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PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les atteintes liées aux circonstances CII - 4 - 1 Janvier 2007
PARTIE 4
LES ATTEINTES LIÉES AUX CIRCONSTANCES
1. OBJECTIFS
A la fin de cette partie, vous serez capable de prendre en charge une victime d’une atteinte liée
aux circonstances. Plus précisément, il s’agit de :
- • Prendre en charge une personne victime d’une morsure ou d’une piqûre.
- • Prendre en charge une personne victime d’un accident électrique.
- • Prendre en charge une personne victime d’une intoxication.
- • Prendre en charge une personne victime d’un effet de souffle.
- • Prendre en charge une personne victime d’une compression prolongée des muscles.
- • Prendre en charge une personne victime d’une exposition prolongée à la chaleur.
- • Prendre en charge une personne victime d’un accident dû au froid.
- • Prendre en charge une personne victime de pendaison ou de strangulation.
2. PRINCIPE
Les atteintes liées aux circonstances regroupent un ensemble de lésions survenues dans des
circonstances particulières ou provoquées par un environnement hostile. Dans tous les cas,
l’équipier secouriste doit appliquer la conduite à tenir générale devant une victime : bilan de
circonstance, bilan d’urgence vitale, bilan complémentaire, gestes de secours nécessaires et
surveillance. Toutefois, il doit aussi réaliser des gestes complémentaires spécifiques liés à ces
circonstances ou à l’environnement dans lequel la victime a séjourné.
3. PERSONNE VICTIME D’UNE MORSURE OU D’UNE PIQÛRE
Les morsures d’animaux domestiques ou de serpents et les piqûres d’insectes ou d’animaux
subaquatiques sont des accidents que l’équipier secouriste rencontre couramment.
3.1 Conséquences
Les piqûres ou morsures entraînent :
- • Des plaies dont les risques sont l’hémorragie externe et l’infection, notamment pour les
morsures d’animaux (cf. RNC PSE 1) ;
- • L’inoculation de substances toxiques, encore appelées « venin », qui sont à l’origine
d’effets :
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Janvier 2007 CII - 4 - 2 Les atteintes liées aux circonstances
Toxique direct générant des manifestations locales désagréables (gonflement,
rougeur, douleur…) pouvant se généraliser et entraîner une détresse vitale (ex. :
venin de serpents exotiques) ;
Liés à la réaction de l’organisme à l’inoculation d’un venin, encore appelé
« réaction allergique ».
- • Des maladies graves comme la RAGE qui apparaît plusieurs jours après la morsure
d’un animal malade (chien…) et dont l’évolution est toujours mortelle après l’apparition
des premières manifestations. Cette maladie est prévenue par la vaccination si elle
réalisée juste après la morsure.
3.2 Signes de reconnaissance
Une piqûre ou une morsure se traduit par des manifestations visibles directes ou secondaires :
3.2.1 Manifestations directes
- • Hémorragie externe ;
- • Plaie sous forme de lacérations ou de coupures, si elle est provoquée par des dents
pointues ou coupantes ;
- • Plaie punctiforme unique ou multiple (piqûre d’hyménoptère, morsure de serpent…) ;
3.2.2 Manifestations secondaires
- • Gonflement, rougeur et douleur locale, plus ou moins étendus autour de la piqûre ;
- • Plus rarement, des signes de détresse vitale qui peuvent être :
Respiratoires, si la piqûre siège dans la bouche ou la gorge, car le gonflement
qu’elle provoque peut entraîner une obstruction des voies aériennes ;
Circulatoires, par action d’un venin (action directe ou réaction allergique grave),
plus particulièrement chez l’enfant ;
Neurologiques, par effet toxique de certains venins de serpents, d’araignées ou de
scorpions...
3.3 Principe de l’action de secours
Devant une victime qui présente une piqûre ou une morsure d’animal, l’équipier doit :
- • Arrêter le saignement et limiter le risque d’infection ;
- • Limiter la diffusion du venin, si possible ;
- • Demander un avis médical ;
- • Rassurer la victime.
Le risque infectieux (infections graves, tétanos, rage) doit être pris en compte et, à ce
titre, les sujets mordus doivent être examinés par un médecin.
3.4 Conduite à tenir
Intervenir en toute sécurité et mettre la victime hors de danger
Dans tous les cas, si la victime présente une détresse vitale (neurologique, respiratoire ou
circulatoire) réaliser les gestes de secours qui s’imposent et alerter ou demander un avis
médical immédiatement (cf. RNC PSE 1).
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3.4.1 Morsure d’animal
- • Arrêter le saignement en comprimant la plaie (cf. RNC PSE 1) ou laver la plaie à l’eau
et au savon (ou antiseptique) si elle ne saigne pas.
- • Protéger la plaie par un pansement stérile maintenu par un bandage propre (cf. RNC
PSE 1).
- • Demander ou faire demander un avis médical.
NB : La rage est une maladie virale potentiellement mortelle du système nerveux transmise par
la salive lors de morsures d’animaux infectés.
Une victime mordue par un animal susceptible d’être infecté (région endémique, animal malade,
animal non capturé…) doit obligatoirement suivre un traitement médical particulier. Une
consultation médicale est indispensable. L’animal, quant à lui, doit légalement être mis en
observation chez un vétérinaire et présenté, soit par ses propriétaires, soit par les forces de
police s’il s’agit d’un animal errant.
3.4.2 Piqûre d’insecte
Rarement dangereuses, les piqûres d’insectes sont souvent désagréables ou douloureuses.
Leur risque est lié à la multiplicité, la localisation (piqûres dans la bouche ou la gorge) ou la
réaction allergique qu’elles peuvent entraîner chez certains sujets.
- • Retirer le dard qui a permis à l’insecte d’injecter le venin, s’il est présent, en utilisant
une pince à écharde sans écraser la poche à venin.
- • Limiter la douleur et le gonflement en appliquant du froid (glace).
- • Demander à la victime de consulter un médecin si la douleur ou le gonflement persiste
ou si la rougeur s’étend.
Si la piqûre siège dans la bouche ou la gorge :
- • Demander à la victime de sucer de la glace ;
- • Demander un avis médical immédiat.
Dans le cas particulier où une victime est allergique au venin d’hyménoptères, l’équipier
secouriste pourra l’aider, si nécessaire, à s’injecter son traitement antiallergique (kit d’urgence).
Appeler le SAMU – centre 15.
3.4.3 Morsure ou piqûre d’animal marin
- • Rassurer la victime ;
- • Inactiver le venin en plaçant la zone atteinte dans l’eau chaude pendant 30 minutes au
minimum (ce type de venin est en général détruit par la chaleur) ;
- • Demander un avis médical.
3.4.4 Morsure de serpent
Les serpents sont habituellement peu dangereux dans notre pays, sauf s’il s’agit de certaines
catégories de serpents exotiques importés ou vivant naturellement dans les DOM/COM.
La morsure de serpent est reconnaissable, localement, par une ou deux plaies punctiformes
distantes de quelques millimètres.
- • Allonger la victime, lui demander de rester calme, la rassurer.
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Janvier 2007 CII - 4 - 4 Les atteintes liées aux circonstances
- • Réaliser un pansement compressif sur la morsure (cf. RNC PSE 1) pour limiter la
diffusion du venin. Vérifier que le pansement n’interrompt pas totalement la circulation
du membre, vous devez pouvoir glisser un doigt dessous.
- • Immobiliser le membre atteint à l’aide d’une attelle (cf. partie sur les immobilisations).
La compression et l’immobilisation concomitante de la zone atteinte limitent la diffusion du
venin.
- • Demander un avis médical.
NB : Toutes techniques d’aspiration, qu’elles soient buccales ou à l’aide d’appareil, sont
formellement interdites car elles favorisent la diffusion du venin.
4. PERSONNE VICTIME D’UN ACCIDENT ÉLECTRIQUE
On désigne sous le terme d’accident électrique, l’ensemble des lésions provoquées par le
passage d’un courant électrique dans l’organisme.
