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PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’obstruction brutale des voies aériennes CI - 5 - 1 Juillet 2010
PARTIE 5
L’OBSTRUCTION BRUTALE DES VOIES AÉRIENNES
1. OBJECTIFS
A la fin de cette partie, vous serez capable de reconnaître une obstruction brutale des voies
aériennes de l’adulte, de l’enfant et du nourrisson et de mettre en oeuvre les gestes de secours
d’urgence nécessaires pour limiter l’aggravation de la situation. Plus précisément, il s’agit de :
- • Définir et préciser le rôle des voies aériennes et de la fonction respiratoire.
- • Indiquer les causes d’une obstruction des voies aériennes.
- • Intervenir tout en assurant sa sécurité, celle de la victime et des témoins éventuels.
- • Indiquer les signes de reconnaissance d’une obstruction totale ou partielle des voies
aériennes.
- • Préciser quelles sont les conséquences d’une obstruction totale des voies aériennes.
- • Indiquer et justifier le résultat attendu de l’action de secours chez une victime qui
présente une obstruction des voies aériennes.
- • Mettre en oeuvre les gestes de secours nécessaires devant une victime qui présente
une obstruction totale des voies aériennes.
- • Réaliser les techniques suivantes :
- Claques dans le dos ;
- Compressions abdominales et thoraciques ;
- Utilisation d’une bouteille d’oxygène ;
- Inhalation d’oxygène.
2. LE RÔLE DES VOIES AÉRIENNES ET DE LA FONCTION RESPIRATOIRE
Nous inspirons de l’air afin d’amener l’oxygène dans les poumons et nous expirons l’air pour
évacuer le déchet gazeux - le dioxyde de carbone (gaz carbonique).
La respiration comprend, non seulement l’échange des gaz (oxygène et dioxyde de carbone) au
niveau des poumons mais aussi leur transport par le sang et leur utilisation au niveau des
cellules de tout le corps.
L’appareil respiratoire est composé des voies aériennes, des poumons et des vaisseaux
sanguins pulmonaires.
Dans les poumons, l’oxygène passe des petits sacs d’air (alvéoles pulmonaires) vers des petits
vaisseaux sanguins (capillaires pulmonaires). Au même moment, le dioxyde de carbone est
libéré des capillaires vers les alvéoles puis il est évacué lorsque nous expirons.
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La respiration est donc l’utilisation de l’oxygène par notre corps et le rejet de dioxyde de
carbone. L’appareil circulatoire assure la distribution de l’oxygène des poumons vers les tissus
et la récupération du gaz carbonique.
2.1 Les éléments de l’appareil respiratoire
L’appareil respiratoire est formé de plusieurs éléments (fig. 5.1).
Les voies respiratoires ou voies aériennes sont constituées d’une série de cavités et de
conduits s’étendant du nez jusqu’aux poumons. Elles sont composées :
- • Des fosses nasales et de la bouche. Elles permettent à l’air de se dépoussiérer, de
se réchauffer et de s’humidifier ;
- • Du pharynx ou gorge. Le pharynx est un conduit unique où se croisent l’air et les
aliments (ces derniers pénètrent par la bouche et rejoignent l’oesophage). Pour éviter
le passage des aliments dans les poumons, le larynx est surmonté d’un « clapet » qui
vient obstruer le larynx lorsque la personne avale (aliment et/ou liquide) et se relève
pour permettre le passage de l’air. Ce « clapet », appelé épiglotte est rattaché par des
ligaments à la mandibule.
- • Du larynx. Le signe externe qui permet de le reconnaître chez l’individu est la pomme
d’Adam. Il contient les cordes vocales qui permettent, non seulement de créer la voix
mais aussi de fermer le larynx et d’éviter ainsi le passage de corps étrangers dans les
poumons.
- • De la trachée. Tube vertical qui descend à travers le cou jusque dans le thorax.
Les poumons sont formés :
- • Des bronches qui se divisent en de nombreuses bronchioles de plus en plus fines ;
- • Des alvéoles pulmonaires, petits sacs qui constituent le lieu d’échange entre le sang et
l’air ;
Figure 5.1 : Les éléments de l’appareil respiratoire
Fosses nasales
Bouche
Pharynx
Larynx
Trachée
Bronches
Alvéoles
Sang désoxygéné
Sang oxygéné
Diaphragme Alvéoles
Plèvre
Bronches
Vaisseaux
Côtes
Epiglotte
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- • Des vaisseaux sanguins qui tapissent les alvéoles pour assurer les échanges ;
- • Des vaisseaux pulmonaires qui emmènent le sang du coeur aux poumons et
inversement.
- • De la plèvre, enveloppe qui entoure chaque poumon.
La cage thoracique est une cage articulée où sont enfermés les poumons et le coeur. Elle est
constituée :
- • Des côtes, qui sont réunies en avant par le sternum et s’articulent en arrière avec la
colonne vertébrale ;
- • Des muscles respiratoires principaux qui assurent les mouvements de la cage
thoracique ;
- • Du diaphragme, en forme de coupole, fermant en bas la cage thoracique ;
- • Des muscles inspirateurs qui élèvent et écartent les côtes ;
- • Des muscles expirateurs qui abaissent et rapprochent les côtes ;
- • Des muscles respiratoires accessoires qui ne sont mis en oeuvre que lors d’un effort
intense, d’une détresse respiratoire ou d’une fièvre élevée.
2.2 Le processus de la respiration
La respiration est contrôlée par des centres nerveux situés dans la base du cerveau.
La respiration se décompose en deux temps (fig. 5.2 a et b) :
L’inspiration normale :
Le diaphragme seul se contracte et s’aplatit ;
Le volume de la cage thoracique augmente ;
L’air entre ;
La partie supérieure de l’abdomen se soulève.
L’expiration normale :
Les muscles se relâchent ;
Les côtes s’abaissent ;
L’air sort passivement.
Le renouvellement de l’air dépend :
- • De la fréquence, nombre de mouvements respiratoires par minute (voir tableau 5.1 cidessous).
- • De l’amplitude de chaque mouvement respiratoire (quantité d’air qui entre et sort). Il est
de 0,4 à 0,5 litre chez l’adulte.
Age Fréquence cardiaque (/min) Fréquence respiratoire (/min)
Nouveau-né (< 1 semaine) 120 à 160 40 à 60
Nourrisson (< 1 an) 100 à 160 30 à 40
Enfant (< age de la puberté) 70 à 140 20 à 30
Adulte (et adolescent) 60 à 100 12 à 20
Tableau 5.1
Figure 5.2 a. Inspiration normale
Figure 5.2 b. Expiration normale
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3. LES CAUSES D’UNE OSTRUCTION DES VOIES AÉRIENNES
Pour permettre une respiration correcte, les voies aériennes doivent être libres de toute
obstruction. Cependant, les voies aériennes peuvent être obstruées de façon brutale dans les
deux premiers cas qui suivent ou de façon plus progressive dans les deux derniers cas et par
(fig. 5.3) :
- • L’épiglotte qui ferme le larynx lorsqu’elle est
repoussée par le poids de la langue chez le sujet
inconscient, allongé sur le dos ;
- • Un corps étranger, comme un morceau d’aliment
ou un jouet chez l’enfant, qui se bloque dans le
pharynx et empêche l’air de passer.
- • L’épiglotte qui gonfle au cours de certaines
maladies inflammatoires chez l’enfant et vient
obstruer le larynx, si l’enfant est allongé sur le
dos ;
- • Un gonflement ou oedème de la paroi du larynx
lors d’une réaction allergique ou d’un traumatisme
du cou ;
4. LES SIGNES DE RECONNAISSANCE D’UNE OBSTRUCTION TOTALE OU PARTIELLE
DES VA PAR UN CORPS ÉTRANGER
La reconnaissance des signes d’obstruction brutale des voies aériennes est un élément clé de
la conduite à tenir car elle est différente si le corps étranger entraîne une obstruction totale (ou
quasi totale) ou partielle des VA
La victime est le plus souvent en train de manger ou, s’il s’agit d’un enfant, en train de jouer
avec un petit objet.
