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Janvier 2007 CI - 3 - 2 La sécurité
3. MESURES DE PROTECTION POUR ÉVITER LA TRANSMISSION DES INFECTIONS
Le secouriste est amené à prendre en charge des personnes qui sont atteintes d’infections. Ces
infections peuvent se transmettre au secouriste et, par son intermédiaire, à son entourage
(coéquipier, famille…) ou à d’autres victimes. Pour limiter ce risque, il est indispensable que le
secouriste utilise des mesures adaptées de protection, qui sont destinées à :
- • Eviter le contact de l’organisme avec les germes dangereux, on parle alors de
protection contre la contamination ;
- • Préparer l’organisme à lutter contre les germes dangereux, on parle alors de
vaccination.
3.1 La protection contre la contamination
Afin de comprendre comment les mesures de protection peuvent diminuer les risques de
contamination du secouriste, il est nécessaire de connaître les modes de pénétration d’un
germe dans l’organisme pour l’envahir. C’est ce que l’on appelle le mécanisme de transmission.
La transmission d’un germe peut se faire d’une personne à une autre :
- • Par voie de contact (contact avec la peau de la victime, avec le sang, avec du matériel
souillé, mains sales…) ;
- • Par voie de gouttelettes ou aérienne (les postillons, gouttes de salive lors de la toux…).
L’objectif des techniques de protection utilisables par le secouriste est d’interrompre ce
mécanisme de transmission et de diminuer les risques que le secouriste a d’entrer en contact
avec les germes dangereux.
Pour être efficace, il est indispensable que ces techniques soient utilisées par le secouriste,
chaque fois qu’il prend en charge une victime. En effet, il est impossible de dire si une
personne, même apparemment saine, est porteuse ou non d’une maladie infectieuse.
Les mesures de protection de base sont les suivantes :
1 - La propreté des mains du secouriste :
Le lavage des mains est un moyen simple et efficace pour
diminuer la contamination. Le secouriste doit se laver les mains
avec de l’eau et du savon systématiquement, le plus tôt
possible après contact avec une victime, même s’il a porté des
gants de protection à usage unique. (fig 3.1 - technique 3.1)
En l’absence d’eau courante, le secouriste utilisera une solution
antiseptique ou un gel hydro-alcoolique d’efficacité identique
(technique 3.2).
Cette désinfection des mains ne doit pas dispenser le lavage à l’eau et au savon le plus tôt
possible après la prise en charge de la victime.
2 - La protection des mains par des gants à usage unique :
La protection des mains du secouriste par des gants à usage unique est indispensable lorsqu’il
existe le moindre risque d’exposition au sang ou à un autre liquide biologique comme la salive,
l’urine ou les selles. Les gants à usage unique en PVC, nitrile, sans latex fournissent une
protection tout à fait efficace.
Figure 3.1
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
La sécurité CI - 3 - 3 Janvier 2007
Attention, si les gants à usage unique permettent d’assurer des soins à une victime, ils ne sont
pas suffisamment solides pour être utilisés pour le nettoyage des véhicules et ne mettent pas le
secouriste à l’abri, en cas d’une déchirure par un éclat de verre ou de métal.
Les gants souillés doivent être changés dès que possible, en
particulier si le secouriste doit s’occuper d’une seconde
victime. Le retrait des gants nécessite des précautions
particulières pour éviter de se contaminer avec les germes,
dont les gants sont sensés nous protéger (fig.3.2 - technique
3.3). Une fois les gants retirés, ils doivent être considérés
comme du matériel contaminé et traités comme tel.
L’absence de gants ne doit en aucun cas retarder l’exécution
d’un geste vital, comme par exemple, l’arrêt d’une
hémorragie externe. A ce titre, il est souvent possible
d’utiliser un autre moyen de protection pour protéger sa main
(sac plastique…).
3 - La protection contre les projections :
A l’occasion de la prise en charge d’une victime, le secouriste peut être exposé aux projections
de liquides biologiques.
Les liquides biologiques sont : le sang, les urines, les selles, les vomissures, le liquide
amniotique, la sueur, le liquide céphalo-rachidien... tous les liquides produits par le corps
humain.
La protection contre ces projections est assurée en utilisant :
- • Un masque médical qui est porté par la victime, protège le secouriste contre les
projections (salive, éternuement…) (fig. 3.3) ;
- • Un masque imperméable avec protection oculaire qui permet de protéger la bouche et
les yeux du secouriste, des projections liquides (salive, sang et sécrétions) (fig. 3.4) ;
- • Un masque de protection respiratoire avec lunettes de protection oculaire, pour
protéger le secouriste d’une contamination aérienne et des projections (fig. 3.5) ;
- • Une charlotte et une sur-blouse pour protéger le secouriste des projections dans les
cheveux ou sur les vêtements (fig. 3.6).
Protection anti-projection Protection anti-projection
portée par la victime respiratoire et oculaire
Le choix du moyen de protection peut être envisagé :
- • Sur ordre d’un médecin, d’un responsable d’intervention ;
- • Pour réaliser une aspiration (protection contre les projections liquides) ;
Figure 3.2Figure 3.3 Figure 3.4
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 3 - 4 La sécurité
- • Pour se protéger de projection de sang ou de liquides biologiques (protection
imperméable) lors de la prise en charge, par exemple, d’un traumatisé grave ou d’un
accouchement inopiné ;
- • Pour se protéger de particules infectieuses (masques de protection respiratoire) lors de
la prise en charge d’une victime porteuse d’une maladie infectieuse particulière,
notamment respiratoire, ou lors de toux suspecte ou abondante.
Protection respiratoire Protection des cheveux
(Norme EN 149 – FFP2 ou 3) et
et protection oculaire des vêtements
Attention, les masques de protection respiratoire cités ci-dessus, n’assurent aucune protection
contre les agents chimiques.