Il y a environ, en France, 200 accidents mortels par an liés à l’électricité. Ils surviennent dans
des circonstances variées :
- • Accidents du travail : activités industrielles, agricoles, artisanales ;
- • Accidents domestiques : utilisation d’appareils ménagers électriques défectueux,
surtout en ambiance humide (cuisine, salle de bain…), bricolage d’installation électrique
sous tension ;
- • Accidents de loisirs : parapente, pêche, cerf-volant à proximité de lignes à haute
tension...
4.1 Description
On distingue différents types d’accidents électriques :
- • L’accident par contact avec deux conducteurs sous tension ou un conducteur sous
tension et la terre ;
- • L’accident lié à la production d’un arc électrique ;
- • Le foudroiement : action de la foudre sur le corps humain. La foudre est la forme
d’électricité naturelle la plus dangereuse, responsable d’une vingtaine d’accidents
mortels par an.
4.2 Conséquences
Le passage du courant dans l’organisme peut entraîner :
- • Une perte de conscience par atteinte du système nerveux central ;
- • Un arrêt de la respiration par atteinte du système nerveux ou tétanisation des muscles
respiratoires ;
- • Un arrêt de la circulation suite à un arrêt respiratoire prolongé ou par survenue d’un
fonctionnement anarchique du coeur (fibrillation ventriculaire), lors du passage du
courant à travers le coeur ;
- • Une brûlure souvent grave, par flash ou arc électrique lors d’un court-circuit ;
- • Une brûlure électrique interne sur le trajet de passage du courant dont seuls sont
visibles les points d’entrée et de sortie qui doivent être systématiquement recherchés ;
- • Des traumatismes divers, en particulier de la colonne vertébrale, notamment cervicale,
si la victime a été projetée.
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Les courants à haute tension (> 1000 volts) provoquent des brûlures profondes.
Les courants de basse tension (< 1000 volts) provoquent surtout des fonctionnements
anarchiques du coeur (fibrillation ventriculaire).
4.3 Signes de reconnaissance
L’accident électrique est habituellement évoqué lors du bilan circonstanciel.
Les signes présentés par la victime ne sont pas spécifiques. La victime peut être consciente ou
inconsciente, en arrêt respiratoire ou cardio-respiratoire, présenter des brûlures plus ou moins
étendues ou des traumatismes associés.
Même si la victime ne présente aucun signe, des manifestations secondaires peuvent
apparaître. Un avis médical est indispensable.
4.4 Principe de l’action de secours
Devant une victime d’un accident électrique, l’équipier secouriste doit :
- • S’assurer qu’il intervient en toute sécurité (Cf. RNC PSE1) ;
- • Réaliser les gestes de secours nécessaires face à une détresse vitale ou un ACR ;
- • Refroidir les brûlures provoquées par flash ou par arc électrique qui viennent de se
produire et les protéger ;
- • Demander un avis médical pour toute victime d’accident électrique.
4.5 Conduite à tenir
- • S’assurer que la victime n’est pas en contact direct ou indirect (eau…) avec un
conducteur endommagé (fil électrique, appareil ménager sous tension…) ou un câble
électrique de haute tension au sol.
- • Si c’est le cas, faire écarter immédiatement les personnes présentes et leur interdire de
toucher la victime.
- • Si possible, couper le courant (débrancher l’appareil en cause…) ou faire couper le
courant par une personne qualifiée (EDF, SNCF…) avant de toucher la victime.
- • Ne pas s’approcher ou toucher la victime avant d’être certain que l’alimentation est
coupée (pour le courant haute tension, avoir été averti par les autorités responsables).
- • Réaliser un bilan d’urgence de la victime et les gestes de réanimation nécessaires.
Devant un ACR mettre en oeuvre le DAE.
- • Devant une victime qui présente une détresse vitale, l’installer en position d’attente,
alerter les secours médicalisés et administrer de l’oxygène dés que possible (cf. RNC
PSE 1).
- • Rechercher les lésions, notamment les brûlures par flash ou par arc électrique aux
points d’entrée et de sortie.
- • Devant une victime qui présente des brûlures : arroser et protéger les brûlures visibles.
Toute brûlure électrique doit être considérée comme une brûlure grave :
- • Demander un avis médical quelle que soit la gravité des lésions.
5. PERSONNE VICTIME D’UNE INTOXICATION
On appelle intoxication, un trouble engendré par la pénétration dans l’organisme d’une
substance appelée poison ou toxique.
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Les poisons ou toxiques sont très nombreux. Il peut s’agir d’aliments contaminés, de plantes
vénéneuses, de toxiques domestiques (lessives, détergents, décapants, désherbants…) ou de
toxiques industriels (gaz toxiques, produits chimiques…). Les drogues, les médicaments et
l’alcool peuvent également provoquer des intoxications.
Un poison peut pénétrer dans l’organisme par :
- • Ingestion : Le poison est avalé et absorbé par le tube digestif (aliments contaminés,
médicaments, produits domestiques…) ;
- • Inhalation : Le poison pénètre par les voies respiratoires et est absorbé dans
l’organisme par les poumons (gaz toxiques, aérosols…) ;
- • Injection : Le poison pénètre dans l’organisme par une plaie (venins, piqûres…) ;
- • Absorption : Le poison pénètre dans l’organisme à travers la peau saine (produits
industriels : désherbants, pesticides…).
Les intoxications peuvent être d’origine accidentelle ou volontaire.
5.1 Conséquences
La gravité d’une intoxication varie en fonction de la nature du toxique et de la quantité de
substance toxique qui a pénétré dans l’organisme.
Les toxiques peuvent entraîner des troubles des fonctions vitales allant jusqu'à la mort.
Une intoxication peut provoquer des troubles non spécifiques immédiats ou qui peuvent
apparaître secondairement :
- • Une inconscience ;
- • Un arrêt respiratoire ;
- • Un arrêt cardio-respiratoire ;
- • Une détresse vitale ;
- • Des troubles digestifs (douleurs, vomissements de sang) ;
- • Des brûlures…
5.2 Signes de reconnaissances
L’équipier secouriste peut se trouver dans deux situations différentes :
5.2.1 Les intoxications dues à un environnement toxique
Le toxique est dans l’air, sous forme de gaz ou de fines particules liquides en suspension
(monoxyde de carbone, gaz carbonique, fumées d’incendie, gaz irritants, toxiques de guerre...).
L’intoxication se fait par voie aérienne ou par absorption à travers la peau et elle touche toutes
les personnes qui sont exposées. Le nombre de victimes peut être très élevé (cf. partie sur les
situations avec de multiples victimes).
L’équipier secouriste peut reconnaître cette intoxication car :
- • Le nuage toxique est parfois visible ;
- • Il peut exister une forte odeur désagréable ou irritante ;
- • Plusieurs personnes présentent les mêmes plaintes ou les mêmes signes ;
- • La présence d’animaux malades ou morts peut orienter l’équipier secouriste.
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Le problème principal reste, dans ce cas, la sécurité des équipiers secouristes. Ces
derniers peuvent sans le savoir entrer en contact avec le toxique, d’autant plus que
certains gaz mortels sont totalement inodores et invisibles comme le monoxyde de
carbone.
5.2.2 Les intoxications par ingestion
Cette intoxication est volontaire, accidentelle ou liée à une erreur de dosage.
Des indices facilitent, lors du bilan circonstanciel ou complémentaire, la reconnaissance de
cette intoxication, comme la présence :
- • De comprimés ou de boîtes de médicaments vides (table, poubelle…) ;
- • De flacons « suspects », à contenu non identifié ;
- • De matériel à injection ;
- • De bouteilles d’alcool ;
- • D’une «lettre d’adieu» ;
- • De plantes vénéneuses ou de fruits toxiques (enfants : « intoxication de la dînette »)…
5.3 Principe de l’action de secours
5.3.1 Les intoxications dues à un environnement toxique
- • Assurer la sécurité des équipiers et mettre en sécurité la victime et les témoins
éventuels ;
- • Informer rapidement et transmettre les signes constatés.
