PSE 1 - 5
PSE 1 - 5
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’arrêt cardiaque CI - 8 - 1 Janvier 2007
PARTIE 8
L’ARRÊT CARDIAQUE
1. OBJECTIFS
A la fin de cette partie, vous serez capable de prendre en charge, seul ou au côté d’un équipier
secouriste, avec ou sans matériel minimum de premiers secours, une victime inconsciente qui
présente un arrêt cardiaque dans l’attente d’un renfort. Plus précisément, il s’agit de :
- • Indiquer les signes qui permettent de reconnaître un arrêt cardiaque.
- • Préciser quelles sont les causes d’un arrêt cardiaque.
- • Préciser quelles sont les conséquences d’un arrêt cardiaque.
- • Indiquer et justifier le résultat attendu de l’action de secours chez une victime
inconsciente qui présente un arrêt cardiaque.
- • Mettre en oeuvre les gestes de secours nécessaires à une victime inconsciente qui
présente un arrêt cardiaque, à un ou à deux secouristes, avec ou sans matériel.
- • Réaliser les techniques suivantes :
- Ventilation artificielle par une méthode orale (bouche-à-bouche, bouche-à-nez,
bouche-à-bouche et nez, bouche-à-cou) ;
- Ventilation artificielle à l’aide d’un masque de poche ;
- Ventilation artificielle en utilisant un insufflateur manuel ;
- Compressions thoraciques à mains nues chez l’adulte, l’enfant et le nourrisson
(associées à une ventilation artificielle) ;
- Utilisation d’une canule oro-pharyngée ;
2. LES SIGNES D’UN ARRÊT CARDIAQUE
La survenue d’un arrêt cardiaque (AC) se traduit par :
- • Une perte de connaissance de la victime, parfois accompagnée au tout début de
convulsions ;
- • L’arrêt de la respiration : aucun souffle n’est perçu, aucun bruit n’est entendu au niveau
des voies aériennes de la victime, ni son ventre, ni sa poitrine ne se soulèvent. La
présence de mouvements inspiratoires brusques, suivie d’une pause d’une demi à 1
minute appelée « gaps » doit être considérée comme un arrêt de la respiration.
- • L’absence de pouls carotidien perceptible.
La présence ou l’absence du pouls chez une victime inconsciente en arrêt respiratoire permet
de différencier l’arrêt respiratoire sans ou avec arrêt cardiaque.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 8 - 2 L’arrêt cardiaque
Figure 8.1 :
Conséquence de l’AC
Dans certains cas, l’arrêt cardiaque peut être précédé de signes annonciateurs, en particulier
une douleur serrant la poitrine, permanente, angoissante, pouvant irradier dans le cou et les
bras. Cette douleur est parfois associée à :
- • une difficulté à respirer,
- • des sueurs.
3. LES CAUSES D’UN ARRÊT CARDIAQUE
L’arrêt cardiaque peut être d’origine cardiaque ou secondaire à un arrêt de la respiration.
L’arrêt cardiaque, d’origine cardiaque, est lié une interruption de toute activité mécanique
efficace du coeur.
Il survient le plus souvent à cause d’un fonctionnement anarchique du coeur, l’empêchant de
pomper le sang efficacement. Cette anomalie est liée à une atteinte du coeur secondaire à un
infarctus du myocarde, une intoxication, ou une autre maladie du coeur. L’arrêt cardiaque
survient aussi à la suite d’une perte de sang importante (hémorragie).
L’arrêt cardiaque, d’origine respiratoire, peut être lié :
- • A l’évolution d’une obstruction totale des voies aériennes, dont les manoeuvres de
désobstruction ont été vaines ;
- • A une intoxication (médicaments, alcool, drogues, produits industriels ou
ménagers…) ;
- • A un traumatisme du crâne, du rachis ou du thorax ;
- • A un accident dû à l’eau (noyade), à l’électricité ou une pendaison.
4. LES CONSÉQUENCES D’UN ARRÊT CARDIAQUE
La vie d’une victime en arrêt cardiaque (AC) est à brève échéance menacée. Si aucun geste de
premiers secours n’est réalisé, la mort de la victime surviendra.
Quand la respiration d’une victime s’arrête et quand son coeur cesse de battre, l’air n’arrive plus
au niveau des poumons, le sang cesse de circuler et l'alimentation en oxygène du corps entier
est arrêtée.
Le cerveau est l'organe le plus sensible de l'organisme à un manque d'oxygène. Si aucun
geste de secours n’est réalisé, des lésions cérébrales apparaissent en quelques minutes.
Progressivement, elles deviennent irréversibles rendant les chances de survie quasiment nulles
au-delà de la 8ème minute (fig. 8.1).
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’arrêt cardiaque CI - 8 - 3 Janvier 2007
Figure 8.2
5. ACTION DU SECOURISTE CHEZ UNE VICTIME QUI PRÉSENTE UN AC
Une victime qui présente un arrêt respiratoire, sans arrêt circulatoire ne peut survivre que si une
ventilation artificielle est pratiquée immédiatement. Dans le cas contraire, l’arrêt respiratoire
évoluera très rapidement vers un arrêt de la circulation et la mort de la victime.
Une victime qui présente un arrêt cardiaque n’a des chances de survie que si une réanimation
cardio-pulmonaire (RCP) est réalisée dans les plus brefs délais.
La RCP permettra :
- • De suppléer la respiration défaillante par une ventilation artificielle ;
- • De suppléer l’arrêt de la circulation sanguine par des compressions thoraciques
régulières ;
- • De normaliser éventuellement un fonctionnement anarchique du coeur grâce à un choc
électrique délivré par un défibrillateur automatisé externe (DAE).
L’efficacité de la RCP et les chances de survie sont d’autant plus élevées que la RCP est
débutée immédiatement par le premier témoin et que la défibrillation automatisée externe est
mise en oeuvre précocement.
6. CONDUITE À TENIR FACE À UNE VICTIME QUI PRÉSENTE UN ARRÊT CARDIAQUE
La maîtrise parfaite des gestes de RCP pour suppléer les fonctions vitales défaillantes d’une
victime en AC est indispensable pour tout secouriste.
6.1 La RCP chez l’adulte à un secouriste (sans matériel)
1- Réaliser la protection
C’est un préalable obligatoire à toute action de secours. Le secouriste, le(s) témoin(s) et la
victime sont en sécurité.
2- Apprécier l’état de conscience :
La victime est inconsciente, immobile, ne répond pas à une question simple et ne réagit pas
quand on lui demande de serrer la main (cf. voir partie sur l’inconscience).
L’inconscience est le premier des trois signes de l’AC.
