PSE 2 - 2
PSE 2 - 2
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les bilans CII - 3 - 1 Janvier 2007
PARTIE 3
LES BILANS
1. OBJECTIFS
A la fin de cette partie, vous serez capable de réaliser et transmettre les bilans d’une victime.
Plus précisément, il s’agit de :
- • Réaliser et justifier un bilan circonstanciel.
- • Réaliser et justifier un bilan d’urgence vitale.
- • Réaliser et justifier un bilan complémentaire.
- • Réaliser et justifier la surveillance.
- • Notifier et transmettre les informations.
- • Réaliser les techniques suivantes :
- Mesure de la pression artérielle à l’aide d’un tensiomètre ;
- Mesure de la saturation capillaire en oxygène à l’aide d’un oxymètre
(optionnel) ;
- Mesure de la température à l’aide d’un thermomètre (optionnel).
2. PRINCIPES
On entend par le terme de BILAN, la phase de recueil d’informations, par l’équipier secouriste,
permettant d’évaluer une situation et l’état d’une ou plusieurs victimes. La réalisation d’un bilan
est indispensable à toute action menée par des intervenants secouristes en équipe.
Le bilan débute à l’instant même de l’arrivée de l’équipe secouriste sur les lieux de l’intervention
et se poursuit pendant toute la durée de l’intervention. Il doit être rigoureux et structuré et
suffisamment rapide pour ne pas retarder la mise en oeuvre des gestes de secours. Sa
transmission doit permettre au médecin régulateur d’évaluer l’état de la victime afin d’adapter sa
réponse.
On peut déterminer :
1. Le bilan circonstanciel ;
2. Le bilan d’urgence vitale ;
3. Le bilan complémentaire ;
4. La surveillance.
Toutefois, il convient de faire la distinction entre :
- • Le bilan qui résulte de l’examen de la situation et de la ou des victimes par l’équipier ;
- • La transmission du bilan, échange verbal qui s’effectue entre l’équipier secouriste et
son chef ou parfois directement entre l’équipier et le médecin.
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Janvier 2007 CII - 3 - 2 Les bilans
3. LE BILAN CIRCONSTANCIEL
Le bilan circonstanciel, encore appelé d’ambiance ou d’approche, est réalisé en quelques
secondes par le chef du dispositif ou un équipier désigné par lui. Il constitue le temps initial de
l’action de l’équipier secouriste, action qui se résume au recueil des informations concernant la
ou les victimes et leur environnement. Il permet d’apprécier la situation, d’en évaluer les risques
et de prendre les mesures adaptées, notamment en ce qui concerne la sécurité.
Le bilan circonstanciel permet de répondre aux questions suivantes :
- • Que s’est-il passé ?
- • Existe-t-il un danger ?
- • Les secours sont-ils suffisants pour le moment ?
- • Les informations en ma possession sont-elles correctes ?
Sur la base de ces informations, un certain nombre d’actions seront effectuées :
- • Déterminer la nature de l’intervention ;
- • Assurer la sécurité de l’intervention (protection des lieux de l’accident, prévention du
sur-accident, extraction d’une victime d’un milieu potentiellement hostile) ;
- • Demander des moyens de secours complémentaires ;
- • Compléter et corriger les informations de départ.
3.1 Déterminer la nature de l’intervention
Dès l’arrivée sur les lieux, l’équipier secouriste doit rechercher tous les indices qui peuvent
l’aider à déterminer la nature de l’intervention (accident, maladie, intoxication…) et les
circonstances de l’accident, s’il y a lieu. Cette recherche est utile pour la sécurité de
l’intervention et la prise en charge correcte de la victime. Elle est déterminée en interrogeant la
victime, si elle est consciente, mais aussi son entourage ou les témoins. Ces renseignements
seront, en règle générale, fournis au chef de l’intervention.
3.2 Assurer la sécurité de l’intervention
L’analyse de la situation permet d’identifier des risques visibles (véhicules accidentés, structure
instable, situation violente…) ou moins visibles (risque électrique, présence de substances
toxiques…),
La sécurité d’une intervention est obtenue par :
- • Le port d’une tenue de protection adaptée (cf. RNC PSE1) ;
- • L’absence de création de risque supplémentaire (véhicules de secours correctement
stationnés…) ;
- • La protection de la zone avec les moyens immédiatement à disposition (cf. RNC
PSE1) ;
- • Le dégagement d’urgence d’une victime exposée à un danger qui ne peut être
supprimé ;
- • L’intervention d’équipes spécialisées face à des risques particuliers.
Cependant, l’équipier secouriste ne doit pas conclure trop vite et ne pas oublier qu’un bilan
complémentaire est toujours nécessaire : la chute d’une personne d’une échelle peut très bien
avoir été provoquée par un malaise.
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Les bilans CII - 3 - 3 Janvier 2007
3.3 Demander des moyens de secours complémentaires
Les secours complémentaires doivent être demandés immédiatement, pendant le bilan
circonstanciel, si les moyens engagés sont insuffisants (plusieurs victimes, présence d’un
danger particulier…).
3.4 Compléter et corriger les informations de départ
En règle générale, l’équipier secouriste dispose, en se rendant sur les lieux de la mission, d’un
certain nombre d’informations. Il s’agit :
- • De l’adresse de l’événement ;
- • De la nature de l’intervention présumée.
Le bilan circonstanciel lui permet de les compléter et, éventuellement, de corriger des données
qui sont fausses ou insuffisantes, notamment :
- • Le nombre de victimes ;
- • Leur gravité ;
- • La sécurité de la zone d’intervention et de l’évolutivité possible de la situation.
Tous ces renseignements seront fournis au responsable de l’équipe qui en assure la synthèse
et la transmission.
4. LE BILAN D’URGENCE VITALE
Le bilan d’urgence vitale a pour but de rechercher une détresse vitale qui menace
immédiatement et à très court terme la vie de la victime et qui nécessite la mise en oeuvre
rapide de gestes de secours avant toute autre action.
Il est réalisé par un équipier secouriste dès que la sécurité de la zone d’intervention est
assurée.
