PSE 2 - 7

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PSE 2 - 7

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les brancardages et le transport CII - 10 - 1 Janvier 2007

PARTIE 10

LES BRANCARDAGES ET LE TRANSPORT

1. OBJECTIFS

A la fin de cette partie, vous serez capable d’assurer, en équipe, le transport d’une victime,

après son installation et son arrimage sur un dispositif de transport. Plus précisément, il s’agit

de :

  • • Indiquer les positions d’une victime sur un brancard.
  • • Appliquer les règles de base d’un brancardage.
  • • Installer dans un véhicule de premiers secours une victime et assurer sa surveillance

pendant le transport.

  • • Réaliser les techniques suivantes :

- Réaliser le brancardage d’une victime à trois ou quatre équipiers secouristes ;

- Franchir un obstacle à trois équipiers secouristes ;

- Franchir un obstacle à quatre équipiers secouristes ;

- Réaliser un brancardage dans un passage étroit ;

- Monter ou descendre une pente ou un escalier lors d’un brancardage ;

- Transporter une victime sur une chaise de transport ;

- Charger une victime dans un moyen de transport.

2. POSITION DE LA VICTIME SUR LE BRANCARD

La victime installée sur le brancard, dans la position adaptée à son état (fig. 10.1 a à d), doit

être amenée jusqu’au véhicule ou à l’aéronef sanitaire par des cheminements souvent

accidentés.

Les techniques présentées dans la présente partie impliquent la réalisation du brancardage par

des équipiers secouristes en équipe, dont l’action doit être rigoureusement coordonnée, sous la

conduite d’un chef de brancard et adaptée au terrain.

Le brancard est placé à l’horizontale sur le sol. La surélévation des membres inférieurs et la

position demi-assise sont réalisées, si besoin, par rapport au plan horizontal que constitue le

brancard.

Deux situations peuvent se présenter :

1. La victime est déjà dans une position adaptée à son état avant sa mise sur le brancard.

Cette position est maintenue pendant et après la mise sur le brancard ;

2. La victime n’est pas dans une position adaptée au moment où l’équipe arrive auprès

d’elle. Il faut donc :

 

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􀂃 Mettre rapidement la victime en position adaptée : PLS, à plat dos… (fig. 10.1) ;

􀂃 Procéder à la mise sur le brancard.

Les positions et les techniques de mise sur le brancard ont été détaillées au chapitre précédent.

a b

c d

3. LES RÈGLES DE BASE D’UN BRANCARDAGE

1. Les équipiers secouristes travaillent en équipe, sous la conduite d’un chef.

2. La victime doit obligatoirement être sanglée ou arrimée sur le brancard avant tout

déplacement.

3. Le chef place les équipiers secouristes en fonction de leur taille et de leur force.

4. Les commandements d’exécution sont, le plus souvent, précédés de commandements

préparatoires et doivent être entendus de tous les équipiers secouristes.

5. Les mouvements doivent être doux et synchronisés.

6. Le déplacement se fait en marchant.

7. La marche doit être souple, sans secousse ni balancement ; de ce fait les équipiers

secouristes ne doivent pas marcher au pas.

8. Le brancard doit rester le plus possible horizontal.

9. Le blessé est brancardé, en général, tête en avant.

10. Le chef surveille en permanence la victime et la position du brancard.

Figure 10.1 : Positions de transport d’une victime consciente

(a)   Horizontale, (b) demi-assise (c) Jambes pliées, (d) Demi assise sur le côté

(b)    

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NB : Tout brancardage en milieu difficile, dangereux pour la victime et les équipiers, nécessite

l’intervention d’équipes et matériels spécialisés (sauvetage et déblaiement, Groupe de

Recherche et d’Intervention en Milieu Périlleux…).

4. POSITIONNEMENT DANS UN VÉHICULE DE SECOURS À VICTIME ET SURVEILLANCE

PENDANT LE TRANSPORT

Le véhicule de secours à victime le plus souvent utilisé est le Véhicule de Secours et

d’Assistances aux Victimes (VSAV) des sapeurs-pompiers. On peut trouver son équivalent dans

d’autres organismes ou associations de secours.

L’objectif du transport d’une victime est de permettre sa prise en charge, dans les délais les

plus courts, par une équipe médicale au sein d’un poste de secours, d’un SMUR ou d’un centre

hospitalier d’accueil.

Lorsqu’une victime doit être transportée vers un centre hospitalier d’accueil, c’est le médecin

régulateur qui choisit le moyen d’évacuation.

4.1 Influence du transport sur l’évacuation d’une victime

Au cours d’un transport, les équipiers secouristes et, plus particulièrement, la victime sont

soumis :

  • • Aux dangers rencontrés par tout usager de la circulation ;
  • • Aux inconvénients des variations de vitesse, des vibrations, du bruit ou d’un éclairage

inadapté ;

  • • A l’isolement créé par le véhicule et à l’exiguïté de la cellule sanitaire.

La conduite a un retentissement direct sur la victime, lors du transport. Elle peut augmenter la

douleur et aggraver une détresse circulatoire.

4.2 Avant et pendant le transport :

La victime doit être mise en condition, installée et obligatoirement sanglée sur le brancard. Elle

doit être constamment surveillée.

Le matériel de secours qui est utilisé, ou susceptible d’être utilisé, pendant le transport doit être

correctement fixé pour ne pas chuter ou devenir un projectile dangereux en cas de décélération

brutale.

Au cours du déplacement, il est indispensable que le personnel de secours soit assis et

maintenu par des ceintures de sécurité. Si nécessaire (aggravation de la victime), le véhicule

sera immobilisé sur le bord de la chaussée dans un endroit sûr (toutes les mesures de sécurité

individuelles et collectives seront mises en oeuvre) pour permettre aux équipiers secouristes de

refaire un bilan de la victime et des gestes de secours supplémentaires. Le médecin régulateur

sera immédiatement informé de cette aggravation.

Au cours du transport par véhicule de secours à victime, le conducteur doit :

  • • Respecter le code de la route, en particulier les limitations de vitesse ;
  • • Adopter une conduite modérée (sans brutalité, ni rapidité) ;
  • • Passer doucement ou éviter les nids de poules, les ralentisseurs, les passages à

niveau, les virages trop serrés… ;

  • • Utiliser les avertisseurs lumineux en permanence pendant toute la durée du transport ;
  • • Utiliser les avertisseurs sonores à la demande du chef du véhicule.

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Janvier 2007 CII - 10 - 4 Les brancardages et le transport

Au cours du transport par véhicule de secours à victime, les équipiers secouristes doivent :

  • • Surveiller la ou les victimes ;
  • • Surveiller le matériel utilisé et l’efficacité des gestes de premiers secours mis en oeuvre

(pansements, attelles, oxygène…).

 

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TECHNIQUE 10.1 – DÉPART, MARCHE ET ARRÊT DU BRANCARDAGE, À 3 OU 4

1. Justification

La victime ne peut ou ne doit pas se déplacer par ses propres moyens.

2. Indications

Technique traditionnellement utilisée, en terrain plat, lorsque la victime doit être transportée du

lieu de sa prise en charge vers un poste de secours ou un véhicule de secours à victime.

3. Matériel

3.1 Brancard normalisé et sangle d’amarrage (cf. partie sur les relevages)

3.2 Le chariot brancard

Il est constitué d’un bâti dont la partie supérieure comporte un brancard amovible ou non (fig.

10.2) et la partie inférieure des pieds repliables, commandés à distance par des poignées

situées au pied du brancard. Il est souvent équipé de roulettes qui le guident pour le

chargement dans l’ambulance et de barrières amovibles (ou ridelles) disposées au pied et de

chaque côté du brancard.

a b

4. Réalisation

Le chef est placé le plus souvent aux pieds ce qui permet la surveillance de la victime et des

équipiers.

4.1 A bout de bras en utilisant un brancard sans chariot

Après avoir sanglé et couvert correctement la victime, le chef commande « Pour le

brancardage,… en position ! ».

Au commandement « Etes vous prêts ? », les équipiers secouristes s’accroupissent devant

leur poignée, faisant face au brancard, cuisses écartées, le dos plat.

Ils saisissent la poignée à deux mains (fig. 10.3).

En position, ils répondent « Prêts ! ».

Figure 10.2 : Chariot brancard

 

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Janvier 2007 CII - 10 - 6 Les brancardages et le transport

a b

Au commandement « Attention pour lever…levez ! », les équipiers se relèvent le dos plat.

a b

Au commandement « Attention pour avancer ! », les équipiers secouristes pivotent d’un quart

de tour vers l’avant (sens de la marche) une main tenant la poignée, l’autre libre (sauf pour

l’équipier arrière dans le brancardage à 3) (fig. 10.4) ; « Avancez ! », les équipiers secouristes

et le brancard avancent.

