscience et un risque d'arrêt cardio- respiratoire (par manque d'oxygène). Ce gaz inodore et incolore est dégagé par toute combustion incomplète c ' est à dire manquant d'oxygène: incendie, chauffe-eau mal réglé, moteur de voiture, brasero dans une pièce mal ventilée... On n'en trouve pas, par contre, dans le gaz de ville.
L'intoxication par fumées est plus complexe. Au monoxyde de carbone s'associent fréquemment d ' autres toxiques: le cyanure qui est un toxique puissant qui bloque la respiration cellulaire, le chlore qui est responsable d'une irritation des voies respiratoires et d'une intoxication cellulaire... Les suies, fines particules toxiques, se déposent jusqu ' au plus profond de l' arbre respiratoire, bouchant les petites bronches et favorisant les infections.
4.2 Bilan
-circonstances, temps passé dans l' atmosphère toxique
-bilan vital
-autres signes présentés: céphalées, vomissements, suies, taille des pupilles. ..
-atteintes associées: traumatisme, brûlure, intoxication médicamenteuse ou alcoolique
-antécédents, traitement éventuel
-mesure du CO par les sapeurs pompiers à l'aide d'un appareil de type MONOXOR
4.3 Conduite à tenir
La victime doit d ' abord être évacuée du local où elle se trouve, sans prendre de risque: le CO est potentiellement explosif et peut intoxiquer les sauveteurs à leur tour. Après la mesure éventuelle du toxique dans l' air, il faut penser à ventiler suffisamment les lieux.
Le traitement de l'intoxication nécessite une oxygénothérapie systématique à fort débit. Une médicalisation est nécessaire en cas de détresse vitale, de signes associés à des suies importantes dans les voies respiratoires...
4.4 A savoir
-L'intoxication pure au CO est particulièrement fréquente en période de chauffage ou dans les locaux où sont implantés les appareils de type chauffe-eau au gaz ; dans ces circonstances, il faut savoir évoquer une intoxication devant :
-tout trouble de la conscience inexpliqué dans un appartement
-des céphalées ou troubles digestifs collectifs
-l'apparition d'un trouble digestif, d'un malaise inexpliqué chez des personnels de prompt secours qui interviennent sur une détresse vitale à domicile. ..
-Fortement lié au transporteur de l'oxygène contenu dans les globules rouges (l'hémoglobine), le CO est difficile à chasser. Lorsque l'intoxication est grave, il faut administrer de l'oxygène pur sous pression, ce qui n'est possible que dans un « caisson hyperbare » ; en trois quarts d'heure de ce traitement ( oxygénothérapie hyperbare ), il ne reste pratiquement plus de CO dans le sang.
-La prise en charge médicale des inhalations graves de fumées permet la perfusion d'une antidote des cyanures (hydroxocobalamine) qui augmente les chances de survie.
3. DOCUMENT 3305 BO 18 2004
A destination des pompiers :
http://www.lesfichiers.info/doc2/final2.php3?MESSAGE=3305&CATEG=38&CATEG2=319
4. DOCUMENT COMPLET
Intoxication au CO
1 - PRÉSENTATION
Gaz toxique, incolore et inodore de formule CO. Il fut découvert en 1799 par le chimiste britannique Joseph Priestley. Le monoxyde de carbone se forme lors de la combustion incomplète de substances carbonées.
2 - PROPRIÉTÉS
Le monoxyde de carbone est un gaz plus léger que l'air, de densité 0,97. Il fond à -205 °C et bout vers -190 °C. Il se combine à de nombreux cations métalliques pour former des métaux carbonyles. Par exemple, avec le nickel, il forme le composé de formule Ni(CO)4, utilisé pour purifier industriellement le métal.
3 - UTILISATIONS
Le monoxyde de carbone est un combustible industriel produit en grandes quantités car son pouvoir calorifique est égal aux deux tiers de celui du carbone. On trouve le monoxyde de carbone dans les gaz fournis par gazogène, dans les gaz de haut-fourneau et dans les gaz de houille. Dans le procédé d'extraction du minerai de fer, on l'utilise comme agent réducteur pour la transformation du minerai (oxyde) en métal.
