IFSI - Gynécologie - Obstétrique - 1
GYNECOLOGIE
OBSTETRIQUE
SOMMAIRE
1. DEMARCHE INFIRMIERE EN SERVICE DE GYNECOLOGIE-OBSTETRIQUE
2. ANATOMIE DE L’APPAREIL GENITAL FEMININ ET ANATOMIE OBSTETRICALE
3. PHYSIOLOGIE DE L’APPAREIL GENITAL DE LA FEMME
4. EXAMEN CLINIQUE ET PRINCIPAUX EXAMENS COMPLEMENTAIRES EN GYNECOLOGIE
5. AMENORRHEES ET MENOPAUSE
6. PATHOLOGIE DU CORPS UTERIN
7. PATHOLOGIE DU COL DE L’UTERUS
8. PATHOLOGIE OVARIENNE
9. PATHOLOGIE VULVO-VAGINALE ET MALFORMATIONS GENITALES
10. PATHOLOGIE MAMMAIRE
11. PATHOLOGIE INFECTIEUSE EN GYNECOLOGIE
12. PROLAPSUS GENITAUX ET INCONTINENCE URINAIRE
13. ENDOMETRIOSE
14. REGULATION DES NAISSANCES
15. STERILITE DU COUPLE
16. DIAGNOSTIC ET SURVEILLANCE DE LA GROSSESSSE NORMALE
17. METRORRAGIES PENDANT LA GROSSESSE
18. GROSSESSES PATHOLOGIQUES
19. ACCOUCHEMENT
20. DELIVRANCE NORMALE ET PATHOLOGIQUE
21. NOUVEAU-NE EN SALLE DE NAISSANCE
22. SUITES DE COUCHES
23. DIAGNOSTIC PRENATAL
Ed. MASSON
Nouveaux Cahiers de l’Infirmière
4ème édition – août 2006
CH. 1. DEMARCHE INFIRMIERE EN SERVICE DE GYNECOLOGIE-OBSTETRIQUE
ACCUEIL ET PRISE EN CHARGE DE LA PATIENTE ET DE SON ENTOURAGE
Admission
Spécificités en maternité et gynécologie
Les différents modes de prise en charge et règlements
Prévoir le séjour de la patiente
Accueil dans le service
SOINS INFIRMIERS SPECIFIQUES
Soins techniques
Protocoles et gestes infirmiers spécifiques en gynécologie-obstétrique –
Conduite à tenir face aux urgences gynécologiques et obstétricales –
Préparation à certaines interventions et soins spécifiques
Soins relationnels
Prise en charge d’une patiente devant subir une interruption de grossesse -
Prise en charge d’une patiente atteinte d’un cancer gynécologique
Soins éducatifs
Prise en charge de la douleur
Définition – Evaluation de la douleur
PLAN DE SOINS INFIRMIERS
Méthodologie de la démarche de soins
Plan de soins infirmiers
DIAGNOSTICS INFIRMIERS PREVALENTS
Définition du diagnostic infirmier
Diagnostics prévalents en gynécologie-obstétrique
Synthèse : exemple d’une démarche de soins en gynécologie
Présentation de la patiente – Date d’entrée dans le service de gynécologie –
Motif de l’hospitalisation – Diagnostic médical – Antécédents – Histoire de la maladie – Synthèse de l’hospitalisation
Exemples de diagnostics infirmiers
La fatigue – Perturbation de l’estime de soi – L’anxiété
TRANSMISSIONS
Transmissions écrites ou orales
Définition – Consignes – But
Transmissions ciblées
SECURITE SANITAIRE
Cas général
Matériovigilance
Traitement manuel d’un hystéroscope non autoclavable – Désinfection des sondes d’échographie endo-vaginales entre deux utilisations en service de gynécologie – obstétrique ou de procréation médicalement assistée
Prévention des infections nocosomiales
Préparation cutanée de l’opérée – Prévention de la diffusion du Staphylococcus aureus (doré) résistant à la Méthicilline (SARM) en service de court séjour
SORTIE DE LA PATIENTE
Cas concrets admissions/sorties
LISTE DES MALADIES A DECLARATION OBLIGATOIRE
LES SOINS INFIRMIERS INDIVIDUALISES A LA PERSONNE SOIGNEE (SIIPS)
CH. 1 - DEMARCHE INFIRMIERE EN SERVICE DE
GYNECOLOGIE-OBSTETRIQUE
ACCUEIL ET PRISE EN CHARGE DE LA PATIENTE ET DE SON ENTOURAGE
ADMISSION
En gynécologie-obstétrique, la patiente peut être convoquée, admise en urgence de son domicile ou de la consultation, transférée d’un autre hôpital, ou encore venir en interne d’un autre service.
