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PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les détresses vitales CI - 10 - 1 Janvier 2007
PARTIE 10
LES DÉTRESSES VITALES
1. OBJECTIFS
A la fin de cette partie, vous serez capable de réaliser, à deux secouristes et avec matériel, les
gestes de secours nécessaires pour limiter l’aggravation d’une victime consciente qui présente
une détresse vitale. Plus précisément, il s’agit de :
- • Indiquer le rôle des fonctions vitales.
- • Définir la détresse vitale.
- • Préciser les principales causes d’une détresse vitale.
- • Indiquer les conséquences d’une détresse vitale.
- • Rechercher une détresse vitale.
- • Préciser les principes de l’action de secours.
- • Réaliser les gestes de secours nécessaires devant une victime qui présente une
détresse vitale.
2. RÔLE DES FONCTIONS VITALES
Trois fonctions ont un rôle essentiel dans le maintien en vie d’une victime prise en charge par
des secouristes :
- • La fonction nerveuse ;
- • La fonction respiratoire ;
- • La fonction circulatoire.
2.1 La fonction nerveuse
Elle a pour rôle :
- • De maintenir la personne en état de conscience et lui permettre une vie de relation ;
- • De permettre les mouvements (motricité) et la perception (sensibilité) ;
- • De commander les mouvements respiratoires ;
- • De protéger les voies aériennes grâce à des réflexes. Ces réflexes sont :
- Le réflexe de déglutition, qui permet d’avaler la salive ;
- Le réflexe de toux, qui permet l’expulsion des liquides ou petites particules des
voies aériennes ;
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- Le réflexe de fermeture de la glotte qui empêche le passage des aliments et des
liquides de boisson dans les poumons, et qui est aussi mis en oeuvre lors de la
survenue de vomissements pour éviter une inhalation de ces derniers.
2.2 La fonction respiratoire
Elle a pour rôle d’apporter en permanence de l’oxygène à l’organisme en puisant ce dernier
dans l’air ambiant où il existe à une concentration de 21% et en le transportant au niveau des
alvéoles pulmonaires avant qu’il ne soit pris en charge par la circulation.
En retour, la fonction respiratoire permet d’évacuer le dioxyde de carbone contenu dans le sang
vers l’extérieur de l’organisme.
2.3 La fonction circulatoire
Elle a pour rôle, grâce à la circulation du sang dans les vaisseaux :
- • De transporter l’oxygène des poumons vers les tissus où il est utilisé ;
- • De transporter l’énergie extraite des aliments vers les cellules ;
- • De recueillir le dioxyde de carbone puis de le transporter vers les poumons pour être
éliminé ;
- • De recueillir les déchets des aliments et de les éliminer, entre autres, dans les urines.
2.4 L’interaction des fonctions vitales
La perturbation brutale et grave d’une fonction vitale encore appelée détresse vitale entraîne
inexorablement la perturbation des autres.
Par exemple, la survenue d’un trouble de la conscience (traumatisme crânien, intoxication…)
peut chez une victime allongée sur le dos perturber les mouvements respiratoires par un
encombrement puis une obstruction des voies aériennes. Une détresse respiratoire s’installe
alors jusqu'à la survenue d’un arrêt de la respiration. L’arrêt respiratoire est accompagné
rapidement d’une détresse circulatoire puis d’un arrêt cardiaque.
Il en est de même chez une victime qui présente une détresse circulatoire. Le manque
d’oxygénation de l’organisme et notamment du cerveau génère rapidement des troubles de la
conscience puis une détresse respiratoire qui se termine par la survenue d’un arrêt cardiaque.
Les trois fonctions vitales sont étroitement liées et toute altération de l’une entraîne une
perturbation des autres (fig. 10.1).
Figure 10.1 : L'interaction des fonctions vitales
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Les détresses vitales CI - 10 - 3 Janvier 2007
3. DÉFINITION DE LA DÉTRESSE VITALE
On appelle détresse vitale l’atteinte d’une ou plusieurs des trois fonctions vitales de l’organisme.
Si l’inconscience et l’arrêt cardio-respiratoire sont des détresses vitales majeures qui relèvent
de gestes de secours immédiats, il existe un certain nombre de situations où une victime peut
présenter des signes visibles de détresse vitale sans que pour autant elle soit inconsciente ou
en arrêt respiratoire.
Le secouriste doit pouvoir identifier ces signes pour mettre en oeuvre les gestes de secours
nécessaires et demander un avis médical immédiat et permettre l’intervention d’une équipe de
secours médicale sans délai.
4. LES PRINCIPALES CAUSES D’UNE DÉTRESSE VITALE
De nombreuses causes peuvent entraîner une altération des fonctions vitales. Ces causes
agissent primitivement sur l’une des trois fonctions vitales.
4.1 Atteinte de la fonction nerveuse
De nombreuses causes peuvent entraîner une altération de la fonction nerveuse et un trouble
de la conscience, par exemple :
- • Un traumatisme comme un choc sur la tête ;
- • Une maladie atteignant directement le cerveau (maladie vasculaire cérébrale…), la
moelle épinière, les nerfs ;
- • Certaines intoxications ;
- • Un manque de sucre.
4.2 Atteinte de la fonction respiratoire
Plusieurs causes peuvent entraîner une détresse respiratoire, comme :
- • L’obstruction complète ou partielle des voies aériennes, par exemple par corps
étranger, allergie, traumatisme ou infection ;
- • Les maladies pulmonaires dont l’asthme ;
- • Le traumatisme du thorax ;
- • L’inhalation de produits caustiques ou de fumées.
4.3 Atteinte de la fonction circulatoire
Plusieurs causes peuvent entraîner une altération de la fonction circulatoire, comme :
- • Une perte de sang à la suite d’une hémorragie qu’elle soit externe ou qu’elle se fasse à
l’intérieur de l’organisme (hémorragie interne), secondaire à un traumatisme ou non ;
- • Une perte de liquide ou de plasma comme lors de brûlures étendues ou une
déshydratation (diarrhées importantes…) ;
- • Une atteinte du coeur qui devient incapable de pomper le sang comme lors d’un
infarctus du myocarde ou l’insuffisance cardiaque ;
- • Une dilatation excessive des vaisseaux sanguins, suite à une réaction allergique grave
ou à une intoxication…
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5. LES CONSÉQUENCES D’UNE DÉTRESSE VITALE
L’atteinte d’une fonction vitale retentit rapidement sur les deux autres et menace
immédiatement ou à très court terme la vie d’une victime car ses organes vitaux, cerveau,
coeur, poumons sont privés rapidement d’oxygène.
6. RECHERCHER UNE DÉTRESSE VITALE
La recherche d’une détresse vitale se fait en 6 points.
1 - Evaluer l’orientation de la victime et rechercher une perte de connaissance (PC)
- • Lui demander par exemple :
- « Comment vous appelez-vous ? »
- « En quelle année sommes-nous ?»
- « Où sommes nous ? »,
- « Que s’est-il passé ? »
Si la victime répond correctement aux questions, on dit qu’elle est consciente et orientée.
Dans le cas contraire, elle est consciente et désorientée. Si elle ne répond pas, c’est une
détresse vitale, la personne est inconsciente.
Une victime qui ne se souvient pas de l’accident ou du malaise a souvent présenté une perte de
connaissance (PC). Demander à l’entourage qui a assisté à l’accident ou au malaise.
2 - Evaluer la motricité
La motricité des membres supérieurs et inférieurs
d’une victime doit aussi être évaluée (fig. 10.2) chez
une victime consciente en lui demandant :
- • De remuer les doigts, puis les orteils ou les
pieds ;
- • De serrer les mains.
Une victime qui ne peut bouger un ou plusieurs
membres présente une paralysie.
3 - Examiner les pupilles
L’examen des pupilles permet de détecter des signes d’une détresse neurologique liée à un
traumatisme crânien, une maladie vasculaire cérébrale ou une intoxication.
Le secouriste doit examiner les pupilles de la victime dans ce contexte. Normalement, elles sont
de diamètre identique devant une source lumineuse moyenne.