3- Si le secouriste est seul, appeler de l’aide.
4- Assurer la liberté des voies aériennes :
- • Mettre la victime sur le dos si elle est allongée sur
le ventre.
- • Desserrer ou dégrafer rapidement tout ce qui
peut gêner la respiration.
- • Basculer doucement la tête de la victime en
arrière (si la victime ne présente pas un
traumatisme de la nuque) et élever le menton (fig.
8.2). Si vous suspectez un traumatisme du
rachis, élevez le menton seulement.
- • Ouvrir la bouche de la victime avec la main qui
tient le menton.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 8 - 4 L’arrêt cardiaque
- • Retirer les corps étrangers visibles à l’intérieur de la bouche tout en gardant le menton
élevé.
5- S’assurer de l’absence de respiration pendant 10 secondes au plus :
- • Se pencher sur la victime, regarder, sentir et
écouter si la victime respire (fig.8.3).
La poitrine (ou le haut de l’abdomen) ne se soulève
pas, aucun bruit ou souffle de la victime n’est perçu :
la victime ne respire pas.
L’arrêt de la respiration est le deuxième signe de l’AC.
6- Demander si un défibrillateur automatisé externe est disponible à proximité et faire
alerter les secours publics :
Les chances de survie de la victime sont étroitement liées à la rapidité de mise en oeuvre d’un
choc électrique si la victime présente un fonctionnement anarchique du coeur.
La rapidité d’obtention d’un DAE et de la délivrance d’un choc électrique conditionne la survie
de la victime surtout si elle présente un arrêt cardiaque d’origine cardiaque (cf. voir partie sur la
DAE).
L’intervention d’une équipe de réanimation médicalisée complète la chaîne des secours.
7- Contrôler l’absence du pouls carotidien :
Le secouriste se place du côté de la carotide qu’il va palper
et maintient la tête avec l’autre main sur le front (fig. 8.4).
Chez l’adulte et l’enfant, le pouls doit être recherché sur la
face latérale du cou, en le palpant entre la pulpe de 2 ou 3
doigts médians de la main qui tenait le menton de la victime
(index, majeur et annulaire), et le plan osseux profond
constitué par la colonne cervicale :
- • Le 1er temps : Poser doucement l’extrémité des
doigts sur la ligne médiane du cou ;
- • Le 2ème temps : Ramener la main vers soi, la pulpe
des doigts restant au contact de la peau du cou ;
- • Le 3ème temps : Pousser la pulpe des doigts vers la
profondeur pour percevoir les battements de la
carotide.
Si le secouriste n’est pas expérimenté ou a le moindre doute sur la présence ou l’absence du
pouls carotidien, il ne doit en aucun cas perdre de temps pour débuter les compressions
thoraciques si la victime est inconsciente et ne respire pas.
Dans tous les cas, cette recherche ne doit pas durer plus de 10 secondes au maximum.
8- Réaliser 30 compressions thoraciques :
La victime est installée en position horizontale, sur le dos, sur un plan dur (sol) :
Figure 8.3
Figure 8.4
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’arrêt cardiaque CI - 8 - 5 Janvier 2007
Figure 8.5
- • Dénuder la poitrine de la victime (fig 8.5) ;
- • Déterminer la zone d’appui ;
- • Réaliser immédiatement 30 compressions thoraciques (technique 8.1). La fréquence
des compressions thoraciques doit être de 100 par minute quel que soit l’âge de la
victime.
9- Réaliser deux insufflations :
- • Immédiatement après les 30 compressions thoraciques, réaliser 2 insufflations en
utilisant une technique de ventilation artificielle orale (technique 8.2) et si possible en
utilisant un dispositif de protection orale comme un écran facial ou un masque de
poche (technique 8.3) (fig. 8.6).
10- Poursuivre les compressions thoraciques et les insufflations :
- • Poursuivre les compressions thoraciques et les insufflations au rythme de 30
compressions pour 2 insufflations et ainsi de suite.
Le passage des insufflations aux compressions et des compressions aux insufflations doit être
effectué aussi rapidement que possible, sous peine de diminuer l’efficacité de la circulation
artificielle ainsi obtenue.
11- Surveiller et/ou poursuivre la RCP :
- • Si la victime réagit ou alors tous les 5 cycles de 30/2, arrêter les compressions
thoraciques et contrôler le pouls carotidien.
- • Si le pouls carotidien devient perceptible, contrôler la respiration :
- Si elle est présente et efficace (ample, régulière et avec une fréquence
supérieure à 6 mouvements par minute), installer la victime en PLS et la
surveiller ;
- Si elle est absente, réaliser 10 insufflations puis contrôler à nouveau la
respiration et le pouls et réaliser les gestes de secours qui s’imposent.
La RCP est réalisée au début à un secouriste. Dès que possible, se faire aider par une autre
personne et réaliser une RCP à 2 secouristes.
Figure 8.6 : Bouche-à-masque
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’arrêt cardiaque CI - 8 - 7 Janvier 2007
6.2 La RCP chez l’adulte à deux secouristes (avec le matériel minimum de premiers
secours)
A 2 secouristes et avec du matériel minimum de premiers secours il est possible :
- • De réaliser la ventilation artificielle en utilisant un insufflateur manuel ;
- • D’inverser les secouristes en cours de RCP pour diminuer leur fatigue et améliorer les
techniques de RCP.
1- Rechercher l’inconscience de la victime.
2- Assurer la liberté des voies aériennes.
3- S’assurer de l’absence de respiration.
4- Alerter et demander un renfort.
Dès la constatation de l’arrêt de la respiration, un secouriste réalise l’alerte afin d’obtenir le plus
rapidement possible le renfort d’une équipe de secours, d’un DAE et d’une équipe médicalisée.
5- Contrôler l’absence du pouls carotidien
L’autre secouriste recherche le pouls carotidien et/ou débute les manoeuvres de RCP.
6- Débuter immédiatement les compressions thoraciques (30) suivies d’insufflations (2)
Il débute seul la RCP en commençant par les
compressions thoraciques et avec un rapport de 30
compressions pour 2 insufflations.
La RCP sera réalisée à 2 secouristes dès qu’un des
deux secouristes aura transmis l’alerte.
Pour réaliser les insufflations, le secouriste utilise un
masque de poche (technique 8.3) ou encore mieux un
insufflateur manuel (technique 8.4) (fig. 8.7).
Pour limiter la fatigue des secouristes et assurer une
RCP efficace, les secouristes doivent, si possible, se
remplacer tous les 5 cycles (lors de la recherche des
signes de circulation).
7- Surveiller et/ou poursuivre la RCP :
- • Si la victime réagit ou alors tous les 5 cycles de 30/2, arrêter les compressions
thoraciques et contrôler le pouls carotidien.
