Minimum vital 7
Minimum vital 7
| Chapitre 7 - Gériatrie |
Sections
Sous-sections
| 7.1 - Attitudes médico-psycho-sociales |
| 7.1.1 - Interrogatoire du malade |
Pour tout renseignement complémentaire, veuillez contacter :
|
7.1 Attitudes médico-psycho-sociales
L'anamnèse est un élément essentiel du diagnostic. De plus, c'est sur le vécu des symptômes que la prise en charge pourra avoir lieu. L'interrogatoire du patient sert également à recueillir la volonté du patient, qu'il faudra respecter autant que faire ce peut, même s'il existe des troubles cognitifs.
La famille et l'entourage sont essentiels pour reconstituer l'anamnèse notamment des troubles cognitifs. Ils seront rencontrés le plus tôt possible.
Maintenir ou améliorer l'autonomie physique est un des objectifs thérapeutiques. Elle s'apprécie sur différents paramètres, physiques, verbaux et instrumentaux. Sa quantification permet l'attribution éventuelle d'une Prestation Spécifique Dépendance par le département, en cas de perte d'autonomie suffisante. La perte d'autonomie physique peut se prévenir par une activité physique régulière. L'immobilisation au lit ou au fauteuil quand elle est nécessaire doit être réduite au minimum.
Au domicile, il est parfois possible de pallier cette perte d'autonomie. Une visite à domicile avec l'assistante sociale et l'ergothérapeute puis la mise en place d'aménagements simples et d'aides techniques (barres de douche, téléalarme, fixation des tapis...) évitent ou retardent ainsi l'institutionnalisation.
L'autonomie psychique est parfois très altérée. Il peut alors être nécessaire de recourir à des mesures de protection des biens telles qu'une sauvegarde de justice (temporaire), une curatelle ou une tutelle.
La qualité de vie représente presque toujours l'objectif prioritaire. Il doit être conçu dans la durée puisque par exemple une femme de 90 ans sur quatre atteindra 100 ans ! Ainsi, il reste utile de dépister et traiter de nombreuses maladies. De plus, des actions de prévention ont un effet bénéfique sensible à court terme (exercice physique, arrêt du tabac...). L'âge ne doit pas être un frein à une procédure thérapeutique efficace. La prise en charge thérapeutique pourra être médicamenteuse, mais également chirurgicale et/ou prothétique : l'appareillage est très souvent possible (appareil auditif, bas de contention).
La fin de vie peut amener à entrer dans une attitude de soins palliatifs, impliquant que l'on va se concentrer sur le confort du patient. Le contrôle et la suppression des symptômes les plus gênants est souvent possible, l'aide d'unité de soins palliatifs doit être demandée autant que nécessaire.
L'institutionnalisation peut être souhaitée par la personne âgée notamment pour sa sécurité individuelle. Elle est cependant souvent un pis-aller plus ou moins imposé au patient, reflétant l'impossibilité d'assurer au patient les besoins de base au domicile et/ou le danger que le patient pourrait faire courir à un tiers. Ses indications doivent être exceptionnelles lorsque le principal motif est l'angoisse de l'entourage à l'idée d'un danger individuel encouru par le patient.
L'institutionnalisation est coûteuse, financée par le patient, les descendants directs et/ou l'aide sociale. Des solutions intermédiaires sont possibles : hôpital de jour, hospitalisation courte de moyen séjour, accueil de jour.
7.2 - Gériatrie par appareil ou grande fonction
Sections
Sous-sections
| 7.1 - Attitudes médico-psycho-sociales |
La polypathologie est l'une des caractéristiques principales des malades âgés, rendant chacun des diagnostics difficiles. Elle peut survenir en cascade, nécessitant des ajustements diagnostiques et thérapeutiques multiples. Le vieillissement des organes, est sauf exception latent à l'état basal. L'existence d'une pathologie chronique dégénérative accélère le vieillissement des organes. Enfin, une agression ou stress au sens large (c'est-à-dire infection, traumatisme, surcharge aiguë, variation de température, etc) peut faire basculer l'organe vieilli dans un état de décompensation. Le prise en charge thérapeutique tiendra compte de ces caractéristiques : une insuffisance fonctionnelle ne sera traitée, le plus souvent, que pendant la durée du facteur d'agression.