Le monoxyde de carbone se combine facilement avec le chlore pour former du chlorure de carbonyle ou du phosgène COCl2, produit utilisé comme gaz de combat pendant la Première Guerre mondiale. Chauffé en présence d'un catalyseur tel que l'oxyde de zinc et de chrome, le monoxyde de carbone se combine avec l'hydrogène pour former le méthanol. Il s'agit d'une réaction très utilisée dans l'industrie.
4 - TOXICITÉ
Le monoxyde de carbone est un poison pour tous les animaux à sang chaud. En cas d'inhalation, il se combine de façon quasi irréversible avec l'hémoglobine du sang à la place du dioxyde de carbone, provoquant une anoxie et conduisant à l'asphyxie. Les automobiles émettent des gaz contenant des quantités dangereuses de monoxyde de carbone, parfois plusieurs pour cent, malgré les dispositifs antipollution destinés à maintenir leur niveau en dessous de 1 p. 100. Dans l'air, même une proportion de un millième de 1 p. 100 de monoxyde de carbone peut provoquer des symptômes d'empoisonnement, et une proportion de un cinquième de 1 p. 100 peut être fatale en moins de 30 minutes. Le monoxyde de carbone est l'un des principaux éléments de la pollution atmosphérique en zone urbaine.
Étant inodore, c'est un poison insidieux, qui ne provoque que des symptômes légers de maux de tête, de nausées, ou de fatigue, suivis d'une perte de connaissance. Un moteur d'automobile qui tourne dans un garage fermé charge l'air d'une importante quantité de monoxyde de carbone en quelques minutes. Un conduit de chaudière percé peut remplir une pièce d'un poison insoupçonné. Le gaz de chauffage, qui peut contenir jusqu'à 50 p. 100 de monoxyde de carbone, contient souvent de faibles quantités de composés sulfurés d'odeur désagréable, ajoutés pour permettre de déceler les fuites éventuelles.
DONNEES GENERALES SUR L'OXYDE DE CARBONE
Présent dans l'air en très faibles quantités (0,01 à 1 ppm) et dans divers gaz combustibles. Utilisé dans le raffinage de métaux ou la synthèse de produits chimiques. L'oxyde de carbone se dégage lors de la combustion incomplète de toute substance contenant des atomes de carbone (incendies, pollution industrielle, moteurs à explosion, chauffe-eau, poël à charbon ...). C'est la principale cause de mort toxique en France. Les intoxications surviennent lorsqu'une concentration d'oxyde de carbone suffisante est atteinte dans le lieu où se trouve le sujet, conjugué à un appauvrissement de l'air ambiant en oxygène. Il y a un caractère collectif / familial fréquemment rencontré dans ce type d'intoxication, Par ailleurs, le tabagisme entraîne la présence d'oxyde de carbone dans le sang, dans des valeurs mesurables - les fumeurs sont donc des intoxiqués chroniques au CO.
- Grand responsable d'asphyxies accidentelles
- entraîne environ 2000 décès par an
CAUSES - SOURCES DE CO
- combustion incomplète
- gaz d'éclairage autrefois
- chauffages à feu continu au bois ou charbon
mal réglés
dont la cheminée est bouchée ou fissurée
dont la fonte est portée au rouge
dont le tirage est mauvais (fumée rabattue par le vent - temps bas)
- gaz d'échappement (moteur qui tourne au ralenti dans le garage fermé)
- chauffe eau dans les salles de bains sans aération.
- incendies - explosions
- fours à chaux, hauts fourneaux
- intoxications chroniques professionnelles (garagistes - travaux dans les tunnels)
CARACTERISTIQUES PHYSIQUES
Gaz incolore, inodore, plus léger que l'air, explosif en mélange avec l'O2
Formule chimique = CO
Poids moléculaire 28,011.
LIE = 12,5% / LSE = 74,2%.