Au cours du bilan d’urgence vitale, l’équipier secouriste doit :
- • Rechercher une détresse immédiatement vitale ;
- • Identifier la plainte principale de la victime ;
- • Rechercher une détresse vitale moins évidente ;
- • Transmettre les informations recueillies.
4.1 OBSERVER pour se faire une idée générale de la victime
L’approche de la victime, par l’équipier secouriste, permet de noter rapidement :
- • Le sexe de la victime ;
- • Son âge approximatif ;
- • L’environnement immédiat qui permet de déterminer s’il s’agit d’un blessé, d’une
personne victime d’un malaise ou d’une maladie (en cas de doute, toujours considérer
que la personne a été victime d’un traumatisme) ;
- • La position de la victime et l’existence d’une détresse vitale évidente comme :
Une obstruction totale des voies aériennes ;
Une hémorragie.
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4.1.1 L’obstruction brutale et grave des voies aériennes
Si la victime présente une obstruction totale des voies aériennes, il convient sans délai de
mettre en oeuvre les manoeuvres de désobstruction des voies aériennes adaptées à l’âge de la
victime (cf. RNC PSE 1).
4.1.2 L’hémorragie visible
Devant une hémorragie externe, l’équipier secouriste réalise immédiatement une technique
d’arrêt du saignement abondant en utilisant les moyens dont il dispose et en se protégeant les
mains (cf. RNC PSE 1).
4.2 ÉCOUTER la victime pour identifier la plainte principale ou reconnaître une
inconscience
Cette recherche est réalisée en quelques secondes en demandant à la victime :
« Comment ça va ? Ouvrez les yeux, serrez-moi la main, de quoi vous plaignez-vous ?… ».
Elle permet :
1. De reconnaître une inconscience si la victime ne répond pas et ne réagit pas ;
2. D’identifier la plainte principale de la victime si elle est consciente.
La recherche de la plainte principale de la victime permet à l’équipier secouriste de tenir compte
de cette plainte pour la poursuite de son bilan et d’éviter une aggravation éventuelle.
Cependant, comme une plainte peut en cacher une autre, l’équipier secouriste doit poursuivre
l’examen de la victime en lui précisant, si nécessaire, que l’on s’occupera plus tard (bilan et
gestes de secours complémentaires) de ce qui la préoccupe.
L’inconscience est une détresse. Devant une victime inconsciente, l’équipier secouriste
réalisera immédiatement une liberté des voies aériennes.
4.3 RECHERCHER les signes d’une détresse vitale potentielle
4.3.1 La victime est inconsciente
Devant une victime inconsciente, l’équipier secouriste recherche immédiatement la présence de
mouvements respiratoires après avoir assuré la liberté des voies aériennes.
Si la respiration est présente : placer la victime en position latérale de sécurité (PLS) et
surveiller attentivement sa respiration (cf. RNC PSE 1).
Si la respiration est absente : rechercher le pouls.
La présence ou non de signes de circulation et, notamment, du pouls impose la réalisation de
gestes de réanimation comme :
- • Les compressions thoraciques (cf. RNC PSE 1) ;
- • La respiration artificielle (cf. RNC PSE 1) ;
- • Le choc électrique externe (cf. RNC PSE 1).
4.3.2. La victime est consciente
Même si une victime est consciente, l’équipier secouriste doit rechercher des signes qui
traduisent une altération d’une ou plusieurs fonctions vitales dont l’évolution peut se faire très
rapidement vers une inconscience, un arrêt respiratoire et un arrêt circulatoire (cf. RNC PSE 1).
Pour cela, l’équipier secouriste doit examiner la victime et rechercher successivement :
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1- Une perte de connaissance et une désorientation de la victime ;
2- Une perte de la motricité ;
3- Une anomalie des pupilles ;
4- Une altération de la respiration ;
5- Une altération du pouls ;
6- Une modification de l’aspect de la peau et des muqueuses ;
A) La détresse neurologique
1 – Identifier la perte de connaissance et l’orientation de la victime
Exemples de questions à poser :
« Que s’est-il passé ? »
« Quel est votre nom ? »
« Quel jour sommes-nous ? »
« Où sommes-nous ? »..
En posant quelques questions à la victime ou à son entourage, l’équipier secouriste peut
rapidement :
- • Identifier une perte de connaissance, souvent associée à une amnésie de l’accident
ou du malaise ;
- • Identifier une désorientation de la victime ; celle-ci a perdu ses repères dans le temps
(elle ne sait plus quand on est…) et/ou dans l’espace (elle ne sait plus où elle est …).
Cette désorientation peut être accompagnée d’une somnolence voire, au contraire,
d’une agitation.
2 – Identifier la perte de la motricité
La motricité des membres supérieurs et inférieurs d’une victime est recherchée chez une
victime consciente en lui demandant de remuer les doigts, puis les orteils. L’impossibilité de
bouger une ou plusieurs extrémités (paralysie) traduit une détresse neurologique.
3 – Identifier l’anomalie des pupilles
L’équipier secouriste doit examiner les pupilles de la victime. Normalement, elles sont de
diamètres identiques. Des pupilles inégales permettent de suspecter une détresse
neurologique liée à un traumatisme crânien ou oculaire, une maladie vasculaire cérébrale ou
une intoxication.
B) La détresse respiratoire
4 – Identifier l’altération de la respiration
L’évaluation de la respiration, par l’observation de la partie supérieure de l’abdomen et de la
partie inférieure du thorax, d’une victime porte sur :
- • La fréquence de la respiration (compter sur une minute) (tableau 3.1) ;
- • Son amplitude (tableau 3.2) ;
- • Sa régularité et l’absence de pause de plus de 6 secondes entre les mouvements
respiratoires ;
- • La saturation capillaire en oxygène mesurée avec un oxymètre de pouls, si l’équipier a
été formé à son utilisation (cf. technique 3.2).