4 - La protection contre les objets contaminés par du sang ou d’autres liquides
biologiques :
Pour recueillir des déchets d’activité de soins et à risque infectieux,
il existe deux types de contenants. En présence d’objets perforants
(piquants ou tranchants), tels que les aiguilles ou les lames de
bistouris, le secouriste doit veiller absolument à ne pas se blesser
(piqûres ou coupures) surtout si l’aiguille ou la lame sont souillées.
Le secouriste ne doit en aucun cas essayer de remettre ces objets
dans leur emballage de protection d’origine. Des conteneurs
spéciaux sont prévus pour recueillir ces objets piquants ou
tranchants contaminés (fig. 3.7 a).
Les déchets non piquants contaminés (compresses,
gants…) sont mis dans un autre conteneur appelé sac
de déchets d’activités de soins (fig. 3.7 b).
Les déchets souillés sont recueillis et détruits par des
organismes spécialisés.
En cas d’accident (piqûre, coupure avec un objet souillé
ou projection dans l’oeil), le secouriste doit désinfecter la
plaie et immédiatement prévenir son responsable
(équipier secouriste, chef d’équipe ou autre), pour mettre
en oeuvre une procédure particulière de prise en charge
des accidents d’exposition au sang.
Figure 3.5 Figure 3.6
Figure 3.7igure 3.7.a
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
La sécurité CI - 3 - 5 Janvier 2007
5 - La protection du secouriste lors des manoeuvres de réanimation :
Même si le risque de transmission par la salive est très faible, le secouriste évitera d’utiliser une
méthode orale directe de ventilation artificielle (bouche-à-bouche, bouche-à-nez…) s’il dispose
d’un moyen de ventilation (insufflateur manuel, masque de poche ou écran facial).
3.2 La vaccination
Si le secouriste est contaminé par un agent infectieux, il ne développera pas obligatoirement la
maladie, notamment si son organisme est immunisé ou résistant à cet agent. Un des moyens
d’acquérir cette résistance est la vaccination.
La vaccination consiste à injecter dans l’organisme tout ou partie de l’agent infectieux tué ou
atténué et permettre ainsi à son propre système immunitaire de développer une résistance
spécifique. Comme cette résistance peut s’atténuer avec le temps, il est nécessaire, pour
certains vaccins, de renouveler la vaccination à intervalle régulier, c’est le « rappel ».
Un certain nombre de vaccinations est recommandé pour le secouriste. Elles figurent dans la
fiche emploi du « Secouriste ». Néanmoins, le service médical de l’autorité d’emploi du
secouriste, peut recommander et/ou effectuer d’autres vaccinations qu’il juge nécessaires.
Il n’existe pas de vaccination pour chaque germe existant, c’est pourquoi les méthodes de
protection décrites ci-dessus sont indispensables.
4. LA SÉCURITÉ PERSONNELLE, DE LA VICTIME ET DES TÉMOINS ÉVENTUELS, SUR
INTERVENTION
Quand le secouriste arrive sur les lieux de l’intervention, il doit rechercher les risques ou les
dangers qui peuvent menacer sa vie, celle de la victime et des témoins, avant même de
s’approcher de la ou des victime(s).
Ces risques peuvent être :
- • Ceux qui ont généré l’accident et qui peuvent persister ;
- • Générés par l’accident lui-même ;
- • Secondaires à une aggravation de la situation.
4.1 Règles générales
4.1.1 Reconnaître les dangers
Pour ce faire, le secouriste doit :
- • Effectuer une approche prudente de la zone de l’accident.
- • Se renseigner éventuellement auprès des témoins.
- • En restant à distance de la victime, regarder tout autour d’elle pour :
- Evaluer la présence de dangers qui peuvent le menacer ainsi que la victime ;
- Repérer les personnes qui pourraient être exposées aux dangers identifiés et le
nombre de victimes.
4.1.2 Protéger
Pour ce faire, le secouriste doit :
- • Quand cela est possible, supprimer immédiatement et de façon permanente les
dangers environnants pour se protéger, la victime et les autres personnes, notamment
du suraccident.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 3 - 6 La sécurité
- • Délimiter clairement, largement et visiblement la zone de danger et empêcher toute
intrusion dans cette zone.
Pour réaliser la protection, il utilise tous les moyens matériels dont il peut disposer et s’assure si
besoin du concours de toute autre personne qui pourrait apporter une aide dans la mise en
oeuvre de cette protection.
4.2 Cas particuliers
4.2.1 Protection d’un accident de la route
1) Si le secouriste est en voiture (ex : secouriste témoin de l’accident), il doit :
- • Allumer les feux de détresse de son véhicule dès qu’il découvre l’accident et ralentit.
- • Garer son véhicule, si possible après le lieu de l’accident, sur la bande d’arrêt
d’urgence (si elle existe).
- • Veiller à faire descendre immédiatement tous les occupants de son véhicule et les
mettre en sécurité sur le bas-côté, derrière les glissières de sécurité (si elles existent).
2) Dans tous les cas, pour éviter un suraccident, le secouriste doit :
- • Avec l’aide de témoins éventuels, baliser ou faire baliser de part et d’autre de
l’accident, à une distance de 150 à 200 m, à l’aide d’un triangle de pré-signalisation ou
d’une lampe électrique, d’un linge blanc, de feux de détresse du véhicule.
- • Interdire toute approche si un danger persiste (ex. : fuite de matières dangereuses).
- • Ne pas fumer et ne pas laisser fumer dans tous les cas.
- • En présence d’un feu naissant dans un compartiment moteur, utiliser un extincteur.
- • Couper le contact des véhicules accidentés quand c’est possible.
- • Serrer le frein à main.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
La sécurité CI - 3 - 7 Janvier 2007
4.2.2 Protection d’un accident électrique
Le danger électrique peut être présent dans de nombreuses circonstances, aussi bien à
domicile (ex. : courant domestique) que sur un site industriel (ex. : courant haute tension) ou
dans la nature (lignes électriques, foudre). Pour faire face à ce risque, le secouriste doit :
- • S’assurer que la victime n’est pas en contact direct ou indirect (eau) avec un
conducteur endommagé (fil électrique, appareils ménagers sous tension…) ou un
câble électrique de haute tension au sol.