MECANISME DE L'ASPHYXIE
L'intoxication est possible seulement par inhalation. Le CO traverse les poumons, est dissout dans le plasma, puis se fixe sur l'hémoglobine Hb (formant la carboxyhémoglobine HbCO), ainsi que sur diverses molécules (myoglobine ...). L'importance de l'absorption respiratoire dépend principalement de la concentration du CO dans l'air inhalé et de la durée d'exposition. L'affinité de l'hémoglobine pour le CO est 200 fois supérieure à celle pour l'oxygène. L'action toxique est donc double : asphyxie et toxicité cellulaire directe. De même, l'élimination du CO s'effectuera par la respiration du sujet.
A - Le "CO" bloque l'hémoglobine
Hb + CO à HbCO
Hémoglobine + CO à Carboxyhémoglobine
La carboxyhémoglobine est un composé très stable qui n'aura pas tendance à se dissocier de façon spontanée. Les tissus ne seront pas oxygénés. Le CO étant 200 fois plus avide d'hémoglobine que l'oxygène, on comprend donc qu'il suffit de très peu de CO dans un local pour aboutir à une intoxication. Toutes les causes qui entraînent une hyperventilation (effort physique agitation) impliquent une aggravation de l'intoxication.
B - Le "CO" entraîne également une anoxie par blocage de certains enzymes qui interviennent dans la respiration des cellules.
C - La toxicité du CO est importante pour le foetus chez la femme enceinte.
DETECTION DU CO DANS UN LOCAL
- Procédé chimique : changement de couleur du chlorure de Palladium qui vire du jaune au gris noirâtre
- procédé à base de combustion
- procédé spectroscopique
- procédés biologiques (canari).
Le CO Peut être dosé dans le sang. Le dosage devrait être effectué avant l'oxygénation de la victime pour être fiable (problèmes d'ordre médico légal)
SIGNES DE L'INTOXICATION AU "CO"
Intoxication aigue : C'est une intoxication insidieuse : le patient se sentant de plus en plus fatigué (jusqu'aux troubles de consciences) sans se douter de la cause. Plus grande sensibilité des enfants, des personnes âgées, du foetus...
Période "d'invasion"
- céphalées (maux de tête)
- fatigue : jambes lourdes - impossibilité de se déplacer
- vertiges
- troubles du comportement (agitation - confusion mentale - désorientation)
- nausées, vomissements
Le coma
- de profondeur variable mois le plus souvent profond, avec parfois des signes d'hypertonie (trismus - raideur)
- accompagné de :
troubles respiratoires - encombrement - troubles du rythme
troubles cardio-vasculaires
dérèglement de la température
lésions cutanées souvent caractéristiques (peau rosée, phlyctènes, escarres)
L'intoxication sera suspectée devant ces signes. Le dosage de CO sanguin devra être immédiat. Le traitement sera entrepris immédiatement. Il faudra éliminer les autres causes de coma (intoxication médicamenteuse, traumatisme, accident cérébral, hypoglycémie, etc.)
Manifestations trompeuses :
- signes digestifs parfois isolés, pouvant être prise pour une intoxication alimentaire familiale.
- augmentation de problèmes cardio-vasculaires antérieurs.
- troubles du comportement, troubles psychiatriques, pseudo ébriété.
LE DIAGNOSTIC EST PORTE SUR :
Les circonstances d'intoxication avec une source possible de CO.
Caractère souvent familial ou collectif
Des signes cliniques concordants
Un dosage dans le sang (dosage direct du CO ou dosage de la carboxyhémoglobine), qui réalisé précocement, permet de confirmer le diagnostic en cas de résultats concordant. Possible dosage aussi dans l'air expiré du sujet.
Eventuellement, le dosage de la concentration en CO dans l'air ambiant sur le lieu de l'intoxication.
Les dosages à l'arrivée aux urgences sont souvent minorés par rapport à la gravité initiale, car dès que le sujet aura été sorti de l'atmosphère contaminée, par sa simple respiration, il va éliminer du CO (renforcée par l'oxygène au masque), par ailleurs, la source de CO a pu s'éteindre spontanément.