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Janvier 2007 CII - 3 - 6 Les bilans
Tableau 3.1 : Fréquences respiratoires normales (mvts/min)
Adulte (et adolescent) 12 à 20
Enfant
(1 an à l’âge de la puberté) 20 à 30
Nourrisson (< 1 an) 30 à 60
Nouveau né (< 1 semaine) 40 à 60
Tableau 3.2 : Qualité de la respiration
Normale Respiration silencieuse
Superficielle Mouvements du thorax et de l’abdomen à peine perceptibles
(difficiles à compter)
Difficile
Effort respiratoire
Contraction des muscles du haut du thorax et du cou
Pincement des ailes du nez (enfant et nourrisson)
Bruyante Sifflements, ronflements, gargouillements, râles
Une respiration rapide, superficielle, difficile ou bruyante ou une baisse de la saturation
du sang en oxygène traduit une détresse respiratoire.
C) La détresse circulatoire
5 – Identifier l’altération du pouls
L’évaluation du pouls est obtenue par la palpation d’une artère :
- • Au niveau du poignet (pouls radial) et au niveau du cou (pouls carotidien) ;
- • Au niveau du pli de l’aine (pouls fémoral) en cas d’impossibilité de contrôler le pouls
carotidien ;
- • Au niveau de la face interne du bras chez le nouveau né et le nourrisson (pouls
huméral).
L’équipier secouriste doit déterminer :
- • La fréquence cardiaque (nombre de battements par minute) (tableau 3.3) ;
- • La régularité du pouls et l’absence de pause ;
- • L’amplitude ou force du pouls ;
- • La pression artérielle mesurée avec un tensiomètre (cf. FT 3.1 – la pression artérielle).
Un pouls rapide ou lent permanent accompagné de la difficulté ou de l’impossibilité de le
percevoir (pouls carotidien mieux perçu que le pouls radial ou impossibilité de percevoir les
deux) traduit une détresse circulatoire.
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Tableau 3.3 : Fréquences cardiaques normales (bts/min)
Adulte (et adolescent) 60 à 100*
Enfant
(1 an à l’âge de la puberté) 70 à 140
Nourrisson 100 à 160
Nouveau né 120 à 160
(*) Certains sportifs peuvent avoir une fréquence cardiaque basse physiologique (40 à 50).
6 – Identifier la modification de l’aspect de la peau et des muqueuses
La couleur des muqueuses est appréciée en observant la face interne des paupières ; la
température et l’humidité de la peau en plaçant le dos ou le plat de la main sur le front de la
victime.
Les muqueuses sont normalement roses et la peau chaude et sèche.
Les détresses vitales amènent souvent une modification de cet aspect. Des muqueuses pâles,
une peau froide et/ou très humide et des genoux marbrés, traduisent une détresse
circulatoire. Dans certaines formes de détresses circulatoires, la peau peut aussi être
anormalement chaude.
4.4 Transmettre le bilan d’urgence vitale
A l’issue du bilan d’urgence vitale, l’équipier secouriste doit immédiatement informer son
responsable pour lui indiquer :
- • L’âge et le sexe de la victime ;
- • L’existence d’une détresse vitale évidente ;
- • La plainte principale de la victime (inconscience ou autre) ;
- • La présence d’une détresse vitale recherchée (arrêt respiratoire, circulatoire, autre
détresse) ;
- • Les gestes de secours d’urgence nécessaires et en cours.
En présence d’une urgence vitale, les gestes de secours sont débutés, puis le bilan est
transmis pour avis et renfort médical.
Devant des signes de détresse évidente, l’équipier secouriste ne doit pas perdre de
temps à mesurer la pression artérielle ou la saturation capillaire en oxygène de la victime
pour transmettre le bilan d’urgence vitale et obtenir un avis médical.
5. LE BILAN COMPLÉMENTAIRE
Après avoir réalisé un bilan d’urgence vitale et débuté la prise en charge d’une éventuelle
détresse vitale, le bilan complémentaire permet à l’équipier secouriste d’effectuer les gestes de
secours pour une victime qui présente des signes de malaise, d’aggravation d’une maladie ou
une ou plusieurs lésions secondaires à un traumatisme et de recueillir toutes les informations
nécessaires à la demande d’un avis médical.
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Janvier 2007 CII - 3 - 8 Les bilans
5.1 La victime présente un malaise ou une aggravation brutale d’une maladie
L’équipier secouriste doit, devant une victime qui présente un malaise ou une maladie :
- • Interroger la victime pour :
Analyser ses plaintes ;
Rechercher ses antécédents.
- • Examiner la victime pour identifier des signes visibles de malaise ou de traumatisme.
5.1.1 INTERROGER la victime
1 - Analyser les plaintes
La victime consciente qui présente un malaise ou une aggravation brutale d’une maladie
exprime en règle générale le ou les troubles qu’elle perçoit.
L’équipier secouriste peut lui demander : « Qu’est qui ne va pas ? Que vous est-il arrivé ? ».
L’équipier secouriste doit :
- • Ecouter la victime ;
- • Ne pas chercher à interpréter ce qu’elle dit ;
- • Demander à l’entourage de confirmer les dires (si possible) ;
- • Noter les plaintes exprimées.
Pour chaque plainte exprimée et, particulièrement, pour la douleur, l’équipier secouriste doit
demander à la victime de préciser :
- • Les circonstances de survenue et le facteur déclenchant (Provoqué par) ;
- • Ses caractéristiques : brûlure, serrement, fourmillements… (Qualités) ;
- • Sa localisation (Région atteinte du corps) ;
- • Son intensité et son évolution (Sévérité…) ;
- • La durée : depuis combien de temps ? (Temps de la plainte).
NB : Analyser une plainte, c’est rechercher son PQRST.
Les plaintes exprimées par la victime, leur analyse et la recherche des signes de gravité (cf.
RNC PSE 1), donne des informations essentielles qui doivent être communiquées à un
médecin.
2 - Rechercher les antécédents (MHTA)
L’équipier secouriste doit faire préciser :
- • Si la victime présente une Maladie connue ou si elle a déjà présenté des malaises
identiques ;
- • Si un médecin a été consulté à cette occasion ou si la victime a été Hospitalisée ;
- • Si la victime prend un Traitement médical ou doit prendre des médicaments lorsqu’elle
perçoit ces troubles ;
- • Si la victime présente une Allergie connue.
