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PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les traumatismes des os et des articulations CI - 13 - 1 Janvier 2007
PARTIE 13
LES TRAUMATISMES DES OS ET DES ARTICULATIONS
1. OBJECTIFS
A la fin de cette partie, vous serez capable de mettre en oeuvre les gestes de secours
nécessaires devant une victime qui présente un traumatisme des os et des articulations, afin de
limiter toute aggravation éventuelle. Plus précisément, il s’agit de :
- • Décrire l’appareil locomoteur et indiquer sa fonction.
- • Analyser les causes et les mécanismes d’une lésion des os et des articulations.
- • Indiquer les principaux types de traumatismes des os et des articulations.
- • Evaluer la gravité d’une lésion des os et des articulations.
- • Indiquer le principe de l’action de secours.
- • Réaliser les gestes de secours nécessaires devant une personne victime d’un
traumatisme.
- • Réaliser les techniques suivantes :
- Immobilisations provisoires des membres ;
- Application de froid.
2. L’APPAREIL LOCOMOTEUR ET SA FONCTION
L’appareil locomoteur est composé d’un ensemble d’os unis entre eux par des articulations et
mis en mouvements par des muscles. Il constitue la charpente du corps.
Le secouriste ne distinguera pas toujours facilement les lésions osseuses, articulaires et
musculaires. Il lui est néanmoins utile de comprendre la manière dont fonctionnent les os et les
muscles qui s’attachent sur eux.
2.1 Le squelette
L’ensemble des os constitue le squelette. Le squelette présente 3 fonctions essentielles :
1- Maintenir la stabilité du corps.
2- Protéger les organes vitaux (coeur, poumons, cerveau).
3- Fabriquer les cellules du sang.
Le squelette est divisé en 6 parties (fig. 13.1) :
- • Les os de la tête (crâne et face), qui protègent le cerveau ;
- • La colonne vertébrale ou rachis, axe mobile, formé de vertèbres creusées d’un canal
ou passe la moelle épinière ; elle est constituée de haut en bas de 5 segments
(cervical, thoracique, lombaire, sacré et coccygien) (fig. 13.2) ;
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 13 - 2 Les traumatismes des os et des articulations
- • Les os des membres supérieurs ;
- • La cage thoracique, formée de côtes réunies en avant au sternum et articulées en
arrière à la colonne vertébrale ; elle protège particulièrement le coeur et les poumons ;
- • Les os du bassin, qui relie les membres inférieurs au reste du corps ;
- • Les os des membres inférieurs.
2.2 Les articulations
La jonction entre deux os correspond à une articulation, mobile ou non :
- • Les articulations immobiles soudent deux os l’un à l’autre, comme les os du bassin ou
les os du crâne.
- • Les articulations mobiles permettent les mouvements, comme le coude et le genou.
Au sein d’une articulation, l’extrémité des deux os est recouverte de cartilage et enduite d’un
liquide lubrifiant pour limiter les effets du frottement. Ces deux extrémités sont maintenues l’une
contre l’autre grâce à des bandes de tissu élastique, les ligaments.
2.3 Les muscles
Les muscles permettent les mouvements des différentes parties du corps. Ils sont fixés aux os
par des bandelettes très solides, les tendons et peuvent être commandés par le cerveau. Ils
agissent par groupe, quand un groupe se contracte, le groupe de muscles opposé se relâche.
Figure 13.1 : Les 6 parties du squelette
Figure 13.2 : Les 5 segments de la
colonne vertébrale
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Les traumatismes des os et des articulations CI - 13 - 3 Janvier 2007
3. CAUSES ET MÉCANISMES D’UNE LÉSION DES OS ET DES ARTICULATIONS
Les atteintes traumatiques des os ou des articulations sont fréquentes et peuvent affecter les
personnes de tout sexe et de tout âge.
Ces atteintes résultent d’un choc, d’une chute ou d’un faux mouvement à la suite d’accident de
la circulation, d’activité sportive, d’accident du travail, de loisir mais aussi de violences. Il existe
également des maladies qui donnent une fragilité des os qui peuvent se fracturer par des chocs
ou lors de mouvements même minimes.
Le secouriste doit comprendre le mécanisme à
l’origine d’une lésion traumatique. Ce mécanisme est
identifié en examinant et en interrogant la victime et
les témoins. Sa connaissance facilite l’examen, la
recherche d’une lésion et la prise en charge du
blessé.
Trois types de mécanismes sont à l’origine d’une
lésion des os et des articulations : direct, indirect et
par torsion (fig. 13.3).
3.1 Mécanisme direct
La lésion siège à l’endroit d’un coup violent, de l’impact d’un objet lourd sur un membre ou une
articulation ou d’un contact brutal avec un plan dur.
Exemple : Un véhicule heurte la jambe d’un piéton, le piéton présente une fracture de la jambe
à l’endroit du choc.
3.2 Mécanisme indirect
3.2.1 Par transmission du choc :
La lésion siége à distance de l’endroit du choc.
Exemple :
- • Une personne chute sur l’épaule, la force provoquée par le choc est transmise au milieu
de la clavicule qui se rompt.
- • Une personne chute d’une hauteur importante sur ses pieds ou sur ses fesses, la force
provoque une fracture par tassement d’une vertèbre.
3.2.2 Par torsion :
La lésion est provoquée par une torsion du membre qui va entraîner une fracture de l’os ou une
lésion de l’articulation sollicitée par ce mouvement forcé.
Exemple :
- • Un skieur chute, le pied reste solidaire du ski, la torsion entraîne une fracture des os de
la jambe
- • La flexion extension brutale du rachis cervical lors d’un accident de la circulation,
dénommé « coup du lapin ».