En cours de marche, les équipiers secouristes de l’avant annoncent tout obstacle dès qu’ils

l’aperçoivent.

Pour arrêter le brancard, le chef commande « Attention pour arrêter…arrêtez ! ».

Pour reposer le brancard sur le sol, le chef commande « Attention pour poser !» ; les

équipiers secouristes font face au brancard et reposent la main libre sur la poignée (sauf pour

l’équipier secouriste arrière dans le brancardage à 3) ; « Posez ! » le brancard est descendu

horizontalement et posé doucement au sol.

4.2 En utilisant un chariot brancard

Le brancardage d’une victime à 3 équipiers secouristes est plus facile en terrain plat avec un

chariot brancard après avoir soulevé le chariot et déployé ses pieds.

Un équipier secouriste se place à l’arrière entre les hampes du chariot et le pousse tout en le

dirigeant. Cette action est facilitée par la présence de roues pivotantes, au minimum à l’arrière

du chariot. Les deux autres équipiers secouristes saisissent le chariot par les hampes avant

pour faciliter sa progression et le maintenir (fig. 10.5).

Figure 10.3 : Saisie du brancard à 3 (a) ou 4 équipiers (b).

Figure 10.4 : Départ à 3 (a) ou 4 équipiers (b).

 

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Figure 10.5 : Utilisation du chariot d’urgence

5. Risques

Afin de limiter les lésions dorsales, les équipiers doivent garder le dos plat et travailler avec les

cuisses.

Le respect des ordres de brancardage permet une parfaite synchronisation des gestes et évite

ainsi toute chute du brancard et de la victime.

6. Points clés

  • • Le chef de brancard surveille la victime et les autres équipiers secouristes.
  • • Les ordres de brancardage sont audibles, clairs et justes.
  • • Le brancard doit être maintenu en position horizontale.
  • • Le déplacement de la victime est souple, sans secousse ni balancement.

 

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Janvier 2007 CII - 10 - 8 Les brancardages et le transport

TECHNIQUE 10.2 – FRANCHIR UN OBSTACLE À TROIS ÉQUIPIERS

1. Justification

L’obstacle ne peut être contourné et le brancard peut être appuyé sur l’obstacle (mur solide).

2. Indications

Les équipiers secouristes et le brancard doivent franchir un obstacle vertical inférieur à 1 m 80,

comme un mur, un appui de fenêtre, un fossé étroit…

3. Réalisation

  • • Le brancard est amené perpendiculairement à l’obstacle, tout contre celui-ci (fig. 10.6

a) ;

  • • Au commandement « Face au brancard ! », les deux équipiers secouristes avant font

face au brancard en pivotant d’un quart de tour ;

  • • L’avant du brancard est posé sur l’obstacle, l’arrière étant maintenu par le chef (fig. 10.6

b) ;

  • • Les deux équipiers secouristes avant franchissent, l’un après l’autre, l’obstacle puis,

saisissent les poignées avant du brancard.

  • • Au commandement « Envoyez ! » ils le font progresser jusqu'à ce que l’arrière du

brancard touche l’obstacle (fig. 10.6 c) ;

  • • L’arrière du brancard est posé sur l’obstacle, l’avant étant maintenu par les 2 équipiers

secouristes ;

  • • Le chef de brancard franchit à son tour l’obstacle, et vient saisir les poignées avant ;
  • • Les 2 équipiers secouristes, sans lâcher le brancard, coulissent le long des hampes

jusqu’au contact de l’obstacle ;

  • • Au commandement « Envoyez ! », l’équipe dégage le brancard de l’obstacle (fig. 10.6

d) ;

  • • Au commandement « Attention pour poser…posez ! », le brancard est posé au sol ;
  • • Chacun reprend sa place.

a b

 

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c d

4. Risques

Afin de limiter les lésions dorsales, les équipiers doivent garder le dos droit et travailler en

fléchissant les genoux et les hanches.

Le respect des ordres de brancardage permet une parfaite synchronisation des gestes et évite

ainsi toute chute du brancard et de la victime.

5. Points clés

  • • Le chef de brancard surveille la victime et les autres équipiers secouristes.
  • • Les ordres de brancardage sont audibles, clairs et justes.
  • • Le brancard doit être maintenu en position horizontale.
  • • Le déplacement de la victime est souple, sans secousse ni balancement.

Figure 10.6 : Franchissement d’obstacle à 3 équipiers

 

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Janvier 2007 CII - 10 - 10 Les brancardages et le transport

TECHNIQUE 10.3 – FRANCHIR UN OBSTACLE À QUATRE ÉQUIPIERS

1. Justification

Cette technique permet de franchir un obstacle vertical inférieur à 1 m 80, (mur, appui de

fenêtre, haie, fossé étroit…) à 4 équipiers sans prendre appui sur l’obstacle.

Cependant, pendant les phases où le brancard est immobile, on peut poser celui-ci sur un mur

solide, un appui de fenêtre, un sol sec ou cimenté, pour économiser l’effort des équipiers

secouristes.

Dans des situations plus complexes, il faudra faire appel à des moyens spécialisés.

2. Indications

Les équipiers secouristes et le brancard doivent franchir un obstacle sans poser le brancard à

terre (sol boueux ou inégal) ni appuyer le brancard sur l’obstacle (haie, mur branlant, fossé

étroit…).

3. Réalisation

Dés qu’un des équipiers secouristes aperçoit un obstacle, il le signale.

  • • Le brancard est amené perpendiculairement à l’obstacle, tout contre celui-ci (fig. 10.7

a) ;

  • • Au commandement « Face au brancard ! », les deux équipiers secouristes avant font

face au brancard en pivotant d’un quart de tour ;

  • • L’équipier secouriste arrière gauche passe entre les poignées et les soutient (fig. 10.7

b) ;

  • • Le chef de brancard qui était à l’arrière droit, reconnaît et franchit l’obstacle et se place

de l’autre côté, face à l’avant du brancard. Les deux équipiers secouristes de l’avant

restent sur place, tout contre l’obstacle (fig. 10.7 c) ;

  • • Au commandement « Envoyer ! », les deux équipiers secouristes avant font coulisser

le brancard, soutenu par l’équipier secouriste arrière jusqu'à ce que le chef puisse saisir

les poignées avant (fig. 10.7 d) ;

  • • Les deux équipiers secouristes avant continuent à faire coulisser le brancard jusqu’au

commandement « Halte ! » donné lorsque la moitié du brancard a passé l’obstacle ;

  • • Le brancard étant soutenu à l’avant et à l’arrière, les équipiers secouristes avant

passent rapidement l’obstacle et se replacent contre lui de l’autre côté ;

  • • Au commandement « Envoyer ! », les brancardiers avant font coulisser le brancard

jusqu'à ce que le brancardier arrière soit au contact de l’obstacle (fig. 10.7 e) ;

  • • Le brancard achève de franchir l’obstacle, soutenu par le chef à l’avant, et par les deux

équipiers secouristes de côté. Il est arrêté à distance de l’obstacle ce qui permet au

brancardier arrière de franchir l’obstacle à son tour et de venir se replacer entre les

poignées arrière (fig. 10.7 f) ;

  • • Les brancardiers de côté reprennent leur place à l’avant (fig. 10.7 g) ;
  • • Le chef reprend alors sa place à l’arrière (fig. 10.7 h).

 

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Les brancardages et le transport CII - 10 - 11 Janvier 2007

a b

c d

e f

g h

Figure 10.7 : Franchissement d’obstacle à 4 équipiers

 

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Janvier 2007 CII - 10 - 12 Les brancardages et le transport

4. Risques

Afin de limiter les lésions dorsales, les équipiers secouristes doivent garder le dos droit et

travailler en fléchissant les genoux et les hanches.

Le respect des ordres de brancardage permet une parfaite synchronisation des gestes et évite

ainsi toute chute du brancard et de la victime.

5. Points clés

  • • Le chef de brancard surveille la victime et les autres équipiers secouristes.
  • • Les ordres de brancardage sont audibles, clairs et justes.
  • • Le brancard doit être maintenu en position horizontale.
  • • Le déplacement de la victime est souple, sans secousse ni balancement.

 

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Les brancardages et le transport CII - 10 - 13 Janvier 2007

TECHNIQUE 10.4 – BRANCARDER À TRAVERS UN PASSAGE ÉTROIT

1. Justification

La largeur d’un couloir, d’une porte… ne permet pas aux équipiers secouristes de passer de

front avec le brancard, cette technique est réalisée à 3 ou 4 équipiers.

