PSE 2 - 5

Publié le par ***

PSE 2 - 5

  

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 1 Janvier 2007

PARTIE 8

LES IMMOBILISATIONS

1. OBJECTIFS

A la fin de cette partie, vous serez capable d’assurer, en équipe, l’immobilisation partielle ou

totale d’une personne, victime d’un accident traumatique du squelette, en utilisant un moyen

d’immobilisation adapté. Plus précisément, il s’agit de :

  • • Indiquer les principes généraux d’une immobilisation.
  • • Préciser l’équipement nécessaire à une immobilisation.
  • • Réaliser les techniques suivantes :

- Immobilisation du rachis cervical ;

- Immobilisation de la colonne vertébrale ;

- Immobilisation d’un membre.

2. PRINCIPES GÉNÉRAUX D’UNE IMMOBILISATION

Toute lésion de l’appareil locomoteur est génératrice de douleurs et peut aggraver l’état d’une

victime par la survenue de complications :

  • • Locales : plaie, atteinte des vaisseaux, des nerfs, de la moelle épinière ;
  • • Générales : détresse circulatoire.

L’immobilisation correcte permet, avant de déplacer une victime, de diminuer la douleur et de

limiter la survenue de complications.

Il est indispensable de limiter les mouvements et d’immobiliser toute atteinte de l’appareil

locomoteur (fracture, entorse avec gonflement, luxation) avant tout déplacement et tout

transport, sauf en cas de danger imminent.

1.1 Devant une victime qui présente un traumatisme crânien et/ou du rachis

  • • Maintenir la tête et le cou en position neutre, dans l’alignement du tronc ;
  • • Contrôler la motricité et la sensibilité de chaque extrémité avant et après

l’immobilisation ;

  • • S’assurer qu’un seul équipier secouriste est chargé de donner les ordres pour diriger la

manoeuvre (en règle générale l’équipier de tête) ;

  • • S’assurer de la bonne compréhension de la manoeuvre avant de l’exécuter ;
  • • Déplacer la victime d’un seul bloc ;
  • • Transporter la victime allongée sur le dos, seule position qui permet une immobilisation

correcte du rachis.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 2 Les immobilisations

Cependant, comme les victimes immobilisées sur un plan dur peuvent vomir, se tenir

prêt à mettre sur le côté la victime et le plan dur pour faciliter le drainage de la bouche.

1.2 Devant une victime qui présente un traumatisme de membre

  • Soutenir le membre blessé avec les mains et limiter, autant que possible, les

mouvements ;

  • Inspecter la lésion avant de l’immobiliser en retirant ou remontant les vêtements si

nécessaire (plaie, déformation, gonflement…) ;

  • Recouvrir par un pansement stérile et sec toute plaie avant immobilisation. Si la

plaie saigne, réaliser un pansement compressif épais, sauf s’il existe une issue d’os

visible (cf. partie sur les hémorragies externes). En l’absence d’une issue d’os visible, la

fracture ouverte est traitée de la même façon qu’une fracture fermée après avoir placé

un pansement stérile et sec sur la plaie.

  • • Apprécier la température, la motricité, la sensibilité et le temps de recoloration cutanée

de l’extrémité atteinte avant et après l’immobilisation.

  • Immobiliser correctement le segment de membre atteint en respectant les principes

suivants :

􀂃 Utiliser l’attelle la plus appropriée ;

􀂃 Immobiliser aussi les articulations situées au-dessus et au-dessous de la lésion.

  • Si un gonflement au niveau d’une articulation est présent, appliquer du froid sur la

lésion, après immobilisation, en respectant le principe d’application du froid décrit dans

le RNC PSE 1.

1.3 Cas particulier : Fracture avec déformation

La présence d’une déformation angulaire du membre atteint constitue un obstacle ou une gène

à la mise en place d’un matériel d’immobilisation.

Il est donc nécessaire de réaligner le membre, c’est à dire de lui faire recouvrer un axe proche

de la normale, avant de l’immobiliser.

Ce réalignement permet de :

  • • Prévenir les mouvements ;
  • • Mettre en place une attelle ;
  • • Limiter les complications de compression vasculaire ou nerveuse.

Le réalignement d’un membre se fait, chaque fois que possible, en présence d’un

médecin.

En l’absence de médecin, le réalignement d’une fracture de l’avant-bras ou de la jambe ne sera

réalisé, par un équipier secouriste, qu’après avis médical.

Ce réalignement s’effectue de la manière suivante :

1.3.1 Fracture de l’avant-bras à 1 équipier secouriste

  • • L’équipier secouriste saisit, avec une main, l’articulation du coude et la stabilise ;
  • • Avec l’autre main, il saisit le poignet ou la main et ramène progressivement l’avant bras

dans l’axe en exerçant une traction douce (fig. 8.1) ;

  • • La traction n’est relâchée qu’après la mise en place du matériel d’immobilisation.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 3 Janvier 2007

a b

1.3.2 Fracture de la jambe à 2 équipiers secouristes

  • • Un équipier secouriste saisit à deux mains le genou et le stabilise ;
  • • Le deuxième équipier secouriste (fig. 8.2) saisit à deux mains la cheville et ramène

progressivement la jambe dans l’axe normal du membre inférieur en exerçant une

traction douce ;

  • • La traction n’est relâchée qu’après la mise en place du matériel d’immobilisation.

Attention : Le réalignement sera immédiatement interrompu et un nouvel avis médical

demandé :

  • S’il existe une résistance au réalignement ;
  • Si la douleur provoquée devient intolérable pour la victime.

Figure 8.1 : Réalignement d’une fracture avec déformation du membre supérieur

(a) Victime en position assise – (b) Victime allongée

Figure 8.2 : Réalignement d’une fracture avec déformation du membre inférieur

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 4 Les immobilisations

2. ÉQUIPEMENT NÉCÉSSAIRE À UNE IMMOBILISATION

2.1 Matériel d’immobilisation du rachis cervical, de la colonne vertébrale et du bassin

  • • Collier cervical ;
  • • Attelle cervico-thoracique ;
  • • Plan dur et immobilisateur de tête ;
  • • Matelas immobilisateur à dépression.

2.2 Matériel d’immobilisation d’un membre ou d’un segment de membre

  • • Attelles rigides ;
  • • Attelles modelables ;
  • • Attelles en traction.

Note : Pour chaque technique, les équipiers secouristes peuvent se référer aux

recommandations du constructeur dans l’utilisation des matériels d’immobilisation, dans

la mesure où les points clés de la technique d’immobilisation sont respectés.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 5 Janvier 2007

TECHNIQUE 8.1 – MAINTENIR LA TÊTE EN POSITION NEUTRE

1. Justification

Le maintien de la tête à deux mains en position neutre, dans l’alignement du cou et du tronc :

  • • Diminue tout pincement ou compression de la moelle épinière suite à un traumatisme

du rachis cervical ;

  • • Limite les mouvements intempestifs de la nuque et du cou du blessé ;
  • • Facilite la mise en place d’un collier cervical.

2. Indications

L’équipier secouriste doit maintenir à deux mains la tête du blessé en position neutre :

  • • Dès qu’un traumatisme de la tête, de la nuque ou du dos de la victime est suspecté

(circonstances de l’accident) ;

  • • Dans l’attente d’une immobilisation complète de l’axe tête-cou-tronc ;
  • • S’il ne doit pas effectuer un autre geste de secours plus urgent.

