IFSI - Gynécologie - Obstétrique - 3

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CH 3 – PHYSIOLOGIE DE L’APPAREIL GENITAL DE LA FEMME

 

CYCLE MENSTRUEL

Courbe thermique

Modifications biologiques du cycle menstruel

Modifications hormonales du cycle menstruel

Ovaires

 

TROUBLES DES REGLES

Règles insuffisantes – Règles excessives – Règles douloureuses (dysménorrhées) – Hémorragies utérines non cycliques – Absence totale de règles (aménorrhée)

 

FECONDATION

Ovulation

Spermatogenèse

Fécondation

 

DE LA NIDATION AU DEVELOPPEMENT DE L’ŒUF

Nidation

Muqueuse utérine – Trajet de l’œuf dans la trompe – Implantation et nidation

Embryogenèse

 

ANNEXES FŒTALES

Placenta

Membranes et cavité amniotique

Cordon ombilical

Physiologie du placenta

 

 

 

 

CH. 3. PHYSIOLOGIE DE L’APPAREIL GENITAL DE LA FEMME

 

Le cycle menstruel apparaît à la puberté et disparaît à la ménopause. Il dépend de plusieurs facteurs neuro-hormonaux qui se reproduisent avec une périodicité régulière. Le cycle menstruel se termine à intervalles réguliers par l’élimination des couches superficielles de la muqueuse utérine (menstruation). Le premier jour des règles détermine le premier jour du cycle (J1).

 

L’AGE DE LA MENARCHE (premières règles) se situe en Europe entre 10 et 16 ans. La durée habituelle du cycle est de 28 jours. Toutefois, chaque femme a sa propre périodicité. La durée de la menstruation est en moyenne de 4 à 6 jours. La menstruation normale est faite de 50 à 100 ml de liquide séro-sanglant incoagulable mêlé de débris de muqueuse utérine.

 

LE SYNDROME PREMENSTRUEL qui peut survenir en fin de cycle associe une tension mammaire douloureuse, un ballonnement abdominal et des modifications de l’humeur.

LE SYNDROME INTERMENSTRUEL survient en milieu de cycle au moment de l’ovulation. Il est caractérisé par une douleur pelvienne parfois accompagnée d’une hémorragie minime.

Les menstruations sont parfois marquées par des douleurs appelées DYSMENORRHEES.

 

LA MENOPAUSE, qui correspond à la disparition définitive du saignement menstruel, secondaire à un arrêt du fonctionnement ovarien, survient à un âge qui a augmenté au cours des dernières décennies : 50-52 ans.

 

CYCLE MENSTRUEL

 

COURBE THERMIQUE

 

Les deux phases du cycle sont la phase folliculaire et la phase lutéale.

 

LA COURBE DE TEMPERATURE permet de vérifier l’existence d’une ovulation, d’une insuffisance ovarienne, et de choisir les temps essentiels de certains examens paracliniques (Fig. 3.1.).

La température rectale est prise tous les matins au réveil à la même heure, avec le même thermomètre, avant toute activité, même pendant les règles, sur deux ou trois cycles complets.

La courbe de température normale est biphasique :

- Une première phase hypothermique aux alentours de 36,5°C commence dès le début des règles, dure environ 14 jours, et se termine par un dernier point bas appelé Nadir, qui semble correspondre au jour de l’ovulation.

- L’ovulation survient 36 heures après le début de l’ascension du pic de LH.

- Une deuxième phase hyperthermique à 37°C postovulatoire est une élévation thermique prémenstruelle due à l’action de la progestérone provenant du corps jaune postovulatoire, et dure environ 14 jours.

- C’est la phase préovulatoire qui varie.