SPECIFICITES EN MATERNITE ET GYNECOLOGIE
Suivant sa pathologie ou son traitement, la patiente sera admise dans une unité d’hospitalisation adaptée (hôpital de jour, hopital de semaine, ou hospitalisation traditionnelle) où elle pourra bénéficier d’une prestation spécifique pour:
- examens spécialisés en hôpital de jour (hystéroscopie, ponction de sang fœtal)
- gestes chirurgicaux programmés ou en urgence :
o IVG, curetage, hystéroscopie diagnostique, conisation, en hôpital de jour
o tumorectomie, coelioscopie opératoire, hystéroscopie opératoire, hystérectomie voie basse, en hopital de semaine (la patiente sortira le week-end)
o mammectomie, curage axillaire, cure de proplapsus, hystérectomie voie haute, laparotomie pour cancer de l’ovaire, en hospitalisation traditionnelle
- traitement d’une pathologie aigue : menace d’accouchement prématuré, prééclampsie, nécrobiose aseptique de fibrome
- soins palliatifs en cancérologie
- admission en début de travail pour accouchement
- suite de couches.
La patiente peut aussi être vue en consultation externe pour un examen spécialisé nécessitant la présence d’une infirmière:
- ponction de FIV sous échographie
- cytoponction ou trucut d’un sein en échographie mammaire
- amniocentèse
- hystéroscopie diagnostique.
LES DIFFERENT MODES DE PRISE EN CHARGE ET REGLEMENTS
On se reportera au Cahier n°2 de la collection : Concepts et théories, démarche de soins.
PREVOIR LE SEJOUR DE LA PATIENTE
Pour la préadmission et la préparation des rendez-vous, un livret d’accueil est remis aux patientes en vue de leur hospitalisation.
- anticiper un départ en maison de repos, une hospitalisation à domicile
- programmer les rendez-vous en les regroupant pour éviter les déplacements (logique de confort de la patiente)
- réfléchir (en cas de chambre à deux lits) à la pertinence de mettre 2 patientes présentant des problèmes opposés (une IVG et une accouchée).
ACCUEIL DANS LE SERVICE
S’il s’agit d’une patiente connue et convoquée à la suite d’une consultation, le dossier sera recherché avant son admission.
Si un geste chirurgical est programmé, le dossier d’anesthésie avec la consultation préanesthésique doit être récupéré et vérifié.
Lors de l’accueil, il sera fait le point sur la pathologie motivant l’hospitalisation et les pathologies associées ainsi que sur l’acte prévu pendant l’hospitalisation. Les médicaments pouvant empêcher les gestes prévus devront être pris en compte (anti-inflammatoires, aspirine…).
A son arrivée, la patiente est inscrite et le livret d’accueil lui est remis. Ce livret lui explique les modalités du séjour (ex : dépôts, vestiaire, permission…). Elle sera ensuite accompagnée jusqu’à sa chambre.
(Bien accueillir la patiente, c’est dédramatiser l’épreuve qu’elle subit lors de son hospitalisation et la rassurer sur sa maternité ou le déroulement de l’intervention (IVG, FIV…).
Elle doit être attendue et accueillie avec calme, amabilité et discrétion.
La personne qui accueille doit se présenter et doit pouvoir répondre à toutes ses interrogations.
On doit appeler les malades par leur nom, non par leur prénom, et ne jamais les tutoyer.
L’accueil est le premier contact de la patiente avec le service. Elle doit en garder une image positive.
SOINS INFIRMIERS SPECIFIQUES
SOINS TECHNIQUES
PROTOCOLES ET GESTES INFIRMIERS SPECIFIQUES EN GYNECOLOGIE-OBSTETRIQUE
Ces gestes et protocoles ne sont pas liés à une pathologie particulière. Ils sont plutôt en rapport avec une conduite générale à tenir.
- toilette vulvaire
- soins de paroi après laparotomie ou coelioscopie
- soins de paroi après chirurgie du sein
- surveillance d’une accouchée
- protocole d’ablation de sonde urinaire, après chirurgie de l’incontinence urinaire
- surveillance d’une patiente après curetage (hémostatique, diagnostique, ou IVG)
- mise en place d’une chimiothérapie par chambre à cathéter implantable (voir le cahier n°19 de la collection)
- curiethérapie endocavitaire en gynécologie.
CONDUITE A TENIR FACE AUX URGENCE GYNECOLOGIQUE ET OBSTETRICALES
- devant une crise d’éclampsie
- devant une hémorragie utérine.
PREPARATION A CERTAINES INTERVENTIONS ET SOINS SPECIFIQUES SUIVANT LES PATHOLOGIES
Ce sont des préparations particulières qui demandent une attention spécifique pour la préparation des patientes (psychologique et médicale) et un accompagnement majeur, surtout lorsqu’une anesthésie générale, même de courte durée, est nécessaire.
