DEA 28
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SIGNES D’ALERTE ET DE DETRESSE
2.20. LA RECHERCHE DES SIGNES D’ALERTE ET DE DETRESSE CIRCULATOIRE (A)
Troubles du pouls Modification de la fréquence (principalement tachycardie), de la régularité, de perception et de la symétrie du pouls. Différence de perception entre le pouls radial et le pouls carotidien.
Hypotension artérielle Correspond à une diminution de la pression artérielle à moins de 90 mmHg de maxima chez l’adulte (attention ce signe est tardif en pédiatrie.
TRC Temps de Recoloration Cutanée supérieur à 3 secondes
Extrémités froides La peau se refroidit consécutivement à la faible qualité de la pression résidant La peau
dans les extrémités des membres. est
Pâleur Notamment des muqueuses (lèvres, face interne des paupières). Chez les gens de pâle,
couleur la pâleur est à rechercher principalement sur les muqueuses. froide,
Marbrures La stagnation du sang dans le réseau veineux conduit à donner à la peau l’aspect moite,
du marbre avec ses traînées bleutées (le plus souvent visible sur les genoux). et
Sueurs Caractérisées souvent par une peau moite. marbrée.
Soif Consécutif à un mécanisme de déshydratation.
Angoisse Peur de mourir avec sensation de malaise.
PRINCIPAUX TROUBLES
ARRET CARDIAQUE (cf.module 1)
PRINCIPALES PATHOLOGIES MENANT AU CHOC CARDIOGENIQUE
*DOULEUR THORACIQUE
Elle est liée à la souffrance cardiaque due aux vaisseaux coronaires qui s’obstruent progressivement en créant ainsi un apport d’oxygène insuffisant. La cause la plus fréquente est de petites plaques de graisses (athérome) qui se mettent sur la paroi de l’artère coronaire et viennent ainsi la boucher en partie ou complètement.
- Lorsqu’il y a un peu de passage de sang : c’est lors d’un effort (quand le cœur a besoin d’O2) que le muscle cardiaque souffrira, on parle alors d’angine de poitrine ou angor.
- Lorsqu’il n’y a plus de passage de sang : asphyxie des cellules entraînant une mort du tissu (nécrose = infarctus du myocarde) les lésions sont alors irréversibles et peuvent conduire à l’arrêt cardiaque (cf. 2.3.).
2.21. LE BILAN ET L’ATTITUDE FACE A UNE DOULEUR THORACIQUE (A)
Les deux types de malaise cardiaque
Angine de poitrine ou angor Infarctus du myocarde
Signes -Douleur thoracique rétrosternale constrictive -Douleur thoracique rétrosternale constrictive
ou épigastrique ou douleur épigastrique
-Irradiation dans le bras gauche et mâchoire -Irradiation dans le bras gauche et mâchoire
-Pâleur et sueurs parfois -Douleur en barre insupportable
-Essoufflement et angoisse -Essoufflement et angoisse
-Douleur cède à la prise de trinitrine -La douleur ne cède pas à la prise de trinitrine
(médicament vasodilatateur).
Eléments à -Les facteurs de risques :
rechercher -obésité, diabète, tabac, hypertension, surmenage
-homme de 50 ans et plus, femme ménopausée
-Notion d’effort avant l’apparition de la douleur
-Antécédents : problèmes cardio-vasculaires, pace maker…
Action à Ne pas faire d’effort, ne pas faire marcher
Entreprendre -Installer en position de confort (allonger, si le malade ne supporte pas, positionner en demi assis)
-Aide à la prise du médicament prescrit en cas de crise : Trinitrine ®, Risordan ®…
-Oxygénothérapie en inhalation au masque à haute concentration
-Appel rapide de la régulation médicale car peut nécessiter d’emblée un SMUR
-Constantes et surveillance
-Rassurer et calmer le malade.
EMBOLIE PULMONAIRE
Migration dans les artères pulmonaires d’un caillot : embole (partie détachée d’un caillot formé à distance souvent au niveau d’une phlébite). Affection grave pouvant entraîner la mort.
Phlébite : inflammation d’une veine, généralement du membre inférieur, avec formation de caillot qui l’obstrue, les signes en sont : mollet douloureux, chaud, œdème et difficulté à la marche.
2.22. LE BILAN ET L’ATTITUDE FACE A UNE EMBOLIE PULMONAIRE (A)
Signes -Troubles respiratoires : ventilation superficielle, dyspnée, toux sèche
-Troubles circulatoires : tachycardie, signes d’état de choc
-Douleur thoracique non constante, de type point de côté
-Autres signes : crachat de sang, angoisse importante.
Eléments à -Antécédents de phlébite
Rechercher -Contexte propice aux emboles : voyage en avion de longue durée, accouchement récent ou femme enceinte, immobilisation ou alitement prolongés et/ou plâtre de membre inférieur (si oui prise d’anticoagulant).
