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PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les souffrances psychiques et les comportements inhabituels CII - 6 - 1 Janvier 2007
PARTIE 6
LES SOUFFRANCES PSYCHIQUES ET LES COMPORTEMENTS INHABITUELS
1. OBJECTIFS
A la fin de cette partie, vous serez capable de prendre en charge une personne qui présente
une souffrance psychique ou un comportement inhabituel. Plus précisément, il s’agit de :
- • Définir la souffrance psychique.
- • Définir un comportement inhabituel et ses principales causes.
- • Identifier les différents types de comportements inhabituels.
- • Préciser les principes de l’action de secours devant une personne ou une victime qui
présente une souffrance psychique.
- • Préciser les conduites à tenir devant une personne ou une victime présentant un
comportement inhabituel.
- • Préciser la conduite particulière à tenir devant les situations suivantes :
- Un attroupement de personne, une foule ;
- Un comportement violent ;
- Un refus de soins et/ou de transport ;
- Une tentative de suicide ;
- Une agression sexuelle ;
- La mort ;
- Un évènement « traumatisant ».
2. PRINCIPE
L’équipier secouriste doit contribuer à prévenir et à soulager une victime et/ou son entourage
qui présente (ou est susceptible de développer) un comportement inhabituel et/ou une
souffrance psychique. Cela peut être le cas après un accident, un traumatisme, une maladie,
une prise de toxique ou, plus largement, après un stress important.
Les comportements inhabituels et la souffrance psychique peuvent s'aggraver au décours de
l’intervention et sont le témoin d’une détresse intense qu’il convient de prendre en compte
comme toute autre détresse.
Cette attention singulière portée à la victime et/ou à son entourage s’inscrit plus globalement
dans l’état d’esprit de l’équipier secouriste, qui veille scrupuleusement au respect de la dignité
de la personne humaine.
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3. LA SOUFFRANCE PSYCHIQUE
La souffrance psychique se caractérise par une douleur morale. Cette douleur est une
réaction normale à un événement inhabituel avant d’être le fait d’une maladie, d’un
traumatisme, d’une prise de toxique, d’un stress important ou encore d’une affection
psychiatrique.
La souffrance psychique peut parfois se manifester par des comportements inhabituels.
4. LE COMPORTEMENT INHABITUEL ET SES PRINCIPALES CAUSES
Un comportement inhabituel est la manifestation d’une souffrance ou d’une détresse psychique.
Cette détresse traduit une altération, voire une rupture du contact habituel entre cette personne
et la réalité commune. Mais avant tout, elle traduit la rupture du sujet avec lui-même (« on ne le
reconnaît plus » ; « il n’est plus lui-même »...).
Un comportement inhabituel peut être accompagné par des troubles de la communication, des
troubles de la relation ou une altération du langage. Souvent, difficilement tolérée par la victime
elle-même et/ou par son entourage, elle peut enfreindre les règles d’usage et les conduites
habituelles dans le groupe social auquel elle appartient.
Des comportements inhabituels peuvent être le motif de l’intervention des équipiers secouristes
ou survenir secondairement au cours de la prise en charge d’une victime qui présente une
aggravation brutale d’une maladie, d’un traumatisme ou autre.
Dans certaines situations, plusieurs personnes, comme la victime et son entourage, peuvent
présenter en même temps et dans un même lieu, des comportements inhabituels différents.
Plusieurs causes peuvent être à l’origine d’un comportement inhabituel.
4.1 Les causes physiques
4.1.1 Les maladies, particulièrement celles qui entraînent :
- • Une baisse du taux de sucre dans le sang (malaise hypoglycémique du diabétique) ;
- • Un manque d’oxygénation du cerveau (par exemple une détresse respiratoire) ;
- • Une fièvre élevée ;
- • Une baisse excessive de la température corporelle de la victime (hypothermie) ;
- • Une tumeur cérébrale…
4.1.2 Les traumatismes, par exemple :
- • Traumatisme crânien ;
- • Hémorragies graves (Cf. partie sur les hémorragies externes) ;
- • Douleurs intenses…
4.1.3 La prise de toxiques (volontaire ou involontaire) :
- • L’alcool (intoxication aiguë ou sevrage) ;
- • Les stupéfiants ;
- • Les médicaments…
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4.2 Les causes psychiques
- • Les troubles psychiques comme la panique, les états dépressifs ou d’autres
affections psychiatriques plus graves ;
- • Le stress dépassé (cf. cas particulier) …
5. LES DIFFÉRENTS TYPES DE COMPORTEMENTS INHABITUELS
Les comportements inhabituels peuvent être des urgences d’ordre psychiatrique.
L’équipier secouriste peut se trouver devant une victime :
- • Agitée ;
- • En état de stupeur ;
- • Anxieuse ;
- • Agressive et/ou violente ;
- • Voulant ou ayant tenté de se suicider.
5.1 La victime est agitée
Cette agitation se traduit par une hyper activité de la victime, d’intensité et de durée variable. La
personne tient des propos incohérents, parle beaucoup, bouge dans tous les sens, ne parvient
pas à fixer son attention ou à se contrôler. Cette agitation suscite souvent une réaction
d’intolérance de l’entourage. Un des risques de cet état est que, par ses actions non
coordonnées, irréfléchies et incontrôlables, la personne mette en danger autrui et elle-même.
On remarque souvent que la personne :
- • Ne veut pas ou ne peut pas parler ;
- • Refuse la présence de l’équipier secouriste ;
- • Refuse la parole d’un autre ;
- • Refuse de l’aide.
CAT : La présence de l’équipier secouriste ne doit pas être oppressante mais vigilante afin de
ne pas se mettre en danger, prévenir tout péril pour la victime et, au besoin, faire appel aux
forces de l’ordre.
5.2 La victime présente un état de stupeur
La stupeur est l’opposé de l’agitation. Ce que la victime nous donne à voir et à « entendre »,
c’est son SILENCE. Elle n’a pas envie ou pas la possibilité de parler. Bien souvent, en parallèle,
elle n’a pas envie ou pas la possibilité de bouger. Elle s’exprime alors avec son regard et par
son mutisme. On remarque souvent qu’elle ne refuse pas :
- • La présence de l’équipier secouriste ou d’un tiers ;
- • Les paroles de l’équipier secouriste ;
- • De l’aide.
CAT : S’il est légitime de demander à la victime des renseignements sur la nature et sur la
localisation de sa douleur, l’équipier secouriste doit aussi repérer quand il gêne la victime, en la
pressant de questions, par exemple.