Des pupilles de diamètres différents peuvent traduire une complication d’un traumatisme
crânien ou un accident vasculaire cérébral (fig. 10.3) et doivent faire considérer la victime en
détresse nerveuse.
Pupilles symétriques (normal)
Figure 10.2
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Pupilles inégales (anomalie)
4 - Evaluer la respiration
L’évaluation de la respiration se fait par l’observation de la partie supérieure de l’abdomen et de
la partie inférieure du thorax d’une victime. Elle porte sur :
- • La fréquence de la respiration, c'est-à-dire
le nombre de mouvements par minute
(compter sur une minute) (fig. 10.4),
- • Son amplitude : « comment l’abdomen et le
thorax se soulèvent et s’affaissent à chaque
respiration ? »
- • Sa régularité et l’absence de pause de plus
de 6 secondes entre les mouvements
respiratoires.
5 - Evaluer la circulation (pouls)
L’évaluation du pouls est obtenue par la palpation d’une artère dans les zones qui permettent
de percevoir son battement car l’artère est située juste sous la peau, contre un os.
Le contrôle du pouls est un geste essentiel pour le secouriste. Il doit être réalisé au cours de
l’examen de la victime et répété régulièrement au cours de sa surveillance.
Le pouls d’une victime doit être évalué :
- • Au niveau du poignet, en plaçant l’index, le majeur et éventuellement, l’annulaire sur le
trajet de l’artère du poignet (radiale) située sur la face antérieure, dans le prolongement
du pouce (fig. 10.5 a) ;
- • Puis au niveau du cou, en palpant l’artère du cou (carotide) proche du coeur (cf. partie
sur l’arrêt cardio-respiratoire) si le pouls au niveau du poignet est imperceptible (fig.
10.5 b) ;
- • Au milieu du pli de l’aine (artère fémorale) avec deux ou trois doigts en cas
d’impossibilité de recherche le pouls au niveau du cou (fig. 10.5 c) ;
- • Au niveau de la face interne du bras chez le nourrisson (artère humérale) (cf. partie sur
l’arrêt cardio-respiratoire) (fig. 10.5 d).
a b
Figure 10.3 : Etat des pupilles à la lumière du jour
Figure 10.4
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c d
Le secouriste doit déterminer :
- • La fréquence cardiaque en comptant le nombre de battements par minute ;
- • La régularité du pouls et l’absence de pause ;
- • L’amplitude ou force du pouls, déterminée par la facilité à le percevoir.
6 - Apprécier l’aspect de la peau et des muqueuses
La couleur des muqueuses, la température et l’humidité de la peau de la victime doivent être
évalués par le secouriste.
La couleur de la peau et des muqueuses est appréciée en observant la face interne des
paupières.
La température et l’humidité de la peau de la victime sont évaluées en fonction de celle de la
peau du secouriste en plaçant respectivement le dos et la paume de la main sur le front de la
victime. Cette peau peut être plus froide ou plus chaude que celle du secouriste, être très
sèche, ou au contraire moite, ou au maximum couverte de sueurs.
Normalement, la peau de la victime est chaude et sèche et ses muqueuses sont roses.
Certaines maladies peuvent modifier la couleur, la température et l’humidité de la peau. Par
exemple, la victime peut être pâle ou cyanosée et présenter une peau brûlante et humide ou
froide et sèche ou froide et humide.
En résumé, rechercher une détresse vitale, c’est :
1. Evaluer l’orientation et rechercher une perte de connaissance.
2. Evaluer la motricité.
3. Examiner les pupilles.
4. Evaluer la respiration (fréquence, amplitude, régularité).
5. Evaluer le pouls (fréquence, amplitude, régularité).
6. Apprécier l’aspect de la peau et des muqueuses (couleur, température, humidité).
7. LES PRINCIPES DE L’ACTION DE SECOURS
Devant une victime qui présente une détresse vitale, il faut :
- • Arrêter immédiatement toute cause évidente de détresse vitale comme une obstruction
totale des voies aériennes (cf. partie sur l’obstruction brutale des voies aériennes) ou
une hémorragie externe (cf. partie sur les hémorragies externes) ;
Figure 10.5. Evaluation de la fréquence cardiaque et de la qualité du pouls
(a) pouls radial, (b) pouls carotidien, (b) pouls fémoral, (c) pouls huméral
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- • Améliorer l’oxygénation de l’organisme et notamment du cerveau par une position
d’attente adaptée et l’administration d’oxygène ;
- • Obtenir rapidement une aide médicale ;
- • Surveiller attentivement la victime et adapter les gestes de secours à l’évolution de la
situation.
8. LES GESTES DE SECOURS NÉCÉSSAIRES DEVANT UNE VICTIME QUI PRÉSENTE
UNE DÉTRESSE VITALE
Quelle que soit la nature de l’intervention du secouriste, le niveau de conscience d’une victime
doit faire l’objet d’un examen précis. Il permet d’apprécier l’état de la fonction nerveuse de la
victime et de rechercher une détresse neurologique.
Dés son arrivée, le secouriste doit déterminer le niveau de conscience de la victime et relever
les modifications depuis le moment où est survenu l’accident ou la détresse.
8.1 La détresse neurologique
En cas de suspicion de traumatisme et à 2 secouristes, maintenir avant tout la tête de la victime
avec les 2 mains pour protéger son rachis cervical.
Les signes
La victime réagit, elle est consciente, mais :
- • Elle peut être désorientée, ne pas se souvenir de l’accident ou du malaise car elle a
perdu connaissance temporairement ;
- • Elle ne peut bouger un ou plusieurs membres car elle présente une paralysie ;
- • Ses pupilles peuvent être de diamètres différents en cas de traumatisme crânien ou
d’un accident vasculaire cérébral.
Les gestes de secours à réaliser
- • Allonger la victime sur le dos ou sur le côté si elle présente des nausées ou des
vomissements et si elle ne présente pas de traumatisme (malaise, malade…) ;
- • Protéger le rachis cervical de la victime si un traumatisme est suspecté (techniques
7.4, 7.6) ;
- • S’assurer que la victime ne présente pas de détresse respiratoire (voir ci après) ;
- • Administrer de l’oxygène en inhalation (technique 5.3 et 5.4) dans l’attente d’un avis
médical ;
- • Réaliser un examen complet à la recherche d’autres signes ou lésions ;
- • Transmettre les informations recueillies pour obtenir une aide médicale ;
- • Surveiller la victime en attendant l’arrivée d’un renfort.
Ne jamais donner à boire ou à manger à une victime qui présente
une détresse vitale.
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8.2 La détresse respiratoire
Les signes
Les signes de détresse respiratoire sont repérés par le secouriste grâce aux dires de la victime
si elle parle, mais aussi à ce qu’il voit et à ce qu’il entend.
Ce que la victime dit (plaintes) :
- • Je suis gênée ou j’ai du mal pour respirer ;
- • J’étouffe ;
- • J’ai mal quand je respire.
Ce que le secouriste voit (signes) :
- • La victime refuse de s’allonger mais cherche à rester en position assise, ce qui rend
moins pénible la respiration ;
- • La victime fait des efforts pour respirer, se tient la poitrine, les muscles du haut de son
thorax et de son cou se contractent ;
- • La victime peut être couverte de sueurs, en l’absence d’effort ou de fièvre, ce qui
traduit un défaut d’épuration du dioxyde de carbone contenu dans le sang ;
- • La victime peut prendre une coloration « bleutée » (cyanose) surtout au niveau des
doigts, du lobe des oreilles et des lèvres, cette coloration traduit un manque
d’oxygénation du sang ;
- • La victime est confuse, somnolente, anxieuse ou agitée, ce qui traduit un manque
d’oxygénation du cerveau et une accumulation du gaz carbonique ;
- • Chez l’enfant, le battement des ailes du nez et le tirage (creusement au dessus du
sternum ou au niveau du creux de l’estomac à l’inspiration) sont des signes de
détresse respiratoire.
Ce que le secouriste entend (signes) :
- • Une difficulté ou une impossibilité pour parler ;
- • Un sifflement traduisant le passage de l’air dans des voies aériennes rétrécies
(asthme) ;
- • Des gargouillements traduisant un encombrement des voies aériennes par des
sécrétions ou des vomissures ;
- • Des râles traduisant la présence de liquide dans les poumons (noyade, insuffisance
cardiaque).