 

MODIFICATIONS BIOLOGIQUES DU CYCLE MENSTRUEL

 

L’OVAIRE CONTIENT A LA NAISSANCE environ 1 à 2 millions de follicules primordiaux situés au niveau de sa couche périphérique. La plupart d’entre eux s’atrésie après un développement plus ou moins poussé. Cette dégénérescence se poursuit au cours de l’enfance et de l’adolescence, pour aboutir à la puberté au nombre de 300 000 à 500 000 follicules primordiaux. Environ 400 à 500 ovulations se produisent au cours de la vie génitale. Chaque cycle voit se distinguer un follicule mûr dominant dit follicule de Graaf, qui réalise une saillie d’aspect kystique de 15 à 20 mm de diamètre à la surface de l’ovaire, bien visible à l’échographie, et qui à lui seul assure la totalité de la sécrétion d’œstradiol. Il présente une cavité remplie de liquide folliculaire, bordée successivement par la granulosa et la thèque à l’intérieur de laquelle fait saillie la cellule germinale. L’ovulation est marquée par la rupture de ce follicule dans la cavité péritonéale, la cellule germinale étant alors captée par le pavillon tubaire. A chaque cycle un seul ovaire donne naissance au follicule de Graaf. Dès l’ovulation, des modifications vasculaires et histologiques se produisent au niveau du follicule affaissé et aboutissent à la formation du corps jaune sécrétant.

 

EN L’ABSENCE DE NIDATION, le corps jaune involue au bout de 10 à 14 jours et laisse une cicatrice au niveau de la surface ovarienne. En ce qui concerne l’endomètre, la phase folliculaire est une phase de prolifération qui commence dès les règles jusqu’au 14ème jour. La couche superficielle de l’endomètre se régénère à partir de la partie profonde des glandes respectées par la menstruation. La phase lutéale est la phase sécrétoire qui prépare l’endomètre à la nidation. La muqueuse augmente d’épaisseur, les vaisseaux se multiplient et deviennent spiralés ; La menstruation survient en l’absence de fécondation 14 jours après l’ovulation.

 

LA GLAIRE CERVICALE est constituée d’un maillage glyco-protéique et d’eau. Ses propriétés physiques varient au cours du cycle menstruel sous l’influence hormonale. En phase folliculaire débutante, le maillage est étroit (l’orifice du col est fermé). En phase pré ovulatoire, sous l’influence de l’œstradiol, la glaire est lâche, ce qui permet l’ascension des spermatozoïdes (l’orifice externe du col s’ouvre). Elle devient transparente, son abondance et sa filance augmentent, prenant l’aspect dit « en feuilles de fougère ». Pendant la phase lutéale, sous l’influence de la progestérone, tous ces critères sont inversés : l’abondance diminue, la viscosité augmente.

 

MODIFICATIONS HORMONALES DU CYCLE MENSTRUEL

 

Pour comprendre la physiologie du cycle menstruel, nous étudierons de haut en bas les différents éléments de l’axe neuro-hormonal que l’on nomme axe hypothalamo-hypophyso-ovarien (Fig. 3.2.).

La menstruation est sous la dépendance des hormones ovariennes (œstrogènes et progestérone) agissant sur le récepteur privilégié : l’endomètre. Mais la fonction ovarienne est elle-même soumise aux stimulations hormonales de l’hypophyse : les gonadotrophines (FSH et LH) et la prolactine. Ces hormones passent dans la circulation sanguine et rejoignent les ovaires.

 

L’HYPOTHALAMUS contrôle pour sa part les sécrétions hypophysaires (FSH – LH – prolactine) par l’intermédiaire des sécrétions hormonales que l’on nomme Releasing Factors et en particulier : la LHRH ou GnRH (LH Regulating Hormone) et le PIF (Prolactin Inhibiting Factor).

 

LA REGULATION DE L’HYPOPHYSE est très mal connue. Elle est dominée par deux ordres de phénomènes :

- Le phénomène du feed-back négatif et positif : contrôle du taux de LH par la progestérone et l’œstradiol et contrôle du taux de FSH par l’inhibine.