Figure 13.3 : Mécanisme des lésions
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Janvier 2007 CI - 13 - 4 Les traumatismes des os et des articulations
4. PRINCIPAUX TYPES DE TRAUMATISMES DES OS ET DES ARTICULATIONS
Il existe 3 types d’atteintes des os et des articulations : la fracture, la luxation et l’entorse.
4.1 La fracture
L’os est brisé. Les fractures peuvent atteindre tous les
os du corps.
Les fractures peuvent être (fig. 13.4) :
- • Simples : l’os est cassé, il n’existe pas de
lésion associée visible ;
- • Compliquées : l’os est cassé et il existe des
lésions des structures adjacentes (nerfs,
muscles, vaisseaux, poumons, système
nerveux…). La fracture peut être
accompagnée d’une plaie (fracture ouverte).
4.2 La luxation
L’articulation est déboîtée et les 2 extrémités des
os ne sont plus au contact l’une de l’autre (fig.
13.5). Ce déplacement s’accompagne le plus
souvent d’une lésion voire d’une déchirure des
ligaments qui entouraient et maintenaient
l’articulation. Parfois, la luxation s’accompagne
d’une fracture et/ou d’une atteinte des nerfs et des
vaisseaux.
4.3 L’entorse
Les ligaments sont distendus ou déchirés par
un mouvement exagéré ou forcé de
l’articulation (faux mouvement) créant un
écartement transitoire des 2 extrémités
osseuses (fig. 13.6).
Une entorse peut s’accompagner d’un
arrachement osseux.
5. GRAVITÉ D’UNE LÉSION DES OS ET DES ARTICULATIONS
Certaines lésions des os et des articulations sont évidentes : déformation due à une fracture
ouverte ou à une luxation. D’autres n’apparaîtront que lors d’un examen médical et
radiographique.
Le secouriste doit évaluer la gravité d’une lésion des os et des articulations en notant le plus
d’éléments possible, en évitant de mobiliser inutilement le blessé et en recherchant le
mécanisme de survenue de la lésion et sa violence.
A la suite d’un choc violent ou d’une chute, la victime a perçu un craquement, souvent
accompagné d’une douleur vive.
Figure 13.4 : a) Fracture fermée
b) fracture ouverte
a)
a)
b)
Articulation
déboîtée
Ligament
déchiré
Figure 13.5 : Luxation
Figure 13.6 : Entorse
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Les traumatismes des os et des articulations CI - 13 - 5 Janvier 2007
Elle peut présenter :
- • Une douleur à l’endroit de la blessure ou à côté, augmentée par le mouvement ;
- • La difficulté voire l’impossibilité de bouger le membre atteint ou de se déplacer ;
- • Une déformation et un gonflement visible au niveau de la lésion.
Les lésions des os et des articulations peuvent s’accompagner de complications :
- • Une plaie, il s’agit alors d’une fracture ouverte. Par cette plaie, il peut se manifester une
hémorragie qui nécessite un geste urgent pour l’arrêter (cf. partie sur l’hémorragie
externe) ;
- • Une compression des vaisseaux. L’extrémité du membre est froide et pâle ;
- • Une compression des nerfs. La victime perçoit des fourmillements à l’extrémité du
membre atteint. Il existe parfois une disparition de la sensibilité.
Certaines fractures peuvent donner une détresse vitale comme :
- Une détresse neurologique, trouble de la conscience, atteinte de la moelle épinière si la
lésion se situe au niveau de la tête ou du rachis ;
- Une détresse respiratoire si la lésion se situe au niveau du thorax ;
- Une détresse circulatoire si la lésion se situe à la cuisse, au thorax ou au bassin.
6. PRINCIPE DE L’ACTION DE SECOURS
Devant une lésion des os et des articulations, le secouriste doit tout mettre en oeuvre pour :
- • Empêcher l’aggravation en évitant tout déplacement de la zone blessée ;
- • Limiter le gonflement et soulager la douleur ;
- • Limiter la perte de sang (fracture ouverte) ;
- • Prévenir l’infection (fracture ouverte) ;
- • Rechercher une complication associée ;
- • Prendre un avis médical ;
- • Surveiller l’apparition d’une détresse vitale.
Sauf danger vital, l’immobilisation précède tout déplacement.
7. LES GESTES DE SECOURS POUR UNE PERSONNE VICTIME D’UN TRAUMATISME
7.1 La victime se plaint après un traumatisme du dos, de la nuque et de la tête
7.1.1 La situation
Le blessé est étendu sur le sol, a fait une chute ou a reçu un violent coup.
S’il est conscient, il se plaint du dos, de la nuque ou de la tête.
7.1.2 Le risque
Le danger principal est la lésion de la moelle épinière (qui passe dans la colonne vertébrale),
avec risque de paralysie définitive. Le risque de paralysie est d’autant plus grave que l’atteinte
vertébrale est située au plus haut, c’est à dire au niveau de la nuque.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 13 - 6 Les traumatismes des os et des articulations
7.1.3 La conduite à tenir
a) Le blessé est inconscient
Réaliser la conduite à tenir devant une victime inconsciente (cf. partie sur l’inconscience).
Dans ce contexte traumatique, on s’attachera à respecter les points suivants :
- • Maintenir la tête de la victime si possible en position neutre pendant l’examen ;
- • Assurer la liberté des voies aériennes en soulevant le menton seulement ;
- • Mettre en en place un collier cervical ;
- • Installer le blessé en position latérale de sécurité à 2 secouristes ;
- • Maintenir la tête jusqu'à l’arrivée d’un renfort.
