Urgence - Polytraumatisé
URGENCES VITALES
P 178
POLYTRAUMATISE
Ne pas oublier
- Oxygène, oxymètre de pouls, ETCO2
- Aspirateur à mucosités, respirateur
- Seringue électrique
- Scope défibrillateur
- Kit intubation difficile
- Kit autotransfusion hémothorax
- Hémocue
- Thermomètre hypotherme
- Couverture de survie
- Minerve, attelles
- Pantalon antichoc
Définition
- Blessé grave présentant plusieurs lésions dont une met en jeu le pronostic vital à court terme.
Signes de gravité généraux
-->
Gestes d’urgence
- Neurologique : coma (Glasgow), pupilles (état, symétrie, réactivité)
notion de trauma crânien associé
-->
LVA, ventilation assistée et/ou contrôlée au masque + ballon autoremplisseur * puis, après rapide bilan sensitivo-moteur (recherche signes de localisation) : intubation +- anesthésie, ventilation contrôlée, sonde gastrique
- Détresse respiratoire : FR, sueurs, cyanose, tirage
-->
O2 + SpO2 voire intubation + ventilation contrôlée si détresse primitive non traitable (contusion, inhalation, hémoptysie, notion de Blast)**
- Hypertension intracrânienne, signes d’engagement (hypertonie en flexion ou en extension, HTA, troubles du rythme, myosis ou mydriase aréactive, bâillements)
-->
Surélévation de la tête, furosémide : 20 mg IVD voire Mannitol 20 % 0,25 – 2 g/kg
- Hémodynamique : collapsus, pâleur, tachycardie ou bradycardie
-->
2 VVP de gros calibre dont une avec blood pump + macromolécules pour obtenir une PAS max à 80 mmHg. Préparer pantalon antichoc si hémorragie sous – diaphragmatique
Signes de gravité spécifiques
- Rachis (douleur épineuse, baisse sensibilité et motricité)***
-->
Minerve, planche à olivier, remplissage
- Saignement actif extériorisé
-->
Pansement compressif, point de compression, suture, ligature artériole
- Emphysème sous-cutané, auscultation asymétrique
-->
Exsufflation
- Fracture des membres (troubles vasculo-nerveux d’aval)
-->
Anesthésie locorégionale, réduction, attelle
- Crush syndrom
-->
Noter l’heure. Remplissage par macromolécules. Analgésie/sédation.
- Amputation d’un membre
-->
Garrot (noter heure), mettre membre dans un champ, le placer dans un sac plastique déposé sur la glace contenue dans un 2ème sac plastique
Pas de signe de gravité
ou patient stabilisé
après gestes d’urgence
-->
Contexte
- Circonstances : violence du choc (décélération, sol dur, vitesse, distance de projection)
- Casque sanglé, ceinture, choc latéral ou frontal
- ATCD : surtout allergiques
- Traitement habituel : médicaments, ordonnance, carte
- Intoxication (alcool, médicaments)
Signes fonctionnels
- Douleur spontanée
- Dyspnée
- Agitation
Examen clinique
- Crâne : plaie, hématome, embarrure
- Face : fracture (malaire), hématome en lunette, écoulement nasal ou auriculaire (séreux, sanglant)
- Thorax : inspection (ampliation, symétrie, emphysème sous cutané, hématome), palpation (emphysème sous cutané, fractures de côtes, volet), auscultation (râles, symétrie), percussion (matité, tympanisme)
- PA aux 2 bras, FC
- Abdomen : inspection (respiration, gonflement, hématome), palpation (douleur, tension)
- Bassin : pression des ailes iliaques
- Rachis : douleur exquise ou déviation d’axe lors de palpation des épineuses
- Membres : déformation, hématome (notamment cuisse ****), effraction cutanée, troubles sensitivo-moteurs d’aval
- Rechercher hématurie à la miction spontanée
Monitoring
- SpO2, scope (ECG : contusion myocardique)
- Température
- Hémocue ou micro hématocrite systématique
- ETCO2 (si ventilé)
- PA sanglante (si cela ne retarde pas le transport).
L’association de signes dans ces 4 rubriques peut orienter vers une localisation particulière ou tout au moins une suspicion diagnostique afin de transporter rapidement le patient vers le milieu le plus adapté.
IMPORTANT
- *Pas d’hyperextension en cas de suspicion de rachis : subluxation maxilaire inférieure
- **La détresse respiratoire peut être secondaire à un coma (à intubation + ventilation contrôlée) ou à un choc (àremplissage préalable)
- ***Tout traumatisé comateux est suspect de lésion rachidienne jusqu’à preuve du contraire (scanner).
- ****Une fracture de fémur peut saigner jusqu’à 2 000 ml
- Dans la majorité des cas, une hypotension artérielle est une hémorragie
- Pas d’Atropine si bradycardie paradoxale
- Pantalon antichoc à ne gonfler qu’après remplissage. Gonfler à 80 mmHg aux membres inférieurs et 60 mmHg sur l’abdomen, après intubation et pose d’une sonde gastrique
- Si patient doit être intubé pour autre chose qu’un coma : faire interrogatoire succinct avant (neurologique, ATCD, troubles sensitivo-moteurs distaux si fracture)
- Une lésion peut en cacher une autre. 2 lésions peuvent s’aggraver mutuellement.
- Les hématomes ou plaies peuvent orienter vers une lésion interne.