PSC1 - 2
PSC1 - 2
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
La victime s’étouffe I - 3 - 1 Janvier 2007
PARTIE 3
LA VICTIME S’ÉTOUFFE
1. OBJECTIFS
A la fin de cette partie, vous serez capable de :
Identifier l’obstruction des voies aériennes totale ou partielle ;
Réaliser l’enchaînement des techniques qui permettent d’obtenir une désobstruction
des voies aériennes chez l’adulte, l’enfant et le nourrisson en cas d’obstruction totale ;
Indiquer la conduite à tenir que vous devez adopter devant une victime qui présente
une obstruction partielle des voies aériennes.
2. SITUATION
La respiration spontanée de la victime consciente est brutalement empêchée.
3. DÉFINITION
Le mouvement de l’air entre l’extérieur et les poumons est brutalement empêché du fait d’une
obstruction plus ou moins complète des voies aériennes.
4. RISQUES
Les voies aériennes permettent le passage de l’air de l’extérieur vers les poumons et
inversement. Si ce passage est interrompu ou fortement limité, l’oxygène n’atteint pas ou
insuffisamment les poumons et la vie de la victime est immédiatement menacée.
5. SIGNES
La victime est le plus souvent en train de manger ou,
s’il s’agit d’un enfant, en train de jouer avec un objet
porté à sa bouche.
Brutalement,
elle porte les mains à
sa gorge (fig. 3.1).
Le secouriste, présent à ses côtés, doit immédiatement
lui demander :
«
Est-ce que tu t’étouffes ?
»
Figure 3.1
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
Janvier 2007 I - 3 - 2 La victime s’étouffe
5.1 L’obstruction est totale
(
les voies aériennes (VA) sont obstruées totalement ou presque
totalement
)
La victime :
Ne peut plus parler
et/ou fait un signe « oui » de la tête.
Ne peut pas crier
s’il s’agit d’un enfant.
Aucun son n’est audible.
Garde la bouche ouverte.
Ne peut pas tousser.
Ne peut pas respirer
.
S’agite.
Si aucun geste de secours efficace n’est réalisé la victime :
Devient bleue (cyanose). Ce phénomène est plus rapide chez l’enfant ;
Perd connaissance.
5.2 L’obstruction est partielle
(la respiration reste possible)
La victime :
Parle ou crie (s’il s’agit d’un enfant) et peut répondre « Oui, je m’étouffe !
» ou bien
«
J’ai avalé de travers !
» ;
Tousse vigoureusement ;
Respire avec parfois un bruit sur ajouté.
6. CONDUITE À TENIR
6.1 L’obstruction totale
La victime se présente habituellement debout ou assise :
Laisser la victime dans la position où elle se trouve ;
Désobstruer les voies aériennes en lui donnant
5 claques vigoureuses dans le dos
(voir technique chapitre 8.1) ;
En cas d’inefficacité des claques dans le dos,
réaliser 5 compressions abdominales
selon la méthode décrite par HEIMLICH (voir technique chapitre 8.2) ;
En cas d’inefficacité, réaliser à nouveau 5 claques vigoureuses dans le dos puis
5
compressions abdominales,
et ainsi de suite ;
Arrêter les manoeuvres dès que la désobstruction
est obtenue.
6.1.1 Les manoeuvres de désobstruction sont efficaces
Le corps étranger peut se dégager progressivement au cours des différentes tentatives ;
l’efficacité de ces manoeuvres peut s’évaluer sur :
Le rejet du corps étranger ;
L’apparition de toux ;
La reprise de la respiration.
La victime s’étouffe I - 3 - 3 Janvier 2007
Après rejet du corps étranger, le sauveteur doit parler à la victime, l’installer dans la position où
elle se sent le mieux, desserrer ses vêtements si c’est nécessaire, la réconforter et
demander
un avis médical
.
6.1.2 L’obstruction persiste malgré tout
(La victime devient inconsciente) :
Faire alerter les secours d’urgence ;
Réaliser une réanimation cardio-pulmonaire en débutant immédiatement par les
compressions thoraciques sans auparavant rechercher les signes de vie (voir partie 6).
6.2 L’obstruction partielle
Si l’obstruction des VA n’est pas totale (ou quasi totale), la victime est bien souvent capable
d’expulser elle-même le corps étranger.