- • Si c’est le cas, faire écarter immédiatement les personnes présentes et leur interdire de
toucher la victime.
- • Si possible, couper le courant (disjoncteur) et débrancher l’appareil en cause ou faire
couper le courant par une personne qualifiée, avant de toucher la victime.
- • Ne pas s’approcher ou toucher la victime avant d’être certain que l’alimentation est
coupée.
NB : Les matériaux, tel que le bois humide ou les vêtements, ne procurent aucune protection
contre le courant électrique.
4.2.3 Protection contre l’incendie
Tout incendie crée une atmosphère dangereuse du fait de la chaleur, du manque d’oxygène et
de la présence de fumées toxiques. Il peut être générateur de brûlures et d’intoxications graves.
Pour être allumé et être entretenu, un feu a besoin :
- • D’un combustible (essence, bois, tissus…) ;
- • D’une source de chaleur (étincelle, flamme) ;
- • D’oxygène (air).
Pour faire face à ce risque, le secouriste doit :
1) Eviter un départ de feu et limiter son extension, c’est :
- • Alerter immédiatement les sapeurs-pompiers et/ou actionner une alarme ;
- • Aider à évacuer toutes les personnes exposées, par exemple en utilisant les issues de
secours (faciliter l’évacuation des animaux si possible) ;
- • Fermer chaque porte derrière lui au cours de son déplacement ;
- • Ne pas utiliser les ascenseurs ou monte-charges ;
- • Ne pas s’engager dans un escalier enfumé.
2) Se protéger lors de l’évacuation et d’un l’incendie, c’est :
- • Utiliser ses vêtements pour se couvrir le visage et les mains ;
- • Ne pas pénétrer dans un local en feu (sauf si le secouriste est qualifié et équipé).
- • Si le local est enfumé et non ventilé : pénétrer pour dégager une victime visible en
retenant sa respiration, uniquement si la durée envisagée de la manoeuvre n’excède
pas 30 secondes. Au-delà de 30 secondes, le secouriste met sa vie en péril car il sera
obligé de reprendre sa respiration dans la fumée.
- • Ne pas pénétrer dans un local où une fuite de gaz est suspectée, rester à distance,
empêcher l’accès et ne pas provoquer d’étincelles (interrupteurs, sonnerie, lampe de
poche).
3) Réagir devant une victime dont les vêtements sont en feu, c’est :
- • Immobiliser la victime qui panique ou qui s’agite ;
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 3 - 8 La sécurité
- • Allonger la victime sur le sol ;
- • Etouffer les flammes en la roulant au sol avec une couverture, un manteau, ou un
tapis que l’on retirera dès que les flammes sont éteintes.
NB : En milieu professionnel, Le secouriste pourra utiliser un extincteur approprié (de couleur
verte).
4.2.4 Protection contre les substances dangereuses
Le secouriste peut se trouver en présence d’une libération de substances dangereuses ou
devant une fuite de produit toxique. Cette fuite est le plus souvent rencontrée :
- • A la suite d’un accident de la circulation touchant un véhicule qui transporte des
matières dangereuses ;
- • A la suite d’un accident industriel.
La présence d’une odeur particulière ou de fumées est signe de cette émanation. Pour faire
face à ce risque, le secouriste doit :
- • Rester à distance de la fuite ou de la matière dangereuse ;
- • Ecarter les témoins de la scène ;
- • Interdire de fumer ;
- • Rester en amont de l’accident par rapport au vent pour se protéger des émanations
qui peuvent agir à distance de l’accident ;
- • Alerter immédiatement les sapeurs-pompiers et leur indiquer éventuellement si le
véhicule en cause est porteur d’un panneau de danger signalant des toxiques.
Cas particulier : libération de monoxyde de carbone (CO)
Dans un endroit fermé, où plusieurs personnes présentent des signes communs de malaises
avec des maux de tête et des vomissements, le secouriste doit suspecter une intoxication par
libération de CO. Pour faire face à ce risque, le secouriste doit :
- • Si possible évacuer les victimes valides ;
- • En retenant sa respiration, aérer largement la ou les pièces ;
- • Rechercher un appareil à gaz ou tout autre cause de dégagement de CO (brasero,
appareil à moteur à essence, gaz d’échappement de voiture en milieu clos…) ;
- • Interrompre le fonctionnement de l’appareil ;
- • Alerter immédiatement les sapeurs-pompiers qui ont, notamment, des détecteurs de
ce gaz.
4.2.5 Protection contre les objets perforants
Il est fréquent de rencontrer des objets perforants (tranchants ou piquants) sur une
intervention : débris de verre, métal tranchant, aiguille non protégée…
Le secouriste doit veiller à ne pas se blesser ou à ne pas blesser accidentellement la victime ou
les témoins.
Les gants à usage unique protègent le secouriste d’une contamination par du sang mais
nullement du risque de plaie par un objet perforant. Il doit déposer les objets tranchants ou
piquants dans les boites de recueil des déchets d’activité de soins.
Devant des débris de verre ou autres objets perforants, le secouriste doit mettre des gants
épais de manutention.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
La sécurité CI - 3 - 9 Janvier 2007
4.2.6 Les opérations particulières de sauvetage
Certaines situations nécessitent des opérations de sauvetage particulières : sauvetage en
milieu aquatique, en montagne, en espace confiné, lors d’attentat terroriste, accident entraînant
de nombreuses victimes.
S’il est seul, le secouriste commencera par donner une alerte précise pour permettre un
engagement des secours adaptés, avant de s’engager dans la mesure de ses moyens.
Le secouriste ne doit en aucun cas s’exposer sans encadrement, sans équipement de
protection individuelle et sans formation spécifique.
5. DÉGAGEMENT D’URGENCE DE LA VICTIME EN TOUTE SÉCURITÉ
En règle générale, le secouriste ne déplace pas une victime en l’absence des secours. Il réalise
les gestes d’urgence sur place. Cependant, devant l’impossibilité de supprimer un danger vital,
réel qui menace immédiatement une victime, et si la victime est incapable de se soustraire ellemême
à ce danger, le secouriste doit déplacer en urgence la victime pour assurer sa sécurité.