5.3.2 Les intoxications par ingestion
- • Identifier autant que possible le toxique ;
- • Demander un avis médical et suivre les instructions.
5.4 Conduite à tenir
5.4.1 Les intoxications dues à un environnement toxique (Cf. partie sur les situations avec
de multiples victimes)
- • Suspecter la présence du toxique en fonction du bilan circonstanciel effectué en arrivant
sur les lieux ou à la suite du déclenchement du détecteur de CO si l’équipe en
possède ;
- • Se protéger du toxique en restant à distance, si nécessaire en supprimant la cause
et/ou en aérant le local ;
- • Réaliser, si possible, un dégagement d’urgence pour soustraire le plus rapidement
possible la victime de l’environnement toxique (Cf. RNC PSE 1) ;
- • Réaliser le bilan d’urgence vitale et les gestes de secours, une fois à distance de
l’atmosphère toxique ;
- • Alerter immédiatement ou faire alerter les secours spécialisés nécessaires.
5.4.2 Les intoxications par ingestion
- • Réaliser un bilan et les gestes de premiers secours nécessaires ;
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Janvier 2007 CII - 4 - 8 Les atteintes liées aux circonstances
- • Lors de l’interrogatoire de la victime et de l’entourage, évaluer la situation et
déterminer :
Les circonstances de survenue ;
La réalité de l’intoxication (certaines victimes simulent l’intoxication) ;
La nature du ou des toxiques en cause ;
La dose absorbée et l’heure l’absorption.
- • Conserver les emballages et les flacons des produits en cause ;
- • Ne pas faire vomir, ne pas faire boire sauf avis médical ;
- • Demander un avis médical et respecter les consignes données ;
- • Surveiller la victime.
Ne jamais administrer quoi que se soit par la bouche à une personne victime
d’une intoxication sans avis médical (centre 15, centre anti-poison).
6. PERSONNE VICTIME D’UN EFFET DE SOUFFLE
On appelle « effet de souffle » ou encore « blast » un traumatisme engendré par une onde de
choc, secondaire à une explosion.
Lors d’une explosion, la libération considérable d’énergie sous la forme de gaz à haute pression
entraîne une augmentation brutale de la pression atmosphérique, suivie d’une dépression
immédiate. La transmission de cette onde de pression et le déplacement d’une grande masse
d’air sont les principaux mécanismes responsables des lésions d’un effet de souffle.
6.1 Conséquences
Un effet de souffle est responsable :
- • De lésions internes de l’oreille, des poumons et du tube digestif par distension de l’air ;
- • De lésions de la peau et de lésions des os et des articulations (fracture, entorse et
luxation) par projection de la victime ou projection contre la victime d’objets divers
(polycriblage) ;
- • De brûlures graves en cas d’élévation de la température.
6.2 Signes de reconnaissance
Les circonstances de l’accident, comme la survenue d’une explosion, en particulier en milieu
clos, sont suffisantes pour considérer que toutes les personnes exposées sont susceptibles de
présenter un effet de souffle.
Dans le cadre d’une explosion :
- • Les victimes sont souvent multiples (cf. partie sur les situations avec de multiples
victimes) ;
- • Une victime présente souvent de multiples lésions : plaies, brûlures, fractures et lésions
internes qui peuvent, au début, passer inaperçues et se révéler secondairement.
Les signes auditifs comme un bourdonnement d’oreille, le saignement du conduit auditif ou la
survenue d’une surdité sont des signes d’atteinte interne par effet de souffle.
La survenue d’une détresse vitale, respiratoire ou circulatoire traduit la gravité de l’atteinte.
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6.3 Principe de l’action de secours
Devant une victime exposée à un effet de souffle, l’équipier secouriste doit :
- • S’assurer qu’il intervient en toute sécurité ;
- • Appliquer les principes de prise en charge de multiples victimes ;
- • Demander un avis médical même pour les victimes qui ne présentent aucun signe.
6.4 Conduite à tenir
- • Assurer la sécurité de la zone, dégager la (les) victime(s) si nécessaire ;
- • Regrouper les victimes en un point et appliquer les principes de prise en charge de
nombreuses victimes (cf. partie sur les situations avec de multiples victimes) ;
- • Examiner la ou les victime(s) et réaliser les gestes de secours qui s’imposent ;
- • Demander un avis médical pour toute personne exposée au souffle ;
- • Surveiller attentivement les victimes dans l’attente d’un relais.
Toutes les victimes exposées au souffle doivent être examinées par un médecin
7. PERSONNE VICTIME D’UNE COMPRESSION PROLONGÉE DES MUSCLES
La compression prolongée des masses musculaires d’une victime peut être, à plus ou moins
brève échéance, mortelle.
Pour cela, il faut que la compression interrompe la circulation sanguine au niveau des masses
musculaires comprimées et qu’elle dure plusieurs heures.
La compression musculaire est aussi appelée, « crush syndrom » ou « syndrome des
ensevelis ». Elle est rencontrée lors :
- • D’accidents du trafic routier ou ferroviaire, qui nécessitent une longue désincarcération ;
- • D’ensevelissements (éboulement, avalanche...) ;
- • D’effondrements de bâtiments (tremblement de terre, explosion…).
Dans ces circonstances, la compression s’exerce, le plus souvent, au niveau des membres.
7.1 Conséquences
L’arrêt de la circulation sanguine et la compression directe entraînent, progressivement, des
lésions des muscles qui s’accompagnent d’une production de déchets qui sont toxiques pour
l’organisme.
Ces déchets toxiques restent au niveau du membre, tant que ce dernier est comprimé, et sont
d’autant plus importants que la compression dure longtemps.
Au moment du dégagement de la victime et de la levée de la compression qui rétablit la
circulation sanguine, et en l’absence de traitement médical préventif, ces déchets entraînés par
le sang dans tout l’organisme sont de véritables poisons, notamment pour le coeur et les reins.
Cela peut se traduire par :
- • La survenue brutale d’un arrêt cardio-respiratoire juste après le dégagement ;
- • Une détresse circulatoire ;
- • Plus tard, par un blocage des reins de la victime.
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Janvier 2007 CII - 4 - 10 Les atteintes liées aux circonstances
Dans la plupart des cas, aucun signe n’apparaît immédiatement et il faudra systématiquement
prévenir le SAMU – centre 15, si on a la notion d’une compression prolongée.
Dans tous les cas, ce sont les conséquences immédiates (arrêt cardio-respiratoire, détresse
circulatoire) que l’on doit redouter sur le terrain.
Plus le dégagement est long, plus la durée de la compression sera prolongée et plus les risques
lors de la levée de la compression seront grands.
7.2 Signes de reconnaissance
Une partie de la victime, habituellement un ou plusieurs de ses membres, est coincée sous une
charge importante.
Si la partie du corps qui siège en dessous de la compression est accessible, elle est froide, pâle
et insensible.
A la compression prolongée des masses musculaires peuvent s’associer d’autres lésions
traumatiques créées par les mêmes circonstances : plaies, fractures, luxations…
7.3 Principe de l’action de secours
Toute suspicion de compression prolongée des masses musculaires doit être médicalisée.
Aucune levée de compression ne doit avoir lieu en l’absence d’un médecin ; si la levée de la
compression est réalisée sans aucune précaution, la victime peut présenter une détresse
circulatoire ou un arrêt cardio-respiratoire.
7.4 Conduite à tenir
Les gestes de premiers secours sont limités du fait de la situation de la victime (en général, peu
accessible) et du risque lié aux circonstances de l’accident.
