DEA 3

Publié le par ***

DEA 3

 

1.3.LES MASQUES A OXYGENE (M)

Le masque à concentration moyenne (A)

Permet d’administrer plus de 6 l/mn sur prescription médicale pour des malades stabilisés sous oxygène pendant une courte durée (peu efficace au-delà de 9 l/mn).

Photo :     masque avec une large couverture

Le masque nébuliseur (B)

Ce n’est pas en soi un masque pour dispenser de l’oxygène, il permet surtout d’administrer un médicament sous forme d’aérosol, notamment lors d’une crise d’asthme. Ce dispositif est installé sur prescription médicale. Si, après nébulisation le patient a toujours besoin d’oxygène, changer le masque  nébuliseur contre un autre dispositif d’oxygénothérapie.

Photo :     masque avec une petite couverture, et une anse (un trou) au niveau du nez pour le tenir ou transporter

Le Masque à Haute Concentration (MHC) (C)

S’utilise à fort débit (de 9 l/mn à 15 l/mn) afin d’obtenir 100 % de concentration d’O2 dans l’air inhalé pour des malades nécessitant un apport important d’oxygène pendant une courte durée (détresse vitale : neurologique, respiratoire, circulatoire). Il existe des masques pédiatriques. (E)

Photo (C) : masque associé à une poche transparente

Photo (D) : la valve, qui se prolonge par la poche de réserve, et permet de la remplir,  se trouve à l’intérieur du masque

Photo (E) : masque plus petit (petite surface et petite poche)

ATTENTION : il faut remplir la poche de réserve avant de placer le masque d’inhalation à haute concentration sur le patient (D)

L’insufflateur manuel (cf. 1.4) (F)utilisé comme inhalateur.

S’utilise à fort débit (de 9 l/m à 15 l/mn) à 100 % d’oxygène pour des malades nécessitant un apport important d’oxygène et risquant de faire des pauses ventilatoires voire un arrêt ventilatoire (sur certains modèles il est possible de retirer le ballon auto remplisseur pour les utiliser comme MHC).

NB : si le BAVU n’est pas à usage unique ajouter un filtre antibactérien.

Photo (F) : un BAVU dont on a retiré la poche de compression manuelle

ATTENTION : Lors de la pose, ne positionnez pas l’élastique au niveau des oreilles, car risque de lésions.

 

1.4.L’INSUFFLATEUR MANUEL OU BALLON AUTO REMPLISSEUR A VALVE UNIDIRECTIONNELLE (BAVU) (M)

L’insufflateur manuel permet de réaliser une ventilation artificielle par insufflations.

Choix de la taille

Il existe 2 types d’insufflateurs : réutilisables et à usage unique. 

Le matériel doit être adapté à l’âge du patient(A).

N°            Marque    Type

1              AMBU ® Mark 3
2              ‘’                             Compact 610
3              ‘’                             Pédiatrique
4              LAERDAL ®          Adulte
5              ‘’                             Enfant
6              ‘’                             Pédiatrique
7              ‘’                             Adulte à usage unique

***Composition du BAVU (B)

-           Le masque (B1 et C) est appliqué autour de la bouche et du nez du patient. Il est généralement transparent, en forme de triangle pour l’adulte et l’enfant et rond pour le nourrisson. Le masque doit assurer l’étanchéité : il comporte donc un bourrelet (gonflable ou non) qui permet d’épouser la morphologie du visage. L’orifice supérieur est de taille standard et permet ainsi de le raccorder au filtre antibactérien.

Le choix de la taille du masque est important. (C)

Nouvea    u-né         Nourrisson              Petit enfant              Grand enfant           Adulte

N° 00 – 0 N° 1                        N ° 2                       N ° 3                       N ° 4 – 5

-           Le filtre anti-bactérien (B2 et D) (à usage unique : 1 par patient) est obligatoire sur les insufflateurs réutilisables. Il isole le patient du matériel de ventilation, protège les soignants et le matériel des expirations potentiellement contaminantes. Il maintient en outre la chaleur et la vapeur d’eau évitant ainsi l’assèchement des voies aériennes supérieures.

-           Les valves uni-directionnelles (B3 et E) (appelées aussi valves patient) permettent le passage de l’air riche en oxygène vers le malade et l’expulsion des gaz expirés (pauvres en O2). L’embout de la valve unidirectionnelle est standard et s’adapte sur tous les types de connecteur de ventilation (embout buccal, masque, chambre interne d’une canule de trachéotomie, sonde d’intubation…)

Les valves pédiatriques comportent une valve de suppression qui se déclenche si l’insufflation est trop brusque ou trop volumineuse.