5.1 Situations qui nécessitent un dégagement d’urgence de la victime
- • Danger d’incendie, d’explosion, d’effondrement d’une structure sur la victime, de
montée des eaux, de coulée de boue ;
- • Victime visible et se trouvant dans une pièce exposée à des fumées ou à une
substance toxique ;
- • Impossibilité d’assurer la protection d’un accident de la circulation ;
- • Dégagement d’un passage pour accéder à une ou plusieurs autres victimes qui
nécessitent la mise en oeuvre de gestes de secours d’urgence ;
- • Nécessité de déplacer une victime pour effectuer le geste d’urgence (espace trop
étroit…).
5.2 Principes d’action
Pour réaliser un dégagement d’urgence, le secouriste doit respecter les principes d’action
suivants :
- • La priorité du secouriste est de se protéger ;
- • La victime doit être visible, facile à atteindre, et aucune entrave ne doit l’immobiliser ou
gêner son dégagement ;
- • Le secouriste doit anticiper ce qu’il va faire et privilégier le chemin le plus sûr et le plus
rapide, à l’aller comme au retour ;
- • Le choix de la technique de dégagement doit tenir compte de la position de la victime,
de son poids et de la force physique du secouriste. Le poids excessif de la victime
peut nécessiter à titre exceptionnel un deuxième secouriste ;
- • Si la victime est allongée sur le sol, le secouriste préférera les techniques de
dégagement qui consistent à traîner la victime au sol plutôt que de la lever ;
- • Si possible, tirer la victime dans l’axe de son tronc pour éviter d’aggraver une lésion
éventuelle de sa colonne vertébrale ;
- • Utiliser des prises solides pour tirer la victime : poignets, chevilles, vêtements ;
- • La victime doit être dégagée vers un endroit sûr, à proximité, mais suffisamment
éloigné du danger et de ses conséquences.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 3 - 10 La sécurité
La rapidité de mise en oeuvre du dégagement reste prioritaire.
Le dégagement d’urgence est une manoeuvre exceptionnelle qui ne doit être utilisée que pour
soustraire une victime à un danger vital, réel, immédiat et non contrôlable. Elle peut aggraver
l’état d’une victime atteinte d’un traumatisme.
6. PROTECTION DE LA POPULATION EN CAS DE SIGNAL D’ALERTE
Le code d'alerte national contient les mesures destinées à alerter et informer en toutes
circonstances la population d'une menace ou agression, d'un accident, d'un sinistre ou d'une
catastrophe. Ces mesures sont mises en oeuvre par les détenteurs de tout moyen de
communication au public.
6.1 Le signal national d’alerte
Le signal national d’alerte est émis par des sirènes. Il consiste en trois cycles successifs d’une
durée de 1 minute et 41 secondes chacune et séparés par un intervalle de cinq secondes, d’un
son modulé (montant et descendant).
Ce signal national d’alerte a volontairement ces caractéristiques pour qu’il ne soit pas confondu
avec les signaux d’appel, en particulier des sapeurs-pompiers, beaucoup plus brefs. Il annonce
un danger imminent (nuage toxique, tornade...).
Figure 3.8 : Signal national d’alerte.
Il faut immédiatement :
- • Se mettre à l’abri en se rendant dans un local calfeutré : portes et fenêtres fermées ;
- • Ecouter la radio, réseau France Bleu ou, à défaut, une autre station de Radio France
(France Info, France Inter,…), sur un poste alimenté par des piles, en ayant soin
d’avoir des piles de réserve ou regarder la télévision (France 3) si le courant n’est pas
interrompu. Dans les départements et collectivités d’outre-mer, écouter ou regarder les
programmes du réseau France Outre-Mer (RFO).
- • Ne pas aller chercher ses enfants à l’école.
- • Ne pas fumer, éviter toute flamme ou étincelle et fermer le gaz (de ville, butane ou
propane).
- • Ne pas téléphoner pour ne pas encombrer le réseau qui doit rester libre pour les
services de secours.
- • S’assurer que l’entourage a reçu et exécuté ces consignes (par la suite, des consignes
complémentaires peuvent être données par haut-parleur).
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
La sécurité CI - 3 - 11 Janvier 2007
Lorsque le danger est écarté, le signal national de fin d’alerte consiste à un son continu d’une
durée de 30 secondes :
Figure 3.9 : Signal national de fin d’alerte.
6.2 Alertes particulières
Lorsqu’il existe des risques particuliers (chimique, radioactif...), des systèmes d’alerte adaptés
existent pour prévenir les populations concernées.
Ces systèmes diffusent des signaux national d’alerte, à l’exception des dispositifs propres aux
aménagements hydrauliques qui émettent des signaux spécifique d’alerte (type corne de
brume).
La diffusion préventive des consignes à suivre en cas d’alerte est réalisée directement auprès
de cette population.
Figure 3.10 : Signal propre aux aménagements hydrauliques
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 3 - 12 La sécurité
7. SCHÉMA GÉNÉRAL DE L’ACTION DE SECOURS
La sécurité
Supprimer le
danger pour le
secouriste
Danger
pour le
secouriste ?
OUI
NON
Baliser la zone
Faire alerter
NON
S’approcher
et
parler à la victime…
Danger OUI
contrôlable?
Danger
pour la
victime ?
Danger
contrôlable?
OUI Supprimer le
danger pour la
victime
OUI
Dégagement
d’urgence
possible ?
Réaliser le
dégagement
d’urgence
OUI
NON
Baliser la zone
Faire alerter
NON
Danger
pour les
témoins ?
Danger
contrôlable?
OUI Supprimer le
danger pour les
témoins
OUI
NON
NON
Baliser la zone de danger
Alerter
Surveiller
NON
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
La sécurité CI - 3 - 13 Janvier 2007
TECHNIQUE 3.1 - LE LAVAGE DES MAINS A L’EAU ET AU SAVON
1. Justification
Le lavage simple des mains élimine les souillures, réduit la flore transitoire (bactéries, virus,
champignons…) et diminue le risque de transmission de maladies.