- • Alerter immédiatement, informer de la situation afin d’obtenir des secours spécialisés et
médicaux ;
- • Examiner la victime autant que possible ;
- • Evaluer la durée de la compression par rapport à l’horaire de l’événement ;
- • Réaliser les gestes de secours nécessaires et possibles ;
- • Protéger la victime du froid et des risques liés au dégagement (projections) ;
- • Parler à la victime, la rassurer, surtout si celle-ci n’est pas accessible.
La levée de la compression se fera après avis médical et en présence d’un médecin.
La pose de garrot ne sera jamais effectuée par l’équipier secouriste, sauf sur demande
d’un médecin.
8. PERSONNE VICTIME D’UNE EXPOSITION PROLONGÉE À LA CHALEUR
Plus la température ambiante est élevée, plus l’organisme a du mal à perdre de la chaleur.
De plus, si l’atmosphère est humide, la sueur (qui permet normalement un refroidissement du
corps par évaporation) ne peut plus s’évaporer.
Dans de telles circonstances, en particulier si elles sont prolongées et accompagnées d’un
exercice intense ou de la prise de drogues, une élévation de la température de l’organisme se
produit.
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Les atteintes liées aux circonstances CII - 4 - 11 Janvier 2007
8.1 Conséquences
Il existe 2 différents types de troubles liés à l’exposition prolongée à la chaleur :
- • Le coup de chaleur ;
- • L’insolation.
8.1.1 Le coup de chaleur
Le coup de chaleur survient chez les personnes qui sont exposées à la chaleur pendant
plusieurs heures, voire plusieurs jours. L’organisme réagit, au début, par des sueurs
abondantes qui, si elles ne sont pas compensées par un apport d’eau, entraînent une
déshydratation.
Les nourrissons, les personnes âgées, les malades sont plus exposés à la survenue d’un coup
de chaleur.
L’effort physique, lors d’activités sportives ou professionnelles, facilite également la survenue
d’un coup de chaleur.
Sans secours et, particulièrement si la victime est isolée (seule à domicile), l’évolution peut être
mortelle. Tel a été le cas des nombreux décès enregistrés lors de la canicule de l’été 2003 dans
notre pays.
8.1.2 L’insolation
L’insolation survient chez des personnes qui sont exposées de manière directe et prolongée au
soleil. Cette exposition brutale entraîne une détresse neurologique qui empêche l’organisme de
lutter contre la chaleur ; la température du corps s’élève rapidement.
Sans secours immédiat, la mort de la victime peut survenir rapidement.
8.2 Comment reconnaître :
8.2.1 Le coup de chaleur ?
La victime présente, au début :
- • Des maux de tête ;
- • Des sueurs importantes ;
- • Des crampes musculaires ;
- • Une fatigue intense ;
- • Des nausées ;
- • Une température normale ou peu élevée.
Rapidement une détresse circulatoire s’installe et la température de l’organisme s’élève.
8.2.2 L’insolation ?
La victime présente :
- • Des maux de tête ;
- • Aucune sueur ;
- • Une peau sèche, rouge et très chaude ;
- • Des troubles du comportement et/ou de la conscience ;
- • Une température très élevée.
Rapidement une détresse neurologique s’installe.
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8.3 Principe de l’action de secours
- • Dans tous les cas : soustraire la victime à la cause ;
- • Faire boire de l’eau en petite quantité ;
- • Refroidir la victime ;
- • Demander un avis médical dans tous les cas.
8.4 Conduite à tenir
8.4.1 Le coup de chaleur
- • Installer la victime à l’abri, dans un endroit frais, climatisé si possible ;
- • Mettre la victime au repos dans la position où elle se sent le mieux ;
- • Recouvrir la victime d’un linge humide, utiliser un brumisateur ou un ventilateur pour la
refroidir. Chez l’enfant ou le nourrisson, lui faire prendre un bain ;
- • Si la victime est consciente et ne vomit pas, lui donner de l’eau à boire par petites
gorgées ;
- • Réaliser un bilan de la victime, lui prendre la température et effectuer les gestes de
secours qui s’imposent ;
- • Demander un avis médical et respecter les conseils donnés ;
- • Surveiller attentivement la victime (détresse circulatoire) et réconforter la victime
jusqu’au relais.
8.4.2 L’insolation
- • Installer la victime à l’abri, dans un endroit frais, climatisé si possible ;
- • Allonger la victime tête surélevée si elle est consciente ;
- • Réaliser un bilan de la victime et les gestes de secours qui s’imposent ;
- • Demander un avis médical ;
- • Retirer les vêtements de la victime en lui gardant les sous vêtements ;
- • Après avis médical, recouvrir la victime d’un drap mouillé avec de l’eau froide pour lui
faire baisser sa température. Arroser régulièrement le drap pour le maintenir humide.
Appliquer si possible un dispositif de froid sur la tête et la nuque ;
- • Surveiller attentivement la victime et réconforter la victime jusqu’au relais.
9. PERSONNE VICTIME D’UN ACCIDENT DÛ AU FROID
L’équipier secouriste peut être confronté à deux types d’accidents liés au froid :
- • Les gelures sont des lésions dues au froid (gel) qui siègent en règle générale au
niveau des extrémités de l’organisme : nez, oreilles, orteils et pieds, doigts et main. Il
s’agit d’une lésion provoquée par un refroidissement local.
- • L’hypothermie de l’organisme se constitue quand la température du corps,
normalement aux alentours de 37°C, devient inférieure à 35°C. Ce refroidissement
survient à la suite d’une exposition prolongée au froid, plus particulièrement humide.
Les personnes âgées, les enfants, les « sans abris », les malades ou personnes fragiles sont
plus particulièrement exposés aux accidents dus au froid. L’exposition au vent, le séjour dans
l’eau, l’alcool et la prise de drogues facilitent ces accidents.
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Les atteintes liées aux circonstances CII - 4 - 13 Janvier 2007
Les gelures peuvent être accompagnées d’une hypothermie.
9.1 Conséquences
L’immobilité et l’exposition prolongée des extrémités de l’organisme au froid, entraînent une
interruption de la circulation et une lésion des tissus.
Sans intervention, l’hypothermie provoque un ralentissement des fonctions vitales,
éventuellement jusqu'à leur interruption (inconscience, arrêt cardio-respiratoire).
9.2 Comment reconnaître :
9.2.1 Les gelures ?
Elles siègent au niveau des extrémités.
Elles débutent par une sensation de « piqûres d’aiguille », suivie d’un engourdissement et d’un
durcissement des extrémités, avec pâleur locale, dont l’évolution se fera vers une peau brune,
accompagnée d’une insensibilité.
Au cours du réchauffement, les extrémités deviennent douloureuses, rouges, chaudes et il
apparaît des cloques.
9.2.2 L’hypothermie ?
A mesure que la température du corps diminue, la victime présente successivement :
- • Des frissons ;
- • Une peau pâle, froide et sèche ;
- • Des troubles de la conscience (désorientation, confusion, agitation, inconscience) ;
- • Un ralentissement de la respiration ;
- • Un ralentissement du pouls qui devient très difficile à percevoir ;
- • Dans le cas extrême, un arrêt cardio-respiratoire.
9.3 Principe de l’action de secours
- • Eviter toute déperdition supplémentaire de chaleur ;
- • Surveiller attentivement la victime (risque d’arrêt cardio-respiratoire) ;
- • Demander un avis médical.
9.4 Conduite à tenir
- • Isoler la victime dans un endroit chaud (habitation, véhicule, ambulance…), lui ôter les
vêtements surtout s’ils sont mouillées ou humides.
- • Examiner la victime et réaliser les gestes de secours qui s’imposent ;
- • Si vous avez le matériel adapté et si vous êtes formé à son utilisation, prendre la
température de la victime. Noter le chiffre relevé et le transmettre.
- • Envelopper la victime dans des couvertures puis dans une couverture de survie.
- • Demander un avis médical.