3. Réalisation

3.1 Victime allongée, tête de la victime en position neutre

a b

  • • Se placer à genoux dans l’axe de la victime et placer les deux mains de chaque côté de

sa tête ;

  • • Prendre appui, si possible avec les coudes sur le sol ou sur les genoux, pour diminuer

la fatigue (fig. 8.3-a) ;

  • • Si la victime est inconsciente, maintenir son menton en avant avec 2 doigts (index et

majeur) placés sous l’angle de la mandibule pour maintenir les voies aériennes libres

(fig. 8.3-b) ;

  • • Maintenir cette position tant que la tête et la nuque de la victime ne sont pas

immobilisées par un collier cervical et tant que le blessé ne repose pas sur un plan dur

équipé d’un immobilisateur de tête ou un matelas immobilisateur à dépression.

Figure 8.3 : Maintien de la tête à deux mains

(a)   Victime consciente – (b) Victime inconsciente

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 6 Les immobilisations

3.2 Victime allongée, tête de la victime en position latérale

  • • Se placer à genoux dans l’axe de la victime et placer les deux mains de chaque côté de

sa tête (fig. 8.4-a) ;

  • • Replacer délicatement la tête dans l’axe du tronc, sans exercer de traction, jusqu'à ce

que la victime regarde droit devant. Eviter toute torsion, flexion ou extension de la tête

et de la nuque de la victime (fig. 8.4-b) ;

  • • Maintenir le menton en avant avec 2 doigts si la victime est inconsciente comme décrit

précédemment (fig. 8.4-c).

Il ne faut pas relâcher la position tant que l’axe tête-cou-tronc n’est pas correctement

immobilisé par un collier cervical et tant que le blessé ne repose pas sur un plan dur

équipé d’un immobilisateur de tête ou un matelas immobilisateur à dépression.

a b

c

Figure 8.4 : Maintien de la tête à 2 mains,

remise en position neutre de la tête.

3.3 Victime debout ou assise

  • • Se positionner de préférence derrière la victime ;
  • • Placer les deux mains de chaque côté de sa tête (fig. 8-5.a) ;
  • • Replacer délicatement la tête dans l’axe du tronc, en exerçant une légère traction vers

le haut pour délester le rachis cervical de la victime du poids de la tête jusqu'à ce que la

victime regarde droit devant. Eviter toute torsion, flexion ou extension de la tête et de la

nuque de la victime ;

  • • Maintenir la tête de la victime dans cette position « neutre » (fig. 8-5.b) ;
  • • Ne pas relâcher la position tant que l’axe tête-cou-tronc n’est pas correctement

immobilisé.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 7 Janvier 2007

a b

4. Risques

Si un déplacement de la tête est nécessaire pour la ramener en position neutre, la manoeuvre

sera immédiatement interrompue, si :

  • L’équipier secouriste perçoit une résistance au déplacement de la tête ;
  • Le déplacement déclenche ou aggrave une douleur cervicale ;
  • Le déplacement déclenche des sensations anormales dans les membres

supérieurs ou inférieurs ;

  • Le déplacement de la tête par rapport au tronc est important.

Dans ces cas, maintenir la tête dans la position où elle se trouve dans l’attente d’un renfort.

5. Evaluation

La réalisation de cette technique ne doit en aucun cas aggraver l’état de la victime et faire

apparaître des signes de lésion de la moelle épinière.

Une recherche de la motricité et de la sensibilité sera réalisée avant (bilan complémentaire) et

après immobilisation de la tête en position neutre.

6. Points clés

  • • La tête doit être replacée en position neutre progressivement.
  • • L’alignement « tête-cou-tronc » de la victime doit être maintenu.
  • • La motricité et la sensibilité sont évaluées avant et après la manoeuvre.

Figure 8.5 : Maintien de la tête à 2 mains d’une victime assise, remise en position neutre de la tête

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 8 Les immobilisations

TECHNIQUE 8.2 – POSER UN COLLIER CERVICAL

1. Justification

En immobilisant la colonne cervicale et en limitant les mouvements de flexion, d’extension, de

torsion ou latéraux de la nuque, le collier diminue le risque d’aggravation d’une lésion de la

moelle épinière. Toutefois, il n’est pas suffisant à lui seul pour empêcher tout mouvement de la

nuque.

2. Indications

Le collier cervical est utilisé pour immobiliser le cou d'une victime lorsqu'une lésion du rachis

cervical est suspectée (circonstances de l’accident…) ou évidente (douleurs ressenties par la

victime) quelles que soient les circonstances.

Il doit être systématiquement mis en place chez une personne inconsciente, victime d’un

traumatisme.

Le collier cervical est mis en place après installation de la tête de la victime en position

neutre et avant tout déplacement de la victime : mobilisation, désincarcération, relevage.

Cependant, si la victime est allongée sur le ventre, le collier cervical sera installé après son

retournement.

3. Matériel

Le collier cervical est constitué d'une bande ou de deux parties rigides dont la matière varie

selon le modèle et le fabriquant.

Il présente des échancrures destinées l’une au menton et les deux autres aux épaules.

Il peut être équipé d’orifices : un orifice antérieur pour éviter une compression du larynx et des

orifices latéraux pour permettre le contrôle du pouls carotidien.

Un système d’attache, par bande auto-agrippante ou par pression, permet sa fermeture.

Il existe, suivant les modèles, des dispositifs de réglage (fig. 8.6) ou des tailles différentes (fig.

8.7).

Certains colliers cervicaux sont à usage unique.

a b

Figure 8.6 : Collier cervical réglable

(a)   Collier entier, (b) Dispositif de réglage de la taille

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 9 Janvier 2007

a

b

4. Réalisation

Un collier cervical est toujours mis en place à deux secouristes sur une tête en position

neutre.

4.1 Victime allongée sur le dos

  • • Le premier intervenant se place à la tête de la victime, dans l’axe « tête-cou-tronc », et

la maintient en position neutre (fig. 8.8-a). Ce maintien se fera pendant toute la

manoeuvre de pose du collier, sans autre manipulation ni traction ;

  • • Le deuxième intervenant se positionne sur le coté de la victime et réalise la mise en

place du collier ;

  • • Il dégage les vêtements au niveau de la base du cou lorsque leur volume ou leur

position peut limiter l’efficacité ou gêner la mise en place du collier ;

  • • Il choisit la taille du collier en respectant les recommandations du fabricant (fig. 8.8-b).