Une respiration normale est silencieuse
Ce que le secouriste recherche (signes) :
La respiration de la victime est :
- • Rapide, souvent > à 30 par min ;
- • Superficielle, il est difficile de voir facilement le ventre et la poitrine de la victime se
soulever.
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Les détresses vitales CI - 10 - 9 Janvier 2007
Les gestes de secours à réaliser
La victime est inconsciente : voir partie sur l’inconscience.
La victime est consciente et présente une obstruction totale des voies aériennes : voir partie sur
l’obstruction brutale des voies aériennes.
La victime est consciente et présente des signes de détresse respiratoire :
- • Installer la victime dans une position confortable
pour lui permettre de mieux respirer, lui proposer
la position demi assise ou assise ;
- • Desserrer tous les vêtements qui peuvent gêner
la respiration ;
- • Expliquer à la victime votre action pour la
réconforter ;
- • Administrer de l’oxygène pour augmenter la
teneur en oxygène de l’air inspiré et diminuer les
conséquences de la détresse (fig. 10.6) ;
- • Transmettre les informations recueillies pour obtenir une aide médicale ;
- • Surveiller la victime en attendant l’arrivée d’un renfort.
Une victime consciente en détresse respiratoire ne doit jamais être allongée : la position
assise ou demi assise libère les mouvements du diaphragme et améliore la respiration
8.3 La détresse circulatoire
Les signes
L’absence de pouls perceptible, l’impossibilité de percevoir le pouls radial alors que le pouls
carotidien est présent, une fréquence cardiaque élevée > 120 battements par min (chez une
personne au repos) ou basse < 40 par min, traduisent une mauvaise distribution du sang et une
détresse circulatoire.
D’autre signes peuvent traduire une détresse circulatoire comme :
- • Une décoloration de la peau ou pâleur qui siège surtout au niveau des extrémités, de
la face interne de la paupière inférieure et des lèvres ;
- • Des marbrures cutanées, alternance de zones pâles et de zones violacées donnant à
la peau l’aspect de marbre ;
- • Une transpiration et un refroidissement de la peau (sueurs froides) ;
- • Une sensation de soif exprimée par la victime avec agitation et anxiété.
Les gestes de secours à réaliser
- • Allonger la victime en position horizontale sur le dos si elle est consciente pour
améliorer la circulation notamment au niveau du cerveau ;
- • Administrer de l’oxygène en inhalation pour diminuer les conséquences de la détresse ;
- • Couvrir la victime pour limiter son refroidissement (fig. 10.7) ;
- • Transmettre les informations recueillies pour obtenir une aide médicale ;
- • Poursuivre l’examen de la victime ;
Figure 10.6
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 10 - 10 Les détresses vitales
- • Expliquer à la victime ce qui se passe pour la réconforter ;
- • Surveiller la victime en attendant l’arrivée d’un renfort.
Le risque d’aggravation brutale avec arrêt cardio-respiratoire est majeur, notamment lors
de manoeuvre de déplacement de la victime.
Le secouriste doit éviter tout déplacement de la victime sauf pour la soustraire à un
danger vital, réel, immédiat et non contrôlable.
Figure 10.7 : Prise en charge d’une détresse circulatoire
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les détresses vitales CI - 10 - 11 Janvier 2007
9. SCHÉMA GÉNÉRAL DE L’ACTION DE SECOURS
La victime est
consciente
Voir parties 11 et 12
Rechercher une détresse
vitale.
Prévenir son aggravation
Détresse neurologique ?
- Désorientation, PC
- Paralysie,
- Anomalie des pupilles
NON
Allonger
Alerter
et demander un avis médical
Inhalation O2
OUI
Détresse respiratoire ?
- Respiration rapide, superficielle, difficile
- Impossibilité de s’allonger
- Sueurs, cyanose,
- Battement des ailes du nez
(enfant)
Détresse circulatoire ?
- Pouls imprenable, rapide et difficile à évaluer
- Pâleur, marbrures de la peau,
- Refroidissement de la peau
- Soif intense.
Position demi-assise
Allonger
Surveiller
conscience, respiration,
circulation
OUI
OUI
NON
NON
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les malaises et la maladie CI - 11 - 1 Janvier 2007
PARTIE 11
LES MALAISES ET LA MALADIE
1. OBJECTIFS
A la fin de cette partie, vous serez capable d’observer et d’interroger une personne victime d’un
malaise ou de l’aggravation brutale d’une maladie pour demander un avis médical et de réaliser
les gestes de secours qui s’imposent. Plus précisément, il s’agit de :
- • Identifier les principales parties du corps humain.
- • Définir le malaise et la maladie.
- • Indiquer les principales circonstances de découverte d’un malaise ou d’une maladie.
- • Examiner et interroger une personne qui présente un malaise ou l’aggravation d’une
maladie.
- • Evaluer la gravité d’un malaise ou d’une maladie.
- • Indiquer le principe de l’action de secours.
- • Réaliser les gestes de secours nécessaires à une personne consciente victime d’un
malaise ou de l’aggravation d’une maladie.
2. LES PRINCIPALES PARTIES DU CORPS HUMAIN
Les termes anatomiques de ce paragraphe sont utilisés pour nommer et situer le lieu d’une
lésion traumatique (plaie, brûlure, déformation…), d’une douleur ou de toute autre manifestation
visible sur le corps humain.
La connaissance de ces termes est essentielle car toute personne qui participe à la prise en
charge d’une victime doit utiliser un langage commun. Toutefois, si le secouriste ne peut se
rappeler un terme anatomique exact, il est toujours possible d’utiliser un terme courant tout en
restant le plus descriptif possible.
La position anatomique de référence est la position imaginaire d’une personne à partir de
laquelle doit se faire toute localisation d’une lésion éventuelle.
Cette position se définie comme une personne debout, de face, bras légèrement écartés,
pouces vers l’extérieur.
Il est possible alors d’identifier les zones suivantes (fig. 11.1) :
- • Antérieur identifie la partie « vue de face » de la personne et postérieur la partie « vu
de dos » ;
- • Axe médian : se réfère à une ligne verticale imaginaire passant par la tête et par les
pieds. Il sépare le corps en deux parties, partie droite et partie gauche de la
personne.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 11 - 2 Les malaises et la maladie
- • Supérieur, partie proche de la tête et inférieur, partie proche des pieds.
Le secouriste doit pouvoir localiser les zones suivantes :
- • La tête (crâne et face) ;
- • Le cou et la nuque ;
- • Le tronc constitué du thorax, de l’abdomen, du dos, de la région lombaire, des fesses
et du bassin ;
- • Le membre supérieur (épaule, bras, coude, avant bras, poignet, main) ;
- • Le membre inférieur (hanche, cuisse, genou, jambe, cheville, pied).
a b
3. DÉFINITION DU MALAISE ET DE LA MALADIE
Un malaise est une sensation pénible traduisant un trouble du fonctionnement de l'organisme,
sans que le sujet qui l'éprouve puisse en identifier obligatoirement l'origine. Il peut être fugace
ou durable, de survenue brutale ou progressive.
Cette sensation peut être le signe d’une maladie.
Un malaise ou une maladie traduit une défaillance, temporaire ou durable, d'une partie de
l'organisme, sans que ce trouble entraîne initialement une inconscience, un arrêt respiratoire ou
un arrêt cardiaque. Certaines personnes présentent des malaises répétitifs, souvent identiques,
typiques d’une maladie (troubles cardiaques, diabète, asthme…).
4. LES PRINCIPALES CIRCONSTANCES DE DÉCOUVERTE D’UN MALAISE OU D’UNE
MALADIE
La victime d’un malaise ou de l’aggravation d’une maladie est prise en charge par le secouriste
dans trois circonstances bien distinctes :
- • Le sujet ressent un trouble pénible et demande très rapidement une assistance ;
Figure 11.1 : Termes anatomiques permettant la localisation des lésions
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les malaises et la maladie CI - 11 - 3 Janvier 2007
- • Le sujet n’est pas conscient du trouble ou ne peut l’exprimer, c’est alors son entourage
qui constate l’anomalie et qui demande d’intervenir ;
- • Le sujet présente une maladie connue qui s’aggrave.