2. Indications
Cette opération doit être réalisée :
- • En début et fin de journée, à la prise et la sortie du service ;
- • Systématiquement entre deux victimes ;
- • Avant ou après un geste de la vie courante (après s’être mouché, avant de manger,
après avoir été aux toilettes…) ;
- • Au retrait des gants ;
- • En présence de poudre sur les mains ;
- • Chaque fois que les mains sont visiblement souillées.
3. Matériel
- • Point d’eau propre.
- • Savon neutre liquide doux présenté en flacon non rechargeable, avec pompe
distributrice individuelle.
- • Poubelle à pédale ou sans couvercle équipée d’un sac jetable.
- • Distributeur d’essuie-mains à usage unique (en papier ou en non tissé).
4. Réalisation
1- Mouiller les mains.
2- Prendre une dose de savon liquide (fig. 3.11 a).
3- Savonner entre 10 à 15 secondes en insistant sur la pulpe des doigts, les espaces
interdigitaux, le pourtour des ongles, les bords externes des mains, mais aussi le dos
des mains, les paumes et les poignets (fig. 3.11 b à g).
4- Rincer abondamment sous l’eau, ne pas toucher au robinet (fig. 3.11 h).
5- Sécher par tamponnement avec des essuie-mains à usage unique (fig. 3.11 i).
6- Utiliser le dernier essuie-mains pour fermer le robinet (fig. 3.11 j).
7- Jeter l’essuie-mains dans une poubelle sans la toucher avec les mains.
5. Evaluation
Les mains doivent être propres et sèches à l’issue de la procédure avant de mettre les gants de
soins à usage unique.
6. Points clés
- • Recommencer la procédure tant qu’il reste des souillures visibles.
- • Utiliser un point d’eau courante et des essuie-mains à usage unique.
- • Les mains doivent être sèches avant de mettre les gants à usage unique.
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g h
i j
Figure 3.11. Lavage des mains
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
La sécurité CI - 3 - 15 Janvier 2007
TECHNIQUE 3.2 - LA FRICTION DES MAINS AVEC UNE SOLUTION HYDRO-ALCOOLIQUE
1. Justification
Une bonne hygiène des mains est essentielle pour la prévention des infections et de la
transmission des micro-organismes.
Lorsque le secouriste n’a pas accès à l’eau en intervention, il doit pouvoir réaliser une opération
d’hygiène des mains. Les solutés hydro-alcooliques offrent une solution en étant au moins aussi
efficaces que le lavage des mains, sur des mains visuellement propres. Cependant, leur action
est inefficace sur des mains ayant du talc ou souillées.
La friction des mains avec des produits hydro-alcooliques a pour objectif de prévenir la
transmission des maladies infectieuses par les mains.
2. Indications
Cette opération doit être réalisée :
- • En début et fin de journée en l’absence d’un point d’eau ;
- • Systématiquement entre deux victimes ;
- • Avant ou après un geste de la vie courante (après s’être mouché, avant de manger,
après avoir été aux toilettes…) ;
- • Avant toute manipulation de dispositifs médicaux stériles ou non ;
- • Après le port de gants non poudrés.
3. Matériel
Produit hydro-alcoolique pour traitement hygiénique des
mains par friction, présenté dans différents
conditionnements, soit sous forme de gels, soit sous forme
de liquides :
- • Flacon non rechargeable avec pompe distributrice individuelle ;
- • Flacon de faible volume, d’un format de poche. (fig. 3.12).
4. Réalisation
- • Enlevez montre, bagues et autres bijoux (fig. 3.13-a) ;
- • S’assurer que vos mains sont sèches ou se sécher les mains si elles sont humides ;
- • Verser la quantité suffisante pour recouvrir les deux mains dans le creux de la main et
tenir au moins 30 secondes de temps de friction (fig. 3.13-b) ;
- • Frictionner sans arrêter toutes les surfaces des mains en insistant sur la pulpe des
doigts, les paumes (ne pas oublier les espaces interdigitaux, le dos de la main, les
poignets…) jusqu’à évaporation complète (fig. 3.13-c à f) ;
- • Ne pas rincer et ne pas essuyer.
Le temps de contact à respecter obligatoirement est d’au minimum 30 secondes. Il peut être
augmenté à une minute en fonction des produits ou des recommandations des fabricants.
Figure 3.12
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 3 - 16 La sécurité
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Figure 3.13. Friction des mains
5. Risques
La solution hydro-alcoolique n’est pas efficace si les mains sont fortement contaminées par des
saletés, du sang, du talc ou d'autres matières organiques.
Ces solutions employées sans eau peuvent assécher la peau et dégager des odeurs
susceptibles de déplaire à certains utilisateurs.
Si les mains du secouriste présentent des plaies, l’application de produits hydro-alcoolique va
provoquer une sensation de piqûre.
6. Evaluation
Les mains doivent être sèches à l’issue de la procédure avant de mettre les gants de soins à
usage unique. Ceux-ci ne doivent pas être poudrés (talc).
Pour être efficace, la quantité de solution utilisée doit être suffisante pour recouvrir la totalité de
la surface des mains. Le lavage simple des mains s’impose après 3 à 5 utilisations.
7. Points clés
- • Les mains doivent être propres et sèches.
- • La solution doit être répartie sur toute la surface de la main par friction, jusqu’à
l’assèchement.
- • Le temps de contact d’un minimum de 30 secondes doit être respecté.
- • Les gants de soins ne doivent pas être poudrés.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
La sécurité CI - 3 - 17 Janvier 2007
TECHNIQUE 3.3 - LE RETRAIT DES GANTS A USAGE UNIQUE
1. Justification
Destinés à protéger le secouriste de germes dangereux, les gants à usage unique peuvent
contaminer les mains du secouriste au moment de leur retrait ou contaminer une autre
personne (retrait précipité du gant). La technique de retrait des gants à usage unique a pour but
d’éviter cette contamination.