Brutalement, elle porte les mains à sa gorge (fig. 5.4). Le secouriste, présent à ses côtés, doit
immédiatement lui demander : « Est-ce que tu t’étouffes ? ».
4.1 Signes lorsque l’obstruction est totale (ou quasi totale)
La victime :
- • Ne peut plus parler et/ou fait un signe « oui » de la tête ;
- • Ne peut pas crier s’il s’agit d’un enfant ;
- • Aucun son n’est audible ;
- • Garde la bouche ouverte ;
- • Ne peut pas tousser ;
- • Ne peut pas respirer ou fait des mouvements avec la cage
thoracique sans que l’air ne sorte ou ne rentre.
Poids de la langue
Traumatisme ou
allergie
Infection
Corps étranger
Figure 5.3. Causes de l’obstruction des
voies aériennes
Figure 5.4. Obstruction brutale VA
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En l’absence de geste de secours efficace, la victime :
- • Devient bleue (cyanose). Ce phénomène est encore plus rapide chez l’enfant ;
- • Perd connaissance.
4.2 Signes lorsque l’obstruction est partielle (la respiration reste possible)
La victime :
- • Parle ou crie s’il s’agit d’un enfant et peut répondre « oui, je m’étouffe » ou « j’ai avalé
de travers » ;
- • Tousse vigoureusement ;
- • Respire avec parfois un bruit sur ajouté ;
- • Reste parfaitement consciente.
5. LES CONSÉQUENCES D’UNE OBSTRUCTION DES VA
Si le passage de l’air dans les VA est interrompu, l’oxygène n’atteint pas les poumons et la vie
de la victime est immédiatement menacée.
L’obstruction totale des VA est une urgence qui peut entraîner la mort de la victime en quelques
minutes si aucun geste de secours n’est réalisé immédiatement (fig. 5.5 a).
L’obstruction partielle des VA peut évoluer plus rarement vers une obstruction totale et avoir les
mêmes conséquences (fig. 5.5 b).
a b
6. ACTION DU SECOURISTE CHEZ UNE VICTIME QUI PRÉSENTE UNE OBSTRUCTION
DES VA
Le secouriste doit, en fonction de l’état de la victime, mettre en oeuvre les gestes de secours
nécessaires pour expulser le corps étranger bloqué, afin de restaurer le passage libre de l’air
dans les VA, sans aggraver la situation ou sans transformer une obstruction partielle en
obstruction totale.
Figure 5.5 : Obstruction par un corps étranger (a- obstruction totale ; b- obstruction partielle)
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7. CONDUITE A TENIR FACE A UNE VICTIME QUI PRÉSENTE UNE OBSTRUCTION
BRUTALE DES VA
7.1 La victime est consciente et présente les signes d’une obstruction totale des VA
(adulte et enfant)
La victime se présente habituellement debout ou assise. A ce moment là, le secouriste doit :
- • Constater l’obstruction totale des voies aériennes ;
- • Laisser la victime dans la position où elle se trouve ;
- • Désobstruer les voies aériennes, en donnant 5 claques vigoureuses maximum dans
le dos de la victime (voir technique 5.1). Cette technique est parfois suffisante pour
obtenir la désobstruction ;
- • En cas d’inefficacité des claques dans le dos, réaliser 5 compressions abdominales
maximum selon la méthode décrite par HEIMLICH ou 5 compressions thoraciques s’il
s’agit d’un obèse ou d’une femme enceinte (voir technique 5.2) ;
- • Vérifier après chaque geste l’efficacité des claques dans le dos et/ou des
compressions abdominales.
7.1.1 Les manoeuvres de désobstruction sont efficaces
Le corps étranger peut se dégager progressivement au cours des différentes manoeuvres de
désobstruction. L’efficacité de ces manoeuvres peut s’évaluer sur :
- • le rejet du corps étranger ;
- • L’apparition de toux ou d’un son ;
- • La reprise de la respiration.
Après rejet du corps étranger, le secouriste doit parler à la victime, la rassurer et la calmer.
Un avis médical est indispensable, si la victime présente une toux persistante, une difficulté à
avaler, la sensation de la présence d’un corps étranger dans la gorge ou si elle a bénéficié de
compression(s) abdominale(s) et/ou thoracique(s). En effet, même si les manoeuvres de
désobstruction ont été efficaces, de petits corps étrangers peuvent passer dans les voies
aériennes et dans les poumons et provoquer des complications secondaires. D’autre part, les
manoeuvres de compressions thoraciques ou abdominales, même quand elles sont réalisées
correctement peuvent entraîner des complications internes.
7.1.2 L’obstruction persiste malgré tout
- • Réaliser à nouveau 5 claques vigoureuses dans le dos, puis 5 compressions
abdominales et ainsi de suite ;
- • Arrêter les manoeuvres dès que la désobstruction est obtenue ou que la victime
devient inconsciente.
7.2 La victime devient inconsciente après une obstruction totale des VA
Devant l’inefficacité des manoeuvres de désobstruction, il peut arriver que la victime devienne
inconsciente. Alors, le secouriste doit :
- • Allonger délicatement la victime sur le sol ou prévenir la chute.
- • Faire alerter ou alerter immédiatement les secours médicaux.
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L’obstruction brutale des voies aériennes CI - 5 - 7 Juillet 2010
- • Débuter immédiatement une réanimation cardio-pulmonaire en commençant par les
compressions thoraciques chez l’adulte et les 5 insufflations chez l’enfant, sans
rechercher les signes de circulation.
- • A l’issue de chaque série de compressions thoraciques, contrôler les voies aériennes
avant de réaliser les insufflations. Si un corps étranger est visible dans la bouche de la
victime, le retirer avec les doigts.
- • Si le corps étranger est expulsé et les VA désobstruées, contrôler la respiration de la
victime, rechercher les signes de circulation et pratiquer les gestes de secours qui
s’imposent dans l’attente d’un renfort médical.
NB : Si le secouriste est doté d’un défibrillateur automatisé externe, il le mettra en oeuvre en
cas d’inefficacité des manoeuvres de désobstruction après 2 min de réanimation cardiopulmonaire
(cf. voir partie sur l’arrêt cardiaque).
7.3 La victime est obèse ou il s’agit d’une femme visiblement enceinte
Si une personne obèse ou dans les trois derniers mois de la grossesse est victime d’une
obstruction totale des VA, le secouriste adopte une conduite à tenir identique mais remplace les
compressions abdominales par des compressions thoraciques (technique 5.2).
7.4 La victime est un nourrisson et présente une obstruction totale des VA
Devant un nourrisson qui présente une obstruction complète des VA, le secouriste adopte une
conduite à tenir identique à l’enfant mais remplace les 5 compressions abdominales par 5
compressions thoraciques réalisées de la même façon que les compressions thoraciques de la
réanimation cardio-pulmonaire (technique 8.4). Dans tous les cas, un avis médical est
indispensable.
Les compressions thoraciques sont très efficaces chez le nourrisson du fait de la souplesse du
thorax. Les compressions abdominales ne sont pas recommandées car elles peuvent entraîner
une lésion des organes de l’abdomen.
7.5 La victime présente une obstruction partielle des VA
Si l’obstruction des VA n’est pas totale, le secouriste ne doit pas pratiquer les techniques de
désobstruction décrites ci-dessus, car elles peuvent au contraire mobiliser le corps étranger et
provoquer une obstruction totale des VA et un arrêt de la respiration. En revanche, le secouriste
doit :
- • Installer la victime dans la position où elle se sent le mieux, le plus souvent assise.
- • Encourager la victime à tousser pour expulser le corps étranger.
- • Demander un avis médical.