Dans le domaine des troubles cognitifs, la plainte fonctionnelle est différente du trouble objectif : les plaintes mnésiques doivent faire l'objet de tests validés afin de rechercher un éventuel trouble objectif. Ensuite, un bilan étiologique standardisé pourra amener à une cause curable.
L'existence d'une plainte mnésique sans trouble mnésique objectif peut révéler une dépression. Celle-ci concernent 5 à 10 % de la population âgée ambulatoire et jusqu'à 30 % des sujets âgés hospitalisés. Ces dépressions peuvent avoir une symptomatologie très variée, peuvent conduire au suicide et doivent être systématiquement traitées.
Les chutes des sujets âgés sont très fréquentes, leur retentissement est traumatique et psychologique. Elles révèlent éventuellement une maladie. Le bilan étiologique doit être minutieux, à la recherche de cause éventuellement multiple, éventuellement curable. (Elle renvoit également au problème de l'autonomie.)
Fréquentes, souvent graves, d'épidémiologie peu connue, elles relèvent d'une antibiothérapie à base d'amoxicilline. En cas d'échec, à l'hôpital, la pratique d'une fibroscopie avec prélèvement bronchique doit être prévue. La kinésithérapie respiratoire doit être associée.
- L'augmentation de la rigidité artérielle avec l'âge entraîne une augmentation de la tension artérielle systolique. On parle d'HTA de type systolique si TAS > 160 mmHg. Les principales classes thérapeutiques d'antihypertenseurs sont capables d'abaisser la morbi-mortalité. Le diagnostic, comme le suivi du traitement, pourra recourir à la MAPA.
- L'insuffisance coronaire du sujet âgé se manifeste souvent par un infarctus du myocarde. Certains passent inaperçus, d'autres sont de symptomatologie trompeuse. La prise en charge doit se faire en service spécialisé, comme chez l'adulte, et utiliser les mêmes moyens thérapeutiques. A l'inverse, des insuffisants coronariens de longue date n'ont souvent plus aucune douleur angineuse. Dans ces conditions, on peut être amené à reconsidérer un traitement au long cours par dérivés nitrés.
- L'insuffisance cardiaque du sujet âgé relève le plus souvent d'une altération de la fonction diastolique avec une insuffisances des facultés de relaxation. Ainsi, la part auriculaire du remplissage du ventricule gauche est augmentée. On comprend alors que la fibrillation auriculaire présente chez 20 % des sujets très âgés, altère les capacités cardiaques. Elle doit faire l'objet d'une tentative de réduction. En cas d'échec, un traitement anti-vitamine K au long cours doit être envisagé.
Rare chez le sujet âgé ambulatoire, la dénutrition protéino-calorique est fréquente chez le sujet âgé malade hospitalisé. Elle est exogène (anorexie, moindre capacité à s'alimenter seul, dépression) et/ou endogène (syndrome inflammatoire). Une assistance nutritionnelle par sonde naso-gastrique ou GPE, peut être proposée pour passer le cap.
Les déshydratations du sujet âgé sont fréquentes, expliquées par la baisse de l'eau totale, l'altération de la régulation de l'ADH et la baisse de sensation de soif. Les hypernatrémies révèlent toujours une déshydratation extracellulaire. Le déficit en eau (déficit = poids du corps × 0,6 × (1- 140/natrémie actuelle) doit être corrigé dans les 24 ou plus souvent 48 heures.
L'hyponatrémie relève d'un SIADH, souvent déclenchée par une perte sodée initiale (prise de diurétiques). Le traitement repose donc sur la restriction hydrique.
