IFSI - Gérontologie - Gérontopsychiatrie 14/
CH. 5. – SOINS SPECIFIQUES AUX PERSONNE AGEES HANDICAPEES
Handicaps physiques ou psychiques qui entraînent une dépendance.
Le maximum de la dépendance est la perte de l’autonomie.
La dépendance est aggravée par les effets du vieillissement. L’environnement affectif peut aller d’un maternage excessif à un abandon total.
OBJECTIFS DES SOINS EN GERONTOLOGIE
GUERIR ET TRAITER LES PATHOLOGIES CURABLES, COMPENSER LES HANDICAPS
SOULAGER la douleur physique et psychique
ACCOMPAGNER LA PERSONNE EN FIN DE VIE
L’objectif des soins est donc de favoriser l’autonomie. La personne âgée a besoin d’exercer ses responsabilités.
ACTES TECHNIQUES ET VALEURS HUMAINES
LES SOINS SONT FONDES SUR DES ACTES TECHNIQUES, MAIS AUSSI ET SURTOUT SUR DES VALEURS HUMAINES.
Travailler auprès de personnes âgées handicapées nécessite de la part du personnel infirmier de grandes qualités :
- La maturité
- La tolérance
- La patience et la douceur
- Le respect de la dignité de la personne
- La conscience professionnelle
FAISONS POUR ELLES CE QUE NOUS VOUDRIONS QUE L’ON FASSE POUR NOUS UN JOUR.
SOINS PERSONNALISES AUX PERSONNES AGEES HANDICAPEES
CONNAITRE LA PERSONNE
CHAQUE INDIVIDU EST UNIQUE.
Cerner ses habitudes et ses goûts.
IL FAUT FAIRE L’INVENTAIRE DE SES MANQUES, MAIS SURTOUT DE SES RESSOURCES
Aider cette personne :
- Soit à récupérer son autonomie
- Soit à maintenir ce qui peut l’être
- Soit à mettre en œuvre des moyens permettant de suppléer aux capacités perdues.
LE PROBLEME MIS EN EXERGUE, les objectifs de soins posés, un plan d’action est mis en place, comportant :
- Les soins techniques relevant du rôle délégué
- Les soins relevant du rôle propre de l’infirmier
- Les soins de coopération (surveillance des tt).
Réajuster les soins en fonction de l’évolution.
Associer la famille.
SOINS TECHNIQUES DU ROLE DELEGUE
Primordiaux pour éviter les complications.
Abord relationnel particulier.
SOINS RELEVANT DU ROLE PROPRE
SOINS DE NURSING
Bien-être de la personne et prévention des escarres. Ils doivent être quotidiens pour l’ensemble du corps mais pratiqués autant de fois que nécessaire pour le siège. (Il ne s’agit pas de changer uniquement les protections sans laver le siège).
Habillement personnalisé.
Les personnes âgées doivent être levées tous les jours afin de ne pas perdre la notion de la station debout.
REPAS
ILS RYTHMENT LA JOURNEE.
- Ils représentent encore une notion de plaisir
- Chaque fois que possible, faire manger les personnes en salle à manger
LES REPAS ONT BIEN SUR LEUR INTERET NUTRITIONNEL
Apport protidique pour lutter contre escarres.
AU MAXIMUM FAIRE EN SORTE QUE LA PERSONNE MANGE SEULE
Amorcer le geste de manger pour les personnes atteintes de démence qui ne savent plus comment faire pour manger.
ANIMATION
PRENDRE SOIN DU CORPS, C’EST ESSENTIEL, MAIS IL NE FAUT PAS OUBLIER L’ESPRIT !
- Appeler les personnes par leur nom propre.
- Lieux de culte.
LES JOURNEES SONT LONGUES
- Favoriser et encourager les visites extérieures
- Animation capitale : s’asseoir auprès d’elles et parler.
STIMULATION
- Mettre des calendriers éphémérides, horloges avec gros chiffres
- Parler de l’actualité, du temps, de leurs souvenirs.
ENCADREMENT DE L’EQUIPE SOIGNANTE
Encadrer l’équipe aide-soignante ; savoir faire passer et respecter les valeurs.
POINTS CLES
1. La spécificité des soins aux personnes âgées handicapées ne réside pas tant dans les soins techniques (identiques à ceux de n’importe quel patient, si ce n’est que l’infirmier doit être capable de faire face à tout, les personnes âgées présentant souvent des polypathologies).
2. La prise en charge doit être globale intégrant, outre les pathologies, l’environnement social et familial de la personne, ses capacités psychiques et son histoire.