En aucun cas, le secouriste ne doit pratiquer les techniques de désobstruction décrites cidessus,
car elles ne sont pas inoffensives et peuvent mobiliser le corps étranger, provoquer une
obstruction totale des VA et un arrêt de la respiration.
Installer la victime dans la position où elle se sent le mieux, le plus souvent assise ;
Encourager la victime à tousser pour rejeter le corps étranger ;
Demander un avis médical ;
Surveiller attentivement la respiration de la victime. Si celle-ci s’arrête, pratiquer alors
les manoeuvres de désobstruction comme décrites ci-dessus (paragraphe 6.1).
7. JUSTIFICATION
Ces techniques doivent permettre de rejeter le corps étranger bloqué dans les voies aériennes
de la victime et restaurer un libre passage de l’air ou ne pas aggraver la situation.
8. TECHNIQUES
8.1 Les claques dans le dos
Se placer sur le côté et légèrement en arrière de
la victime ;
Soutenir son thorax avec une main et la pencher
suffisamment en avant pour que le corps étranger
dégagé sorte de la bouche plutôt que de
retourner dans les voies aériennes ;
Lui donner 5 claques vigoureuses
dans le dos,
entre les deux omoplates avec le plat de l’autre
main ouverte (fig. 3.2) ;
Arrêter les claques dans le dos dès que la
désobstruction est obtenue.
Le but des claques dans le dos de la victime est de provoquer un mouvement de toux, de
débloquer et d’expulser le corps étranger qui obstrue les voies aériennes.
Figure 3.2
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
Janvier 2007 I - 3 - 4 La victime s’étouffe
Chez l’enfant
, la technique des claques dans le dos est identique à l’adulte. Toutefois, elle est
améliorée si la tête de l’enfant est placée encore plus vers le bas. Pour cela, le secouriste peut
s’asseoir et basculer l’enfant au-dessus de son genou pour réaliser les claques dans le dos. Si
ce n’est pas possible, il réalisera la technique comme chez l’adulte.
Claques dans le dos : points clés
Pour être efficaces, les claques dans le dos sont données :
- Entre les deux omoplates ;
- Avec le plat de la main ;
- De façon vigoureuse (ou sèche).
8.2 Les compressions abdominales : méthode de HEIMLICH
Se placer derrière la victime, contre son dos, (en fléchissant les genoux pour être à sa
hauteur si la victime est assise), passer les bras sous les siens de part et d’autre de la
partie supérieure de son abdomen ;
S’assurer que la victime est bien penchée en avant pour que le corps étranger sorte de
la bouche plutôt que de retourner dans les voies aériennes ;
Mettre le poing sur la partie supérieure de l’abdomen, au creux de l’estomac, au
dessus du nombril et en dessous du sternum. Ce poing doit être horizontal, le dos de la
main tourné vers le haut (fig. 3.3) ;
Placer l’autre main sur la première, les avant-bras n’appuyant pas sur les côtes ;
Tirer franchement en exerçant une pression vers l’arrière et vers le haut ; le corps
étranger devrait se débloquer et sortir de la bouche de la victime ;
Si le corps étranger n’est pas délogé,
répéter cette manoeuvre jusqu’à 5 fois ;
Si le corps étranger n’est pas rejeté, il peut
être resté dans la bouche de la victime ;
dans ce cas, il faut le rechercher et le retirer
prudemment avec les doigts.
Le but de cette manoeuvre est de comprimer l’air
contenu dans les poumons de la victime et
d’expulser le corps étranger hors des voies
aériennes par un effet de « piston ». Suivant
l’importance et la position du corps étranger,
plusieurs pressions successives peuvent être
nécessaires pour l’expulser.
Compressions abdominales : points clés
Pour être efficaces, les compressions abdominales :
- Sont données en position correcte ;
- Dans une direction conforme ;
- Avec une force suffisante.