- • Si le pouls carotidien devient perceptible, contrôler la respiration :
- Si elle est présente et efficace (ample, régulière et avec une fréquence
supérieure à 6 mouvements par minute), installer la victime en PLS et la
surveiller ;
- Si elle est absente, réaliser 10 insufflations puis contrôler à nouveau la
respiration et le pouls et réaliser les gestes de secours qui s’imposent.
NB : Si les secouristes disposent de matériels pour réaliser une insufflation d’oxygène ou une
aspiration de sécrétions, ceux-ci seront utilisés dès que nécessaire sans toutefois retarder la
mise en oeuvre de la RCP (cf. parties sur l’inconscience et la défibrillation automatisée externe).
Figure 8.7
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 8 - 8 L’arrêt cardiaque
6.3 Cas particuliers
6.3.1 L’enfant et le nourrisson
Chez l’enfant et le nourrisson, la conduite à tenir devant un arrêt cardiaque diffère de celle de
chez l’adulte.
La recherche du pouls chez l’enfant se réalise avec la pulpe
de deux ou trois doigts au niveau du cou comme chez
l’adulte.
La recherche du pouls chez le nourrisson se fait au niveau
de la partie moyenne du bras, sur sa face interne. Poser la
pulpe des doigts sur cette zone pour rechercher les
battements de l’artère (fig. 8.8).
Le secouriste doit réaliser 5 insufflations initiales avant de
débuter les compressions thoraciques car la cause principale
de l’arrêt cardiaque chez l’enfant et le nourrisson est l’arrêt
de la respiration ou le manque d’oxygène.
Au cours de ces 5 premières insufflations, le secouriste sera attentif aux réactions de l’enfant ou
du nourrisson (mouvements, toux, reprise de la respiration) qui peuvent traduire la présence
d’une activité cardiaque.
Le rapport " compressions thoraciques sur insufflations " (techniques 8.1 à 8.4), chez
l’enfant et le nourrisson, est de :
- • 30 compressions pour 2 insufflations, à un seul secouriste sans matériel ;
- • 15 compressions pour 2 insufflations, à deux secouristes sans matériel.
6.3.2 Le secouriste est seul avec la victime
a) S’il s’agit d’un adulte : Alerter immédiatement les secours après avoir constaté l’arrêt de la
respiration. Dès que l’alerte est donnée, revenir auprès de la victime et poursuivre la conduite à
tenir au moment où elle a été interrompue.
Chez l’adulte, l’arrêt du fonctionnement du coeur est la première cause de l’arrêt de la
respiration, le secouriste doit alerter immédiatement afin de provoquer l’arrivée rapide d’un
renfort capable de mettre en oeuvre un défibrillateur automatisé externe.
b) S’il s’agit d’un nourrisson ou d’un enfant : Réaliser 5 cycles de RCP en commençant par 5
insufflations (ou 10 insufflations sans compression thoracique si la victime présente un pouls)
avant d’aller alerter. Revenir ensuite auprès de la victime afin de poursuivre la conduite à tenir.
Dans ces situations, c’est l’arrêt de la respiration et le manque d’oxygène qui est à l’origine de
l’arrêt du fonctionnement du coeur. Cette minute de RCP avant d’aller donner l’alerte permet
d’apporter de l’oxygène à la victime.
6.3.3 La victime présente un pouls mais ne respire pas
Si la victime ne respire pas mais si son pouls carotidien est perçu, on est en présence d’un arrêt
respiratoire sans arrêt cardiaque. Il faut réaliser 10 insufflations sans compression thoracique
pour apporter de l’oxygène à la victime.
Au bout des 10 insufflations, rechercher à nouveau la présence des signes de circulation. S’ils
sont absents ou en cas de doute, les compressions thoraciques seront associées à la
ventilation artificielle. Dans le cas contraire, réaliser 10 nouvelles insufflations et ainsi de suite.
Figure 8.8
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’arrêt cardiaque CI - 8 - 9 Janvier 2007
6.3.4 Les 2 insufflations sont inefficaces
Si les 2 insufflations réalisées n’entraînent pas de soulèvement de la poitrine, vous devez, avant
votre prochaine tentative :
- • Ouvrir et contrôler la bouche de la victime et retirer tout corps étranger visible ;
- • S’assurer que la tête est bien basculée en arrière et que le menton est tiré vers le
haut ;
Il ne faut pas tenter plus de 2 insufflations à chaque fois avant de refaire une série de 30
compressions.
6.3.5 La ventilation artificielle est inefficace par difficulté de maintenir les voies aériennes
libres (obstruction par la langue)
Si le secouriste éprouve des difficultés à maintenir libres les voies aériennes d’un adulte ou d’un
enfant, en arrêt cardiaque, pour pratiquer une ventilation artificielle avec un insufflateur manuel,
il peut utiliser une canule oro-pharyngée (technique 8.5).
6.3.6 Le secouriste ne peut pas effectuer des insufflations
Si le secouriste ne peut pas effectuer des insufflations : en cas de répulsion, de vomissements,
d’absence de protection buccale, il réalise des compressions thoraciques seules et fait alerter.
Cette action est poursuivie jusqu’à l’arrivée du DAE ou des secours.
6.3.7 la victime se trouve dans un endroit dangereux
Si la victime se trouve dans un endroit dangereux et que le danger ne peut être immédiatement
supprimé, le secouriste doit réaliser un dégagement d’urgence de la victime vers un endroit sûr.
6.3.8 La victime se trouve dans un endroit exigu
L’une des premières actions du secouriste, devant une victime en AC, est de créer ou de
trouver suffisamment d’espace pour pouvoir réaliser la RCP.
Pour réaliser une RCP, il est souhaitable d’avoir environ 1 mètre de chaque côté de la victime,
afin de permettre aux secouristes de se positionner correctement, de se déplacer autour de la
victime et de pouvoir mettre en oeuvre le matériel d’urgence.
Si l’espace, où se trouve la victime, est insuffisant, il faut :
- • Si c’est possible, déplacer les objets ou les meubles qui sont autour de la victime pour
créer plus d’espace ;
- • Dans le cas contraire, réaliser un dégagement d’urgence de la victime vers un lieu plus
spacieux.
Ces manoeuvres ne demandent que très peu de temps (10 à 15 secondes) et rendent ensuite
plus aisée, donc plus efficace, la RCP.