Quelles que soient les circonstances de découverte, il convient d’interroger, d’examiner la
victime, de recenser et de noter immédiatement certains signes.
5. INTERROGER ET EXAMINER UNE PERSONNE QUI PRÉSENTE UN MALAISE OU
L’AGGRAVATION D’UNE MALADIE
Après avoir noté ou identifié :
- • L’environnement ;
- • Le sexe et l’âge approximatif de la victime ;
- • La notion de malaise ou de maladie.
Après avoir recherché et éventuellement pris en charge une urgence vitale (arrêt d’une
hémorragie, désobstruction des voies aériennes, liberté des voies aériennes, gestes de RCP)
et/ou une détresse vitale plus spécifique (nerveuse, respiratoire ou circulatoire), le secouriste
doit, devant une victime qui présente un malaise ou une maladie :
- • Ecouter les plaintes de la victime ;
- • Rechercher les antécédents et les traitements médicaux en cours ;
- • Examiner la victime ;
- • Noter les horaires.
5.1 Analyser les plaintes de la victime
Dans la plupart des cas, la victime qui présente un malaise ou des signes d’une maladie est
consciente et peut s’exprimer. Plus rarement, elle est confuse, a du mal à s’exprimer ou
présente un trouble de la conscience (cf. parties 7 et 10).
Les plaintes sont souvent spontanément exprimées par la victime ou lorsque le secouriste lui
pose la question : « Qu’est qui ne va pas ? Que vous est-il arrivé ? »
Le secouriste doit prendre le temps d’écouter la victime et
ne pas chercher à interpréter ce qu’elle dit. Si elle a des
difficultés à s’exprimer (problème de langage, gênes
respiratoires…), le secouriste peut demander à son
entourage ce qu’il s’est passé. Toutefois, il est préférable
de demander à la victime de s’exprimer directement.
S’il s’agit d’un sujet atteint d’une maladie connue, il faut
faire préciser à la victime ou à son entourage quels sont les
signes nouveaux qui pourraient traduire une aggravation de
la maladie.
Le secouriste doit noter les plaintes exprimées par la victime pour ne pas les oublier et pour
faciliter la transmission (fig. 11.2). Il est important que ces notes reprennent les mots de la
victime et il mentionnera si c’est une autre personne qui lui a fourni les informations.
Les plaintes exprimées (symptômes)
La victime peut exprimer spontanément plusieurs types de plaintes. Par exemple :
Figure 11.2
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 11 - 4 Les malaises et la maladie
- • Une impression pénible avec angoisse, souvent exprimée par les mots suivants : « Je
ne me sens pas bien, je me sens très mal, je vais mourir… » ;
- • Une douleur, fréquemment rencontrée lors d’un malaise ou d’une maladie dont les
caractères traduisent sa gravité ;
- • Des troubles digestifs comme les nausées, les vomissements, les diarrhées ;
- • Des troubles de la vue, de l’audition ou de l’équilibre (vertiges) qui peuvent avoir
causé la chute de la victime et parfois créé des lésions traumatiques ;
- • Une faiblesse extrême, la victime est abattue, ne se déplace pas ;
- • Des troubles du mouvement, la victime déclarant qu’elle ne peut réaliser certains
mouvements, qu’elle ne peut plus bouger ou qu’elle ne sent plus son bras et/ou sa
jambe.
Analyse des plaintes
Pour chaque plainte exprimée et particulièrement pour la douleur, le secouriste doit demander à
la victime de préciser :
- • Le facteur déclenchant ; circonstances dans lesquelles apparaît ou est apparu le
trouble ressenti. La connaissance du facteur déclenchant peut aider à déterminer la
cause et la gravité du malaise : « Comment est-ce arrivé ? Que faisiez-vous ? Est-ce la
première fois que vous ressentez ce trouble ?… » ;
- • Les caractères du trouble ressenti ; description souvent par comparaison de ce que
la victime ressent. Pour une douleur par exemple : « Quel est le mot qui décrit le mieux
la douleur que vous ressentez ? Est-ce comme un coup de poignard, comme si vous
étiez serré dans un étau, comme une brûlure… ? Est-t-elle lancinante ? » ;
- • La localisation ; siège de la douleur mais aussi des endroits où celle-ci diffuse ou
irradie : « Montrez-moi ou vous avez mal ! Avez-vous mal ailleurs ?… » ;
- • L’intensité du trouble : faire préciser à la victime l’importance de ce qu’elle ressent.
Pour faire quantifier la douleur, on peut utiliser l’échelle verbale simple (EVS). Cette
échelle utilise des mots précis. Le secouriste doit les énoncer tous et demander à la
victime de qualifier l’intensité de sa douleur. « Est-ce que la douleur que vous
ressentez est nulle, faible, moyenne, forte ou insupportable ? » (tableau 11.1) ; il est
aussi possible d’utiliser une échelle de valeur de 0 à 10. Le secouriste utilisera l’échelle
choisie par ses autorités médicales ;
Tableau 11.1 : échelle verbale simple
Réponse verbale Cotation
Douleur nulle 0
Douleur faible 1
Douleur moyenne 2
Douleur forte 3
Douleur insupportable 4
- • La durée : Heure où a commencé le malaise (douleur) et le temps pendant lequel il a
été ressenti : « Quand avez-vous eu mal pour la première fois ? Avez-vous encore
mal ? Depuis combien de temps cela dure (ou a duré ?) » ;
L’analyse de ces éléments informe le secouriste sur l’état de la victime, lui permet d’identifier les
malaises ou maladies graves et procure des informations importantes à l’équipe médicale qui
va prendre en charge la victime.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les malaises et la maladie CI - 11 - 5 Janvier 2007
5.1 Rechercher les antécédents et les traitements médicaux en cours
Le secouriste doit faire préciser :
- • « Avez-vous déjà été malade ou présenté des malaises ? », la victime peut avoir par
exemple une maladie cardiaque, un diabète, avoir présenté un accident vasculaire
cérébral (attaque) ou une autre maladie qui pourrait s’aggraver et être à l’origine des
troubles actuels ;
- • « Avez-vous à cette occasion été hospitalisé ? que vous a-t-on dit ?». elle renseigne le
secouriste sur la nature de la maladie de la victime ;
- • « Suivez-vous actuellement un traitement prescrit par un médecin ? L’avez-vous pris ?
ou avez-vous pris d’autres médicaments ? ». La non prise de médicaments prescrits
ou la prise de médicaments non prescrits peuvent être à l’origine des troubles ;
- • « Êtes-vous allergique ? à quoi ? ».
5.3 Rechercher les signes
Puis, le secouriste doit rechercher les signes visibles. Pour cela, il doit :
- • Noter toutes anomalies de la parole ou troubles de l’expression faciale ;
- • Regarder les parties du corps pour lesquelles la victime se plaint de douleur ou de
sensations particulières ;
- • Rechercher l’émission d’urine ou de selles.
6. GRAVITÉ D’UN MALAISE OU D’UNE MALADIE
6.1 Le malaise bénin
La plupart des malaises ou maladies sont bénins et ont souvent une origine facilement
identifiée :
- • Fatigue et manque de sommeil ;
- • Stress, émotion, colère ;
- • Erreurs alimentaires : repas copieux bien arrosé ou jeûne trop prolongé ;
L’interrogatoire et l’examen de la victime ne montrent pas de détresse vitale et les signes du
malaise ou de la maladie disparaissent après quelques minutes de repos. Ces malaises devront
être signalés au médecin traitant.
6.2 Le malaise et la maladie graves
Certains malaises sont dits graves car ils peuvent être révélateurs d'une situation pouvant à tout
moment entraîner une détresse vitale. Ces malaises graves appellent une réponse immédiate
par l'intervention des secours d'urgence, après appel au 15, éventuellement après
administration du traitement prescrit à la victime pour ce type de situation.