En l’absence de respiration, réaliser une réanimation cardio-pulmonaire (cf. partie sur l’arrêt
cardio-respiratoire)
NB : La mise en position neutre de la tête d’une victime doit être réalisée au minimum par un
équipier. Seul, le secouriste maintiendra la tête de la victime dans la position où il l’a trouvée
dans l’attente d’un renfort.
b) Le blessé est conscient
- • Ne jamais déplacer le blessé sauf si c’est nécessaire pour le soustraire à un risque
persistant.
- • Conseiller fermement au blessé de ne faire
aucun mouvement, en particulier de la tête ;
- • Maintenir la tête en position « neutre » avec
les deux mains (fig. 13.7) ;
- • Mettre en place un collier cervical ;
- • Poursuivre l’examen de la victime et réaliser
les gestes de secours complémentaires ;
- • Demander un avis médical ;
- • Surveiller la victime de manière continue, lui
parler régulièrement, l’interroger et lui
expliquer ce qui se passe pour la réconforter.
- • Signaler l’aggravation en rappelant les
secours.
7.2 La victime a reçu un coup sur la tête (traumatisme du crâne)
7.2.1 La situation
Le blessé a reçu un choc violent à la tête. Il peut présenter :
- • Un saignement par l’oreille ;
- • Une déformation du crâne ;
- • Une plaie du cuir chevelu ;
- • Une anomalie de la taille des pupilles (Cf. partie sur les détresses vitales) ;
- • Une perte de connaissance passagère, immédiate ou à distance de l’accident.
Figure 13.7 : Maintien de la tête
avec les 2 mains
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Les traumatismes des os et des articulations CI - 13 - 7 Janvier 2007
7.2.2 Le risque
A la suite d’un coup sur la tête, une atteinte du cerveau est toujours possible et peut se révéler
plusieurs minutes après sous la forme :
- • d’une agitation ou d’une prostration ;
- • de vomissements ;
- • de maux de tête persistants ;
- • d’une absence de souvenir de l’accident.
Tout blessé qui présente un traumatisme du crâne doit être considéré comme ayant un
traumatisme associé de la colonne vertébrale.
7.2.3 La conduite à tenir
a) Le blessé est inconscient
Adopter la même conduite à tenir que devant un traumatisme de la colonne vertébrale chez une
victime inconsciente.
b) Le blessé est conscient
Adopter la même conduite à tenir que devant un traumatisme de la colonne vertébrale chez une
victime consciente. Protéger une plaie éventuelle associée (cf. partie sur les accidents de la
peau).
c) Le blessé est conscient et valide et les troubles apparaissent plusieurs minutes après
- • Demander un avis médical ;
- • Surveiller la victime en lui parlant régulièrement.
7.3 La victime a reçu un coup violent au thorax (traumatisme du thorax)
7.3.1 La situation
Le blessé a fait une chute ou a reçu un coup violent au thorax. Il peut présenter :
- • Des traces de contusion voire une plaie du thorax ;
- • Une respiration douloureuse.
7.3.2 Le risque
A la suite d’un choc au thorax, une atteinte des poumons (fracture de côtes) et ou des gros
vaisseaux est toujours possible.
Tout blessé qui présente un traumatisme du thorax peut présenter rapidement des signes de
détresse respiratoire et/ou circulatoire.
7.3.3 La conduite à tenir
a) Le blessé est inconscient
Adopter la même conduite à tenir que chez un blessé inconscient.
b) Le blessé est conscient
Adopter la même conduite à tenir que devant une victime qui présente une détresse
respiratoire. Protéger une plaie éventuelle associée (cf. partie sur les accidents de la peau).
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Janvier 2007 CI - 13 - 8 Les traumatismes des os et des articulations
7.4 La victime se plaint d’un traumatisme d’un membre
7.4.1 La situation
Le blessé a reçu un choc au niveau d’un membre ou a réalisé un faux mouvement. Il présente :
- • Une douleur.
- • Une déformation et ou un gonflement visible.
- • La difficulté, voire l’impossibilité de bouger.
7.4.2 Le risque
Des mouvements inappropriés mobilisent les os fracturés ou des ligaments lésés et peuvent
entraîner :
- • une douleur vive.
- • une aggravation de la lésion (voir ci-dessus).
7.4.3 La conduite à tenir
- • Interdire toute mobilisation du membre atteint.
- Atteinte du membre inférieur :
Garder la victime allongée au sol ;
Immobiliser le membre inférieur en utilisant les moyens à disposition
(technique 13.1).
- Atteinte du membre supérieur :
Faire asseoir la victime si elle est debout ;
Lui demander de placer le membre atteint contre sa poitrine et de le soutenir
avec une main dans la position la moins douloureuse possible ;
Maintenir et soutenir éventuellement ce membre en utilisant les moyens à
disposition (technique 13.1).
- • Si une plaie est associée, limiter le saignement et protéger la plaie.
- • Si le traumatisme siège au niveau d’une articulation (cheville, genou, coude…) avec
gonflement sans déformation, appliquer du froid (technique 13.2).
- • Poursuivre l’examen de la victime, rechercher les complications et réaliser les gestes de
secours complémentaires nécessaires.
- • Demander un avis médical.
- • Respecter les recommandations données par les secours.
- • Surveiller la victime.
NB : Devant une victime qui présente un traumatisme de membre avec déformation importante
(angulaire, rotation…), respecter la déformation, demander un avis médical et attendre un
renfort.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les traumatismes des os et des articulations CI - 13 - 9 Janvier 2007
TECHNIQUE 13.1 – IMMOBILISATION PROVISOIRE DES MEMBRES
1. Justification
Une immobilisation même provisoire qui bloque les articulations au dessus et au dessous du
traumatisme limite les mouvements, diminue la douleur et prévient la survenue de
complications.