Si les secouristes sont dans l’impossibilité de déplacer la victime et s’il n’existe pas
suffisamment de place pour s’installer à côté de la victime pour réaliser les compressions
thoraciques, le secouriste qui réalise les compressions se placera à cheval sur la victime, audessus
de son abdomen, sans toutefois s’appuyer dessus. La position des mains et la
technique de compression restent inchangées.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 8 - 10 L’arrêt cardiaque
6.3.9 La victime est décédée
Aucun geste de secours et aucune réanimation ne sera réalisé chez une victime qui présente :
- • Une séparation de la tête et du tronc ;
- • Une rigidité cadavérique ;
- • Un état de putréfaction.
Dans tous les autres cas, le secouriste débutera les gestes de secours, dont la RCP, sauf ordre
contraire donné par le responsable d’intervention ou un médecin présent sur les lieux.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’arrêt cardiaque CI - 8 - 11 Janvier 2007
7. SCHÉMA GÉNÉRAL DE L’ACTION DE SECOURS
7.1 Conduite à tenir à un secouriste sans matériel chez l’adulte, l’enfant et le nourrisson
La victime inconsciente
ne respire plus ou « gaspe »
Faire alerter
et demander un DAE
30 compressions
thoraciques
+
2 insufflations
…
Maintenir la victime
en vie
Non
Pouls ?
Pouls ?
Respiration ?
P.L.S.
Surveillance
Oui
Non
Non
Continuer la RCP
jusqu’à l’arrivée des
secours. Dès que
possible mettre en
oeuvre un DAE
10 insufflations
Oui
Oui
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 8 - 12 L’arrêt cardiaque
7.2 Conduite à tenir à deux secouristes sans matériel chez l’enfant et le nourrisson
La victime inconsciente
ne respire plus ou « gaspe »
Faire alerter
et demander un DAE
(enfant)
15 compressions
thoraciques
+
2 insufflations
…
Maintenir la victime
en vie
Non
Pouls ?
Pouls ?
Respiration ?
P.L.S.
Surveillance
Oui
Non
Non
Continuer la RCP
jusqu’à l’arrivée des
secours. Dès que
possible mettre en
oeuvre un DAE (enfant)
10 insufflations
Oui
Oui
5 insufflations
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’arrêt cardiaque CI - 8 - 13 Janvier 2007
TECHNIQUE 8.1 – COMPRESSIONS THORACIQUES
1. Justification
La victime étant couchée sur le dos, le fait d’appuyer verticalement sur le sternum comprime le
thorax, vidant les cavités cardiaques et les poumons du sang qui s’y trouve en l’envoyant dans
les tissus.
Lorsque la pression est relâchée, la poitrine revient à sa taille initiale et le sang est de nouveau
aspiré et remplit le coeur et les poumons. Ce sang sera ensuite éjecté par la compression
thoracique suivante.
2. Indications
Les compressions thoraciques sont nécessaires chaque fois qu’une victime présente un arrêt
cardiaque, c’est-à-dire lorsqu’elle est inconsciente, ne bouge plus et ne respire plus (et ne
présente plus de pouls) au cours des 10 secondes que dure la recherche des signes.
Les compressions thoraciques sont aussi envisageables si une victime qui présente une
obstruction totale des voies aériennes devient inconsciente et que les manoeuvres de
désobstruction classiques (tapes dans le dos et/ou compressions abdominales) ont été
inefficaces.
3. Réalisation
3.1 Les compressions thoraciques chez l’adulte et l’enfant
La victime est installée en position horizontale, sur le dos, sur un
plan dur (sol).
1. Se placer à genoux au plus près de la victime.
2. Dénuder la poitrine de la victime.
3. Appuyer le « talon » d’une main (fig. 8.9) au centre de la
poitrine chez l’adulte ou immédiatement en dessous
d’une ligne imaginaire reliant les deux mamelons chez
l’enfant. L’appui sur le thorax doit se faire sur le sternum,
strictement sur la ligne médiane, sans appuyer sur la
pointe du sternum (appendice xiphoïde).
4. Placer l’autre main au-dessus de la première, en entrecroisant les doigts des deux
mains. On peut aussi placer la seconde main à plat sur la première mais en veillant à
bien relever les doigts sans les laisser au contact du thorax pour ne pas appuyer sur
les côtes (fig. 8.10 et 8.11). Chez le petit enfant, les compressions peuvent être
réalisées à l’aide d’une seule main (fig. 8.12).
Figure 8.10. : Position des mains du secouriste : doigts crochetés ou mains croisées.
Figure 8.9 : Talon de la main
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 8 - 14 L’arrêt cardiaque
5. Réaliser des compressions thoraciques successives de 4 à 5 cm chez l’adulte ou du
1/3 de l’épaisseur du thorax de l’enfant tout en restant bien vertical par rapport au sol
pendant toute la manoeuvre (figures 8.11 et 8.12).
Tout balancement d’avant en arrière du tronc du secouriste doit être proscrit. Les coudes ne
doivent pas être fléchis. Les avant-bras sont bien tendus dans le prolongement des bras.
La fréquence des compressions sternales doit approcher les 100 par minute.
La durée de compression doit être égale à celle du relâchement de la pression sur le thorax
(rapport 50/50).
Les mains restent en place entre deux appuis et le talon de la main qui comprime se décolle
légèrement du thorax pour que celui-ci reprenne sa dimension initiale après chaque
compression. Ceci améliore l’efficacité des compressions.
Quand le coeur s’arrête de fonctionner, le sang ne circule plus dans l’organisme et la distribution
d’oxygène n’est plus assurée. La compression régulière du thorax apporte 20 à 30 % du débit
cardiaque normal chez l’adulte, ce qui est suffisant pour garder en vie le cerveau de la victime
pendant les quelques minutes nécessaires à la mise en oeuvre du choc électrique externe.
Figure 8.11. : Chez l’adulte Figure 8.12. : Chez l’enfant
3.2 Les compressions thoraciques chez le nourrisson (moins de 1 an)
- • Localiser le sternum du nourrisson et placer la pulpe de deux doigts d’une main (Fig.
8.13 a) ou la pulpe des deux pouces (Fig. 8.13 b) dans l’axe du sternum, une largeur
de doigt au-dessous d’une ligne droite imaginaire réunissant les mamelons du
nourrisson. Si l’on utilise les 2 pouces, englober le thorax du nourrisson avec les autres
doigts de chaque main.
- • Comprimer régulièrement le sternum avec la pulpe des deux doigts d’environ 1/3 de
l’épaisseur du thorax du nourrisson et à une fréquence d’environ 100 par minute.