Figure 3.3
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
La victime s’étouffe I - 3 - 5 Janvier 2007
8.3 Obstruction totale des voies aériennes chez le nourrisson
Si un nourrisson présente une obstruction brutale et totale des voies aériennes par un corps
étranger, la séquence d’action est la suivante :
8.3.1 Réaliser 5 claques dans le dos (fig. 3.4) :
Coucher le nourrisson tête penchée en avant à califourchon sur l’avant-bras, de façon
à ce que sa tête soit plus basse que le thorax et facilite la sortie du corps étranger ;
maintenez la tête avec les doigts de part et d’autre de la bouche tout en évitant
d’appuyer sur sa gorge ;
Donner 5 claques dans le dos, entre les deux omoplates, avec le plat de la main
ouverte.
Après les 5 claques dans le dos, si le corps étranger n’a pas été rejeté, procéder comme ciaprès.
Figure 3.4 : Désobstruction des voies aériennes chez le nourrisson :
Claques dans le dos, retournement et compressions thoraciques.
8.3.2 Réaliser 5 compressions thoraciques :
Après avoir réalisé les 5 claques dans le dos, placer votre avant-bras contre le dos de
l’enfant et votre main sur sa tête. Le nourrisson est alors entre vos deux avant bras et
vos deux mains ;
Le retourner sur le dos tout en le maintenant fermement. L’allonger tête basse sur
votre avant-bras et votre cuisse ;
Placer la pulpe de 2 doigts d’une main, au milieu de la poitrine, une largeur de doigt au
dessous d’une ligne droite imaginaire réunissant les mamelons du nourisson (la
position des doigts est identique à celle des compressions thoraciques lors de l’arrêt
cardiaque du nourrisson) ;
Effectuer 5 compressions plus lentement et plus profondément que les compressions
thoraciques réalisées au cours de la RCP ;
Après les 5 claques dans le dos et les 5 compressions thoraciques, vérifier que le
corps étranger n’est pas dans la bouche ;
Retirer le corps étranger délicatement, s’il est visible et accessible ;
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
Janvier 2007 I - 3 - 6 La victime s’étouffe
Si le corps étranger est rejeté
, parler continuellement au nourrisson pour le calmer ;
Si le corps étranger n’est pas rejeté
:
- Répéter le cycle successivement en alternant les claques dans le dos avec les
compressions thoraciques ;
- Faire alerter les secours d’urgence ;
- Continuer jusqu'à obtenir une désobstruction des voies aériennes ;
- Si le nourrisson devient inconscient, réaliser une réanimation cardio-pulmonaire
en débutant immédiatement par les compressions thoraciques sans auparavant
rechercher les signes de vie (voir partie 6).
Les compressions thoraciques sont très efficaces chez le nourrisson du fait de la souplesse du
thorax. Les compressions abdominales ne sont pas recommandées, car elles peuvent entraîner
une lésion des organes de l’abdomen.
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
9. SCHÉMA GÉNÉRAL DE L’ACTION DE SECOURS
LA VICTIME S'ETOUFFE
->
DESOBSTRUER LES VOIES AERIENNES
Est ce que vous vous étouffez ?
La victime parle - t - elle ?
OUI
- Encourager la toux
- Garder la position
- Demander un avis médical
NON
-5 claques dans le dos
Parle-t-elle ?
OUI
- Encourager la toux
- Garder la positin
- Demander un avis médical
NON
- 5 compression de l'abdomen (adulte et enfant)
- 5 compressions thoraciques (nourrisson)
Parle-t-elle ?
OUI
- Encourager la toux
- Garder la position
- Demader un avis médical
NON
La victime réagit-elle ? (conscience)
OUI
Revenir à "5 claques dans le dos"
NON
- Alerter les secours
- Allonger la victime
- Réaliser es compressions thoraciques
Voir partie 6
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
La victime saigne abondamment I - 4 - 1 Janvier 2007
PARTIE 4
LA VICTIME SAIGNE ABONDAMMENT
1. OBJECTIFS
A la fin de cette partie, vous serez capable :
En présence d’une personne qui présente un saignement abondant, de réaliser une
compression directe de l’endroit qui saigne, en vous protégeant les mains si possible.
De choisir le geste et/ou la position la plus adaptée pour éviter l’aggravation d’une
victime qui saigne du nez ou bien qui vomit ou crache du sang.
2. SITUATION
La victime présente un saignement abondant visible par le sauveteur.
3. DÉFINITION
Une perte de sang provient d’une plaie ou d’un orifice naturel.
Quand cette perte de sang est abondante ou prolongée, on parle d’hémorragie.