- L’action du SNC. L’hypothalamus est pratiquement connecté à tout le SN dont il reçoit des informations. Ainsi certains agents (dopamine, prostaglandines, endorphines) semblent jouer un rôle dans sa régulation. Certaines fibres nerveuses à médiation chimique (sérotonine, acéthylcholine, noradrénaline) sont aussi capables de contrôler, non pas la sécrétion, mais le déversement des Releasing Factors (GnRH) dans la circulation sanguine. Aussi on comprend le rôle du stress, des perturbations psychologiques, des maladies psychotiques et surtout des médications psychotropes sur la physiologie génitale féminine.

OVAIRES

 

Les glandes sexuelles féminines ont deux fonctions :

- L’une exocrine aboutissant à l’émission de la cellule germinale en vue de la fécondation : c’est la folliculogenèse.

- L’autre endocrine par la sécrétion de trois types de stéroides sexuels : œstrogènes, progestérone, androgènes.

 

OESTROGENES : c’est essentiellement le 17-bêta œstradiol sécrété par les cellules de la thèque interne du follicule ovarien puis en partie par le corps jaune. Leur sécrétion, faible au début de la phase folliculaire, augmente rapidement avec un maximum avant l’ovulation, une légère décroissance après l’ovulation, et un second maximum plus modéré au cours de la phase lutéale. Les œstrogènes sont responsables de la prolifération endométriale.

 

PROGESTERONE : elle est sécrétée par le corps jaune ovarien ; Absente dans la phase folliculaire, elle est sécrétée dans toute la deuxième partie du cycle et son taux s’effondre en période prémenstruelle. Son activité nécessite l’imprégnation oestrogénique préalable et aboutit aux modifications permettant la nidation ovulaire.

Il existe donc une synergie d’action entre ces deux hormones : la progestérone agit sur un endomètre préparé par l’action des œstrogènes ; la chute des deux hormones entraîne la menstruation.

 

ON PEUT AINSI SCHEMATISER LE CYCLE MENSTRUEL NORMAL : en phase préovulatoire, l’hypothalamus libère dans le système porte du GnRH ; l’hypophyse sécrète des quantités croissantes de FSH mais également de LH ; Ce qui induit la croissance folliculaire et la sécrétion d’œstradiol ; L’hyperoestrogénie progressive par rétrocontrôle négatif freine la sécrétion de FSH en fin de phase folliculaire.

- Pic ovulatoire. L’hyperoestrogénie par rétrocontrôle positif entraîne un pic de LH au 14ème jour provoquant l’ovulation.

- Phase postovulatoire. Les taux circulants élevés d’œstradiol et de progestérone freinent la sécrétion de LH et de FSH.

- Fin de cycle. La chute de la sécrétion des hormones est à l’origine des règles et permet la réascension des taux de FSH et de LH et donc le début du cycle suivant.

 

TROUBLES DES REGLES

 

Cycle normal

Trouble de la durée : hypoménorrhée

hyperménorrhée

Trouble de l’abondance : oligoménorrhée

polyménorrhée

Trouble du rythme : pollakiménorrhée

spanioménorrhée

ménorragies très longues, très abondantes, régulières

métrorragies : saignements peu abondants et multiples en plus des règles

ménométrorragies : saignement abondant et presque continuel (reconnaissance du cycle impossible).

« spotting » du 14ème jour : petit saignement de 2 jours au moment de l’ovulation.

 

Fig. 3.3. Troubles des règles et hémorragies génitales

REGLES INSUFFISANTES

 

IL PEUT S’AGIR DE REGLES « RARES » : on parle d’oligoménorrhée lorsqu’il s’agit de cycles dépassant 35 jours mais conservant une certaine périodicité et de spanioménorrhée lorsque les règles sont espacées de trois mois ou plus.

 

IL PEUT S’AGIR DE REGLES « PAUVRES » : on parle d’hypoménorrhée quand l’écoulement menstruel dure moins de deux jours et surtout quand son abondance est faible se bornant parfois à quelques taches.

