DEA 29
DEA 29
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Ensemble anatomique composé d’organes permettant la progression, la digestion, l’absorption des aliments, afin de les rendre utilisables par l’organisme. L’appareil digestif prend également en compte l’évacuation des résidus alimentaires par défécation. Il comporte trois parties :
- La cavité buccale
- Le tube digestif formé de l’œsophage, de l’estomac, de l’intestin grêle, du gros intestin et du rectum
- Les organes annexes du tube digestif, glandes salivaires, foie et pancréas.
Hépato-gastro-entérologie Spécialité médicale qui diagnostique et traite les maladies du tube digestif et du foie.
Dentisterie (ou odontologie) Science médical qui concerne l’étude et le soin des dents.
Orthodontie Spécialité qui permet de corriger les malpositions dentaires et les malformations des mâchoires afin de redonner une denture fonctionnelle et esthétique.
Stomatologie Spécialité médicale s’occupant des maladies de la bouche.
4.4.1. ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE
CAVITE BUCCALE ET DENTS
LA CAVITE BUCCALE (A)
Premier segment du tube digestif, elle est divisée en deux parties : le vestibule et la cavité buccale proprement dite qui sont séparés par l’arcade dentaire.
- Le vestibule est compris entre les dents et la face interne des joues et des lèvres qui jouent un rôle important dans la parole et l’expression faciale.
- La cavité buccale proprement dite est circonscrite par les dents en avant et sur les côtés, et par l’isthme du gosier (qui sépare la cavité buccale de l’oropharynx) en arrière. En haut, par le palais et en bas par la langue et le plancher buccal.
Les dents
Rôle :
- Mastication des aliments
- Préparation du bol alimentaire
- Contribution à l’esthétique du visage
- Participation efficace à la phonation
- Collaboration à l’état général de l’organisme
- Amélioration des relations sociales…
Nombre de dents :
On parle de « dentition » pour évoquer les phénomènes de formation et de sortie naturelle des dents, et de « denture » pour qualifier le nombre et la disposition des différentes catégories de dents sur les mâchoires.
La radiographie qui permet de voir l’ensemble de la denture s’appelle un panoramique dentaire. Sur celui-ci (B) on peut voir à la fois les dents de lait et la dentition définitive qui « pousse » en dessous.
Schéma A : La cavité buccale
Radio B : Panoramique dentaire : on voit la dentition définitive qui « pousse » sous les dents de lait.
Dentures Incisives Canines Prémolaires Molaires Total
Temporaire 8 4 8 20
Définitive 8 4 8 12 32
Composition :
Une dent est constituée de deux parties.
- La couronne : partie visible de la dent en bouche
- La racine : située sous la gencive et ancrée dans une alvéole osseuse.
Le collet est la limite entre la couronne et la racine.
Au niveau de la couronne :
- L’émail (C1) : recouvrant la couronne, c’est un tissu fortement minéralisé (tissu le plus dur de l’organisme) ;
- La dentine (C2) : située sous la couche d’émail elle est moins minéralisée et constitue la majeure partie de la dent ;
- La pulpe (C3) : c’est la partie vivante de la dent. Située sous la dentine, elle est constituée de vaisseaux sanguins et de nerfs qui assurent l’apport des nutriments nécessaires au maintien en vie de la dent pais aussi de sa sensibilité.
Au niveau de la racine :
- Le cément (C6) : c’est une couche de tissu minéralisé qui recouvre la totalité de la racine.
La dent et son environnement :
- La gencive (C4) : membrane humide (muqueuse) entourant la base des dents et recouvrant une partie des os des mâchoires (maxillaires)
- L’os alvéolaire (C7) : c’est l’os dans lequel est ancrée la dent. Il est creusé de petites alvéoles dans lesquelles passent des vaisseaux sanguins et des nerfs. Il naît, vit et meurt avec la dent.
- L’os maxillaire (C5) : os de la mâchoire qui reste quand il n’y a plus de dent.
Schéma C : 1. Email
. 2. Dentine
. 3. Pulpe
. 4. Gencive
. 5. Os maxillaire
. 6. Cément
. 7. Os alvéolaire
APPAREIL DIGESTIF
1. Œsophage, il mesure environ 25 cm et a un diamètre de 2 à 3 cm
2. Foie (1,5 kg)
3. Estomac, il mesure 25 cm de haut et 10 à 12 cm de largeur. Contenance de 1 l à 1,5 l.
4. Vésicule biliaire
5. Pancréas, il a une forme allongée de 15 cm de long
6. Colon transverse (gros intestin) (dans son ensemble le gros intestin = duodénum + ascendant + transverse + descendant + sigmoide, il mesure 1,50 m)
7. Colon ascendant (gros intestin)
8. Jéjunum + iléon (intestin grêle, il mesure environ 7 m. Les villosités intestinales multiplient la surface d’absorption.