- • Réaliser une inhalation d’oxygène si vous avez le matériel (techniques 5.3 et 5.4).
- • Surveiller attentivement la respiration de la victime. Si celle-ci s’arrête, pratiquer alors
les manoeuvres de réanimation cardio-pulmonaire.
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Juillet 2010 CI - 5 - 8 L’obstruction brutale des voies aériennes
8. SCHÉMA GÉNÉRAL DE L’ACTION DE SECOURS
La victime s’étouffe
- Encourager la toux
- Garder la position
- Rechercher une
détresse vitale
- Demander un avis
médical
- Administrer de l’O2 si
détresse respiratoire
5 claques
dans le dos
5 Compressions de
l’abdomen
( 5 compressions thoraciques si
nourrisson, femme enceinte et
obèse)
Voir partie sur
l’arrêt cardio-respiratoire
La victime
Parle-t-elle ?
Non
Oui
Désobstruer les voies
aériennes
Parle-t-elle ? Oui
Non
Oui
La victime réagit-elle ?
(conscience)
Non
Non
Oui
Parle-t-elle ?
Allonger la victime
Alerter les secours
Réaliser la RCP
« Est-ce que vous vous
étouffez ? »
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L’obstruction brutale des voies aériennes CI - 5 - 9 Juillet 2010
TECHNIQUE 5.1 – LES CLAQUES DANS LE DOS
1. Justification
Le but des claques dans le dos de la victime est de provoquer des mouvements de toux, de
débloquer et d’expulser le corps étranger qui obstrue les voies aériennes.
2. Indications
Les claques dans le dos sont réalisées immédiatement, si la victime consciente présente une
obstruction brutale grave des voies aériennes.
3. Réalisation
3.1 Chez l’adulte
1. Se positionner sur le côté et légèrement en arrière de la
victime ;
2. Soutenir son thorax avec une main et pencher
suffisamment la victime en avant pour que le corps
étranger dégagé sorte de la bouche plutôt que de
retourner dans les voies aériennes ;
3. Donner 5 claques vigoureuses dans le dos de la
victime, entre les deux omoplates, avec le plat de l’autre
main ouverte (fig. 5.6) ;
4. Arrêter les claques dans le dos dès que la désobstruction
est obtenue ;
5. Si la technique est inefficace, appliquer la technique 5.2.
3.2 Chez l’enfant
La technique des claques dans le dos est identique à celle de l’adulte. Toutefois, elle est
améliorée si la tête de l’enfant est placée encore plus vers le bas.
Pour cela, le secouriste peut s’asseoir et basculer l’enfant au-dessus de son genou afin de lui
donner les claques dans le dos.
Si ce n’est pas possible, il réalisera la technique comme chez l’adulte.
3.3 Chez le nourrisson
1. Coucher le nourrisson, tête penchée en
avant à califourchon sur l’avant-bras, de
façon à ce que sa tête soit plus basse que
son thorax ce qui facilite l’expulsion du
corps étranger.
2. Maintenir la tête avec les doigts, de part et
d’autre de l’angle de la mandibule tout en
évitant d’appuyer sur sa gorge.
3. Donner 5 claques dans le dos du
nourrisson, entre les deux omoplates, avec
le plat de la main ouverte (fig. 5.7).
Figure 5.6 : Claque dans le dos
Figure 5.7 : Claque dans le dos
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Juillet 2010 CI - 5 - 10 L’obstruction brutale des voies aériennes
4. Risques
Le risque minime de blesser la victime ne doit pas diminuer la vigueur des claques qui est
absolument nécessaire au rejet du corps étranger.
5. Evaluation
L’efficacité de la technique est jugée sur :
- • Le rejet du corps étranger ;
- • L’apparition de toux chez l’adulte et de pleurs et/ou de cris chez l’enfant et le
nourrisson ;
- • La reprise d’une respiration normale (cf. tableau 5.1).
En cas d’inefficacité, après avoir effectué 5 claques dans le dos, réaliser des compressions
abdominales chez l’adulte et l’enfant ou thoraciques chez le nourrisson, la femme enceinte
(dans les 3 derniers mois de la grossesse) et la personne obèse (technique 5.2).
6. Points clés
Pour être efficaces, les claques dans le dos sont données :
- • Entre les deux omoplates.
- • Avec le plat de la main.
- • De façon vigoureuse (ou sèche).
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TECHNIQUE 5.2 – LES COMPRESSIONS ABDOMINALES ET THORACIQUES
1. Justification
Le but de cette manoeuvre est de comprimer l’air contenu dans les poumons de la victime et
d’expulser le corps étranger hors des VA, par un effet de « piston ». Suivant l’importance et la
position du corps étranger, plusieurs pressions successives peuvent être nécessaires pour
l’expulser.
2. Indications
Les compressions abdominales (ou thoraciques) sont réalisées sur une victime consciente
debout ou assise si l’obstruction totale des VA persiste, malgré les claques dans le dos.
3. Réalisation
3.1 Compressions abdominales chez l’adulte et l’enfant
1. Se positionner derrière la victime, contre son
dos, (en fléchissant les genoux pour être à sa
hauteur), en passant ses bras sous ceux de la
victime de part et d’autre de la partie supérieure
de son abdomen.
2. S’assurer que la victime est bien penchée en
avant pour que l’obstacle dégagé sorte de la
bouche plutôt que de retourner dans les voies
aériennes.
3. Mettre le poing sur la partie supérieure de
l’abdomen, au creux de l’estomac, au-dessus du
nombril et en dessous du sternum (fig. 5.8).
4. Placer l’autre main sur la première, les avantbras
n’appuyant pas sur les côtes.
5. Tirer franchement en exerçant une pression vers l’arrière et vers le haut. Le corps
étranger devrait se débloquer et sortir de la bouche de la victime.
3.2 Compressions thoraciques chez la femme enceinte ou chez la personne obèse en
position debout
1. Se positionner derrière la victime en passant les
avants bras sous ses bras et encercler la poitrine
de la victime ;
2. Mettre un poing au milieu du sternum sans
appuyer sur la pointe inférieure du sternum;
3. Placer l’autre main sur la première en n’appuyant
pas les avant-bras sur les côtes ;
4. Tirer franchement en exerçant une pression vers
l’arrière (fig. 5.9).
Figure 5.8 : Compressions abdominales
Figure 5.9 : Compressions thoraciques
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Juillet 2010 CI - 5 - 12 L’obstruction brutale des voies aériennes
3.3 Compressions thoraciques chez le nourrisson
1. Après avoir réalisé sans succès les 5 claques dans le dos, placer votre avant-bras
contre le dos du nourrisson et votre main sur sa tête. Le nourrisson est alors entre vos
deux avant-bras et vos deux mains.
2. Retourner le nourrisson sur le dos tout en le maintenant fermement. L’allonger, tête
basse, sur l’avant-bras et la cuisse.
3. Placer 2 doigts, au milieu de la poitrine sur la moitié inférieure du sternum. La position
des doigts est identique à celle des compressions thoraciques lors de l’arrêt cardiaque
du nourrisson (fig. 5.10).
4. Effectuer 5 compressions thoraciques plus lentement et plus profondément que les
compressions thoraciques réalisées au cours de la RCP.
4. Risques
Les compressions abdominales peuvent entraîner des complications par traumatisme des
organes internes de l’abdomen, même si elles sont réalisées correctement, ou entraîner des
traumatismes des côtes et du sternum si la position des mains n’est pas correcte.
Lorsque la victime a bénéficié de compressions abdominales ou thoraciques, un avis médical
doit être obtenu.
5. Evaluation
L’efficacité de la technique est jugée sur :
- • Le rejet du corps étranger.
- • L’apparition de toux chez l’adulte et de pleurs et/ou de cris chez l’enfant et le
nourrisson.
- • La reprise d’une respiration normale.
