Urgence - Mémoscores - Neurologie
URGENCES VITALES – MEMOSCORES
NEUROLOGIE & NEUROCHIRURGIE
P 374
ECHELLE DE COMA DE GLASGOW
Créée initialement pour évaluer la profondeur des comas d’origine traumatique, l’échelle de Glasgow est maintenant utilisée pour tout coma, quelle qu’en soit l’origine.
OUVERTURE DES YEUX
Spontanée 4
Avec respect des cycles éveil/sommeil
Au bruit 3
A la parole
A la douleur 2
Stimulus nociceptif
Jamais 1
REPONSE VERBALE
Orientée 5
Confusion 4
Désorientation
Inappropriée 3
Mots compréhensibles mais conversation impossible
Incompréhensible 2
Gémissements grognements
Rien 1
MEILLEURE REPONSE MOTRICE
Obéit 6
Obéit à l’ordre oral
Orientée 5
A au moins deux endroits lors d’un stimulus nociceptif
Evitement 4
Pas de réponse orientée mais flexion rapide du coude avec évitement
Décortication 3
Membre supérieur : réponse en flexion lente
Décérébration 2
Membre supérieur : hyper extension rotation interne
Membre inférieur : extension et flexion plantaire
Rien 1
Interprétation
- Score maximum = 15 ; score minimum = 3
- Score = 15 à patient parfaitement conscient
- 8<= score <= 13 à somnolence, confusion, stupeur
- 3<= score<= 7 à coma
Remarques :
- Le coma stricto sensu est défini par un score de Glasgow <= 7 intubation
- La présence d’une aphasie peut fausser l’appréciation du score de Glasgow.
ECHELLE DE LIEGE
Echelle de Liège = Echelle de Glasgow + réflexes du tronc cérébral.
- Présence du fronto orbiculaire 5
Percussion de la région frontale supra orbitaire à contraction bilatérale des muscles orbiculaires
- Présence de l’oculo-céphalique vertical 4
Déviation conjuguée des yeux du côté opposé aux mouvements lors de flexions/extensions brusques de la tête, en l’absence de lésion du rachis cervical.
- Présence du photomoteur 3
- Présence de l’oculo-céphalique horizontal 2
Déviation conjuguée horizontale des yeux du côté opposé lors de brusques rotations de la tête d’un côté puis de l’autre, en l’absence de lésion du rachis cervical.
- Présence de l’oculo-cardiaque
Ralentissement de la fréquence cardiaque par pression des globes oculaires, en l’absence de cataracte.
Remarque :
- La recherche des réflexes du tronc cérébral ne se conçoit qu’en cas d’intégrité certaine du rachis cervical en raison des manœuvres de mobilisation qu’elle impose ;
- La cotation 5 correspond au niveau de profondeur sous cortical
- La cotation 4 correspond au niveau diencéphalique
- La cotation 3 correspond au niveau mésodiancéphalique
- La cotation 2 correspond au niveau mésencéphalique
- La cotation 1 correspond au niveau bulbaire.
TOPOGRAPHIE DES ACCIDENTS ISCHEMIQUES CEREBRAUX
Devant un accident ischémique cérébral se manifestant par une hémiplégie :
- La topographie sylvienne de l’accident est probable, si le déficit :
- Prédomine :
- En brachiofacial (sylvien)
- En crural (cérébral antérieur)
- S’associe :
- A des signes sensitifs de même topographie
- A une hémianopsie latérale homonyme
- A une aphasie (hémisphère majeur)
- A une anosognosie (méconnaissance de son hémiplégie) ou une hémiasomatognosie (troubles de la reconnaissance de son hémicorps) (hémisphère mineur)
- A des crises d’épilepsie focalisée motrice.
- La topographie vertébro-basilaire est probable :
- En cas de paralysie alterne : hémiplégie du côté opposé à la lésion associée à une paralysie d’un ou plusieurs nerfs crâniens du côté de la lésion :
- III partiel ou total (pédoncule)
- Latéralité : le patient regarde ses membres paralysés et ne peut regarder du côté de sa lésion (protubérance)
- Paralysie faciale périphérique (protubérance)
- Paralysie des IXè et Xè paires crâniennes (troubles de la déglutition) (bulbe).
- En cas de :
- Signes cérébelleux
- De vertiges
- D’anomalies de l’oculomotricité (diplopie, strabisme, nystagmus)
- De dysarthrie (difficulté de la parole due à une paralysie des organes de la phonation en l’absence de troubles de la compréhension).