Le toucher rectal fait partie intégrante de l'examen clinique du sujet âgé. La constipation, et sa complication principale, le fécalome, sont en effet très fréquents. Ce dernier peut revêtir des symptomatologies très diverses. Il doit être prévenu par un traitement adéquat de la contipation.
L'angiocholite lithiasique est un diagnostic à ne pas méconnaître car elle met le pronostic vital en jeu. Là encore les symptômes peuvent être rares, mais les perturbations du bilan hépatique doivent la faire suspecter. L'échoendoscopie permet un diagnostic et en cas de confirmation le traitement par le biais d'une sphinctérotomie perendoscopique sera réalisée dans le même temps.
La carence martiale ne relève pratiquement jamais d'une carence d'apport. Elle signe presque toujours une perte sanguine, d'origine digestive. Ainsi tout dosage de ferritinémie < 50 µg/l doit faire pratiquer une fibroscopie et coloscopie, au mieux sous anesthésie générale.
La perte néphronique avec l'âge entraîne une diminution de la fonction rénale. La clairance de la créatinine pourra être approchée par la formule de Cockroft, essentiellement utile pour les ajustements thérapeutiques.
La recherche systématique d'une bactériurie chez la femme ne doit pas être effectuée : on ne traite que les infections urinaires symptomatiques, puisqu'on sait que l'éradication de ces bactériuries symptomatiques se solde souvent par un échec. Chez l'homme (où la bactériurie se double souvent d'une prostatite) chez le diabétique ou en cas d'immunodépression (où le caractère asymptomatique est plus contestable), cette attitude devra être nuancée.
L'incontinence urinaire relève principalement de 3 mécanismes : instabilité vésicale, rétention chronique ou insuffisance sphinctérienne. La sonde à demeure doit être l'ultime recours et peut souvent être évitée.
7.3 - Médicaments
Sections
Sous-sections
| 7.1 - Attitudes médico-psycho-sociales |
| 7.3.1 - Iatropathologie |
La consommation médicamenteuse élevée du sujet âgé rend compte en partie de la iatropathologie, responsable de plus de 10 % des hospitalisations. Tout traitement inutile, obsolète ou potentiellement dangereux doit être supprimé, parfois au terme d'une négociation difficile. On peut être amené à reconsidérer certains traitements de fond, instaurés parfois depuis de longues années, et dont la pertinence n'est souvent plus avérée (hypouricémiant, antiangineux, hypnotique sédatif, hypolipémiant). On se méfiera pour certaines spécialités des effets retard de sevrage.
Associées à la multiplicité des prescriptions chez un même patient, les modifications pharmacologiques liées à l'âge et aux maladies intercurrentes, expliquent la iatrogénie (métabolisme hépatique perturbé en cas de syndrome inflammatoire, diminution de la fonction rénale).
Parmi les médicaments à tenter de diminuer puis d'arrêter de principe, on retient les médicaments à effet anticholinergique, les substances antidopaminergiques (neuroleptiques).
Il n'y a aucun argument fondé pour penser qu'il y a une hypoalgie liée à l'âge. En revanche, l'expression de la douleur est différente, et beaucoup moins verbale. Or, les douleurs des sujets âgés sont très sensibles aux traitements antalgiques. La morphine notamment peut être utilisée, en commençant à doses faibles (2,5 mg × 6/jour) pour éviter l'apparition d'effet indésirable. L'utilisation d'échelle d'évaluation est une aide au diagnostic et à l'adaptation posologique.
L'incidence élevée de la FA rend compte du nombre élevé de patients traités par AVK. Ces médicaments à index thérapeutique étroit sont souvent prescrits en comédication. De plus, de nombreux états pathologiques sont susceptibles de modifier leur efficacité. Ainsi, le médicament de choix sera la coumadine à demi-vie longue, afin de limiter les fluctuations. Les contrôles INR seront fréquents lors de l'instauration du traitement puis lors de toute coprescription nouvelle ou lors de toute suppression de comédication ainsi bien sûr que lors de tout changement de dose.