6. Points clés
Pour être efficaces, les compressions abdominales :
- • Sont données en position correcte.
- • La direction des compressions est conforme.
- • La compression est suffisante.
Figure 5.10 : Compressions thoraciques
chez le nourrisson
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L’obstruction brutale des voies aériennes CI - 5 - 13 Juillet 2010
TECHNIQUE 5.3 – UTILISATION D’UNE BOUTEILLE D’OXYGENE
1. Justification
L’oxygène est un gaz. Il est par conséquent compressible. Cette particularité permet de stocker
et de transporter une grande quantité d’oxygène comprimé dans des récipients spéciaux (les
bouteilles) sous un faible encombrement. Dans les bouteilles de petites capacités, on peut faire
entrer, en comprimant l’oxygène jusqu’à une pression égale à 200 fois la pression
atmosphérique (200 fois 1 bar), deux cent fois plus d’oxygène. Par exemple, 1000 litres
d’oxygène pris à la pression atmosphérique, n’occuperont plus, une fois comprimés à 200 bars,
qu’une capacité de 5 litres (volume en litres d’eau).
Pour être administré à une victime, l’oxygène comprimé dans une bouteille doit être détendu et
ramené à la pression atmosphérique ambiante à l’aide d’un dispositif fixé sur la bouteille appelé
détendeur.
Le débit d’oxygène (exprimé en litre par minute ou l/min) administré à la victime est réglé par un
appareil appelé débitmètre.
2. Indications
L’oxygène s’administre systématiquement chez une victime qui présente une détresse vitale et
dans les autres cas sur indication médicale.
L’oxygène est un gaz qui peut aussi être utilisé sur indication et en présence d’un médecin
pour alimenter un appareil respiratoire automatique ou pour servir de vecteur aux médicaments
inhalés par nébulisation.
Seules sont désormais utilisables les bouteilles à usage médical.
3. Matériel
3.1 La bouteille d’oxygène
Les bouteilles d’oxygène peuvent être de différents
volumes : 2, 5 et 15 litres (volume en eau)
contenant respectivement, pleines et sous pression,
(200 bars) environ 0,5, 1 et 3 m3 d’oxygène (fig.
5.11).
En France, les bouteilles sont blanches, en matière
composite, légères, équipées d’une poignée de
transport, d’une gaine de protection et d’un
chapeau inamovible dans lequel est logé un
système de détente et de débitmètre intégré.
Plusieurs indications sont gravées sur la bouteille
en particulier la date de la dernière vérification, la
pression maximale d’utilisation et son volume en
eau.
Figure 5.11 : la bouteille d’oxygène
Corps de la
bouteille
Détendeur
débitmètre
Capot
Poignée
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Juillet 2010 CI - 5 - 14 L’obstruction brutale des voies aériennes
3.2 Le détendeur-débitmètre intégré
Le détenteur-débitmètre intégré est composé (fig. 5.12) :
1. D’un manomètre haute pression, avec des plages colorées, qui indique la pression
régnant à l’intérieur de la bouteille ;
2. D’une sécurité active, sous forme d’un volet, empêchant tout branchement intempestif
sur la bouteille lorsque celle-ci est en position fermée ;
3. D’un raccord de sortie (olive), qui permet de brancher un tuyau afin d’alimenter un
masque à inhalation ou un ballon-réserve en oxygène d’un insufflateur ;
4. D’une prise normalisée à 3 crans afin d’alimenter un respirateur ou un réseau de
distribution d’oxygène interne au véhicule de secours ;
5. D’un robinet d’ouverture de la bouteille ;
6. D’un robinet permettant de régler le débit d’utilisation, par pallier sur une plage de 0 à
15 l/min ;
7. D’une soupape de sécurité tarée à 200 bars ;
8. D’un raccord de remplissage spécifique, pour le conditionnement chez le fournisseur.
a b
c d
Figure 5.12 : Chapeau de la bouteille d’oxygène
3.3 Etiquettes et accessoires
La bouteille d’oxygène est fournie avec (fig. 5.13) :
- • Une étiquette identifiant le nom du laboratoire fournisseur ;
- • Une notice « produit » ;
- • Une étiquette indiquant le numéro du lot d’oxygène et sa date limite d’utilisation.
Un panneau étiquette « danger », collé sur la bouteille, rappelle les risques liés à son utilisation
et les principales mesures à respecter.
manomètre
repère
d’ouverture/fermeture
sortie oxygène (olive)
prise 3 crans
manomètre
robinet d’ouverture de
la bouteille
robinet de réglage du
débit raccord de
remplissage
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a b
c d
3.4 L’autonomie
L’autonomie de la bouteille dépend :
- • De la quantité d’oxygène disponible, déterminée par la pression qui règne à l’intérieur
de la bouteille et par le volume en eau de la bouteille ;
- • De la consommation en oxygène, c’est à dire du débit administré à la victime.
Quantité d’oxygène (litre) = Pression (bar) x Volume en eau de la bouteille (litre)
Autonomie (min) = Quantité d’oxygène (litre) / débit (litre / min)
Ne pas attendre que la bouteille soit complètement vide pour la changer (c’est à dire,
lorsque l’aiguille est dans la partie inférieure de la zone rouge).
Figure 5.13 : Les étiquettes de la bouteille d’oxygène
(a : Etiquette fabriquant, b : Mode d’emploi, c : Notice d’utilisation, d : Vignette produit)
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L’obstruction brutale des voies aériennes CI - 5 - 17 Juillet 2010
4. Réalisation
1. Ouvrir la bouteille en tournant lentement le robinet d’ouverture (fig. 5.14 a).
2. Brancher (fig. 5.14 b) soit :
- Le tuyau d’oxygène du masque à inhalation ou de la réserve à oxygène de
l’insufflateur, sur l’olive de sortie.
- Le respirateur automatique, sur la prise normalisée à 3 crans.
3. Ouvrir progressivement le robinet (en passant par les débits intermédiaires) sans
jamais forcer. Lors de l’utilisation avec un tuyau d’oxygène branché sur l’olive, régler le
débit d’oxygène à administrer à la victime. (Ce débit doit rester à zéro si l’oxygène est
utilisé avec un dispositif alimenté par la prise normalisée à 3 crans) (fig. 5.14 c).
4. Lors de l’utilisation de la prise normalisée 3 crans, aucun réglage de débit n’est
nécessaire.
5. Après chaque utilisation :
- Débrancher le tuyau, le respirateur ou le réseau ;
- Ramener le débitmètre à zéro (débit de zéro l/min).
- Fermer la bouteille (fig. 5.14 d) ;
a b
c d
Attention :
- • Le positionnement du robinet de réglage du débit entre deux valeurs de débit entraîne
l’arrêt de la délivrance du gaz à la sortie.
- • Dès qu’un appareil respiratoire est branché sur la prise normalisée à 3 crans, et que
l’oxygène au masque n’est plus utilisé, il faut alors ramener à zéro le robinet de
distribution tout en laissant la bouteille ouverte ce qui évite une perte d’oxygène.
Figure 5.14 : utilisation de la bouteille d’oxygène
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’obstruction brutale des voies aériennes CI - 5 - 17 Juillet 2010
5. Risques
En dehors de certains cas qui sortent du domaine de l’urgence, l’administration d’oxygène bien
conduite ne peut être nocive à la victime. C’est pourquoi en situation de détresse, l’oxygène est
administré largement.
L’oxygène est un comburant qui entretient et active la combustion. Il peut également entraîner
l’inflammation des corps gras, de poussières ou de tous objets inflammables installés à
proximité.
Pour éviter tout incident, il faut respecter les consignes suivantes :
5.1 Consignes de conservation, stockage et transport :
Les bouteilles doivent être protégées des intempéries, des sources de chaleur (température
supérieure ou égale à 50°C) et conservées dans un local aéré ou ventilé, propre et sans
matières inflammables.