- • Les mains restent en place entre deux appuis et la pulpe des doigts qui comprime, se
décolle légèrement du thorax pour que celui-ci reprenne sa dimension initiale après
chaque compression. Ceci améliore l’efficacité des compressions.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’arrêt cardiaque CI - 8 - 15 Janvier 2007
a b
4. Risques
Une mauvaise position des mains, une compression thoracique trop forte ou non verticale
peuvent entraîner des lésions graves du thorax (fractures de côtes) et des poumons (contusion)
chez la victime et peuvent compromettre sa survie.
5. Evaluation
L’efficacité des manoeuvres de réanimation s’évalue sur :
- • la reprise du pouls voire de la respiration de la victime,
- • le rétablissement d’une coloration normale de la victime (muqueuses).
6. Points clés
Pour être efficaces les compressions thoraciques doivent :
- • Etre réalisées sur une victime allongée sur un plan dur.
- • Etre réalisées rapidement au centre de la poitrine, sur la ligne médiane, en position
strictement verticales.
- • Entraîner une compression de 4 à 5 cm chez l’adulte et du 1/3 de l’épaisseur du thorax
chez l’enfant et le nourrisson.
- • Etre régulière à une fréquence instantanée d’environ 100 par minute.
Figure 8.13. Compressions thoraciques chez le nourrisson
(a) à l’aide de 2 doigts d’une main (b) à l’aide des 2 pouces
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Janvier 2007 CI - 8 - 16 L’arrêt cardiaque
TECHNIQUE 8.2 – VENTILATION ARTIFICIELLE PAR UNE METHODE ORALE
1. Justification
La ventilation par une méthode orale est pratiquée par le secouriste pour pallier un arrêt de la
respiration, uniquement en l’absence de matériel de ventilation artificielle.
Les méthodes orales de ventilation artificielle permettent d’insuffler directement à la victime l’air
rejeté par le secouriste. Cet air contient suffisamment d’oxygène pour rendre ces techniques
efficaces.
Si l’arrêt de la respiration est récent, l’insufflation d’air dans les poumons peut favoriser la
reprise de la respiration.
2. Indications
La ventilation artificielle d’une victime est nécessaire, après avoir libéré les voies aériennes :
- • Si elle ne respire plus (absence de signes de respiration lors des 10 secondes que dure
la recherche) ;
- • Si la fréquence respiratoire est inférieure ou égale à 6 mouvements par minute ;
- • Dans les autres cas, sur ordre d’un médecin.
Plusieurs techniques sont réalisables :
- Chez l’adulte :
- • Le bouche-à-bouche ;
- • Le bouche-à-nez, alternative du bouche-à-bouche particulièrement indiquée si la
bouche de la victime est traumatisée, ne peut pas être ouverte ou si le secouriste a du
mal à obtenir une étanchéité correcte lors du bouche-à-bouche.
- Chez le nourrisson et le nouveau né :
- • Bouche-à-bouche et nez.
- Chez le laryngectomisé :
- • Bouche-à-cou.
En cas de répulsion de la part du secouriste, les compressions thoraciques seront uniquement
pratiquées sans méthode de ventilation artificielle orale dans l’attente de l’arrivée de matériel.
3. Matériel
Pour les techniques de ventilation artificielle par méthode orale, il est préférable que le
secouriste interpose, s’il en possède, un écran facial entre ses voies aériennes et celles de la
victime, particulièrement si la victime a vomi ou si elle présente du sang sur son visage.
Cet écran est composé d’un champ plastique de 20 cm de côté environ, équipé en son centre,
soit d’un morceau de toile perméable à l’air, soit d’une valve anti-retour (fig. 8.14).
Il est posé sur la face de la victime en prenant soin de positionner le centre sur la bouche de la
victime (bouche-à-bouche), le nez (bouche-à-nez) ou le cou (bouche-à-cou) avant de débuter la
ventilation artificielle. Un schéma dessiné sur le plastique peut aider à sa mise en place.
Plié, il n’occupe que très peu de place et peut être mis dans un portefeuille ou dans un porte
clé. L’écran facial doit faire partie de l’équipement individuel de tous les secouristes.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’arrêt cardiaque CI - 8 - 17 Janvier 2007
a b
4. Réalisation
4.1 Bouche-à-bouche
- • Maintenir la tête de la victime en arrière avec une main sur le front et garder le menton
vers le haut avec les doigts de l’autre main, placés en crochet immédiatement sous l’os
du menton.
- • Pincer la partie souple du nez entre le pouce et l’index de la main placée sur le front.
- • Ouvrir la bouche de la victime en maintenant le menton vers le haut.
- • Appliquer les lèvres autour de la bouche de la victime.
- • Souffler progressivement dans la bouche de la victime pendant 1 seconde jusqu'à
obtenir un début de soulèvement de la poitrine (fig. 8.15a).
- • Maintenir la tête de la victime en arrière et le menton vers le haut, se redresser
légèrement, tout en regardant la poitrine de la victime s’affaisser ; l’expiration de la
victime est passive (fig. 8.15b).
- • Prendre une inspiration et renouveler la séquence.
a b
4.2 Bouche-à-nez
- • Se placer à côté de la victime, près de son visage.
- • Avec la main placée sur le front, maintenir la tête basculée en arrière.
- • Avec l’autre main, soulever le menton sans appuyer sur la gorge et tenir la bouche de
la victime fermée, le pouce appliquant la lèvre inférieure contre la lèvre supérieure pour
éviter les fuites.
Figure 8.14 : Ecran facial
Figure 8.15 : Bouche-à-bouche (a) insufflation, (b) expiration)
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 8 - 18 L’arrêt cardiaque
- • Appliquer la bouche largement ouverte autour du nez de la victime.
- • Insuffler progressivement en 1 seconde jusqu'à ce que la poitrine commence à se
soulever (fig. 8.16a).
- • Se redresser légèrement, reprendre son souffle tout en regardant la poitrine de la
victime s’affaisser (fig. 8.16b).
a b
4.3 Bouche-à-bouche et nez
Chez le nourrisson et le nouveau né, le bouche-à-bouche
et nez est la technique de ventilation artificielle qu’il faut
réaliser en l’absence de matériel d’insufflation (fig. 8.17).
Cette technique se distingue de celle du bouche-àbouche,
car :
- • Le secouriste englobe, avec sa bouche, à la fois la
bouche et le nez de la victime ;
- • Le volume des insufflations est beaucoup plus
faible que chez l’adulte, juste pour voir la poitrine
commencer à se soulever.
4.4 Bouche à cou
Pour des raisons médicales ou chirurgicales, certaines personnes ont la trachée mise
directement en communication avec l’extérieur par un orifice situé sur la face antérieure et à la
base du cou. La ventilation artificielle doit alors être réalisée à travers cet orifice. Cette
technique est appelée bouche à cou.
- • Si un orifice est repéré à la base du cou, garder la tête de la victime dans l’alignement,
ne pas la basculer en arrière.