 

REGLES EXCESSIVES

 

ELLES PEUVENT ETRE TROP FREQUENTES : on parle de pollakiménorrhée lorsque le cycle menstruel habituel est inférieur à 25 jours.

 

ELLES PEUVENT ETRE LONGUES ET ABONDANTES : ce sont les ménorragies (hémorragies cycliques) qui regroupent les hyperménorrhées (règles trop abondantes et prolongées) et les polyménorrhées (règles à la fois trop fréquentes et trop abondantes). L’hyperménorrhée peut être primaire et doit faire rechercher un trouble de la crase sanguine. L’hyperménorrhée peut être secondaire et correspond le plus souvent à une lésion organique intra-utérine, essentiellement myome, polype, ou hyperplasie de l’endomètre.

 

REGLES DOULOUREUSES: LES DYSMENORRHEES

 

Elles sont encore appelées algoménorrhées.

Elles peuvent être primaires et se manifester dès les premières règles ou dans les 18 mois qui suivent, et il faudra rechercher un obstacle à l’écoulement du sang menstruel, en particulier par une malformation utérine.

La dysménorrhée peut être secondaire et apparaître tardivement chez une femme ; les étiologies à évoquer sont l’endométriose génitale, les sténoses cervicales acquises (en particulier après conisation), enfin des dysménorrhées fonctionnelles dont la physiopathologie faisant intervenir les prostaglandines n’est pas encore parfaitement élucidée.

 

HEMORRAGIES UTERINES NON CYCLIQUES

 

Il s’agit de métrorragies d’origine haute, utérines ou annexielles survenant en période intermenstruelle (en dehors des règles), et de ménométrorragies avec saignement continuel, où la reconnaissance du cycle menstruel devient impossible.

 

ABSENCE OTALE DES REGLES: L’AMENORRHEE

 

Elle est dite primaire, devant l’absence d’apparition des premières règles à partir de 16 ans. Elle est secondaire, lorsqu’elle survient chez une femme antérieurement réglée et que les menstruations ont disparu depuis au moins trois mois.

 

 

FECONDATION

 

La fécondation est le résultat de la fusion du spermatozoïde (gamète mâle) et de l’ovule (gamète femelle).

 

OVULATION

 

L’ovulation correspond à la rupture d’un follicule mûr (follicule de Graaf) (Fig. 3.4.) à la surface d’un des deux ovaires. Elle se produit normalement une fois par mois vers le 14ème jour du cycle, lorsque les cycles durent 28 jours. L’ovule est ainsi expulsé dans la cavité péritonéale et est recueilli par les franges du pavillon d’une des trompes. Il progresse ensuite dans l’ampoule tubaire grâce aux battements des cils de l’épithélium tubaire et à des ondes péristaltiques tubaires.

Au niveau hormonal, le pic de LH provoque l’ovulation et la formation du corps jaune. L’ovulation a lieu 36 à 40 heures après le pic de LH.

 

CHAQUE FOLLICULE CONTIENT UN OVOCYTE DIT DE PREMIER ORDRE avec 46 chromosomes bloqués au premier stade de division cellulaire. Un seul follicule arrive à maturation au cours de chaque cycle. Il contient l’ovocyte du premier ordre et est entouré de plusieurs couches cellulaires, dont la thèque interne, lieu de sécrétion des œstrogènes.

 

LORS DE SON EXPULSION, l’ovocyte de premier ordre termine sa division et donne naissance à deux cellules comportant chacune 23 chromosomes (première phase de la méiose ou mitose réductionnelle) : le premier globule polaire qui va être résorbé, et l’ovocyte de deuxième ordre, prêt pour la fécondation. A partir de son expulsion, l’ovule est fécondable pendant environ 24 heures.