Les bouteilles pleines et les bouteilles vides doivent être conservées séparément.
Les bouteilles conservées ou transportées doivent être solidement arrimées et installées dans
un emplacement permettant de les protéger des chutes et des chocs.
Les bouteilles doivent être maintenues en position verticale, robinet fermé.
Les bouteilles doivent être déplacées sans être traînées ou roulées sur le sol.
Les bouteilles ne doivent pas être soulevées par leur robinet.
Les bouteilles ne doivent jamais être graissées ou lubrifiées ni enduites de corps gras.
Il ne faut jamais utiliser de flacons pressurisés (laque, désodorisant…), de solvant
(alcool, essence…) ou de produits corrosifs pour nettoyer les bouteilles.
5.2 Consignes de manipulation et d’utilisation
- • Vérifier le bon état du matériel et la présence d’oxygène dans la bouteille avant la prise
de fonction du secouriste ;
- • Vérifier la date limite d’utilisation de l’oxygène figurant sur le conditionnement ;
- • Conserver l’intégrité des étiquetages ;
- • Manipuler le matériel avec des mains propres, exemptes de graisse ;
- • Utiliser des tuyaux de raccordement spécifiques à l’oxygène ;
- • Ne pas enduire de corps gras le visage de la victime ni le dispositif d’administration
(masque…) ;
- • Ne pas ouvrir la bouteille lorsqu’elle est en position couchée ou à proximité de matières
inflammables pour éviter le risque de propagation d’incendie ;
- • Ne jamais procéder à plusieurs mises en pression successives rapprochées.
- • Ne jamais ouvrir le débitmètre avant d’ouvrir le robinet (il doit être réglé à 0 l/min au
préalable).
- • Ne jamais se placer ou placer la victime face à la sortie du robinet lors de l’ouverture,
mais toujours du coté opposé au détendeur, derrière la bouteille et en retrait ;
- • Ne jamais utiliser une bouteille présentant un défaut d’étanchéité. En cas de fuite, fermer le robinet ;
- • Ne jamais approcher une flamme, une source de chaleur supérieure à 50°C ou un
appareil générant des étincelles.
- • En cas de phénomène anormal (étincelles, crépitements), il faut immédiatement, dans
la mesure du possible, refermer le robinet de la bouteille.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Juillet 2010 CI - 5 - 18 L’obstruction brutale des voies aériennes
6. Evaluation
En cas de doute, vérifier que l’oxygène est bien délivré à la sortie du tuyau venant de la
bouteille. Pour cela, écouter le bruit généré par la sortie du gaz et pincer l’extrémité du tuyau
une à deux secondes, puis le relâcher. On perçoit ainsi le bruit sec lié à la sortie brutale de
l’oxygène comprimé dans le tuyau pendant le temps où ce dernier est resté pincé.
7. Points clés
Pour être utilisé correctement, la bouteille doit :
- • Avoir été vérifiée antérieurement à son utilisation.
- • Etre ouverte.
- • Avoir un débit réglé aux valeurs conformes au présent référentiel national.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’obstruction brutale des voies aériennes CI - 5 - 19 Juillet 2010
TECHNIQUE 5.4 – L’INHALATION D’OXYGENE
1. Justification
L’inhalation d’oxygène entraîne une augmentation de la quantité d’oxygène dans les poumons
et augmente la quantité d’oxygène transportée par le sang jusqu’aux tissus de l’organisme,
notamment au niveau du cerveau.
2. Indications
Un enrichissement en oxygène de l’air inspiré par une victime qui respire est appelé :
inhalation d’oxygène.
Une inhalation d’oxygène est nécessaire à toute victime qui présente une détresse vitale et dont
la respiration est suffisante, c’est-à-dire d’une fréquence supérieure à 6 mouvements par
minute.
Une inhalation d’oxygène peut aussi être réalisée chez une personne victime d’un accident dû à
l’eau (noyade) ou d’une intoxication au monoxyde de carbone suspectée ou avérée.
3. Matériel
3.1 Le masque à inhalation dit à haute concentration
Le masque à haute concentration est un dispositif
d’administration d’oxygène sans ré-inspiration (la victime
n’inhale pas l’air qu’elle expire) (fig. 5.15).
Ce masque est muni d’un réservoir d’oxygène situé audessous
d’une valve anti-retour et qui empêche la victime
de rejeter l’air expiré dans ce réservoir (fig. 5.16).
Il existe des modèles « adulte » et « enfant ».
Figure 5.15
Valve
expiratoire
fermée
Valve
ouverte
Déplétion
du réservoir
d’O2
Cordon de
fixation
Tuyaux
à O2
Valve
expiratoire
ouverte
Réplétion
du réservoir
d’O2
Valve
fermée
Figure 5.16 : Fonctionnement du masque à inhalation à haute concentration
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Juillet 2010 CI - 5 - 20 L’obstruction brutale des voies aériennes
3.2 L’insufflateur manuel et le ballon réserve d’oxygène
L’insufflateur manuel peut aussi être utilisé avec son ballon réserve d’oxygène pour réaliser une
inhalation d’oxygène (techniques 8.4 et 9.2). Toutefois, chez une victime en ventilation
spontanée, l’utilisation d’un masque haute concentration est préférable car il offre moins de
résistance à l’inspiration.
3.3 Les autres dispositifs d’administration d’oxygène
Les autres dispositifs d’administration d’oxygène (masques à inhalation par trompe de Venturi,
masque à inhalation simple, sondes ou lunettes introduites dans les narines de la victime…)
sont à proscrire et ne seront utilisés et mis en place que par un médecin.
4. Réalisation
1. Ouvrir la bouteille d’oxygène ;
2. Relier le tuyau d’oxygène du masque à l’olive de sortie d’oxygène ;
3. Régler le débit (Tableau 5.2) et obturer la valve du masque avec votre doigt pour
permettre au ballon réserve de se remplir ;
4. Placer rapidement le masque sur la victime et ajuster le cordon élastique derrière sa
tête pour maintenir le masque en position. Si nécessaire, modeler l’agrafe de nez pour
l’ajuster, si elle existe ;
5. Quand le patient inspire, le ballon réserve ne doit pas s’aplatir complètement. Si tel est
le cas, augmenter le débit progressivement jusqu'à ce que le réservoir reste en
permanence au moins à moitié rempli ;
6. Surveiller attentivement la fréquence respiratoire de la victime.
Adulte : 9 l/min
Enfant : 6 l/min
Nourrisson : 3 l/min
Tableau 5.2 : débits d’oxygène en inhalation avec un masque à haute concentration
ou un insufflateur manuel équipé d’un ballon réserve (ces débits sont donnés à titre indicatif, ils
peuvent être adaptés en fonction des recommandations du fabricant du masque).
5. Risques
L’administration complémentaire d’oxygène même à de très hautes concentrations (80 à 90 %)
est bénéfique à la victime et n’est pas toxique. La toxicité de l’oxygène n’apparaît que lorsque
l’inhalation d’oxygène est réalisée à haute concentration et sur une longue durée (plusieurs
heures).
6. Evaluation
Un enrichissement en oxygène de l’air inspiré par la victime doit entraîner un accroissement de
la saturation artérielle en oxygène.
Le masque doit être correctement installé sur la face de la victime et ne pas la gêner.
Administré avec un masque à inhalation à haute concentration, le ballon réserve ne doit pas se
dégonfler complètement. Ajuster le débit si nécessaire.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’obstruction brutale des voies aériennes CI - 5 - 21 Juillet 2010
7. Points clés
Pour qu’une inhalation d’oxygène soit efficace, il faut que :
- • La respiration de la victime soit suffisante (> 6 par min).
- • Le masque à inhalation soit correctement positionné sur la face de la victime.
- • Le débit soit suffisant pour empêcher un dégonflement du ballon réserve.
