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4.2.APPAREIL CIRCULATOIRE

 

L’appareil circulatoire ou cardiovasculaire assure l’apport de l’oxygène et des nutriments (substances nutritives de base, telles que protéines, glucides, lipides, sels minéraux, vitamines, eau…) nécessaires à la vie de toutes les cellules du corps.

Il est constitué d’une pompe à double courant (le cœur) et de tuyaux (les vaisseaux). Les vaisseaux qui apportent les nutriments s’appellent les artères, ceux qui évacuent les déchets sont les veines.

Sur le plan fonctionnel, on distingue la grande circulation qui assure la vascularisation des tissus, de la petite circulation qui assure les échanges circulatoires entre les poumons et le cœur.

Cardiologie              Spécialité médicale qui étudie le cœur et ses maladies. Par extension, elle s’intéresse également aux problèmes vasculaires.

 

4.3.1. ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE

 

CŒUR

Situation

Dans le médiastin : partie médiane de la cage thoracique délimitée par les deux poumons, le sternum et la colonne vertébrale. Il se trouve un peu à gauche du centre du thorax, en arrière du sternum, sur le diaphragme (A) (la flèche indique la crosse de l’aorte).

Poids

300 g, son volume est comparable à celui d’un poing (volume : 750 cm3)

Rôle

Pomper le sang. Débit de la pompe : 6 l/min

Anatomie

C’est un muscle : le myocarde, qui est enveloppé par le péricarde et tapissé à l’intérieur par une fine membrane : l’endocarde.

Le cœur est divisé en deux parties distinctes (cœur gauche et cœur droit), elles mêmes divisées en deux p (oreillettes et ventricules) (B). Le tout est connecté à des veines et des artères qui véhiculent le sang venant ou partant du cœur (C, Coupe interne du cœur).

Radio A : Emplacement du cœur en bas des côtes, devant la colonne, un peu à gauche

Schéma B : Cœur droit / Cœur gauche ;   Oreillettes / Ventricules

-           la partie droite assure la circulation du sang chargé en gaz carbonique (CO2) recueilli par les veines caves (C3) : ce sang arrive puis est envoyé dans l’oreillette droite, est éjecté dans le ventricule droit, vers les poumons par les artères pulmonaires (C2 et C5).

-           La partie gauche assure la circulation du sang oxygéné qui arrive des poumons par les veines pulmonaires (C1 et C6) dans l’oreillette gauche, est éjecté dans le ventricule gauche. Il sort ensuite du cœur vers le corps par l’artère « aorte ». (C4)

Les coronaires sont les artères nourricières du cœur, qu’elles parcourent à sa surface externe (D).

Schéma C :

Sang chargé en CO2 :             

Corps (sang chargé en CO2) à veine cave supérieure à OD à VD à artères pulmonaires droite et gauche à poumons à évacué

Sang chargé en O2 :               

Poumons (air chargé en O2) à veines pulmonaires à OG à VG à aorte à corps à alimentation en O2

Schéma D :             

Vue externe du cœur :

                               D1 : veine cave supérieure                    

                               D2 : aorte

                               D3 : Veine pulmonaire

                               D4 : Coronaire

                               D5 : Veine cave inférieure

 

VAISSEAUX, SANG ET CIRCULATION SANGUINE

Artères, veines et capillaires forment un réseau de vaisseaux de 200 000 km (35 fois le tour de la France), afin de faire circuler le sang et ses composants.

Le sang : 5 litres en moyenne par individu (8 % poids du corps) est composé de :

-           Plasma : liquide dans lequel baignent les composants du sang

-           Globules rouges (hématies) : 5 millions / mm3 chargé du transport de l’oxygène et du gaz carbonique.

2 microns sur 7 microns

L’hémoglobine : pigment de coloration rouge auquel se fixent l’oxygène et le gaz carbonique pour être transportés à l’intérieur du globule rouge.