9. Colon descendant (gros intestin)
10. Caecum
11. Appendice
12. Sigmoïde (gros intestin)
13. Rectum, c’est la partie terminale du tube digestif divisée en deux zones :
- Une partie haute dilatée qui va former l’ampoule rectale
- Une partie basse qui est rétrécie et qui s’ouvre vers l’extérieur par l’anus.
NB :
- Le duodénum, invisible sur le schéma est la partie du tube digestif qui relie l’estomac à l’intestin grêle.
- Le péritoine est une membrane à deux feuillets qui enveloppe des viscères digestifs.
Schéma :
1. Œsophage
2. Foie
3. Estomac
4. Vésicule biliaire
5. Pancréas
6. Colon transverse barre transversale
7. Colon ascendant à droite vers appendice
8. Jéjunum + iléon multiples replis à l’intérieur du cadre
9. Colon descendant à gauche vers rectum
10. Caecum juste avant l’appendice
11. Appendice
12. Sigmoïde juste avant le rectum
13. Rectum
DIGESTION
Phase buccale Premier temps du traitement des aliments qui met en mouvement : la bouche, la langue et les dents afin de produire une action mécanique (la mastication) et une action chimique (la production de salive). La mastication consiste à broyer et imbiber de salive les aliments pour obtenir le bol alimentaire. Les dents permettent l’imprégnation de salive en réduisant le volume des aliments ingérés. La langue joue un rôle important dans le brassage alimentaire et dans la perception du goût grâce aux papilles gustatives (salé, sucré, acide, amer). Elle a aussi un rôle dans la déglutition et dans la phonation.
Phase œsophagienne Temps de transition du bol alimentaire de la bouche vers l’estomac assuré par la déglutition (phénomène réflexe déclenché par le contact des aliments dans l’arrière-gorge, qui entraîne la fermeture des voies aériennes par l’épiglotte).
Phase gastrique Arrivés dans l’estomac par le cardia (1), les aliments vont s’accumuler dans le corps (2) et l’antre (3) où grâce aux mouvements de l’estomac, ils vont être dirigés vers le pylore (4) qui ne s’ouvrira vers le duodénum (5) que lorsque le contenu gastrique aura atteint un degré d’acidité suffisant. La mixture qui sort de l’estomac s’appelle le chyme.
Durant cette période qui dure plusieurs heures, les aliments vont être brassés et imprégnés par les sucs gastriques.
Le suc gastrique est un liquide incolore (1,500 cc/j) qui contient notamment de l’acide chlorhydrique qui va lui conférer son acidité et dont le rôle est de :
· Déclencher le fonctionnement du pylore
· Stimuler la sécrétion du pancréas.
Phase duodénale Diminuer l’acidité du chyme et permettre la digestion des substances contenues dans le chyme par la bile, les sucs pancréatiques et les enzymes afin de les transformer en nutriments assimilables.
Phase intestinale Elle assure principalement :
· La phase ultime de dégradation des aliments ingérés par l’action d’un grand nombre de microbes
· L’absorption des produits de la digestion
· La progression du bol alimentaire
· Une fonction immunitaire sous forme de barrière aux germes introduits par voie alimentaire
Les mouvements de l’intestin ont pour but :
· L’évacuation des gaz intestinaux, résultante des divers métabolismes et de l’action des microbes intestinaux
· L’émission des selles. Leur hydratation conditionne leur aspect. La défécation correspond à un phénomène réflexe : une impulsion sensitive liée à la distension de l’ampoule rectale. La continence volontaire du sphincter dépend du système nerveux.
ROLE DES GLANDES ANNEXES
Glandes salivaires Production de la salive, stimulée par les odeurs, la vue, la pensée et le goût. La salive est sécrétée en permanence (800 ml par jour), elle a un rôle mécanique (elle ramollit et lubrifie le bol alimentaire) et un rôle chimique, (elle dégrade les aliments). Les parotides sont les glandes principales.
Foie -Stockage du glucose
-Dégradation de nombreuses substances (toxiques, médicaments…)
-Fabrication de la bile : d’aspect visqueux, verdâtre (800 ml par jour), elle agit essentiellement sur les graisses en les fractionnant, les émulsionnant et les transformant afin de permettre leur absorption au niveau intestinal. Elle agit aussi sur l’élimination de diverses substances. Dans l’intervalle des périodes de digestion, la bile s’accumule dans un réservoir : la vésicule biliaire.
Pancréas Fabrication de l’insuline (cf. système endocrinien et des sucs pancréatiques).
4.4.2. IDENTIFICATION DES ANOMALIES AU REGARD DES PARAMETRES HABITUELS LIES AUX AGES DE LA VIE
PARTICULARITES PHYSIOLOGIQUES EN FONCTION DE L’AGE
Roter c’est expulser par la bouche le gaz emmagasiné dans l’estomac. Chez l’enfant cela est nécessaire après le biberon pour éliminer l’air qu’il absorbe en buvant. Le tube digestif immature chez le nourrisson < 3 mois est responsable de douleurs et gaz fréquents (coliques du nourrisson).