CHARTE DES DROITS ET LIBERTES DE LA PERSONNE AGEE DEPENDANTE
CH. 6. – SOUTIEN PSYCHOLOGIQUE DE LA PERSONNE AGEE
Au regard de la vie psychique, l’âge n’est pas un critère.
VIEILLISSEMENT – VIEILLESSE
Vieillesse : état ; vieillissement : processus.
Vieillissement : physiologique, économique, social, psychologique.
PROCESSUS NORMAL DE DEUIL
Ce processus intrapsychique, consécutif à la disparition d’un objet d’attachement est appelé travail de deuil.
TRAVAIL DE DEUIL
- Le premier temps : choc, dénégation
- Le 2è temps : révolte
- Le 3è temps : négociation
- 4è temps : dépression, pleurs, tristesse
- 5è temps : acceptation, réinvestissement.
DEUIL ET REINVESTISSEMENT
Si ce travail de deuil ne peut être accompli, aucun réinvestissement de qualité ne sera possible.
DIFFICULTES D’ADAPTATION RENCONTREES PAR LA PERSONNE AGEE AU COURS DE SON EVOLUTION PERSONNELLE
ALTERATION DE L’IMAGE DE SOI
Modification de l’image corporelle.
La problématique est narcissique.
S’il y a blessure narcissique : désinvestissement de soi-même, dépression, régression.
PERTES ET DEUILS
Pertes sociales, sensorielles, affectives.
SOLITUDE
Lorsque celle-ci n’est pas intentionnellement recherchée par le sujet, elle est souvent signe d’isolement affectif et social. Maintenu dans cet état, le sujet âgé peut perdre tout contact avec la réalité et s’enfoncer petit à petit dans un processus morbide. L’être humain, quel qu’il soit, a besoin de contacts chaleureux et de stimulations externes positives.
PERTE D’AUTONOMIE/DEPENDANCE
LA DEPENDANCE est due à différents états pathologiques :
- Soit somatiques : maladies, déficiences
- Soit neuropsychiatriques : anxiété, dépression, délire, états démentiels.
L’AUTONOMIE
Maintien des relations sociales. Dignité, confiance en elle-même.
LE RESPECT DE LA DIGNITE
- Droit à l’intimité
- Droit de possession : gérer ses biens
- Droit de communication : courrier, téléphone
- Droits civiques : vote, religion
MANIFESTATIONS
Symptômes des difficultés d’adaptation.
PLAINTES DE MEMOIRE
Cache anxiété, dépression.
Angoisse quant à l’avenir.
Exclure troubles organiques et perturbations affectives avec psychogériatre.
ATTITUDES DEFENSIVES
Agressivité, besoin excessif de tout contrôler, plaintes somatiques.
DELIRES
ANXIETE, ANGOISSE
DEPRESSION
DEMARCHE INFIRMIERE – CONDUITE A TENIR FACE A UNE PERSONNE AGEE DEPRIMEE
LA SEXUALITE DE LA PERSONNE AGEE
COMMUNICATION
Il y a communication chaque fois que l’on émet ou reçoit des messages et lorsqu’on donne une signification aux signaux d’une autre personne.
ECOUTE / RELATION D’AIDE
La verbalisation de la douleur permet de l’atténuer et de ne pas y rester accroché. Mais la parole est parfois muette par peur de déplaire ou par manque de disponibilité à être entendu.
ECOUTE
Ecouter, c’est saisir l’autre dans son histoire, sa souffrance, son vécu actuel et lui permettre de trouver « sa » solution.
DANS LA RELATION MISE EN PLACE,
La finalité est de ressentir la personne dans sa globalité, dans ses messages verbaux et non verbaux, afin de l’aider à trouver « son » propre désir.
LE SOIGNANT n’est pas toujours prêt à cette écoute :
- Soit à cause de soucis personnels
- Soit parce que mauvaise relation avec la personne
- Soit par manque de formation.
LE TRAVAIL DES SOIGNANTS
Des réactions de rejet, d’intolérances peuvent apparaître et aggraver la symptomatologie du sujet âgé.
DES FORMATIONS sont nécessaires.
CONCLUSION
Devant toute situation de crise (perte de lieu, de proches, institutionnalisation), le sujet peut soit :
- Reconstruire son avenir, sa vie et retrouver des désirs
- Ne pas accepter cette nouvelle vie : vivre a minima ou ne plus s’alimenter.
Quelle que soit la situation, les soignants doivent :
- Renforcer le narcissisme du sujet
- Communiquer avec lui
- Ecoute et relation d’aide
- Accepter de lui parler de la mort.
