DEA 2
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2.ALERTER LES AUTORITES COMPETENTES DE L’EVOLUTION DE L’ETAT DU PATIENT
En France, les secours sont organisés autour de trois services indépendants et complémentaires :
SAMU centre 15, police/gendarmerie, pompiers.
L’ambulancier doit savoir lequel alerter, quand l’alerter et comment l’alerter.
Qui alerter ? Exemple d’alerte
15 SAMU centre 15 Victime présentant une urgence vitale d’origine médicale ou traumatique
17 Police/Gendarmerie Renfort pour balisage d’un accident
Bagarre en cours sur la voie publique
Entrave à l’action des secours
18 Sapeurs-Pompiers Incendie/Fuite de gaz
Accident de la circulation avec victimes incarcérées
Ouverture de porte (personne ne répondant pas aux appels)
Sauvetage / déblaiement (ensevelissement)
112 Numéro européen Pour les européens en transit en France : le 112 est connecté au 15 ou au 18 selon
les départements
L’ambulancier doit contacter les services de secours dès qu’il a besoin de moyens de renforts et/ou que l’état de la victime qu’il prend en charge dépasse ses compétences.
2.3.1. Moyens d’alerte
L’ambulancier doit choisir le moyen d’alerte le plus adapté en fonction du lieu où il se trouve.
Contrairement aux idées reçues, le téléphone portable n’est pas toujours le meilleur outils pour l’alerte.
Moyens d’alerte Domicile Voie publique Autoroute/voie rapide
Téléphone fixe/sans fil +++ ++ 0
Téléphone portable ++ +++ +
Emetteur radio mobile 0 +++ ++
Emetteur radio portable + ++ +
Borne autoroutière 0 0 +++
Légende : 0 = inadapté, + = peu pratique, ++ = adapté, +++ = idéal
Si l’ambulancier confie l’alerte à l’auxiliaire, il doit s’assurer de la compréhension du message avant son envoi (éventuellement donner les informations par écrit).
Si le patient nécessite la présence de deux ambulanciers à son chevet, l’alerte est confiée à un témoin. Dans ce cas, l’ambulancier transmet le message au témoin, demande de le répéter et de revenir l’informer de la réponse et des directives des secours.
2.3.2.Message d’alerte
Le message d’alerte doit être adapté aux circonstances.
1.6.LE CONTENU DU MESSAGE D’ALERTE (A)
Eléments obligatoires Précisions
Se présenter Préciser « Ambulancier » et nom de la société d’ambulance
Adresse précise A domicile : adresse précise/code/interphone/bâtiment/étage…
Sur autoroute : sens de circulation/point kilométrique…
Numéro de contre-appel Numéro du téléphone fixe d’où émane l’appel ou numéro de son téléphone portable
En cas de liaison radio le numéro de la régulation
Nature du problème Accident de la circulation, malaise, incendie, suspicion de CO…
Risques spécifiques Victimes incarcérées, fuite de gaz, personnes bloquées…
Nombre de victimes Différencier les impliqués et les blessés
Bilan des victimes Sexe et âge, bilan circonstanciel, vital, lésionnel (cf. Module 2)
Gestes effectués Gestes déjà mis en place et/ou qui vont être entrepris
ATTENTION
- Ne jamais raccrocher en premier, attendre les instructions
- Ne contacter qu’un seul service de secours, le déclenchement des trois services de secours se fait en interconnexion.
3.METTRE EN ŒUVRE LES GESTES DE SECOURS ET D’URGENCE ADAPTES A LA SITUATION DU PATIENT, DANS LE RESPECT DES REGLES DE SECURITE, DE CONFORT, ET INSTALLER LE PATIENT EN POSITION DE SECURITE EN LIEN AVEC SA SITUATION ET SON ETAT
Afin de pouvoir aborder certains gestes liés à la prise en charge de l’urgence et détaillés après chaque arbre décisionnel, il est nécessaire d’étudier dans un premier temps différents matériels : l’oxygène et son matériel de dispensation ; l’aspirateur de mucosités ; le défibrillateur automatisé externe ; le collier cervical.
3.1.1. Administration en urgence de l’oxygène et son matériel
A diverse étapes de sa prise en charge du patient, l’ambulancier aura recours à l’oxygénothérapie, en voici les grands principes et les matériels qui en permettent sa dispensation.
OXYGENE (O2)
L’oxygène est un gaz incolore, inodore et sans saveur ; il est essentiel à la vie (l’air en contient 21 %) et réagit fortement en présence de nombreuses autres substances chimiques. C’est en tant que médicament qu’il est utilisé dans le domaine médical, d’où la nécessité d’une prescription médicale pour l’utiliser.
ATTENTION : En cas d’urgence vitale, l’ambulancier place immédiatement le patient sous oxygène (à fort débit), pour lutter contre l’hypoxie, et fait valider le débit lors de son message d’alerte au centre 15.