La digestion devient plus longue et les constipations sont fréquentes par ralentissement de la contraction des muscles intestinaux.
4.4.3. IDENTIFICATION DES RISQUES LIES A L’ETAT DU PATIENT, A LA PATHOLGOIE ANNONCEE OU SUSPECTEE ETT A LA SITUATION DU PATIENT
CAUSES PRINCIPALES DE DETRESSE
Beaucoup de pathologies d’origine diverse peuvent se manifester par des troubles digestifs. Le tableau suivant cite les principales pathologies associées à ces signes digestifs.
PRINCIPALES CAUSES DE TROUBLES DIGESTIFS (LISTE NON EXHAUSTIVE)
Origine Exemples
Mécanique Ulcère gastro-duodénal, maladies des voies biliaires (crise de foie) ou du pancréas, calculs à la vésicule, appendicite, obstruction intestinale, abus de nourriture, grossesse…
Attention à l’infarctus du myocarde : il peut débuter par des nausées et des douleurs à l’estomac pouvant aller jusqu’au vomissement. Penser qu’un vomissement peut être un des seuls signes d’un infarctus du myocarde.
Infectieuse Virus (gastroentérite, hépatite virale…), bactéries (intoxication alimentaire, méningite…).
Neuro -Mal des transports : stimulation du centre vestibulaire localisé dans l’oreille et lié aux mécanismes d’équilibre du corps. Cette stimulation a pour effet de causer des troubles de la mobilité de l’estomac, générant nausées et vomissements.
-Syndrome neurologiques : méningite, hémorragie méningée, migraine…
Toxique -Alcool
-Médicament : surdosage ou intolérance (antibiotiques, chimiothérapie, morphine…).
Psychique Anorexie, boulimie, peur, stress.
SIGNES D’ALERTE ET DE DETRESSE
2.25. LA RECHERCHE DES SIGNES D’ALERTE ET DE DETRESSE DE L’APPAREIL DIGESTIF (A)
- Nausées
- Vomissement
- Troubles du transit
PRINCIPAUX TROUBLES
NAUSEES ET VOMISSEMENTS
Nausées et vomissements Nausée : sensation de mal être et d’inconfort de l’estomac qui accompagne l’approche des vomissements.
Vomissement : rejet actif par la bouche du contenu gastrique ce qui le différencie des régurgitations qui sont passives.
PARAMETRES A PRENDRE EN COMPTE ELEMENTS A RECHERCHER
Est-ce vraiment un vomissement ? Vomissements ou simples régurgitations (renvois) ?
De quel type de vomissement s’agit-il ? Alimentaire, bilieux, sanglant, fécaloïde.
Contraction douloureuse, en jet…
Quelles sont les circonstances de survenue ? Spontanés ou provoqués par le patient.
Depuis quand ? Date ou heure de début ? Y a-t-il des moments récurrents ? Matinaux, postprandiaux (après le repas), …
Y A-t-il des facteurs déclenchants ?
Comment évolue-t-il ? Calmé par un traitement ? Si oui lequel ?
Quelle est son abondance ?
Y a-t-il des signes accompagnateurs ? -Extra-digestifs : fièvre, céphalées, vertiges, hypotension, pâleur, sueurs, bradycardie.
-Digestifs : douleurs abdominales ; troubles du transit (diarrhée, constipation, arrêt des matières ou des gaz).
Y a-t-il des antécédents particuliers ? Médicochirurgicaux (cicatrice abdominale), grossesse, voyages, intoxication (alcool, drogue, alimentaire), prise de médicaments…
TROUBLES DU TRANSIT
Définitions Constipation : La constipation est due à un ralentissement du transit du bol alimentaire dans le tube digestif et en particulier au niveau du colon et du rectum. Elle est définie par un nombre de selles inférieur à 2 à 3 par semaine, des selles dures, déshydratées, des efforts à la défécation, une sensation d’évacuation incomplète. Elle s’accompagne souvent de ballonnements, de douleurs abdominales.
Diarrhée : émission fréquente et abondante de selles liquides, non moulées.
Colique : douleur due à un spasme ou une distension du colon.
Critères d’appréciation d’une selle -Odeur (ex : melaena = odeur spécifique)
-Couleur
-Consistance
-Présence d’éléments (sang, glaires : « comme de la colle, du blanc d’œuf », vers…).
Gravité d’une diarrhée -Déshydratation
-Choc hypovolémique ou septique
-En fonction du terrain : âge (enfant, vieillard), maladie associée (Crohn…).
-Durée : > 1 semaine.
Eléments à rechercher -Retour d’un voyage à l’étranger ?
-Depuis quand dure la diarrhée ?
-Notion de VIH + ?
-Prise d’antibiotiques dans les jours précédents ?
-Cas isolé ou familial ?
-Prise excessive de laxatifs ? (souvent liée).
-Antécédents médicaux ?
-Dernier repas ? Quand ? Composé de quoi ?
-Constipation récente ?
-Douleur abdominale associée ?
-Vomissements ou nausées associées ?