 

LE CORPS JAUNE se développe à partir du follicule rompu. Il est à l’origine de la sécrétion de progestérone et poursuit la sécrétion d’œstrogènes. En l’absence de fécondation, il régresse dans la période prémenstruelle, alors que l’ovule se résorbe ; En cas de fécondation, il s’hypertrophie et poursuit ses sécrétions hormonales, ce qui explique l’absence de règles.

 

SPERMATOGENESE

 

LES TESTICULES ont deux fonctions distinctes :

- Une fonction endocrine ou sécrétion hormonale d’androgènes

- Une fonction exocrine ou spermatogenèse.

 

LA SPERMATOGENESE correspond aux différentes étapes de maturation des cellules de la lignée germinale de l’homme qui aboutissent aux spermatozoïdes. Elle débute chez le garçon à la puberté et peut continuer jusqu’à 70 ans environ. La croissance et la maturation du spermatozoïde sont sous la commande de la sécrétion de FSH par l’antéhypophyse, elle-même sous la commande de la sécrétion de LHRH, hormone d’origine hypothalamique. Les spermatozoïdes ainsi produits s’accumulent dans les voies génitales mâles (épididyme et canal déférent). Au moment du coît ils sont éliminés par l’urètre avec le liquide séminal sécrété par la prostate et les vésicules séminales. L’éjaculat a généralement un volume de 3 à 5 ml et contient une concentration d’environ 60 millions de spermatozoïdes par ml.

 

UN SPERMATOZOÏDE est formé :

- D’une tête contenant le noyau porteur de 23 chromosomes : 22 autosomes et 1 chromosome X ou 1 chromosome Y.

- D’une pièce intermédiaire

- D’un flagelle qui lui donne sa mobilité

 

Les spermatozoïdes sont déposés dans les culs-de-sac vaginaux, au moment de l’éjaculation, et ont un pouvoir fécondant pendant environ 24 heures. Ils peuvent pénétrer dans la cavité utérine en franchissant le col de l’utérus, grâce à la glaire cervicale.

 

FECONDATION

 

La fécondation se produit vers le tiers externe de la trompe, au niveau de l’ampoule tubaire. Elle est le résultat de la fusion du spermatozoïde et de l’ovule.

 

L’OVOCYTE DE DEUXIEME ORDRE termine sa méiose (deuxième phase de la méiose ou mitose équationnelle) en donnant deux cellules comportant 23 chromosomes chacune (22 autosomes et un chromosome X) : le deuxième globule polaire qui est expulsé et l’ovule mature.

 

Les spermatozoïdes, en remontant les voies génitales féminines, subissent des modifications leur conférant un pouvoir fécondant. Un seul de ces spermatozoïdes pénètre dans l’ovule après avoir perdu son flagelle (Fig. 3.6.).

L’ŒUF ainsi formé contient 46 chromosomes. En fonction du spermatozoïde, le capital chromosomique ainsi constitué correspond à un sexe génétique mâle (22 paires d’autosomes et les chromosomes sexuels XY) ou à un sexe génétique femelle (22 paires d’autosomes et des chromosomes sexuels XX).

 

DE LA NIDATION AU DEVELOPPEMENT DE L’OEUF

 

NIDATION

 

La nidation correspond aux modifications aboutissant à la pénétration de l’œuf dans l’endomètre.

 

MUQUEUSE UTERINE

 

La muqueuse utérine se modifie lors de la phase lutéale du cycle, sous l’effet des sécrétions hormonales oestrogéniques et surtout progestatives du corps jaune. Ces modifications touchent surtout les glandes qui s’allongent et se chargent en glycogène, ainsi que la vascularisation du chorion qui se développe. L’endomètre est ainsi prêt à accueillir l’œuf vers le 20ème jour du cycle.

 

TRAJET DE L’OEUF DANS LA TROMPE

 

L’œuf fécondé au niveau de l’ampoule tubaire commence sa division cellulaire pendant son trajet dans la trompe. Il se divise en deux, quatre, huit, puis seize blastomères. C’est au stade de seize blastomères ou morula qu’il arrive dans la cavité utérine.