La symptomatologie présentée est fonction de la concentration en CO dans l'air ambiant, de la durée d'exposition, des conditions physiologiques du sujet (fréquence respiratoire, taux sanguins d'hémoglobine ...). En cas de travail en atmosphère toxique = augmentation des symptômes ou apparition plus précoces.
COMPLICATIONS DE L'INTOXICATION AU CO
A - Immédiates
cardio-vasculaires - troubles du rythme
- nécroses myocardiques
- collapsus
- OAP
- Arrêt cardiaque
digestives : atteinte du pancréas
respiratoires : comme chez tous les comateux
B - Secondaires ou retardées
Apparaissent après une amélioration voire après une guérison apparente.
- troubles neuropsychiques : mouvements anormaux, état confusionnel traduisant les dégâts cérébraux, troubles de mémoire, maux de tête
- dérèglements de température
- hémorragies digestives
- lésions des nerfs, des tendons, des muscles, de la peau par compression prolongée
- lésions des reins
- lésions cardio vasculaires (troubles du rythme - souffrance coronaire)
Les séquelles :
En cas d'intoxication sévère, possibilité de troubles neurologiques ou psychiatriques, de troubles cardiovasculaires, qui vont soit persister, soit apparaître ou réapparaître (après une période libre de tout symptômes de quelques jours à quelques mois).
FACTEUR DE GRAVITE
- Taux de CO
- Durée du séjour en atmosphère toxique
- Etat antérieur de la victime
INTOXICATION CHRONIQUE
Il faut la suspecter et la rechercher devant
• une fatigue inexpliquée,
• des maux de tête fréquents
• des troubles visuels
Elle sera mise en évidence par l'étude de l'atmosphère de travail et le dosage sanguin du CO. Il faudra tenir compte du rôle de la cigarette qui entraîne des taux de CO sanguins élevés.
LE TRAITEMENT
* dégager la victime en prenant des précautions pour soi même (Apnée, ARI, ventilation du local, encordage systématique…)
* Bilan de la victime
* Appel des secours médicalisés
* Oxygénation de la victime
L'oxygénation devrait être faite après le prélèvement sanguin pour dosage. Ce pendant, ne pas attendre celui-ci si la victime est dans le coma : sa vie est plus importante qu'un dosage juste.
* RCP si arrêt circulatoire
* A l'hôpital, le malade sera mis en caisson hyperbare.
LES VALEURS TOXICOLOGIQUES (1ppm = 1,14 mg/m3)
- PME = 50 ppm, pas de VLE. - MAK 30 ppm - IDLH 1. 500 ppm.
Les études ont montré que pour des valeurs faibles (>50-100 ppm) en exposition prolongée, on pouvait présenter des signes minimes = une augmentation de la fatigue à l'exercice, une diminution des perceptions volumineuses et des fonctions supérieures. Présence de symptômes pour : 100 ppm pendant plusieurs heures, 400-500 ppm pendant 1 heure. Danger à partir de 1.500-2.000 ppm -> perte de connaissance. Décès à partir de 4.000 ppm pour des expositions brèves.
MESURES DANS LE SANG.
Unités différentes possibles pour exprimer les résultats : 10 ml de CO/l de sang = 2,24 mM/l = 5%
HbCO (si Hb normale).
Valeurs maximales normales de CO dans le sang lors d'absence d'intoxication
-chez les ruraux non fumeurs = 4 ml/l.
-chez les citadins non fumeurs - 6 à 7 ml/l.
-chez les gros fumeur = 15 à 20 ml/l.
Valeurs de CO dans le sang lors d'une intoxication aiguë: à partir de 15-20 ml/l.
5. Page urgences online : http://www.urgences-serveur.fr/
6. DOCUMENT INPES
Chaque année avec le début de l’hiver et la baisse des températures, les intoxications au monoxyde de carbone connaissent une recrudescence. Près de 5000 personnes sont victimes d’intoxications au monoxyde de carbone chaque année, dont 90 décèdent. Inodore, incolore, indétectable par l’homme, le monoxyde de carbone est la première cause de mortalité par toxique en France. Il est le résultat d’une mauvaise combustion, quelle que soit la source d’énergie : bois, gaz, fuel, charbon, essence, etc. Les appareils à combustion pouvant en émettre sont nombreux, mais les appareils de chauffage sont souvent en cause.