Un malaise ou une maladie sont considérés comme grave, parce que :
- Il existe des signes de détresse vitale (cf. partie sur les détresses vitales) :
- • La victime a froid, est couverte de sueurs, sans avoir fourni d’effort ou sans que la
température ambiante en soit la cause et présente une pâleur intense (détresse
circulatoire) ;
- • La victime qui a du mal à respirer, ne peut plus parler ou le fait avec grandes difficultés
(détresse respiratoire) ;
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 11 - 6 Les malaises et la maladie
- • la victime présente une paralysie du bras ou de la jambe, même transitoire, a du mal à
parler et a la bouche déformée (accident vasculaire cérébral ou détresse nerveuse).
- • la victime, en particulier pour le nourrisson et la personne âgée, présente une
température de la peau ou du corps très élevée ou très basse après une exposition
prolongée respectivement à la chaleur ou au froid.
- Les manifestations que présente la victime peuvent être caractéristiques d’une maladie
potentiellement grave :
- • La victime présente une douleur serrant la poitrine ou une douleur du ventre intense,
qui dure ou qui se répète (maladie cardiaque).
- Les signes ressentis par la victime sont intenses quelle que soit leur localisation :
- • Les signes ne s’améliorent pas spontanément ou se répètent malgré la mise au repos.
7. PRINCIPE DE L’ACTION DE SECOURS
Devant un malaise ou une maladie grave ou en cas de doute, le secouriste doit tout mettre en
oeuvre pour :
- • Apprécier la gravité du malaise ou de la maladie ;
- • Installer la victime dans une position plus confortable ;
- • Transmettre les informations recueillies et demander un avis médical.
8. GESTES DE SECOURS NÉCÉSSAIRES À UNE PERSONNE VICTIME D’UN MALAISE OU
DE L’AGGRAVATION D’UNE MALADIE
8.1 La victime est inconsciente
Appliquer la conduite à tenir décrite dans la partie sur l’inconscience.
8.2 La victime est consciente et présente des signes de détresse vitale
Appliquer la conduite à tenir décrite dans la partie sur la détresse vitale.
8.3 La victime est consciente, présente un malaise ou une maladie avec signe de gravité
mais sans signe de détresse vitale
1 - Mettre la victime au repos
La victime doit être mise au repos immédiatement.
Lui proposer de s’allonger sur le dos, sur un lit, sur un brancard ou à même le sol. Cette
position est importante car un malaise bénin cède spontanément une fois le sujet allongé.
En cas de gêne respiratoire, lui proposer d’abord de s’installer en position assise ou demi
assise. Cette position facilite la respiration et soulage la victime. Dégrafer le col, la cravate et la
ceinture.
En cas de refus de la victime, ne pas insister et lui laisser adopter de préférence la position
dans laquelle elle se sent le mieux.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les malaises et la maladie CI - 11 - 7 Janvier 2007
2 - Demander un avis médical
Le secouriste doit obtenir, dès que possible, un avis médical ou appeler une structure
spécialisée dans l'urgence médicale (centre 15). Cet appel ne doit pas être différé, même si la
victime refuse sa prise en charge.
Le secouriste veillera à transmettre de façon précise ce qu’il a observé et entendu.
Il doit indiquer :
- • L’âge et le sexe de la victime ;
- • Les circonstances de la survenue du malaise ou de la maladie ;
- • Les plaintes de la victime ;
- • La présence de signes de détresse vitale menaçante ;
- • Les signes constatés ;
- • Les antécédents et le traitement médical suivi ;
- • Les gestes de secours réalisés.
Dans certains cas, le médecin régulateur peut être amené à parler directement à la victime, à
sa demande ou à la demande de la victime.
Dans la mesure de ses compétences, le secouriste appliquera les ordres donnés par le
médecin.
3 - Rassurer la victime
Lui parler calmement, lui expliquer ce qui se passe et si elle est agitée, éloigner l’entourage.
4 - Protéger la victime contre les intempéries
Le secouriste doit s’assurer que la victime ne souffre pas de la chaleur ou du froid ou n’est pas
exposée à d’autres nuisances : pluie, neige, foule…
Si nécessaire, la victime sera couverte, protégée de la chaleur ou du soleil ou installée dans un
endroit à l’abri.
5 - Surveiller la victime
Parler régulièrement à la victime :
- • Si elle parle, elle est consciente : poursuivre la surveillance, contrôler les fonctions
vitales et lui expliquer ce qui se passe pour la réconforter.
- • Si elle ne répond plus, pratiquer les gestes qui peuvent alors s’imposer.
Signaler l’aggravation en rappelant les secours.
Cas particulier : Prise habituelle de médicament ou de sucre
Dans certaines maladies, un traitement particulier doit être pris en cas d’aggravation brutale ou
de malaise. Dans ces cas, le traitement et les doses à prendre sont connus par la victime et ont
fait l'objet d'une prescription préalable par son médecin.
1- Si une victime le demande, ou sur ordre du médecin du centre 15 préalablement alerté,
il faut aider la personne à prendre ce traitement en respectant les doses prescrites
par son médecin.
2- De même, si une victime demande spontanément du sucre, lui en donner.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 11 - 8 Les malaises et la maladie
S’il n’est pas seul, le secouriste doit toujours demander l’avis d’un équipier ou du chef d’équipe
avant d’administrer un médicament à une victime.
8.4 La victime est consciente, présente un malaise ou une maladie sans signe de gravité
Demander à la victime de se mettre au repos quelques temps, la rassurer et lui conseiller de
se rendre chez un médecin si le trouble persiste ou se renouvelle.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les accidents de la peau CI - 12 - 1 Janvier 2007
PARTIE 12
LES ACCIDENTS DE LA PEAU
1. OBJECTIFS
A la fin de cette partie, vous serez capable de mettre en oeuvre les gestes de secours
nécessaires devant une victime qui présente une plaie ou une brûlure, en fonction de sa gravité,
afin de limiter toute aggravation éventuelle. Plus précisément, il s’agit de :
- • Indiquer les principales fonctions de la peau.
- • Reconnaître une plaie et adapter la conduite à tenir en fonction de sa gravité.
- • Refroidir une brûlure et adapter la conduite à tenir en fonction de sa gravité.
- • Réaliser les techniques suivantes :
- Le pansement.
2. LES PRINCIPALES FONCTIONS DE LA PEAU
La peau recouvre toute la surface du corps et se continue par les muqueuses au niveau des
orifices naturels (fig. 12.1).
La peau a trois fonctions essentielles :
- • Protéger l’organisme contre les agressions extérieures ;
- • Participer à la régulation de la température ;
- • Informer l’organisme sur l’environnement extérieur.
La peau protège notre organisme des agressions extérieures. Ses différentes couches
constituent une barrière aux nombreux facteurs agressifs comme les agents infectieux
(bactéries et virus).
La peau participe aussi à la régulation de la température de l’organisme :
- • Si la température augmente, les petits vaisseaux contenus dans la peau se dilatent et
transportent la chaleur à la surface de la peau pour l’échanger avec l’air. L’évaporation
de la sueur participe à la déperdition de la chaleur.
- • Exposés au froid, les petits vaisseaux de la peau se contractent, orientant ainsi la
chaleur vers l’intérieur de l’organisme en évitant une déperdition de chaleur.
La peau perçoit les informations sur l’environnement extérieur. Le toucher, la pression et la
douleur sont les principales informations perçues. Il en est de même pour la sensation de chaud
et de froid. Ces perceptions sont récoltées par des capteurs situés dans la peau et transmis par
l’intermédiaire des nerfs, puis de la moelle épinière au cerveau. Ce dernier agit comme un
ordinateur pour interpréter ces perceptions.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 12 - 2 Les accidents de la peau
3. LA PLAIE ET CONDUITE À TENIR EN FONCTION DE SA GRAVITÉ
3.1 Définition
La plaie est une lésion de la peau, revêtement protecteur du corps, avec atteinte possible des
tissus sous la peau.
3.2 Causes
Les plaies sont généralement secondaires à un traumatisme. Elles sont provoquées :
- • De l’extérieur vers l’intérieur : coupure, piqûre, projectile, coup … ;
- • De l’intérieur vers l’extérieur : un os cassé qui perfore la peau (fracture ouverte).