Il existe deux façons d’administrer l’oxygène : l’inhalation et l’insufflation.
Modes d’administration de l’oxygène
Inhalation Insufflation
C’est un apport d’oxygène C’est une manœuvre d’urgence, car c’est une méthode de ventilation artificielle utilisée pour un malade en arrêt ventilatoire ou présentant moins de 6 mouvements par minute.
pour un malade qui ventile VENTILATION CONTROLEE VENTILATION ASSISTEE
spontanément mais Lorsque le malade est en arrêt Lorsque le malade présente moins de
qui présente une détresse ventilatoire, c’est à 6 mouvements ventilatoires
entraînant une hypoxie dire inconscient sans aucun spontanés par minute, on parle alors
(baisse de l’oxygénation mouvement ventilatoire, la de « ventilation assistée », car
du corps) méthode employée sera celle de l’ambulancier vient en complément,
la « ventilation contrôlée » car les insufflations sont réalisées durant
c’est l’ambulancier qui impose les pauses ventilatoires en s’adaptant
la ventilation au patient. au rythme du malade.
Débits d’oxygène en urgence
Débit (l/mn) à titre indicatif Inhalation Insufflation
Nourrisson 2-3 l/mn 3 l/mn
Enfant 6-12 l/mn 6-12 l/mn
Adulte 9-15 l/mn 15 l/mn
Apport en oxygène en fonction du matériel et du débit
Apport d’O2 INHALATION D’OXYGENE INSUFFLATION SANS INSUFFLATION AVEC
en fonction de UTILISATION D’OXYGENE UTILISATION D’OXYGENE
la méthode Débit Concentration Débit Concentration Débit Concentration
utilisée (l/mn) d’O2 dans l’air (l/mn) d’O2 dans l’air (l/mn) d’O2 dansl’air
inhalé inhalé inhalé
Sonde nasale 1 à 4 24 à 26 %
Lunettes à 1 à 6 22 à 24 %
oxygène
Masque 6 à 9 40 à 60 %
simple
Masque haute 9 à 15 80 à 100 %
concentration
Ballon auto 9 à 15 40 à 60 % 0 21 % 15 40 à 60 %
remplisseur
sans réservoir
Ballon auto 9 à 15 90 à 100 % 0 21 % 15 90 à 100 %
remplisseur
sans réservoir
Bouche-à- 0 16 %
Bouche
Pocket Mask ® 0 16 % 15 50 %
Respirateur Selon 60 ou 100 %
de transport constantes
On voit que seuls les matériels munis d’un réservoir permettent de ventiler en oxygène pur (100 %).
MATERIEL D’ADMINISTRATION D’OXYGENE
BOUTEILLE D’OXYGENE
1.1.LE BLOC MANODETENDEUR (M)
L’oxygène contenu dans une bouteille médicale est comprimé à 200 bars. Il doit être détendu pour pouvoir être administré au patient. De ce fait, un dispositif appelé « bloc manodétendeur débitmètre » est nécessaire.
Description
- Le manomètre (en bars) indique la pression dans la bouteille (1)
- Le détendeur ramène l’O2 à une pression constante de 3 bars (2)
- Le débitmètre (en litre / minute) permet le réglage de l’oxygénothérapie du patient (3)
- Le cône d’ajustage (ou olive) permet le branchement du tuyau à oxygène (4)
- La prise de 3 crans permet le branchement des appareillages médicaux et le raccordement aux prises murales (5)
- L’ensemble de ce système peut être intégré au corps de la bouteille (bouteille monobloc) ou être vissé sur le filetage du robinet (6)
Photo :
- 1 : partie blanche séparée, située au dessus
- 2 : partie métallique centrale
- 3 : bouton noir de réglage
- 4 : partie métallique fine en-dessous
- 5 : partie métallique ronde, de fixation, sur le côté
- 6 : filetage, à fixer sur la bouteille, extrémité opposée à 1 (bouton noir de réglage)
Le bloc manodétendeur est de plus en plus souvent intégré à la bouteille, ce qui présente l’avantage d’être plus pratique et plus sûr car cela évite certaines manipulations (montage, démontage et entretien des blocs manodétendeurs).
1.2.LA BOUTEILLE D’OXYGENE MONOBLOC (M)
Descriptif
De couleur blanche, elle contient l’oxygène médical sous pression.
Composition (A)
- La tulipe de protection intégrant le bloc manodétendeur débitmètre (A1)
- L’ogive (A2)
- Le corps de la bouteille (A3)
Photo :
- 1 : chapeau en plastique de la bouteille
- 2 : haut arrondi de la bouteille
- 3 : corps de la bouteille
Principales indications gravées
- Nom du gaz
- Numéro d’identification
- Date de mise en service
- Date de passage au « service des mines » 5 ou 10 ans (indiqué également dans une bague couleur)
- Pression d’Essai (PE)
- Pression d’Utilisation (PU)
- Nom du fabricant
- Poids à vide
- Température de remplissage
- Volume interne en litres
Il existe des bouteilles de différents volumes (B)
Volumes Quantité d’O2 contenue
2 litres 400 litres
5 litres 1000 litres
15 litres 3000 litres
CONSIGNES DE SECURITE
- Les bouteilles doivent être entreposées dans un endroit sec et aéré, sur la porte doit être précisé le stockage d’O2, ainsi que les icônes « comburant » et « gaz sous pression » (C).