4. RISQUES
La perte abondante ou prolongée de sang conduit à une détresse qui menace immédiatement
ou à très court terme la vie d’une victime.
Tout saignement nécessite une action de secours immédiate, rapide et efficace.
Pour appuyer sur une plaie, il convient, si possible, de protéger sa main afin d’éviter la
transmission de maladies infectieuses.
5. SIGNES
On distingue deux cas, lorsqu’une victime présente
une perte de sang par une plaie :
Un saignement dû à une écorchure, éraflure ou abrasion cutanée qui s’arrête
spontanément (voir partie 8) ;
Un saignement abondant ou hémorragie,
qui imbibe de sang un mouchoir de toile ou
de papier en quelques secondes et qui ne s’arrête pas spontanément.
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
Janvier 2007 I - 4 - 2 La victime saigne abondamment
6. CONDUITE À TENIR
Constater l’hémorragie
:
-
L’hémorragie est le plus souvent évidente ;
-
Une hémorragie doit aussi être recherchée sur un blessé car elle peut être
temporairement masquée par la position de la victime ou un vêtement particulier
(manteau, blouson…). Dans ce cas, écarter les vêtements si nécessaire.
Arrêter l’hémorragie immédiatement en comprimant directement l’endroit qui
saigne
quel que soit le lieu de la plaie, main protégée, si possible, avec des gants, un
sac plastique ou à défaut une épaisseur de tissu propre, jusqu’à l’arrivée des secours
(voir techniques : chapitre 8.1) ;
Allonger la victime en position horizontale
. Cette position retarde ou empêche
l’installation d’une détresse liée à la perte importante de sang ;
Faire alerter ou à défaut alerter soi-même les secours ;
Vérifier que l’hémorragie est arrêtée et parler régulièrement à la victime en
attendant les secours ;
Ne pas donner à boire ;
Protéger la victime contre le froid et/ou les imtempéries.
Pendant toute la réalisation de cette conduite à tenir, le sauveteur expliquera à la victime ce qui
se passe pour la réconforter et rechercher sa coopération.
7. JUSTIFICATION
Cette conduite à tenir permet d’arrêter l’hémorragie, limiter la perte de sang de la victime et
éviter l’installation d’une détresse qui peut entraîner le décès d’une victime.
8. TECHNIQUES
8.1 Compression de l’endroit qui saigne
Appuyer directement sur l’endroit qui saigne avec les doigts ou la paume de la main si possible,
en recouvrant sa main d’un sac plastique ou en interposant un linge plié (fig. 10). Le sauveteur
peut se faire aider par un témoin ou la victime pour réaliser cette compression.
Cette technique est facile et rapide et suffit pour arrêter le saignement en comprimant les
vaisseaux qui saignent.
Si le sauveteur doit se libérer, il remplacera la compression manuelle par un tampon de tissu ou
de papier (mouchoir plié, par exemple), maintenu en place par un lien large.
La mise en place de ce tampon relais (fig. 4.2) doit observer les principes suivants :
Le tissu mis à la place doit être propre et recouvrir complètement la plaie qui saigne ;
La substitution de la compression manuelle par le tampon relais doit être la plus rapide
possible ;
Le lien large doit recouvrir complètement le tampon et être assez long pour faire au
moins 2 tours ;
Le lien doit être suffisamment serré, pour garder une pression suffisante sur l’endroit
qui saigne et éviter que le saignement reprenne.
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
La victime saigne abondamment I - 4 - 3 Janvier 2007
Si le tampon relais n’arrête pas totalement
l’hémorragie, il sera complété par la pose d’un
deuxième tampon par-dessus le premier pour
augmenter la compression
En cas d’échec, reprendre la compression manuelle.
Certaines localisations ne permettent pas de fixer le tampon avec un lien large (cou, thorax et
abdomen). Dans ce cas, la compression manuelle doit être maintenue.
Dans tous les cas, la compression de la plaie qui saigne doit être maintenue jusqu’à
l’arrivée des secours, si nécessaire en recherchant la coopération d’une autre personne
ou de la victime.