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Si la prise en charge d’une victime en état de stupeur parait moins difficile pour l’équipier
secouriste que celle d’une victime agitée, la souffrance psychique et la gravité de cet état n’en
sont pas moindres.
5.3 La victime est anxieuse
La victime « se sent mal », présente un fort sentiment d’insécurité, de danger immédiat, de peur
de devenir folle ou de mourir prochainement. La victime est le plus souvent agitée ou à l’inverse
présente une stupeur.
Une victime anxieuse présente deux risques majeurs : un geste auto-agressif (blessures,
comportement à risques, tentative de suicide…) ou la décompensation d’une maladie sousjacente
(infarctus du myocarde, embolie pulmonaire, asthme…). On remarque souvent que :
- • La présence d’un équipier secouriste ou d’un tiers lui est précieuse ;
- • Elle ne s’oppose pas toujours à ce qu’on l’aide.
La personne en difficulté a besoin de dire et de partager ce qu’elle éprouve.
CAT : L’équipier secouriste doit favoriser cette expression verbale. Son écoute doit être
attentive et authentique, ce qui facilitera la confiance et la prise en charge de la victime.
La victime est agressive ou violente (cf. CAT particulière : un comportement violent)
La victime veut ou a tenté de se suicider (cf. CAT particulière : une tentative de suicide)
5.4 Cas particulier : le stress
Le stress est une réaction physiologique et psychologique d'alarme, de mobilisation et de
défense de l'individu face à une agression, une menace ou une situation inopinée.
C'est une réaction utile, focalisatrice d'attention, mobilisatrice d'énergie et incitatrice à l'action.
Le stress et ses répercussions peuvent être différents d'un individu à l'autre.
Il est donc important pour tout équipier secouriste de connaître les signes du stress, ses
répercussions, autant chez les personnes impliquées, blessées ou pas, que chez les
intervenants secouristes en général.
Les réactions de stress s'expriment sur différents registres : psychologique, physiologique,
comportemental… A ce titre, on observe :
- • Une élévation du niveau de vigilance et une focalisation de l'attention sur le danger ;
- • Une clarification de l'esprit, une augmentation des capacités d'évaluation et de
raisonnement ;
- • Un désir impérieux d'agir (qu'il s'agisse de conduite de fuite ou de défense) ;
- • Un sentiment de confiance en soi.
Bien que le stress soit protecteur, certaines manifestations peuvent paraître gênantes :
- • Sueurs, oppressions thoraciques, tachycardie, spasmes digestifs ;
- • Sentiments d'appréhension, de peur, de frayeur, de colère, d'irréalité ;
- • Tremblements, lenteur ou maladresse, automatisme des gestes.
Dans certaines circonstances (stress dépassé ou stress répétitif) les capacités d'adaptation
peuvent être dépassées et inopérantes, ce qui entraîne des troubles transitoires ou durables.
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Quatre types de réactions face à un évènement traumatique montrent qu’une personne (cela
concerne évidement aussi les intervenants secouristes) ne parvient pas à gérer la situation :
- • La sidération : la personne est saisie, paralysée dans ses capacités et dans sa volonté
(elle est dans une sorte d'état second) ;
- • L'agitation désordonnée : la personne est dans un état d'excitation, de gesticulation
non coordonnée, avec une incapacité à prendre une décision. La relation aux autres est
aussi altérée (elle ne les reconnaît pas toujours et ne les écoute pas) ;
- • La fuite panique : la personne réagit par une fuite éperdue, en n'écoutant personne.
Ses capacités de jugement et de raisonnement sont inhibées. Elle présente un regard
vide et une expression d'incompréhension totale ;
- • Les actions automatiques : la personne semble avoir un comportement normal mais
peut présenter des gestes mécaniques, répétitifs parfois inutiles.
Ces 4 types de réactions doivent être identifiés, en vue d’adresser la personne à une
structure de soins médico-psychologiques.
6. PRINCIPES DE L’ACTION DE SECOURS DEVANT UNE SOUFFRANCE PSYCHIQUE
La prise en charge d’une victime, qui présente une souffrance psychique, fait partie des
compétences de l’équipier secouriste.
Comme pour toute victime, l’équipier secouriste réalisera un bilan complet de la victime.
Mais en plus, il lui faut :
- Prendre le temps…
Même s’il faut distinguer et traiter en priorité l'urgence vitale, il faut cependant prendre du temps
pour assurer un réconfort moral.
- Agir en équipe…
Dans une équipe, la diversité est une richesse qui permet d'assurer la complémentarité des
actions. Un équipier secouriste prend en compte l'urgence vitale et un autre est chargé de
s'intéresser à la souffrance psychique ou psychosociale de la victime ou de son entourage.
Au cours des différentes interventions, il est souhaitable que ce ne soit pas toujours le même
équipier secouriste qui tienne le même rôle et, si possible, d’avoir des équipes mixtes afin de
faciliter la communication.
« Je suis, je questionne » « J’informe, je rassure» « Je fais »
- Se présenter et indiquer à la victime que l’équipe de secouriste est là pour l’aider « Je
suis…, je questionne…)… ;
L’intervention commence par une prise de contact, le plus souvent verbale, pour expliquer la
raison de notre venue. Des questions sur le ressenti actuel, sur la localisation de la douleur,
montrent, au-delà de la recherche de signes, l’intérêt particulier que l’on porte à la victime.
Attention : L’équipier secouriste doit pouvoir repérer quant il gène la victime en la pressant de
questions.
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- Expliquer ce qui se passe « J’informe, je rassure»…
Un bon contact avec la personne blessée physiquement et/ou psychiquement peut l’apaiser et
limiter l’apparition d’un comportement inhabituel.
L’explication de la situation rend plus autonome la victime, tout en la rassurant.
L’équipier secouriste doit expliquer, avec des mots simples, les gestes qu’il effectue, en faisant
participer, autant que possible, la victime.
- Adopter une attitude professionnelle « Je fais »…
L’équipier secouriste doit par son attitude, inspirer le calme aux victimes, aux sujets impliqués et
aux éventuels témoins.