5.1.2 EXAMINER la victime
Puis, l’équipier secouriste doit rechercher les signes visibles. Pour cela, il doit regarder les
parties du corps pour lesquelles la victime se plaint de douleurs ou de sensations particulières,
et transmettre toutes les anomalies constatées.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les bilans CII - 3 - 9 Janvier 2007
Cependant, certaines manifestations traduisant une atteinte du cerveau doivent être
recherchées systématiquement car elles ne s’accompagnent pas de douleur ni de sensation
particulières. Ce sont :
- • Une asymétrie de l’expression faciale ;
- • Une anomalie de l’extension des membres supérieurs ;
- • Une anomalie de la parole.
Cette recherche s’effectue de la manière suivante :
1 - Asymétrie de l’expression faciale
Demander à la victime de sourire ou de montrer les dents.
- • Normal : les deux côtés du visage bougent symétriquement (fig. 3.1a),
- • Anormal : un des côtés du visage ne suit pas l’autre dans ses mouvements (fig. 3.1b).
a b
2 - Anomalie de l’extension des membres supérieurs
Demander à la victime (assise ou allongée) de fermer les yeux et d’étendre les bras devant elle
pendant 10 secondes.
- • Normal : les deux bras bougent symétriquement (fig. 3.2a),
- • Anormal : un des deux bras ne bouge pas ou ne s’élève pas autant que l’autre ou chute
progressivement (fig. 3.2b).
a b
Figure 3.1 : Expression faciale (a) normale, (b) anormale
Figure 3.2 : extension des membres supérieurs (a) normale, (b) anormale
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Janvier 2007 CII - 3 - 10 Les bilans
3 - Anomalie de la parole
Demander à la victime de répéter une phrase simple.
- • Normal : la victime répète les mêmes mots à un rythme normal ;
- • Anormal : la parole est empâtée, la victime ne répète pas les mêmes mots ou est
incapable de parler.
NB : Si l’équipier secouriste a constaté, lors du bilan d’urgence vitale, une anomalie de la
température de la victime (victime anormalement chaude ou froide), il peut à ce moment là,
mesurer la température de la victime s’il est équipé d’un thermomètre adapté (cf. FT 3.3 – la
mesure de la température).
5.2 La victime présente un traumatisme
Devant une personne victime d’un traumatisme, l’équipier secouriste doit :
- • Interroger la victime pour :
Rechercher le mécanisme de l’accident ;
Analyser les plaintes de la victime ;
Rechercher ses antécédents.
- • Examiner la victime pour rechercher des lésions.
5.2.1 INTERROGER la victime
1 - Rechercher le mécanisme de l’accident
Le mécanisme de l’accident est évalué en interrogeant la victime et les témoins. La
connaissance du mécanisme de l’accident informe l’équipier secouriste sur la violence du choc,
facilite l’examen, la recherche d’une lésion et apporte des renseignements essentiels à la prise
en charge médicale de la victime.
Un choc, une chute, un faux mouvement, le contact avec un objet tranchant ou contondant, le
contact avec un liquide chaud sont les principales causes des lésions traumatiques.
a) Violence du choc
La violence du choc générateur des lésions est appréciée par l’équipier secouriste, les
exemples suivants traduisent la violence d’un choc et doivent faire rechercher des lésions
sérieuses :
- • Chute d’une grande hauteur ;
- • Explosion ;
- • Collision entre véhicules ;
- • Victime éjectée ou renversée par un véhicule ;
- • Présence d’autres blessés graves ;
- • Victime qui présente une détresse vitale ;
- • …
Il en est de même lors de l’absence de port de la ceinture de sécurité ou d’un casque de
protection qui permettent alors de suspecter un traumatisme de la colonne vertébrale ou du
crâne.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les bilans CII - 3 - 11 Janvier 2007
b) Mécanisme proprement dit
Le mécanisme de l’accident permet de rechercher ou de suspecter des lésions. L’équipier
secouriste doit le noter et en informer les secours.
Par exemple, suite à un accident de la circulation, il précisera si le choc était frontal, latéral ou
arrière, si la victime était porteuse d’une ceinture de sécurité et si l’airbag s’est déclenché. Lors
d’une chute, il indiquera la hauteur de cette chute et ce sur quoi la victime est tombée.
2 - Identifier les plaintes de la victime
Les douleurs ressenties par la victime aident l’équipier secouriste à rechercher les lésions.
La perte de la motricité, de la sensibilité et des sensations particulières comme des
fourmillements ou des décharges électriques dans les membres, font suspecter une atteinte
des nerfs ou de la moelle épinière.
3 - Rechercher les antécédents
La connaissance des antécédents de la victime peut aider le personnel médical à la prise en
charge du blessé et éviter certaines mesures qui pourraient la mettre en danger.
C’est pourquoi, il est important de poser les questions suivantes :
- • Avez-vous une maladie connue ? Exemple : maladie du coeur, asthme, diabète…
- • Avez-vous déjà été hospitalisé ?
- • Suivez-vous actuellement un traitement ?
- • Etes-vous allergique ? A quoi ?
Si le blessé est inconscient, rechercher un membre de sa famille ou un ami qui pourra répondre
à ces questions.
5.2.2 EXAMINER pour rechercher les signes de traumatisme
L’équipier secouriste doit regarder les zones douloureuses de la victime à la recherche de
signes de traumatismes mais aussi palper les zones indolores à la recherche d’une douleur
déclenchée. Il recherche :
- • Les contusions.
- • Les gonflements : hématomes, oedèmes ;
- • Les déformations ;
- • Les plaies et leur aspect : écorchure, coupure, plaie punctiforme, lacération ;
- • Les brûlures et leur aspect : rougeur, présence de cloques intactes ou percées, zone
blanchâtre, noirâtre ou brunâtre.
1 - Le traumatisme est mineur ou manifestement localisé (faux mouvement, chute de faible
hauteur…)
La recherche des lésions est orientée par les plaintes de la victime et notamment la douleur.
L’équipier secouriste observe les zones du corps dont se plaint la victime, à la recherche de
signes de traumatismes.
2 - Le traumatisme est violent, la localisation des lésions n’est pas possible (troubles de la
conscience…) ou en cas de doute
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Janvier 2007 CII - 3 - 12 Les bilans
Réaliser un bilan complet des lésions (nature, localisation et étendue) sans mobiliser la victime.
Ce bilan, systématique, s’effectue en regardant et en palpant si nécessaire la victime « de la
tête aux pieds ».
