Urgence - OAP
OAP HEMODYNAMIQUE
Définition
- Dyspnée aigue liée à une transsudation intraalvéolaire et interstitielle pulmonaire brutale par augmentation de pression capillaire pulmonaire secondaire à une insuffisance ventriculaire gauche. Diagnostic clinique.
DIAGNOSTIC POSITIF
Contexte
- ATCD coronariens, valvulaires, d'OAP, d'IDM, d'insuffisance cardiaque
- Facteurs de risque cardio vasculaire (HTA+++)
- Traitement habituel évicateur
- Facteur déclenchant : effort, émotion, écart de régime, surinfection bronchique, position allongée, jour de prochaine dialyse chez un dialysé chronique
Signes fonctionnels
- Polypnée (noter FR +++), début brutal ou rapidement progressifn aux 2 temps (parfois expiratoire si asthmatiforme) d'orthopnée (patient retrouvé assis), réveillant en pleine nuit
- Signes d'accompagnement : angoisse, agitation, toux quinteuse, douleur ou oppression thoracique, palpitations.
Examen clinique
- Cyanose +- marbrures, sueurs
- Tirage sus sternal, intercostal, sus claviculaire, respiration paradoxale
- Expectoration mousseuse, saumonée
- HTA le plus souvent. Si collapsus = choc cardiogénique (cf. ch. Choc cardiogénique)
- Grésillement laryngé
- Crépitants (+- sous crépitants, sibilants) bilatéraux aux bases puis s'étendent aux apex; silence auscultatoire = gravité. +- râles bronchiques focalisés si surinfection bronchique.
- BDC assourdis, tachycardie, galop gauche, recherche de souffle
- Recherche signes d'IVD : galop droit, hépatomégalie douloureuse, reflux hépato jugulaire, turgescence jugulaire
Monitoring
- ECG (troubles du rythme, de conduction, IDM, HVG, HAG, troubles de repolarisation) puis scope
- SpO2 à l'air ambiant (<<90 %)
- ET CO2 : hypocapnie puis hypercapnie si grave
- T°
L'association de signes dans ces 4 rubriques fait suspecter le diagnostic et permet déjà d'évaluer la sévérité : rechercher une étiologie.
DIAGNOSTIC ETIOLOGIQUE
(1)
- (1) Souffle cardiaque connu (mitral ou aortique)
- (2) Fièvre, toux récente, râles bronchiques systématisés
- (3) Souffle cardiaque non connu
-->
- (1) Décompensation de valvulopathie (surtout RM)
- (2) Surinfection pulmonaire
- (3) Endocardite
(2)
- Douleur thoracique coronarienne associée
- Troubles de repolarisation associés
-->
- Angor, IDM (dans 50 % des cas)
(3)
- HTA +++
-->
- Crise hypertensive
(4)
- Contexte
-->
- Ecart de régime (sel)
- Interruption du traitement. Médicament inotrope négatif.
- Surcharge circulatoire (insuffisance rénale chronioque dialysée, remplissage vasculaire trop rapide)
- Cardiomyopathie
(5)
- Troubles du rythme (tachycarythmie par fibrillation auriculaire, flutter auriculaire, tachycardie ventriculaire)
TRAITEMENT
Tenir compte d'un éventuel traitement administré avant l'arrivée du SMUR (diurétiques, dérivés nitrés sub lingaux).
SYMPTOMATIQUE
GRAVE
- Collapsus : test de remplissage*. Si aggravation clinique et pas d'augmentation de PA : dobutamine (5-15 mcg/kg/min)
- Dyspnée, SpO2 <= 90 % malgré O2 haut débit : CPAP (cf. Technique)
- Détresse respiratoire, cyanose, trouble de conscience : intubation, ventilation contrôlée + PEP ( cf. ch. Sédation anesthésie).
PAS GRAVE
- VVP + G 5% 250 ml
- Furosémide 1 mg/kg ou bumétamide 0,025 mg/kg si insuffisance cardiaque chronique décompensée
- HTA :
- systolique pure : vasodilatateur veineux (Natispray 400 mcg ou Risordan 20 mg sublingual ou Risordan 2 mg IVD/2 min, +- Risordan IVSE : 0,5 mg/h au début)
- systolo-diastolique (PA>20 % de sa valeur habituelle) : vasodilatateur artériel (Loxen IV : 1 à 2 mg/h au début) sauf si RA ou RM connus ou suspectés.
ASSOCIE
- O2 au masque, à fort débit (pour avoir SpO2 > 90 %
- Position assise jambes pendantes
ETIOLOGIQUE
- Troubles du rythme
- Dialyse
- Fibrinolyse si IDM
STRATEGIE DE TRANSPORT
Hospitalisation systématique par moyen médicalisé :
- aux urgences si tendance à l'amélioration clinique franche, en s'assurant néanmoins d'une éventuelle place disponible en réanimation
- le plus souvent en USIC (avec environnement cardio chirurgical si suspicion de valvulopathie récente ou s'aggravant, ou de complication mécanique d'un IDM)
- en réanimation, pour dialysen sisurcharge hydrosodée sur insuffisance rénale chronique
SURVEILLANCE PENDANT LE TRANSPORT
- FC, PA, cyanose, FR, SpO2, conscience, scope.
IMPORTANT
- * Test de remplissage : 250 ml de macromolécule en 10 min
- Tout "asthmatique" récent et âgé avec dyspnée asthmatiforme est un OAP jusqu'à preuve du contraire (asthme cardiaque) même s'il prend des médicaments pour l'asthme
- Pas de Ringer lactate ou de sérum physiologique pour ne pas aggraver la surcharge hydrosodée
- L'efficacité du furosémide et du bumétamide est d'abord due à une vasodilatation artérielle pulmonaire très précoce (5 min) puis seulement à l'effet diurétique (20 min)
- Attention à la voie sub linguale : possibilité de diminution importante et incontrôlable de la PA
- L'OAP par IDM signifie : défaillance VG, anévrysme VG, IM, rupture ventriculaire ou septale
- Si patient insuffisant rénal : augmentation doses diurétioques (120 à 500 mg de furosémide, 5 mg de bumétamide)
- 30 % de mortalité à 6 mois malgré traitement
- Les crépitants de l'OAP disparaissent transitoirement après la toux, pas ceux du sujet alité.