Il doit suivre les consignes données par le responsable de l’équipe et adopter un comportement
« professionnel » tout en restant attentif aux demandes de la (des) victime(s).
a) La posture physique :
Être debout, assis ou accroupi change la distance de dialogue. Même lorsque l’équipier
secouriste n’est pas l’interlocuteur privilégié, son attitude peut influencer l’état de la
personne blessée (éviter les soupirs, les mains dans les poches, la désinvolture, la
posture ou attitude supérieure, voire le mépris…).
b) La voix :
Parler distinctement sur un ton calme peut rassurer et apaiser. Un ton ferme peut aider à
fixer les limites d’une crise.
c) Le respect :
Il passe très souvent par le vouvoiement et l’usage de la politesse, y compris pour une
personne agressive ou désocialisée. Le vocabulaire utilisé sera adapté en fonction de
l’interlocuteur sans pour autant infantiliser la personne blessée.
d) Le contact physique :
Une présence physique (éventuellement prendre la main ou le pouls) rassure souvent la
victime. Si le contact physique est imposé par un geste de secours, il sera précédé d’une
explication et s’effectuera dans le plus grand respect de la personne. Mais attention, le
contact n’est pas appréhendé de la même façon selon les situations, les cultures, les états
émotionnels…
e) L’attitude d’accueil et d’écoute
Le fait qu’une personne en état de détresse soit capable de parler est en soi plutôt
rassurant. Elle peut s’adresser à l’équipier secouriste et le désigner, sans qu’il le
recherche, comme un interlocuteur ou comme un témoin muet de sa souffrance. Il faut
bien se garder de valider ou d’invalider des propos tenus en état d’urgence, propos que la
victime pourrait par la suite regretter. Par contre, l’authenticité de l’écoute de la
souffrance de la victime, du recueil de toutes paroles quelles qu’elles soient à une fonction
humanisante, rassurante et soulageante. L’apaisement de la victime participe de sa
coopération aux soins.
Il peut exister des situations où l’échange de paroles « authentiques » entre le secouriste
et la victime permettra à celle-ci de s’extraire de sa détresse.
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- La fin d’intervention :
L’équipier secouriste préparera la fin de l’intervention en expliquant que son rôle prend fin et
qu’il sera relayé pour la suite : milieu hospitalier, médecin, téléphonie sociale…
7. CONDUITES À TENIR DEVANT UN COMPORTEMENT INHABITUEL
Comme pour toute victime, l’équipier secouriste réalisera un bilan complet de la victime
pour rechercher des signes traduisant une cause physique à ce comportement
inhabituel.
Une personne qui présente un ou des comportement(s) inhabituel(s) (agitation, agressivité,
violence…) nécessite une approche un peu différente d’une personne présentant une
souffrance psychique. Il faut être vigilant et toujours évaluer la situation et la dangerosité de la
personne pour adapter ses comportements et décisions.
S’il s’agit d’une urgence psychiatrique, le bilan précis fait au médecin, lui permet de définir les
modalités d’action pour la suite de l’intervention.
Si la personne représente un danger pour elle-même, un tiers ou l’équipe de secouriste, il
faut contacter la police. (cf. CAT particulière à un comportement violent).
Il n’y a pas de conduite à tenir préétablie ; tout dépend de l’évaluation de la situation qui est
faite. Cependant, il est important de :
- • Parler calmement et de se présenter ;
- • Evaluer les effets de la présence de l’entourage sur la personne (aggravant ou
apaisant) et, en fonction, isoler ou non la personne en détresse ;
- • Ne pas se sentir personnellement impliqué par l’agressivité qui appelle souvent de notre
part la même réaction de rejet (comportement en miroir) ;
- • Ne pas répondre à la violence par la violence ;
- • Ne pas prendre « au pied de la lettre » les propos incohérents, les menaces et les
injures ;
- • Dans certaines situations dangereuses où l’intensité émotionnelle est grande, éviter tout
contact direct, notamment le regard dans les yeux, qui peut être vécu comme une
agression et entraîner des réactions violentes ;
- • Ne pas rester seul avec la personne ;
- • Ne pas laisser la personne seule ;
- • Se mettre à la portée et à distance du malade, à sa hauteur pour parler ;
- • Eloigner les objets dangereux ;
- • Se mettre entre la personne et les issues (portes et fenêtres)…
- •
L’intérêt porté par les intervenants au bien-être physique de la personne a souvent comme effet
de soulager l’angoisse.
Si une contention physique est nécessaire, elle sera provisoire (attente de la police,
apaisement) et coordonnée à plusieurs, ferme mais rassurante et non brutale.
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La présence de l’équipier secouriste ne doit pas être oppressante mais vigilante afin de ne pas
se mettre en danger, prévenir tout péril pour la victime et, au besoin, faire appel aux forces de
l’ordre.
Celui qui dirige la manoeuvre doit être déterminé et calme. Il doit interdire les comportements
violents. Il doit interdire les attitudes de défi physique, de relevé de défi ou les injures qui
exciteraient la personne.
8. CONDUITES À TENIR PARTICULIÈRES
L’équipier secouriste peut se trouver confronté à différentes situations qui nécessitent la mise
en oeuvre de conduites à tenir particulières.
8.1 Un attroupement de personnes, une foule
La bonne gestion d’un attroupement ou d’une foule peut permettre de diminuer l’anxiété d’une
ou des victime(s), voire des impliqués.
Au cours du bilan circonstanciel, si l’équipier secouriste constate un début d’attroupement qui
peut gêner l’organisation des secours ou la prise en charge de la ou des victimes, il demandera
courtoisement à toutes personnes présentes de s’écarter. De même, il peut être préférable de
confier des tâches à accomplir (téléphoner, porter du matériel…) aux victimes en état de le
faire, aux impliqués ou aux témoins les plus agités. Ceci a pour effet, en général, de diminuer
leur angoisse. Si malgré tout, l’attroupement émet des signes d’hostilité, il est souhaitable de
prévenir immédiatement son autorité de tutelle ou la police afin d’obtenir un renfort et ne pas se
retrouver en position d’insécurité.
Il peut arriver que les personnels de secours présents sur les lieux de l’intervention soient plus
nombreux que nécessaire. La présence de nombreux personnels de secours autour de la
victime, par exemple dans un appartement ou une chambre de malade, est un facteur
d’angoisse pour la victime et son entourage. Le personnel qui ne participe pas directement à
l’intervention doit quitter les lieux ou s’écarter afin de respecter un minimum d’intimité pour la
victime, au cours du bilan et de la réalisation de gestes de secours. Seul les personnels de
secours qui participent aux soins et, éventuellement, un proche de la victime doivent rester à
son chevet.
8.2 Un comportement violent
L’équipe peut se trouver dans la situation de prendre en charge une personne qui est violente
ou qui montre des signes d’agressivité envers l’entourage ou les intervenants secouristes.
Cette violence peut se manifester, au début, par une certaine agitation et/ou une instabilité. La
victime a du mal à rester en place ou assise, présente un discours inadapté, bizarre et parfois
obscène, bien souvent sur un ton élevé. Il peut s’ensuivre une agression physique des
personnes qui sont autour, y compris le personnel de secours, parfois en utilisant des objets
contondants ou perforants qui sont à proximité. La violence peut être favorisée ou provoquée
par la prise de substances toxiques.