Devant tout traumatisme violent, faire maintenir la tête de la victime
(prise latéro-latérale) et mettre en place un collier cervical.
- • Examiner la tête : observer, passer les mains dans les cheveux à la recherche d’un
saignement, repérer un écoulement par le nez ou les oreilles, examiner les pupilles,
l’aspect de la peau. Rechercher aussi une déformation de la bouche et la présence de
vomissements ;
- • Examiner le cou : lors de la mise en place du collier cervical, observer et passer les
mains sous la nuque sans déplacer ou surélever la tête ;
- • Examiner le thorax : soulever ou écarter les vêtements. Rechercher une contusion,
une plaie et une anomalie du soulèvement de la poitrine (seule une partie du thorax se
soulève) ;
- • Examiner l’abdomen : soulever ou écarter les vêtements (en cas de difficulté
d’examen et de suspicion de traumatisme sous jacent, les vêtements seront découpés),
rechercher une contusion ou une plaie de l’abdomen (parfois accompagnée d’une sortie
de l’intestin). Apprécier le soulèvement de l’abdomen à chaque inspiration ;
- • Examiner le dos de la victime : glisser les mains sous la victime sans la mobiliser et
sans la déplacer, à la recherche d’un saignement. Ne pas chercher à palper la colonne
vertébrale. L’équipier secouriste peut profiter de manoeuvre de relevage ou de
déplacement de la victime pour examiner le dos ;
- • Examiner le bassin : L’observation du bassin par un équipier secouriste est toujours
difficile et désagréable pour la victime ; ne la réaliser que si la victime a subi un
traumatisme à ce niveau ;
- • Examiner les membres supérieurs et inférieurs : réaliser un examen systématique
de chaque membre. Retirer les chaussures et les chaussettes si possible.
Si un membre est traumatisé (douleur, gonflement, déformation), rechercher
l’état de la circulation à son extrémité en examinant la motricité, la sensibilité,
l’aspect de la peau (couleur, température), le temps de recoloration cutanée et,
pour le membre supérieur, le pouls radial.
Chez la victime inconsciente, soulever ou écarter les vêtements pour palper
chaque membre, de sa racine à son extrémité, sans le mobiliser, en l’empaumant
latéralement et en appuyant délicatement à deux mains. Cette technique permet
de localiser certaines déformations.
Chez la victime consciente, examiner la sensibilité tel que décrit au § 3.1.
A l’issue du bilan complémentaire, l’équipier secouriste doit :
- Transmettre le bilan pour demander un avis médical (soit à son responsable d’équipe,
soit directement au médecin) ;
- Réaliser les gestes de secours nécessaires (position d’attente, pansements,
immobilisation…) dans l’attente d’un renfort ou d’une mise en condition de transport
de la victime (immobilisation, relevage, installation sur un brancard…).
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les bilans CII - 3 - 13 Janvier 2007
6. LA SURVEILLANCE
Le bilan d’urgence vitale et complémentaire aide l’équipier secouriste à déterminer l’état initial
de la victime. L’état d’une victime peut toutefois s’aggraver rapidement pendant sa prise en
charge ou, au contraire, s’améliorer.
L’équipier secouriste doit surveiller la victime en permanence en :
- • Lui parlant, en lui expliquant ce qui se passe pour la réconforter ;
- • Appréciant son état de conscience ;
- • Recherchant une modification de ses plaintes : Avez-vous plus ou moins mal, la douleur
est-elle toujours la même ?… (cf. RNC PSE 1) ;
- • Appréciant l’aspect de sa peau ;
- • Contrôlant régulièrement la fréquence respiratoire et cardiaque.
Si l’état de la victime s’aggrave, l’équipier secouriste refait un bilan d’urgence vitale, rend
compte à son responsable d’équipe ou demande un avis médical et adapte immédiatement la
conduite à tenir.
L’efficacité des gestes de secours réalisés est aussi contrôlée régulièrement : arrêt des
hémorragies, reprise de signes de circulation ou de respiration, qualité d’une immobilisation,
protection contre le chaud, le froid…
Lors du transport d’une victime, il est parfois nécessaire de renouveler le bilan complémentaire
et d’effectuer les gestes appropriés à toute modification de ce bilan.
7. NOTIFIER ET TRANSMETTRE LES INFORMATIONS
L’équipier secouriste doit être capable de transmettre les résultats du bilan réalisé sur une
victime pour :
- • Demander du renfort ;
- • Obtenir un avis médical ;
- • Rendre compte de son activité.
Le bilan est transmis :
- • Après le bilan circonstanciel, pour demander des renforts supplémentaires ou pour
compléter les informations de départ ;
- • Dés la découverte d’une urgence vitale afin d’obtenir le plus rapidement possible le
renfort d’une équipe médicale ;
- • A l’issue du bilan complémentaire, pour informer des plaintes et des lésions présentées
par la victime et des gestes de secours qui ont été entrepris ;
- • Devant toute modification de l’état de la victime au cours de sa surveillance que ce soit
en attendant une équipe médicale ou lors de son transport.
Le bilan est transmis par l’équipier secouriste :
- • Lors d’une activité en équipe ou en binôme, au responsable d’équipe.
- • Ou, à la demande du responsable d’équipe :
Au médecin régulateur ;
Au PC de l’autorité d’emploi de l’équipier secouriste ;
A l’équipe médicale qui assure la prise en charge de la victime.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 3 - 14 Les bilans
Le message transmis doit être concis, complet, structuré et logique et, en cas d’évolution,
présenté de façon chronologique.
Si un renfort particulier est souhaité, celui-ci doit être clairement exprimé.
La façon la plus simple pour présenter le bilan d’une victime est d’utiliser la même démarche
que celle qui a permis de le réaliser.
1. Se présenter et indiquer l’origine du message ;
2. Rappeler le lieu ou l’adresse de l’intervention ;
3. Donner le sexe et l’age approximatif de la victime ;
4. Indiquer les circonstances de l’accident ou de la maladie ;
5. Préciser la plainte principale de la victime ;
6. Donner les informations concernant l’état de ses fonctions vitales : conscience,
respiration et circulation ;
7. Indiquer les signes et les lésions découverts ;
8. Préciser les antécédents de la victime ;
9. Donner les renseignements concernant les gestes de secours réalisés ou en cours
d’exécution.