La hauteur du collier cervical doit être égale à la distance qui sépare le menton du haut

du sternum de la victime (ce réglage se fera en fonction du modèle utilisé) ;

  • • Il glisse la partie arrière du collier sous la nuque de la victime (fig. 8.8-c) en dégageant

la ou les bandes auto-agrippantes ;

  • • Il positionne ensuite la partie avant du collier afin d’obtenir un bon appui mentonsternum

(fig. 8.8-d) ;

  • • Il ajuste ensuite la hauteur du collier, si c’est possible (selon le modèle), et fixe les

sangles (fig. 8.8-e) ;

  • • Après la pose du collier cervical, la tête reste maintenue à deux mains par un équipier

secouriste dans l’attente d’une immobilisation sur un plan dur avec immobilisateur de

tête ou sur un matelas immobilisateur à dépression (fig. 8.8-f).

a b

Figure 8.7 : Colliers cervicaux de différentes tailles - (a) En une partie, (b) En deux parties

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 10 Les immobilisations

c d

e f

Figure 8.8 : Mise en place d’un collier cervical

4.2 Victime assise ou debout

  • • Le premier intervenant se place derrière la tête de la victime et la maintient dans

l’alignement en position neutre (fig. 8.9-a) ;

  • • Le deuxième intervenant dégage les vêtements au niveau de la base du cou ;
  • • Il choisit la taille et prépare le collier (fig. 8.9-b) ;
  • • Il positionne ensuite la partie avant du collier afin d’obtenir un bon appui mentonsternum

(fig. 8.9-c) ;

  • • Il entoure le cou de la victime avec le collier et fixe les bandes auto-agrippantes (fig.

8.9-d et e) ;

  • • Après la pose du collier cervical, la tête reste maintenue, à deux mains, par l’équipier

secouriste placé derrière la victime (fig. 8.9-f).

a b

c d

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 11 Janvier 2007

e f

Le retrait d’un collier cervical ne peut être fait que sur l’indication et en présence d’un

médecin.

5. Risques

Une fois la tête ramenée en position neutre, tout mouvement de la tête de la victime au cours

de la mise en place du collier cervical doit être proscrit pour éviter une aggravation d’un

traumatisme de la moelle épinière.

Si le collier cervical n’est pas de taille adaptée au cou de la victime, celui ci peut :

  • • S’il est trop petit, permettre la flexion ;
  • • S’il est trop grand, permettre des mouvements de bascule de la tête ;
  • • S’il est trop serré, comprimer la trachée et les vaisseaux du cou.

Le collier cervical ne limite pas en totalité les mouvements de rotation et de latéralité de la

nuque. C’est pourquoi, il doit toujours être associé à un maintien manuel ou à un système

d’immobilisation plus efficace (plan dur avec immobilisateur de tête, attelle cervico-thoracique,

matelas immobilisateur à dépression).

6. Evaluation

Le collier doit être de taille adaptée.

Une fois mis en place, la mandibule et le sternum en avant, le haut du dos et la base de la tête

en arrière, les clavicules et les épaules (près du cou) doivent être en contact avec le collier (fig.

8.10).

Figure 8.9 : Mise en place d’un collier cervical

Figure 8.10 : Points de contact du collier cervical

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 12 Les immobilisations

7. Procédure d’entretien des colliers cervicaux réutilisables

Le collier doit être :

  • • Nettoyé à l’eau savonneuse et rincé ;
  • • Désinfecté en respectant les règles d’hygiène ;
  • • Rangé dans un sac de protection.

8. Points clés

  • • La mise en place du collier se fait :

􀂃 Sur une tête en position neutre ;

􀂃 Sans bouger la tête de la victime.

  • • Le collier est de taille adaptée à la victime (points de contact).
  • • La tête est maintenue après la pose jusqu'à immobilisation complète.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 13 Janvier 2007

TECHNIQUE 8.3 – METTRE EN PLACE UNE ATTELLE CERVICO-THORACIQUE

1. Justification

L’attelle cervico-thoracique permet de respecter l’axe « tête-cou-tronc » et limite toute

aggravation au cours des manipulations nécessaires à l’immobilisation de la victime sur un plan

dur ou un matelas immobilisateur à dépression.

2. Indications

L’attelle cervico-thoracique est utilisée pour immobiliser la tête et la nuque d’une victime assise

ou dans un espace restreint, lorsqu’un traumatisme de la colonne vertébrale est suspecté,

avant d’allonger la victime et de l’immobiliser complètement sur un plan dur.

3. Matériel

L’attelle cervico-thoracique (ACT) est composée (fig. 8.11) :

  • • D’un corset semi-rigide (dans le sens

de la hauteur), constitué d’une bande

thoracique (corset) reliée à un rabat

de tête ;

  • • De 3 sangles thoraciques ;
  • • De 2 sangles de cuisse ;
  • • De poignets de portage ;
  • • D’un coussin de tête ;
  • • De sangles de maintien de la tête au

niveau du front et du menton ;

  • • D’un sac de rangement.

4. Réalisation

La mise en place d’une ACT nécessite 3 équipiers secouristes :

  • • Un équipier maintient la tête de la victime pendant toute la manoeuvre (équipier 1) ;
  • • Deux équipiers se placent de part et d’autre de la victime pour installer l’attelle

(équipier 2 et 3).

Dès que la décision de la mise en place de l’ACT est ordonnée, la conduite à tenir est la

suivante :

  • Equipier 1 : Après avoir mis en place un collier cervical, poursuivre le maintien de la

tête de la victime en position neutre, dans l’axe du tronc (fig. 8.12 a) ;

  • Equipier 2 : Contrôler la motricité et la sensibilité de l’extrémité de chaque membre (fig.

8.12 b) ;

  • Equipiers 2 et 3 : Décoller légèrement la victime du dossier du siège tout en

maintenant l’axe « tête-cou-tronc », et examiner le dos de la victime (fig. 8.12 c) ;

  • Equipier 2 : Insérer l’ACT, extrémité de la tête en premier, entre le dos de la victime et

le dossier du siège, sans toucher les avant-bras de l’équipier qui maintient la tête de la

victime (fig. 8.12 d) ;

Figure 8.11

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 14 Les immobilisations

  • • Centrer l’ACT derrière la victime (axe de la colonne vertébrale) tout en glissant les

parties mobiles du corset sous les bras de la victime (partie supérieure des bandes

thoraciques au contact des aisselles) (fig. 8.12 e) ;

  • • Maintenir la bande thoracique en attachant la sangle thoracique du milieu, puis

inférieure et supérieure (fig. 8.12 f). Chez l’enfant, il est possible de rouler une

couverture devant le thorax et l’abdomen, si l’ACT est trop grande ;

  • • Attacher les sangles de cuisse, en passant sous les cuisses. Les sangles peuvent

éventuellement être croisées devant le pubis, s’il n’y a pas de traumatisme à ce niveau

(fig. 8.12 g). Serrer alors l’ensemble des sangles ;

  • • Combler l’espace situé entre la bande de tête et la partie postérieure de la tête de la

victime avec le coussin plié, si nécessaire (fig. 8.12 h) ;

  • • Maintenir les bandes de chaque côté de la tête par les deux sangles, dont une prend

appui sur le front de la victime et l’autre sous le menton, sur la partie haute et rigide du

collier cervical (fig. 8.12 i) ;

  • • Ajuster et resserrer, si nécessaire, les différentes fixations de façon à ce que l’attelle ne

glisse pas au cours du déplacement ou relevage de la victime, tout en évitant de

comprimer le thorax et de limiter les mouvements respiratoires ;

  • • Contrôler la motricité et la sensibilité de l’extrémité de chaque membre à l’issue de la

mise en place de cette attelle (fig. 8.12 j).

NB : Une fois immobilisée, la victime peut être allongée délicatement sur un brancard, un plan

dur ou un matelas immobilisateur à dépression. La victime sera saisie par les poignées de

l’ACT et au niveau des membres inférieurs pour être allongée.

a b

c d

e f

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 15 Janvier 2007

g h

i j

Cas particuliers

  • • Chez la femme enceinte, au cours des derniers mois de la grossesse, ne pas serrer la

sangle thoracique inférieure ;

  • • Chez une victime qui présente un traumatisme du thorax, ne pas serrer la sangle

thoracique supérieure pour ne pas limiter la respiration de la victime ;

  • • Chez une victime qui présente une suspicion de fracture du fémur, ne pas placer la

sangle de cuisse correspondante.