2. Indications
Cette technique doit être réalisée par le secouriste lors de chaque retrait des gants à usage
unique.
3. Matériel
Une paire de gants à usage unique, non talquée et si possible hypoallergénique.
4. Réalisation
1. Saisir un gant au niveau du poignet en évitant de toucher la peau (fig. 3.14 a) ;
2. Retirer le premier gant en le retournant (fig. 3.14 b) ;
3. Rouler le gant retiré dans la paume de l’autre main ;
4. Insérer un ou deux doigts en crochet à l’intérieur de l’autre gant sans toucher la face
externe du gant, et le pincer entre le pouce et l’index sur sa face interne (fig. 3.14 c) ;
5. Retirer le second gant en le retournant (fig. 3.14 d) ;
6. Les jeter ensuite dans un conteneur de déchets d’activité de soins prévu à cet effet
(fig. 3.14e).
a b c
d e
Figure 3.14. Retrait des gants à
usage unique
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 3 - 18 La sécurité
5. Risques
Même si elle est correctement réalisée, la méthode de retrait des gants à usage unique sera
complétée par le lavage des mains du secouriste.
6. Evaluation
Afin d’éviter de se contaminer, en aucun cas la peau des mains du secouriste ne doit entrer en
contact avec la face souillée des gants à usage unique.
7. Points clés
- • Ne jamais toucher la face externe des gants.
- • Jeter les gants dans un conteneur de récupération des déchets d’activité de soins et à
risque infectieux.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
La sécurité CI - 3 - 19 Janvier 2007
TECHNIQUE 3.4 - LES DEGAGEMENTS D’URGENCE
1. Justification
Le dégagement d’urgence est destiné à déplacer, de quelques mètres ou plus, en quelques
secondes, la victime jusqu’à un lieu sûr et permettre au secouriste de réaliser, en toute sécurité,
l’examen, les gestes de secours d’urgence et la surveillance de la victime.
2. Indications
Le dégagement d’urgence d’une victime est réalisé par le secouriste pour :
- • Soustraire une victime à un danger réel, vital, immédiat et non contrôlable ;
- • Réaliser les gestes d’urgence vitale sur une victime se trouvant dans un lieu ou dans
une position ne permettant pas de les réaliser.
3. Réalisation
Plusieurs techniques permettent de dégager une victime en urgence :
- Traction par les chevilles
- • Saisir la victime par les chevilles ;
- • Tirer la victime sur le sol, jusqu'à ce
qu’elle soit en lieu sûr (fig. 3.15).
- Traction par les poignets
- • Saisir la victime par les poignets ;
- • Tirer la victime sur le sol, jusqu’à ce
qu’elle soit en lieu sûr (fig. 3.16).
Figure 3.15
Figure 3.16
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 3 - 20 La sécurité
- Traction par les vêtements
- • Saisir la victime par ses vêtements ;
- • Tirer la victime sur le sol, jusqu'à ce
qu’elle soit en lieu sûr (fig. 3.17).
- Traction sous les aisselles
Cette technique permet de déplacer la victime dans des escaliers ou sur un sol accidenté, tout
en protégeant la tête de la victime.
- • Asseoir la victime en la saisissant par
ses vêtements.
- • Se placer derrière elle et saisir ses
poignets opposés en passant les
avant-bras sous ses aisselles.
- • Surélever la partie supérieure de son
corps, ses pieds restant en contact
avec le sol.
- • Tirer la victime à reculons, jusqu'à
ce qu’elle soit en lieu sûr (fig. 3.18).
- Sortie d’un véhicule
- • Détacher ou couper la ceinture de sécurité ;
- • Dégager éventuellement les pieds de la victime
des pédales du véhicule ;
- • Passer la main sous son aisselle la plus proche
et maintenir son menton ;
- • Passer l’autre main sous l’autre aisselle et
saisir sa ceinture ou son poignet opposé (fig.
3.19) ;
- • Tirer la victime hors du véhicule en se
redressant, tout en poursuivant le maintien de
sa tête ;
- • Allonger la victime sur le sol en zone sûre en
accompagnant sa tête et sa nuque. Un second
secouriste peut aider à allonger la victime sur le
sol.
Figure 3.17
Figure 3.18
Figure 3.19
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
La sécurité CI - 3 - 21 Janvier 2007
- Dégagement d’un enfant
Dégager le jeune enfant ou le nourrisson en
le portant dans les bras :
- • Une main saisit l’épaule opposée, le
poignet et l’avant bras soutenant le
cou et la tête de l’enfant ;
- • L’autre main saisit la hanche opposée
en passant sous le bas des cuisses
(fig. 3.20).
- Traction sur le sol par « équipier relais »
Cette technique, exceptionnelle, permet de tirer une victime gisant sous un obstacle, et
accessible par la tête ou par les pieds si on peut se glisser jusqu’à elle. Elle nécessite la
hauteur suffisante pour qu’un secouriste puisse se glisser sous l’obstacle. Avant toute
manoeuvre, le calage du véhicule ou de l’obstacle sera réalisé ou vérifié.
Ce secouriste, l’« équipier relais », muni de vêtements épais et de gants, rampe sous l’obstacle
et aborde la victime :
- Soit par les pieds : Il saisit la victime au niveau des chevilles. (fig. 3.21 a et b)
a b
Figure 3.21 : Traction sur le sol, saisie par les chevilles
- Soit par la tête (fig. 3.22 a) : Il ramène les poignets de la victime sur la poitrine de
celle-ci, puis engage ses propres avants bras sous les aisselles du blessé, la tête de la victime
est calée par la tête et l’une des épaules de l’équipier ; le secouriste saisit alors :
- • Les poignets de la victime (fig. 3.22-b) ;
- • Ou un poignet et la ceinture (fig. 3.22-c) ;
- • Ou les aisselles (fig. 3.22-d).
a b
Figure 3.20
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 3 - 22 La sécurité
c d
Figure 3.22 : Traction sur le sol, saisie par les aisselles ou les poignets
- • Un ou deux autres secouristes
saisissent les chevilles du
secouriste relais ; lorsque ce
dernier dit « tirez », l’ensemble
équipier relais + victime est tiré de
dessous l’obstacle (fig. 3.23).