De même, toutes les informations recueillies seront notifiées sur un document qui peut être à la
fois le rapport d’intervention et la fiche de liaison avec le personnel médical qui prend en charge
la victime.
La rédaction de ces documents est sous la responsabilité du chef de la mission de secours.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les bilans CII - 3 - 15 Janvier 2007
APPROCHER
Analyser la situation
Rechercher la nature de l’intervention
(accident, maladie, circonstances…)
Rechercher une détresse
vitale
(bilan d’urgence vitale)
La zone d’intervention
est sûre
Non
Oui
Réaliser la protection
Eventuellement dégagement d’urgence
Les secours sont suffisants
ou prévenus
Demander du renfort
Les informations de départ
sont correctes
Faire corriger et/ou compléter les
informations de départ
Non
Non
Le bilan circonstanciel est en
règle générale réalisé par le
responsable de mission
Oui
Oui
8. SCHÉMA GÉNÉRAL DE L’ACTION DE SECOURS
8.1 Bilan circonstanciel
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 3 - 16 Les bilans
Idée générale
Rechercher:
1- PC, désorientation
2- Perte de motricité, sensibilité
3- Anomalie des pupilles
4- Altération de la respiration
5- Altération du pouls
6- Modif. aspect de la peau
(7- Tension artérielle)
(8- Saturation en oxygène)
Rechercher d’autres signes
(Bilan complémentaire)
Non
Obstruction grave
des VA
Hémorragie
externe
Conscient
L.V.A.
Respiration
Circulation
Gestes de secours d’urgence
(avis médical si urgence vitale)
Gestes de secours d’urgence
± avis médical
Oui
Non
Oui Gestes de secours d’urgence
Plainte principale
« De quoi vous plaignez-vous ?»
Détresse vitale
Non
Non
Non
Oui
Oui
Oui
Non
OBSERVER ECOUTER RECHERCHER
8.2 Bilan d’urgence vitale
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les bilans CII - 3 - 17 Janvier 2007
Maladie, malaise
Analyser la plainte
- Provoquée par…
- Qualité,
- Région,
- Sévérité,
- Temps
Rechercher les antécédents
- Maladies,
- Hospitalisation,
- Traitements,
- Allergies.
Traumatisme
Rechercher le mécanisme
- Violence du choc
- Suspicion de lésion du rachis
Analyser la plainte
- Qualité,
- Région,
- Sévérité.
Rechercher antécédents
- Maladies,
- Hospitalisation,
- Traitements,
- Allergies.
Rechercher les signes…
… à l’endroit de la plainte
Rechercher les signes:
- contusions,
- gonflements,
- déformations,
- plaies,
- brûlures.
De la tête…
… aux pieds
Interroger
Examiner
Transmettre
Réaliser les gestes de secours
Appliquer les consignes
Surveiller
8.3 Bilan complémentaire
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 3 - 18 Les bilans
Régulièrement
- Parler à la victime
- Apprécier l’état de conscience
- Écouter l’évolution de la plainte
- Apprécier l’aspect de la peau
- Contrôler la fréquence respiratoire
et circulatoire
- Surveiller le(s) pansement(s), le(s)
immobilisation(s)…
Réaliser un bilan complet
Transmettre
Appliquer les consignes
Adapter les gestes de secours
L’état de la victime
s’aggrave
Confier la victime à une équipe médicale
Non
Oui
8.4 Surveillance
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les bilans CII - 3 - 19 Janvier 2007
TECHNIQUE 3.1 – MESURE DE LA PRESSION ARTÉRIELLE
1. Justification
L’élévation de la pression artérielle (hypertension) ou sa diminution (hypotension) peuvent se
voir à la suite d’un traumatisme ou d’une maladie.
La mesure de la pression artérielle apporte au médecin régulateur des indications
supplémentaires sur l’état de la victime.
2. Indications
La pression artérielle est un indicateur de la fonction circulatoire.
La mesure de celle-ci est réalisée par l’équipier secouriste, chaque fois que possible, lors de la
recherche d’une détresse vitale. Toutefois, elle ne doit en aucun cas retarder la mise en oeuvre
d’un geste de secours d’urgence.
Les valeurs relevées ne sont que des valeurs indicatives et, seul un médecin peut les
interpréter. La pression artérielle est, en effet, variable en fonction de l'activité de l'individu
(effort, stress, fatigue...).
Il faut noter qu'il est parfois très difficile de mesurer la pression artérielle, essentiellement
lorsqu’il existe une détresse circulatoire.
3. Matériel
La mesure de la pression artérielle est possible grâce à un appareil, le tensiomètre. Le
tensiomètre agit en mesurant la contre pression exercée au niveau du bras par un brassard
pneumatique.
Il existe des appareils manuels, automatiques et électroniques.
3.1 Le tensiomètre manuel
Le tensiomètre manuel est composé (fig. 3.3) :
- • D’un manchon gonflable qui sera placé autour du
bras de la victime (il existe, en fonction de la taille,
des manchons adultes et enfants) ;
- • D’un tuyau relié à une poire qui permet de gonfler
le manchon. Cette poire est équipée d’une valve
dont l’ouverture permet au manchon de se
dégonfler progressivement ;
- • D’un manomètre qui mesure la contre-pression
exercée sur le bras.
La prise manuelle de la pression artérielle peut nécessiter l’utilisation d’un stéthoscope.
Seulement utilisée par l’équipier secouriste pour la mesure de la pression artérielle, le
stéthoscope est composée :
- • D’une lyre à l’extrémité de laquelle se trouvent deux embouts qui seront placés dans
chaque oreille de l’équipier secouriste ;
- • De tuyaux ;
- • D’un pavillon.
Fig. 3.3
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 3 - 20 Les bilans
3.2 Le tensiomètre électronique et automatique
Il est composé (fig. 3.4) :
- • D’une centrale, alimentée par une batterie, sur laquelle s’affichent les chiffres de la
pression artérielle et la fréquence cardiaque ;
- • D’un manchon gonflable qui sera placé autour du bras de la victime (identique au
tensiomètre manuel) ;
- • De tuyaux qui relient le manchon à la centrale.