NB: Des maladies peuvent être transmises par le sang en cas de plaie même minime des
mains du sauveteur. Dans ce cas, il convient :
De se protéger par le port de gants ou en interposant un morceau de plastique, au
mieux en glissant sa main dans un sac imperméable ;
De toujours se laver les mains, les désinfecter (eau de javel, dakin…) et retirer les
vêtements souillés de sang le plus tôt possible après que l’action de secours soit
terminée ;
D’éviter de porter les mains à la bouche, au nez ou aux yeux ou de manger avant de
s’être lavé les mains.
En cas d’inquiétude, à la suite d’un contact avec le sang d’une victime, le sauveteur doit
consulter un service d’urgence.
Compression locale (manuelle ou tampon relais) : points clés
-
La compression doit recouvrir la totalité de la plaie ;
-
La compression doit être suffisante pour arrêter le saignement ;
-
La compression doit être permanente.
Figure 4.1 : Compression avec la main
Figure 4.2 : Le tampon relais
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
Janvier 2007 I - 4 - 4 La victime saigne abondamment
8.2 La victime présente une plaie qui saigne avec corps étranger
La présence du corps étranger contre indique la compression locale. Il faut donc alerter
immédiatement le SAMU – Centre 15 et appliquer les consignes données dans l’attente de
l’arrivée des secours.
Il ne faut en aucun cas enlever le corps étranger, car il diminue le saignement et son retrait
pourrait aggraver la lésion.
8. 3 La victime présente un saignement du nez
On voit le sang sortir par le nez de la victime.
Le saignement est spontané ou provoqué par un choc minime sur le nez. Dans ce cas, le
sauveteur doit :
Laisser la victime assise, tête penchée en avant et ne pas l’allonger
pour éviter
qu’elle avale son sang ;
Lui demander de comprimer avec son doigt la narine qui saigne, pendant 10 minutes
(fig. 4.3) ;
Si le saignement de nez ne s’arrête pas ou se reproduit, l’avis d’un médecin est
nécessaire.
En cas de saignement de nez survenant après une chute ou un coup, alerter les secours
médicalisés et surveiller la conscience.
8.4 La victime vomit ou crache du sang
On voit le sang sortir par la bouche de la victime (vomissements ou crachats). Dans ce cas, le
sauveteur doit :
Alerter immédiatement un médecin ou le SAMU - centre 15. Une hémorragie de ce
type est toujours un symptôme grave, nécessitant un traitement d’urgence ;
Installer la victime en position assise ou demi assise, si elle ne supporte pas la position
allongée ;
Conserver les vomissements ou les crachats, si possible, dans un récipient, pour être
donnés au médecin ;
Parler régulièrement à la victime :
-
Si elle parle, elle est consciente : Continuer de lui parler ;
-
Si elle ne répond plus, elle est inconsciente : Pratiquer les gestes qui s’imposent
(cf. partie 5) et signaler l’aggravation en rappelant les secours.
Figure 4.3 : Comprimer avec le doigt la narine qui saigne.
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
La victime saigne abondamment I - 4 - 5 Janvier 2007
8.5 Autres hémorragies
Toute perte de sang inhabituelle par un orifice naturel nécessite d’allonger la victime, d’alerter le
médecin et de la surveiller sans lui donner à boire.
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
Janvier 2007 I - 4 - 6 La victime saigne abondamment
9. SCHÉMA GÉNÉRAL DE L’ACTION DE SECOURS
La victime saigne
abondamment
-->
Arrêter le saignement
-->
Compression directe locale (main protégée)
Allonger la victime dès que possible
Le sauveteur doit-il se libérer ?
OUI
Pansement compressif
Est-il efficace ?
OUI
- Allonger la victime
- Faire alerter ou alerter les secours
- Surveiller l'arrêt du saignement
NON
2ème pansement compressif
Est-il efficace ?
OUI
- Allonger la victime
- Alerter ou faire alerter les secours
- Surveiller l'arrêt du saignement
NON
Compression directe locale
- Allonger la victime
- Alerter ou faire alerter les secours
- Surveiller l'arrêt du saignement
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
La victime est inconsciente I - 5 - 1 Janvier 2007
PARTIE 5
LA VICTIME EST INCONSCIENTE
1. OBJECTIFS
A la fin de cette partie, vous serez capable de :
Maintenir libres les voies aériennes d’une victime inconsciente qui respire en attendant
l’arrivée des secours d’urgence.