- Pas de produit gras en contact avec les bouteilles ni de manipulation avec les mains grasses ou avec des gants graisseux car risque d’explosion.
- Interdire toute flamme et défendre de fumer lors de manipulation d’oxygène.
- Ne pas exposer une bouteille à une chaleur excessive àaugmentation de la pression interne à risque d’explosion.
- Ne jamais tenter de démonter le manodétendeur intégré à la bouteille.
- Mettre sous pression progressivement. Si à l’ouverture de la bouteille un bruit inhabituel apparaît en s’amplifiant, la fermer aussitôt et l’éloigner.
- Lors de son stockage : toujours bien fixer les bouteilles pour prévenir toute chute.
- Lors de l’utilisation en dehors de l’ambulance, les coucher.
- S’assurer que personne ne se trouve face à la sortie d’O2 lors de l’ouverture d’une bouteille.
Photo B : 3 bouteilles : une petite, une moyenne, une grande avec le fond noir.
Photo C : Etiquette « Danger comburant » + au-dessus : Un triangle avec un disque enflammé au milieu
Etiquette « Bouteille de gaz sous pression » + au-dessus : Un disque uni avec une bouteille sous pression dessinée dedans
Etiquette « Gaz sous pression comburant »
Etiquette « Défense de fumer »
Etiquette « Local Stockage Oxygène »
EXEMPLES DE BOUTEILLES MONOBLOC
PRESENCE Ouverture/fermeture Débitmètre Sorties d’oxygène
Bouteille 5 litres Photo : bouton blanc Photo : bouton noir Manomètre + Prise à 3 crans
Société Air Liquide Santé ® externe à l’intérieur du blanc
OXEANE Ouverture/fermeture Débitmètre Sorties d’oxygène
Bouteille 5 litres Manomètre Photo : bouton noir Prise à 3 crans
Société Aga Medical Photo : bouton blanc au dos de la bouteille
à l’avant de la bouteille
POUR METTRE EN MARCHE UNE DELIVRANCE D’OXYGENE
Raccorder le tuyau du Ouvrir la bouteille Régler le débitmètre Parfois la procédure est inscrite
masque ou des lunettes sur la collerette de la bouteille
POUR ARRETER UNE DELIVRANCE D’OXYGENE
Fermer le débitmètre Fermer la bouteille Purger le bloc Remettre le
manodétendeur débitmètre à 0
(ouvrir le débit jusqu’à (pour ne pas laisser
ce que l’aiguille du un débit programmé)
manomètre arrive à 0)
1.4.LE CALCUL D’AUTONOMIE D’UNE BOUTEILLE (T)
Cette règle de calcul (loi de Mariotte) permet de déterminer le temps d’autonomie en fonction d’une bouteille et d’un débit. A ne pas confondre avec le calcul prévisionnel des besoins en oxygène, qui, lui, permet de déterminer la quantité d’oxygène à prévoir pour un transport de longue durée sous oxygène (cf. 4.16).
La formule de calcul du temps d’autonomie d’une bouteille est la suivante :
( (Volume * Pression) – 10 %) / Débit = Temps en minutes
Etape Opération Résultat obtenu
1 Multiplier le vol de la btlle (l) par sa pression (bars) Quantité disponible (litres)
2 Enlever 10 % à la quantité disponible Quantité utilisable (litres)
3 Diviser la quantité utilisable par le débit (litres) Temps d’utilisation de la btlle (mn)
Exemple Etape Opération Résultat obtenu
Volume de la btlle d’O2 : 5 litres 1 5 litres * 100 bars 500 litres
Pression lue sur le manomètre : 100 bars 2 500 – 50 (10 %) 450 litres
Débit pour le patient : 15 l/mn 3 450 / 15 mn 30 min
TABLEAU PRE-CALCULE DES PRINCIPAUX DEBITS AVEC UNE BOUTEILLE DE 5 LITRES : chiffres arrondis au résultat inférieur
1 l/mn 3 l/mn 6 l/mn 9 l/mn 12 l/mn 15 l/mn
50 bars 3 h 45 1 h 15 37 min 25 min 18 min 15 min
100 bars 7 h 30 2 h 30 1 h 15 50 min 37 min 30 min
150 bars 11 h 15 3 h 45 1 h 52 1 h 15 56 min 45 min
200 bars 15 h 00 5 h 00 2 h 30 1 h 40 1 h 15 1 h00
MATERIEL POUR INHALATION DE COURTE DUREE
(Pour le matériel d’inhalation de longue durée, se reporter au module 4)