5. Risques

Mobilisation du rachis ou des membres inférieurs lors de la mise en place du coussin de tête,

de l’attelle ou des sangles.

6. Evaluation

Correctement installée, l’axe « tête-cou-tronc » de la victime est parfaitement maintenu.

7. Points clés

La mise en place de l’ACT se fait :

  • • Sur une tête en position neutre ;
  • • Sans bouger la tête de la victime par rapport au tronc.

L’ACT est correctement installée si :

  • • Elle prend appuie sous les aisselles de la victime.
  • • Elle est suffisamment serrée pour ne pas bouger ;
  • • La colonne vertébrale repose sur l’attelle ;
  • • La tête de la victime est immobilisée en position neutre.

Figure 8.12 : Mise en place d’une attelle cervico-thoracique

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 16 Les immobilisations

TECHNIQUE 8.4 – UTILISER UN PLAN DUR ET UN IMMOBILISATEUR DE TÊTE

1. Justification

En immobilisant le corps entier (et la tête) d’une victime, le plan dur permet de respecter son

axe « tête-cou-tronc » et limite toute aggravation d’une éventuelle lésion de la moelle épinière

au cours de la mobilisation ou du transport d’une victime.

2. Indications

Le plan dur avec immobilisateur de tête est utilisé pour immobiliser la colonne vertébrale d’une

victime, suspectée d’un traumatisme de la colonne vertébrale.

Le plan dur peut être utilisé pour immobiliser une victime qui est allongée sur le dos ou debout

et en assurer son transport.

Il peut aussi être utilisé pour relever une victime allongée au sol dans un espace étroit avant de

la déplacer.

3. Matériel (fig. 8.13)

3.1 Le plan dur est constitué :

  • • D’un plan rectangulaire, de dimension

similaire à une personne, en PVC, si

possible radio-transparent, et résistant à

l’eau (l’absorption de liquide biologique ou

de sang par le matériel ne doit pas être

possible pour éviter la transmission de

germes infectieux). Ce plan dur est équipé

de poignées de portage ;

  • • De sangles de maintien pour immobiliser la

victime au niveau du thorax, du bassin et

des membres inférieurs.

3.2 L’immobilisateur de tête est composé de :

  • • Un coussin de tête, fixé sur le plan dur ;
  • • 2 blocs d’immobilisation latéraux ;
  • • 2 sangles de maintien de la tête au niveau du front et du menton.

4. Réalisation

4.1 Victime allongée sur le dos

La technique idéale d’installation d’une victime allongée sur le dos sur un plan dur est la

technique de roulement au sol de la victime à 3 ou 4 équipiers secouristes. Un aide,

informé au préalable (témoin), peut jouer le rôle du 4ème intervenant secouriste ; il est alors

placé au pied de la victime.

D’autres techniques sont néanmoins utilisables comme la technique dite « du pont à 3 ou 4

porteurs » ou en s’aidant d’un brancard cuillère.

Figure 8.13

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 17 Janvier 2007

La manoeuvre est guidée par l’équipier secouriste qui est placé à la tête de la victime et qui est

chargé de veiller au respect de l’axe « tête-cou-tronc ».

La victime doit être maintenue les bras le long du corps, face palmaire des mains sur les

cuisses. En aucun cas, le membre supérieur du côté du retournement ne doit être placé audessus

de la tête car ce déplacement entraîne un mouvement au niveau de la colonne

vertébrale.

  • Equipier 1 : Après avoir mis en place un collier cervical, poursuivre le maintien de la

tête de la victime en position neutre, dans l’axe du tronc (fig. 8.14 a) ;

  • • Contrôler la motricité et la sensibilité des extrémités et placer la face palmaire des

mains de la victime sur ses cuisses ;

  • Equipier 2 : Placer le plan dur, équipé de l’immobilisateur de tête, le long de la victime,

du côté opposé au retournement (fig. 8.14 b). Si la victime est allongée sur un sol dur

(goudron…) mettre contre elle, du côté du retournement, un rembourrage de 3 à 4 cm

d’épaisseur (couverture pliée) ;

  • Equipiers 2 et 3 (éventuellement 4) : Se placer à genoux, du côté du retournement, à

quelques centimètres du blessé, au niveau du thorax, du bassin et des genoux de la

victime.

  • Equipiers 2 et 3 (éventuellement 4) : Saisir la victime du côté opposé au retournement,

au niveau de l’épaule, du bassin et des membres inférieurs qui doivent rester alignés.

La main de la victime peut être bloquée contre le haut de la cuisse de la victime par la

main d’un équipier secouriste (fig. 8.14 c) ;

  • Equipiers 2 et 3 (éventuellement 4) : Sur les ordres de l’équipier 1, assurer, en tirant,

une rotation de la victime sur son côté. Lors de cette rotation, les équipiers secouristes

doivent garder les bras tendus et utiliser le poids de leur corps pour donner de la force à

leur mouvement. La rotation de la victime se fait lentement et d’un bloc alors que

l’équipier de tête accompagne le mouvement pour garder la tête du blessé dans l’axe

du tronc (fig. 8.14 d) ;

  • • Interrompre la rotation dés que la victime est sur le côté pour pouvoir glisser le plan dur

sous son dos.

  • Equipier 2 : Examiner rapidement le dos de la victime tant qu’elle est sur le côté

(enlever les morceaux de verre qui pourraient la blesser) et glisser le plan dur sous son

dos (fig. 8.14 d), en lui donnant une inclinaison de façon à ce qu’il vienne se plaquer

contre le blessé ; le maintenir dans cette position (s’assurer que le plan dur est bien

centré sur la hauteur de la victime) (fig. 8.14 e).

  • Equipiers 2 et 3 (éventuellement 4) : Reposer la victime et le plan dur délicatement sur

le sol (fig. 8.14 f) ;

  • • Repositionner la victime au centre du plan dur en la faisant glisser, si nécessaire (fig.

8.14 g) ;

  • Equipier 2 : Solidariser la tête de la victime au plan dur en plaçant successivement :

􀂃 Les blocs immobilisateurs latéraux de chaque côté de la tête (fig. 8.14 h) ;

􀂃 La sangle de fixation frontale puis mentonnière (fig. 8.14 i). L’équipier secouriste

de tête peut alors relâcher le maintien de la tête.

  • • Solidariser la victime sur le plan dur en utilisant des sangles au niveau de la partie

supérieure du tronc du bassin et des membres inférieurs (fig. 8.14 j), en s’aidant

éventuellement d’une couverture roulée entre les jambes ;

  • • Contrôler et réajuster, si nécessaire, les différentes fixations ;
  • • Contrôler la motricité et la sensibilité des extrémités.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 18 Les immobilisations

Commandements

  • • L’équipier 1 (qui est à la tête de la victime) : « Etes-vous prêt ? » ;
  • • Les autres équipiers secouristes : « Prêt ! » ;
  • • L’équipier 1 : « Attention pour tourner… tourner ! » ;
  • • L’équipier 1 : « Glissez le plan dur ! » ;
  • • L’équipier 2 : « Plan dur en position ! » ;
  • • L’équipier 1 : « Attention pour poser… poser ! » ;

a b

c d

e f

g h

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 19 Janvier 2007

i j

Figure 8.14 : Installation d’un blessé sur un plan dur

4.2 Victime allongée sur le ventre

La technique de retournement d’une victime allongée sur le ventre et suspectée d’une lésion de

la colonne vertébrale est similaire à celle ci-dessus. C’est à dire que le principe de

retournement, la position des équipiers secouristes et la position des mains sont identiques.