2. SITUATION
La victime ne répond pas aux questions, ne réagit pas mais respire. C’est une urgence.
3. DÉFINITION
La victime ne répond pas aux questions, reste immobile mais respire. Les causes des troubles
de la conscience sont multiples :
Traumatiques ;
Médicales ;
Toxiques.
4. RISQUES
Une personne inconsciente, laissée sur le dos, est toujours exposée à des difficultés
respiratoires, du fait de :
L’obstruction des voies aériennes par la chute de la langue
en arrière (fig. 5.1) ;
L’encombrement des voies aériennes, par l’écoulement dans les voies respiratoires et
les poumons, des liquides présents dans la gorge (salive, sang, liquide gastrique)
entraînant de graves dommages aux poumons.
Cette situation peut évoluer vers l’arrêt respiratoire et
circulatoire en l’absence d’intervention, alors qu’elle
peut, soit ne pas s’aggraver, soit régresser si les gestes
de premiers secours adaptés sont faits dans l’attente
des secours médicalisés.
La respiration naturelle ou artificielle n’est possible que
si les voies aériennes permettent le passage de l’air
sans encombre.
Figure 5.1 : Obstruction des voies aériennes
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
Janvier 2007 I - 5 - 2 La victime est inconsciente
Il est donc nécessaire en priorité d’assurer la liberté des voies aériennes.
5. CONDUITE À TENIR
La victime est le plus souvent étendue sur le dos.
5.1 Réaliser la protection
La prévention du sur accident est un préalable obligatoire à toute action de secours.
La protection étant réalisée, le sauveteur, la victime et les tiers sont en sécurité.
5.2 Rechercher toute détresse évidente qui peut menacer la vie de la victime à court
terme
S’assurer qu’il n’y a pas de saignement visible et important (voir partie 4).
5.3 Apprécier l’état de conscience (fig. 5.2)
Poser une question simple, par exemple :
- « Comment ça va ? » ;
- « Vous m’entendez ? ».
Prendre sa main et lui demander :
- « Serrez-moi la main » ;
- « Ouvrez les yeux ».
La victime ne répond pas ou ne réagit pas : elle est inconsciente.
5.4 Si le sauveteur est seul, appeler « à l’aide »
Cette action permet d’obtenir une aide de la part d’un témoin qui pourra aller alerter les secours.
5.5 Assurer IMMÉDIATEMENT la liberté des voies aériennes
Desserrer ou dégrafer rapidement tout ce qui peut gêner la respiration (boucle de
ceinture, bouton du pantalon, cravate et col) ;
Basculer
doucement la tête de la victime en arrière et élever le menton :
Figure 5.2 : Apprécier l’état de conscience
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
La victime est inconsciente I - 5 - 3 Janvier 2007
- Placer la paume d'une main sur le front pour appuyer vers le bas et incliner la tête en
arrière ;
- Placer 2 ou 3 doigts de l’autre main juste sous la pointe du menton, en prenant appui
sur l’os et non dans la partie molle du menton, pour l’élever et le faire avancer. On peut
éventuellement s’aider du pouce pour saisir le menton (fig. 5.3).
La bascule de la tête en arrière et l’élévation du menton entraînent la langue qui se décolle du
fond de la gorge et permet le passage de l’air.
Liberté des voies aériennes : points clés
Pour assurer la liberté des voies aériennes :
- Le menton doit être tiré vers l’avant ;
- La tête doit être basculée prudemment en arrière et maintenue dans cette position.
5.6 Apprécier la respiration
Se pencher sur la victime, l’oreille et la joue du sauveteur au-dessus de sa bouche et de
son nez, tout en gardant le menton élevé. Rechercher (fig. 5.4) :
-
Avec la joue
: le flux d’air expiré par le
nez et la bouche ;
-
Avec l’oreille
: les bruits normaux ou
anormaux de la respiration (sifflement,
ronflement, gargouillement) ;
-
Avec les yeux
: le soulèvement du ventre
et/ou de la poitrine.
Cette recherche dure 10 secondes au plus.
La poitrine se soulève, d’éventuels bruits et le
souffle de la victime sont perçus, la victime
respire.