2. Indications

Cette technique permet de franchir un passage étroit avec une victime arrimée sur un brancard

sans utiliser un autre moyen de transport.

3. Réalisation

  • • A proximité du passage étroit, le chef de brancard

fait arrêter la progression du brancard (fig. 10.8

a) ;

  • • Le chef de brancard demande aux équipiers

secouristes de passer les uns après les autres à

l’intérieur de la hampe du brancard sans la lâcher ;

  • • A l’issue de cette manoeuvre, les équipiers

secouristes se retrouvent dos à dos à l’intérieur

des hampes du brancard (fig. 10.8 b) ;

  • • Au commandement « Avancez ! », les équipiers

secouristes progressent en « pas chassés » au

travers du passage ;

  • • Une fois le passage étroit franchi, le brancard est

à nouveau arrêté pour permettre à chaque

équipier secouriste de reprendre sa position

initiale.

4. Risques

Le brancard ne sera qu’exceptionnellement incliné sur le côté ; l’arrimage de la victime aura

alors été vérifié.

Afin de limiter les lésions dorsales, les équipiers doivent garder le dos droit et travailler en

fléchissant les genoux et les hanches.

Le respect des ordres de brancardage permet une parfaite synchronisation des gestes et évite

ainsi toute chute du brancard et de la victime.

5. Points clés

  • • Le chef de brancard surveille la victime et les autres équipiers secouristes.
  • • Les ordres de brancardage sont audibles, clairs et justes.
  • • Le brancard doit être maintenu en position horizontale.
  • • Le déplacement de la victime est souple, sans secousse ni balancement.

Fig. 10.8 b

Fig. 10.8 a

 

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Janvier 2007 CII - 10 - 14 Les brancardages et le transport

TECHNIQUE 10.5 – BRANCARDER DANS UNE PENTE OU UN ESCALIER

1. Justification

Cette technique permet le maintien du brancard en position horizontale.

2. Indications

La victime doit être brancardée dans une pente ou un escalier à 3 ou 4 équipiers « porteurs ».

3. Réalisation

Dans une pente ou un escalier, le chef de

brancard, après s’être assuré de l’arrimage de

la victime au brancard, demande aux équipiers

secouristes qui sont vers le bas de tenir les

poignées à deux mains et de les relever jusqu’à

la ceinture, la poitrine ou l’épaule de façon à

maintenir le brancard en position horizontale

(fig. 10.9 : Montée d’un escalier à 4 équipiers).

A trois équipiers, il est nécessaire :

  • • Pour monter de mettre un équipier secouriste à l’avant et deux équipiers secouristes à

l’arrière du brancard (fig. 10.10 a) ;

  • • Pour descendre de mettre deux équipiers secouristes à l’avant et un équipier secouriste

a l’arrière du brancard (fig. 10.10 b).

a b

Cas particulier

Dans trois situations, il est nécessaire d’incliner modérément le brancard vers l’avant ou vers

l’arrière :

  • • Les escaliers sont étroits et l’on a de la peine à manoeuvrer le brancard et la position

horizontale du brancard est impossible ;

  • • La pente est très longue et le maintien du brancard en position horizontale est épuisant

pour les équipiers secouristes ;

  • • La pente est très accentuée et la marche normale est impossible.

Figure 10.10 : Montée et descente d’un escalier à 3 équipiers

Figure 10.9

 

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Les brancardages et le transport CII - 10 - 15 Janvier 2007

Dans tous les cas, le chef de brancard doit veiller à ce que la position d’attente de la victime soit

respectée.

4. Risques

L’arrimage de la victime doit toujours être vérifié avant la manoeuvre pour éviter toute chute de

la victime.

Afin de limiter les lésions dorsales, les équipiers secouristes doivent garder le dos droit et

travailler en fléchissant les genoux et les hanches.

Le respect des ordres de brancardage permettent une parfaite synchronisation des gestes et

évite ainsi toute chute du brancard et de la victime.

5. Points clés

  • • Le chef de brancard surveille la victime et les autres équipiers secouristes.
  • • Les ordres de brancardage sont audibles, clairs et justes.
  • • La position d’attente de la victime doit être respectée.
  • • Le déplacement de la victime est souple, sans secousse ni balancement.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 10 - 16 Les brancardages et le transport

TECHNIQUE 10.6 – TRANSPORTER UNE VICTIME SUR UNE CHAISE DE TRANSPORT

1. Justification

L’utilisation de la chaise de transport, pour déplacer une victime, permet de répondre à une

difficulté réelle de brancardage en étages, dans les immeubles aux escaliers étroits, sans

ascenseur ou avec des ascenseurs exigus.

2. Indications

Trois équipiers secouristes peuvent utiliser une chaise de transport si la victime ne présente pas

de détresse ou d’atteinte grave et si elle peut supporter la position assise.

3. Matériel

Chaise de transport (cf. partie sur les relevages).

4. Réalisation

La victime est transférée sur une chaise de transport (cf. fiche technique sur le relevage d’une

victime en position particulière).

  • • Envelopper la victime dans le drap et/ou la couverture et fixer les sangles de maintien ;
  • • Demander à la victime de garder ses mains croisées sur sa poitrine et de ne pas

essayer de s’agripper ;

  • • Saisir la chaise de transport par ses poignées ; un équipier secouriste se place derrière

la victime et l’autre face à lui au niveau des pieds ;

  • • Basculer la chaise légèrement en arrière après avoir prévenu la victime ;
  • • Faire rouler la chaise au sol si elle est équipée de roulettes arrière ;
  • • Lorsque c’est nécessaire, le troisième équipier secouriste précède les déplacements

de la chaise pour ouvrir les portes, enlever les objets qui pourraient gêner le passage

ou sécuriser l’équipier secouriste des pieds en le tenant par la ceinture lors de la

descente d’escaliers (fig. 10.11) ;

  • • Dés que possible, la chaise est placée au coté du brancard pour y transférer la victime

(cf. fiche technique sur le relevage d’une victime en position particulière).

Figure 10.11 : Utilisation d’une chaise de transport

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les brancardages et le transport CII - 10 - 17 Janvier 2007

5. Risques

L’arrimage de la victime doit toujours être vérifié avant la manoeuvre pour éviter toute chute de

la victime.

Afin de limiter les lésions dorsales, les équipiers doivent garder le dos droit et travailler en

fléchissant les genoux et les hanches.

Le respect des ordres permet une parfaite synchronisation des gestes et évite ainsi toute chute

de la victime.

6. Points clés

  • • L’état de la victime supporte la position assise sans risque.
  • • La victime est correctement maintenue sur la chaise.
  • • Les ordres sont audibles, clairs et justes.
  • • Le déplacement de la victime est souple, sans secousse ni balancement.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 10 - 18 Les brancardages et le transport

TECHNIQUE 10.7 – CHARGER UNE VICTIME DANS UNE AMBULANCE

1. Justification

L’utilisation d’une ambulance permet l’isolement de la victime et rend plus confortable sa prise

en charge et son transport, si nécessaire.

2. Indications

La victime, arrimée sur un brancard doit être transportée vers un poste de secours ou un centre

hospitalier d’accueil, à l’aide d’une ambulance.

3. Réalisation

3.1 En utilisant un brancard sans chariot

Le brancard est chargé dans le véhicule :

  • • Soit directement sur des rails placés au sol du véhicule ;
  • • Soit sur un porte brancard fixe ou mobile (fig. 10.12).

Le brancard doit être verrouillé au sol ou au porte brancard.

La responsabilité de l’arrimage de la victime dans le moyen de transport et la fermeture des

portes incombe au conducteur du véhicule.

Dans les ambulances dotées de deux brancards, le blessé le plus grave doit être le plus

facilement accessible par les personnels d’accompagnement.

a b

3.2 En utilisant un chariot brancard

Le chariot est chargé dans l’ambulance à 3 ou 4 équipiers.

A 3 équipiers secouristes, les 2 brancardiers qui maintiennent le chariot à la tête de la victime

(équipiers « avant ») guident les roulettes de guidage dans les rails de l’ambulance.

Dés que le brancard repose en avant, l’équipier secouriste placé au pied libère les pieds avant

du brancard en appuyant sur la poignée de commande.

Figure 10.12 : Chargement d’une victime dans une ambulance

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les brancardages et le transport CII - 10 - 19 Janvier 2007

Les équipiers secouristes avant aident les pieds avant du chariot à se replier et guident le

chariot alors que l’équipier secouriste disposé aux pieds (équipier « arrière ») le pousse à

l’intérieur de l’ambulance (fig. 10.13 a).