POINTS CLES
1. Le vieillissement psychologique n’est pas uniforme chez tous les individus : chaque individu vieillit en fonction de ce qu’il a déjà vécu
2. Les pertes inhérentes à l’avancée en âge s’accompagnent d’un processus de deuil qui suit 5 étapes plus ou moins longues selon les personnes et la perte subie
3. Les difficultés d’adaptation de la personne aux modifications qui accompagnent son avance en âge dépendent de sa personnalité mais aussi de l’entourage et du rôle social qu’elle peut conserver
4. La relation d’aide avec le malade âgé est basée sur le respect de son autonomie, c’est-à-dire sa capacité à se gouverner quelles que soient ses limites physiques et psychologiques, sur ses besoins, mais aussi sur ses désirs.
CH. 7. – ANIMATION EN INSTITUTION GERIATRIQUE
DEMARCHE D’ANIMATION
La démarche d’animation est centrée sur la personne, ses souhaits, ses centres d’intérêts. Bien connaître la personne.
L’animation, c’est d’abord la communication et l’écoute.
Animation individualisée ou collective.
ANIMATION INDIVIDUALISEE
Plusieurs étapes :
REPERAGE DU SOUHAIT DE LA PERSONNE : « CE SERAIT BIEN SI… »
Il faut rester à l’écoute, et ne pas passer à côté de ce qui est timidement exprimé.
PASSAGE DU SOUHAIT A LA REALISATION
LA PREPARATION
Inclure la personne au maximum de ses capacités.
LA REALISATION
Le but de l’animation reste le plaisir et non la thérapie.
EVALUATION ET SOUVENIR : « LA PROCHAINE FOIS… »
Le souvenir, lorsqu’il est possible, prolonge la joie de ce qui s’est passé la veille.
ACTIVITES COLLECTIVES
Le choix de ce type d’activités doit se faire en tenant compte de plusieurs données :
- NIVEAU DE HANDICAP DE LA POPULATION HEBERGEE
On se heure régulièrement à deux obstacles :
o Les personnes les plus lucides sont souvent réticentes à des activités de groupe où elles craignent les personnes ayant une détérioration intellectuelle. Leurs loisirs sont individuels.
o Les personnes handicapées ont peur de se trouver mises en échec devant la réalité de leurs difficultés.
- ORIGINE SOCIO-CULTURELLE DE LA POPULATION ACCUEILLIE
L’évaluation de la pertinence des activités ne sera pas mesurée au nombre de personnes qui la fréquentent.
Cette pertinence ne sera pas non plus mesurée à l’aune de la production.
- L’ORGANISATION DE CES ACTIVITES
o Information écrite en gros
o L’information doit être reprise oralement et individuellement
o La régularité de l’activité : hebdomadaire ou bi-hebdomadaire
o Le choix du lieu : dépend du niveau de handicap
o La taille du groupe : pas plus de dix, sinon spectateur
o Le nombre d’animateurs dépend du niveau de handicap. Si possible toujours les mêmes. Membres du personnel quelle que soit leur fonction.
L’animation en gérontologie est faite par tous ou ne peut se faire !
TAB. 7.1. Animation en institution gériatrique
Exemples d’activités possibles :
- Les sorties (activités les plus appréciées) :
o Promenades
o Musées, expositions, magasins
o Marchés, cafés
o Piscine
- Activités intellectuelles :
o Bibliothèque
o Groupe de conversation sur les actualités, sur un thème
o Lecture du journal, commentaire des actualités
o Cinéma
- Activités manuelles :
o Couture, tricot, broderie
o Cuisine
o Jardinage
- Activités sociales :
o Messe ou autre culte
o Elections
- Comité d’établissement, commission de menus, association d’animation
- Fêtes carillonnées
- Anniversaires ?
Photo 7.2. Sortie dans une brasserie du quartier
Photo 7.3. Peinture sur soie
PROTOCOLE DE SOINS – UN JOUR D’AUTOMNE
Photo 7.4. Spectacle de cirque pour fêter le printemps
Photo 7.5. Sortie dans une roseraie un jour de juin
POINTS CLES
1. Le but de l’animation dans une institution gériatrique est le plaisir de la personne. Elle peut avoir des effets bénéfiques sur l’état de santé mais il ne s’agit pas d’une thérapeutique dont le but est de soigner.
2. Repérer le désir non ou mal exprimé, préparer le projet avec la personne concernée, évaluer ensuite l’activité mise en place sont les étapes nécessaires d’une animation individualisée.
3. Les animations collectives doivent être adaptées aux caractéristiques de la population de l’institution, tant en termes de handicaps que de niveau socio-culturel.
4. L’animation est un travail d’équipe dans lequel les soignants, proches de leurs malades, ont un rôle prépondérant. L’organisation matérielle des animations, leur bon déroulement, la coordination de tous est le fait d’un professionnel de l’animation socio-culturelle.