Figure 5.3 : Basculer la tête en arrière, élever le menton
Figure 5.4 : Apprécier la respiration
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
Janvier 2007 I - 5 - 4 La victime est inconsciente
5.7 Placer la victime en position latérale de sécurité (PLS)
La victime doit être placée sur le côté par le sauveteur (fig. 5.10).
La position
dans laquelle se
trouve la victime après sa mise sur le côté
doit respecter les principes suivants :
Le retournement de la victime sur le côté doit limiter au maximum les mouvements de la
colonne cervicale ;
La victime se trouve dans une position la plus latérale possible pour éviter la chute de la
langue en arrière et permettre l’écoulement des liquides vers l’extérieur ;
La position est stable ;
Toute compression de la poitrine qui peut limiter les mouvements respiratoires est
évitée ;
La surveillance de la respiration de la victime et l’accès aux voies aériennes sont
possibles.
Le danger de détresse respiratoire prime sur l’éventualité de l’aggravation d’une lésion
traumatique lors de la mise en PLS.
5.8 Alerter ou faire alerter le Samu - centre 15
Si le sauveteur est seul, après avoir mis la victime en PLS, et s’il n’a pas obtenu une aide
de la part d’un témoin, il pourra quitter la victime et aller alerter les secours le plus
rapidement possible ;
Si le sauveteur n’est pas seul, il s’assure à ce moment de l’alerte donnée par le témoin.
5.9 Contrôler la respiration de la victime en attendant l’arrivée des secours
Le sauveteur surveille la respiration toutes les minutes
. Il regarde le ventre et la poitrine
se soulever, écoute d’éventuels sons provoqués par sa respiration ou essaie, avec le plat
de sa main, de sentir le soulèvement du thorax. Si l’état de la victime s’aggrave et que la
respiration s’arrête, le sauveteur doit replacer rapidement la victime sur le dos et
pratiquer les gestes qui s’imposent ;
Protéger la victime contre le froid, la chaleur ou les intempéries.
6. JUSTIFICATION
Cette conduite à tenir permet d’assurer la liberté des voies aériennes de la victime, d’empêcher
la chute de la langue en arrière et le passage de liquides (sécrétions, vomissements…) dans les
voies aériennes, en limitant l’aggravation d’une éventuelle lésion de la colonne cervicale de la
victime.
7. TECHNIQUES
7.1 La position latérale de sécurité
7.1.1 Préparer le retournement de la victime
Retirer les lunettes de la victime si elle en porte.
S’assurer que ses membres inférieurs sont allongés côte à côte. Si ce n’est pas le cas,
les rapprocher délicatement l’un de l’autre, dans l’axe du corps de la victime.
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
La victime est inconsciente I - 5 - 5 Janvier 2007
Placer le bras de la victime le plus proche du côté du sauveteur, à angle droit de son
corps et plier ensuite son coude tout en gardant la paume de sa main tournée vers le
haut (fig. 5.5).
L’alignement des jambes et la position du membre supérieur anticipent la position finale.
Se placer à genoux ou en trépied à côté
de la victime.
D’une main, saisir le bras opposé de la
victime et placer le dos de sa main
contre son oreille, côté sauveteur.
Maintenir la main de la victime pressée
contre son oreille, paume contre paume
(fig 5.6).
Lors du retournement, le maintien de la main de
la victime contre son oreille permet
d’accompagner le mouvement de la tête et de
diminuer la flexion de la colonne cervicale qui
pourrait aggraver un traumatisme éventuel.
Avec l’autre main, attraper la jambe opposée, juste derrière le genou, la relever tout en
gardant le pied au sol.
La saisie de la jambe de la victime au niveau du genou permet de l’utiliser comme « bras de
levier » pour le retournement et permet à un sauveteur, de retourner celle-ci, quelle que soit sa
force physique (fig. 5.7).
Se placer assez loin de la victime au niveau du thorax pour pouvoir la tourner sur le côté
sans avoir à se reculer.
Figure 5.5 : Mise en place du bras
Figure 5.6 : Mise en place de la main sur
l’oreille
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
Janvier 2007 I - 5 - 6 La victime est inconsciente
7.1.2 Retourner la victime
Tirer sur la jambe afin de faire pivoter la victime vers le sauveteur jusqu'à ce que le
genou touche le sol.(fig. 5.8).