Devant une victime violente ou qui présente des signes d’agressivité, les équipiers secouristes
doivent être particulièrement vigilants, rester face à la victime et suffisamment loin pour ne pas
être agressés physiquement. Il est essentiel de toujours prévoir la possibilité de s’écarter, si
nécessaire, voire de quitter rapidement la pièce :
- • Rester calme et essayer d’entrer en contact verbal d’abord, puis, visuel et
éventuellement, physique avec la victime ;
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- • En équipe, il est préférable qu’un seul et même équipier secouriste parle à la victime et,
si possible, celui qui a le contact le plus facile avec elle ;
- • Préciser à la victime que les intervenants secouristes sont uniquement là pour apporter
de l’aide et de l’assistance ;
- • Eviter tout propos et geste menaçant ou toute attitude laissant à penser à la victime
qu’elle est « piégée » ;
- • Interroger les personnes de l’entourage, leur demander si la victime est coutumière du
fait et si elle a absorbé de l’alcool ou d’autres substances toxiques ;
- • Si la victime ne présente aucun signe d’apaisement, demander le renfort des forces de
l’ordre.
Attention : La prise en charge ou la neutralisation d’une personne en possession d’une arme
(fusil, revolver, couteau ou autre objet dangereux …) n’est pas du rôle des équipiers secouristes
mais de la force publique. Dans ce cas, il faut rester très vigilant et demander immédiatement
un renfort de la police ou de la gendarmerie. En attendant, il convient de se mettre à l’abri.
8.3 Un refus de soins et de transport
Afin de protéger les droits de la victime et éviter toute poursuite pénale à l’encontre des
secours, la législation en matière de refus de soins et de transport doit être respectée.
Seule une personne majeure, juridiquement capable, saine d’esprit, clairement informée des
risques qu’elle encourt, est en droit de refuser son transport vers une structure hospitalière.
Dans la même logique, elle peut refuser les soins que l’on peut lui apporter. Dans cette
situation, l’équipier secouriste doit en informer immédiatement le responsable d’équipe ou le
médecin régulateur pour mettre en oeuvre les mesures administratives nécessaires à décharger
la responsabilité des secours.
Si une victime présente un comportement inadapté, on ne peut pas considérer qu’elle est
suffisamment saine d’esprit pour refuser les soins et le transport. Dans cette situation, l’équipier
secouriste ne doit en aucun cas laisser la victime sur place mais doit en informer
immédiatement le responsable d’équipe ou le médecin régulateur.
Le transport d’une victime vers un hôpital sous la contrainte ne peut se faire qu’après
intervention d’un médecin ou en présence d’un officier de police judiciaire.
8.4 Une tentative de suicide
Il s’agit d’une crise psychique dont le risque majeur est le suicide. La personne en état de
souffrance est dans un état de rupture de son équilibre relationnel avec elle-même et son
environnement. Elle se considère en situation d’échec avec l’impossibilité d’échapper à cette
impasse. La tentative de suicide est, pour elle, une des sorties possibles de la crise (la plus
grave).
Les tentatives de suicide les plus fréquentes sont réalisées par absorption de médicaments ou
par coupures, notamment au niveau des poignets…
S’il s’agit d’une TS médicamenteuse ou toxique, prendre les boîtes, y compris vides, ou les
flacons des produits absorbés et les remettre au personnel des urgences.
Parler et entrer en relation authentique avec la victime peut parfois stopper son geste. En aucun
cas, le ou les équipiers secouristes ne doivent porter un avis personnel sur le geste réalisé par
la victime.
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Il est important de déléguer un autre équipier secouriste auprès des proches de la victime pour
les écouter et les renseigner sur son état.
Une tentative de suicide n’est jamais un acte anodin. Quelle que soit la banalité du geste et
de ses conséquences, la victime doit toujours être accompagnée à l’hôpital pour un avis
psychiatrique, après bilan au médecin régulateur.
8.5 Une agression sexuelle
La prise en charge d’une victime d’agression sexuelle est particulièrement difficile pour
l’équipier secouriste.
La victime peut être une femme, un homme, un enfant ou une personne âgée. Une agression
sexuelle induit toujours une souffrance psychique importante. Il peut parfois être difficile pour la
victime de communiquer avec une personne du même sexe que son agresseur. Il est alors
préférable, quant cela est possible, que l’équipier secouriste en charge de la victime et en
communication directe avec elle, soit du même sexe que celle-ci.
Lors de la prise en charge de la victime ou de son transport, si son état le permet, éviter
d’allonger la victime et de se rassembler autour d’elle. Préférer la position semi-assise qui sera
beaucoup moins angoissante.
Dans cette situation, l’équipier secouriste réalisera un bilan qu’il transmettra à son chef ou au
médecin régulateur, sans oublier d’effectuer les gestes de secours nécessaires en cas de
détresse vitale. Pour maintenir l’intimité de la victime, la recouvrir par un drap ou une couverture
et ne jamais la laisser seule.
Dans tous les cas, éviter de questionner intensivement la victime sur ce qui s’est passé mais
assurer, même lors de la réalisation des gestes de secours, s’ils sont indispensables, un
réconfort moral en attendant le relais médical.
Comme l’agression sexuelle est un crime, veiller à ne pas déshabiller la victime sauf si les
gestes de secours l’imposent et à ne pas déplacer les objets aux alentours. Si la victime désire
se laver, lui demander d’attendre l’avis du médecin dans l’intérêt de ses droits.
8.6 La mort
Immanquablement, l’équipier secouriste sera confronté, un jour ou l’autre, au décès d’une
victime, qu’il soit naturel, accidentel ou intentionnel. La plupart des personnes sont effrayées
par la mort. Etre le témoin de la mort d’une personne ravive cette crainte et peut nous rappeler
des souvenirs personnels douloureux.
La mort d’une personne peut survenir, avant l’intervention des secours, à la suite de gestes de
réanimation inefficaces ou soudainement. Dans tous les cas, l’équipe de secours adoptera une
attitude respectueuse vis à vis du mort. C’est un facteur de réconfort notable pour la famille ou
son entourage.
Après avoir réalisé tout ce qui était possible pour réanimer la victime et lorsque la décision
d’arrêter la réanimation est prise, l’équipier secouriste peut participer au réconfort moral de la
famille et des proches. Après l’annonce du décès par le médecin, l’équipier secouriste peut
notamment assurer le déplacement et l’installation du défunt dans un lit.
8.6.1 La mort : ça se nomme
C’est le médecin qui constate le décès et l’annonce aux proches. Cette annonce doit se faire
avec tact mais simplement et avec clarté.