Les antidépreseurs à effet anticholinergique seront évités. On préfère les sérotoninergiques, voir les IMAO ou la miansérine. Le traitement est long, au minimum 6 mois. La tolérance de ces traitements est bonne, et la sensibilité du sujet âgé identique : la posologie n'a pas besoin d'être ajustée.
Le THS de la post-ménopause garde des effets antiostéoporotique, trophique, cutané, psychologique, même à 70 ans et au-delà. Il ne reconnaît pas de contre-indication, sauf en cas de cancer du sein. L'accroissement éventuel du risque de cancer du sein semble contre balancé par une meilleure surveillance gynécologique, avec notamment une mammographie tous les 2 ans comme cela devrait être fait dans l'ensemble de la population féminine âgée.
Sections
Sous-sections
| 8.1 - Cancérologie |
| 8.1.1 - Le cancer du col utérin |
Pour tout renseignement complémentaire, veuillez contacter :
|
8.1 Cancérologie
|
| Pic de fréquence 45 ans. |
|
|
|
|
Facteurs de risques :
- infection à HPV
- antécédent de dysplasie
- précocité des rapports
- partenaires multiples
- multiparité
On pratique le dépistage du cancer du col par :
- interrogatoire, spéculum, toucher
- les frottis cervico-vaginaux qui comprennent 3 lames
- vaginale
- exocervicale
- endocervicale
Toute anomalie cellulaire du frottis conduit à la colposcopie afin de réaliser des biopsies.
Par ordre de sévérité croissante :
- dysplasie légère
- dysplasie moyenne
- dysplasie sévère
- cancer micro-invasif
Les dysplasies sont des lésions pré-cancéreuses.
On regroupe les dysplasies moyennes ou sévères (dysplasie de haut grade) et on en pratique l'exérèse le plus souvent par conisation qui donne le résultat anatomo-pathologique définitif.
Les dysplasies ne donnent pas de symptomatologie clinique, ni leucorrhée, ni métrorragies, par contre le cancer invasif dès qu'il atteint un certain volume s'accompagne de métrorragies voire de leucorrhées d'apparition récente.
En cas d'invasion (envahissement du chorion), iI s'agit le plus souvent un carcinome épidermoïde (exocol) mais cela peut-être un adénocarcinome (endocol).
La taille tumorale et le stade tumoral sont évalués par un examen clinique sous anesthésie générale comprenant : toucher vaginal, toucher rectal, cystoscopie, rectoscopie.
Le traitement du cancer du col de l'utérus est en cas de stade 1 (localisé au col), petite taille : radio-chirurgical (< 4 cm) avec lymphocolpohystérectomie élargie et radiothérapie pré ou post-opératoire soit chirurgical pur.
Si la taille tumorale 4 cm, le premier temps sera radiothérapie avec chimiothérapie concomitante suivi d'une chirurgie.
Surveillance :
- toucher pelvien ++
- imagerie
- marqueurs (SCC et Cyfra 21 [K épidermoïde] et CA 125 [adénocarcinome])
|
| Pic de fréquence 60-65 ans. |
|
|
|
|
Signe de découverte :
- métrorragies post-ménopausiques
Facteurs de risques :
- puberté précoce
- ménopause tardive
- nulliparité
- HTA, cholestérol, diabète (hyper-oestrogénie)
Le traitement est essentiellement chirurgical.
Si le pronostic apparait défavorable, conditionné par différents paramètres qui peuvent indiquer une radiothérapie complémentaire.
Surveillance :
- examen clinique
- imagerie, marqueurs
|
| Premier cancer de la femme - 1 femme/10 fera un cancer du sein. |
|
|
|
|
Il s'agit dans la plus grande majorité des cas d'un adénocarcinome (canalaire plus rarement lobulaire).
Dépistage à partir de 40-45 ans, clinique (tous les ans) et mammographique, tous les 2 ans voire plus souvent en fonction des facteurs de risque, triade clinique, mammographique.