La manoeuvre est guidée par l’équipier secouriste qui est placé à la tête de la victime.

Cependant, dans ce cas, la tête est toujours en position latérale et doit être ramenée en

position neutre pendant le retournement de la victime. La mise en place du collier cervical ne

pourra se faire que lorsque la victime aura été retournée et allongée sur le plan dur.

  • Equipier 1 : Maintenir la tête de la victime avec deux mains (prise fronto-occipitale) (fig.

8.15 a) ;

  • • La victime sera retournée du côté opposé à son regard ;
  • • Glisser les mains de la victime sous ses cuisses (paume contre face avant des

cuisses) ;

  • • Installer contre la victime, du côté du retournement, un rembourrage de 3 à 4 cm

d’épaisseur (couverture pliée) (fig. 8.15 b et c) ;

  • • Placer le plan dur, équipé de l’immobilisateur de tête, à 10 cm environ le long de la

victime du côté du retournement (fig. 8.15 d).

  • Equipiers 2 et 3 (éventuellement 4) : se placer à genoux sur le plan dur, du côté du

retournement, et saisir la victime au niveau de l’épaule, de la hanche et des membres

inférieurs (fig. 8.15 e) ;

  • Equipiers 2 et 3 (éventuellement 4) : Sur les ordres de l’équipier 1, assurer, en tirant,

une rotation de la victime pour l’amener sur son côté (perpendiculaire au sol). Lors de

cette rotation, l’équipier 1 accompagne le mouvement de la tête qui effectue une

rotation moindre que le corps pour la ramener en position neutre (fig. 8.15 f).

  • • Une fois la victime sur le côté, les équipiers secouristes dégagent un à un leurs genoux

hors du plan dur pour les appuyer sur le sol contre le plan dur (fig. 8.15 g).

  • • Poursuivre la rotation de la victime dans la même direction que précédemment pour

amener la victime en position allongée sur le dos sur le plan dur (fig. 8.15 h).

  • • Mettre en place un collier cervical, immobiliser la tête et le corps sur le plan dur.

Commandements

  • • L’équipier 1 (qui est à la tête de la victime) : « Etes-vous prêt ? » ;
  • • Les autres équipiers secouristes : « Prêt ! » ;

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 20 Les immobilisations

  • • L’équipier 1 : « Attention pour tourner… tourner ! » ;
  • • L’équipier 1 : « Halte ! » (Victime sur le côté) ;
  • • L’équipier 1 : « Dégagez le plan dur… en position… ! » ;
  • • L’équipier 1 : « Attention pour continuer à tourner … tourner ! ».

a b

c d

e f

4.3 Victime en position debout

Dans un grand nombre de cas, les victimes sont retrouvées debout, après avoir effectué une

chute ou après un accident de la circulation.

Si la victime est suspectée d’un traumatisme du rachis, il est absolument nécessaire d’effectuer

son immobilisation sur un plan dur, avant de l’allonger.

La technique d’installation d’une victime debout sur un plan dur se fait à 3 équipiers

secouristes.

  • Equipier 1 : Après avoir mis en place un collier cervical, poursuivre le maintient la tête

de la victime en position neutre, dans l’axe du tronc en se plaçant devant la victime ;

Figure 8.15 : Retournement d’une victime sur un plan dur

Rembourrage

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 21 Janvier 2007

  • Equipier 2 : Placer le plan dur, équipé du bandeau de tête, directement dans le dos de

la victime et vérifier que rien ne peut gêner la bascule au sol du plan dur ;

  • Equipier 2 : Saisir le plan dur dans sa partie supérieure (fig. 8.16 a) ;
  • • Sangler la victime au niveau de la partie supérieure du thorax et du bassin ;
  • Equipiers 1 et 3 : Se placer de part et d’autre de la victime, maintenir le plan dur avec

une main, en passant les avant-bras sous les aisselles de la victime, et la tête de la

victime avec l’autre main (située à l’avant du plan dur) (fig. 8.16 b) ;

  • Equipiers 1 à 3 : Aux ordres de l’équipier 2, allonger la victime, en basculant en arrière

le plan dur et la victime dans la direction de l’équipier qui maintient le plan dur (fig. 8.16

c). Pendant cette bascule, il faut s’assurer que la tête de la victime reste au contact du

plan dur et dans l’axe du tronc. Pour cela, il faut accompagner le mouvement

d’allongement de la victime et ne jamais lâcher la tête (fig. 8.16 d).

  • • Dés que la victime est au sol, poursuivre son examen et son immobilisation, comme

précédemment.

Commandements

  • • L’équipier 1 (qui est à la tête de la victime) : « Etes-vous prêt ? » ;
  • • Les autres équipiers secouristes : « Prêt ! » ;
  • • L’équipier 1 : « Attention pour basculer… basculer ! » ;
  • • L’équipier 1 : « Poser ! ».

a b

c d

Figure 8.16 : Immobilisation d’un blessé en position debout sur un plan dur (variante)

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 22 Les immobilisations

5. Risques

Correctement installée sur un plan dur, une victime suspectée d’un traumatisme de la colonne

vertébrale est immobilisée. Le contrôle de la motricité et de la sensibilité avant et après la

manoeuvre doit permettre de détecter toute aggravation.

Toutefois, il convient, chez la femme enceinte ou chez une victime qui présente un traumatisme

du thorax, d’éviter une aggravation en serrant trop fortement les sangles de fixation.

6. Evaluation

Correctement réalisée, l’immobilisation d’une victime sur un plan dur ne doit pas entraîner

d’apparition de signe d’aggravation d’une lésion de la colonne vertébrale.

Une victime est correctement installée sur un plan dur si :

  • • Aucun mouvement de la tête n’est permis ;
  • • L’axe « tête-cou-tronc » est maintenu ;
  • • Le corps de la victime est correctement solidarisé au plan dur, équipé d’un

immobilisateur de tête ; lors de toute mobilisation, la victime ne peut glisser ni vers le

haut, ni vers le bas ni sur le côté ;

  • • Les sangles ne gênent pas la respiration de la victime ;
  • • L’immobilisation n’a pas entraîné d’apparition de signe d’aggravation d’une lésion de la

colonne vertébrale.

7. Points clés

  • • L’immobilisation se fait en maintenant l’axe « tête-cou-tronc » de la victime.
  • • L’immobilisation est correcte si :

􀂃 Aucun mouvement de la tête n’est permis (immobilisateur de tête) ;

􀂃 La victime est immobilisée dans l’axe « tête-cou-tronc » ;

􀂃 La victime ne peut glisser ni vers le haut, ni vers le bas ni sur le côté (sangles) ;

􀂃 Les sangles ne gênent pas la respiration de la victime.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 23 Janvier 2007

TECHNIQUE 8.5 – UTILISER UN MATELAS IMMOBILISATEUR À DÉPRESSION

1. Justification

En immobilisant en bloc le corps d’une victime, le matelas immobilisateur à dépression permet

de respecter son axe « tête cou tronc » et limite toute aggravation d’une éventuelle lésion de la

moelle épinière et du bassin. Il permet en outre d’immobiliser les membres inférieurs.