Le premier Baromètre Santé Environnement de l’INPES montre qu’un Français sur cinq (19,1 %) ignore le caractère inodore du monoxyde de carbone et plus de trois quarts (77,5 %) des personnes utilisant un chauffage à combustion ne sont pas conscients d’être équipés d’appareils présentant un risque d’émission de monoxyde de carbone.
C’est pourquoi, les pouvoirs publics se mobilisent pour informer le public et ont mené dès le mois d’octobre une campagne nationale d’information et de sensibilisation aux risques d’intoxication au monoxyde de carbone. Cette campagne se prolonge jusqu’en décembre, afin de communiquer au plus fort de l’hiver lorsque les appareils à combustion pouvant émettre du monoxyde de carbone sont le plus sollicités.
Le dispositif de la campagne 2008
Une campagne de sensibilisation a été lancée dès le mois d’octobre 2008 pour donner au grand public les conseils lui permettant de prévenir les risques d’intoxications au monoxyde de carbone.
La campagne s’appuie sur les outils suivants :
- Un dépliant et une affichette tirés respectivement à 900.000 et 40.000 exemplaires sont distribués gratuitement par les préfectures, les DRASS, les DDASS, les sapeurs pompiers, les associations concernées, les mairies, les loueurs d’appareils à combustion, les distributeurs de combustibles etc.
- Deux spots radio sur la prévention des intoxications au monoxyde de carbone sont diffusés en quatre temps (du 11 au 22 octobre 2008, du 8 au 18 novembre 2008, du 6 au 16 décembre 2008 puis du 22 au 31 décembre) sur les grands réseaux nationaux et indépendants.
Spot 1 : Spot 2 : - Une annonce presse sera insérée dans les 58 titres de la presse quotidienne régionale le 3ème week-end de décembre, correspondant au premier week-end de l’hiver, puis le 2ème week-end de janvier.
- Une fiche informative a été envoyée à différents réseaux associatifs afin que les bénévoles relaient les messages préventifs auprès des familles en situation de précarité.
Les conseils de prévention
Pour éviter les intoxications au monoxyde de carbone, des gestes existent.
- En premier lieu, faire vérifier chaque année ses installations par un professionnel : chaudières, chauffe-eau et chauffe-bains à énergie combustible, conduits de fumée et de cheminée.
- Autre réflexe : aérer son logement deux fois par jour pendant 15 minutes, même en hiver et ne pas obstruer les grilles de ventilation des fenêtres ni boucher les sorties d’air.
- Enfin, les chauffages d’appoint doivent être réservés à un usage ponctuel de courte durée et les groupes électrogènes doivent toujours être placés à l’extérieur des locaux.
DOCUMENT DU MINISTERE DE LA SANTE
Direction générale de la santé
Intoxications oxycarbonées
subaigues ou chroniques
COMMENT LES DIAGNOSTIQUER ?
Attention : Les signes cliniques peuvent être trompeurs !
Un diagnostic simple
les intoxications oxycarbonés aiguës graves
Leur diagnostic est habituellement simple en raison de leur expression clinique
relativement monomorphe : perte de connaissance, chute, convulsions, coma,
et de leur survenue dans un contexte environnemental évocateur.
Un diagnostic complexe
les intoxications subaiguës ou chroniques
Leurs formes sont polymorphes, trompeuses, et peuvent orienter le médecin vers
d’autres étiologies plus fréquentes. L’efficacité transitoire d’un traitement symptomatique,
ou la soustraction fortuite au monoxyde de carbone (CO), peuvent
encore retarder le diagnostic et les mesures à prendre.
Il est donc impératif de rechercher, par l’interrogatoire du malade
ou de son entourage, l’existence d’un environnement propice à une
contamination de l’air respiré, notamment en période hivernale.