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8.6.2 Le déplacement du défunt ne peut se faire que :
- • Après accord de la police, s’il s’agit d’une mort accidentelle, violente ou brutale ;
- • En suivant les consignes du responsable d’équipe et du médecin sur place qui
s’informent des désirs de la famille afin de respecter leurs convictions religieuses ou
morales.
8.6.3 Le cadavre doit être voilé :
Sur la voie publique, il convient de recouvrir le corps (veste, drap, couverture…) dès que
possible, afin de ne pas le laisser exposé. Cela permet à chacun de se détacher des effets de
répulsion ou de fascination que la mort peut exercer.
La présence de l’équipe de secours, dans les premières minutes après l’annonce du décès
d’une personne, est le plus souvent réconfortante pour les proches. Lors de mort violente, à
l’inverse, les secouristes peuvent être l’objet d’agressivité et les proches peuvent développer
des réactions de stress aigu, parfois dépassé.
Les manifestations présentées par les membres de la famille à l’annonce du décès sont tout à
fait naturelles et ne relèvent pas forcement d’un professionnel de la santé mentale. Une
présence humaine est simplement nécessaire. Tenir la main d’un proche du défunt réconforte
tout le monde, y compris l’équipier secouriste.
Chaque décès, même celui d’un inconnu, réactive inéluctablement en chacun l’angoisse liée à
sa propre mortalité. L’expérience de vie, l’histoire de chacun des équipiers secouristes ne les
rendent pas identiques pour la gestion de cette angoisse. Après l’intervention, l’échange verbal
entre équipiers secouristes, avec le responsable d’équipe ou un médecin, aide les membres de
l’équipe à se reconnaître comme appartenant ensemble au monde des vivants. Chacun des
intervenants secouristes doit pouvoir provoquer cet échange s’il perçoit une charge
émotionnelle trop intense liée à cette intervention.
Un groupe de parole ou un bilan psychologique d’événement, animé par un professionnel
(psychologue, psychiatre), peut être proposé chaque fois qu’une équipe ou un équipier
secouriste vit avec culpabilité le décès d’une victime.
8.7 Les réactions immédiates lors d’un évènement « traumatisant »
Les personnes peuvent subir des événements potentiellement traumatiques. Ce type
d’événement présente les caractéristiques suivantes :
- • Soudain et inattendu ;
- • Génère des sentiments d’impuissance ;
- • Génère une peur intense (effroi, horreur) ;
- • Confronte les personnes de façon directe ou indirecte avec le réel de la mort.
Cet évènement est susceptible d’engendrer une souffrance psychique mais aussi une véritable
maladie connus sous le nom de : syndrome psycho-traumatique. Cette maladie peut apparaître
précocement ou de manière différée (parfois plusieurs années après).
Il est courant de repérer quelques phases particulières dans les réactions d’un individu face à
cet évènement « traumatisant ». Leur chronologie constitue ce que l’on appelle le « travail de
deuil », le deuil étant ici pris dans son sens général de « perte ». Ces réactions sont le plus
souvent des « réactions normales à un évènement inhabituel ». Les phases peuvent
s'imbriquer, se mélanger ou se masquer :
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 6 - 12 Les souffrances psychiques et les comportements inhabituels
1. La perte de connaissance : « Oh, je me sens mal ! »
L’évanouissement peut être la première réaction à un évènement insurmontable. C’est une
manière de se soustraire à une réalité invivable.
2. Le refus : « Pas à moi ! », « Je n’y crois pas ! », « Ce n’est pas vrai ! » ;
La personne refuse la vérité et ce qui vient d’arriver. Cette phase sert à se protéger de la
situation. L’équipier secouriste peut aussi éprouver le même sentiment. Cette phase est tout à
fait normale.
3. L’incompréhension : « Je ne comprends pas ! » ;
La victime est dépassée par un événement qui n’a pas, dans un premier temps, de sens. C’est
un peu comme si la nature et la soudaineté de l’événement ne pouvaient pas être prises en
compte par les capacités psychiques habituelles d’assimilation.
4. La colère : « Pourquoi moi ? », « C’est la faute de… » ;
Cette étape doit permettre l’équipier secouriste de comprendre pourquoi dans certaines
circonstances la victime ou la famille de la victime éprouve de l’agressivité envers les secours.
Cette agressivité est une réaction normale à la situation. C’est une forme de projection sur
l’extérieur de sa propre culpabilité insupportable, en vue de se protéger d’une forme
d’accablement massif. Il faut bien entendre que cette projection de type inconsciente ne
s’adresse pas vraiment aux équipiers secouristes, s’ils sont pris temporairement pour cible,
dans leurs attitudes ou dans leurs actions liées à la mise en oeuvre des secours. L’équipier
secouriste doit savoir se contrôler lors de cette phase, en évitant de réagir en miroir et de
répondre à l’agressivité par de l’agressivité, par exemple. Son énergie doit, en effet, être
essentiellement orientée vers la réussite de son action de secours. De plus, les victimes ou les
impliqués oublient bien souvent qu’ils ont traversé cette phase.
NB : Si l’équipier secouriste subit lui aussi un évènement traumatique, il arrive que lui-même
extériorise cette colère par une agressivité envers les victimes, leur famille, ses co-équipiers
voire sa propre famille. Il est nécessaire pour lui, lors de cette étape, de parler de sa colère
avec un pair ou un spécialiste et d’utiliser l’énergie qu’elle nécessite, pour améliorer sa
situation.
5. La culpabilité : « Je n’aurais pas dû… », « Tout est de ma faute. », « Si j’avais su, si
j’avais prévu… » ;
La culpabilité peut être à l’origine de la colère mais de façon sous-jacente ou inconsciente. La
culpabilité s’exprime, le plus souvent, une fois que la colère s’est un tant soit peu apaisée. La
culpabilité est coûteuse en énergie psychique mais c’est un signe de retour à la réalité.
L’appareil psychique peut commencer là où débute son travail d’assimilation de l’événement.
6. La tristesse : « D’accord, mais j’aurais pu avant … » ;
C’est une confirmation du retour progressif à la réalité. C’est une prise en compte, plus
nuancée, des particularités de l’événement, qui peut ainsi se fragmenter. L’événement n’est
plus un bloc écrasant. Il peut commencer à être détaillé avec un début, un milieu et une fin.