4. Risques
Les techniques de dégagements d’urgence sont susceptibles d’aggraver les lésions de la
victime notamment de la colonne vertébrale mais permettent de soustraire une victime à une
mort quasi certaine.
5. Evaluation
La victime doit se trouver en quelques secondes hors de danger, en zone sûre.
6. Points clés
- • Les prises de la victime sont solides.
- • Le dégagement est le plus rapide possible.
- • La prise de risque de la part du secouriste est minime.
Figure 3.23 : Traction du
secouriste « équipier
relais » par un autre
secouriste
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’alerte CI - 4 - 1 Janvier 2007
PARTIE 4
L’ALERTE
1. OBJECTIFS
A la fin de cette partie, vous serez capable de contribuer par votre action, à informer les centres
de réception et de traitement de l’alerte et mettre en oeuvre les différents maillons de la chaîne
de secours. Plus précisément, il s’agit de :
- • Connaître le rôle des centres de réception et de traitement de l’alerte.
- • Contribuer par son action, à mettre en oeuvre les différents maillons nécessaires de la
chaîne de secours (alerte, diffusion de l’information…).
2. LE RÔLE DES CENTRES DE RÉCEPTION ET DE TRAITEMENT DE L’ALERTE
La chaîne de secours ne peut fonctionner sans son premier maillon : la personne qui donne
l’alerte.
2.1 Le centre de traitement de l’alerte des sapeurs-pompiers
Le centre de traitement de l'alerte (CTA) est une structure
chargée de la réception, de la transmission, de la
centralisation et du traitement de l'alerte. Il est doté du
numéro d'appel téléphonique d'urgence : le 18.
Les appels sont reçus par un stationnaire qui localise et
analyse la demande de secours et déclenche les moyens
appropriés du SDIS. En cas d’urgence médicale, il transfère
l’appelant vers le médecin régulateur du centre 15, afin de
bénéficier d’une régulation médicale.
A Paris et ses 3 départements limitrophes (92, 93 et 94), les appels 18/112 aboutissent au
centre de coordination des opérations et de transmission de la brigade de sapeurs-pompiers de
Paris. A Marseille, les appels 18/112 aboutissent au centre opérationnel des services de
secours et d’incendie du bataillon des marins-pompiers de Marseille.
2.2 Le centre de réception et de régulation des appels du SAMU
Le centre de réception et de régulation des appels, dirigé par le SAMU, permet une écoute
permanente et une régulation médicale des appels médicaux d’urgence qui y arrivent.
Les CRRA sont basés, dans un centre hospitalier. Ils sont dotés du numéro unique, le 15, et
sont départementaux.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 4 - 2 L’alerte
Un médecin assure la régulation médicale 24h sur 24. Il détermine et apporte dans le délai le
plus rapide possible, la réponse la mieux adaptée à la nature des appels.
- • Il recueille le bilan des intervenants (citoyens, secouristes, sapeurs-pompiers, équipes
médicales…) et, le cas échéant, conseille leur action.
- • Il décide de l’envoi sur place d’une équipe médicale (SMUR, médecins des sapeurs
pompiers…) pour la médicalisation de la ou des victimes.
- • Il s’assure de la disponibilité des services d’hospitalisation publics ou privés adaptés à
l’état de la victime, compte tenu du respect du libre choix, et fait préparer son accueil.
- • Il organise le cas échéant le transport vers le service choisi, par un service public ou
une entreprise privée de transport sanitaire et veille à l’admission de la victime.
Dans l’attente de l’arrivée des moyens de secours ou de
l’équipe médicale, le médecin régulateur dispense à
l’appelant des conseils pour la réalisation des gestes de
premiers secours.
Pour répondre de façon adaptée aux demandes, le CRRA
peut mobiliser différents types d’effecteurs partenaires :
sapeurs pompiers, associations agréées de sécurité civile,
transporteurs sanitaires privés, médecins libéraux de garde,
structures organisées de médecine d’urgence, équipes
médicales des SMUR ou des services de santé et de
secours médicaux des sapeurs pompiers (SSSM).
Le CRRA peut également traiter la demande sans envoyer d’intervenant. Le conseil médical fait
partie de l’activité du médecin régulateur.
Les CTA et les CRRA sont interconnectés et se
tiennent mutuellement informés.
Ils sont aussi interconnectés avec les dispositifs de
réception des appels des services de police et de
gendarmerie.
Cette interconnexion permet :
- • Pour tout appel à caractère de santé, un
contact direct entre l’appelant et le médecin
régulateur du SAMU.
- • Au SAMU de demander l’intervention
concomitante d’autres moyens de secours
en cas de nécessité.
2.3 Le Centre d'Information et de Commandement (CIC) de la Police nationale et le Centre
Opérationnel et de Recherche de la Gendarmerie Nationale (CORGN)
La réception des appels au « 17 » est assurée selon les localisations territoriales :
- • Par la gendarmerie nationale ;
- • Par la police nationale.
Les opérateurs qui réceptionnent l’appel, sont spécialisés
dans leur domaine. Ils recueillent l'information, l'analysent,
décident des moyens de police ou de gendarmerie à mettre
en oeuvre puis assurent le suivi de la mission.
18
15 17
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’alerte CI - 4 - 3 Janvier 2007
Ils informent les autres services de secours (sapeurs-pompiers, SAMU…) par une ligne
directement reliée aux services de police et exclusivement réservée à cet effet.
2.4 Cas particulier : l’alerte en mer
La réception de l’alerte en mer est assurée par les Centres
Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage
(CROSS).
Les CROSS sont chargés d’assurer une permanence
opérationnelle permettant de répondre à toute demande
d’assistance en mer (sauvetage de la vie humaine en mer)
par la mise en oeuvre de moyens opérationnels (marine
nationale, gendarmerie, douanes, Sécurité civile, société
nationale de sauvetage maritime, moyens privés…).