Action à Ne pas faire marcher
entreprendre -Installer en position de confort
-Oxygénothérapie en inhalation au masque à haute concentration
-Transmission de bilan à la régulation médicale
-Constantes et surveillance
-Rassurer et calmer le malade.
PRINCIPALES PATHOLOGIES MENANT AU CHOC HYPOVOLEMIQUE
*BRULURES (cf . module 1)
*HEMORRAGIES EXTERNES (cf. module 1), internes et extériorisées
Hémorragie extériorisée Le sang s’extériorise du corps par un orifice naturel
Hémorragie interne Le sang s’écoule à l’intérieur du corps
2.23. LE BILAN ET L’ATTITUDE FACE A UNE HEMORRAGIE EXTERIORISEE OU INTERNE (A)
Hémorragies extériorisées
Signes et éléments à rechercher
Orifices Causes Signes Eléments à rechercher Nom
Nez Lésions des voies nasales Débit abondant Notion de traumatisme Epistaxis
Fracture du nez Sang frais rouge vif (nom féminin)
Oreille Traumatisme crânien Hémorragie persistante Notion de traumatisme Otorragie
Perforation du tympan Sang frais rouge vif Explosion (blast)
Bouche Traumatisme de la bouche Petite quantité de sang frais Notion de traumatisme
mélangée à la salive
Lésion pulmonaire Crachats de sang rouge vif Maladies pulmonaires Hémoptysie
(cancer, tuberculose pulmonaire)
Lésion de l’appareil digestif Vomissements de sang Maladies de l’appareil digestif Hématémèse
(ulcère, varice œsophagienne) brun, rouge foncé
Rectum Hémorroïdes, lésions annales Hémorragie persistante Lésions Rectorragie
rouge vif à la défécation
sang frais
Hémorragie au niveau Aspect goudron noir Antécédents médicaux Melaena
intestinal nauséabond lors des selles
sang digéré
Urètre Lésions des voies urinaires, Traces de sang dans les urines Notion de traumatisme Hématurie
de la vessie, du rein Sang coagulé ou dilué
Vagin Menstruation importante Flux sanguin avec Lien avec le cycle Ménorragie
douleur abdominale menstruel
Fausse couche, suite Ecoulement soudain et important Grossesse en cours Métrorragie
d’avortement ou d’accouchement Accouchement récent
Hémorragies internes
Localisation Causes Signes Eléments à rechercher
Thorax Traumatismes : Dyspnée Notion de traumatisme
Fractures plaies Lésion thoracique
explosions (blast) Ventilation paradoxale
Abdomen Traumatismes Abdomen gonflé, dur Vomissements de sang
Hémorragies digestives à la palpation Sang dans les selles
Bassin Traumatismes (AVP) Gonflement Pertes d’urine
Cuisses Traumatismes (AVP) Signes de détresse circulatoire Néant
Apprécier la quantité : Attention, une hémorragie de faible débit peut devenir cataclysmique brutalement.
Actions à entreprendre -Appel rapide de la régulation médicale car peut nécessiter d’emblée un SMUR
-Installer en position de confort (allonger et surélévation de membres inférieurs sur avis médical)
-Oxygénothérapie en inhalation au masque à haute concentration
-Constantes et surveillance de l’état hémodynamique
-Couvrir
-Rassurer et calmer le malade
PRINCIPALES PATHOLOGIES MENANT AU CHOC ANAPHYLACTIQUE
*REACTION ALLERGIQUE GRAVE / OEDEME DE QUINCKE
Réaction allergique grave à la suite de l’injection d’un médicament, d’une piqûre d’insecte ou de l’absorption d’un aliment ou médicament auquel le sujet est sensible.
Œdème de Quincke : une des manifestations de l’anaphylaxie se traduit par des difficultés respiratoires car le fond de la gorge la bouche les lèvres la langue, les joues et les paupières se gonflent par l’œdème. C’est une urgence car l’œdème peut entraîner une asphyxie dans les minutes qui suivent.
2.24. LE BILAN ET L’ATTITUDE FACE A UNE REACTION ALLERGIQUE GRAVE (A)
Signes Début brutal des troubles, quelques minutes après introduction de l’agent causal.
-Troubles circulatoires : tachycardie, hypotension…
-Troubles respiratoires : ventilation rapide et superficielle, sifflante et suffocante, cyanose, bronchospasme (pouvant conduire à l’arrêt respiratoire)…
-Sensation de malaise général : réactions cutanées (érythème et/ou urticaire diffus, démangeaison palmaire et plantaire).
Eléments à rechercher -Elément déclenchant
-Terrain particulier (asthmatique)
-Traitement à prendre en cas de réaction allergique
Actions à entreprendre -Installer en position de confort (allonger, si le malade ne supporte pas, positionner en demi assis)
-Aide à la prise du médicament prescrit en cas de crise : seringue d’adrénaline, spray…
-Oxygénothérapie en inhalation au masque à haute concentration
-Transmission de bilan à la régulation médicale
-Constantes et surveillance
-Rassurer et calmer le malade.