Un algorithme de diagnostic
L’algorithme suivant vous aidera à diagnostiquer ces cas :
lorsqu’un sujet présente au moins un des symptômes cités dans le volet 1, l’interrogatoire
devra rechercher la présence d’une source potentielle de CO dans la
pièce ou le local où les symptômes surviennent le plus souvent (volet 2).
La présence simultanée d’un item dans chaque volet (1 et 2) est hautement évocatrice
d’une exposition au CO et doit conduire à doser la carboxyhémoglobinémie.
La suspicion d’intoxication au CO est encore plus grande si le questionnement du
sujetmontre que les symptômes ressentis disparaissent lorsqu’il sort du local ou que
les membres de son entourage sont sujets aux mêmes symptômes.
Une détection dans l’air expiré est possible si l’on dispose de l’appareil (CO-Testeur).
En cas de diagnostic d’une intoxication oxycarbonée,
n’oubliez pas le système national de surveillance*
* piloté par l’Institut de veille sanitaire (INVS)
Suivant l’organisation régionale retenue, vous êtes invités à signaler ces cas :
• soit au centre Antipoison relevant de votre région;
• soit à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS).
Une enquête technique sera alors diligentée par le services communal d’hygiène
et de santé (SCHS), la DDASS ou, pour la région parisienne le Laboratoire central
de la préfecture de police (LCPP), afin de confirmer et supprimer l’exposition.
GRILLE D’AIDE AU DIAGNOSTIC
Volet 1 • Symptômes
Signes évoquant une intoxication
alimentaire récente ou récidivante
depuis le début de l'hiver (sans
diarrhée)
_ Nausées
_ Vomissements
_ Asthénie
Syndrome grippal (sans fièvre)
_ Céphalées
Troubles de l'équilibre
_ Chute précédée de malaise
Troubles neurologiques
et neuropsychiques récents
et inexpliqués
_ Convulsions sans fièvre
_ Troubles visuels
_ Vertiges/perte connaissance
_ Hallucinations
_ Perte de mémoire à court terme
_ Anomalies comportementales
_ Apathie inhabituelle
Troubles cardio-vasculaires
_ Angor
_ Infarctus myocarde
_ OAP
_ AVC
Volet 2 • Source de CO
présente dans le local
où les symptômes
surviennent le plus souvent
Tout équipement de combustion
utilisant :
gaz naturel, gaz en bouteille propane
ou butane, fioul, essence, éthanol, bois,
charbon
_ Chaudière
_ Appareil de production d’eau chaude
_ Cuisinière
_ Appareil de chauffage d’appoint
_ Poêles, convecteurs
_ Moteurs de groupe électrogène,
appareil bricolage
_ Cheminées, Inserts
Pour plus d’informations
contactez
c le centre antipoison
relevant de votre région
c la Direction
départementale
des affaires
sanitaires et sociales
consultez
c le site Internet du ministère
de la Santé et des Sports
www.sante-jeunesse-sports.gouv.fr
Direction générale de la santé
Intoxication au monoxyde de carbone : quels symptômes ?
[ 29 octobre 2008 ]
- Aide au diagnostic pour les professionnels de santé (PDF - 224.9 ko)
Il existe deux types d’intoxication :
- l’intoxication aiguë, qui entraîne une intervention des secours en urgence et se manifeste par des vertiges, une perte de connaissance, une impotence musculaire, voire un coma et le décès ;
- l’intoxication chronique, qui entraîne des maux de tête, des nausées, une confusion mentale. Difficilement détectable, elle peut entraîner, à la longue, des troubles cardiaques ou respiratoires. Ce type d’intoxication est actuellement suspectée de perturber le développement cérébral des enfants et notamment leur fonctionnement intellectuel.