Lorsque le chariot est rentré des deux tiers dans l’ambulance, les équipiers secouristes

« avant » soutiennent le chariot, alors que l’équipier secouriste « arrière » libère les pieds

arrière du chariot et les replie pour terminer la manoeuvre (fig. 10.13 b).

Une fois rentrée dans l’ambulance, les équipiers secouristes vérifient que le système de fixation

du chariot est verrouillé et immobilisé.

En aucun cas, la manoeuvre ne doit être réalisée à un seul équipier secouriste.

Le déchargement d’une victime d’une ambulance se fait exactement de manière inverse au

chargement.

a b

4. Risques

L’arrimage de la victime doit toujours être vérifié avant la manoeuvre pour éviter toute chute.

Afin de limiter les lésions dorsales, les équipiers secouristes doivent garder le dos droit et

travailler en fléchissant les genoux et les hanches.

Le respect des ordres de brancardage permettent une parfaite synchronisation des gestes et

évite ainsi toute chute du brancard et de la victime.

5. Points clés

  • • Le chef de brancard est placé au pied du brancard pour surveiller les autres équipiers

et la victime.

  • • Les ordres sont audibles, clairs et justes.
  • • Le brancard doit être maintenu le plus possible en position horizontale.
  • • Le déplacement de la victime est souple, sans secousse ni balancement.

Figure 10.13 : Chargement d’une victime dans une ambulance

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les SMV CII - 11 - 1 Janvier 2007

PARTIE 11

LES SITUATIONS AVEC DE MULTIPLES VICTIMES

1. OBJECTIFS

A la fin de cette partie, vous serez capable d’assurer la prise en charge initiale de multiples

victimes et de transmettre les informations nécessaires à la mise en oeuvre d’un plan de

secours. Plus précisément, il s’agit de :

  • • Définir une situation à multiples victimes (SMV).
  • • Indiquer les causes de la SMV.
  • • Indiquer les principales conséquences d’un accident avec de multiples victimes.
  • • Décrire le rôle de la première équipe de secours présente sur les lieux d’une SMV.
  • • S’intégrer dans un plan de secours particulier.
  • • Décrire le rôle de la première équipe de secours présente sur les lieux d’un sinistre

avec libération de substances toxiques.

2. DÉFINITION D’UNE SITUATION À MULTIPLES VICTIMES

L’équipe de secouristes peut se retrouver dans des situations où il existe plusieurs victimes. On

parle alors de situation à multiples victimes (SMV).

La SMV se définit comme un accident ou une situation avec un nombre de victimes plus

élevé que celui que peut prendre en charge la première équipe de secours sur place.

La première équipe de secours peut se retrouver pendant de nombreuses minutes, seule avec

de multiples victimes, sans médecin sur place disponible pour en assurer le tri.

Son objectif est alors de :

  • • Procéder à une reconnaissance rapide du site et assurer la sécurité ;
  • • Transmettre sans délai les informations recueillies aux secours publics ;
  • • Procéder à un repérage des victimes afin de réaliser les gestes de premiers secours au

profit des victimes qui en ont absolument besoin, en attendant le tri effectué par des

médecins.

Une SMV est un événement particulier qui nécessite une méthode de travail différente des

autres interventions.

L’accident catastrophique à effet limité (ACEL) est une SMV particulière qui se définie

comme :

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 11 - 2 Les SMV

  • • Un accident ou une situation unique (explosion, accident de bus, épidémie…)

entraînant un afflux brutal mais relativement limité de victimes (10 à 100), plus ou moins

gravement atteintes, au plan physique et/ou psychique auquel les secours ne peuvent

faire face immédiatement du fait de l’inadéquation entre les besoins et les moyens

immédiatement disponibles ou de l’inhibition de ces moyens par l’accident ;

  • • Une situation évolutive (feu de maison de retraite…) susceptible d’entraîner un nombre

potentiellement élevé de victimes (moins de 100) et qui nécessite rapidement l’envoi de

moyens de secours suffisants.

3. LES CAUSES D’UNE SMV

Plusieurs types de sinistres peuvent être à l’origine d’une SMV. Ce type de sinistre peut être

parfois à l’origine d’un déclenchement d’un plan de secours particulier.

3.1 Les accidents de trafic de différentes natures

  • • Routier (carambolages, autocars) ;
  • • Ferroviaire ;
  • • Aérien ;
  • • Maritime ou Fluvial.

3.2 Les incendies de grande intensité entraînant des risques immédiats pour la

population

  • • Feux de forêts, d’immeubles d’habitation… ;
  • • Feux d’établissements de soins (hôpitaux, maisons de retraite…) ;
  • • Feux d’établissements recevant du public (salles de spectacles, de conférences…) ;
  • • Feux à l’intérieur d’un tunnel.

3.3 Les effondrements d’immeubles consécutifs à :

  • • Une explosion ;
  • • Un glissement de terrain ;
  • • Une avalanche ;
  • • La vétusté.

3.4 Les accidents sociaux

  • • Manifestations avec grands mouvements de foule (émeutes destructrices, paniques en

lieux publics, stades, meetings aériens…) ;

  • • Agressions collectives par armes à feu, explosifs et incendies ;
  • • Prises d’otages.

3.5 Les catastrophes naturelles limitées liées à :

  • • La terre : tremblements de terre, glissements de terrain, avalanches ;
  • • L’eau : inondations, raz de marée, tempêtes maritimes ;
  • • L’air : tempêtes, bourrasques, tornades.

Ces catastrophes sont peu prévisibles, se caractérisent par leur soudaineté, engendrent des

dégâts importants et parfois provoquent, secondairement, des accidents technologiques.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les SMV CII - 11 - 3 Janvier 2007

3.6 Les catastrophes technologiques

  • • Fuite et/ou épandage de produits chimiques ou radioactifs ;
  • • Ruptures de barrage ;
  • • Explosions ;
  • • Feux (hydrocarbures…).

3.7 Les accidents infectieux

  • • Intoxications collectives ;
  • • Epidémie endémique, bioterrorisme.

4. PRINCIPALES CONSÉQUENCES D’UN ACCIDENT AVEC DE MULTIPLES VICTIMES

Les conséquences d’un « accident » peuvent être les suivantes :

  • • Présence de nombreuses victimes réelles ou potentielles ;
  • • Dégâts matériels ;
  • • Disproportion initiale et temporaire entre les besoins et les moyens disponibles.

4.1 La présence de nombreuses victimes réelles ou potentielles

Les blessés sont suffisamment nombreux pour que la situation soit inhabituelle. Leur nombre

est souvent difficilement appréciable, au début, car les blessés valides ont toujours tendance à

fuir les lieux avant l’arrivée des secours.

Les lésions qu’ils présentent sont uniques ou multiples, visibles ou non, et leurs

conséquences immédiates ou retardées. Des lésions internes dues à l’explosion, à la

compression prolongée d’un membre, à l’exposition à des produits toxiques ou des fumées

peuvent entraîner des détresses vitales après un temps de latence.

L’accès aux victimes est aussi un élément important. Certaines victimes seront accessibles

immédiatement, car retrouvées à la surface ou, au contraire, difficilement repérables, car

recouvertes de poussières (effondrement, éboulement). D’autres, enfouies en profondeur

sous les gravas ou emprisonnées sous d’importantes structures, nécessiteront la mise en

oeuvre de moyens de dégagement spécifiques. Le piétinement des structures et le bruit sont

autant d’éléments qui peuvent rendre plus difficile leur localisation.

Les blessés ne sont pas les seules victimes à prendre en charge ; un grand nombre de

personnes non blessées seront quand même considérées comme victimes de la

catastrophe car elles auront un proche perdu de vue, tué ou blessé, assisté à des scènes

difficilement supportables ou plus simplement perdu un bien matériel important (destruction de

leur habitation…). Victime d’un traumatisme psychique, ces personnes présentent des

manifestations caractéristiques que l’équipier secouriste reconnaîtra et dont la prise en charge

est nécessaire. Leur regroupement au sein d’une zone des « impliqués » est primordial pour

assurer leur prise en charge. Au côté de personnels spécialisés (cellule d’urgence médicopsychologique),

l’équipier secouriste peut apporter une aide et une écoute à ces victimes et

faciliter ainsi l’expression des émotions ressenties.

Enfin, un certain nombre de victimes seront découvertes en arrêt cardio-respiratoire ou

mortes. Les corps peuvent être intacts ou mutilés.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 11 - 4 Les SMV

4.2 Les dégâts matériels

Les dégâts engendrés par un accident sont souvent importants et étendus. Ils dépendent de la

cause du sinistre.

Ils touchent habituellement les véhicules, les habitations, les constructions ou bâtiments à

usage administratif ou privé et, parfois, des établissements industriels ou sanitaires.