Photo :     A             1. BAVU noir avec petite poche de réserve

                               2. BAVU noir avec grande poche de réserve

                               3. Pédiatrique : petite poche de compression, puis tube directement, sans poche de réserve

                               4. BAVU blanc avec grande poche de réserve et grande poche de compression

                               5. BAVU blanc avec moyenne poche de réserve et petite poche de compression

                               6. BAVU blanc avec petite poche de réserve et petite poche de compression

                               7. BAVU blanc avec moyenne poche de réserve, grande poche de compression, tube plastique d’alimentation en oxygène, pas de filtre antibactérien, masque directement fixé, donc : à usage unique.

Photo : B BAVU

1.        Bourrelet (gonflable ou non)

2.        Filtre anti-bactérien

3.        Embout

4.        Poche de compression manuelle

5.        Entrée de l’oxygène, point de fixation du tube

6.        Poche de réserve

Photo : C masque de différentes tailles, avec bourrelet gonflable

1.        Deux grands de tailles décroissantes, de forme triangulaire : adulte

2.        Un moyen, de forme triangulaire : enfant

3.        Deux petits, de forme ronde : pédiatriques

Photo : D Filtre anti-bactérien

Photo : E Embouts AMBU ® en 4 parties plastiques : coque transparente, disque, bloc blanc, clapet à fixer

Photo : E’                Embouts LAERDAL ® en 4 parties plastiques : coque transparente, disque, bloc transparent, anneau blanc

-           Le ballon auto-remplisseur (B4 et F), souple, élastique, de différentes formes (ronde ou ovale) et textures (caoutchouc ou silicone).Il stocke les gaz à insuffler (air ou oxygène). Lorsqu’il est comprimé, il reprend spontanément son volume initial. L’admission des gaz se fait par une valve anti-retour à l’arrière du ballon.

Les volumes habituels :

                                       Nouveau-né, nourrisson         Enfant                     Adulte

Selon les marques           300 ml                                                    500 ml                    1000 ml à 1760 ml

-           Le raccord d’oxygène (B5) permet le branchement d’un tuyau d’oxygène.

-           Le réservoir d’oxygène (B6) permet d’augmenter la concentration en oxygène (jusqu’à 100 %), entre chaque insufflation le ballon réserve se remplit et son contenu passe ensuite vers le ballon auto-remplisseur.

***Fonctionnement du BAVU

-           L’insufflation : lorsque l’on comprime le ballon, simultanément la valve d’admission se ferme et la « valve patient » s’ouvre sous la pression de l’air qui pénètre dans les voies aériennes (G).

-           L’expiration : au relâchement du ballon auto remplisseur, la valve d’admission se referme et l’air expiré est dévié vers l’extérieur. La valve d’admission s’ouvre grâce à la dépression créée dans le ballon et laisse entrer l’air et/ou l’oxygène (H).

***Entretien et maintenance

                Certains modèles de masques et d’insufflateurs manuels sont à usage unique et doivent être jetés après utilisation dans les sacs DASRI.

Les masques et insufflateurs manuels réutilisables seront démontés et nettoyés selon le protocole d’hygiène (cf. 3/10).

En ce qui concerne le stockage, on veillera à :

-           Préserver des chocs et des altérations

-           Toute altération du bourrelet du masque doit faire changer de masque.

 

3.1.2.Autres matériels d’urgence

 

1.5.L’ASPIRATEUR A MUCOSITES (M)

L’aspirateur à mucosités est principalement utilisé pour libérer les voies aériennes supérieures de sécrétions, sang, vomissements et débris qui gênent le passage de l’air.

Il existe trois types d’aspirateurs à mucosités :

-           Modèles mécaniques (manuel (A) ou au pied (B)) par l’action de pistons

-           Modèles électriques (secteur ou batterie) (C)

-           Installation murale sur une source de vide (prise de vide) (D)

Photo A : mécanique manuel

Photo B : mécanique au pied

Photo C : électrique

Photo D : mural                      D1 : réceptacle                        D2 : « stop vide » (régulation manuelle)

Descriptif

-           Une pompe mécanique ou électrique, portable, ou une installation murale qui génère une dépression, avec un réceptacle pour récupérer les produits d’aspiration (D1 et E1) ; flacon de plastique ou mieux un sac à usage unique (poche Abott ®) (F), inséré entre la pompe et le tuyau d’aspiration.