Des signes cliniques peu spécifiques
Les signes cliniques ne sont pas spécifiques : maux de tête, vertiges, malaises, nausées, dyspnée, troubles de la vision, de l’odorat ou du goût, troubles du sommeil, de la mémoire, de l’attention, douleurs thoraciques, abdominales, musculaires peuvent être rencontrés à des fréquences variables. Le CO a été décrit comme « le grand imitateur » car les intoxications donnent lieu à un grand nombre de faux diagnostics de grippe, de gastro-entérites ou d’autres affections bénignes. Par ailleurs, les intoxications au CO se manifestent souvent en décompensant un mauvais état cardiaque ou cérébral sous-jacent. Le fait qu’une explication toute prête soit disponible pour expliquer les symptômes observés conduit probablement à une sous-estimation des intoxications au CO survenant chez des malades « vasculaires » connus.
Trois situations cliniques particulières méritent d’être notées : la femme enceinte (risque élevé pour le fœtus), l’enfant de moins de deux ans (présentation atypique, par exemple cris), personnes âgées (les signes non spécifiques peuvent être attribués à tort à l’âge).
Isolément, les signes cliniques ne peuvent donc permettre d’affirmer l’intoxication. Il paraît même déraisonnable de demander le signalement de cas soupçonnés sur la seule clinique, sans autres éléments, ce qui entraînerait sans doute un grand nombre d’enquêtes inutiles. En revanche, les signes cliniques doivent conduire le médecin à soupçonner une intoxication au CO et à rechercher d’autres éléments de confirmation. Dans toute situation de ce type, le dépistage de l’air expiré avec un carboxymètre devrait s’imposer (le carboxymètre est un détecteur spécifique du monoxyde de carbone).
Pour en savoir plus sur les signes cliniques, consultez les rapports du CSHPF :
Rapport "Repérer et traiter les intoxications oxycarbonées" (PDF - 1 Mo) (CSHPF - mars 2005)
Rapport "Surveiller les intoxications dues au monoxyde de carbone" (PDF - 459.1 ko) (CSHPF - juin 2002)
Source :
Direction générale de la santé
Sous direction Prévention des risques liés à l"environnement et à l’alimentation
Bureau EA2 - Environnement intérieur, accidents de la vie courante et maladies du travail
14, avenue Duquesne - 75007 Paris
Mise en ligne : décembre 2003
Actualisation : avril 2005
http://www.sante.gouv.fr/intoxication-au-monoxyde-de-carbone-quels-symptomes.html
Prise en charge d’une intoxication au CO
[ 29 octobre 2008 ]
L’intoxication aiguë est spectaculaire car souvent plusieurs membres d’une même famille sont touchés, voir une collectivité toute entière (salle de réunion, de mariage, église, restaurant). Les intoxiqués même légers sont transportés vers l’hôpital et mis sous oxygénation dès leur prise en charge par les services de secours, pour accélérer l’élimination du monoxyde de carbone. A l’hôpital, les intoxiqués les plus graves sont placés en caisson hyperbare pour une séance de 90 minutes. Après l’accident, un suivi médical devrait être assuré par l’hôpital pendant une année. En cas d’intoxication grave, les personnes risquent d’être atteintes ultérieurement de migraines chroniques, de dépendances neurologiques (troubles de la coordination motrice, paralysies de toutes formes) invalidantes.
Le coût de la prise en charge d’un patient intoxiqué (transfert et hospitalisation) a été évalué entre 1 500 et 6 000 euros.
Pour en savoir plus sur la prise en charge thérapeutique :
- Rapport "Repérer et traiter les intoxications oxycarbonées" (PDF - 1 Mo) (CSHPF - mars 2005)
- Rapport "Surveiller les intoxications dues au monoxyde de carbone" (PDF - 459.1 ko) (CSHPF - juin 2002)
Les consignes de sécurité en cas d’accident dû au monoxyde de carbone sont simples :
Source :
Direction générale de la santé
Sous direction Prévention des risques liés à l"environnement et à l’alimentation
Bureau EA2 - Environnement intérieur, accidents de la vie courante et maladies du travail
8, avenue de Ségur 75007 Paris
Mise en ligne : décembre 2003
Actualisation : avril 2005
http://www.sante.gouv.fr/prise-en-charge-d-une-intoxication-au-co.html