2. Indications
Une immobilisation provisoire des membres est nécessaire chaque fois qu’une victime doit être
mobilisée et que des moyens plus appropriés ne sont pas disponibles.
3. Matériel
Une immobilisation provisoire est réalisée avec :
- • Les vêtements du blessé ;
- • Une ou des couvertures ;
- • Une ou plusieurs écharpes triangulaires (fig. 13.8).
3.1 Echarpe triangulaire
Il s’agit d’un triangle de tissu non
extensible (coton, toile, papier non
tissé…). La longueur au niveau de la
base est de 1,2 mètre au minimum.
4. Réalisation
4.1 Immobilisation avec un vêtement
En l’absence de tout matériel, effectuer une
immobilisation provisoire avec un vêtement
(chemise, pull-over, veste…) retourné et maintenu
par une épingle ou mieux avec un lien (cravate,
foulard…) (fig. 13.9)
Figure 13.8 : Echarpe
Figure 13.9 : Immobilisation improvisée du membre supérieur
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Janvier 2007 CI - 13 - 10 Les traumatismes des os et des articulations
4.2 Immobilisation avec une écharpe triangulaire
a) Traumatisme de la main, du poignet et de l’avant bras : écharpe simple (fig. 13.10)
- • Engager une des pointes du triangle entre le coude et le thorax et la faire passer sur
l’épaule du côté blessé. Il faut que le sommet du triangle se trouve du côté du coude et
que la base soit perpendiculaire à l’avant-bras qui doit être immobilisé ;
- • Ajuster et déplisser le triangle jusqu'à la base des doigts ;
- • Rabattre la seconde pointe sur l’avant bras et la faire passer sur l’épaule opposée au
membre blessé ;
- • Fixer l’écharpe en nouant les deux pointes sur le côté du cou ;
- • Nouer les chefs autour du cou, la main doit être placée légèrement au dessus du
niveau du coude ;
- • Fixer au niveau du coude en tortillant la partie libre de la pointe ou la fixer avec un
ruban adhésif.
b) Traumatisme du bras : écharpe simple et contre écharpe (fig. 13.11)
- • Soutenir l’avant bras avec une écharpe
simple ;
- • Placer la base du deuxième triangle (contre
écharpe) au niveau de l’épaule du membre
blessé, sommet vers le coude ;
- • Amener les deux pointes sous l’aisselle
opposée en enveloppant le thorax de la
victime ;
- • Fixer la contre écharpe au moyen d’un
noeud situé en avant de l’aisselle opposée ;
- • Torsader le sommet pour maintenir le bras
blessé plaqué contre le thorax.
c) Traumatisme de l’épaule (clavicule, omoplate) : écharpe oblique (fig. 13.12)
- • Glisser la base du triangle sous l’avant-bras, sommet vers le coude ;
- • Nouer les chefs sur l’épaule opposée en englobant le thorax, les doigts doivent rester
visibles ;
a b
Figure 13.10 : Echarpe simple
Figure 13.11 : Contre écharpe
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les traumatismes des os et des articulations CI - 13 - 11 Janvier 2007
- • Rabattre le sommet sur le coude en avant et le fixer avec un ruban adhésif.
Si le traumatisme de l’épaule provoque une déformation importante (bras écarté du corps)
placer un rembourrage (tissu roulé) entre le bras et le tronc pour respecter la déformation et
éviter toute mobilisation de l’articulation. Ne jamais tenter de rapprocher le coude du corps.
d) Traumatisme du membre inférieur :
- • Demander à la victime de ne pas bouger le membre traumatisé ;
- • Appeler les secours.
5. Risques
La réalisation d’une immobilisation même provisoire d’un membre traumatisé peut provoquer
une mobilisation de celui-ci et entraîner douleur et complications.
6. Evaluation
En limitant le mouvement de la zone traumatisée, on évite l’aggravation et on diminue la
douleur ressentie par la victime.
7. Points clés
La réalisation d’une immobilisation provisoire doit :
- • Eviter toute mobilisation du membre atteint.
- • Maintenir correctement la zone traumatisée.
a b
Figure 13.12 : Echarpe oblique (a) sans rembourrage, (b) avec rembourrage
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 13 - 12 Les traumatismes des os et des articulations
TECHNIQUE 13.2 – APPLICATION DE FROID
1. Justification
L’application de froid sur une articulation traumatisée permet d’atténuer la douleur et de limiter
le gonflement.
2. Indications
L’application de froid est réalisée chez une victime qui présente un traumatisme d’une
articulation (cheville, genou, coude, poignet) à la suite d’un faux mouvement et qui fait
suspecter une entorse.
Cette technique ne peut être appliquée si :
- • L’articulation concernée présente une plaie ;
- • Une fracture est évidente ;
- • La victime est inconsciente.
3. Matériel
L’application de froid peut être réalisée avec :
- • De l’eau froide ;
- • De la glace ;
- • Des compresses chimiques froides (fig. 13.13).
Les bombes cryogènes sont réservées à l’usage médical.
4. Réalisation
Le froid doit être appliqué le plus rapidement possible après l’accident. L’application doit
dépasser la zone douloureuse.
La durée d’application du froid sera déterminée par un médecin.
Cette application sera arrêtée dés que la victime ne la supporte plus ou à la demande du
médecin.
4.1 L’eau froide
Elle n’est efficace que si elle est à moins de 15°C. L’eau peut alors être additionnée de glaçons.
Des serviettes éponges pliées, préalablement trempées dans de l’eau et essorées sont
appliquées autour de l’articulation.
Les serviettes sont renouvelées toutes les 2 minutes environ.