Si la victime présente des signes de gelures :
- • Enlever doucement gants, bagues, chaussures ;
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 4 - 14 Les atteintes liées aux circonstances
- • Lorsque la victime est au stade de la sensation de « piqûres d’aiguilles », pour
empêcher l’aggravation des lésions :
Ne pas frotter, ni masser les régions gelées ;
Envelopper les zones atteintes dans des linges, ou les placer, lorsque cela est
possible, au contact de la peau de la victime (mains sous les aisselles, etc.…)
pour les réchauffer ;
- • Demander un avis médical.
Toute victime qui présente une hypothermie doit être examinée par un médecin
10. PERSONNE VICTIME D’UNE PENDAISON OU D’UNE STRANGULATION
On appelle pendaison une suspension du corps par le cou et étranglement ou strangulation,
une constriction du cou ou une pression sur la gorge.
La pendaison et la strangulation peuvent survenir :
- • De manière accidentelle, par exemple lorsqu’un vêtement ou une cravate se prend
dans une machine ou au cours de jeu, notamment chez les enfants ;
- • De façon volontaire, dans un but suicidaire ou criminel.
10.1 Conséquences
Si l’on exerce une pression sur l’extérieur du cou, les voies aériennes et les vaisseaux du cou
sont comprimés : l’afflux d’air vers les poumons et/ou la circulation du sang vers le cerveau sont
interrompus.
Lors de la pendaison, sous l’effet du poids du corps (chute), la victime peut avoir une lésion
vertébrale avec atteinte de la moelle épinière.
10.2 Comment reconnaître ?
Le bilan circonstanciel permet souvent de constater une pendaison ou de suspecter une
strangulation : corps pendu (même si une partie du corps touche le sol), présence d’un objet
constrictif autour du cou.
La victime peut être inconsciente, présenter un arrêt cardio-respiratoire ou une détresse
respiratoire.
L’examen du cou de la victime peut montrer des marques (traces de strangulation).
10.3 Principe de l’action de secours
- • Supprimer la cause tout en protégeant le rachis cervical ;
- • Réaliser les gestes de secours d’urgence nécessaire ;
- • Obtenir un avis médical.
10.4 Conduite à tenir
- • Desserrer et enlever rapidement toute source de constriction du cou, soutenir puis
dépendre le corps en se faisant aider.
- • Maintenir l’axe tête cou tronc dés que possible ;
- • Allonger la victime au sol ;
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les atteintes liées aux circonstances CII - 4 - 15 Janvier 2007
- • Poser un collier cervical ;
- • Examiner la victime et réaliser les gestes de réanimation ou de secours nécessaires ;
- • Demander un avis médical immédiatement, même si la victime ne présente aucun signe
de détresse.
Ne pas détruire, jeter ou déplacer des objets, plus que nécessaire, comme une corde
nouée qui peut servir de preuve à la police.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les affections spécifiques CII - 5 - 1 Janvier 2007
PARTIE 5
LES AFFECTIONS SPÉCIFIQUES
1. OBJECTIFS
A la fin de cette partie, vous serez capable de prendre en charge une personne, victime d’une
affection spécifique. Plus précisément, il s’agit de :
- • Prendre en charge un malade qui présente une crise convulsive généralisée.
- • Prendre en charge un diabétique qui présente un malaise.
- • Prendre en charge une personne qui présente une crise d’asthme.
- • Prendre en charge une personne, victime d’une réaction allergique.
- • Prendre en charge une femme enceinte (accouchement ou fausse couche).
- • Réaliser la technique suivante :
- Aider à la prise d’un médicament.
2. PRINCIPE
Les affections particulières regroupent un ensemble d’affections facilement identifiables par
l’équipier secouriste et qui nécessitent d’adapter la conduite à tenir générale.
Dans tous les cas, l’équipier secouriste doit appliquer la conduite à tenir générale devant la
victime : bilan circonstanciel, bilan d’urgence vitale, bilans complémentaires, gestes de secours
nécessaires et surveillance. Toutefois, il doit aussi réaliser des gestes complémentaires
spécifiques liés à l’affection que présente la victime.
3. MALADE QUI PRÉSENTE UNE CRISE CONVULSIVE GÉNÉRALISÉE
La crise convulsive se caractérise par la survenue brutale d’une perte de connaissance,
accompagnée de mouvements de type secousses involontaires qui touchent, en règle générale,
l’ensemble du corps et qui durent moins de 5 minutes. Exceptionnellement, elles peuvent se
prolonger.
3.1 Les causes
Les crises convulsives peuvent avoir de nombreuses causes (cf. partie sur les accidents
électriques), y compris :
- • L’épilepsie ;
- • Certaines maladies entraînant des lésions cérébrales ;
- • Le traumatisme crânien ;
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 5 - 2 Les affections spécifiques
- • Le manque d’oxygène au niveau du cerveau ;
- • L’absorption de certains poisons ;
- • La fièvre élevée, notamment chez le nourrisson.
3.2 Conséquences
La survenue d’une crise convulsive peut être à l’origine :
- • De traumatismes ;
- • D’une obstruction des voies aériennes par la langue chez une victime inconsciente si
elle est laissée sur le dos ou si elle vomit.
- • La crise convulsive peut être le signe d’une maladie grave : Elle peut être, notamment,
le signe d’un arrêt cardiaque.
3.3 Signes de reconnaissance
La crise convulsive se caractérise par :
- • La survenue d’une perte brutale de connaissance avec chute de la victime ;
- • La survenue, ensuite, d’une raideur de la victime et de secousses musculaires
involontaires, touchant un ou plusieurs membres, accompagnées d’une fermeture de la
bouche et d’une respiration bruyante. Cette phase dure, en règle générale, moins de 5
minutes pendant lesquelles la victime peut uriner ou se mordre la langue ;
- • Après les secousses, la victime reste inconsciente quelques minutes puis reprend
progressivement conscience. Elle peut être hébétée ou se comporter de manière
étrange ;
- • La victime ne se souvient de rien (amnésie des circonstances).
3.4 Principe de l’action de secours
Devant une victime qui présente une crise convulsive, l’équipier secouriste doit :
3.4.1 Pendant la crise
- • Eviter à la victime de se blesser ;
3.4.2 Au décours de la crise
- • Réaliser un bilan complet de la victime et les gestes de secours nécessaires ;
- • Assurer la liberté des voies aériennes ;
- • Demander un avis médical ;
- • Refroidir un nourrisson qui présente de la fièvre ;
- • Rassurer l’entourage ;
- • Surveiller attentivement la victime et vérifier l’existence d’une ventilation et du pouls
carotidien.
3.5 Conduite à tenir
L’équipier secouriste ne pourra, à aucun moment, arrêter une crise convulsive qui a
débuté, il ne doit pas contraindre les mouvements de la victime.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les affections spécifiques CII - 5 - 3 Janvier 2007
Si vous êtes présent au début de la crise, éviter que la victime chute et ne se blesse. Allonger la
victime au sol, écarter les personnes qui sont autour.
Pendant la crise convulsive, il faut :
- • Dégrafer le col ou la cravate de la victime ;
- • Glisser, si possible, un vêtement ou une couverture sous et autour de sa tête pour la
protéger ;
- • Ecarter tout objet qui pourrait être traumatisant.
Au décours de la crise convulsive, il faut :
- • Examiner la victime ;
- • Assurer la liberté des voies aériennes et placer la victime en position latérale de
sécurité si elle est inconsciente et qu’elle respire ;
- • Si la victime ne respire pas, pratiquer alors les gestes qui s’imposent ;
- • Demander un avis médical, dès que possible ;
- • Lorsque la victime redevient consciente, la garder au calme et la rassurer ;
- • Noter l’heure de survenue et la durée de la crise ;
- • Dans la mesure du possible changer les vêtements souillés.
3.6 Cas particuliers
- Tout mouvement anormal et répétitif chez une victime inconsciente doit être signalé
dans le bilan.
- La persistance d’une crise au-delà de 5 minutes ou la répétition des crises sont des
signes de gravité qui imposent d’appeler le SAMU – centre 15 immédiatement.