Ils peuvent être à l’origine de risques persistants, notamment, pour les équipiers secouristes

(incendie, fuite de produits toxiques, éboulements…). Ils peuvent rendre l’accès au site de la

catastrophe et aux victimes difficile et laborieux.

L’importance de ces dégâts aura un impact direct sur le sauvetage des victimes, leur

dégagement et la nature des gestes de secours qui seront délivrés.

4.3 Une inadéquation initiale et temporaire entre les besoins, les ressources humaines et

les moyens disponibles à la lutte contre les effets de l’agression

Pour limiter au maximum les effets du sinistre, il faut :

  • • Prévoir, en imaginant le pire ;
  • • Prévenir, en utilisant les moyens disponibles humains et techniques ;
  • • Organiser les secours, en se fondant sur la planification ORSEC (organisation de la

réponse de sécurité civile) qui intègre et coordonne au son sein tous les maillons de la

chaîne des secours.

5. RÔLE DE LA PREMIÈRE ÉQUIPE DE SECOURS PRÉSENTE SUR LES LIEUX D’UNE

SMV

Témoin de l’accident et, parfois, elle-même impliquée, l’équipe secouriste isolée doit savoir que

son action est essentielle et qu’elle peut, par la qualité des actions mises en oeuvre, déclencher

l’arrivée de renforts adaptés, réaliser les gestes de secours prioritaires et permettre le

déclenchement du dispositif ORSEC nombreuses victimes, appelé de manière commune « plan

rouge ».

Dans tous les cas l’équipier secouriste doit se conformer aux ordres de son responsable.

5.1 Réaliser la reconnaissance et assurer la sécurité

  • • Rester calme ;
  • • Effectuer une reconnaissance visuelle du sinistre. Cette reconnaissance succincte

permet de :

􀂃 Rechercher et d’évaluer l’existence de dangers particuliers qui menacent les

victimes ou les équipes de secours et d’agir en conséquence (protection,

dégagements d’urgence…) ;

􀂃 Donner une idée générale de la nature du sinistre (feu, explosion…), notamment

le nombre apparent de victimes et parfois même la nature de leurs lésions.

  • • Limiter les éventuels phénomènes de panique et les évacuations, en regroupant les

personnes impliquées.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les SMV CII - 11 - 5 Janvier 2007

5.2 Rendre compte

Dès les premières minutes par un message d’ambiance (type de sinistre et évolutivité)

qui sera complété, transmettre, par téléphone ou par radio, l’état des lieux et les premières

constatations :

  • • Rester calme, utiliser un langage clair et concis ;
  • • Donner à l’interlocuteur une image précise de la situation. En règle générale, c’est le

responsable de l’équipe sur les lieux qui transmet ces informations ;

  • • Annoncer qu’il s’agit d’une « SITUATION AVEC DE MULTIPLES VICTIMES » ;
  • • Donner les informations concernant :

􀂃 La nature du sinistre : Accident mettant en cause plusieurs véhicules (VL, PL,

autocar…), accident d’avion, de chemin de fer… ;

􀂃 Le lieu de l’accident : L’adresse exacte du sinistre avec ses repères

cartographiques ;

􀂃 Les risques particuliers : Indiquer la présence de risques particuliers (incendies,

fumées, odeurs, épandage de liquide…) présents ou suspectés ;

􀂃 Les mesures de sécurité à prendre : Préciser si des mesures de sécurité

évidentes immédiates doivent être prises (arrêter la circulation, coupure de gaz ou

d’électricité…) ;

􀂃 Les victimes : Indiquer le nombre approximatif de victimes (décédées, valides ou

invalides…) . L’usage d’un code couleur facilite cette estimation ;

􀂃 L’accessibilité du sinistre : Préciser les voies d’accès au sinistre qui permettent

l’intervention des renforts au plus vite et sans encombre. Indiquer les points de

rendez-vous ou de transit ;

􀂃 Les secours déjà sur place : Indiquer les services de secours ou autres qui sont

déjà sur place ou qui sont nécessaires sur les lieux.

5.3 Repérer les victimes qui nécessitent des gestes de secours en priorité

Lorsque la reconnaissance montre que le nombre de victimes est plus élevé que celui que peut

prendre en charge la première équipe de secours sur place, il est indispensable de réaliser un

repérage des victimes. C’est le « REPÉRAGE SECOURISTE ». Il ne se substitue nullement

au tri médical. C’est une opération préalable qui facilite les actions de l’équipe secouriste

arrivée en premier sur les lieux.

Le repérage a pour objectif de localiser les victimes, d’effectuer, si nécessaire, une action de

secours rapide (pose d’un garrot, mise en position d’attente) permettant d’attendre l’arrivée des

équipes médicales.

Si c’est absolument nécessaire, les secouristes, sans présager de l’état des victimes,

effectueront des mises en sécurité par tous les moyens possibles, à condition de ne pas mettre

leur propre vie en jeu par défaut de matériel (par ex. : appareil respiratoire isolant dans la

fumée).

Le repérage secouriste des victimes se fait souvent dans un environnement difficile. C’est

pourquoi, il doit être simple, rapide et basé uniquement sur les compétences de l’équipier

secouriste, à savoir, l’examen de l’état de conscience, de la respiration et de la circulation.

Pour éviter des examens successifs (victime examinée par plusieurs équipiers à la suite), il est

possible de repérer les victimes examinées au moyen d’un code « couleur », qui peut prendre

la forme d’un bracelet, d’un ruban de toile ou d’un ruban adhésif… .

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 11 - 6 Les SMV

Le code couleur s’applique au repérage suivant :

  • • Les victimes dont le décès ne fait aucun doute (tête séparée du tronc, victime

déchiquetée, victime démembrée) ne seront pas déplacées. Elles seront comptabilisées

et seront repérées au moyen de la couleur NOIRE ;

  • • Les victimes, vivantes, capables de se déplacer avec ou sans aide à la marche, seront

repérées par la couleur VERTE. Elles seront toutes regroupées rapidement dans une

zone sécurisée où elles bénéficieront, secondairement, d’une prise en charge

médicale ;

  • • Les victimes vivantes, qui auront bénéficié d’un geste d’urgence de secourisme :

- Pose d’un pansement compressif ou d’un garrot ;

- LVA ou mise en position d’attente (PLS, ½ assise ou jambes fléchies…) ;

seront repérées par la couleur ROUGE ;

  • • Les autres victimes vivantes qui ne peuvent se déplacer par leurs propres moyens et

qui n’ont pas bénéficié de gestes d’urgence de secourisme (cités justes au-dessus)

seront repérées par la couleur JAUNE.

L’arrêt cardio-respiratoire ne sera traité que si le nombre d’intervenants secouristes le permet.

5.4 Réaliser les gestes de secours prioritaires

Le repérage permet aux équipiers secouristes, dans l’attente d’un renfort médicalisé, de

rentabiliser leur action en réalisant les gestes de secours au profit des victimes qui nécessitent

des soins prioritaires, avant de s’occuper des autres dont les soins peuvent être différés sans

risque. Les victimes, inconscientes qui ne respirent pas, seront prises en charge dès que

possible.

Cependant, il ne faut pas oublier que l’état d’une victime peut s’aggraver. Après avoir réalisé les

gestes de secours prioritaires et toujours dans l’attente des secours supplémentaires, l’équipier

secouriste doit surveiller attentivement toutes les victimes prises en charge.

A l’arrivée des secours médicalisés, un premier tri médical est alors réalisé par le premier

médecin pour déterminer la priorité de traitement et d’évacuation des victimes vers le PMA dès

lors qu’il est opérationnel. Après avoir rendu compte de son action, l’équipe secouriste réalisera

alors la mission qui lui sera confiée par le responsable des secours au sein de la chaîne

« médicale » des secours. Lors du tri médical, les victimes sont catégorisées selon les

principes de médecine de catastrophe.

Cette catégorisation peut être différente de la première appréciation du secouriste. En

effet, l’appréciation secouriste repose sur les gestes entrepris alors que la catégorisation

médicale repose sur l’urgence au traitement et à l’évacuation. C’est ainsi que, si des couleurs

sont utilisées par les équipes médicales, elles se substitueront aux couleurs de la catégorisation

secouriste pour éviter toute confusion lors de la prise en charge.

Par exemple, une victime avec une fracture ouverte non déplacée de fémur sans saignement

abondant va être repérée en jaune par les secouristes (non valide sans geste d’urgence de

secourisme entrepris) alors qu’il s’agit d’une urgence absolue au niveau du tri médical. A

l’inverse, un traumatisé crânien avec perte de connaissance peut être repéré en rouge par les

secouristes (geste d’urgence de secourisme entrepris : PLS) alors qu’il sera catégorisé en jaune

par les équipes médicales (en fonction de la profondeur du coma et de l’évolution).