Du quatrième au sixième jour, l’œuf est libre dans la cavité utérine. Il poursuit sa segmentation et sa division cellulaire, avec formation du blastocyte (Fig. 3.7.) : une cavité (blastocèle) se creuse au centre de l’œuf, bordé d’une couche mono-cellulaire ou couronne trophoblastique, il pénètre dans l’épaisseur du chorion entre les tubes glandulaires. La partie en profondeur de la muqueuse utérine, où s’est enfoui l’œuf, s’appelle la couche déciduale, alors que la partie superficielle, vers la cavité utérine, est appelée caduque. A la fin de la première semaine, l’œuf, au stade de blastocyte, est implanté dans la muqueuse utérine.

EMBRYOGENESE

 

Après la phase de segmentation et de multiplication cellulaire, c’est la période d’organogenèse qui commence. Elle correspond aux deux premiers mois ou période embryonnaire.

 

LA DEUXIEME SEMAINE correspond à la formation du disque embryonnaire (Fig. 3.8.). Le bouton embryonnaire se transforme en disque embryonnaire en prenant l’aspect d’un disque plat, formé de deux couches cellulaires superposées : l’ectoblaste et l’endoblaste, et se creuse pour former la cavité amniotique.

Le blastocèle est séparé par une membrane en lécithocèle ou sac vitellin primaire et en cœlome externe, extra-embryonnaire, qui entoure peu à peu le bouton embryonnaire, amorçant ainsi la formation du pédicule embryonnaire.

Le trophoblaste se différencie en cytotrophoblaste et syncytiotrophoblaste.

 

LA TROISIEME SEMAINE ou gastrulation correspond à la mise en place du troisième feuillet primitif ou mésoblaste, entre l’ectoblaste et l’endoblaste, par invagination de l’ectoblaste. A la partie caudale de l’embryon, apparaît un diverticule endoblastique : l’allantoïde. Au niveau des annexes, les éléments qui permettent la mise en contact par l’intermédiaire des villosités trophoblastiques des circulations maternelles et fœtales sont en place.

 

AU COURS DE LA QUATRIEME SEMAINE :

- Le cœlome externe diminue, refoulé par la cavité amniotique qui s’accroît et qui vient entourer peu à peu tout l’embryon.

- le lécithocèle s’étrangle : la vésicule ombilicale apparaît reliée à l’intestin primitif par le futur canal vitellin, l’allantoïde s’allonge, accompagné des vaisseaux allantoïdiens.

- Le disque embryonnaire s’enroule petit à petit et prend l’aspect d’un embryon humain. Cet enroulement isole l’embryon de ses annexes auxquelles il n’est plus relié que par le cordon ombilical.

 

PENDANT LE DEUXIEME MOIS, la morphologie externe de l’embryon se modifie avec le développement de la face et des membres pendant que les tissus et les organes prennent leur aspect définitif.

L’ectoblaste donne le système nerveux et les téguments, ainsi que les glandes mammaires, les glandes salivaires et l’ébauche dentaire.

Le mésoblaste donne le squelette, le tissu conjonctif, les muscles, l’appareil uro-génital et l’appareil cardio-circulatoire.

L’endoblaste donne le tube digestif, les glandes qui lui sont attachées (pancréas, foie), et l’appareil respiratoire.

Parallèlement, la cavité amniotique se développe, entraînant la disparition du cœlome externe et la formation du cordon ombilical, contenant les vaisseaux vitellins en régression et les vaisseaux allantoïdiens ou ombilicaux.

 

LA PERIODE EMBRYONNAIRE EST LA PERIODE DE RISQUE DE TERATOGENESE. Chaque organe ou appareil est d’autant plus sensible à ce risque que l’agent tératogène fait effet au moment où il se trouve à la phase initiale de sa différenciation.