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Les hémorragies externes CI - 6 - 1 Janvier 2007
PARTIE 6
LES HÉMORRAGIES EXTERNES
1. OBJECTIFS
A la fin de cette partie, vous serez capable de mettre en oeuvre les gestes de secours
nécessaires devant une victime qui présente une hémorragie externe ou extériorisée pour
limiter toute aggravation éventuelle. Plus précisément, il s’agit de :
- • Définir et préciser le rôle et l’importance de l’appareil circulatoire et du sang.
- • Identifier et/ou rechercher un saignement abondant.
- • Préciser quelles sont les conséquences sur l’organisme d’un saignement abondant.
- • Indiquer et justifier le résultat attendu de l’action des secours chez une victime qui
présente un saignement abondant.
- • Mettre en oeuvre les gestes de secours nécessaires devant une victime qui présente
un saignement abondant pour éviter une aggravation.
- • Réaliser les techniques suivantes :
- Compression directe ;
- Compression à distance : le garrot.
2. LE RÔLE ET L’IMPORTANCE DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE ET DU SANG
L’appareil circulatoire a pour fonction essentielle d’assurer
le transport de l’oxygène des poumons aux différentes
parties du corps (cerveau, coeur, muscle, foie, reins…) et
de permettre en retour l’élimination du dioxyde de
carbone. Il intervient également dans la distribution des
aliments aux tissus et, en retour, le transport des déchets
pour permettre leur élimination. De plus, il intervient dans
la régulation de la température.
Il est composé de trois parties :
- • Une pompe : Le coeur ;
- • Des tuyaux : Les vaisseaux ;
- • Un liquide : Le sang.
2.1 Le coeur
Le coeur fonctionne comme une véritable pompe de
l’appareil circulatoire. Il est constitué de 4 cavités (fig. 6.1). Figure 6.1 : le cœur
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 6 - 2 Les hémorragies externes
Deux petites qui reçoivent le sang des tissus ou du poumon et qui sont des réserves de sang
(oreillettes gauche et droite) et deux grandes, aux parois épaisses et musclées, qui sont
chargées de propulser le sang dans l’organisme et les poumons (ventricules gauche et droit).
2.2 Les vaisseaux
Les vaisseaux dirigent le sang à l’intérieur de l’organisme. Le corps humain possède trois types
de vaisseaux (fig. 6.2) :
- • Les artères qui ont un débit important et une
pression élevée, chargées de diriger le sang
de la sortie du coeur vers les capillaires ;
- • Les capillaires (petits vaisseaux) qui
composent un véritable réseau de
distribution du sang aux différentes parties
du corps humain ;
- • Les veines qui sont chargées de ramener le
sang des capillaires vers le coeur. Elles
peuvent aussi avoir un débit important.
2.3 Le sang
Le sang est composé d’un liquide contenant des cellules et d’autres composants, chacun ayant
une fonction spécifique. Son volume est de 5 à 7 litres chez l’adulte.
Le liquide qui transporte les cellules est le plasma. Les différentes cellules sont (fig. 6.3) :
- • Les globules rouges, qui transportent
l’oxygène des poumons aux tissus de
l’organisme et, en retour, le gaz
carbonique ;
- • Les globules blancs, qui ont une fonction de
« recherche et destruction » et qui luttent
contre les agents infectieux qui ont pénétré
dans l’organisme ;
- • Les plaquettes, qui réagissent entre elles et
avec les autres composants du plasma pour
fabriquer le « caillot » qui obture les plaies
et arrête le saignement.
3. LES SIGNES D’UNE HÉMORRAGIE EXTERNE
L’hémorragie externe est un épanchement de sang
abondant et visible, qui s’écoule en dehors des
vaisseaux au travers d’une plaie. Cet écoulement
imbibe de sang un mouchoir de toile ou de papier en
quelques secondes et ne s’arrête pas spontanément.
Le secouriste reconnaît facilement une hémorragie
externe parce qu’il voit le sang s’échapper à
l’extérieur (fig. 6.4).
Figure 6.4
Figure 6.2
Figure 6.3
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les hémorragies externes CI - 6 - 3 Janvier 2007
Il faut la différencier d’un saignement minime, peu abondant, dû à une écorchure, une éraflure
ou une abrasion cutanée, qui s’arrête spontanément (cf. partie sur les accidents de la peau).
L’écoulement de sang peut se faire aussi au travers d’un orifice naturel, comme le nez
(saignement de nez) ou la bouche au cours d’un vomissement ou de crachement. On parle
alors d’hémorragie extériorisée.
4. LES CONSÉQUENCES SUR L’ORGANISME D’UN SAIGNEMENT ABONDANT
La perte abondante ou prolongée de sang conduit à une détresse circulatoire qui menace
immédiatement ou à très court terme la vie d’une victime, car ses organes vitaux (cerveau,
coeur, poumon) sont privés d’oxygène.
Sous l’effet de l’hémorragie, la quantité de sang de l’organisme diminue.
Dans un premier temps, le coeur augmente la fréquence de ses contractions pour compenser
cette perte et maintenir un débit et une pression suffisante dans les vaisseaux pour assurer la
distribution de sang à l’organisme.
Dans un deuxième temps, si le saignement n’est pas arrêté, la pression s’effondre, le débit
diminue, la pompe se désamorce et le coeur s’arrête.
A quantité égale, un saignement est plus grave chez l’enfant que chez l’adulte.
Toute hémorragie nécessite une action de secours immédiate, rapide et efficace.
5. ACTION DU SECOURISTE CHEZ UNE VICTIME QUI PRÉSENTE UNE HÉMORRAGIE
Le secouriste doit tout mettre en oeuvre pour arrêter immédiatement l’hémorragie, limiter la
perte de sang et éviter l’installation d’une détresse qui entraînera à court terme la mort de la
victime.
Plusieurs techniques de secours permettent au secouriste d’arrêter le saignement et de limiter
ses conséquences. Les principales sont :
- • La compression directe ;
- • Le garrot.
6. SÉCURITE INDIVIDUELLE ET COLLECTIVE ADAPTÉE
Lors d’une hémorragie, le secouriste doit s’assurer d’une protection contre les accidents
d’exposition au sang. Des maladies peuvent être transmises par le sang en cas de plaie même
minime des mains du secouriste.
Dans ce cas, il convient de :
- • Se protéger par le port de gants à usage unique ou, en leur absence, en interposant un
morceau de plastique, au mieux en glissant sa main dans un sac imperméable ;
- • Utiliser une technique d’arrêt du saignement qui n’expose pas au sang directement ;
- • Toujours se laver les mains et les désinfecter (eau de javel, dakin…) et retirer les
vêtements souillés de sang le plus tôt possible après que l’action de secours soit
terminée ;
- • Eviter de porter les mains à la bouche, au nez ou aux yeux, ou de manger avant de
s’être lavé et désinfecté les mains.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 6 - 4 Les hémorragies externes
A la suite d’un contact avec le sang d’une victime, le secouriste doit prévenir son responsable et
consulter un service d’urgence.
7. CONDUITE À TENIR FACE A UNE VICTIME QUI PRÉSENTE UNE HÉMORRAGIE
7.1 Devant une hémorragie externe
1- Constater l’hémorragie :
- • Une hémorragie est le plus souvent évidente ;
- • Une hémorragie doit aussi être recherchée sur un blessé car elle peut être
temporairement masquée par la position de la victime ou un vêtement particulier
(manteau, blouson…).
2- Arrêter l’hémorragie immédiatement :
- • Se protéger les mains par des gants à usage unique ;
- • En interposant si possible un pansement individuel,
comprimer directement l’endroit qui saigne, avec les
doigts ou la paume de la main (fig. 6.5), après avoir
écarté les vêtements si nécessaire, quel que soit le
lieu de la plaie, et jusqu’à l’arrivée des secours (voir
technique 6.1) ;
- • Pour libérer
manuelle est efficace, un pansement compressif sera
mis en place (cf. technique 6.1) ;
- • Si le pansement compressif n’arrête pas totalement
l’hémorragie, il sera complété par la pose d’un
deuxième pansement compressif au-dessus du
premier pour augmenter la compression (voir
technique 6.1) ;
- • En cas d’échec, reprendre la compression manuelle ;
- • Poser un garrot en dernière limite si la compression
directe est impossible (situation à multiples
victimes…) ou inefficace (voir technique 6.2).