2. Indications

Le matelas immobilisateur à dépression est utilisé pour immobiliser le corps entier d’une

victime, suspectée d’un traumatisme de la tête, de la colonne vertébrale, du bassin et/ou de la

cuisse. Il est particulièrement indiqué si la victime présente de multiples lésions.

3. Matériel

Le matelas immobilisateur à dépression est constitué (fig. 8.17 a) :

  • • D’une enveloppe souple et étanche contenant des billes de polystyrène expansé ;
  • • D’un robinet permettant la sortie et l’entrée de l’air ;
  • • D’un dispositif de saisie (poignées) ;
  • • De sangles de maintien.

Il ne peut être utilisé qu’avec une pompe d’aspiration manuelle ou électrique (fig. 8.17 b).

Son principe de fonctionnement consiste, une fois la victime installée sur le matelas

immobilisateur à dépression, à aspirer l’air contenu dans l’enveloppe étanche. Cette aspiration

provoque une agglutination des petites billes qui moule et rigidifie le matelas, immobilisant ainsi

la victime.

a b

4. Réalisation

L’installation d’une victime sur le matelas immobilisateur à dépression est effectuée en utilisant :

  • • Un brancard cuillère ou un plan dur (techniques 9.4 ou 9.5) ;
  • • La technique dite du pont à 4 équipiers porteurs (technique 9.4).

Figure 8.17 : Immobilisateur à dépression (a) et sa pompe à dépression (b)

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 24 Les immobilisations

Dès que la mise en place du matelas immobilisateur à dépression est ordonnée, la conduite à

tenir est la suivante :

  • • Préparer le matelas immobilisateur à dépression en l’étalant au sol (surface plane),

éventuellement sur une bâche de protection (valve située aux pieds de la victime) ;

  • • Ouvrir le robinet et répartir les billes (fig. 8.18 a) ;
  • • Mettre en place un drap ou une couverture de survie (fig. 8.18 b) ;
  • • Déposer la victime sur le matelas, en utilisant une technique de relevage adaptée, et

retirer le dispositif de portage, si nécessaire (fig. 8.18 c).

Pendant toute la manoeuvre, la victime est munie d’un collier cervical et sa tête est

maintenue par un équipier secouriste jusqu'à ce qu’elle soit immobilisée dans le matelas.

  • • Mettre en forme le matelas autour du corps de la victime. Les autres équipiers, situés

de part et d’autre du matelas :

􀂃 Rapprochent et maintiennent les bords latéraux le long du tronc et du bassin de la

victime en s’aidant des sangles de maintien du matelas (fig. 8.18 e) ;

􀂃 Rapprochent les bords du matelas pour maintenir latéralement la tête de telle

sorte que l’équipier de tête dégage, une à une, ses mains pour les placer sur le

matelas et poursuive le maintien de la tête jusqu’à ce que le matelas soit rigide

(fig. 8.18 d) ;

􀂃 Rapprochent et maintiennent les bords latéraux le long des membres inférieurs,

en prenant soin de garder les chevilles à angle droit (fig. 8.18 f). Le matelas ne

doit en aucun cas appuyer sur le sommet du crâne car l’aspiration de l’air

entraînerait par rétraction une flexion de la tête.

  • • Faire le vide à l’intérieur du matelas, en aspirant l’air avec un dispositif d’aspiration,

jusqu'à ce que le matelas devienne dur (fig. 8.18 g) ;

  • • Fermer le robinet et déconnecter le dispositif d’aspiration ;
  • • Ajuster les sangles de maintien.

Une fois la victime installée sur le matelas à dépression, l’ensemble « victime-matelas » doit

être déposé sur un brancard disposé à proximité immédiate et arrimé pour permettre le

transport de la victime.

Toutefois, le matelas immobilisateur à dépression peut être utilisé, une fois rigidifié, pour porter

sur quelques mètres seulement une victime. Il faut alors bien le soutenir sur les côtés pour

qu’il ne se plie pas en son milieu.

a b

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 25 Janvier 2007

c d

e f

g

Figure 8.18 : Immobilisation dans un

matelas à dépression

5. Risques

Correctement installée sur un matelas à dépression, une victime, suspectée d’un traumatisme

de la colonne vertébrale ou de multiples fractures, est immobilisée. Malgré tout, l’équipier

secouriste doit, en permanence, surveiller la rigidité du matelas. En effet, toute piqûre ou

déchirure, de même que la vétusté ou le non-entretien du matelas, peut entraîner une perte de

rigidité immédiate. La victime n’est, alors, plus immobilisée.

6. Entretien

Après usage, le matelas doit être :

  • • Lavé avec de l’eau savonneuse ou un détergent adapté ;
  • • Séché ;
  • • Désinfecté à l’aide d’un désinfectant adapté (voir partie sur l’hygiène et asepsie).

Contrôler régulièrement le bon fonctionnement (mise sous vide) du matelas immobilisateur à

dépression.

Le matelas doit être stocké et protégé, si possible, dans un sac résistant. Il ne doit pas être

placé en permanence sur le brancard car son utilisation comme matelas souple risque d’altérer

rapidement son enveloppe étanche.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 26 Les immobilisations

7. Evaluation

Correctement réalisée l’immobilisation d’une victime sur un matelas immobilisateur à

dépression ne doit pas entraîner d’apparition de signe d’aggravation d’une lésion de la colonne

vertébrale.

8. Points clés

  • • L’immobilisation se fait en maintenant l’axe « tête-cou-tronc » de la victime.
  • • L’immobilisation est correcte si :

􀂃 Aucun mouvement de la tête n’est permis ;

􀂃 La victime est immobilisée dans l’axe « tête-cou-tronc » ;

􀂃 La victime ne peut glisser, ni vers le haut, ni vers le bas ni sur le côté ;

􀂃 Les sangles ne gênent pas la respiration de la victime.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 27 Janvier 2007

TECHNIQUE 8.6 – UTILISER DES ATTELLES MODELABLES

1. Justification

L’immobilisation, à l’aide d’une attelle modelable, limite les mouvements du membre traumatisé,

diminue la douleur et prévient la survenue de complications.

2. Indications

Les attelles modelables sont utilisées pour assurer l’immobilisation d’un membre supérieur ou

inférieur traumatisé, à l’exception de la cuisse ou de la hanche.

3. Matériel

3.1 Attelles de « KRAMER »

Attelles constituées de tiges de métal soudées et plastifiées, en forme « d’échelle », malléables

et adaptables au membre fracturé. Il en existe de plusieurs longueurs et largeurs (fig. 8.19).

Ces attelles nécessitent un habillage préalable de façon à les rendre moins traumatisantes et

d’éviter un contact direct du membre avec le métal.

a b

3.2 Attelles modelable en alliage, doublées de mousse de type « Aluform »®

Elles sont composées (fig. 8.20) de :

  • • Une armature en aluminium ou autre alliage ;
  • • Un rembourrage assuré par une mousse épaisse ;
  • • Une enveloppe en polystyrène dont la face au contact du membre est lavable ;
  • • Des bords rabattables permettant de former une gouttière ;
  • • Un système de fixation par sangles auto-aggripantes.