- La crise convulsive chez le nourrisson :
- • Cette crise est habituellement provoquée par la fièvre lors d’une maladie infectieuse
(infection de la gorge, de l’oreille…) ou d’une exposition exagérée à la chaleur.
- • Elle s’accompagne d’une révulsion oculaire, d’un tremblement des paupières, d’une
pâleur ou d’une cyanose si le nourrisson s’arrête de respirer ;
- • L’enfant est chaud au toucher s’il a de la fièvre ;
- • La conduite à tenir est identique à celle de l’adulte, mais il faut en plus contrôler la
température de l’enfant et, en cas de fièvre, le refroidir. C’est à dire :
Découvrir l’enfant ;
Aérer la pièce ;
Recouvrir l’enfant d’un linge humide ;
Demander un avis médical et réaliser les consignes données.
4. DIABÉTIQUE QUI PRÉSENTE UN MALAISE
Comme l’oxygène, le sucre est essentiel au fonctionnement de l’organisme et, notamment, du
cerveau. L’organisme produit une hormone appelée « insuline » qui intervient dans le transport
et la pénétration du sucre dans les tissus.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 5 - 4 Les affections spécifiques
Le diabète est une maladie au cours de laquelle l’organisme, par manque de production de
cette hormone, n’arrive pas à réguler le passage et l’utilisation du sucre qui est transporté par le
sang vers les tissus du corps.
Les diabétiques doivent surveiller attentivement la quantité de sucre présente dans leur
alimentation.
Certains utilisent un appareil qui leur permet, à partir d’une goutte de sang prélevée au niveau
du doigt, de mesurer et de surveiller leur taux de sucre dans l’organisme. Un traitement
médical, pris régulièrement, leur permet de réguler l’utilisation du sucre par l’organisme.
Un apport insuffisant de sucre ou un excès de traitement peuvent entraîner un manque grave
de sucre à l’origine d’un malaise : c’est « l’hypoglycémie ».
La plupart des diabétiques connaissent ce risque et ont sur eux un morceau de sucre qu’ils
doivent prendre immédiatement en cas de malaise pour faire remonter le taux de sucre
rapidement. Cependant, la survenue du malaise est parfois très brutale. L’équipier doit alors
aider le diabétique.
4.1 Les causes
Les malaises par manque de sucre sont fréquents chez le diabétique et sont facilités par :
- • Une alimentation inadaptée ;
- • Un exercice physique intense ;
- • L’excès de traitement ;
- • L’exposition prolongée au soleil ;
- • La fièvre…
4.2 Conséquences
Lorsque le taux de sucre diminue, le fonctionnement du cerveau est rapidement altéré et une
détresse neurologique s’installe pouvant aller jusqu'à l’inconscience.
4.3 Signes de reconnaissance
Les signes apparaissent chez une personne connue comme étant diabétique. Dans sa forme la
plus grave, la victime peut être inconsciente (cf. RNC PSE 1).
Si elle est consciente, la victime peut se plaindre :
- • D’avoir faim ;
- • D’être très fatiguée ;
- • De sentir son coeur battre rapidement ;
- • De tremblements.
Lors de l’examen, l’équipier secouriste constate :
- • Parfois un trouble du comportement (agitation, agressivité, signes d’ébriété sans
consommation d’alcool…) ;
- • Des sueurs abondantes ;
- • Une pâleur.
Quand l’équipier secouriste interroge la victime ou son entourage, il apprend qu’elle est
diabétique.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les affections spécifiques CII - 5 - 5 Janvier 2007
4.4 Principe de l’action de secours
Devant un diabétique qui présente un malaise, l’équipier secouriste doit :
- • Aider la victime à faire remonter le taux de sucre dans son sang, si elle est consciente ;
- • Demander un avis médical.
4.5 Conduite à tenir
Si la victime est inconsciente, réaliser les gestes de secours qui s’imposent (cf. RNC PSE 1)
Si la victime est consciente :
- • Réaliser le bilan de la victime (cf. partie sur les bilans) ;
- • Aider la victime à prendre du sucre (immédiatement plusieurs morceaux de sucre puis
du pain, de la confiture…) ;
- • Demander un avis médical si son état ne s’améliore pas rapidement ou au moindre
doute.
5. PERSONNE QUI PRÉSENTE UNE CRISE D’ASTHME
La crise d’asthme est provoquée par la contraction brutale des muscles bronchiques. Cette
manifestation aboutit à un rétrécissement des voies aériennes qui rend la respiration difficile.
Les asthmatiques ont souvent avec eux des médicaments sous forme d’aérosol doseur (spray)
qu’ils utilisent en cas de crise pour la faire céder. Ces médicaments entraînent une dilatation
des petites bronches et facilitent la respiration.
5.1 Les causes
La crise d’asthme peut être déclenchée par certains facteurs favorisants, comme :
- • Une allergie ;
- • Une infection ;
- • Certains médicaments ;
- • La fumée…
5.2 Conséquences
La crise d’asthme rend la respiration difficile et peut entraîner une détresse respiratoire (cf.
RNC PSE 1).
5.3 Signes de reconnaissance
Les signes apparaissent chez une personne souvent connue comme étant asthmatique.
Dans sa forme grave :
- • La victime est consciente, très angoissée et se plaint de respirer difficilement.
Lors de l’examen, l’équipier secouriste peut constater :
- • Un sifflement à l’expiration ;
- • Une difficulté à parler ;
- • Une agitation ;
- • La victime demande à rester assise et refuse de s’allonger ;
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 5 - 6 Les affections spécifiques
- • La victime peut présenter une détresse respiratoire avec trouble de la conscience,
voire un arrêt cardio-respiratoire (cf. RNC PSE 1).
5.4 Principe de l’action de secours,
Devant une personne qui présente une crise d’asthme, l’équipier secouriste doit :
- • Faciliter la respiration de la victime ;
- • Demander un avis médical.
5.5 Conduite à tenir
La victime présente une détresse respiratoire, s’arrête de respirer ou présente une
inconscience :
- • Réaliser les gestes de secours qui s’imposent (cf. RNC PSE 1).
La victime est consciente :
- • Installer la victime dans la position où elle se sent le mieux pour respirer, il s’agit
souvent de la position assise ou demi assise ;
- • La rassurer, lui demander de rester calme ;
- • Aider la victime à utiliser son aérosol doseur (cf. technique sur l’administration de
médicaments). L’utilisation d’un aérosol doseur peut permettre de faire céder la crise
rapidement ;
- • Mettre la victime sous inhalation d’oxygène (cf. RNC PSE1) ;
- • Demander dans tous les cas un avis médical.
6. PERSONNE VICTIME D’UNE RÉACTION ALLERGIQUE
L’allergie est une réaction de l’organisme à une substance étrangère touchée, inhalée ou
avalée comme le pollen, un aliment, un produit chimique ou un médicament.
6.1 Conséquences
Les réactions allergiques provoquent plusieurs types de conséquences qui peuvent coexister
chez une même personne :
- • Des manifestations respiratoires comme un écoulement nasal (rhume des foins
Mais parfois ces manifestations peuvent être graves, comme la survenue :
- • D’une détresse respiratoire par crise d’asthme ou secondaire à un gonflement de la
peau au niveau du cou, du visage et de la gorge avec obstruction des voies aériennes ;
- • D’une détresse circulatoire.
Parfois, des personnes connaissent bien leur allergie et le risque qu’elles encourent. Dans ce
cas, elles peuvent être en possession d’un médicament sous forme de seringue auto injectable
dont l’administration doit être rapide au début des signes de la réaction allergique.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les affections spécifiques CII - 5 - 7 Janvier 2007
6.2 Signes de reconnaissance
Ils peuvent survenir chez une personne qui connaît son allergie ou qui présente ces signes pour
la première fois. Il s’agit :
- • D’un écoulement nasal, d’éternuements ;
- • D’une modification de la voix (qui devient rauque…) ;
- • D’un gonflement de la peau au niveau du cou, du visage et des paupières ;
- • De l’apparition de plaques rouges sur la peau avec démangeaisons.