Le traitement de l'adénocarcinome mammaire associe un traitement local et général.
- traitement local = le plus souvent chirurgie radiothérapie
- traitement général = le plus souvent chimiothérapie hormonothérapie.
Toute patiente bénéficie d'un traitement local et général.
Le traitement local peut-être une tumorectomie + curage axillaire ou mastectomie.
En pratique :
- Tumeur < 3 cm = traitement local conservateur + radiothérapie externe curiethérapie et traitement général éventuellement.
- Tumeur > 3 cm = chimiothérapie première, puis en fonction de la réponse :
- traitement conservateur avec tumorectomie
- ou mastectomie
+ traitement général dans tous les cas.
Surveillance :
- examen clinique
- mammographie
- marqueurs (ACE et CA 15.3)
- bilan d'extension (échographie hépatique, scintigraphie osseuse, radio de thorax)
Dépistage très difficile à réaliser d'autant que l'échographie pelvienne et le dosage du marqueur CA 125 ont une fiabilité réduite.
Maladie très grave car découverte souvent tardive sur des signes d'extension intrapéritonéale (ascite).
Examen clinique :
- Devant une masse ovarienne les arguments cliniques pour la nature néoplasique sont :
- bilatéralité
- masse fixée
- ascite
- AEG
- Les signes évocateurs de malignité sont :
- taille > 10 cm
- végétations solides et irrégulières
- cloisons épaisses
- bords irréguliers
Le traitement est chirurgical et chimiothérapique.
1er temps : chirurgie de réduction tumorale visant l'exérèse macroscopique totale.
(Hystérectomie totale non conservatrice + curage iliaque et lombo-aortique + omentectomie + appendicectomie + biopsies péritonéales multiples).
Survie médiocre (médiane 24 à 30 mois) sauf dans les stades débutants qui sont les plus rares.
Surveillance :
- examen clinique
- marqueurs CA 125
- scanner abdomino-pelvien
Sections
| 8.1 - Cancérologie |
8.2 Tumeurs bénignes de l'ovaire
Circonstances de découverte
- systématique lors d'un examen
- douleur pelvienne
- trouble des règles
- méno-métrorragies
- signes de compression locale (rare)
- complication révélatrice (torsion, hémopéritoine)
Examen clinique
- Le TV : masse latéro-utérine indépendante de l'utérus.
- Kyste fixé : inclus dans le ligament large ou dans le Douglas, adhérences, évoque un cancer.
- Ne permet pas d'éliminer un cancer.
Examens complémentaires
- échographie :
- affirme l'origine ovarienne de la masse
- mesure le kyste
- structure du kyste (liquidienne ou hétérogène)
- cloisonnement (nombre et épaisseur)
- végétations exo et intrakystique
- épanchement associé
- Coelioscopie ; intérêt diagnostique et thérapeutique
- cytologie péritonéale
- kystoscopie
- ASP : retrouve des calcifications dans les cancers dermoïdes
- HSG : peu d'intérêt
- FCV : systématiques
Conduite à tenir devant un kyste fonctionnel
- ne peut exister chez une femme ménopausée ou sous oestroprogestatifs combinés (+++)
- troubles du cycle avec anovulation
- affaissement du kyste après les règles
- échographiquement :
- liquidien pur
- < 6 cm
- sans cloison
- sans végétation
- épreuve de blocage sous oestroprogestatifs normodosés 2 à 3 mois : disparition
- si persistance malgré le blocage : coelioscopie + exérèse.
Conduite à tenir devant un kyste organique bénin
- Il est évoqué devant tout kyste survenant chez une femme ménopausée ou sous oestroprogestatifs combinés.
- Pas de régression après les règles.
- A l'échographie :
- structure hétérogène
- taille > 6 cm
- présence de cloisons ou présence de végétations
- Echec de traitement oestroprogestatif
Traitement chirurgical
- coelioscopie ou laparotomie si contre indication à la coelioscopie
- kystectomie
- ovariectomie
- annexectomie
Les indications dépendent de l'âge, des antécédents, des lésions associées, du désir de grossesse, et du type de kyste.