 

LA PERIODE FŒTALE va du troisième au neuvième mois de grossesse. C’est une période de croissance du poids et de la taille fœtale. C’est pendant cette période qu’ont lieu les phénomènes de maturation et de différenciation tissulaire des organes déjà mis en place, en leur donnant leur caractère histologique et fonctionnel. C’est aussi pendant cette période qu’ont lieu la poursuite de l’organogenèse du système nerveux et de l’appareil génital, ainsi que la formation du placenta.

 

 

ANNEXES FOETALES

 

PLACENTA

 

Le tissu trophoblastique se développe après la nidation en émettant des prolongements ou villosités. Chaque gros tronc villositaire va donner des ramifications villositaires. L’axe de ces villosités est représenté par des capillaires, qui se raccordent à un réseau vasculaire qui rejoint le cordon ombilical et de là la circulation embryonnaire.

Du côté maternel, les artérioles débouchent au niveau de l’axe sanguin maternel qui sont au contact des ramifications villositaires ; Ce sang est ensuite drainé par l’intermédiaire du sinus nerveux.

C’est au niveau de ces lacs sanguins et des ramifications villositaires que l’échange entre le sang maternel et fœtal a lieu. Les parois villositaires jouent le rôle de filtre, mais il n’y a à aucun moment un mélange entre les deux circulations.

A partir de la sept-huitième semaine, les villosités ne se développent plus que sur une zone limitée correspondant au placenta. Les autres villosités disparaissent, laissant place à une membrane appelée chorion. C’est cette membrane qui vient s’appliquer sur les parois recouvertes par la caduque maternelle, lorsque l’œuf, ayant grossi, remplit toute la cavité utérine.

Le placenta a ainsi l’aspect d’un disque plus ou moins ovalaire. Sa face maternelle, charnue, est parcourue par des sillons délimitant une quinzaine de cotylédons. Sa face fœtale, lisse, est recouverte par l’amnios, sous lequel cheminent les premières ramifications des gros vaisseaux et du cordon ombilical. A terme, les dimensions du placenta sont d’environ 20 cm de diamètre, 3 à 5 cm d’épaisseur, et un poids correspondant à environ le sixième du poids du fœtus.

 

MEMBRANES ET CAVITE AMNIOTIQUE

 

Les membranes (accolement de l’amnios et du chorion) prolongent le placenta en périphérie. Elles forment une poche contenant le fœtus baignant dans le liquide amniotique. Le liquide amniotique provient en partie, surtout au début de la grossesse, de la transudation à travers la peau et le cordon fœtal et à travers la caduque et les membranes. Puis, sa plus grande partie est constituée par les sécrétions broncho-pulmonaires et surtout par l’urine fœtale. Elle est renouvelée grâce à la déglutition fœtale et à la réabsorption à travers la circulation maternelle. Proche du terme, la quantité de liquide amniotique est de l’ordre de 500 à 1000 ml.

 

CORDON OMBILICAL

 

Le cordon ombilical résulte de l’allongement du pédicule embryonnaire. Il s’insère sur la face fœtale. A terme, il comporte deux artères ombilicales qui amènent le sang désaturé du fœtus au placenta et une veine ombilicale qui apporte le sang oxygéné du placenta au fœtus.

 

PHYSIOLOGIE DU PLACENTA

 

Le placenta, interpose entre la circulation maternelle et fœtale, assure le rôle d’apport d’oxygène et de substances énergétiques de la mère au fœtus et d’élimination des produits de métabolisme du fœtus vers la mère. Ce rôle est assuré grâce à l’organisation et au développement des structures villositaires qui augmentent au fur et à mesure des besoins.

La barrière placentaire est perméable à certains médicaments. Habituellement, les bactéries et les parasites traversent rarement la barrière placentaire en début de grossesse, mais plus souvent en fin de grossesse. En revanche, les virus traversent assez facilement, même en début de grossesse. Enfin, les anticorps type IgG traversent la barrière placentaire, tandis que les anticorps type IgM ne la traversent pas.

 

 

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Publié dans I.F.S.I.

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