Ils peuvent être isolés ou associés et annoncer une détresse respiratoire ou une détresse
circulatoire.
6.3 Principe de l’action de secours
Devant une personne qui présente une réaction allergique, l’équipier secouriste doit :
- • Examiner la victime et réaliser les gestes de secours qui s’imposent ;
- • Aider la victime à s’administrer un médicament si nécessaire ;
- • Demander un avis médical.
Dans tous les cas, l’équipier secouriste se limitera strictement à réaliser les gestes
secouristes enseignés
6.4 Conduite à tenir
Si la victime présente une détresse respiratoire, une détresse circulatoire ou devient
inconsciente, réaliser les gestes de secours qui s’imposent (cf. RNC PSE 1).
Si la victime connaît son allergie et possède une seringue auto injectable, l’aider à l’utiliser
si elle le demande.
Dans tous les cas demander un avis médical au SAMU – centre 15.
Surveiller la victime jusqu’au relais.
7. FEMME ENCEINTE (ACCOUCHEMENT, FAUSSE COUCHE)
L’équipier secouriste peut rencontrer deux situations dans lesquelles il est amené à porter
secours : l’accouchement et la fausse couche.
7.1 L’accouchement
L’accouchement est un phénomène naturel qui permet à une femme enceinte d’expulser
l’enfant hors de l’utérus au terme de la grossesse. La durée de l’accouchement est variable, le
plus souvent suffisamment long pour que l’on ait le temps d’emmener la femme enceinte à
l’hôpital. C’est pourquoi, il est important de connaître les signes annonciateurs de
l’accouchement.
7.1.1 Description
Le foetus (futur enfant) prêt à naître se trouve dans le ventre de la mère à l’intérieur d’un muscle
appelé l’utérus.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 5 - 8 Les affections spécifiques
Il baigne dans un liquide naturel
(liquide amniotique) et est relié à la
mère par l’intermédiaire d’un cordon
(cordon ombilical) à l’intérieur duquel
transitent les vaisseaux nécessaires
au développement du foetus. Ce
dernier est relié à l’utérus par le
placenta (fig. 5.1).
7.1.2 La naissance d’un enfant se déroule en trois étapes :
1) Le travail :
A la fin de la grossesse, l’utérus commence à se contracter, de plus en plus régulièrement et de
plus en plus fort.
L’utérus commence à s’ouvrir pour pouvoir laisser passer l’enfant. L’ouverture se traduit par la
sortie de glaires sanguinolentes et parfois d’un liquide clair (perte des eaux).
Le travail peut durer de plusieurs minutes à plusieurs heures suivant la personne. Il est
habituellement plus rapide chez une femme qui a déjà accouché une ou plusieurs fois.
2) L’expulsion :
L’orifice (col) de l’utérus s’ouvre de plus en plus sous l’effet des contractions. Le foetus descend
vers le vagin, en général la tête la première. Le nouveau né apparaît alors et progressivement
va sortir du corps de la mère. Une fois expulsé, le nouveau né se met à crier mais est toujours
relié à la mère par le cordon ombilical. Le nouveau né peut alors, après section du cordon
ombilical, être pris en charge.
L’expulsion peut durer plusieurs minutes.
3) La délivrance :
Il s’agit de la sortie hors de l’utérus du placenta et du reste du cordon ombilical. Elle survient 20
à 30 minutes après la sortie du nouveau né.
7.1.3 Le début du travail
a) Signes de reconnaissance
La mère se plaint de douleurs au ventre de plus en plus intenses et de plus en plus
rapprochées et prolongées.
La mère peut percevoir un écoulement d’eau plus ou moins abondant entre les cuisses (perte
des eaux).
Figure 5.1 : Position du foetus dans le ventre de la mère
Placenta
Utérus
Vessie
Vagin
Coccyx
Rectum
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les affections spécifiques CII - 5 - 9 Janvier 2007
b) Principe de l’action de secours
- • Demander un avis médical ;
- • Rassurer la mère.
c) Conduite à tenir
- • Réconforter la mère ;
- • Installer la future maman dans la position la plus confortable pour elle ;
- • Réaliser un bilan au cours duquel vous demanderez à la mère ou son entourage :
S’il s’agit du premier accouchement ;
La date et le lieu prévus de l’accouchement ;
Si la mère a perdu les eaux, depuis quand et leur couleur ;
Si la grossesse a été normale et est suivie par un médecin (un carnet de
grossesse peut avoir été rédigé) ;
Les antécédents.
- • Noter la fréquence et la durée des contractions ;
- • Administrer de l’oxygène à la mère (important pour le foetus) ;
- • Demander un avis médical et respecter les consignes du médecin ;
- • Surveiller la mère, lui parler.
7.1.4 L’expulsion
a) Signes de reconnaissance
L’expulsion se produit naturellement. La mère ressent une envie involontaire de pousser. La
tête du nouveau né commence à apparaître entre les cuisses de la mère, puis ses épaules.
b) Conséquences
L’expulsion ne doit pas être rapide, ni brutale. Se méfier que le nouveau né ne chute pas au sol.
Au cours de l’expulsion, le cordon peut être entouré autour du cou du nouveau né et l’empêcher
de sortir complètement.
c) Principe de l’action de secours
- • Laisser faire la nature ;
- • Ne jamais tirer sur le cordon ombilical ;
- • Eviter la chute du nouveau né ;
- • Eviter le refroidissement et l’étouffement du nouveau né.
d) Conduite à tenir
- • Réduire le nombre de personnes présentes au minimum, mais conserver une
personne que la mère désire voir rester ;
- • Demander un avis médical si ce n’est pas déjà fait ;
- • Se protéger contre les projections liquides (gants, masque, lunettes) ;
- • Installer la future maman confortablement sur un lit en position demi assise, cuisses
fléchies, jambes écartées (fig. 5.2). Recouvrir la mère d’un drap ;
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 5 - 10 Les affections spécifiques
- • Dés que la tête de l’enfant est sortie, dire à la mère de ne plus pousser sauf au
moment du passage des épaules ; laisser l’expulsion se faire naturellement (fig. 5.3a) ;
- • Si le cordon ombilical entoure le cou du nouveau né, le faire glisser, si possible,
délicatement par-dessus sa tête ;
- • Maintenir l’enfant avec les mains (protégées par des gants à usage unique), placées
sous son corps pendant la sortie (fig. 5.3 b) ;
- • Noter l’heure de la naissance ;
- • Une fois expulsé, le nouveau né se met à crier. Allonger l’enfant sur le ventre de sa
mère, au contact direct avec sa peau ;
- • Clamper le cordon ombilical à environ 10 cm du nouveau né en utilisant un clamp
prévu à cet effet.
Ne jamais tirer sur le cordon ombilical
- • Sécher le nouveau né avec une serviette éponge et recouvrir le nouveau né et la mère
d’une couverture isotherme ;
- • Surveiller la mère et l’enfant dans l’attente d’un relais ;
- • Si l’enfant ne crie pas, rechercher une détresse vitale et pratiquer les gestes qui
s’imposent (cf. RNC PSE 1).
a b
Figure 5.2 : Accouchement, installation de la mère
Figure 5.3 : Accouchement - (a) début de l’accouchement,
(b) Position des mains de l’équipier pour la sortie du nouveau né
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Les affections spécifiques CII - 5 - 11 Janvier 2007
7.1.5 La délivrance
a) Signes de reconnaissance
20 à 30 minutes après l’expulsion, la mère ressent de nouvelles contractions. Il est rare qu’une
aide médicale ne soit pas présente à cette phase.
b) Conséquences
Une hémorragie peut survenir après la délivrance.
c) Principe de l’action de secours
- • Rassurer et surveiller attentivement la maman ;
- • Conserver le placenta.
d) Conduite à tenir
- • Rassurer la mère lors des nouvelles contractions.