4.2 La glace
Remplir une poche de glaçons, de glace pilée ou de neige (sachet plastique, vessie de glace…)
(fig. 13.14 a), chasser l’air (l’air empêche la transmission du froid) et la fermer hermétiquement.
Figure 13.13 : Compresse
chimique froide
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les traumatismes des os et des articulations CI - 13 - 13 Janvier 2007
Envelopper la poche dans un linge (serviette, torchon) et l’appliquer sur l’articulation (fig. 13.14
b).
4.3 Les compresses chimiques froides
De différents types, leur utilisation doit respecter les
recommandations du fabricant. Dès que le froid est
généré par la compresse, l’appliquer de la même
façon qu’une poche de glace (fig. 13.15).
En aucun cas, le refroidissement d’une articulation
suspecte d’entorse ne doit retarder l’avis médical et
la réalisation d’une immobilisation.
5. Risques
L’application de froid peut, rarement, provoquer :
- • Des réactions cutanées comme une rougeur ou une pâleur intense, l’apparition de
petites cloques ;
- • Des gelures caractérisées par une peau « cartonnée » quand on la touche.
Si tel est le cas, interrompre immédiatement l’application de froid et demander un avis médical.
6. Evaluation
Correctement réalisée, l’application de froid entraîne une diminution de la douleur et du
gonflement sans entraîner de désagrément pour la victime.
7. Points clés
L’application de froid sur une zone douloureuse doit :
- • Etre la plus rapide possible.
- • Dépasser la zone douloureuse.
- • Etre maintenue tant que la victime le supporte ou à la demande d’un médecin.
a b
Figure 13.14 : Application de froid avec de la glace
Figure 13.15
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
La noyade CI - 14 - 1 Janvier 2007
PARTIE 14
LA NOYADE
1. OBJECTIFS
A la fin de cette partie, vous serez capable de mettre en oeuvre les gestes de secours
nécessaires devant une personne victime d’une noyade, dans l’attente d’un renfort médicalisé.
Plus précisément, il s’agit de :
- • Définir la noyade et ses principales causes.
- • Préciser les conséquences de la noyade.
- • Préciser les signes que peut présenter une personne victime d’une noyade.
- • Indiquer le principe de l’action de secours.
- • Mettre en oeuvre les gestes de secours nécessaires à une victime de noyade.
2. LA NOYADE ET SES PRINCIPALES CAUSES
La noyade est une détresse respiratoire due à l’immersion ou à la submersion de la victime.
La noyade est une cause fréquente de décès, surtout chez l’enfant. La présence de points
d’eau autour des habitations (piscine, lac…) augmente le risque de noyade.
La noyade peut être provoquée par :
- • Un traumatisme (choc violent entraînant une perte de connaissance ou une incapacité
à pouvoir nager) ;
- • La survenue d’un malaise dans l’eau ;
- • Un épuisement ou une hypothermie à la suite d’un séjour prolongé dans l’eau ;
- • La chute volontaire ou non, dans l’eau, d’une victime qui ne sait pas nager ;
- • Un spasme de la gorge qui arrête la respiration lors du contact du liquide avec les
voies aériennes.
On parle de noyé lorsque la victime décède à la suite d’une noyade.
3. LES CONSÉQUENCES DE LA NOYADE
La détresse respiratoire est secondaire à la pénétration d’eau dans les poumons, le plus
souvent, en très petite quantité ou par le spasme de la gorge.
L’inconscience est due à un manque d’oxygénation du cerveau à la suite de la détresse
respiratoire et parfois à un traumatisme associé notamment de la nuque ou du crâne.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 14 - 2 La noyade
Lors de la noyade, de grandes quantités de liquide peuvent être avalées et pénètrent dans
l’estomac. Toute tentative d’extraire l’eau contenue dans l’estomac est proscrite, car elle expose
au passage du liquide vers les poumons et aggrave l’état de la victime.
L’hypothermie est fréquente au cours des accidents de submersion.
L’arrêt cardio-respiratoire est le plus souvent d’origine respiratoire, secondaire à la noyade,
plus rarement d’origine cardiaque, précédant la noyade.
4. LES SIGNES QUE PEUT PRÉSENTER UNE PERSONNE VICTIME D’UNE NOYADE
C’est le bilan circonstanciel qui permet d’évoquer une noyade.
En fonction de la durée de l’immersion, de l’âge et des antécédents, la victime peut présenter
un état de gravité différent. On peut se retrouver devant :
- • Une victime consciente qui est fatiguée, a froid, est souvent angoissée, sans signe
de détresse respiratoire.
- • Une victime consciente qui présente des signes de détresse respiratoire.
- • Une victime inconsciente qui présente des signes de détresse respiratoire.
- • Une victime en arrêt respiratoire et/ou cardiaque.
5. ACTION DU SECOURISTE CHEZ UNE PERSONNE VICTIME D’UNE NOYADE
- • Dégager rapidement la victime du milieu aquatique en toute sécurité (Cf. voir partie sur
la sécurité).
- • Réaliser les gestes de secours qui s’imposent et administrer de l’oxygène.
- • Demander un avis médical.
6. CONDUITE À TENIR FACE À UNE VICTIME DE NOYADE
- • Extraire ou faire extraire le plus rapidement possible la victime du milieu aquatique.
Pour cela, il est parfois nécessaire de recourir à des équipes de sauveteurs spécialisés
(plongeurs…). En tout état de cause, l’équipier ne pénètrera dans l’eau que s’il est
certain de pouvoir assurer le sauvetage de la victime.
- • Examiner la victime, l’installer en position d’attente et mettre en oeuvre les gestes de
secours qui s’imposent.