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les SMV CII - 11 - 7 Janvier 2007

6. INTÉGRATION DANS LE DISPOSITIF ORSEC

6.1 Le mode d’action nombreuses victimes, appelé « Plan rouge »

6.1.1 Principe

Le mode d’action nombreuses victimes du dispositif ORSEC est un plan d’organisation des

secours destiné à lutter contre les conséquences d’un ACEL et assurer une prise en charge

rapide et correcte des nombreuses victimes, tout en évitant un engorgement des hôpitaux.

Il permet d’engager, simultanément, de nombreux moyens de secours, de sauvetage et de

soins médicaux appartenant à différentes structures.

Sous l’autorité du Préfet, qui assure la direction opérationnelle des secours, le Commandant

des Opérations de Secours, officier sapeur pompier désigné, identifié par une chasuble jaune

portant le sigle « COS », met en place deux chaînes de secours :

  • « Sauvetage incendie », qui assure la lutte contre le sinistre et ses effets immédiats

(sauvetages et, éventuellement, dégagement des victimes) ;

  • « Médicale » qui permet la prise en charge des victimes avant leur évacuation

programmée vers une structure hospitalière d’accueil.

Ces deux chaînes sont commandées respectivement par :

  • • Le Directeur du Service Incendie et Sauvetage ; identifié par une chasuble jaune portant

le sigle « DSIS ».

  • • Le Directeur des Secours Médicaux ; identifié par une chasuble jaune portant le sigle

« DSM »

Le mode d’action permet d’anticiper les moyens à mettre en oeuvre devant un ACEL et il

constitue une base unique de travail avec les différents intervenants. Il détermine avec précision

le rôle et les fonctions de chacun.

Sur le plan secouriste et médical, il définit la doctrine opérationnelle de prise en charge de

nombreuses victimes, basée sur la création d’une chaîne de secours et de soins médicalisés

composée de 3 maillons essentiels :

  • • A l’avant : découverte, recherche et ramassage des victimes ;
  • • Au milieu : rassemblement des victimes en un point : le Poste Médical Avancé (PMA) ;
  • • A l’arrière : évacuation régulée des victimes vers la structure hospitalière la plus

adaptée à leur état, en utilisant des moyens de transport appropriés.

6.1.2 Les différents services participants

Différents services de secours participent à la mise en oeuvre de ce mode d’action. Pour cela, à

chaque service sont attribuées des missions spécifiques qui concourent à un objectif commun :

« Prendre en charge le plus grand nombre de victimes » .

  • • Les sapeurs pompiers : fournissent les spécialistes et le matériel pour les recherches, la

désincarcération, le déblaiement ou les soins aux victimes, ainsi que du personnel

médical et paramédical ;

  • • Le service d’aide médicale urgente : participe à la médicalisation des victimes. Son rôle

consiste également à rechercher des places hospitalières en fonction de la nature et de

la gravité des lésions des victimes et de fournir les éléments de la cellule d’urgence

médico-psychologique ;

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 11 - 8 Les SMV

  • • Les associations agréées de sécurité civile : aux ordres du COS, peuvent apporter leur

concours dans toutes les phases du dispositif ;

  • • Les ambulanciers publics ou privés : aux ordres du DSM, ils participent essentiellement <
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aux norias d’évacuation ;

  • • Les forces de police et de gendarmerie : elles assurent le balisage et la sécurisation du

site, l’accompagnement éventuel des ambulances, la mission d’identification des

victimes et, bien sûr, d’investigation pour déterminer, si nécessaire, les causes de la

catastrophe.

6.1.3 La chaîne de secours médicalisée (fig. 11.1)

Figure 11.1 : La chaîne de secours médicalisée

a) La zone de l’avant ou « chantier »

Le site de la catastrophe est le premier lieu des opérations de secours.

A l’avant, sur le lieu de l’accident, on opère :

  • • Une reconnaissance pour évaluer la composante principale de l’intervention (feux,

personnes incarcérées…), l’importance des conséquences de l’accident, le nombre et

la qualité des victimes, les risques particuliers créés par le sinistre et, éventuellement,

ses effets persistants puis, une demande de moyens particuliers d’intervention pour

permettre le dégagement des victimes et la lutte contre le sinistre ;

  • • Le balisage afin de délimiter une zone d’accès réglementée, autorisée seulement au

personnel de secours adapté et, éventuellement, équipé de vêtements de protection

particuliers ;

  • • Le repérage des victimes de surface et la recherche des victimes enfouies ;
  • • Le ramassage des victimes, en commençant par les victimes les plus graves, et en

assurant les gestes d’urgence et de sauvetage en fonction des moyens dont disposent

les équipes de secours et qui fait souvent appel, au début, à des techniques

improvisées.

PP..MM..AA..

HOPITAL

Noria

d'évacuation

PP..RR..VV..

PP..RR..VV..

Noria de

ramassage

P.M.A.

Morgue

Victimes non blessées

Matériel

P.C. Opérationnel

Sinistre

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les SMV CII - 11 - 9 Janvier 2007

Une fois organisé, le ramassage des victimes est dirigé par un officier « Ramassage », désigné

par le COS, qui porte une chasuble rouge « Officier Ramassage ». Tous les personnels qui

participent au ramassage des victimes portent un brassard rouge.

Sur l’ordre du DSM, un ou plusieurs médecins sont affectés à cette zone. Ils sont alors chargés

de définir l’ordre de transport des victimes vers le PMA et la qualité des gestes de secours que

les équipiers secouristes doivent réaliser.

Cette zone peut, suivant l’importance de la catastrophe, être découpée en plusieurs secteurs.

Chaque secteur est sous la responsabilité d’un chef de secteur aux ordres de l’officier

ramassage.

b) Le point de rassemblement des victimes

Le PRV est une zone temporaire, souvent définie par la première équipe de secours sur les

lieux et qui permet de rassembler en un lieu sûr, proche du sinistre et accessible, les victimes

valides ou invalides dégagées de la zone du sinistre dans l’attente de la mise en place d’un

PMA. Au PRV, les intervenants secouristes peuvent assurer les gestes de premiers secours

prioritaires nécessaires aux victimes les plus graves.

c) La noria de ramassage (ou petite noria)

La noria de ramassage permet de transporter les blessés recueillis sur le site de la catastrophe,

du chantier ou du PRV vers le poste médical avancé (PMA).

Ce transport s’effectue en utilisant tous les moyens de portage à disposition, parfois improvisés.

Après avoir déposé les blessés au PMA, les équipes de secouristes retournent vers les

chantiers en apportant, en règle générale, du matériel de secours nécessaire à la prise en

charge de nouveaux blessés. Dans certains cas, les blessés peuvent bénéficier d’un

accompagnement médical.

d) Le poste médical avancé (PMA)

Le PMA est une structure de regroupement, de catégorisation, d’identification et de soins des

victimes avant leur évacuation vers un hôpital. Il est justifié par la volonté de prendre en charge

toutes les victimes et de leur assurer les soins que nécessite leur état, le plus précocement

possible, pour éviter toute aggravation. Le PMA permet, en rapprochant les victimes des

moyens de secours et de santé mis en oeuvre, de rentabiliser ces moyens et de permettre aux

hôpitaux de se préparer à recevoir les victimes.

Le PMA se situe, en règle générale, à proximité immédiate de l’accident mais en zone de

sécurité. Il est accessible aux équipes de ramassage et d’évacuation.

Le PMA est un concept qui répond à des critères précis. Il peut être installé dans une structure

existante (bar, hall, salle de sport...) voire sous structure mobile de type tente. Il est repéré par

un marquage « PMA » ou « Poste médical avancé ». Un balisage et un fléchage rendent plus

facile son accès aux équipes de secours.

Le PMA comprend plusieurs parties distinctes (fig. 11.2) :

  • • Une zone d’accueil où est réalisée la catégorisation de la victime par un médecin trieur,

avec un secrétariat « Entrée » ;

  • • Une zone de traitement des victimes graves repéré « UA » ou « urgences absolues » ;
  • • Une zone de traitement des blessés légers repéré « UR » ou « urgences relatives » ;
  • • Une zone d’évacuation repérée par la présence du secrétariat « Sortie » chargé de

vérifier le numéro, l’identité, la destination et les vecteurs d’évacuation des victimes.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 11 - 10 Les SMV

A proximité du PMA, on trouve :

  • • Un dépôt mortuaire, un peu à l’écart des 2 autres zones et gardé par la police ;
  • • Une zone de rassemblement des indemnes ou éclopés, qui ne nécessitent pas

d’évacuation et qui peuvent être pris en charge par la cellule d’urgence médicopsychologique.