3.3 Risques
Suivant son importance et sa localisation, la plaie peut être à l’origine :
3.3.1 Pour la victime :
- • De dangers immédiats comme l’hémorragie (voir partie sur les hémorragies) ;
- • D’une atteinte des structures qui sont situées sous la plaie (organes du thorax, de
l’abdomen, du crâne, vaisseaux sanguins, nerfs, muscles…) pouvant entraîner une
défaillance de la respiration, de la circulation et de la fonction nerveuse ;
- • D’une infection de la plaie qui peut s’étendre à tout l’organisme dans certaines
circonstances ;
- • Du tétanos, maladie très grave, souvent mortelle, survenant chez des personnes non
vaccinées ou qui n’ont pas reçu les injections de rappel.
Toute plaie, toute piqûre, même minime, peut provoquer le tétanos.
Seule la vaccination anti-tétanique protège du tétanos.
Si le sujet n’a pas été vacciné, il doit immédiatement consulter un médecin.
Si la vaccination est ancienne, au-delà de 10 ans, consulter également un médecin.
Figure 12.1 : La peau
Epiderme
Derme
Tissu sous cutané
(graisses)
Nerfs (capteurs) Poils
Pore
Glandes
Sudoripares
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les accidents de la peau CI - 12 - 3 Janvier 2007
3.3.2 Pour le secouriste :
- • D’un risque de contamination par le sang de la victime si elle est porteuse de
maladies infectieuses transmissibles par le sang (hépatites, Virus HIV).
3.4 Aspects des plaies
La connaissance des différents types de plaies permet au secouriste d’apprécier plus facilement
la profondeur, donc la gravité d’une plaie et de décrire précisément la lésion lors de l’alerte.
3.4.1 La contusion
Un choc ou un coup peut provoquer une rupture des vaisseaux situés immédiatement sous la
peau. Le sang s’échappe dans les tissus sous l’épiderme, donnant une coloration violette et un
aspect gonflé à la peau qui peut ne pas être rompue, c’est l’hématome. Ces hématomes sont
parfois très étendus traduisant une lésion plus profonde comme une fracture ou une lésion
interne.
3.4.2 L’écorchure (éraflure)
Il s’agit d’une plaie simple, superficielle, qui n’atteint pas la peau en profondeur (fig. 12.2). Elle
donne un aspect rouge et suintant de la peau. Cette lésion est très douloureuse. Elle est en
règle générale provoquée par une chute ayant entraîné un glissement ou par une friction. Elle
contient souvent des petits corps étrangers incrustés sous la peau et qui peuvent entraîner des
infections secondaires.
3.4.3 La coupure
La coupure est provoquée par un objet tranchant : verre, lame d’un couteau… (fig. 12.3). Il
s’agit de l’aspect le plus fréquent d’une plaie. Elle peut être accompagnée d’un saignement
abondant ou d’une lésion d’un organe vital sous-jacent.
Figure 12.2 : Ecorchure
Figure 12.3 : Coupure
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 12 - 4 Les accidents de la peau
3.4.4 La plaie punctiforme (en forme de point)
C’est une plaie souvent profonde car provoqué par un objet pointu (clou, arme blanche, balle…)
qui a traversé bien souvent les organes sous jacents (fig. 12.4). La gravité de cette plaie ne doit
pas être méconnue même si elle ne parait pas extérieurement très importante.
3.4.5 La lacération
Il s’agit d’une déchirure souvent complexe de la peau par arrachement ou écrasement (fig.
12.5). La plaie est irrégulière avec des lambeaux de peau. Les dégâts de la peau et les
hématomes associés sont importants.
3.5 Gravité
Le secouriste doit pouvoir distinguer deux types de plaies :
3.5.1 La plaie grave, dont la gravité dépend :
- • De sa localisation :
o Au cou, à l’oeil ou à la face, à la main ;
o Au thorax ;
o A l’abdomen ;
o Près des orifices naturels.
- • De son aspect:
o Qui saigne ;
o Déchiquetée (lacération) ;
o Multiple et/ou étendue ;
o Avec corps étrangers.
Figure 12.4 : Plaie punctiforme
Figure 12.5 : Lacération
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les accidents de la peau CI - 12 - 5 Janvier 2007
- • De son mécanisme :
o Par projectile (plaie punctiforme profonde) ;
o Par outil ;
o Par morsure ;
o Par objet tranchant : couteau, cutter… (coupure profonde).
3.5.2 La plaie simple :
Une plaie simple est une petite coupure superficielle ou écorchure (éraflure) saignant peu et
non située à proximité d’un orifice naturel ou de l’oeil.
Toute plaie qui ne correspond pas à la description d’une plaie simple est une plaie grave.
En cas de doute la plaie est considérée comme grave.
3.6 Conduite à tenir
3.6.1 La victime présente une plaie grave
a) Principe de l’action de secours
- • Arrêter le saignement, et diminuer le risque et les conséquences d’une détresse vitale ;
- • Protéger la plaie pour limiter le risque d’infection ;
- • Immobiliser la partie atteinte.
b) Premières actions
- • Identifier la gravité de la plaie. Déterminer sa localisation, son aspect et son
mécanisme. Les caractéristiques de la plaie déterminent l’action du secouriste.
- • Si la plaie saigne abondamment, adopter la conduite à tenir devant une victime qui
saigne abondamment (voir partie sur les hémorragies externes).
- • Installer la victime en position d’attente :
c) Conduite à tenir face à une plaie du thora
- • Position demi assise (fig. 12.6) pour rendre la respiration de la victime plus facile.
- • Position où la victime se sent le moins mal, souvent demi assise, tournée sur le côté
blessé (fig. 12.7)
- • Sauf indication médicale contraire, la plaie est protégée par une ou deux compresses
non occlusives.
Figure 12.6 : Position demi assise Figure 12.7 : Position demi assise sur le côté
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 12 - 6 Les accidents de la peau
d) Conduite à tenir face à une plaie de l’abdomen :
- • Position allongée sur le dos ou sur le côté, cuisses fléchies (fig. 12.8) pour relâcher les
muscles de l’abdomen et diminuer la douleur.
- • En cas d’éviscération, ne pas tenter de réintégrer les organes.
e) Conduite à tenir face à une plaie de l’oeil :
- • Allonger à plat dos, tête calée, en recommandant au blessé de fermer les deux yeux et
de ne pas bouger ;
- • Ne jamais chercher à retirer un corps étranger oculaire. Cette position évite une
aggravation éventuelle de la lésion de l’oeil.
e) Conduite à tenir face aux autres types de plaies :
- • Allonger la victime à l’abri en position horizontale.
f) Pour chaque cas précité, suite des actions de secours :
- • Protéger la plaie à l’aide d’un pansement stérile :
- Avec des compresses stériles maintenues par un bandage ;
- Avec un pansement individuel en paquet stérile de taille appropriée.
Le secouriste qui réalise un pansement doit être protégé par le port de gants pour éviter tout
contact avec le sang de la victime.
En l’absence de pansement stérile, ne mettez rien sur la plaie avant l’arrivée d’un renfort.
Si un corps étranger (couteau, outil, morceau de verre…) est inclus dans la plaie, il ne
faut jamais le retirer car son retrait ou sa mobilisation peuvent aggraver la lésion et le
saignement.
Eviter de mettre un pansement qui pourrait mobiliser ce corps étranger.
- • Ne pas mobiliser la partie atteinte (membres supérieurs, membres inférieurs).
- • Administrer de l’oxygène en inhalation si la victime présente des signes de détresse
respiratoire et/ou circulatoire.
- • Demander un avis médical.
- • Protéger la victime du froid ou de la chaleur, et des intempéries.
Figure 12.8 : Position allongée à plat dos, cuisses fléchies
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les accidents de la peau CI - 12 - 7 Janvier 2007
- • Parler régulièrement à la victime :
- Si elle parle, elle est consciente : poursuivre la surveillance et lui expliquer ce qui
se passe pour la réconforter.
- Si elle ne répond plus, pratiquer les gestes qui peuvent alors s’imposer.
- Signaler l’aggravation aux secours médicalisés.