-           Globules blancs (leucocytes) : entre 5 000 et 9 000 / mm3 (15 microns) défendent l’organisme

-           Plaquettes : 200 000 à 300 000 / mm3 assurent la coagulation du sang.

Schéma : Petite circulation :

                               Depuis les poumons l’O2 est transporté jusqu’au cœur.

Grande circulation :

Depuis le cœur l’O2 est ensuite transporté jusqu’aux cellules.

Depuis les cellules le CO2 est transporté jusqu’aux reins.

Depuis les reins, le CO2 est transporté jusqu’au cœur.

Petite circulation :

Depuis le cœur, le CO2 est transporté jusqu’aux poumons.

 

4.3.2. IDENTIFICATION DES ANOMALIES AU REGARD DES PARAMETRES HABITUELS LIES AUX AGES DE LA VIE

 

PARTICULARITES PHYSIOLOGIQUES EN FONCTION DE l’AGE

-           Le cœur : le myocarde s’hypertrophie et perd de la force, d’où une baisse des débits (3 l/min à 80 ans contre 6,5 à 20 ans). L’organisme ne peut plus assumer  une augmentation des besoins en O2 (comme les efforts).

-           Les artères : avec l’âge et les facteurs de risque cardio-vasculaire (HTA, hypercholestérolémie…), des plaques d’artériosclérose apparaissent sur les parois artérielles.

4.3.3. EVALUATION DES PARAMETRES VITAUX EN UTILISANT LES OUTILS SPECIFIQUES ET IDENTIFICATION DE LEURS ANOMALIES

 

2.7. LES POULS (T)

Indication

Apprécier l’état circulatoire du patient

Justification

Permet d’évaluer la qualité des contractions du muscle cardiaque par une onde de choc produite par l’éjection du sang du ventricule gauche contre la paroi de la crosse aortique (A1). Cette onde étant répercutée partout dans le corps et perceptible à certains endroits (radial, fémoral, carotidien…) (A2).

Matériel

Une montre

Technique

Poser deux ou trois doigts (index, majeur et éventuellement l’annulaire) sur le trajet d’une artère ou le pouls est perceptible.

Schéma A :                                             A1 : Le VG éjecte le sang contre la paroi de la crosse aortique

                                                               A2 : Cette onde se répercute au-delà du point de choc.

Photos :                                                  Pouls radial                            Poignet

                                                               Pouls carotidien                      Carotide

                                                               Pouls fémoral                         Aine

                                                               Pouls pédieux/coup de pied    Dessus du pied

                                                               Pouls tibial postérieur / malléolaire interne, au niveau de la cheville derrière l’os saillant

                                                                                                              Cheville, côté interne, derrière l’os

                                                               Pouls huméral, entre les deux masses musculaires, en pédiatrie

                                                                                                              Intérieur du bras, vers l’aisselle

-           Chiffrer sur une minute

-           Apprécier les critères de :

o    Fréquence               Nombre de pulsations par minute :

o    Tachycardie = augmentation de la fréquence cardiaque

o    Bradycardie = baisse de la fréquence cardiaque

o    Régularité                               -Régulier : pulsations à intervalle régulier

-Irrégulier

o    Amplitude (perception)          - Bien frappé

- Filant : rapide et faible

- Imperceptible au niveau radial mais perçu en carotidien

- Imperceptible au niveau carotidien ou fémoral : il signe l’arrêt circulatoire.

o    Symétrie                                 -Est-il perçu de chaque côté de l’hémi corps de la même façon ?

Valeurs

Normal                                                                                                                                                 Pathologique

Nouveau né             1 à 12 mois             1 à 6 ans                 7 à 12 ans                               > 13 ans                  Adulte     Tachycardie > 100

120 à 140                               110 à 130                               80 à 110                  70 à 80                    60 à 80                                   Bradycardie < 50

 

2.8.ESTIMATION DU TEMPS DE RECOLORATION CUTANEE (TRC) (T)

Indication

Pour toute suspicion de détresse circulatoire et/ou pour toute pathologie pouvant entraîner une détresse circulatoire (signe très important en pédiatrie).