3- Allonger la victime :
La position horizontale facilite la circulation notamment au niveau du cerveau, la réalisation des
gestes de secours et retarde les conséquences de l’hémorragie sur les fonctions vitales.
4- Donner l’alerte ou faire donner l’alerte.
5- Compléter l’examen de la victime (cf. partie sur les détresses vitales) et réaliser si
nécessaire des gestes de secours complémentaires.
6- Administrer de l’oxygène :
- • Sur avis médical ou si la victime présente des signes de détresses circulatoires (cf.
partie sur les détresses vitales), réaliser une inhalation d’oxygène (techniques 5.3 et
5.4).
Figure 6.5 : Compression directe
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les hémorragies externes CI - 6 - 5 Janvier 2007
7- Vérifier la persistance de l’arrêt de l’hémorragie et parler régulièrement à la victime en
attendant les secours.
- • Protéger la victime contre le froid et/ou les intempéries.
- • Ne pas donner à boire.
- • Pendant toute la réalisation de cette conduite à tenir, le secouriste expliquera à la
victime ce qui se passe pour la réconforter et rechercher sa coopération.
7.2 Devant une plaie qui saigne avec corps étranger
- • Laisser le corps étranger dans la plaie, car il diminue le saignement et son retrait
pourrait aggraver la lésion.
- • Si le saignement d’une plaie avec corps étranger est important, réaliser la pose d’un
garrot.
7.3 Devant une section de membre
Il peut arriver qu’un membre ou une autre partie du corps (nez, oreille…) soit sectionné ou
arraché. De nos jours, il est possible de « réimplanter » un membre amputé à l’aide de
technique de microchirurgie. Il est donc essentiel :
- • D’arrêter le saignement et de lutter contre la détresse circulatoire (cf. partie sur les
détresses vitales) ;
- • De retrouver et de préserver le membre sectionné.
Les techniques d’arrêt des hémorragies à utiliser sont les mêmes que celles décrites ci-dessus
(cf. conduite à tenir devant une hémorragie externe), les soins à apporter au membre sectionné
sont les suivants :
- • Envelopper le membre sectionné dans un linge
stérile ;
- • Placer le tout, dans un sachet plastique ;
- • Placer ce sachet dans un autre sac (autre sac plastique) rempli de glace (si possible)
ou d’un sac réfrigérant (fig. 6.6). Le froid aide à préserver le membre amputé ;
- • Ecrire sur le sac le nom de la victime et l’heure de survenue de l’amputation ;
- • Remettre le tout, aux secours qui assureront le transport de la victime vers l’hôpital.
Il existe des lots tout prêts permettant la prise
en charge d’une amputation de membre (cf. Par
exemple, formation des équipiers secouristes).
En aucun cas, le membre amputé ne doit entrer
directement en contact avec de la glace.
Figure 6.6
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 6 - 6 Les hémorragies externes
7.4 Devant une perte de dent suite à un traumatisme
- • Conserver la dent dans du sérum physiologique ou à défaut du lait UHT ou la salive de
la victime.
7.5 Devant une hémorragie extériorisée
7.5.1 La victime présente un saignement du nez
a) Le saignement est spontané ou provoqué par un choc
minime sur le nez. Le secouriste doit :
- • Laisser la victime assise, tête penchée en avant.
Ne pas l’allonger pour éviter qu’elle n’avale son
sang ;
- • Lui demander de comprimer avec son doigt la
narine qui saigne, pendant 10 minutes (fig. 6.7),
de respirer par la bouche et de ne pas parler ;
- • Si le saignement de nez ne s’arrête pas ou se
reproduit, demander un avis médical.
b) Un saignement de nez survenant après une chute ou un coup peut être le signe d’une
atteinte grave du crâne. Le secouriste doit :
- • Réaliser les gestes qui s’imposent ;
- • Alerter les secours médicalisés ;
- • Surveiller attentivement la conscience de la victime.
7.5.2 La victime présente un saignement du conduit de l’oreille
Après un traumatisme crânien, un écoulement de sang (et/ou d’un liquide clair), même très peu
abondant, peut être le signe d’une fracture du crâne (cf. partie sur les accidents traumatiques
du squelette).
7.5.3 La victime vomit ou crache du sang
On voit le sang sortir par la bouche de la victime (vomissements ou crachements). Le
secouriste doit :
- • Alerter immédiatement un médecin ou le SAMU – Centre 15 : une hémorragie de ce
type est toujours un signe grave, nécessitant un traitement d’urgence.
- • Installer la victime en position assise ou demi assise, si elle ne supporte pas la position
allongée.
- • Sur avis médical, ou si la victime présente des signes de détresse circulatoire, réaliser
une administration d’oxygène (techniques 5.4 et 5.5).
- • Conserver les vomissements ou les crachats, si possible, dans un récipient, pour être
montrés au médecin.
- • Parler régulièrement à la victime :
- Si elle parle, elle est consciente, continuer de lui parler ;
- Si elle ne répond plus, elle est inconsciente : Pratiquer les gestes qui
s’imposent (cf. partie 7) et signaler l’aggravation en rappelant les secours
médicalisés.
Figure 6.7
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les hémorragies externes CI - 6 - 7 Janvier 2007
7.5.4 Hémorragie vaginale chez une femme enceinte
Devant toute perte chez une femme enceinte, le secouriste doit :
- • Demander la couleur de l’écoulement (rouge, marron, liquide clair ou trouble) ;
- • Obtenir un avis médical immédiat.
7.5.5 Autres hémorragies extériorisées
Il s’agit de toute perte de sang inhabituelle par les autres orifices naturels :
- • Urinaire (émission de sang ou d’urine teintée de sang) ;
- • Anale : sang dans les selles ou rupture d’hémorroïdes (veines anales) ;
- • Vaginale : règles anormalement abondantes ou saignement inattendu.
Ce saignement peut être le premier signe d’une maladie qu’il importe de traiter sans retard. Le
secouriste doit :
- • Allonger et couvrir la victime ;
- • Alerter un médecin ;
- • Sur avis médical, ou si la victime présente des signes de détresse circulatoire (cf.
partie sur les détresses vitales), réaliser une administration d’oxygène (techniques 5.3
et 5.4) ;
- • Surveiller la victime sans lui donner à boire ;
- • Dans le cas d’un saignement anal ou vaginal (hémorroïdes ou hémorragie vaginale), le
secouriste proposera à la victime qu’elle se place entre les fesses ou les cuisses des
serviettes ou des pansements absorbants.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 6 - 8 Les hémorragies externes
8. SCHÉMA GÉNÉRAL DE L’ACTION DE SECOURS
La victime saigne
abondamment
(l’hémorragie)
Compression
directe locale
Pansement
compressif
ALLONGER la victime, surélever le membre qui saigne
ALERTER ou DEMANDER DU RENFORT
Administrer de l’OXYGÈNE si détresse circulatoire
Rechercher d’autres lésions et surveiller l’arrêt du saignement.
Poser un garrot
Allonger la victime
dés que possible
Arrêter
le saignement
La compression
locale est-elle
possible ?
Non
Oui
Est-elle
efficace ?
Non
Le secouriste
doit se
libérer ?
Oui
Non
Oui
Est-il
efficace ?
Oui
Non
2ème Pansement
compressif
Est-il
efficace ?
Oui
Non
Compression
directe locale
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les hémorragies externes CI - 6 - 9 Janvier 2007
TECHNIQUE 6.1 – LA COMPRESSION DIRECTE
1. Justification
La plupart des hémorragies externes s’arrêtent en appuyant sur la plaie.