C’est souvent à partir de là que l’événement peut se dire et se partager, notamment auprès de
l’équipier secouriste présent et à l’écoute bienveillante. Cette phase de la tristesse se
caractérise par une forme de mélancolie, par des silences intermittents. Cette phase montre
que la personne commence à accepter la situation. Il est normal, par exemple, qu’une personne
soit triste après le décès d’un être cher.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les souffrances psychiques et les comportements inhabituels CII - 6 - 13 Janvier 2007
7. L’acceptation : « D’accord, alors… ».
Cela ne veut pas dire que la victime est satisfaite de la situation, mais cela veut tout simplement
dire qu’elle a accepté de continuer à vivre avec la nouvelle situation. Cette étape nécessite
souvent beaucoup de temps. Elle peut, bien sûr, être facilitée par un soutien psychologique
adapté.
8. La transformation
La situation redevient positive et la personne concernée retrouve la stabilité. Cela sous-entend
que l’événement n’est pas oublié, mais qu’il s’inscrit dans le cours d’une histoire et que la page
peut se tourner.
8.8 Les trois dernières phases se déroulent le plus souvent à distance de l’intervention
de l’équipe secouriste
Lorsque l’on se trouve en présence d’une personne, victime d’un évènement traumatique, il est
important d’identifier ces différentes étapes et de les respecter.
Il n’existe pas, dans l’immédiat et de manière systématique, d’élément permettant de dire si une
personne développera ou non un « syndrome psycho-traumatique ».
En cas de catastrophe, avec de nombreuses victimes, les CUMP du SAMU (cellule d’urgence
médico-psychologique) peuvent prendre en charge les victimes.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les pansements et les bandages CII - 7 - 1 Janvier 2007
PARTIE 7
LES PANSEMENTS ET LES BANDAGES
1. OBJECTIFS
A la fin de cette partie, vous serez capable de protéger une lésion de la peau à l’aide d’un
pansement. Plus précisément, il s’agit de :
- • Indiquer les règles générales de mise en place d’un pansement.
- • Réaliser les techniques suivantes :
- Mettre en place un pansement prêt à l’emploi ;
- Maintenir un pansement à l’aide d’un bande ;
- Maintenir un pansement à l’aide d’un filet tubulaire ;
- Utiliser un lot « membre arraché ou sectionné ».
2. PRINCIPES DE PANSEMENTS ET BANDAGES
Les pansements et les bandages constituent l’ensemble des matériels qui sont nécessaires
pour recouvrir une plaie ou une brûlure, qu’elle soit simple ou grave.
Le pansement est l’élément qui protège la plaie proprement dite, au contact de celle-ci
(compresses de gaze le plus souvent). Il a les caractéristiques suivantes :
- • Stérile ;
- • Couvrant ;
- • Adhérant, sans être compressif, sauf pour les hémorragies ;
Le bandage est destiné à maintenir le pansement en place.
3. RÈGLES GÉNÉRALES DE MISE EN PLACE D’UN PANSEMENT
L’examen de la plaie ou de la brûlure détermine la nature du pansement et du bandage à
réaliser. Certaines recommandations seront données à la victime, même si la lésion peut
paraître simple (en particulier la vaccination contre le tétanos).
Le pansement, en milieu secouriste, est un matériel provisoire qui vise à protéger la ou les
plaies ou brûlures d’une victime pour limiter le risque d’infection dans l’attente d’un examen
dans une structure de soins. L’équipier secouriste ne se substitue pas au médecin ni à
l’infirmier.
Les équipiers secouristes doivent être dotés des moyens nécessaires pour protéger une plaie
ou une brûlure par un pansement et pour le maintenir en place. L’équipier secouriste devra les
connaître (nature, dimensions, quantité et usage) et savoir les mettre en place correctement.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 7 - 2 Les pansements et les bandages
Pendant la réalisation d’un pansement, l’équipier secouriste doit éviter le contact avec le sang
de la victime ; pour cela sa tenue sera propre et couvrante. Il portera des gants, voire des
lunettes de protection et un masque afin de se protéger d’éventuelles projections de sang.
L’équipier secouriste doit savoir mettre et retirer des gants de soins sans se souiller, désinfecter
une lésion de la peau, si nécessaire, mettre en place un pansement et le maintenir par un
bandage.
Une surveillance doit ensuite être effectuée afin de vérifier l’apparition éventuelle d’un
saignement ou d’une douleur importante. Par exemple, un pansement circulaire posé sur un
membre peut faire garrot, soit parce qu’il est trop serré dès la pose, ce qui est une erreur
technique, soit sous l’effet d’un gonflement réactionnel survenant après le traumatisme.
Le matériel de pansement et de bandage est consommable, à usage unique et doit être jeté
dans des récipients prévus à cet effet après leur utilisation.
Les différents types de pansements décrits dans cette partie doivent permettre à chaque
organisme ou association, portant secours, d’y trouver les moyens dont ils disposent et d’en
assurer leur enseignement.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les pansements et les bandages CII - 7 - 3 Janvier 2007
TECHNIQUE 7.1 – METTRE EN PLACE UN PANSEMENT PRÊT À L’EMPLOI
1. Justification
En protégeant la plaie du dépôt de poussières, le pansement prêt à l’emploi limite l’infection
secondaire.
2. Indications
Le pansement prêt à l’emploi est destiné à protéger une plaie simple qui a été désinfectée ou
une plaie ou brûlure grave.
3. Matériel
3.1 Le pansement adhésif (fig. 7.1)
Il s’agit d’un pansement prêt à l’emploi constitué :
- • D’une compresse, éventuellement imbibée
d’antiseptique ;
- • D’une fixation adhésive.
Cette dernière ne doit pas être irritante pour la peau
(hypoallergénique).
Il est prédécoupé, stérile et sous emballage individuel.
3.2 Le pansement individuel
Conçu essentiellement pour les plaies par balle, ce pansement peut être utilisé néanmoins pour
tout type de plaie non étendue (fig. 7.2).
Il se compose d’une bande non extensible, de 2 compresses absorbantes, l’une fixe, l’autre
mobile, permettant ainsi de se déplacer sur toute la longueur de la bande.
On trouve également une épingle permettant la fixation de la bande.
a b
c d
Figure 7.1
Figure 7.2 : Ouverture d’un pansement individuel
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 7 - 4 Les pansements et les bandages
Ce pansement est contenu dans un emballage stérile « pellable », c'est-à-dire qui peut s’ouvrir
sans être déchiré, en décollant et séparant simplement les bords de l’emballage (fig. 7.2).
3.3 Le pansement type « C » (fig. 7.3)
Conçu pour emballer les plaies, il se présente sous la forme d’un cylindre, protégé par une
enveloppe plastique. Une fois déplié, il se compose de :
- • Une compresse absorbante de 40 x 13 cm (compresse principale) ;
- • Une compresse absorbante de 16 x 14 cm ;
- • Une compresse de 14 x 60 cm ;
- • Une bande extensible ;
- • 2 épingles.