Justification

En cas de détresse circulatoire, il peut apparaître un retard ou une absence de recoloration du lit de l’ongle. Ces anomalies signalent que la pression artérielle est insuffisante (les extrémités ne sont pas correctement vascularisées.

Technique

Ce temps de recoloration est évalué chez une victime au niveau du doigt.

-           Comprimer fortement le lit de l’ongle pendant 2 à 3 secondes, il devient pâle (A)

-           Relâcher la compression, en moins de 3 secondes le lit de l’ongle se recolore (B)

Chez le nourrisson et le petit enfant la recherche est réalisée sur la plante du pied (C).

Cette évaluation est impossible si la victime porte du « vernis à ongle ».

Valeur

Le temps normal de recoloration est < = 3 secondes.

 

2.9. LA PRESSION ARTERIELLE OU TENSION ARTERIELLE

Indication

Permet d’apprécier l’état hémodynamique du patient, en mesurant la pression qui règne au sein des vaisseaux sanguins.

Justification

Apporte des informations supplémentaires au médecin régulateur sur l’état cardio-vasculaire du patient.

Matériel

-           Tensiomètre manuel (A) (le cadran peut se trouver au niveau de la poire ou inclus dans le brassard) + stéthoscope si possible.

Photo 1 : La prise de la tension avec un brassard et un stéthoscope permet d’avoir une « maxima » et une « minima ».

Photo 2 :  Sans stéthoscope seule la « maxima » peut être prise.

-           Tensiomètre électronique (B)

Technique

L’ambulancier comprime l’artère humérale à l’aide d’un brassard. La mesure obtenue résulte de la contre-pression enregistrée en écrasant cette artère par le brassard.

-           La condition idéale (parfois incompatible avec une situation d’urgence) pour prendre une tension est d’avoir un patient allongé, au repos depuis 15 minutes minimum.

-           Lors de l’utilisation d’un tensiomètre électronique, penser à choisir la taille de brassard la plus adaptée à la corpulence du bras du patient ©. Un mauvais choix de brassard peut fausser le résultat.

-           Bien positionner le repère de l’artère sur le brassard en face de l’artère du bras du patient (milieu du pli du coude). (D).

Photo A : Tensiomètre manuel

Photo B : Tensiomètre électronique

Photo C :                 Plusieurs tailles de brassards (5 au total)

Photo D : Bien positionner le repère de l’artère sur le brassard en face de l’artère du bras du patient (milieu du pli du coude)

Photo E : Mettre le stéthoscope au niveau des oreilles, les écouteurs vers l’avant.

Pour le tensiomètre électronique :

-           Appuyer sur le bouton qui lance la mesure

NB : souvent les appareils indiquent aussi le pouls (F3).

Pour le tensiomètre manuel :

-           Mettre le stéthoscope au niveau des oreilles : les écouteurs vers l’avant €

-           Gonfler le brassard avec la poire et suivre les étapes suivantes :

1ère phase :               Le brassard comprime l’artère du bras : le sang ne passe plus,                             Pression brassard >

il n’y a aucun bruit perçu par le stéthoscope.                                        pression artère

2ème phase :              L’ambulancier dégonfle doucement le brassard. Le sang passe à nouveau            Pression brassard >=

                               dans l’artère : un bruit est perçu par le stéthoscope et la valeur de la     pression artère

pression artérielle est lue au même moment sur le cadran. La pression

artérielle mesurée à cet instant est la pression artérielle maximale,

la systolique.