Ne jamais tirer sur le cordon ombilical
- • Ne pas tirer sur le cordon, laisser la mère pousser seule ;
- • Surveiller la mère. En cas de saignement abondant ou de signes de détresse
circulatoire, réaliser les gestes qui s’imposent (cf. RNC PSE 1) ;
- • Conserver le placenta, y compris les morceaux, dans un sac plastique. Le médecin doit
vérifier l’intégralité du placenta (risque hémorragique, risque infectieux).
7.2 La fausse couche (ou avortement spontané)
La fausse couche est la perte d’un embryon ou d’un foetus avant la 22ème semaine de
grossesse.
a) Conséquences
La fausse couche fait courir le risque d’hémorragie grave et de détresse circulatoire.
b) Signes de reconnaissance
La femme enceinte, victime d’une fausse couche, se plaint généralement d’une douleur du
ventre. Cette douleur est accompagnée d’un saignement vaginal inattendu qui peut être
brutal et parfois abondant.
Dans certaines situations la grossesse est cachée ou méconnue.
c) Principe de l’action de secours
Devant une femme qui présente une fausse couche, l’équipier secouriste doit :
- • Rassurer et réconforter la victime ;
- • Se limiter aux gestes secouristes enseignés ;
- • Demander un avis médical.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 5 - 12 Les affections spécifiques
d) Conduite à tenir
- • Allonger la victime dans une position confortable ; la couvrir si nécessaire ;
- • Lui demander la date de début de la grossesse et si elle est suivie pour cette
grossesse. Si la grossesse est non connue, la date des dernières règles ;
- • Proposer à la victime de placer entre les cuisses des serviettes ou des pansements
absorbants pour assurer une protection (cf. partie sur les hémorragies externes) ;
- • Demander un avis médical (médecin traitant, médecin du centre 15) ;
- • Si la fausse couche survient, conserver l’embryon et les morceaux qui seront utilisés
par le médecin pour en vérifier l’intégralité et pour les analyser ;
- • Sur avis médical, ou si la victime présente des signes de détresse circulatoire, réaliser
les gestes de secours qui s’imposent (cf. partie sur les détresses vitales) ;
- • Surveiller la victime sans lui donner à boire.
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Les affections spécifiques CII - 5 - 13 Janvier 2007
TECHNIQUE 5.1 – AIDER À LA PRISE D’UN MÉDICAMENT
1. Justification
Certains médicaments ont un effet rapide et très efficace sur certains malaises ou l’aggravation
brutale d’une maladie. Leur administration peut limiter ou retarder cette aggravation et prévenir
la survenue d’une détresse.
2. Indications
Un équipier secouriste ne peut aider une victime à prendre un médicament que si ce dernier est
utilisé :
- • Pour soulager, diminuer ou faire disparaître une douleur qui est apparue au moment du
malaise ou qui vient de s’aggraver ;
- • Pour améliorer l’état respiratoire d’une victime.
Un médicament ne peut être administré à une victime que si :
2.1 Le médicament est prescrit à la victime
L’équipier secouriste peut aider une victime à prendre son médicament :
- • Lorsque la victime le réclame car un médecin le lui a prescrit et qu’elle doit le prendre
au moment du malaise ou lorsqu’elle perçoit certains troubles ;
- • A la demande du médecin régulateur du centre 15.
L’oxygène est le seul médicament que l’équipier secouriste peut administrer à une
victime qui présente une détresse vitale sans indication médicale. En l’absence de
détresse, l’administration d’oxygène ne peut se faire qu’à la demande d’un médecin.
2.2 Le médicament est adapté aux troubles observés
Si le médicament a été prescrit et que la situation nécessite son utilisation, l’équipier secouriste
doit s’assurer que le médicament en sa possession est bien celui qui est prescrit, en contrôlant
l’appartenance à la victime et le nom inscrit sur la boite ou sur le flacon. Il ne faut jamais
administrer à une victime un médicament qui a été prescrit pour une autre personne.
2.3 La forme, la dose et le mode d’administration du médicament est celui prescrit
La forme, la dose et le mode d’administration du médicament doivent être vérifiés par l’équipier
secouriste sur l’ordonnance ou, en cas de doute, auprès du médecin régulateur. Le médicament
doit être administré comme conseillé et la dose ne doit pas être dépassée.
Par exemple, si vous devez aider une victime à prendre un comprimé placé sous la langue, que
la boite est vide et que la victime est en possession d’un médicament identique qui doit être
avalé, l’équipier secouriste ne doit en aucun cas substituer les médicaments, sauf avis
contraire d’un médecin.
2.4 Le médicament n’est pas périmé
L’équipier secouriste doit s’assurer que le médicament n’est pas périmé. Cette date est
clairement inscrite sur la boîte ou le flacon du médicament. En l’absence de date, ou si celle-ci
est dépassée, l’équipier secouriste ne doit pas administrer le médicament.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 5 - 14 Les affections spécifiques
3. Matériel
Les médicaments administrés dans ce cadre le sont par inhalation, par voie orale, sous la
langue, ou par injection. Ils sont sous forme :
- • De gaz : c’est l’oxygène ;
- • D’aérosols (sprays), parfois administrés par l’intermédiaire d’une chambre de mélange
(ou d’inhalation) (fig. 5.4a) ;
- • De comprimés ;
- • De seringues auto injectables (fig. 5.4b).
a b
4. Réalisation
4.1 Administration du médicament
S’assurer que la victime ne présente aucun trouble de la conscience. Le médicament peut être :
- • Déposé sous la langue (comprimé ou spray sous la langue) ;
- • Avalé avec un peu d’eau ;
- • Inhalé ;
- • Injecté.
Pour aider une victime à s’administrer un médicament à l’aide d’un pulvérisateur, s’il ne sait pas
lui-même l’utiliser, procéder de la manière suivante :
- • Secouer vigoureusement le pulvérisateur plusieurs
fois ;
- • Enlever l’administration d’oxygène, si nécessaire ;
- • Demander à la victime de vider, autant que possible,
l’air contenu dans ses poumons, puis de mettre ses
lèvres tout autour de l’embout buccal du pulvérisateur ;
- • Si le pulvérisateur doit être utilisé avec une chambre
de mélange (ou d’inhalation), la mettre en place pour
augmenter l’efficacité du médicament ;
- • Demander à la victime de comprimer le pulvérisateur
tout en inspirant lentement et profondément (fig. 5.5) ;
Figure 5.4 : Médicaments
(a) inhalateur avec chambre de mélange - (b) Seringue auto-injectable
Figure 5.5
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Les affections spécifiques CII - 5 - 15 Janvier 2007
- • Demander à la victime de maintenir son inspiration le plus longtemps possible pour
augmenter l’absorption du médicament avant de respirer de nouveau normalement ;
- • Replacer le masque à inhalation d’oxygène, si nécessaire.
4.2 Surveiller attentivement la victime
Surveiller les fonctions vitales, contrôler les fréquences cardiaque et ventilatoire régulièrement ;
Noter toute amélioration ou aggravation de l’état de la victime.
4.3 Noter toute administration de médicament
Toute administration de médicament ainsi que les réactions de la victime à cette administration
doivent être relevées et notifiées par écrit sur la fiche d’intervention. Le travail de l’équipier
secouriste n’est pas terminé tant qu’il n’a pas été rapporté par écrit.
5. Risques
Un médicament non approprié, administré à une victime, peut entraîner une altération ou une
aggravation de son état et parfois même mettre la victime en danger.
6. Evaluation
L’administration de certains médicaments peut entraîner une amélioration rapide de l’état d’une
victime.
7. Points clés
L’équipier secouriste peut aider une victime à prendre un médicament, si :
- • Il s’agit de son médicament (prescrit à la victime).
- • Il est non périmé.
- • Il est adapté aux troubles observés.
- • Il est administré à la dose prescrite et sous surveillance.
- • Il est noté sur la fiche d’intervention.