3.6.2 La victime présente une plaie simple
a) Conduite à tenir :
- • Se laver les mains avec de l’eau et du savon ou une solution hydro-alcoolique et
se protéger par le port de gants ;
- • Nettoyer la plaie :
- A l’eau et au savon ;
- Avec une compresse stérile imprégnée d’un antiseptique.
Le lavage élimine les germes qui pourraient pénétrer dans la plaie. Il doit se faire avec douceur
du centre vers la périphérie pour ne pas faire saigner ou faire pénétrer des corps étrangers.
- • Protéger par un pansement adhésif (fig. 12.9) si
la plaie risque d’être à nouveau souillée (ce
pansement n’adhèrera correctement que lorsque
la peau aura séché).
- • Demander à la victime si elle est vaccinée
contre le tétanos et depuis quand. Si la
vaccination n’est pas récente, lui conseiller de
consulter un médecin.
- • Conseiller à la victime, si la plaie devient
chaude, rouge, si elle gonfle ou si elle continue
de faire mal dans les 24 heures de consulter
sans tarder un médecin.
NB : Les compresses utilisées pour nettoyer la plaie et les gants du secouriste seront jetés
dans un conteneur à déchets septiques (cf. voir la partie sur la sécurité)
b) Les antiseptiques
L’antiseptique est une préparation médicamenteuse qui a la propriété d’éliminer ou de tuer les
micro-organismes, ou d’inactiver les virus présents dans les tissus vivants (peau, muqueuses,
plaies).
Un antiseptique doit être utilisé seul, en liquide ou en spray, peu allergisant et peu irritant.
Le secouriste doit se conformer aux règles d’utilisation préconisées par le fabricant, contrôler la
date de péremption et contrôler la date d’ouverture du flacon normalement inscrite dessus par
le premier utilisateur. Il faut préférer lorsque cela est possible, les doses à usage unique.
3.7 Cas particuliers : les morsures d’animaux
Les morsures d’animaux entraînent bien souvent des plaies graves car elles s’infectent
facilement. Les morsures provoquées par un animal sauvage ou domestique non vacciné,
comme le chien, peuvent être à l’origine d’une maladie mortelle chez l’homme : la rage.
Toute personne victime d’une morsure d’animal doit consulter un médecin et, dans la mesure
du possible, l’animal doit être signalé à la police.
Figure 12.9 : Pansement adhésif
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 12 - 8 Les accidents de la peau
4. LA BRÛLURE ET CONDUITE À TENIR EN FONCTION DE SA GRAVITÉ
4.1 Définition
La brûlure est une lésion de la peau et/ou des voies aériennes ou digestives provoquée par une
exposition à :
- • La chaleur (corps, liquide, gaz chaud…) ;
- • Les substances chimiques (caustiques) ;
- • L’électricité (courant électrique) ;
- • Le frottement (chaussures, vêtements…) ;
- • Les radiations (soleil, UV, autres rayons).
4.2 Risques
Suivant son étendue, sa profondeur et sa localisation, la brûlure peut être à l’origine :
- • De dangers immédiats, comme une défaillance circulatoire par perte de liquide, ou une
défaillance respiratoire par brûlure du visage, ou inhalation de gaz, ou vapeur chaude,
ou de fumée ;
- • D’une douleur sévère ;
- • De conséquences plus tardives comme l’infection.
Même après avoir supprimé la cause de la brûlure, ses effets se poursuivent. Sans action
immédiate, elle peut s’étendre en profondeur et en surface.
4.3 Caractéristiques d’une brûlure
Une brûlure se caractérise par :
- • Son aspect ;
- • Son étendue ;
- • Sa localisation ;
- • La présence de douleur.
Le secouriste doit transmettre aux secours médicalisés une description précise des
caractéristiques de la brûlure. Ces dernières permettent au médecin d’évaluer la profondeur et
la gravité de la lésion.
4.3.1 Aspects d’une brûlure
a) La rougeur
Douloureuse, la rougeur traduit une atteinte superficielle de la peau (atteinte de la couche
externe) (fig. 12.10).
Derme
Tissus sousjacents
Epiderme
Figure 12.10 : La rougeur
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les accidents de la peau CI - 12 - 9 Janvier 2007
b) Les cloques ou phlyctènes
Uniques ou multiples et plus ou moins étendues, les cloques sont des vésicules accompagnées
d’une douleur forte ou modérée (fig. 12.11). Les cloques peuvent être rompues et libérer un
liquide clair. Les cloques traduisent une atteinte plus profonde de la peau.
c) La carbonisation
La peau, ressemblant à de la cire, est pâle ou noirâtre ou brunâtre (fig. 12.12). Toutes les
couches de la peau sont atteintes. Ces brûlures sont souvent peu douloureuses car les
terminaisons nerveuses ont été détruites. La perte de liquide est importante.
4.3.2 Etendue de la brûlure
Le secouriste doit évaluer l’étendue d’une brûlure car
elle conditionne sa conduite à tenir : gestes de
secours, qualité de l’alerte…
Pour évaluer cette étendue, le secouriste peut s’aider
de la surface de la paume de la main de la victime
qui est égale à 1% de la surface totale de la peau de
la victime, quel que soit l’âge (fig. 12.13).
Figure 12.11 : Cloques ou phlyctènes
Figure 12.12 : Carbonisation
Derme
Tissus sousjacents
Epiderme
Epiderme
Derme
Tissus sousjacents
1 %
1%
Figure 12.13 : Evaluation de la surface d’une brûlure (paume de la
main = 1 %)
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 12 - 10 Les accidents de la peau
4.3.3 Localisation de la brûlure
Elle doit être décrite avec précision, notamment s’il s’agit de localisations particulières comme :
- • Les brûlures des voies aériennes, objectivées par la présence de traces noires autour
des narines et de la bouche, la présence de toux ou de crachats noirs (qui seront
systématiquement recherchés en cas de victimes d’incendie) ;
- • Les brûlures des mains, des plis de flexion, du visage ;
- • Les brûlures à proximité immédiate des orifices naturels.
4.3.4 Douleur de la brûlure
La présence de douleur spontanée associée à la brûlure renseigne le médecin sur l’atteinte ou
non des structures nerveuses.
4.4 Gravité
Les différentes caractéristiques permettent au secouriste de distinguer deux types de brûlures.
4.4.1 Les brûlures graves :
- • Cloque unique ou multiple d’une surface totale supérieure à celle de la moitié de la
paume de la main de la victime ;
- • Destruction plus profonde, aspect noirâtre, blanchâtre ou brunâtre de la partie brûlée ;
- • Brûlures du visage, de la main, du voisinage des orifices naturels et des articulations ;
les brûlures de la bouche et du nez feront toujours craindre la survenue rapide d’une
difficulté respiratoire (brûlures internes) ;
- • Rougeur étendue de la peau, surtout chez l’enfant ou le nourrisson.
4.4.2 Les brûlures simples :
- • Rougeur de la peau chez l’adulte ;
- • Cloque d’une surface inférieure à celle de la moitié de la paume de la main de la
victime.
4.5 Principe de l’action de secours
- • Supprimer la cause ;
- • Refroidir pour limiter l’étendue, soulager la douleur et le gonflement ;
- • Lutter contre les conséquences : détresse circulatoire et respiratoire ;
- • Limiter le risque d’infection.
4.6 Conduite à tenir
1- Supprimer la cause ou soustraire la victime à la cause
La cause d’une brûlure est un danger immédiat aussi bien pour la victime que pour le
secouriste. Si ses vêtements sont enflammés, empêcher la victime de courir, la rouler ou la
faire se rouler par terre et étouffer les flammes avec un vêtement ou une couverture, si
possible, mouillée.
2- Refroidir le plus tôt possible la surface brûlée
Chez une victime consciente, refroidir les brûlures venant de se produire avec de l’eau (par
exemple de l’eau froide du robinet), en laissant ruisseler l’eau sans pression sur la brûlure (fig.
12.14).
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les accidents de la peau CI - 12 - 11 Janvier 2007
L’arrosage immédiat d’une brûlure diminue son
extension, limite ses conséquences et soulage la
douleur. Le ruissellement élimine la chaleur et la
faible pression de l'eau évite l’aggravation de la
lésion.