3ème phase                               L’ambulancier continue de dégonfler le brassard. Le sang passe                          Pression brassard =

de mieux en mieux et un bruit est toujours perçu par le stéthoscope.    pression artère

4ème phase                               Le brassard continue à être dégonflé, le bruit est de moins en moins    Pression brassard <=

                               audible par le stéthoscope. Puis le bruit disparaît : la pression artérielle                puis <

                               alors lue sur le cadran définit la minima, c’est la pression artérielle      pression artère.

diastolique.

Le résultat est exprimé en millimètres de mercure, par deux chiffres (F).

-           La systolique ou communément appelé « maxima » (F1)

-           La diastolique ou communément appelée « minima » (F2)

Une personne ayant une pression artérielle de 130 / 80 millimètres de mercure, sera lue généralement : 13 / 8.

Schéma F :             

Ecran WelchAllyn

F1 : SYS : systolique 115

                F2 : DIA : diastolique 72

                F3 : au coin haut droit de l’écran : 74

Risques et accidents

On ne prend pas une tension à un bras :

-           Porteur d’une perfusion

-           Porteur d’une fistule artério-veineuse chez les dialysés

-           Du côté ayant subi une mammectomie (ablation du sein) avec curetage ganglionnaire (cancer du sein)

-           Avec une lésion importante (fracture avec déformation)

-           Hémiplégique car parfois la circulation y est moins bonne.

Valeurs

Normal                                                   Pathologique

Nouveau né             75 / 55                    Voir rapport entre maxima et minima

1/ 12 mois                              85 / 55                    minima = (maxima / 2 ) + 1

1 / 6 ans                  96 / 55                    Chez l’adulte :         hypertension > 15 de maxima

7 / 12 ans                                110 / 60                                                  hypotension < 10 de maxima

>13 ans                   120 / 65                  Chez l’enfant :         En fonction de l’âge et des valeurs ci-jointes.

 

4.3.4 IDENTIFICATION DES RISQUES LIES A L’ETAT DU PATIENT, A LA PATHOLOGIE ANNONCEE OU SUSPECTEE ET A LA SITUATION DU PATIENT

 

PRINCIPALES CAUSES DE DETRESSE

Médicales                               -Maladies / Malaises cardiaques (chocs cardiogéniques)

                               -Déshydratation (chocs hypovolémiques)

Traumatiques          -Hémorragie importante / grand brûlé (chocs hypovolémiques)

(cf appareil traumatique)

Toxiques                 -Allergies graves (chocs anaphylactiques)

                               -Infections graves (chocs septiques)

Retentissement d’une autre détresse vitale.

 

CAUSES                 MALADIES CARDIOVASCULAIRES   PERTES DE LIQUIDE           ALLERGIE             INFECTION

Explication              Accident aigu ou décompensation          Perte de :                                 Mise en contact       La gravité de l’infection

                               (aggravation) d’une maladie existante.    - sang : hémorragie                 avec une substance empêche une bonne

                                                                                              (externe ou interne)                allergisante              distribution du sang

                                                                              .               - plasma : brûlure                   pour la victime.       dans l’organisme.

                                                                              .               - eau : déshydratation

                                                                                              (vomissements, diarrhées,

insolation)

Mécanisme                                            

 Diminution de la contractilité                                Diminution du remplissage cardiaque                    Diminution de la contractilité

Myocardique                                                                                                                        myocardique +

                                                                                                                                                                            Diminution du remplissage

                                                                                                                                                                            Cardiaque.

Le cœur devient brutalement                   Répercussions au niveau        Vasodilatation         Répercussions au niveau

incapable de maintenir un débit              du volume circulant                               généralisée              du volume circulant

sanguin suffisant à chute brutale                                                         due à l’histamine     par vasodilatation à

du débit cardiaque                                                                                 libérée des GB à    chute brutale du débit cardiaque

                                                                                                                                             baisse du retour veineux

                                                                                                                                             et chute brutale du débit

                                                                                                                                             cardiaque.

Résultat                   Choc cardiogénique                                 Choc hypovolémique                              Choc anaphylactique               Choc septique

      

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