4. Réalisation
La mesure de la pression artérielle consiste à relever deux chiffres, par exemple 120 et 80. Ces
deux chiffres représentent la pression, en millimètres de mercure, exercée par le sang dans les
artères au moment de la contraction du coeur et au moment de son relâchement.
Le chiffre le plus élevé (120) est appelé pression systolique. Il mesure la force exercée par le
sang sur la paroi interne des artères lors de la contraction du coeur.
Le chiffre le plus bas (80) est appelé pression diastolique.
4.1 Mesure de la pression artérielle par palpation
- • Placer le manchon du tensiomètre autour du bras de la victime (accessible et non
traumatisé). Le bord inférieur du brassard doit être placé à 2 cm au moins au-dessus du
pli du coude et le repère artériel juste au-dessus du passage de l’artère (au niveau du
milieu du pli du coude). Si le manomètre est fixé au manchon, celui-ci doit être visible
(fig. 3.5 a).
- • Maintenir la poire de gonflage d’une main et fermer la valve (fig. 3.5 b).
- • Avec les doigts de l’autre main, localiser le pouls radial de la victime (fig. 3.5 c).
- • Gonfler doucement le brassard en appuyant sur la poire jusqu'à ne plus percevoir le
pouls radial. Continuer à gonfler de 30 mm de Hg en plus après disparition du pouls
radial.
- • Dégonfler doucement le brassard en appuyant (ou tournant) sur la valve de dégonflage.
L’aiguille du manomètre doit descendre sur le cadrant (2 à 3 mm de Hg par seconde).
Figure 3.4 : tensiomètre automatique et électronique
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les bilans CII - 3 - 21 Janvier 2007
- • Noter la pression sur le cadran dés que vous percevez à nouveau le pouls radial. Ce
chiffre correspond à la pression systolique (fig. 3.5 d).
- • Dégonfler totalement le brassard.
Cette méthode de mesure de la pression artérielle ne permet pas de mesurer la pression
diastolique.
a b
c d
4.2 Mesure de la pression artérielle par auscultation
La mesure de la pression artérielle par auscultation nécessite un tensiomètre manuel et un
stéthoscope.
- • Placer le manchon du manomètre de la même façon que pour la mesure de la pression
artérielle par palpation.
- • Placer les embouts du stéthoscope dans les oreilles, ils doivent pointer vers l’avant.
- • Localiser le pouls de l’artère qui passe au milieu du pli du coude avec les doigts.
- • Placer le pavillon du stéthoscope sur le trajet de l’artère, juste au-dessus du pouls et le
maintenir avec l’index et le majeur d’une main.
- • Gonfler doucement le brassard en appuyant sur la poire jusqu'à ne plus entendre le
bruit du pouls. Continuer à gonfler de 30 mm de Hg en plus, après disparition du bruit
du pouls.
- • Dégonfler doucement le brassard en appuyant (ou tournant) sur la valve de dégonflage.
L’aiguille du manomètre doit descendre sur le cadran (de 2 à 3 mm par seconde).
- • Noter la pression sur le cadran dés que vous réentendez le bruit du pouls. Ce chiffre
correspond à la pression systolique (fig. 3.6).
- • Continuer à dégonfler le brassard et noter à nouveau la pression sur le cadran quand le
bruit du pouls disparaît. Ce chiffre correspond à la pression diastolique.
Figure 3.5 : mesure de la pression artérielle par palpation
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 3 - 22 Les bilans
- • La pression artérielle est indiquée
en donnant la pression systolique
puis la pression diastolique, par
exemple 120 / 80.
- • Dégonfler totalement le brassard.
4.3 Mesure de la pression artérielle automatique
La mesure de la pression artérielle à l’aide d’un
appareil automatique et électronique demande, de la
part de l’équipier, uniquement la mise en place du
manchon à pression autour du bras (fig. 3.7).
La mesure se fait alors automatiquement en
respectant le mode d’emploi de l’appareil. La mesure
de la pression artérielle s’affiche sur les cadrans de
même que la fréquence cardiaque.
5. Risques
La mesure de la pression artérielle ne présente aucun risque pour la victime. Si le manchon du
tensiomètre est laissé en place pour une nouvelle mesure lors de la surveillance de la victime,
l’équipier secouriste doit s’assurer que ce dernier est bien dégonflé, pas trop serré et ne gêne
pas la victime.
6. Evaluation
La mise en place correcte de l’appareil et la mesure régulière de la pression artérielle par un
équipier sont les garants de l’efficacité de la technique.
7. Entretien
Nettoyer régulièrement les brassards (partie textile), surtout s'il y a des taches de sang, et le
stéthoscope.
Disposer de batteries de rechange si l'appareil fonctionne avec des batteries à usage unique ou
le mettre en charge.
Faire vérifier régulièrement les appareils électroniques et l'état des poches pneumatiques.
8. Points clés
L’équipier secouriste doit :
- • Positionner correctement le brassard à tension.
- • Gonfler le brassard à une pression supérieure à la pression systolique (disparition du
pouls radial ou du bruit du pouls brachial).
- • Dégonfler lentement le brassard à tension.
- • Repérer les moments pour relever la pression sur le manomètre.
- • Respecter le mode d’emploi s’il s’agit d’un appareil automatique.
Figure 3.7
Figure 3.6
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les bilans CII - 3 - 23 Janvier 2007
TECHNIQUE 3.2 – MESURE DE LA SATURATION CAPILLAIRE EN OXYGÈNE
1. Justification
La mesure de la saturation capillaire en oxygène reflète l'efficacité du transport de l'oxygène de
l’air respiré jusqu’aux capillaires, lieu d’échange avec les cellules.
2. Indications
L’oxymètre de pouls est un appareil électronique qui mesure la quantité d'oxygène (O2)
transportée par les globules rouges au niveau de la circulation capillaire.