- • Si la victime ne présente pas de signes de circulation, réaliser 5 insufflations avant
de poursuivre les manoeuvres de réanimation (RCP et DAE).
- • Si l’on suspecte un traumatisme de la colonne vertébrale (chute ou plongeon dans
l’eau, accident de sports d’eau, signes évidents de traumatismes, prise d’alcool…) ou
devant des signes évidents d’atteinte de la colonne vertébrale (paralysie), maintenir
l’axe tête-cou-tronc et immobiliser le rachis dès que possible.
- • Réaliser un apport d’oxygène en inhalation ou en insufflation suivant l’état de la
victime.
- • Demander un avis médical, une aggravation secondaire étant possible.
- • Déshabiller, sécher et couvrir la victime.
- • Surveiller attentivement la victime, la rassurer si elle est consciente en attendant le
relais.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
La noyade CI - 14 - 3 Janvier 2007
Il ne faut jamais tenter de manoeuvre destinée à provoquer la toux ou les vomissements.
NB : La réalisation de manoeuvre de respiration artificielle (bouche-à-bouche) dans l’eau au
cours du dégagement de la victime ne peut se faire que par des sauveteurs spécialisés dans le
sauvetage des noyés et qui utilisent du matériel de flottaison. Les compressions thoraciques ne
doivent en aucun cas être réalisées dans l’eau car elles sont toujours inefficaces et retardent la
sortie du noyé de l’eau.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
La surveillance et l’assistance au déplacement CI - 15 - 1 Janvier 2007
PARTIE 15
LA SURVEILLANCE ET L’ASSISTANCE AU DÉPLACEMENT
1. OBJECTIFS
A la fin de cette partie, vous serez capable de surveiller une victime dans l’attente d’un renfort
et de l’aider à se déplacer si c’est nécessaire. Plus précisément, il s’agit de :
- • Assurer la surveillance d’une victime dans l’attente d’un renfort.
- • Réaliser les techniques suivantes :
- Techniques d’aide à la marche ;
- Techniques de déplacement de victimes non valides.
2. SURVEILLANCE D’UNE VICTIME DANS L’ATTENTE D’UN RENFORT
L’état d’une victime peut s’aggraver rapidement pendant sa prise en charge ou, au contraire,
s’améliorer. Le secouriste doit donc assurer une surveillance attentive de la victime après avoir
réalisé les gestes de premiers secours, s’il est seul, ou à la demande de l’équipier secouriste.
Le secouriste doit surveiller la victime :
- • En lui parlant ;
- • En contrôlant régulièrement sa respiratoire et sa circulation
- • En recherchant une modification de ses plaintes : « Avez-vous plus ou moins mal ? »
« La douleur est-elle toujours la même ? »... ;
- • En appréciant l’aspect de sa peau ;
- • En contrôlant l’efficacité des gestes de secours réalisés : arrêt des hémorragies,
reprise de signes de circulation ou de respiration…
Si l’état de la victime s’aggrave, le secouriste :
- • Recherche de nouveau la présence d’une détresse vitale.
- • Rend compte immédiatement en prévenant les secours ou l’équipier qui l’accompagne.
- • Adapte la conduite à tenir.
En permanence, la victime sera protégée contre le froid, le chaud ou les intempéries.
Le secouriste explique à la victime ce qui se passe pour la réconforter.
Le secouriste peut être amené à déplacer une victime dans certaines situations, en l’aidant à
marcher si elle est valide ou en la portant si elle ne peut participer elle-même à son
déplacement.
L’assistance au déplacement d’une victime ne doit en aucun cas aggraver une lésion.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 15 - 2 La surveillance et l’assistance au déplacement
TECHNIQUE 15.1 – AIDE A LA MARCHE
1. Justification
Ces techniques permettent notamment de déplacer une victime vers une zone calme (bord du
terrain) ou un abri pour la protéger de la pluie ou de toute autre intempérie.
2. Indications
Les techniques d’aide à la marche sont utilisées pour aider momentanément un blessé à
marcher sur quelques mètres.
3. Réalisation
3.1 Aide à la marche à un secouriste
Cette technique (fig. 15.1 a) est utilisée si la victime est capable de porter son propre poids et
de se tenir debout sur ses deux jambes.
- • Aider la victime à se mettre debout.
- • Passer le bras de la victime de votre côté autour de votre cou et le maintenir au niveau
du poignet avec une main.
- • Passer votre avant bras derrière le dos de la victime et maintenir la victime en passant
la main sous l’aisselle ou au niveau de la ceinture.
Figure 15.1 a
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
La surveillance et l’assistance au déplacement CI - 15 - 3 Janvier 2007
3.2 Aide à la marche à deux secouristes
Cette technique (fig. 15.1 b) est utilisée si la victime a des difficultés pour se tenir debout seule.
La technique est la même mais, dans ce cas, un secouriste se place de chaque côté de la
victime.
4. Risques
Si le secouriste respecte l’indication de ces techniques, il ne doit pas aggraver l’état de la
victime.
Le secouriste ne doit jamais utiliser une technique d’aide à la marche si la victime est
suspecte d’un traumatisme de la colonne vertébrale.
5. Evaluation
Le déplacement de la victime n’entraîne pas de désagrément pour celle-ci.
6. Points clés
Les techniques d’aide à la marche doivent :
- • Ne pas être susceptibles d’aggraver une lésion.
- • Utiliser des prises solides.
- • Permettre un déplacement sur quelques mètres.
Figure 15.1 b
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 15 - 4 La surveillance et l’assistance au déplacement
TECHNIQUE 15.2 – DEPLACEMENT DE VICTIMES NON VALIDES
1. Justification
Ces techniques permettent notamment, de déplacer, en terrain plat une victime vers une zone
calme (bord du terrain), un abri pour la protéger de la pluie ou de toute autre intempérie ou un
endroit où elle pourra être allongée au calme.