- Un tableau à ne pas méconnaître, le « locked in » syndrome :
- Le plus souvent secondaire à une occlusion du tronc basilaire, il se manifeste par :
- Une tétraplégie
- Une impossibilité d’élocution et de déglutition
- Seuls les mouvements oculaires verticaux et palpébraux sont conservés
- Une vigilance normale
- Ce syndrome doit être différencié des états de coma, la conscience de ces patients est normale et ils peuvent communiquer par les mouvements oculaires verticaux.
SCORE DE GRAVIE DE L’AVC ET PROCEDURE ACTUALISEE DE PRISE EN CHARGE
Les axes de conduite à tenir sont :
- Etablir cliniquement le diagnostic d’AVC
- Evaluer le degré de gravité, c’est-à-dire chiffrer l’ampleur du déficit neurologique en utilisant l’échelle NIH Stroke
- Préciser le délai d’installation des troubles
- Conditionner le patient a minima par la mise en place d’une voie veineuse périphérique avec un vecteur cristalloide
- Tout faire pour hâter le transfert du patient au service d’imagerie où une tomodensitométrie cérébrale sans injection devra être réalisée
- Solliciter rapidement la présence conjointe du neurologue et du radiologue.
L’objectif final est de mettre le patient en situation de pouvoir bénéficier d’une thrombolyse de son accident ischémique cérébral constitué dans les délais requis, une fois le diagnostic objectivement établi et les contre indications écartées.
ECHELLE NIH STROKE
1a NIVEAU DE CONSCIENCE
0 = éveillé
1 = non vigilant mais réveillable par stimulation mineure
2 = non vigilant, nécessite stimulations répétées pour réagir, ou est inconscient et nécessite une stimulation forte ou douloureuse pour obtenir un mouvement (non stéréotypé).
3 = coma, réponse par seulement un réflexe moteur
1b LOC Questions (mois, âge)
0 = répond aux deux questions correctement
1 = ne répond correctement qu’à une seule question
2 = ne répond à aucune des deux questions
1c LOC Commandes (fermez et ouvrez les yeux, serrez la main)
0 = exécute les deux ordres correctement
1 = exécute un seul ordre
2 = n’exécute aucun des deux ordres.
2 MEILLEUR REGARD
0 = normal
1 = paralysie partielle du regard
2 = déviation forcée ou paralysie totale du regard non vaincu par des manœuvres oculocéphaliques
3 VISION
0 = Absence de déficit visuel
1 = hémianopsie partielle
2 = hémianopsie complète
3 = hémianopsie bilatérale, cécité corticale
4 PARALYSIE FACIALE
0 = mobilité normale symétrique
1 = Paralysie mineure
2 = Paralysie partielle
3 = Paralysie complète de l’un des deux côtés
5a & b MEILLEURE MOTRICITE MS
0 = absence de chute dans les 10 secondes
1 = chute dans les 10 secondes, n’atteint pas le plan du lit
2 = quelques efforts contre la gravité, le membre ne peut pas maintenir la position
3 = absence d’effort contre la gravité, le membre tombe
4 = absence de mouvement
9 = amputation
6a & b MEILLEURE MOTRICITE MI
0 = absence de chute dans les 5 secondes
1 = chute dans les 5 secondes, n’atteint pas le plan du lit
2 = quelques efforts contre la gravité, la jambe ne peut pas maintenir la position
3 = absence d’effort contre la gravité, le membre tombe
4 = absence de mouvement
9 = amputation
7 ATAXIE DES MEMBRES
0 = absence
1 = présente pour un membre
2 = présente pour 2 membres
8 SENSIBILITE
0 = normale, pas de déficit sensitif
1 = déficit sensitif discret à modéré
2 = déficit sévère ou total ; le patient n’a pas conscience d’être touché
9 MEILLEUR LANGAGE
0 = Pas d’aphasie, normal
1 = aphasie discrète à modérée, perte évidente de la fluence ou de la facilité de compréhension
2 = aphasie sévère, toute communication se fait par une expression fragmentée
3 = mutisme, aphasie globale, absence de discours utile ou de compréhension auditive.
10 DYSARTHRIE
0 = normal
1 = discret à modéré, le patient articule mal quelques mots
2 = sévère, le discours est tellement mal articulé qu’il devient inintelligible
9 = intubation
11 EXTINCTION ET INATTENTION
0 = pas d’anomalie
1 = extinction ou inattention visuelle, tactile, auditive, spatiale ou personnelle aux stimulations simultanées bilatérales.