8.3 Grossesse extra-utérine
Définition
Implantation hors de la cavité utérine de trophoblaste.
Localisation
Tubaire dans près de 90 % des cas (65 % ampulaire).
Clinique
Trompeuse.
Typiquement : retard de règles, métrorragies, douleurs pelviennes, voire défense pelvienne, masse latéro-utérine douloureuse.
Toute douleur abdomino-pelvienne chez la femme jeune doit faire demander le dosage du BHCG.
Toute suspicion de GEU est hospitalisée.
Au total : BHCG positif, échographie pelvienne retrouvant un utérus vide = suspicion de GEU.
Diagnostics différentiels : GIU plus jeune que prévu, fausse couche spontanée précoce corps jaune hémorragique.
Traitement
Moyens
- Chirurgie conventionnelle (laparotomie)
- Chirurgie percoelioscopique où l'on pratique soit un
- traitement radical, la salpingectomie ;
- soit un traitement conservateur, la salpingotomie ou le traitement médical (Méthotrexate 20 à 50 mg IM).
- Abstention thérapeutique (exceptionnellement si petite GEU non évolutive)
- services habitués à ce genre de surveillance
- patiente comprenant la conduite à tenir.
Indications
Dépend
- de l'habitude de l'opérateur
- du type de GEU (localisation, rupture, taille)
- du désir de grossesse de la patiente
- des antécédents de la patiente
- de la compréhension de la patiente
Laparotomie : rare ; si la situation hémodynamique ne permet pas la coelioscopie.
Le traitement médical est possible seulement si absence de signe de rupture.
Lorsque le traitement chirurgical est réalisé
- traiter les lésions tubaires et ovariennes associées
- lavage péritonéal
Surveillance du traitement conservateur
taux de BHCG et échographie.
| 8.1 - Cancérologie | ||
| Chapitre 8 - Gynécologie |
| |
Sections
| 8.1 - Cancérologie |
8.4 Endométriose
Définition
Autogreffe spontanée en situation hétérotopique d'un endomètre fonctionnel hormonodépendant, qui va subir les variations cycliques d'un endomètre normal.
Localisation
Péritoine, trompe, ovaires, douglas, ligaments utéro-sacrés (US).
L'adénomyose définit l'atteinte intra-myométriale.
Epidémiologie
- femme en période d'activité génitale
- multiparité
- terrain familial
- antécédents gynécologiques : GEU, myomes, curetages.
Circonstances de découverte
Prédominance permenstruelle des signes et aggravation des signes avec le temps.
- douleur : pelvienne prémenstruelle, s'aggravant au cours des règles, dysménorrhée secondaire
- dyspareunie
- stérilité
- les métrorragies et les ménorragies se retrouvent dans l'adénomyose
- masse pelvienne : kyste endométriosique
- lors d'un bilan de stérilité, coelioscopie.
Clinique
Le plus souvent l'examen est négatif
- recherche de nodule vaginal d'endométriose (nodule bleuté)
- recherche de douleurs au niveau des US pour l'endométriose
- utérus rétroversé fixé en cas d'endométriose
- utérus dur augmenté de volume de façon régulière pour l'adénomyose
- recherche un kyste ovarien.
Examen paraclinique
- pour l'endométriose péritonéale :
- échographie si kyste ovarien
- coelioscopie à visée diagnostique, pronostique et thérapeutique
- pour l'adénomyose :
- hystérosalpingographie
signes directs
diverticules
signes indirects
déformation du défilé cervico-isthmique
ectasie de la cavité
aspect rigide des bords
tuba ou corna erecta
- hystéroscopie : moins performante.
Traitement
Endométriose péritonéale
Association médico-chirurgicale
Traitement médical
- Les progestatifs de synthèse : norstéroïdes en continu, effets secondaires anabolisme, virilisme.