-           Une sonde ou canule d’aspiration reliée à l’appareil par un tuyau.

1 unité Ch (Chanière) = 1/3 de mm de diam. extérieur.

Nom                                       Descriptif                                                               Indications

Sonde d’aspiration (E3)         Longues avec différents diamètres         Nasopharyngées ou bucco-

                                               Nouveau né : Ch 4                                  pharyngées, pour les enfants

                                               Nourrisson : Ch 6 – 8                                            et les nouveaux nés en urgence

                                               Petit enfant : Ch 8 – 10                                           et en chronique.

                                               Grand enfant : Ch 10 – 12

                                               Adulte : Ch 14-18                                   Trachéotomisés

Canule                                    Courte taille unique                                Aspiration de la gorge en urgence

d’aspiration (E4)    Diam. 20 Ch à extrémité mousse           

-           Le « stop vide » (D2 et E2) se branche entre la sonde et le tuyau et permet de réguler manuellement l’aspiration.

Ne pas oublier les compresses et les gants (E5 et E6) pour la manipulation et prévoir un sac à déchets (DASRI) pour le matériel utilisé.

Photo E :                 Electrique portable + matériel

                               E1 réceptacle          

E2 « stop vide » (régulation manuelle)   

E3 sonde d’aspiration

E4 canule d’aspiration

E5 compresses

E6 gants

Photo F    Flacon de plastique ou sac à usage unique (réceptacle)

Caractéristiques

Capacité et graduation des bocaux : de 40 à 1 000 ml en général.

Modèles électriques :

-           Niveau de vide (dépression) : de 0 à 800 mbar

-           Puissance d’aspiration (ou débit) : en moyenne de 10 à 30 l/min

-           Dispositif de sécurité en cas de débordement par arrêt

-           Les bocaux réutilisables disposent d’un filtre antibactérien positionné entre le bocal et le moteur

-           La batterie peut être chargée sur le 220 V ou sur le 12 V de l’ambulance.

Entretien et maintenance

Sonde, canule et tuyau sont à usage unique et doivent être remplacés après chaque victime.

Les bocaux à usage unique seront jetés, et ceux réutilisables seront nettoyés selon le protocole d’hygiène (cf. module 3).

Pannes courantes :

-           Tuyau débranché à un endroit

-           Manomètre défectueux (indicateur de vide)

-           Pompe à vide électrique défectueuse

-           Problème de batteries sur les modèles portables.

Maintenance préventive

Le niveau de vide (dépression) et la puissance d’aspiration (débits) sont à vérifier régulièrement.

Le filtre antibactérien est à changer tous les ans.

 

1.6.LE DEFIBRILLATEUR AUTOMATISE EXTERNE (DAE) (M)

Le défibrillateur automatisé externe (DAE*) est un appareil capable :

-           D’analyser l’activité électrique du cœur de la victime

-           De reconnaître une anomalie grave du fonctionnement du cœur à l’origine de l’arrêt cardiaque (fibrillation ventriculaire ou tachycardie ventriculaire)

-           De charger automatiquement une puissance adaptée

-           De délivrer ou d’inviter l’ambulancier à délivrer un choc électrique afin de resynchroniser l’activité électrique cardiaque pour tenter de relancer le cœur.

(*  Sous cette appellation : deux types d’appareils : les DSA = défibrillateur semi automatique et les DEA = défibrillateur entièrement automatique).

Descriptif

Il est composé (A) :

-           D’un bouton de mise en marche (A1)

-           D’un écran rappelant les actions et les indications (A2)

-           Si c’est un DSA, d’un bouton qui permet de délivrer le choc électrique

-           D’un haut-parleur qui donne des messages sonores d’action

-           D’une prise de connexion pour les électrodes.

Cas particulier pour les chocs électriques externes réalisés chez l’enfant : le DAE doit délivrer un choc de puissance réduite. Il existe alors un réducteur d’énergie (A6) ou des électrodes spécifiques.

Le DAE est équipé des accessoires suivants :

-           D’un dispositif de mémorisation du tracé électrique de l’activité cardiaque, des manipulations faites, heures, date et puissance des chocs électriques réalisés. Il est possible d’en extraire un rapport d’intervention.