Il existe différents types d’attelles en alliage, suivant la zone traumatisée, et pour l’enfant.

Figure 8.20 a Figure 8.20 b

Figure 8.19 : Attelles de Kramer sans (a) et avec rembourrage (b)

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 28 Les immobilisations

4. Réalisation

4.1 Immobilisation à l’aide d’une attelle de « Kramer »

Les attelles de « Kramer » sont utilisées pour les immobilisations de l’avant-bras, du poignet ou

de la main. Elles ne sont utilisées qu’en l’absence de matériel plus adapté, pour les

traumatismes du membre inférieur situés en dessous du genou. Dans ce cas, elles sont

utilisées par deux et placées de part et d’autre du membre blessé pour prévenir sa mobilisation.

Le membre blessé est maintenu par un équipier secouriste au niveau de l’articulation sus et

sous jacente au traumatisme, éventuellement après réalignement, jusqu'à la mise en place de

l’attelle (fig. 8.21 a à c).

  • Equipier 2 : Choisir une attelle de longueur convenable et la préparer ;
  • • Placer la ou les attelles de part et d’autre du segment traumatisé en prenant soin

d’englober l’articulation sus et sous jacente ;

  • • Si nécessaire, rembourrer les espaces libres entre l’attelle et le membre blessé pour

qu’il existe un contact permanent ;

  • • Maintenir la ou les attelles au membre blessé à l’aide de liens larges ou,

éventuellement, d’une bande ;

  • • Pour le membre supérieur, maintenir l’ensemble à l’aide d’une écharpe simple, si

nécessaire ;

  • • Vérifier la qualité de l’immobilisation (cf. évaluation ci-après) et l’état de l’extrémité du

membre.

a b

c

Figure 8.22 : Immobilisation d’une atteinte

de la jambe et de la cheville à l’aide

d’attelles de Kramer

4.2 Immobilisation à l’aide d’une attelle modelable

L’attelle modelable en alliage léger est utilisée pour les immobilisations du membre supérieur en

dessous du coude et du membre inférieur en dessous du genou.

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 29 Janvier 2007

4.2.1 Pour le membre supérieur

Le membre blessé est maintenu par un équipier secouriste au niveau de l’articulation sus et

sous jacente au traumatisme, éventuellement après réalignement, jusqu'à la mise en place de

l’attelle.

  • Equipier 2 : Choisir l’attelle adaptée et de longueur convenable et lui donner la forme

attendue (fig. 8.23 a).

Publicité
p>
  • • Placer l’attelle contre le segment traumatisé en prenant soin d’englober l’articulation sus

et sous jacente puis rabattre ses côtés pour lui donner la forme d’une gouttière.

L’équipier secouriste, qui soutient le membre blessé, peut alors déplacer ses mains

pour maintenir l’attelle contre le membre (fig. 8.23 b).

  • • Maintenir l’attelle en position à l’aide des sangles auto-agrippantes (fig. 8.23 c).
  • • Maintenir, si nécessaire, l’ensemble à l’aide d’une écharpe simple nouée autour du cou

(fig. 8.23 d).

  • • Vérifier la qualité de l’immobilisation (cf. évaluation ci-après) et l’état de l’extrémité du

membre.

a b

c d

4.3.2 Pour le membre inférieur

Le membre blessé est maintenu par deux équipiers secouristes au niveau des articulations sus

et sous jacente au traumatisme, éventuellement après réalignement, jusqu'à la mise en place

de l’attelle.

  • Equipier 3 : Choisir l’attelle adaptée et de longueur convenable et lui donner la forme

attendue ;

  • Equipiers 1 et 2 : Soulever de quelques centimètres et en exerçant une traction douce

au niveau de la cheville le membre inférieur pour permettre le passage de l’attelle ;

Figure 8.23 : Immobilisation de l’avant bras à l’aide d’une attelle modelable

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 30 Les immobilisations

  • Equipier 3 : Glisser l’attelle sous le membre traumatisé, en prenant soin d’englober

l’articulation sus et sous jacente(fig. 8.24 a).

  • Equipiers 1 et 2 : Déposer le membre sur l’attelle et le maintenir pendant que l’équipier

3 rabat ses côtés et le volet d’extrémité du pied pour lui donner la forme d’une gouttière

(fig. 8.24 b).

  • • Les équipiers qui soutiennent le membre blessé peuvent alors déplacer leurs mains

pour maintenir l’attelle contre le membre (fig. 8.24 c),

  • • Maintenir l’attelle en position à l’aide des sangles auto-agrippantes (fig. 8.24 d et e).
  • • Vérifier la qualité de l’immobilisation et l’état de l’extrémité du membre.

a b

c d

e f

Figure 8.24 : Immobilisation du membre inférieur à l’aide d’une attelle modelable

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 31 Janvier 2007

5. Risques

La réalisation d’une immobilisation d’un membre traumatisé à l’aide d’une attelle peut provoquer

une mobilisation de celui-ci si la procédure de mise en place n’est pas respectée et entraîner

douleur et complications.

6. Evaluation

La mise en place d’une attelle immobilise la fracture et diminue la douleur.

7. Points clés

  • • Le membre traumatisé est maintenu jusqu’à immobilisation complète.
  • • Le segment blessé et les articulations sus et sous jacentes sont immobilisés par

l’attelle.

  • • L’attelle est correctement fixée.
  • • L’attelle n’entraîne pas de compression (circulation d’aval correcte).

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 32 Les immobilisations

TECHNIQUE 8.7 – UTILISER UNE ATTELLE À DÉPRESSION

1. Justification

L’immobilisation à l’aide d’une attelle à dépression limite, comme les autres attelles, les

mouvements du membre traumatisé, diminue la douleur et prévient la survenue de

complications.

2. Indications

Les attelles à dépression sont utilisées pour assurer l’immobilisation du coude, de l’avant bras

et du poignet pour le membre supérieur et du genou, de la jambe et de la cheville pour le

membre inférieur.

3. Matériel

L’attelle à dépression est constituée :

  • • D’une enveloppe étanche à l’air et souple contenant des billes de polystyrène expansé

(fig. 8.25 a) ;

  • • D’une valve d’admission de l’air (entrée et sortie) sur laquelle s’adapte un dispositif

d’aspiration de l’air (fig. 8.25 b) ;

  • • De sangles de maintien.