L’oxymètre de pouls permet de détecter très rapidement un manque d'oxygène dans
l'organisme. Cependant, il ne dispense pas l’équipier secouriste du bilan de la fonction
respiratoire de la victime, ni de sa surveillance. La mesure de la saturation capillaire en oxygène
n’est qu’un élément complémentaire du bilan secouriste, et ne doit, en aucun cas, retarder des
gestes d'urgence évidents. Elle est utile en particulier :
- • En cas de détresse vitale (sauf arrêt cardio-respiratoire) ;
- • En cas de gêne respiratoire ou de plainte respiratoire ;
- • En cas de malaise ou d'aggravation d'une maladie ;
- • En cas de traumatisme grave ou violent, ou en cas de traumatisme thoracique.
3. Matériel
L’oxymètre de pouls (fig. 3.8) est facile à utiliser. C’est un appareil performant, sûr et fiable.
L'appareil comprend :
- • Une unité de mesure dotée en règle générale
d’un écran de lecture et alimentée par des
batteries à usage unique ;
- • Un capteur que l’on pose sur une partie du
corps (doigt, lobe de l'oreille, front ou nez). Il
existe des capteurs adaptés en fonction de
l’âge de la victime (adulte, enfant, nourrisson).
4. Réalisation
Le capteur doit être placé sur une peau ou un ongle propre (le vernis à ongle ne permet pas la
mesure).
Une fois le capteur en place, il faut mettre l'appareil en
marche et respecter les recommandations données par le
mode d’emploi de l’appareil.
Deux chiffres s'affichent sur l’écran de l’appareil : la
fréquence du pouls et la saturation en oxygène (que l'on
nomme couramment SpO2) (fig. 3.9).
La SpO2 est le reflet, exprimé en pourcentage, de la
quantité d'oxygène transportée par le sang. Le
pourcentage normal de la SpO2 se situe entre 95 % et 100
%.
Figure 3.8
Figure 3.9 : Mesure de la saturation
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 3 - 24 Les bilans
5. Risques
Chez une victime agitée ou en cas de détresse circulatoire, la mesure de la SpO2 n'est pas
fiable car le capteur ne peut pas détecter les pulsations cardiaques.
Les intoxications aux fumées et les intoxications au monoxyde de carbone (CO) faussent la
mesure et donnent à tort des c
victime qui présente des tremblements ou un refroidissement (hypothermie).
6. Evaluation
La mise en place correcte de l’appareil et la mesure régulière de la pression artérielle par un
équipier secouriste sont les garants de l’efficacité de la technique.
7. Entretien
Nettoyer l’appareil en respectant les recommandations du fabriquant.
8. Points clés
L’équipier secouriste doit :
- • Positionner correctement le capteur de lecture de la saturation.
- • Respecter le mode d’emploi de l’appareil.
- • Lire et transmettre la mesure réalisée.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les bilans CII - 3 - 25 Janvier 2007
TECHNIQUE 3.3 – MESURE DE LA TEMPÉRATURE
1. Justification
La température tympanique est le reflet exact de la température de l’organisme. Sa mesure
permet de :
- • Compléter le bilan secouriste ;
- • Confirmer la sensation de victime chaude ou froide (évaluation de l’aspect de la peau et
des muqueuses) ;
- • Mieux apprécier l’état de la victime.
2. Indications
La mesure de la température est réalisée lorsque la victime semble anormalement chaude ou
froide, après avoir évalué l’aspect de la peau et des muqueuses.
La mesure de la température d’une victime est réalisée à l’aide d’un thermomètre. Seule est
décrite ici, la mesure de la température en utilisant un thermomètre tympanique.
3. Matériel
Le thermomètre tympanique est habituellement composé de (fig. 3.10) :
- • Un distributeur de couvre-sondes à usage unique ;
- • Un écran qui affiche la température ainsi que les instructions d’utilisation ;
- • Un bouton qui permet d’éjecter le couvre-sonde à usage unique dans le conteneur de
déchets d’activités de soin ;
- • Un bouton qui active la mesure de la température ;
- • Un logement pour les batteries à usage unique.
Comme tout matériel, l’équipier secouriste doit se familiariser avec le mode d’emploi de
l’appareil dont il dispose.
a b
4. Réalisation
- • Mettre un couvre-sonde à usage unique sur l’extrémité de la sonde avant toute mesure
de la température (fig. 3.11 a) ;
- • Saisir le pavillon de l’oreille et exercer une légère traction vers le haut et vers l’arrière
(fig. 3.11 b) ;
Figure 3.10 : Thermomètre électronique tympanique
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Janvier 2007 CII - 3 - 26 Les bilans
- • Positionner l’ensemble sonde / couvre-sonde à l’entrée du conduit auditif externe de la
victime. L’enfoncer doucement aussi loin qu’il peut aller en dirigant la sonde vers l’oeil
opposé ;
- • Appuyer sur le bouton de mesure de la température (fig. 3.11 c) ;
- • Retirer le thermomètre du conduit auditif après l’émission d’un bip sonore par l’appareil
indiquant la fin de la prise de température ;
- • Lire la température relevée sur l’écran (fig. 3.11 d) ;
- • Ejecter le couvre sonde dans le conteneur de déchets d’activités de soin.
Figure 3.11 : Utilisation du thermomètre électronique tympanique
5. Risques
Pour limiter tout risque traumatique veiller à prévenir tout mouvement excessif de la tête lors de
la mesure.
Introduire la sonde dans le conduit auditif de manière douce et progressive.
Ne pas utiliser chez :
- • Le nourrisson de moins de 3 mois, car le diamètre de son conduit auditif est inférieur à
celui de la sonde du thermomètre ;
- • La victime d’un traumatisme auriculaire bilatéral, lors d’un accident avec explosion, par
exemple.
Attention : Lors de variation brusque de température ambiante (passage de l’ambulance à
l’environnement extérieur froid), le thermomètre tympanique peut donner des chiffres erronés.
6. Evaluation
A la fin de la mesure la température s’affiche correctement.
a b
c d
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Les bilans CII - 3 - 27 Janvier 2007
7. Entretien
Les couvre-sondes sont à usage unique.
Nettoyer l’appareil selon les recommandations du fabriquant.
8. Points clés
L’équipier secouriste doit :
- • Utiliser un couvre-sonde pour chaque victime.
- • Positionner la sonde dans le conduit auditif, vers l’avant et en haut.
- • Transmettre la température recueillie.