- • Examiner l’orifice et essuyer les mucosités.
- • Placer la bouche directement autour de l’orifice et réaliser la ventilation artificielle
comme s’il s’agissait d’un bouche-à-bouche. Si possible, interposer un écran facial.
- • Si la poitrine de la victime ne se soulève pas, il se peut qu’il existe une communication
entre l’orifice, la bouche et le nez de la victime. Il faut alors obstruer la bouche de la
victime et son nez pour réaliser le bouche-à-cou.
Figure 8.16 : Bouche-à-nez (a) insufflation, (b) expiration)
Figure 8.17
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’arrêt cardiaque CI - 8 - 19 Janvier 2007
5. Risques
La méthode choisie ne sera efficace que si les voies aériennes de la victime sont et restent
libres.
Il faut éviter deux erreurs :
- • Exécuter les mouvements selon une fréquence trop rapide ;
- • Régler les mouvements sur sa propre respiration, car la fréquence en est augmentée
par l’effort et l’émotion.
Il faut donc pratiquer la ventilation artificielle posément, régulièrement, en ménageant ses
forces.
Une insufflation trop rapide et/ou d’un volume d’air trop important peut entraîner un passage de
l’air dans l’estomac (distension) et secondairement une régurgitation de son contenu. Ceci est
plus fréquent chez l’enfant et le nouveau né qui nécessitent des volumes d’air beaucoup moins
importants que l’adulte.
Une régurgitation de liquide de l’estomac dans les voies aériennes de la victime entraîne un
encombrement des voies aériennes, compromet les manoeuvres de réanimation et la survie de
la victime.
6. Evaluation
La ventilation artificielle est efficace lorsque le secouriste obtient un début de soulèvement de la
poitrine de la victime à chaque insufflation.
7. Points clés
Pour réaliser une insufflation par une méthode orale :
- • Les voies aériennes doivent être libres (bascule de la tête en arrière et/ou élévation du
menton).
- • Une étanchéité correcte doit être obtenue entre la bouche du secouriste et la face de la
victime (absence de fuite).
- • Chaque insufflation doit permettre d’obtenir un début de soulèvement de la poitrine.
- • L’insufflation doit durer 1 seconde.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 8 - 20 L’arrêt cardiaque
TECHNIQUE 8.3 – VENTILATION ARTIFICIELLE A L’AIDE D’UN MASQUE DE POCHE
1. Justification
Le bouche-à-bouche est plus facile sans barrière protectrice entre le secouriste et la victime et
le risque de transmission de maladie au secouriste est infime. Néanmoins, si le contact direct
avec la victime répugne le secouriste, un dispositif de protection peut être utilisé.
2. Indications
L’utilisation d’un masque de poche évite le contact direct de la victime avec le secouriste ce
qui est préférable pour un secouriste si un insufflateur manuel n’est pas immédiatement
disponible.
3. Matériel
Contenu dans un étui, le masque de poche est constitué (fig. 8.18) de :
- • Un masque transparent de forme triangulaire, plié, équipé d’un bourrelet destiné à
assurer l’étanchéité entre le masque et la face de la victime et d’un embout protégé par
un filtre et destiné à recevoir la valve d’insufflation.
- • Une valve d’insufflation qui permet le passage de l’air du secouriste vers la victime et le
rejet de l’air de la victime vers l’extérieur.
Figure 8.18 : le masque de poche
1- Masque transparent
2- Bourrelet
3- Embout avec filtre
4- Cordon élastique de fixation
5- Boîte de protection
4. Réalisation
4.1 Chez l’adulte et l’enfant
Sortir le masque de sa boîte et tirer sur l'embout pour le déplier. Fixer la valve sur l'embout.
Se placer sur le côté de la tête de la victime.
- • Placer la pointe du masque à la racine du nez et la base entre la lèvre inférieure et le
menton de la victime pour recouvrir la bouche et le nez (fig. 8.19 a). Maintenir la tête de
la victime basculée en arrière. Si le masque est équipé d'un système de maintien, le
faire glisser derrière la tête (fig. 8.19 b).
- • Avec la main côté front, presser la pointe du masque contre le visage, avec le pouce et
l'index en forme de «C ». Placer le pouce de la main qui soulève le menton le long de la
partie inférieure du masque. Appuyer le masque sur le visage de la victime tout en
élevant le menton vers le haut (fig. 8.19c).
- • Insuffler l'air dans la valve prévue à cet effet (fig. 8.19d).
3
1
4
2
5
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’arrêt cardiaque CI - 8 - 21 Janvier 2007
a b
c d
5. Procédure d’entretien après utilisation
Le masque de poche utilisé comme moyen de ventilation artificielle est un appareil qui n’est pas
échangeable entre secouristes sur une intervention. Chaque secouriste doit donc être équipé
d’un masque de poche individuel.
Le masque de poche et la valve anti-retour sont à usage unique.
6. Risques
Ils sont les mêmes que pour les techniques de ventilation artificielle orale (fiche technique 8.2).
Une mauvaise application du masque de poche peut entraîner des fuites d’air qui limitent
l’efficacité de la technique de ventilation artificielle.
7. Evaluation
La ventilation artificielle est efficace lorsque le secouriste obtient un début de soulèvement de la
poitrine de la victime à chaque insufflation.
8. Points clés
Pour réaliser une insufflation à l’aide d’un masque de poche :
- • Les voies aériennes doivent être libres (bascule de la tête en arrière et/ou élévation du
menton).
- • Une étanchéité correcte doit être obtenue entre le masque et la face de la victime
(absence de fuite).
- • Chaque insufflation doit permettre d’obtenir un soulèvement de la poitrine.
- • L’insufflation doit durer 1 seconde.
Figure 8.19 : Utilisation du masque de poche
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 8 - 22 L’arrêt cardiaque
TECHNIQUE 8.4 – VENTILATION ARTIFICIELLE AVEC UN INSUFFLATEUR MANUEL
1. Justification
L’utilisation correcte d’un insufflateur manuel permet d’augmenter l’efficacité de la ventilation
artificielle et permet aussi l’administration d’oxygène (technique 9.2)
Elle entraîne une fatigue moindre du secouriste.
L’utilisation d’un insufflateur manuel évite la réalisation d’une méthode de ventilation artificielle
orale, ce qui est préférable pour un secouriste.
2. Indications
Le secouriste réalisera de préférence une ventilation artificielle à l’aide d’un insufflateur manuel
si la victime ne respire plus ou si la fréquence respiratoire est inférieure ou égale à 6
mouvements par minute. Les méthodes orales de ventilation artificielle ne sont utilisées que si
le secouriste est seul et sans matériel ou si le matériel à disposition est défaillant.