Elle n’est utilisée qu’avec une pompe d’aspiration manuelle ou électrique. Son principe de

fonctionnement est identique à celui du matelas à dépression.

a b

4. Réalisation

  • • Maintenir le membre blessé, après réalignement si nécessaire, au niveau de

l’articulation sous et sus jacente au traumatisme, jusqu'à la mise en place de l’attelle

(fig. 8.26 a) ;

  • Equipier 2 : Préparer l’attelle à dépression en répartissant également toutes les billes

et en ouvrant la valve d’admission de l’air ;

  • • Soulever de quelques centimètre, en exerçant une traction douce au niveau de son

extrémité, le membre pour permettre le passage de l’attelle ;

  • • Glisser l’attelle sous le membre traumatisé en prenant soin d’englober l’articulation sus

et sous jacente (fig. 8.26 b) ;

Figure 8.25 : Attelles à dépression, membre supérieur et inférieur (a) et valve d’aspiration (b)

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 33 Janvier 2007

  • • Déposer le membre sur l’attelle et le maintenir pendant que l’on rabat l’attelle de part et

d’autre du membre pour lui donner la forme d’une gouttière (fig. 8.26 c) ;

  • • Déplacer les mains qui soutiennent le membre blessé pour maintenir l’attelle contre le

membre (fig. 8.26 d) ;

  • • Faire le vide à l’intérieur de l’attelle en aspirant l’air jusqu'à ce que l’attelle devienne

dure (fig. 8.26 e) ;

  • Equipier 2 : Fermer la valve et déconnecter le dispositif d’aspiration ;
  • • Vérifier la bonne immobilisation et l’état de l’extrémité du membre (fig. 8.26 f).

a b

c d

e f

Figure 8.26 : Mise en place d’une attelle à dépression au niveau du membre inférieur

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 34 Les immobilisations

Le principe de mise en place de l’attelle à dépression est identique pour le membre inférieur et

le membre supérieur (fig. 8.27).

5. Risques

La réalisation d’une immobilisation à l’aide d’une attelle d’un membre traumatisé peut provoquer

une mobilisation de celui-ci si la procédure de mise en place n’est pas respectée et entraîner

une douleur et des complications.

6. Evaluation

La mise en place d’une attelle immobilise la fracture et diminue la douleur.

7. Points clés

  • • Le membre traumatisé est maintenu jusqu’à immobilisation complète.
  • • Le segment blessé et les articulations sus et sous jacentes sont immobilisés par

l’attelle.

  • • L’attelle est correctement fixée.
  • • L’attelle n’entraîne pas de compression (circulation d’aval correcte).

Figure 8.27 : Attelle à dépression pour immobiliser un traumatisme du membre supérieur

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 35 Janvier 2007

TECHNIQUE 8.8 – UTILISER UNE ATTELLE EN TRACTION

1. Justification

L’immobilisation est obtenue en exerçant une traction sur le membre traumatisé.

Cette immobilisation limite les mouvements du membre traumatisé, diminue la douleur et

prévient la survenue de complications.

2. Indications

Les attelles en traction sont utilisées pour assurer l’immobilisation des traumatismes de la

cuisse et des 2/3 supérieurs de la jambe.

Elles ne peuvent être installées que sur un membre réaligné. Elles ne peuvent pas être utilisées

si :

  • • Les deux membres inférieurs sont atteints (préférer alors le matelas à dépression) ;
  • • Il existe un traumatisme de la cheville ou du pied ;
  • • Il existe un traumatisme du bassin ou de la partie inférieure du dos.

L’attelle en traction ne peut être mise en place qu’à la demande et en présence d’un

médecin.

3. Matériel

L’attelle décrite dans cette technique est l’attelle en traction pneumatique dite de « DONWAY »

(fig. 8.28 a). Elle est composée :

  • • D’une partie supérieure, constituée de deux barres métalliques réunies par deux

sangles dont l’une, rembourrée et réglable, constitue l’anneau de blocage du bassin, et

l’autre plus large soutient la cuisse ;

  • • D’une partie inférieure en forme de « U » qui est creuse et comporte :

􀂃 Une traverse métallique fixe, munie d’une semelle support de pied et de sangles

auto-agrippantes ;

􀂃 Une large sangle réglable pour soutenir la jambe ;

􀂃 Une pompe et un manomètre reliés au tube creux constituant le « U ».

L’engagement des deux barres supérieures dans les branches creuses du « U » réalise deux

vérins qui, commandés par la pression créée par la pompe, appliquent sur le membre une

traction contrôlée par un dynamomètre. Une soupape de sécurité entre en jeu lorsque la

pression est excessive. Il existe d’autres types d’attelles en traction, notamment manuelle (fig.

8.28 b).

a b

Figure 8.28 : Attelles en traction pneumatique (a) et manuelle (b)

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 36 Les immobilisations

4. Réalisation

La mise en place d’une attelle en traction nécessite un certain temps et, au moins 3 équipiers

secouristes, parfaitement entraînés à sa mise en place.

Elle est réalisée sous le contrôle d’un médecin.

  • Equipier 1 : Maintenir le membre blessé, dans l’axe par une traction prudente au

niveau de la cheville, le pied bien tendu. Le soulever de quelques centimètres, quand

c’est nécessaire, pour la mise en place du matériel ;

  • Equipier 2 : Ajuster l’anneau supérieur qui bloque le bassin en le faisant glisser sous le

genou et en le remontant juste au sommet de la cuisse, attacher la boucle sans la

serrer ; récliner les organes génitaux externes chez l’homme (fig. 8.29 a).

  • Equipier 2 : Préparer l’attelle en engageant les deux barres supérieures dans les deux

branches du « U » et, en la positionnant à côté du membre inférieur de la victime, régler

sa longueur ;

  • Equipier 2 : Mettre le dynamomètre au zéro, desserrer les barres de serrage et relever

le support de pied (fig. 8.29 b) ;

  • Equipier 2 : Glisser l’attelle de part et d’autre du membre traumatisé ;
  • Equipier 2 : Engager les fiches de l’anneau de blocage du bassin dans les barres

supérieures (fig. 8.29 c) ;

  • Equipier 2 : Fixer le pied au support de pied, à angle droit, par les bandes autoaggripantes

disposées en « huit » (fig. 8.29 d) ;

  • Equipier 2 : Utiliser la pompe pour appliquer la pression de traction prescrite par le

médecin, en général de 15 kg, l’aiguille se trouve dans la zone verte du cadran (fig.

8.29 e) ;

  • Equipier 1 : Le maintien du membre peut être relâché (fig. 8.29 e) ;
  • • Ajuster les sangles de cuisse et de jambe en évitant d’appuyer sur la zone traumatisée

(fig. 8.29 f et g).

  • • Verrouiller les barres de serrage reliant les barres à l’« U ».
  • • Vérifier la bonne immobilisation (médecin) puis relâcher la pression en purgeant le

circuit par ouverture de la valve (fig. 8.29 h).

a b

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Les immobilisations CII - 8 - 37 Janvier 2007

c d

e f

g h

5. Risques

La réalisation d’une immobilisation à l’aide d’une attelle en traction peut provoquer une

mobilisation excessive du foyer de fracture si la procédure de mise en place n’est pas respectée

et entraîner une douleur et des complications.

6. Evaluation

En immobilisant la fracture, l’attelle en traction limite les complications et diminue la douleur.

7. Points clés

  • • Le membre traumatisé est maintenu jusqu’à immobilisation complète.
  • • Le segment blessé et les articulations sus et sous jacentes sont immobilisés par

l’attelle.

  • • L’attelle est correctement fixée.
  • • L’attelle n’entraîne pas de compression (circulation d’aval correcte).

Figure 8.29 : Mise en place d’une attelle en traction pneumatique

 

PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2

Janvier 2007 CII - 8 - 38 Les immobilisations

Il existe d’autres types d’attelles, dont l’utilisation n’est pas recommandée du fait de leur

difficulté de mise en place et du fait des complications qu’elles peuvent engendrer

(attelles gonflables).

 

Publié dans SECOURISME

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article