Déployé, le pansement Type C permet la protection d’une ou plusieurs plaies grâce à la
différence de taille des compresses.
a b
3.4 Le pansement d’urgence (fig. 7.4)
Il permet la protection d’une plaie et, grâce à une bande élastique de 2 mètres environ, sa
compression si elle saigne. Il se compose de :
- • Un tampon de coton ;
- • Une languette de maintien ;
- • Un élément de fermeture en plastique.
Tous ces éléments font partie intégrante de la bande élastique.
La bande est conditionnée dans 2 emballages permettant une étanchéité et le maintien en
condition stérile.
Figure 7.3 : Pansement type « C » - (a) dans son emballage, (b) contenu de l’emballage
Figure 7.4 : Le pansement d’urgence
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les pansements et les bandages CII - 7 - 5 Janvier 2007
3.5 Le coussin hémostatique d’urgence
Ce matériel est décrit dans la partie relative aux hémorragies externes (RNC PSE 1).
3.6 Le pansement stérile pour brûlures « type SSA »
Les brûlures étendues peuvent être emballées dans un pansement stérile pour brûlés de « type
SSA » (Service de Santé des Armées) de 60 x 80 cm (fig. 7.5), permettant ainsi de limiter la
déperdition de chaleur due à la brûlure et de la protéger contre les risques d’infection.
Une face argentée alvéolée imprégnée de Métalline® se pose sur la brûlure, 4 rubans
permettent d’attacher le drap sur la victime.
3.7 Les draps et champs stériles (fig. 7.6)
Stériles, ils sont appliqués directement sur une plaie ou une brûlure étendue pour assurer leur
protection.
Ils sont de dimension suffisante pour recouvrir la totalité de la lésion, même étendue.
4. Réalisation
On ne touche jamais avec les doigts, mêmes recouverts de gants, la partie du pansement
qui entrera en contact avec la plaie.
Figure 7.5 : Pansement stérile pour brûlure
Figure 7.6 : Champs stériles pour brûlures
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 7 - 6 Les pansements et les bandages
4.1 Le pansement adhésif
- • Choisir le pansement en fonction des dimensions de la plaie ;
- • Le sortir de son emballage stérile ;
- • Appliquer le pansement sur la plaie simple, en retirant les protections des zones
autocollantes ;
- • Appliquer les parties collantes sur la peau saine, puis les lisser avec le doigt.
4.2 Le pansement individuel
- • Ouvrir l’emballage sans le déchirer ;
- • Sortir le sachet stérile et l’ouvrir ;
- • Dérouler la bande sans toucher aux compresses absorbantes ;
- • Appliquer les compresses sur la plaie. S’il s’agit d’une plaie par balle, appliquer une
compresse sur le point d’entrée (fig. 7.7a) et l’autre, en la faisant coulisser, sur le point
de sortie (fig. 7.7b).
- • Attacher la bande avec l’épingle de sûreté.
a b
4.3 Le pansement type « C » (fig. 7.8)
- • Ouvrir l’emballage en plastique ;
- • Ouvrir l’emballage papier et enlever la compresse ;
- • Dérouler le pansement ;
- • Appliquer les compresses absorbantes sur la ou les plaies ;
- • Recouvrir la ou les compresses avec la bande, maintenue à l’aide des épingles.
La compresse non absorbante peut servir de support au matériel non utilisé.
a b
Figure 7.7 : mise en place d’un pansement individuel
Figure 7.8 : Mise en place d’un pansement type « C »
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les pansements et les bandages CII - 7 - 7 Janvier 2007
4.4 Le pansement « d’urgence »
- • Ouvrir l’emballage grâce à l’ouverture facile ;
- • Retirer le pansement de l’emballage sous vide ;
- • Appliquer la compresse sur la blessure et enrouler le bandage autour de la plaie ou de
la zone blessée (fig. 7.9a) ;
- • Passer le bandage élastique dans la languette de maintien en plastique ;
- • Tendre le bandage élastique en le ramenant en sens inverse, en tirant la languette de
maintien en plastique vers le bas (fig. 7.9b) ;
- • Enrouler le bandage en le serrant sur la compresse ;
- • Fixez l’élément de fermeture (languette) à une des couches du bandage élastique à
l’aide des crochets (fig. 7.9c et d).
a b
c d
4.5 Le pansement stérile pour brûlures « type SSA »
- • Ouvrir l’emballage en plastique et sortir la pochette papier ;
- • Ouvrir la pochette papier et sortir le pansement stérile pour brûlés ;
- • Déplier le pansement en prenant soin de ne pas toucher la partie argentée ;
- • Poser la face argentée alvéolée sur la brûlure ;
- • Attacher le pansement à l’aide des rubans prévus à cet effet.
Figure 7.9 : Mise en place d’un pansement d’urgence
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 7 - 8 Les pansements et les bandages
a b
c d
4.6 Le drap et champ stérile
- • Ouvrir l’emballage et sortir le drap ou le champ stérile en le saisissant par ses
extrémités ;
- • Déployer le drap ou le champ en tirant dessus ;
- • Envelopper la lésion de la peau avec le drap ou le champ stérile en évitant que la partie
du drap qui recouvre la lésion de la peau ne touche le sol, les vêtements ou l’équipier
secouriste (fig. 7.10 et 7.11) ;
- • Maintenir le drap ou le champ à l’aide de ruban adhésif.
a b
c d
Figure 7.10 : Mise en place d’un champ stérile pour une lésion de la main
Figure 7.11 : Mise en place d’un champ stérile pour une lésion du pied
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les pansements et les bandages CII - 7 - 9 Janvier 2007
5. Risques
Un pansement peut cacher un saignement et un bandage circulaire peut faire garrot. Surveiller
attentivement le saignement et la circulation du membre en dessous du pansement (pouls
radial, temps de recoloration cutanée, aspect de la peau).
6. Points clés
- • Les mains de l’équipier sont protégées par des gants à usage unique.
- • La plaie est recouverte en totalité par le pansement.
- • L’équipier secouriste ne touche pas la partie du pansement en contact direct avec la
lésion de la peau.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 7 - 10 Les pansements et les bandages
TECHNIQUE 7.2 – MAINTENIR UN PANSEMENT À L’AIDE D’UNE BANDE
1. Justification
En maintenant le pansement sur la plaie, le bandage accroît sa protection contre toute
souillure extérieure qui pourrait compromettre la guérison.