3. Matériel
L’insufflateur manuel (fig. 8.20) permet de réaliser une ventilation artificielle. Il est actionné par
la main du secouriste. Seuls les insufflateurs manuels avec ballon auto-remplisseur sont utilisés
par les secouristes.
3.1 L’insufflateur manuel comporte :
- Un ballon auto-remplisseur souple, élastique d’un volume
de 1 à 1,8 litres chez l’adulte et qui reprend automatiquement
sa forme quand on cesse d’appuyer sur lui. Il existe en
fonction du volume du ballon plusieurs modèles destinés à
l’enfant (0,5 litre) et au nourrisson (0,3 litre) ;
- Une valve d’admission d’air ou d’oxygène, qui empêche le
retour du gaz contenu dans le ballon vers l’extérieur ;
Figure 8.20 : Insufflateurs manuels
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’arrêt cardiaque CI - 8 - 23 Janvier 2007
- Un ballon réserve destiné à accumuler l’oxygène pendant
l’insufflation (son fonctionnement sera décrit à la fiche
technique 9.2) ;
- Une valve séparatrice des gaz insufflés et des gaz expirés,
contenu dans une pièce en « T », qui oriente les gaz frais du
ballon vers la victime quand le secouriste appuie sur le ballon
et oriente les gaz expirés par la victime vers l’extérieur quand
le secouriste relâche le ballon ;
- Un dispositif de raccordement à la victime qui est soit un
masque, soit une sonde d’intubation placée par un médecin.
Le masque est destiné à être appliqué sur le visage de la victime autour de la bouche et du nez.
Habituellement translucide (il existe des masques opaques) et de forme triangulaire chez
l’adulte et l’enfant, ou circulaire chez le nourrisson, il est équipé d’un bourrelet destiné à assurer
l’étanchéité entre le masque et la face de la victime. L’orifice supérieur permet de raccorder le
masque à la pièce en « T ».
Il existe 3 à 7 tailles de masques allant de l’adulte au nourrisson (fig. 8.21).
La mise en place sur le visage et le maintien correct du masque (étanchéité et respect de
l’élévation de la mâchoire inférieure de la victime) nécessite une technique précise à une ou
deux mains.
Certains modèles de masques et d’insufflateurs manuels sont à usage unique. Si ce n’est pas
le cas, il est recommandé de mettre, entre le ballon et le masque un filtre anti-bactérien si
l’ensemble ne peut être stérilisé après chaque utilisation (fig. 8.22).
Figure 8.21 : Masques de tailles différentes
Figure 8.22 : Insufflateur manuel équipe d’un filtre anti-bactérien
Filtre
Antibactérien
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’arrêt cardiaque CI - 8 - 23 Janvier 2007
3.2 Fonctionnement
Quand la main du secouriste exerce une pression sur le ballon, le gaz contenu est insufflé dans
les poumons de la victime car la pression du ballon bloque la valve d’admission (fig. 8.23 a).
a b
5. Réalisation
Pour permettre une bascule correcte de la tête, le secouriste doit être à une distance suffisante.
5.1 Mise en place et maintien du masque à une main
- • Choisir un masque de taille adaptée et le connecter
à la pièce en « T » de l’insufflateur manuel.
- • Se placer dans le prolongement de la tête de la
victime, l’insufflateur manuel à sa portée.
- • S’assurer de la bascule de la tête en arrière et/ou
maintenir d’une main la mâchoire inférieure de la
victime en l’air.
- • De l’autre main, saisir l’ensemble ballon masque et
placer la partie étroite bien médiane à la racine du
nez.
- • Rabattre le masque vers le menton pour appliquer son pourtour sur le visage de la
victime.
- • Placer le pouce de la main qui maintient le masque sur sa partie étroite au dessus du
nez de la victime, exercer une pression.
- • L’index se place sur la partie large du masque (au-dessus de la lèvre inférieure de la
victime) alors que les autres doigts viennent se placer en crochet sous le menton et le
tirent vers le haut pour l’appliquer contre le masque et maintenir les voies aériennes de
la victime libres (fig. 8.24).
En finalité, le pouce exerce une pression vers le bas alors que les autres doigts exercent une
traction du menton vers le haut. Cette saisie du masque et du menton de la victime sous forme
de « pince » de la main du secouriste est l’élément essentiel qui permet d’assurer l’étanchéité
du masque sur le visage de la victime tout en maintenant les voies aériennes libres.
5.2 Mise en place et maintien du masque à deux mains
Cette technique est rendue nécessaire par le manque d’étanchéité de la ventilation pour des
raisons techniques ou des raisons anatomiques. La fuite est constatée par un bruit au niveau du
bourrelet du masque.
Figure 8.23 : Fonctionnement de l’insufflateur manuel (a) insufflation – (b) expiration
AIR
AIR
AIR
VICTIME
Figure 8.24
AIR
VICTIME
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 8 - 26 L’arrêt cardiaque
- • Se placer à la tête de la victime, l’insufflateur
manuel à sa portée.
- • S’assurer de la liberté des voies aériennes, menton
tiré vers le haut.
- • Comme précédemment, l’index de la première main
est placé sur la partie large du masque (au dessus
de la lèvre inférieure de la victime) alors que les
autres doigts viennent se placer en crochet sous le
menton et le tirent vers le haut pour venir l’appliquer
contre le masque tout en maintenant les voies
aériennes de la victime libres (fig. 8.25).
- • L’autre main vient se placer en symétrie de la première.
- • S’assurer de la bascule de la tête en arrière.
5.3 Pratique de l’insufflation à un secouriste
- • Choisir un masque de taille adaptée au visage de la victime.
- • Connecter le masque au ballon auto-remplisseur.
- • Placer et maintenir à l’aide d’une main le masque sur le visage de la victime (voir cidessus).
- • Avec l’autre main, empaumer le ballon dans sa partie centrale et le comprimer
progressivement en rapprochant les doigts.
- • Regarder la poitrine. Dès qu'elle commence à se soulever, le volume insufflé est
suffisant.
- • Lâcher le ballon tout en maintenant le masque. La poitrine de la victime s’abaisse alors
que l’air sort de ses poumons.
- • Appuyer sur le ballon une nouvelle fois et ainsi de suite pour obtenir une ventilation
artificielle efficace.
La difficulté de cette technique est liée à la nécessité :
- • De maintenir les voies aériennes libres (menton vers le haut) et d’obtenir une bonne
étanchéité pour limiter les fuites d’air avec une seule main ;
- • De réaliser une pression régulière sur le ballon auto-remplisseur avec l’autre main.