Les CROSS veillent le canal radio-maritime 16 (VHF) et le
canal 70 (ASN). Ils sont en interconnexion directe avec les
autres services de secours : sapeurs-pompiers, police,
gendarmerie et SAMU. Les CROSS sont également dotés
d’un numéro d’appel unique le « 1616 ».
3. MISE EN OEUVRE DES DIFFÉRENTS MAILLONS NÉCESSAIRES DE LA CHAÎNE DES
SECOURS
L’alerte est l’action qui consiste à informer un service d’urgence de la présence d’une ou de
plusieurs victimes affectées par une ou plusieurs détresses ainsi que de la nature de
l’assistance qui leur est apportée pour poursuivre la mise en oeuvre de la chaîne de secours.
Dans un contexte de détresse, l’absence d’information à un service d’urgence peut
compromettre la vie ou la santé d’une victime malgré les premiers secours assurés par un
secouriste.
3.1 Justifications
La vie de toute personne peut, un jour ou l’autre, être menacée par un accident ou une maladie
brutale.
Le secouriste doit, après avoir protégé, alerter les secours, ou s’assurer qu’ils ont été
effectivement alertés et pratiquer les gestes de premiers secours en attendant leur arrivée.
Sur les lieux d’un accident ou d’une détresse, le secouriste fait partie des personnes qualifiées
pour initier la chaîne des secours.
L’alerte, transmise au service d’urgence par les moyens disponibles les plus appropriés, doit
être rapide et précise pour diminuer les délais d’arrivée des secours nécessaires.
Tout retard et toute imprécision peuvent concourir à l’aggravation de l’état de la victime.
3.2 Conduite à tenir
1- Décider d’alerter les secours :
- • A l’occasion de toute situation présentant des risques et/ou lorsqu’une vie est en
danger ;
- • Dès que possible, mais après une analyse rapide et précise de la situation et des
risques.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 4 - 4 L’alerte
2- Se munir d’un moyen de communication :
Si le secouriste est isolé, l’alerte des secours peut être réalisée à l’aide :
- • D’une cabine téléphonique ;
- • D’une borne d’appel (qui est reliée directement à un service de secours) ;
- • D’un téléphone mobile ou fixe ;
- • D’un appareil de radio fixe ou portatif en liaison avec le dispositif mis en place…
3- Choisir un service de secours adapté :
- • Le 18 : les SAPEURS-POMPIERS pour tout problème de secours, notamment
accidents et incendies ;
- • Le 15 : le SAMU - centre 15 pour tout problème urgent de santé. Un médecin
« régulateur » dialogue brièvement avec l’appelant pour évaluer la gravité, donner les
conseils et apporter la réponse médicale adaptée. Dans les cas les plus graves, il
envoie une équipe médicale de réanimation du Service Médical d’Urgence et de
Réanimation (SMUR) le plus proche ;
- • Le 17 : la POLICE ou la GENDARMERIE pour tout problème de sécurité ou d’ordre
public ;
- • Le 112 : numéro d’appel unique des urgences sur le territoire européen, destiné aux
étrangers circulant en France ou aux Français circulant en Europe. En France, ce
numéro ne se substitue pas aux autres numéros d’urgence.
- • Le 115 : le SAMU social pour toutes personnes qui présente une détresse sociale
comme les personnes sans domicile ou sans abris et exposées aux intempéries.
Ces services ont une obligation d’interconnexion. Le 15 et le 18 ont une interconnexion
téléphonique réglementaire.
L’appel aux numéros 18, 15, 17 ou 112 est gratuit et possible sur tout appareil raccordé au
réseau téléphonique national même en l’absence de monnaie ou de carte téléphonique et
de code PIN pour les téléphones mobiles (112 uniquement).
L’usage des bornes d’appel est également gratuit. Cet appel aboutit directement à un service
de secours.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’alerte CI - 4 - 5 Janvier 2007
Au cours de certaines opérations de secours, il existe des procédures spécifiques qui sont
mises en oeuvre pour la tran
avant chaque mission de secours.
A l’intérieur de certains établissements, il faut respecter la procédure d’alerte particulière à
ceux-ci, généralement affichée près des postes téléphoniques.
4- Transmettre les informations :
Le secouriste doit pouvoir renseigner les services d’urgence et donner les indications
suivantes :
- • Se présenter en donnant le NUMÉRO DU TÉLÉPHONE ou l’indicatif radio du poste
d’appel et éventuellement son nom et/ ou le numéro de la mission ;
- • La NATURE DU PROBLÈME, maladie ou accident ;
- • Les RISQUES éventuels : incendie, explosion, effondrement, produits chimiques et
tout autre danger ;
- • La LOCALISATION très précise de l’événement ;
- • Le NOMBRE de personnes concernées ;
- • La GRAVITÉ de l’état de la ou des victimes ;
- • Les PREMIÈRES MESURES PRISES ET GESTES EFFECTUÉS ;
- • Répondre aux questions qui lui seront posées par les secours ou, s’il s’agit d’un
problème médical urgent, par le médecin « régulateur » du SAMU centre 15.
Un dialogue peut s’instaurer entre l’appelant et les services d’urgence qui peuvent donner des
conseils et/ou des instructions sur la conduite à tenir par le secouriste, soit en attendant l’arrivée
de moyens de secours et/ou médicaux, soit pour permettre au témoin de conduire son action
lorsque l’intervention d’un service d’urgence ne s’avère pas nécessaire.
Le message d’alerte achevé, l’appelant doit attendre les instructions avant d’interrompre la
communication.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 4 - 6 L’alerte
4. SCHÉMA GÉNÉRAL DE L’ACTION DE SECOURS
Alerter ou faire alerter
Trouver le moyen de communication
Téléphone, borne, témoins...
Choisir le service de secours
15 - 18 - 17 - 112 - réseau interne
Transmettre les informations
Message d'alerte.
Décider d'alerter les secours
Observer la situation et localiser l'évènement
Secourir
ou continuer à secourir.