2. Indications
3. Matériel
Les bandes de crêpe ou extensibles (fig. 7.12) sont les plus communément utilisées par
l’équipier secouriste. Elles sont de différentes largeurs : 5, 10, 15 cm….
4. Réalisation
4.1 Maintien d’un pansement d’un segment de membre
Après avoir placé le pansement sur la plaie :
- • Enrouler la bande autour du segment de membre (fig. 7.13) ;
- • Maintenir la bande avec un morceau de ruban adhésif ou une épingle de sûreté.
Figure 7.12 : bandes de crêpe ou extensibles
Figure 7.13 : Bandage de l’avant bras
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les pansements et les bandages CII - 7 - 11 Janvier 2007
4.2 Maintien d’un pansement du front ou du cuir chevelu
Après avoir placé le pansement sur la plaie :
- • Dérouler la bande autour de la tête de la victime. (fig. 7.14 a) ;
- • Maintenir la bande avec un morceau de ruban adhésif ou une épingle de sûreté (fig.
7.14b).
a b
Cette technique ne peut être faite sur une personne allongée, suspecte d’un traumatisme du
rachis cervical, du fait de l’obligation de lever la tête de la victime pour passer la bande.
4.3 Maintien d’un pansement d’une plaie du thorax
- • Placer le pansement sur la plaie ;
- • Enrouler la bande autour du thorax de la victime ;
- • Maintenir la bande avec un morceau de ruban adhésif ou une épingle de sûreté.
5. Risques
Un bandage serré réalisé sur un segment de membre est successible d’interrompre sa
vascularisation.
Il ne faut jamais poser une bande directement sur une plaie ou une brûlure.
6. Evaluation
Un bandage ne doit pas entraîner un effet « garrot ». L’équipier secouriste doit contrôler la
circulation du membre en dessous du bandage (pouls, temps de recoloration cutané, aspect de
la peau).
Correctement réalisé, le bandage maintient solidement le pansement et assure la protection de
la plaie.
7. Points clés
- • Les mains de l’équipier secouriste sont protégées par des gants à usage unique.
- • Le bandage maintient le pansement.
- • La circulation d’aval est maintenue.
Figure 7.14 : Bandage du front et du cuir chevelu
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 7 - 12 Les pansements et les bandages
TECHNIQUE 7.3 – MAINTENIR UN PANSEMENT À L’AIDE D’UN FILET TUBULAIRE
1. Justification
Le filet tubulaire est léger et très confortable. Il évite tout phénomène de compression circulaire
d’un membre.
Le filet laisse à la victime sa liberté de mouvements.
2. Indications
Le filet tubulaire est un moyen efficace qui permet le maintien d’un pansement déposé sur une
plaie.
3. Matériel
Les filets de mailles tubulaires sont des cylindres de filet élastique de différents diamètres (fig.
7.15).
4. Réalisation
Après avoir placé le pansement sur la plaie.
- • Etirer et enfiler comme une chaussette le filet pour maintenir le pansement (Fig. 7.16 à
7.22) ;
- • Eventuellement :
Faire un tour, puis repasser sur le filet pour terminer le maintien ;
Réaliser à l’aide d’une paire de ciseaux des orifices pour libérer certaines parties
du corps.
a b
Figure 7.15 : Filets tubulaires
Figure 7.16 : Filet tubulaire pour une plaie du front
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les pansements et les bandages CII - 7 - 13 Janvier 2007
a b
a b
a b c
a b
Figure 7.17 : Filet tubulaire pour une plaie de la nuque
Figure 7.18 : Filet tubulaire pour une plaie - (a) segment de membre - (b) thorax
Figure 7.19 : Filet tubulaire pour une plaie de la main
Figure 7.20 : Filet tubulaire pour une plaie d’un doigt
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 7 - 14 Les pansements et les bandages
a b
c d
5. Risques
Il ne faut jamais poser un filet trop serré autour du cou.
6. Evaluation
Correctement réalisé, le filet maintient le pansement et assure la protection de la plaie.
7. Points clés
- • Les mains de l’équipier secouriste sont protégées par des gants à usage unique.
- • Le bandage tubulaire maintient le pansement.
- • La circulation d’aval est maintenue.
Figure 7.21 : Filet tubulaire pour une plaie du pied
Figure 7.22 : Filet tubulaire pour une plaie du cou
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les pansements et les bandages CII - 7 - 15 Janvier 2007
TECHNIQUE 7.4 – UTILISER UN LOT « MEMBRE ARRACHÉ OU SECTIONNÉ »
1. Justification
Le froid permet de préserver un membre amputé dans l’attente de sa réimplantation.
2. Indications
Le lot « membre arraché ou sectionné » est utilisé pour envelopper le membre amputé et
permettre son acheminement avec la victime vers l’hôpital.
L’utilisation du lot « membre arraché ou sectionné » concerne les équipes de secours qui en
sont dotées.
3. Matériel
Le lot « membre arraché ou sectionné » (fig. 7.23) est composé :
- • (a) d’un sac isotherme doublé à l’intérieur d’une poche plastique étanche destinée à
recevoir le membre amputé ;
- • (b) d’une paire de gants stériles ;
- • (c) d’un ou plusieurs sacs réfrigérants instantanés ;
- • (d) d’un champ stérile.
4. Réalisation
- • Enfiler les gants stériles ;
- • Demander à un aide d’ouvrir le paquet du champ stérile, sans le toucher ;
- • Saisir le champ stérile ;
- • Envelopper le membre amputé dans le champ stérile ;
- • Placer le tout à l’intérieur du sac plastique du sac isotherme et refermer cette poche à
l’aide du zip ;
- • Activer le sac réfrigérant (ou se doter de glace).
Figure 7.23 : lot « membre arraché ou sectionné »
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 7 - 16 Les pansements et les bandages
- • Placer le sac réfrigérant (ou la glace) à l’intérieur du sac isotherme entre sa face
interne et le sac plastique contenant le membre amputé ;
- • Maintenir le sac isotherme fermé à l’aide d’un morceau de ruban adhésif ;
- • Ecrire sur le sac le nom de la victime et l’heure de survenue de l’amputation.
5. Risques
Il ne faut pas mettre le membre amputé directement en contact avec la glace ; les gelures
éventuelles pourraient compromettre la réussite de l’implantation.
6. Evaluation
Le membre amputé doit être rapidement refroidi et transporté, avec la victime, à l’hôpital.
7. Points clés
- • Les mains de l’équipier secouriste sont protégées par des gants à usage unique.
- • Une hémorragie externe de la victime doit être arrêtée.
- • Le membre sectionné est :
Protégé par un pansement ;
Placé au froid, sans contact direct avec de la glace.