Cette technique requiert un entraînement régulier.
5.4 Pratique de l’insufflation à deux secouristes
Un secouriste maintient le masque sur le visage de la victime à deux mains en maintenant le
menton élevé et la bouche de la victime ouverte. L’autre secouriste comprime régulièrement le
ballon à une main comme ci-dessus. Cette technique permet d’obtenir une meilleure étanchéité
et est plus facile à réaliser.
NB : L’insufflateur manuel peut être directement relié à un tube d’intubation mis en place par un
médecin. Le secouriste peut être amené à ventiler une victime intubée à l’aide d’un insufflateur
manuel. Pour cela, il respectera les recommandations données par le médecin sur place.
Figure 8.25
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’arrêt cardiaque CI - 8 - 27 Janvier 2007
6. Procédure d’entretien après utilisation
Si le ballon est à usage unique, celui-ci doit être traité comme un déchet d’activité de soin.
Dans le cas contraire, après utilisation :
- • Le masque doit être lavé, séché et désinfecté ;
- • En l’absence de filtre antibactérien, l’insufflateur manuel doit être démonté, lavé,
séché, désinfecté et contrôlé avant d’être remonté correctement pour une nouvelle
utilisation.
Les parties à usage unique (filtres antibactériens) sont remplacées. La plupart des insufflateurs
manuels peuvent être stérilisés.
En ce qui concerne le stockage, le secouriste veillera à :
- • Ne pas comprimer ou écraser le ballon ;
- • Le préserver des chocs ;
- • Préserver son sac de protection de toute altération extérieure ;
- • Toute altération du bourrelet du masque doit faire changer de masque.
7. Risques
L’insufflation ne doit pas être trop brève ni trop brutale au risque d’ouvrir l’oesophage et
d’insuffler de l’air dans l’estomac de la victime. Cette insufflation d’air dans l’estomac
entraînerait un reflux du contenu gastrique dans le pharynx puis dans les poumons.
Si au cours de la ventilation artificielle une victime présente un vomissement, il faut
immédiatement interrompre la ventilation, tourner la victime sur le coté, dégager aux doigts les
débris alimentaires solides et volumineux, aspirer les liquides de la bouche de la victime, si un
aspirateur est disponible, puis la remettre sur le dos avant de reprendre la ventilation artificielle.
8. Evaluation
La ventilation artificielle est efficace lorsque le secouriste obtient un début de soulèvement de la
poitrine de la victime à chaque insufflation.
9. Points clés
Pour réaliser une ventilation artificielle à l’aide d’un insufflateur manuel :
- • Les voies aériennes doivent être libres (bascule de la tête en arrière et/ou élévation du
menton).
- • Une étanchéité correcte doit être obtenue entre le masque et la face de la victime
(absence de fuite).
- • Chaque insufflation doit permettre d’obtenir un soulèvement de la poitrine.
- • L’insufflation doit durer 1 seconde.
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 8 - 28 L’arrêt cardiaque
TECHNIQUE 8.5 – LA CANULE ORO-PHARYNGEE
1. Justification
La canule oro-pharyngée permet de compléter la liberté des voies aériennes pour assurer plus
facilement la ventilation artificielle au masque chez une victime en arrêt cardiaque.
2. Indications
La mise en place d’une canule oro-pharyngée est autorisée si la victime présente un arrêt
cardiaque et que le secouriste a des difficultés à maintenir les voies aériennes de la victime
libres pour réaliser une ventilation artificielle à l’aide d’un masque et d’un insufflateur manuel.
Une équipe médicale peut mettre en place une canule oro-pharyngée dans d’autres
circonstances.
Dans tous les autres cas, l’introduction dans la bouche d’une victime d’une canule oropharyngée
par un secouriste risque de déclencher un vomissement et le passage de
vomissures dans les voies aériennes.
3. Matériel
Constituée en plastique, la canule comprend (fig. 8.26) :
- • Une collerette (1) qui se posera sur les lèvres
de la victime et qui facilite son maintien en
place.
- • Une partie droite (2), courte et renforcée, qui
se placera entre les dents pour éviter un
écrasement.
- • Une partie courbe (3) et longue qui se placera
au dessus et en arrière de la langue pour
l’empêcher de basculer en arrière dans le
pharynx.
La canule oro-pharyngée est à usage unique.
4. Réalisation
Avant d’installer une canule oro-pharyngée, il est indispensable de choisir correctement sa
taille. La canule doit avoir une taille égale à la distance : incisives de la victime à l’angle de la
mâchoire (fig. 8.27).
Figure 8.27 : Mesure de la longueur de la canule
Figure 8.26
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
L’arrêt cardiaque CI - 8 - 29 Janvier 2007
4.1 Chez l’adulte
- • Ouvrir la bouche de la victime avec une main et maintenir la mâchoire inférieure vers
l’avant ;
- • Introduire la canule dans la bouche de la victime, concavité vers le nez, en prenant
soin de ne pas entraîner la langue en arrière, jusqu'à ce que l’extrémité butte sur le
palais (fig. 8.28 a) ;
- • Effectuer une rotation de 180° de la canule tout en continuant de l’enfoncer doucement
dans la bouche, jusqu'à ce que la collerette se trouve sur les lèvres (fig. 8.28 b).
a b
c d
4.2 Chez l’enfant
- • Ouvrir la bouche de la victime avec une main et maintenir la mâchoire inférieure vers
l’avant ;
- • Introduire la canule dans la bouche de la victime, concavité vers le menton en prenant
soin de ne pas entraîner la langue en arrière ;
- • Continuer d’enfoncer doucement la canule dans la bouche jusqu'à ce que la collerette
se trouve sur les lèvres.
5. Risques
Une mise en force de la canule peut entraîner des lésions (plaies) de la bouche de la victime,
dont le saignement provoque l’encombrement des voies aériennes.
Mise en place chez une victime qui n’est pas en arrêt cardiaque, elle peut être à l’origine de la
survenue de vomissements et de l’inhalation de vomissures qui compromettent la survie de la
victime.
Figure 8.28 : Pose d’une canule oro-pharyngée
PREMIERS SECOURS EN ÉQUIPE DE NIVEAU 1
Janvier 2007 CI - 8 - 30 L’arrêt cardiaque
La mise en place d’une canule ne doit prendre que quelques secondes et ne pas retarder
le début de la ventilation artificielle.
La présence d’une canule oro-pharyngée n’empêche pas l’aspiration.
6. Evaluation
Une fois mise en place, la ventilation artificielle de la victime est facilitée par la canule oropharyngée.
7. Points clés
- • La mise en place de la canule oro-pharyngée doit se faire sans aucune résistance.