Incendies et explosions de poussières
Conséquences des incendies et des explosions de poussières :
CONSEQUENCES MATERIELLES
1. FLUX THERMIQUE SUR LES STRUCTURES
Flux en KW/m2
5 : bris de vitres sous l'effet thermique
8 : début de combustion spontanée du bois et des peintures
10 : modification structurelle de la laine et du coton
12 : modification structurelle des fibres de type polyester
20 : tenue des ouvrages en béton pendant plusieurs heures
27 : ignition spontanée du bois entre 5 et 15 minutes
36 : propagation probable du feu des réservoirs d'hydrocarbures même refroidis à l'eau
40 : ignition spontanée du bois en 40 s
92 : rayonnement d'un feu faible
100 : température de 100 ° dans les 10 cm de béton au bout de 3 heures
150 : rayonnement d'un feu moyen 1000 °C
200 : ruine en béton par éclatement interne en quelques dizaines de minutes (200, 300 °)
240 : rayonnement d'un feu intense 1150°C
2. EFFETS D'UNESURPRESSION SUR LES STRUCTURES
Pression en mBar
2: fentes occasionnelles de vitres de grandes fenêtres déjà sous pression
7 : bris de vitres dans le cas de petites vitres sous pression
10 : pression typique correspondant au bris de vitre
20 : début de propulsion des projectiles
35-70 : petites et grandes fenêtres sont habituellement brisées en éclats
55 : bris de petites vitres même si elles ne sont pas sous tension
70 : destruction partielle des maisons les rendant inhabitables
90 : les encadrements aciers des revêtements des bâtiments sont tordus
140 : effondrement partiel des murs et des toits des maisons
160 : limite inférieure aux dommages sérieux des structures
200 : les panneaux en fer sans encadrement sont démolis
200-300 : rupture des réservoirs de stockage de pétrole
300 : les revêtements des batiments industriels légers sont rompus
350 : les poteaux en bois supportant les lignes téléphoniques sont cassés net
350-500 : destruction pratiquement complète des maisons
500 : les wagons chargés sont renversés
500-550 : les panneaux en brique de 25 cm d’épaisseur non renforcés sont cisaillés ou pliés
650 : les conteneurs ferroviaires chargés sont complètement détruits
700 : les machines outils lourdes (4tonnes) sont déplacées ou gravement endommagées
20 000 : limite de la formation des cratères
CONSEQUENCES HUMAINES
3. EFFET D’UN FLUX THERMIQUE SUR L’HOMME
Flux en KW/m2
0,7 : rougissement de la peau, brûlure en cas d’exposition prolongée
1,5 : seuil de rayonnement continu pour des personnes non protégées (habillement normal)
2,9 : flux minimal létal en 120 s
5 : flux minimal létal en 60 s
9,5 : seuil de la douleur en 6 s, flux létal en 30 s
4. EFFETS D’UNE SURPRESSION SUR L’HOMME
jusqu’à 70 mBars : risque minime
150-200 mbars : renversement des personnes
350 mbars : rupture des tympans
1000 mbars : lésions aux poumons
BLAST
L’onde de choc est centrifuge. C’est cette onde qui génère des lésions (blast injury)
Une onde de succion ou de dépression succède à l’onde d’hyperpression. C’est la phase de pression négative d’amplitude réduite mais de durée longue
Nature des dégâts resultant d’une surpression : tableau ci-dessus.
Les lésions de blast résultent de trois mécanismes différents, souvent imbriqués :
- Les phénomènes de pulvérisation prédominent au niveau des interfaces liquide-gaz , et en particulier au niveau des alvéoles pulmonaires
Il s’agit de la propulsion de fines particules de liquide dans l’espace aérien avec altération de la membrane alvéolaire
- Les phénomènes d’explosion des organes creux par augmentation de pression du volume gazeux, touchent particulièrement les poumons mais aussi le tube digestif
- Les phénomènes de transmission mécanique du choc aux organes à partir des parois.
5. EFFETS TOXIQUES SUR L’HOMME
D’une façon générale dans un incendie, la toxicité des fumées est responsable de 50 à 80 % des décès et 2 victimes hospitalisées sur 3 présentent des signes d’intoxication.
Le CO est mortel en 1 minute à 1 %. Des teneurs importantes de CO- (plus de 3 % dans certains cas) ont été relevées après certaines explosions de poussières.
On peut classer les gaz produits en 3 grandes familles :
- Les narcotiques et asphyxiants : CO, HCN, H2S, benzene, acétones, hydrocarbures, aliphatiques
- Les irritants : NOx, HCl, CL2, NH3, etc
- Les autres : des phénomènes d’incoordination motrice se manifestent à 17 % d’oxygène. En dessous de 10 % la mort est immédiate.
- Le cas particulier du monoxyde de carbone :
Dans un incendie ou une explosion, le CO se forme de la manière suivante :
1) 2C + O2 + 4N2 à 2 CO + 4 N2 + 48 calories
2) CO2 + C ßà 2 CO – 39 calories
3) C + H2O ßà CO + H2 – 28 calories
- Les mélanges de gaz : il semblerait que les gaz irritants (HCl, acroleine…) réduisent la toxicité apparente des narcotiques.
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INCENDIES ET EXPLOSIONS DANS LES SILOS
L’incendie et l’explosion sont des combustions.
- 3 ELEMENTS A REUNIR pour générer l’INCENDIE :
- o Source d’inflammation (flamme, chaleur)
- o Comburant (air)
- o Poussières combustibles
- 6 ELEMENTS A REUNIR pour générer l’EXPLOSION :
- o Source d’inflammation (flamme, chaleur)
- o Concentration explosive en poussières (domaine d’explosivité)
- o Comburant (air)
- o Confinement (silo)
- o Poussières combustibles
- o Poussières en suspension
ZONE 20 :
Emplacement où une atmosphère explosive sous forme
de nuage de poussières combustibles est présente dans
l’air en permanence ou pendant de longues périodes ou fréquemment.
ZONE 21 :
Emplacement où une atmosphère explosive sous forme
de nuage de poussières combustibles peut occasionnellement
se former dans l’air en fonctionnement normal.
ZONE 22 :
Emplacement où une atmosphère explosive sous forme
de nuage de poussières combustibles n’est pas susceptible
de se former dans l’air en fonctionnement normal ou bien, si une
telle formation se produit néanmoins, n’est que de courte durée.
Cette détermination est indispensable pour choisir les catégories
d’appareils, électriques ou non, conformes à la réglementation.
Les emplacements où des atmosphères explosives peuvent se former
seront signalés au niveau de leurs accès respectifs par le panneau
d’avertissement suivant :
PANNEAU :
Les lettres EX en majuscules dans un triangle jaune bordé de noir.
Délimitation d’une zone à risque d’explosion
Délimiter les zones à risque d’explosion est une obligation