2. Indications
Les techniques de déplacement de victimes non valides sont utilisées pour déplacer une victime
sur quelques mètres par deux secouristes.
3. Réalisation
3.1 Déplacement à deux secouristes, saisie par les extrémités
Cette technique permet le déplacement de la victime à deux secouristes sans équipement.
Elle est pratique pour déplacer une victime qui se trouve dans un espace étroit : couloir, pièce
exiguë…
Son principe est de saisir la victime par les extrémités. Elle ne doit donc pas présenter de
traumatisme de membre (fig. 15.2).
Les secouristes doivent :
- • Aider la victime à s’asseoir.
- • Un secouriste s’accroupit derrière le dos de la victime, passe ses avant-bras sous ses
aisselles et saisit les poignets opposés, puis se lève.
Figure 15.2 : Saisie par les extrémités
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
La surveillance et l’assistance au déplacement CI - 15 - 5 Janvier 2007
- • Un secouriste s’accroupit entre les jambes de la victime, face à la marche et passe ses
bras de l’extérieur vers l’intérieur sous les genoux de la victime.
- • Au commandement du secouriste placé à la tête de la victime, les deux secouristes se
relèvent et se dirigent vers l’avant.
- • Au commandement, la victime est déposée délicatement au sol :
Commandements
- • Le secouriste qui est derrière la victime : « Etes-vous prêt ? » ;
- • L’autre secouriste : « Prêt ! » ;
- • Le secouriste qui est derrière la victime : « Avancez … Halte… Attention pour poser,
posez. ! » ;
3.2 Déplacement à deux secouristes par la technique de la « chaise » à mains
a b
Les deux secouristes utilisent leurs bras et leurs corps pour réaliser une chaise pour la victime
(fig. 15.3).
- • S’accroupir de chaque côté de la victime au niveau de ses hanches.
- • Asseoir la victime, passer un avant bras derrière son dos puis saisir l’épaule de l’autre
secouriste.
- • Passer l’autre avant bras sous les genoux de la victime et agripper le poignet de l’autre
secouriste (un anneau de toile solide peut être utilisé ; chaque secouriste agrippe alors
l’anneau de toile).
- • Demander à la victime de placer ses bras autour du cou des secouristes.
- • Au commandement, se lever et déplacer la victime.
Figure 15.3 : La « chaise » à mains
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 15 - 6 La surveillance et l’assistance au déplacement
3.3 Déplacement à deux secouristes à l’aide d’une chaise d’ameublement
La victime, installée sur une chaise d’ameublement, est déplacée par les deux secouristes. La
chaise facilite ici le déplacement (quelques marches, espace étroit…) et est plus confortable
pour la victime. Celle-ci doit naturellement être suffisamment solide pour supporter le poids de
la victime (fig. 15.4).
- • Un secouriste s’accroupit derrière le dossier de
la chaise et saisit le bas du dossier ou la racine
de l’accoudoir ;
- • La chaise est alors basculée tout doucement
en arrière après avoir prévenu la victime et en
la maintenant d’une main ;
- • Le deuxième secouriste s’accroupit entre les
pieds avant de la chaise, face à la victime, et
les saisit à leur extrémité. Les jambes de la
victime doivent rester entre les pieds de la
chaise ;
- • Au commandement du secouriste placé à la
tête de la victime, les deux secouristes se
relèvent et déplacent la victime sur sa chaise.
4. Risques
Si le secouriste respecte l’indication de ces techniques, il ne doit pas aggraver l’état de la
victime.
Le secouriste ne doit jamais utiliser une technique de déplacement de la victime à deux
secouristes si la victime est suspecte d’un traumatisme de la colonne vertébrale.
5. Evaluation
Le déplacement de la victime n’entraîne pas de désagrément pour celle-ci.
6. Points clés
Les techniques de déplacement de victimes non valides doivent :
- • Ne pas être susceptibles d’aggraver une lésion.
- • Utiliser des prises solides.
- • Permettre un déplacement sur quelques mètres.
Figure 15.4
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Annexes CI - 3 Janvier 2007
TITRE 3
ANNEXES
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Annexe A CI - A - 1 Janvier 2007
ANNEXE A
TABLEAU RÉCAPITULATIF
Les tableaux ci après constituent un récapitulatif de données contenues dans le présent
référentiel national de compétences de sécurité civile. Ces indications synthétisent les gestes
de secours, qui, pour certains, sont propres à l’âge de la victime : Adulte, enfant et nourrisson.
La définition des âges est la suivante :
Nouveau né < 7 jours
Nourrisson 7 jours à 1 an
Enfant 1 an à l’âge de la puberté
Adulte A partir de l’âge de la puberté
Les âges attribués pour définir le nourrisson, l’enfant et l’adulte sont basés sur les causes de
l’arrêt cardiaque et la différence des conduite à tenir et des techniques de secours qui en
découlent.
Chez l’adulte, l’arrêt cardiaque est en règle générale d’origine cardiaque alors que chez l’enfant
et le nourrisson, il est le plus souvent secondaire à un arrêt de la respiration.
Il n’est pas nécessaire que le secouriste connaisse avec précision l’âge de la puberté.
S’il pense qu’il s’agit d’un enfant, il appliquera les recommandations « enfant ».