Le fonctionnement du PMA est assuré par :

  • • Une direction opérationnelle comprenant :

􀂃 Un officier de sapeurs pompiers « Officier PMA » désigné par le COS ;

􀂃 Un « Médecin chef PMA » désigné par le DSM. Ces personnels portent une

chasuble blanche avec la mention « Officier PMA » et « Médecin chef PMA ».

  • • Des médecins ;
  • • Des infirmiers ;
  • • Des équipiers secouristes qui assistent le personnel médical et para médical.

Tous les personnels concernés portent un brassard blanc.

e) La noria d’évacuation (ou grande noria)

La noria d’évacuation a pour objectif le transport de blessés, ayant bénéficié d’une mise en

condition préalable au PMA, vers une structure hospitalière d’accueil.

Cette noria ne peut se faire que si est mise en place :

  • • Une gestion des moyens d’évacuation médicalisés et non médicalisés ;
  • • Une zone d’embarquement des victimes dans les ambulances ;
  • • Eventuellement, une zone de poser des hélicoptères.

Chaque victime évacuée doit être en possession d’une fiche d’évacuation. Cette fiche est

attribuée, soit sur site, soit au secrétariat d’entrée du PMA. Elle est renseignée par le personnel

médical et paramédical qui a pris en charge la victime et par le médecin du SAMU chargé de

rechercher un lieu d’hospitalisation. Elle précise le vecteur d’évacuation nécessaire et la

destination de la victime.

P.M.A.

Réanimation

des U.A.

Tri médical

Secrétariat

U.A.

U.R.

Mise en condition

des U.R.

Secrétariat

évacuation

P.M.A.

Stockage des

réserves de

matériel

MORGUE

ENTREE SORTIE

Noria de

ramassage

Noria

d’évacuation

Figure 11.2 : Organisation d’un PMA

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les SMV CII - 11 - 11 Janvier 2007

Elle est composée de plusieurs feuillets ou parties. Le dernier, souvent cartonné, accompagne

la victime jusqu'à l’hôpital. Aucune victime ne peut quitter le PMA sans cette fiche et sans

qu’une destination hospitalière ne lui ait été attribuée.

La noria d’évacuation est dirigée par un officier de sapeur-pompier désigné par le COS, il porte

une chasuble bleue avec la mention « Officier Evacuation ».

Tous les personnels affectés à l’évacuation portent un brassard bleu.

f) La cellule d’urgence médico-psychologique

Elle est normalement distincte du PMA, sous la responsabilité du DSM. Elle est constituée de

psychologues et de psychiatres chargés de la prise en charge immédiate des victimes valides

et pouvant être psychiquement traumatisées par l’événement violent qu’elles viennent de vivre.

Mais elle peut ultérieurement servir aux équipiers secouristes eux-mêmes.

g) Les véhicules postes de commandement

Ils peuvent appartenir aux sapeurs-pompiers, à la police, à la gendarmerie ou au SAMU.

Ils se situent au plus près de l’intervention, en zone sécurisée.

Ils assurent la coordination des moyens sur le site et les liaisons avec les PC arrières (CODIS,

CCRA, COD de la préfecture…).

h) Rôle de l’équipe secouriste au sein d’un SMV

Si l’équipe de secouristes arrive en renfort sur un SMV, son chef doit se présenter dès son

arrivée sur les lieux au responsable des opérations de secours, en l’occurrence le COS, pour se

voir attribuer une mission.

La mission est en règle générale attribuée à l’équipe entière en fonction de ses compétences et

des moyens dont elle dispose.

Pendant toute la durée de la mission, l’équipier secouriste reste aux ordres de son chef

d’équipe et exécute strictement et calmement les consignes qui lui sont données.

Au fur et à mesure de l’arrivée de personnels de secours plus qualifiés (chefs d’équipes,

infirmiers, médecins), le responsable de l’équipe de secours sur place réalisera un rapport

détaillé de l’action qui a été menée par l’équipe comme :

  • • Nombre de victimes prises en charges ;
  • • Nombre de victime par gravité ;
  • • Gestes de secours réalisés ;
  • • Autres informations importantes.

L’équipe de secouriste peut se voir attribuer les missions suivantes :

1. Sur le chantier :

  • • Renforcer les équipes de reconnaissance et rendre compte ;
  • • Effectuer des actions de sauvetage et de dégagement d’urgence ;
  • • Apporter les premiers soins aux victimes sur les lieux du sinistre : mise en position

d’attente, arrêt d’hémorragies graves… ;

  • • Participer aux transports des victimes vers un PRV ou le PMA.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 11 - 12 Les SMV

Fonction des personnes Moyen de reconnaissance Couleur

Commandant des

opérations de secours

Chasuble « COS » Jaune

Directeur des services

d’incendie et de sauvetage

Chasuble « DSIS » jaune

Directeur des secours

médicaux

Chasuble « DSM » Jaune

Officier évacuation Chasuble « Officier évacuation » Bleu

Personnel d’évacuation Brassard Bleu

Officier PMA Chasuble « Officier PMA » Blanc

Médecin chef du PMA Chasuble « médecin chef PMA » Blanc

Personnel du PMA Brassard Blanc

Officier ramassage Chasuble « Officier ramassage Rouge

Personnel de ramassage Brassard Rouge

Tableau 11.1 : Code couleur

2. Au PMA :

  • • Assister ponctuellement une équipe médicale (déshabillage de victimes, identification

de la victime, ventilation au ballon, avant et après une intubation…) ;

  • • Brancarder ou aider au déplacement des victimes valides dans le PMA ;
  • • Participer au support logistique des équipes médicales (approvisionnement en oxygène,

en matériel de soins…) ;

  • • Participer aux brancardages du PMA vers les vecteurs d’évacuation.

Dans tous les cas, l’équipier secouriste reste aux ordres de son chef d’équipe qui recevra sa

mission soit de l’officier PMA soit du médecin chef du PMA.

3. A l’évacuation :

  • • Assurer, suivant les décisions de son responsable d’équipe, le transport et la

surveillance des victimes vers un établissement d’accueil ;

  • • Dès la fin de l’intervention, participer à la remise en état rapide du véhicule pour,

éventuellement, retourner prendre en charge une autre victime au niveau du PMA

(noria d’évacuation).

Le conducteur ne doit pas quitter son engin, sauf autorisation de l’ « officier évacuation »,

afin de permettre, au niveau du point de regroupement des moyens (PRM), les mouvements et

le rangement des véhicules en position d’évacuation.

4. Autres missions :

  • • L’équipier secouriste peut être amené, en fonction de son organisme d’appartenance, à

soutenir des victimes impliquées ou s’occuper, en collaboration avec les autorités

municipales ou départementales, du relogement et de la nourriture des personnes

évacuées dans l’urgence.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les SMV CII - 11 - 13 Janvier 2007

7. RÔLE DE LA PREMIÈRE ÉQUIPE DE SECOURS PRÉSENTE SUR LES LIEUX D’UN

SINISTRE AVEC LIBÉRATION DE SUBSTANCES DANGEREUSES

Des sinistres, qu’ils soient accidentels ou volontaires, peuvent exposer de nombreuses

personnes, y compris les premiers équipiers secouristes, à une intoxication et/ou une

contamination par des produits radiologiques, chimiques ou biologiques.

Le produit toxique peut pénétrer par la peau, les muqueuses, les voies respiratoires et l’appareil

digestif et entraîner une intoxication de la victime. La gravité de cette intoxication dépend de la

nature du produit, de la durée d’exposition et de la victime.

Les substances toxiques, sous forme liquides ou solides, en suspension dans l’air se déposent

sur le sol, les objets mais aussi sur la peau, les vêtements ou les cheveux des personnes

exposées, c’est la contamination. Cette contamination peut se transférer par contact d’une

personne à une autre. Ainsi, une victime contaminée peut contaminer à son tour toute la chaîne

de secours.

Il est donc essentiel, pour les équipiers secouristes qui interviennent, de se protéger pour éviter

d’être contaminés ou intoxiqués et de limiter tout transfert de contamination.

La libération de certaines substances toxiques peut exposer aussi à un risque d’incendie et

d’explosion.

7.1 Première équipe de secours sur place

Pour limiter les conséquences de la libération d’un produit toxique, éviter un transfert de

contamination et assurer une prise en charge correcte des victimes et des personnes exposées,

l’action de la première équipe de secours est primordiale.