La compression directe est une technique facile et rapide. Elle est très efficace et suffit dans la
plupart des cas pour arrêter le saignement.
2. Indications
La compression directe doit être réalisée devant toute hémorragie externe (plaie qui saigne
abondamment) :
- • Avec les doigts ou la main protégée par un gant à usage unique ;
- • A l’aide d’un pansement compressif improvisé ou non.
3. Matériel
Le matériel suivant contribue à réaliser une compression directe (fig. 6.9) :
- • Une paire de gants à usage unique ;
- • Un pansement compressif.
Il est extrêmement souhaitable de disposer d’un pansement individuel, pour effectuer cette
compression.
A défaut, le pansement compressif peut être préparé avec :
- • Un ou plusieurs tampons stériles maintenus par un bandage (fig. 6.9 a) ;
- • Un coussin hémostatique : pansement individuel comprenant un tampon de mousse,
une compresse stérile et une bande élastique (fig. 6.9 b) ;
- • Un pansement individuel, qui contient dans le même emballage tout le matériel
nécessaire à la réalisation d’un pansement compressif (fig. 6.9 c) ;
- • Un tampon de tissu ou de papier (mouchoir plié, par exemple) maintenu en place par
un lien large (fig. 6.9 d).
a b
c d
Figure 6.9
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 6 - 10 Les hémorragies externes
4. Réalisation
4.1 Compression directe à l’aide de la main et des doigts
1. Appuyer directement sur l’endroit qui saigne avec les
doigts ou la paume de la main protégés par un gant à
usage unique (fig. 6.10).
2. Il est possible d’interposer entre la main et la plaie une
ou plusieurs compresses stériles ou à défaut un carré de
tissu (mouchoir propre plié) ou de papier (paquet de
mouchoirs jetables non-tissés).
4.2 Pansement compressif
Pour se libérer et s’il en dispose, le secouriste remplacera la compression manuelle par un
pansement compressif (fig. 6.11).
La mise en place de ce pansement compressif doit observer les principes suivants :
- • Les compresses et le tampon mis à la place
doivent être, si possible, stériles et recouvrir
complètement la plaie qui saigne ;
- • La substitution de la compression manuelle par le
pansement compressif doit être la plus rapide possible ;
- • Le lien large (bande élastique ou non) doit recouvrir
complètement le pansement en entourant le segment de
membre ;
- • Le lien doit être suffisamment serré pour garder une
pression suffisante sur l’endroit qui saigne et éviter que le
saignement ne reprenne.
Certaines localisations ne permettent pas de fixer facilement le
tampon avec un lien large (cou, thorax, abdomen). Dans ce cas, la
compression manuelle doit être maintenue.
Dans tous les cas, la compression de la plaie qui saigne doit être
maintenue jusqu’à l’arrivée des secours, si nécessaire en
recherchant la coopération d’une autre personne ou de la victime.
5. Risques
Si la victime présente une fracture ouverte, avec un morceau d’os
visible ou si la plaie qui saigne contient un corps étranger visible,
la compression directe doit être réalisée immédiatement audessus
et au-dessous de l’objet mais jamais sur l’objet au risque
d’aggraver la lésion et/ou blesser le secouriste.
La compression doit être suffisante pour arrêter l’hémorragie et ne doit pas gêner la circulation
sanguine en dessous du siège de l’hémorragie. L’extrémité ne doit être ni froide ni engourdie, ni
violacée (couleur du lit de l’ongle) et on doit pouvoir glisser un doigt sous le pansement.
Si le saignement ne s’arrête pas, il ne faut pas enlever le pansement mais réaliser un autre
pansement sur le premier afin d’augmenter la compression. Si ce n’est pas efficace, reprendre
la compression manuelle.
Figure 6.10
Figures 6.11
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les hémorragies externes CI - 6 - 11 Janvier 2007
6. Evaluation
L’efficacité de la compression directe se juge sur l’arrêt du saignement.
7. Points clés
- • Le pansement compressif doit recouvrir la totalité de la plaie.
- • La compression doit être suffisante et on doit pouvoir glisser un doigt en dessous.
- • La compression doit être permanente.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 6 - 12 Les hémorragies externes
TECHNIQUE 6.2 – LA COMPRESSION A DISTANCE : LE GARROT
1. Justification
En exerçant une compression circulaire autour du membre concerné, le garrot interrompt
totalement la circulation du sang en aval.
2. Indications
Le garrot est posé au bras ou à la cuisse, si la compression locale est inefficace ou impossible
à réaliser du fait du type de lésion, du nombre élevé de victimes, de la position de la victime
et/ou lorsque l’accès au blessé est difficile.
3. Matériel
Le garrot utilisé pour arrêter une hémorragie est un lien non élastique. Il existe deux types de
garrots utilisables par le secouriste (fig. 6.12) :
- • Un lien de toile forte de 3 à 5 cm de large et de
1,50 m de longueur. Ce lien peut être
éventuellement improvisé avec une cravate, une
écharpe, un foulard si le secouriste se trouve sans
matériel.
- • Un garrot de toile tressée type « service de santé
des armées » large de 2,5 cm et long de 75 cm et
muni d’une boucle métallique facilitant le serrage
et le maintien.
4. Réalisation
Le garrot est mis en place :
- • Au membre inférieur, sur la cuisse, entre la plaie et l’aine ;
- • Au membre supérieur, sur le bras, entre la plaie et l’aisselle.
4.1 Avec un lien de toile sans boucle métallique
1. Glisser le lien large, plié en deux, sous le genou ou le bras de la victime. La boucle
vers l’intérieur (fig. 6.13 a).
2. Remonter le garrot à la racine de la cuisse (fig. 6.13 b).
a b
Figure 6.13
Figures 6.12
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Les hémorragies externes CI - 6 - 13 Janvier 2007
3. Passer un chef du lien large dans la boucle et tirer sur les deux chefs pour serrer le
garrot (fig. 6.13.c).
4. Maintenir la traction et terminer en nouant les deux chefs (fig. 6.13 d). On vérifie que le
saignement est bien arrêté.
c d
Figure 6.13
4.2 Avec un garrot avec boucle métallique
1. Glisser le garrot sous la cuisse ou le bras de la victime. La boucle métallique vers
l’intérieur, la partie métallique repose sur le sol (fig. 6.14 a).
2. Remonter le garrot à la racine de la cuisse ou du bras et engager l’extrémité libre de la
sangle dans la boucle métallique, en appuyant le levier de la griffe pour l’ouvrir (fig.
6.14 b).
3. La sangle passée, relâcher la griffe et tirer fort sur le chef pour serrer le garrot (fig.
6.14 c).
4. La griffe de la boucle métallique permet de maintenir le garrot serré. La compression
peut être alors relâchée. On vérifie que le saignement ne reprend pas (fig. 6.14 d).
a b
c d
Chefs
Figure 6.14
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 6 - 14 Les hémorragies externes
Le garrot doit rester toujours visible : ne pas le recouvrir.
L’heure de pose du garrot sera notée de manière visible.
Une fois le garrot posé, il ne doit être desserré que sur ordre d’un médecin.
5. Risques
Le garrot supprime totalement la circulation du sang dans le membre concerné. Il doit être posé
en respectant scrupuleusement les indications ci-dessus.
Dans certains cas, le garrot ne peut être installé. En cas de plaie du cou, ou lorsque la plaie ou
la section de membre siège trop près de sa racine, le maintien d’une compression locale reste
la seule solution.
6. Evaluation
Correctement réalisé, le garrot entraîne un arrêt du saignement.
7. Points clés
Un garrot est correctement posé si :
- • Il est posé à la racine du membre.
- • Il est suffisamment serré (impossible de glisser un doigt dessous).
- • La compression qu’il exerce est permanente.