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - A - 2 Annexe A
Adulte
Age > puberté
Enfant
1 an à l’âge de la
puberté
Nourrisson
Age < 1 an
Fréquence respiratoire 12 à 20 par min 20 à 30 par min 30 à 60 par min
Fréquence cardiaque 60 à 100 par min 70 à 140 par min 100 à 160 par min
Obstruction totale des voies
aériennes
Claques dans le dos et compressions abdominales Claques dans le dos et
compressions
thoraciques
Inhalation d’oxygène : débit en
l/min avec un masque haute
concentration
8 à 9 l/min 5 à 6 l/min 2 à 3 l/min
Apprécier la conscience Poser une question,
lui demander de serrer la main
L’appeler, lui prendre la
main
Liberté des voies aériennes Bascule de la tête et élévation du menton,
élévation du menton seulement, si traumatisme du
rachis
Mise de la tête en
position neutre et
élévation du menton
Position latérale de sécurité Mise sur le coté, en position stable, bouche ouverte, tournée vers le sol,
surveillance de la respiration possible
à 1 secouriste si malaise ou malade, à 2 secouristes si traumatisme
Apprécier la respiration Regarder les mouvements de la poitrine et de l’abdomen, écouter et sentir l’air
expirer
Aspiration de mucosités
(durée de l’aspiration) 10 s 5 s
Apprécier les signes de
circulation
(pas plus de 10 secondes)
Respiration,
mouvements et toux,
pouls au cou (carotide)
Respiration,
mouvements et toux,
pouls au bras (brachial)
Compressions thoraciques
Zone d’appui
Au milieu de la poitrine
sur la ligne médiane
Juste en dessous de la
ligne intermamelonnaire,
sur la
ligne médiane
1 travers de doigt en
dessous de la ligne intermamelonnaire,
sur la
ligne médiane
Méthode d’appui Talon d’une main et
l’autre main sur la
première
Talon d’une main et
éventuellement l’autre
main sur la première
2 doigts,
2 pouces en encerclant
le thorax (2 secouristes)
Amplitude
4 à 5 cm
Approximativement, le tiers de l’épaisseur du thorax
de la victime
Fréquence 100 par min
Rapport
Compressions/ ventilation 30 / 2
30 /2 à un seul secouriste
15 / 2 à deux secouristes
Début de la RCP Compressions
thoraciques
(le noyé : 5 insufflations
puis compressions
thoraciques)
Compressions thoraciques à un seul secouriste
5 insufflations puis compressions thoraciques, à
deux secouristes
Insufflations (durée) 1 s
Respiration artificielle seule 10 à 12
insufflations par min
12 à 20
insufflations par min
Canule oro-pharyngée
(mise en place)
Concavité vers le nez
puis rotation
Concavité vers le
menton, pas de rotation
Pas de canule
Défibrillation Utiliser des électrodes
adultes, jamais
d’électrodes enfants.
Débuter les
compressions
thoraciques
immédiatement et mettre
en place le DAE
Utiliser un dispositif
adapté à l’enfant de 1 à
8 ans (électrodes
pédiatriques)
Non indiquée
Insufflation d’oxygène : débit
initiaux en L/min. 15 à 12 l/min 8 à 9 l/min 3 l/min
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Annexe B CI - B - 1 Janvier 2007
ANNEXE B
SCHÉMA GÉNÉRAL DE L’ACTION DE SECOURS DU SECOURISTE
1 - Analyser
Danger
Étouffe
Saigne
Parle
Pas de
traumatisme
Plaies/brûlures
2 - Observer
3 - Écouter
respire
Traumatisme
os/articulations
6 - Examiner
7 - Surveiller
3 Sécurité
4 Alerte
5 Obstruction des VA
6 Hémorragie externe
7 Inconscience
8 ACR
11 Malaise et maladie
Signes de
détresse vitale
4 - Rechercher
9 ACR avec DAE
5 - Interroger
12 Accident peau
Accident des os
13 et articulations
15 Surveillance
Oui
Oui
Oui
Oui
Non
Non
Non
Non
Oui
Oui
Non
Oui
Oui
Oui
Non
Non
10 Détresse vitale
14 Noyade Noyade Oui
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Remerciements – Page de garde CI - 00 - 1 Janvier 2007
REMERCIEMENTS
Un grand remerciement aux experts et spécialistes qui ont collaboré à la rédaction de ce
référentiel national de compétences de sécurité civile et qui appartiennent aux organismes
publics habilités et aux associations nationales agréées pour les formations aux premiers
secours, siégeant à l’Observatoire National du Secourisme, dont les noms suivent :
Association défense et secourisme ;
Association nationale des centres d’enseignement de soins d’urgence ;
Association nationale des instructeurs et moniteurs de secourisme ;
Association nationale des premiers secours ;
Bataillon des marins-pompiers de Marseille ;
Brigade de sapeurs-pompiers de Paris ;
Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés – Direction des
risques professionnels
Centre français de secourisme ;
Croix-rouge française ;
Electricité de France ;
Gaz de France ;
Fédération française de sauvetage et de secourisme ;
Fédération nationale de protection civile ;
Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France ;
Fédération des secouristes français croix blanche ;
Institut national de recherche et de sécurité ;
Ministère de la défense : Centre d’instruction santé de l’armée de terre ;
Ministère de l’éducation nationale ;
Ministère de l’intérieur : Direction générale de la police nationale, Direction de la
défense et de la sécurité civiles ;
Ministère de la santé et des solidarités ;
OEuvres hospitalières françaises de l’Ordre de Malte ;
Société nationale de sauvetage en mer
Union nationale des associations des sauveteurs et des secouristes de la poste et de
France Télécom.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 2
Remerciements – Page de garde CII - 00 - 3 Juillet 2010
Reproduction autorisée
Coordinateur : Fabian TESTA
Chef de projet : Daniel MEYRAN
Illustration de couverture : René DOSNE
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