- Danatrol : antigonadotrope 3/j en continu, effets secondaires +++
- Les analogues de la LH-RH : Décapeptyl, Enantone, ... 1 injection/mois.
Traitement chirurgical
- Coelioscopie opératoire :
- électrocoagulation des lésions ou vaporisation laser
- kystectomie
- résection péritonéale
- résection des US
- adhésiolyse
- Très rarement laparotomie.
En général : coelioscopie première à visée diagnostique et thérapeutique ± agoniste de la LH-RH si traitement non radical.
Adénomyose
Traitement médical
Par progestatifs de synthèse permet parfois d'attendre
Le plus souvent résistance au traitement médical (+++).
Traitement chirurgical
En cas d'échec du traitement médical :
- hystéroscopie opératoire : endométrectomie sub-totale
si utérus de petit volume et femme jeune mais de 20 à 50 % d'échec - hystérectomie totale le plus souvent.
8.5 Salpingite aiguë
Formes typiques
- femme jeune en période d'activité sexuelle
- douleurs pelviennes spontanées bilatérales (+++)
- fièvre 38 °C
- notion de contage
- signes d'infection génitale basse associés
- métrorragies
- douleur à la mobilisation utérine et des culs de sac (masse annexielle)
- douleur hyponchondre droit (fitz-Hugh-Curtis)
- VS > 15 à 1 h
- hyperleucocytose > 10000
- PV, sérologies, (prélèvement per op)
- traitement antibiotique ± coelioscopie diagnostique et thérapeutique.
Formes atypiques
- fréquentes
- douleur (+++)
- fièvre 38 °C (50 %)
- signes d'infection génitale basse associés (leucorrhée dans 50 %)
- métrorragies (40 %)
- VS > 15 à 1 h (75 %)
- hyperleucocytose >10000 (45 %)
Formes graves
- pelvi-péritonite
- défense
- occlusion fébrile
- septicémie (Toxic Shock Syndrome)
Examens complémentaires
- NFS VS (bilan pré-op)
- PV ECBU
- Sérologies (+++)
- BHCG
- Echographie (pas d'intérêt diagnostique)
- (Coelioscopie)
Diagnostics différentiels
appendicite
péritonite généralisée
cholécystite aigüe
GEU
kyste ovarien compliqué
fibrome en nécrobiose
infection urinaire
endométriose.
Traitement
Traitement médical
- Antibiothérapie adaptée aux germes les plus fréquement en cause
- Chlamydiæ Trachomatis 40 à 60 %
- Mycoplasme 15 à 20 %
- Gonocoque 15 à 20 %
- Germes aéro-anaérobies 20 à 40 %
Fréquence des associations
Ampicilline + Aminoside + Métronidazole + Tétracyclines
ou
Augmentin (10 j) + Vibramycine (3 semaines)
ou
Augmentin + Quinolone
ou
Pyostacine + Aminosides si allergie à la pénicilline
- Anti-inflammatoire
- Contraception orale
- Repos
- Traitement du ou des partenaires
- Ablation de DIU
Traitement coelioscopique
Rôle diagnostique :
aspect, Fitz Hugh Curtis, prélèvements bactériologiques (+++)
Rôle pronostique :
gravité des pelvi-péritonites
Rôle thérapeutique :
Lavage (+++)
Drainage
Libération d'adhérences
Indications :
Chez la jeune femme nullipare
Diagnostic douteux
Formes graves
Récidives
Contrôle coelioscopique pour lysis si femme jeune après traitement
Surveillance
Clinique
Biologique
± coelioscopie à distance
Complications des salpingites aiguës
Immédiates :
pelvi-péritonite, occlusion fébrile, septicémie
A distance :
- Infertilité
Hydrosalpinx, phimosis, adhérences - GEU
Lésions tubaires - Douleurs pelviennes chroniques
Adhérences
Dystrophie ovarienne - Infection chronique
| 8.1 - Cancérologie |