Le mouvement de retournement doit être fait sans brusquerie et en un seul temps. Le
maintien de la main sous la joue de la victime permet de respecter l’axe de la colonne
cervicale.
Si les épaules ne tournent pas complètement, le sauveteur peut :
-
Coincer le genou de la victime avec son propre genou, pour éviter que le corps de
la victime ne retombe en arrière sur le sol ;
-
Puis, saisir l’épaule de la victime avec la main qui tenait le genou pour achever la
rotation.
Dégager doucement la main du sauveteur qui est sous la tête de la victime, en
maintenant son coude avec la main qui tenait le genou pour ne pas entraîner la main de
la victime et éviter toute mobilisation de sa tête (fig. 5.9). Veiller en retirant votre main à
préserver la bascule de la tête en arrière.
7.1.3 Stabiliser la victime
Ajuster la jambe située au-dessus de telle sorte que la hanche et le genou soient à angle
droit (fig. 5.10).
Figure 5.7
:
Avant le retournement
Figure 5.8
:
Victime tournée sur le côté
Figure 5.9
:
Dégagement de la main du sauveteur
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
La victime est inconsciente I - 5 - 7 Janvier 2007
La position de la jambe du dessus de la victime permet de stabiliser la PLS.
Ouvrir la bouche avec le pouce et l’index d’une main sans mobiliser la tête, afin de
permettre l’écoulement des liquides vers l’extérieur.
En position sur le côté, les voies aériennes et les mouvements de la respiration doivent pouvoir
être contrôlés.
La mise en position latérale de sécurité pourrait aggraver une éventuelle lésion nerveuse
chez le traumatisé de la colonne vertébrale, en particulier cervicale. Cependant, le risque
d’obstruction des voies aériennes pouvant entraîner un arrêt de la respiration, justifie la
mise sur le coté.
Position latérale de sécurité : points clés
La mise en PLS d’une victime
doit respecter les principes suivants :
-
Le retournement de la victime sur le côté limite au maximum les mouvements de la colonne
cervicale ;
-
Une fois sur le côté, la victime se trouve dans une position la plus latérale possible, tête
basculée en arrière pour éviter la chute de la langue et permettre l’écoulement des liquides
vers l’extérieur ;
-
La position est stable ;
-
Toute compression de la poitrine qui peut limiter les mouvements respiratoires est évitée ;
-
La surveillance de la respiration de la victime et l’accès aux voies aériennes sont possibles.
7.2 Cas particuliers
7.2.1 Le nourrisson et l’enfant
La conduite à tenir pour le sauveteur devant un nourrisson ou un enfant qui ne réagit pas à la
stimulation et qui respire normalement est identique à celle de l’adulte.
7.2.2 La femme enceinte
Toute femme enceinte est, par principe, allongée sur le côté gauche, pour éviter l’apparition
d’une détresse par compression de certains vaisseaux sanguins de l’abdomen.
Figure 5.10 : Position finale
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
Janvier 2007 I - 5 - 8 La victime est inconsciente
7.2.3 Le traumatisé
En cas de lésion thoracique, du membre supérieur ou membre inférieur, le blessé est couché
autant que possible sur le côté atteint.
7.2.4 La victime est retrouvée allongée sur le ventre
Après avoir constaté l’inconscience, mettre la victime sur le dos et libérer les voies aériennes
avant de vérifier sa respiration.
7.2.5 La victime inconsciente présente des convulsions
Pendant la durée des convulsions, ne pas toucher la victime et écarter ce qui pourrait la
blesser. A la fin des convulsions, libérer les voies aériennes, vérifier la présence de la
respiration avant d’installer la victime en PLS.
PRÉVENTION ET SECOURS CIVIQUES DE NIVEAU 1
La victime est inconsciente I - 5 - 9 Janvier 2007
8. SCHÉMA GÉNÉRAL DE L’ACTION DE SECOURS
La victime est
inconsciente
Libérer ses voies aériennes pour lui permettre de respirer
-->
Appeler à l'aide
-->
Libérer les voies aériennes
-->
La victime respire-t-elle ?
NON
Voir partie 6
OUI
- Mettre sur le côté
- Faire alerter
La victime respire-t-elle ? (Toutes les minutes)
NON
Voir partie 6