-           D’électrodes de défibrillation (B1), qui captent et transmettent l’activité électrique, et délivrent le choc  électrique. Elles sont autocollantes, recouvertes d’un gel conducteur qui améliore l’efficacité du choc et diminue le risque de brûlure de la peau. Elles sont à usage unique et conditionnées dans un emballage hermétique. Leur câble de connexion (B2) suivant le modèle, peut être préconnecté au DAE.
Certains DAE assistent l’ambulancier dans la réalisation des gestes, notamment en indiquant la fréquence et la qualité des compressions (électrodes CPR – D – PADZ ZOLL © ou DAE – Heart start MRX Laerdal) (D).

Le matériel complémentaire :

-           Une paire de ciseaux pour couper les vêtements et dénuder la poitrine (E2).

-           Des compresses ou du papier absorbant pour sécher la peau de la victime si nécessaire (E3).

-           Un rasoir jetable pour les poils si nécessaire (E4).

-           Un rapport d’intervention normalisé au niveau international (type Utstein) (E1).

Photo A :                 DAE

                               A1 : bouton de mise en marche

                               A2 : écran

                               A3 : Si c’est un DSA, bouton permettant de délivrer le choc électrique

                               A4 : Haut parleur qui donne des messages sonores d’actions

                               A5 : une prise de connexion pour les électrodes

Photo B : Electrodes

                               B1 : électrodes de défibrillation

                               B2 : leur câble de connexion

Photo C :                 électrodes CPR-D-PADZ ZOLL : électrodes en 2 volets, pour les DAE qui assistent l’ambulancier dans la réalisation des gestes, notamment en indiquant la fréquence et la qualité des compressions.

Photo D :                 grand écran du  DAE – Heartstart MRX Laerdal (idem)

Photo E :                 Matériel complémentaire :

                               E1 : rapport d’intervention

                                               E2 : paire de ciseaux

                                               E3 : compresses et papier absorbant

                                               E4 : rasoir jetable

(F) Bien faire attention lors de l’utilisation du DAE, il en existe de deux types : ceux utilisés pour la réanimation d’un patient et ceux utilisés pour l’entraînement en formation !

Photo F : Welch Allyn AED 10 TRAINER

 

Avant la première utilisation

L’ambulancier doit toujours connaître les recommandations du fabricant sur le mode d’emploi.

EN AUCUN CAS LES PREREGLAGES EFFECTUES PAR LE MEDECIN RESPONSABLE DE L’APPAREIL NE DOIVENT ETRE MODIFIES.

 

Vérifications périodiques

L’ambulancier doit vérifier avant chaque utilisation que :

-           Le DAE a réalisé correctement ses auto-tests et n’indique pas de dysfonctionnement (les DAE réalisent des auto-tests à intervalles réguliers et lors du changement des accumulateurs, un signal lumineux indique tout dysfonctionnement)

-           Remplacer la batterie d’accumulateurs lorsque l’appareil le demande ou lorsqu’il est complètement éteint (normalement un DAE reste « en veille »)

-           Remplacer les électrodes en cas de dommage externe ou si la date de péremption est dépassée (attention elles ne doivent jamais être pliées)

-           Vérifier si l’heure et la date affichées sont correctes : consulter le mode d’emploi pour mettre à l’heure.

 

Après chaque utilisation

L’ambulancier doit remettre le DAE en état :

-           S’assurer que les données en mémoire ont été sauvegardées en respectant les procédures du SAMU (si disponibles)

-           Nettoyer et désinfecter le boitier du DAE selon le protocole (cf. 3.11)

-           Remplacer le matériel utilisé (électrodes, rasoir, papier absorbant…) et le ranger dans la housse de l’appareil.

Transmission des données

A chaque utilisation du DAE, l’électrocardiogramme, l’heure d’analyse et les chocs (heure et puissance) sont mémorisés par l’appareil. Ces données permettent un suivi médical du patient. Le médecin responsable DAE (souvent le médecin directeur du SAMU du département) peut analyser ultérieurement l’intervention, recueillir les données et éventuellement réaliser des analyses statistiques des interventions avec utilisation du DAE. L’ECG enregistré peut être important pour la prise en charge médicale ultérieure du patient.

Selon le DAE, les données, stockées dans une mémoire interne ou externe ou sur une carte informatique, doivent être sauvegardées par transfert sur une imprimante ou sur un ordinateur directement ou indirectement (modem, transmission filaire ou par GSM).         

                     

Publicité

Publié dans URGENCE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article