En l’absence de point d’eau, le secouriste peut
utiliser des compresses stériles enduites de gel
d’eau. Les conditions d’utilisation sont alors les
mêmes que celle de l’arrosage.
3- Retirer les vêtements de la victime
Les vêtements de la victime doivent être retirés le plus tôt possible sans ôter ceux qui adhèrent
à la peau ; ceci peut être fait pendant l’arrosage ou sous la douche. Il en est de même pour les
bijoux, les montres, les ceintures qui doivent être retirés de la zone brûlée avant que le
gonflement ne devienne important.
4- Poursuivre les gestes de secours en fonction de la gravité de la brûlure
a) La brûlure est grave :
- • Ne pas poursuivre l’arrosage plus de 10 minutes ;
- • Allonger le brûlé ; sauf gêne respiratoire, allonger le brûlé sur la région non brûlée, si
possible sur un drap propre ;
- • Alerter ;
- • Lutter contre une détresse circulatoire ou respiratoire associée ou provoquée par la
brûlure (position d’attente, oxygène, couverture…) ;
- • Protéger la brûlure par un pansement ou un champ stérile, ne pas percer les cloques ;
- • Surveiller la victime de manière continue :
- Si elle parle, elle est consciente, poursuivre la surveillance et lui expliquer ce qui
se passe pour la réconforter ;
- Si elle ne répond plus, pratiquer les gestes qui peuvent alors s’imposer.
- • Protéger la victime contre le refroidissement (couverture) ;
- • Signaler l’aggravation en rappelant les secours.
b) Si la brûlure est simple :
- • L’arrosage peut être poursuivi pour limiter la douleur tant que la victime le souhaite ;
- • Protéger la brûlure ; ne pas percer la cloque, la protéger par un pansement stérile ;
- • Surveiller comme une plaie simple et demander à la victime si elle est vaccinée contre
le tétanos ;
- • Chez l’enfant et le nourrisson, toujours prendre l’avis d’un médecin.
Il va de soi que le secouriste doit savoir réaliser ces gestes sur lui-même.
4.7 Cas particuliers
4.7.1 Brûlures par produits chimiques
- • Laver la zone atteinte pour disperser le produit chimique.
Figure 12.14 : Arrosage à l’eau froide
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 12 - 12 Les accidents de la peau
- • Projection sur la peau et les vêtements : ôter
en se protégeant ou faire ôter immédiatement les
vêtements imbibés de produits et les chaussures.
Arroser abondamment à grande eau, le plus tôt
possible pour éliminer le produit en cause
pendant au moins 5 minutes (fig. 12.15).
- • Projection de liquide chimique dans l’oeil :
rincer l’oeil abondamment à l’eau le plus tôt
possible, pendant au moins 5 minutes, en prenant
soin que l’eau de lavage ne coule pas sur l’autre
oeil.
4.7.2 Brûlures électriques
Il s’agit toujours d’une brûlure grave : la surface visible ne préjuge en rien des lésions internes.
La conduite à tenir dépend de l’état des fonctions vitales de la victime qui peuvent être
gravement altérées immédiatement ou de façon retardée (un fonctionnement anarchique du
coeur peut survenir immédiatement ou après le choc électrique).
Si elle est consciente et ne présente aucune détresse, traiter la brûlure comme une brûlure
grave après avoir recherché le point d’entrée et de sortie. Demander toujours un avis médical
au centre 15.
Attention, il faut différencier un « flash électrique » (effet lumineux de l’arc électrique) d’une
brûlure électrique. Un flash électrique étant une brûlure thermique, la brûlure qu’il provoque doit
être traitée comme tel.
4.7.3 Brûlures internes respiratoires par inhalation
Elles sont suspectées chez une personne victime d’un incendie, d’une explosion ou dont les
vêtements se sont enflammés et qui présente :
- • Des brûlures de la bouche (lèvres, langue, face interne des joues…) avec de la suie
tout autour ;
- • Une raucité de la voix (voix anormalement grave) ;
- • Une détresse respiratoire.
Si la victime est consciente et présente des difficultés respiratoires, appliquer la conduite à tenir
devant une victime qui présente une détresse respiratoire.
4.7.4 Brûlures internes par ingestion
Elles sont suspectées chez une personne qui après avoir absorbé un liquide brûlant ou
caustique présente de violentes douleurs dans la poitrine ou à l’abdomen, parfois associées à
des lésions de brûlure (chaleur) ou des traces blanchâtres (caustique) au niveau des lèvres ou
de la bouche.
- • Ne pas faire vomir ;
- • Ne pas donner à boire ;
- • Allonger la victime sur le côté ;
- • Surveiller la victime et garder l’emballage du produit chimique en cause et le produit
restant.
Dans chacun de ces cas, toujours appeler le SAMU – Centre15 et suivre leurs conseils.
Figure 12.15 : Lavage pour
disperser le produit chimique
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les accidents de la peau CI - 12 - 13 Janvier 2007
TECHNIQUE 12.1 – PANSEMENTS
1. Justification
L’ouverture de la peau s’accompagne toujours d’un saignement. Si celui-ci est abondant
(hémorragie) une compression directe de la plaie est réalisée (cf. voir partie sur les hémorragies
externes). Sinon, par la pression qu’il exerce, le pansement arrêtera tout saignement peu
abondant.
En limitant le contact avec l’extérieur, le pansement :
- • Protège la plaie des organismes extérieurs qui pourraient la contaminer ;
- • Diminue le risque de contamination du secouriste par le sang de la victime.
2. Indications
Le pansement, placé directement sur une plaie grave (ou sur une brûlure grave) est destiné à
arrêter tout saignement persistant et limiter la contamination par des germes extérieurs.
Il est maintenu à l’aide d’un bandage.
3. Matériel
Le pansement peut être réalisé avec :
- • Des compresses stériles, d’une bande de gaze ou de tissu adhésif ;
- • Un pansement individuel composé d’une compresse avec tampon et d’une bande de
gaze stérile (fig. 12.16 a et b) ;
- • D’un bandage triangulaire qui permet le maintien des compresses stériles sur les
plaies étendues.
a b
4. Réalisation
Le secouriste qui réalise le pansement doit être protégé par le port de gants à usage
unique.
1- Ouvrir l’emballage contenant les compresses stériles (choisir des compresses de dimension
adaptée à la lésion) ;
2- Saisir les compresses par une extrémité pour ne pas les contaminer et les déposer sur la
plaie (Fig. 12.17) ;
Figure 12.16 : Pansements individuels pour brûlés
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 12 - 14 Les accidents de la peau
3- Exercer une pression légère avec la main sur les compresses si un saignement persiste,
ajouter d’autres compresses si nécessaires (fig. 12.18).
4- Maintenir les compresses par un bandage lorsque la lésion est recouverte en totalité :
- • En utilisant une bande de gaze, enroulée autour de la partie atteinte (fig. 12.19 a) ;
- • En utilisant un triangle, si nécessaire replié (fig. 12.19 b).
a b
Figure 12.17 : Se saisir des compresses
Figure 12.18 : Exercer une pression légère
Figure 12.19 : Réaliser un bandage (bande ou triangle)
(a) à l’aide d’une bande – (b) à l’aide d’un triangle
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les accidents de la peau CI - 12 - 15 Janvier 2007
5- Terminer le bandage en le fixant à l’aide d’un morceau de ruban adhésif ou par un noeud.
5. Risques
Correctement protégé, le secouriste ne doit pas entrer en contact avec le sang de la victime et
se contaminer accidentellement.
Une plaie peut toujours se remettre à saigner. Le secouriste doit la surveiller et si nécessaire
réaliser un pansement compressif.
Un bandage trop serré peut interrompre la circulation d’aval.
6. Evaluation
Après la mise en place d’un pansement, le secouriste doit contrôler la circulation d’aval
(température, coloration de la peau, temps de recoloration cutané) pour repérer un bandage
trop serré.
7. Points clés
- • Porter des gants à usage unique pour mettre en place un pansement.
- • Recouvrir la totalité de la plaie par le pansement stérile.
- • Maintenir le pansement par un bandage pour éviter tout déplacement.
Figure 12.20 : Triangle replié