7.1.1 Reconnaître un sinistre avec libération de substances dangereuses

L’analyse des circonstances de l’accident permet, dans un certain nombre de cas, d’identifier la

nature toxique de l’événement :

  • • Accident de poids lourd ou de train transportant des matières dangereuses ;
  • • Fuite ou incendie survenant dans un établissement produisant, utilisant ou stockant des

produits chimiques ou des explosifs ;

  • • Fuite ou rupture de canalisations ou de citernes de gaz ;
  • • Accumulation de gaz de décomposition créé par fermentation (grotte, silo, cuve à

fermentation…),

Dans ces cas, le sinistre est souvent accompagné :

  • • D’un nuage visible ou d’une libération de fumée traduisant la fuite de produit ;
  • • D’un épandage ou fuite de produit liquide, vapeur, nuage (aérosol) ou de poudre d’un

réservoir ou d’une citerne ;

  • • D’une forte odeur inhabituelle, parfois difficile à supporter.

La présence de produit toxique est dans certaines circonstances facilement identifiable par la

présence de plaques ou de panneaux « dangers » (fig. 11.3 et 11.4). Ils permettent d’identifier

la nature du risque et, dans certains cas, la nature du produit. Ces panneaux sont apposés sur :

  • • Les bâtiments ou zone où le produit est fabriqué, utilisé ou stocké ;
  • • Les véhicules (poids lourds, trains, bateaux…) qui transportent des matières

dangereuses ;

  • • Les barils ou conteneurs qui contiennent des matières dangereuses.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 11 - 14 Les SMV

Cependant, dans bien des situations, les circonstances de l’accident ne permettent pas

d’identifier facilement la situation comme dangereuse. C’est le cas, lorsque les quantités de

matières dangereuses sont faibles (marquage non obligatoire) ou que le produit ne présente

pas d’odeur particulière, lorsque deux produits chimiques non toxiques se mélangent

accidentellement et fabriquent un composé hautement toxique ou, enfin, lorsque la libération de

la substance toxique est volontaire (attentats).

1. Substances explosives

2. Gaz

3. Liquides ou gaz inflammables

4. Solides inflammables

5. Substances comburantes

Figure 11.3 : Plaques dangers

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les SMV CII - 11 - 15 Janvier 2007

6. Substances toxiques

7. Matières radioactives

8. Substances corrosives

9. Autres marchandises dangereuses

Marchandises transportées à chaud

Figure 11.4 : Principaux panneaux dangers

L’équipier secouriste doit être particulièrement attentif et penser à un risque toxique devant :

  • • La présence de multiples victimes dont la cause n’est pas facilement identifiable ou s’il

existe une discordance entre le nombre de victimes (nombreuses) et le sinistre (mineur,

petite explosion…) ;

  • • De multiples victimes présentant des signes de malaise identique, des troubles de la

vue, des troubles de la conscience ou des troubles respiratoires, quelle que soit la

cause ;

  • • La présence d’animaux malades ou morts au côté des victimes ;
  • • L’explosion, même de faible importance, dans un endroit public.

7.1.2 Assurer sa protection sans tenue adaptée

Premiers sur les lieux, deux situations peuvent se présenter :

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 11 - 16 Les SMV

1- Le risque toxique est suspecté d’emblée :

  • • Rester en amont de l’accident, par rapport au vent ;
  • • Ne pas pénétrer dans la zone supposée toxique.

2- Le risque toxique n’est pas suspecté immédiatement et l’équipe a pénétré dans la zone

dangereuse avant de s’en apercevoir :

  • • Quitter immédiatement la zone dangereuse ;
  • • En zone sûre, évaluer la situation et récolter les informations nécessaires et donner une

alerte correcte (présence de citerne, conteneurs, fuites, plaque ou panneau

dangers...) ;

  • • Ne plus pénétrer dans la zone dangereuse et ne pas quitter les lieux avant l’arrivée des

équipes spécialisées pour être contrôlé et éventuellement décontaminé.

7.1.3 Assurer la protection des victimes et des personnes exposées

Dès la constatation d’une libération de substance toxique, demander à toutes les personnes qui

sont à proximité immédiate d’évacuer immédiatement la zone supposée toxique. L’utilisation

d’un haut-parleur portatif (« public-adress ») peut faciliter cette action.

Si les équipes secouristes ont pénétré accidentellement dans la zone supposée toxique, ils

demanderont aux personnes auprès d’eux de quitter cette zone (de s’éloigner ou sortir de

l’immeuble ou de l’habitation) et aideront, éventuellement, les personnes qui ont du mal à se

déplacer à évacuer la zone supposée toxique en même temps qu’eux.

7.1.4 Alerter

Dés que possible, les secours doivent être informés de la situation et du risque toxique éventuel

avec précision. Cette information permettra l’envoi d’équipes spécialisées et la dotation de

tenues de protection spécifiques aux équipiers secouristes qui arrivent en renfort.

7.1.5 Eviter tout transfert de contamination

Regrouper les personnes évacuées en un point car elles ont été exposées et peuvent présenter

des signes d’intoxication. Ce regroupement permet, en plus, de limiter le transfert de

contamination et de limiter les évacuations sauvages vers les hôpitaux.

Réaliser un balisage et empêcher toute personne de pénétrer dans la zone supposée toxique.

7.2 Equipe de secours en renfort

Le responsable d’équipe se met à disposition du responsable des secours. Les équipiers

secouristes doivent tout particulièrement éviter de rentrer dans les zones contaminées,

identifiables par un balisage, au risque de se contaminer et/ou de s’intoxiquer.

Seules les équipes formées, entraînées et revêtues de tenues de protection particulières sont

autorisées à pénétrer en zone toxique pour effectuer le ramassage et l’évacuation d’éventuelles

victimes. L’organisation des secours est similaire à celle d’un « plan rouge » mais, si le produit

toxique est contaminant, des unités de décontamination de victimes sont mises en place entre

le point de rassemblement des victimes et l’entrée dans le PMA.

En règle générale les équipes secouristes non spécialisées sont utilisées pour la prise en

charge des victimes après leur décontamination (PMA, évacuation, prise en charge des

personnes décontaminées non intoxiquées).

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Remerciements – Page de garde CII - 00 - 1 Janvier 2007

REMERCIEMENTS

Un grand remerciement aux experts et spécialistes qui ont collaboré à la rédaction de ce

référentiel national de compétences de sécurité civile et qui appartiennent aux organismes

publics habilités et aux associations nationales agréées pour les formations aux premiers

secours, siégeant à l’Observatoire National du Secourisme, dont les noms suivent :

􀂃 Association défense et secourisme ;

􀂃 Association nationale des centres d’enseignement de soins d’urgence ;

􀂃 Association nationale des instructeurs et moniteurs de secourisme ;

􀂃 Association nationale des premiers secours ;

􀂃 Bataillon des marins-pompiers de Marseille ;

􀂃 Brigade de sapeurs-pompiers de Paris ;

􀂃 Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés – Direction des

risques professionnels

􀂃 Centre français de secourisme ;

􀂃 Croix-rouge française ;

􀂃 Electricité de France ;

􀂃 Gaz de France ;

􀂃 Fédération française de sauvetage et de secourisme ;

􀂃 Fédération nationale de protection civile ;

􀂃 Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France ;

􀂃 Fédération des secouristes français croix blanche ;

􀂃 Institut national de recherche et de sécurité ;

􀂃 Ministère de la défense : Centre d’instruction santé de l’armée de terre ;

􀂃 Ministère de l’éducation nationale ;

􀂃 Ministère de l’intérieur : Direction générale de la police nationale, Direction de la

défense et de la sécurité civiles ;

􀂃 Ministère de la santé et des solidarités ;

􀂃 OEuvres hospitalières françaises de l’Ordre de Malte ;

􀂃 Société nationale de sauvetage en mer

􀂃 Union nationale des associations des sauveteurs et des secouristes de la poste et de

France Télécom.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Remerciements – Page de garde CII - 00 - 3 Janvier 2007

Reproduction autorisée

Coordinateur : Eric DUFÈS

Chef de projet : Daniel MEYRAN

Illustration de couverture : René DOSNE

2ème édition

Dépôt légal – janvier 2007

I.S.B.N. 2-11-09 6228-3

Le référentiel national de compétences de sécurité civile relatif aux

« Premiers secours en équipe de niveau 2 »

a été élaboré par :

La direction de la défense et de la sécurité civiles,

Sous-direction des sapeurs-pompiers et des acteurs du secours,

Bureau du volontariat, des associations et des réserves communales,

Section du secourisme et des associations de sécurité civile,

avec le concours de l’observatoire national du secourisme.

Il peut être consulté sur le site du ministère de l’intérieur :

www.interieur.gouv.fr

  

Publié dans SECOURISME

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