2 = hémi-inattention sévère ou hémi-inattention de plus d’une modalité.
SCORE TOTAL : additionner tous les scores (dont 5a + 5b , 6a + 6b)
INDICATIONS
- Il y a indication à thrombolyser dans les cas suivants :
- Score NIHSS compris entre 5 et 24
- Patient âgé entre 18 et 80 ans
- Délai d’installation des troubles < = 2 heures
- Absence de contre indication
- La décision finale de thrombolyse revient actuellement au neurologue et doit être réalisée en sa présence.
CONTRE INDICATIONS
- Traitement anti coagulant en cours
- Traitement par héparine au cours des 24 heures précédant l’accident
- Taux de plaquettes < 100 000 / mm3
- Avoir été victime d’un autre accident vasculaire cérébral ou d’un traumatisme crânien au cours des 3 mois précédant l’accident
- Pression artérielle systolique > 185 mmHg et diastolique > 110 mmHg lors de l’administration du traitement.
- Déficit neurologique en voie de régression ou déficit mineur
- Antécédent d’hémorragie intracrânienne
- Glycémie < 0,5 g/l ou > 4 g/l
- Crise d’épilepsie lors de l’installation de l’AVC
- Hémorragie digestive ou urinaire au cours des 21 jours précédents
- Ponction récente d’un vaisseau non compressible.
SYSTEME NERVEUX SENSITIVO MOTEUR : INNERVATION CUTANEE
C2 : protubérance occipitale
C3 : Fosse supra claviculaire
C4 : Sommet de l'articulation acromio-claviculaire
C5 : Bord externe du pli du coude
C6 : Pouce
C7 : Majeur
C8 : Auriculaire
D1 : Bord interne du pli du coude
D2 : Face antérieure de l'aisselle
D3 : 3ème espace intercostal
D4 : 4ème espace intercostal (au niveau des seins)
D5 : 5ème espace intercostal (à mi-distance entre les points T4 et T6)
D6 : 6ème espace intercostal (au niveau de l'appendice xiphoide
D7 : 7ème espace intercostal (à mi distance entre T6 et T8)
D8 : 8ème espace intercostal (à mi distance entre T6 et T10)
D9 : 9ème espace intercostal (à mi distance entre T8 et T10)
D10 : 10ème espace intercostal (au niveau du nombril)
D11 : 11ème espace intercostal (à mi distance entre T10 et T12)
D12 : Creux inguinal
L1 : (A mi distance entre T12 et L2)
L2 : Face antérieure de la cuisse (milieu)
L3 : Condyle fémoral interne
L4 : Malléole interne
L5 : Dos du pied au niveau de la 3ème métatarso-phalangienne
S1 : Bord postéro externe du talon
S2 : Milieu du creux poplité
S3 : Fesse (tubérosité ischiale)
S4-5 : Zone périanale.
PRINCIPAUX REFLEXES TENDINEUX
Réflexes Stimulation Niveau segmentaire Réponse
R. achiléen tendon d’Achille S1 extension plantaire
R. rotulien tendon rotulien L4 extension du genou
R. médio pubien symphyse pubienne D10 à L3 flexion adduction des cuisses
R. bicipital tendon terminal du biceps brachial C6 flexion du coude
R. stylo radial au-dessus de la styloide radiale C6 inclination radiale et flexion du coude
R. tricipital tendon terminal du triceps brachial C7 extension du coude
R. cubito pronateur styloide cubitale C8 pronation
R. massétérien mandibule-bouche semi ouverte protubérance occlusion buccale
COTATION DE LA CONTRACTION MUSCULAIRE
Contraction normale 5
Contraction légèrement diminuée, mais s’opposant à la pesanteur et à la résistance 4
Contraction s’opposant à la pesanteur mais pas à la résistance 3
Contraction visible, mais ne s’opposant ni à la pesanteur ni à la résistance 2
Ebauche de contraction 1
Absence de contraction 0
PRINCIPAUX REFLEXES CUTANES
Réflexes Niveau segmentaire
R. cutané abdominal supérieur D6àD8
R. cutané abdominal moyen D8àD10
R. cutané abdominal inférieur D10àD12
R. crémastérien L1àL2
R. cutané plantaire S1àS2