- amniocentèse
- hystérosalpingographie
- échographie pelvienne
- biopsies vulvo-cervicales
- ponction d’un kyste ou d’ovocytes sous contrôle échographique
- repérage d’une lésion mammaire sous échographie ou mammographie
- préparation en vue d’une IVG
- préparation en vue d’une interruption médicale de grossesse (IMG)
- prélèvement de villosités choriales
- ponction de sang fœtal
- préparation en vue d’une hystéroscopie
- préparation en vue d’une cœlioscopie
- préparation en vue d’une hystérectomie ou CHL (colpo-hystérectomie élargie avec lymphadénectomie)
- préparation d’une patiente devant subir une tumorectomie ou une mastectomie
- prise en charge d’une patiente avant cure d’incontinence urinaire
- préparation d’une patiente avant césarienne
- préparation à la pose d’une analgésie péridurale.
SOINS RELATIONNELS
PRISE EN CHARGE D’UNE PATIENTE DEVANT SUBIR UNE INTERRUPTION DE GROSSESSE
Cette prise en charge concerne les patientes devant subir une interruption de grossesse médicamenteuse ou chirurgicale. Il s’agit d’une étape difficile dans la vie d’une femme, mais aussi pour l’équipe soignante qui devra l’accompagner tout au long de cette épreuve. Dans les centres de diagnostic anténatal, l’aide psychologique est en général renforcée par un(e) psychologue ou un psychiatre. L’équipe soignante doit être à l’écoute de ces femmes souvent en état de détresse mais le silence doit aussi être respecté.
PRISE EN CHARGE D’UNE PATIENTE ATTEINTE D’UN CANCER GYNECOLOGIQUE
Il existe différentes atteintes néoplasiques en gynécologie :
- LE CANCER DU SEIN est l’affection maligne la plus fréquente chez la femme et au premier rang des décès en France (représente 19% des décès). Son incidence ne cesse d’augmenter (environ 80 pour 100 000 femmes par an). Les antécédents familiaux de cancer du sein sont le facteur de risque majeur.
- LE CANCER DU COL représente 10% des décès féminins par cancer mais son incidence a largement régressé grâce au frottis cervical de dépistage.
- LE CANCER DE L’ENDOMETRE touche le plus souvent la femme ménopausée. Son pronostic est généralement bon car souvent pris en charge au stade de début.
- LE CANCER DE L’OVAIRE est peu fréquent, il occupe le septième rang des cancers féminins. Son pronostic est en général mauvais car il est souvent dépisté tardivement.
Quel que soit le type de cancer, les examens de dépistage et de diagnostic vont générer énormément d’angoisse. L’équipe soignante devra toujours avoir des propos rassurants. Une fois le diagnostic posé, la prise en charge est en général discutée, en comité pluridisciplinaire d’oncologie associant l’ensemble de l’équipe soignante (chirurgiens, radiothérapeutes, chimiothérapeutes, plasticiens, radiologues, anatomopathologistes, psychologues, infirmières…).
Un bilan d’extension à la recherche des métastases les plus fréquentes est réalisé. Ce bilan systématique doit être bien expliqué par l’équipe soignante car il ne doit pas faire penser à la patiente qu’il est réalisé parce que son état est grave.
La stratégie thérapeutique associe en général chirurgie, chimiothérapie, hormonothérapie et/ou radiothérapie. Les effets secondaires de ces traitements devront être prévenus et détaillés aux patientes.
Les traitements adjuvants vont durer plusieurs mois (8 mois environ), ce qui est long et éprouvant. Ce suivi thérapeutique a lieu le plus souvent en hospitalisation de semaine ou de jour après une hospitalisation initiale en unité traditionnelle. Pendant tout le traitement il est nécessaire d’encadrer au maximum les patientes, d’assurer un suivi psychologique et antalgique, éventuellement par l’intermédiaire d’une équipe mobile au sein de l’hôpital comprenant une psychologue, des infirmières cliniciennes, et l’équipe anti-douleur. La surveillance sera ensuite assurée par le médecin référent qui demandera les examens classiques de surveillance (cliniques, biologiques, radiologiques…). Ces examens génèrent habituellement de l’anxiété et la peur d’une récidive ; une relation particulière d’écoute et de réconfort doit s’instaurer entre l’équipe soignante et la patiente.
Un soutien psychologique est souvent nécessaire à très long terme. La vie familiale, sociale, et professionnelle des patientes se trouvent souvent modifiée. Une prise en charge thérapeutique à 100% doit être demandée et un mi-temps thérapeutique peut être proposé au niveau de la reprise de l’emploi.
L’échange d’expérience entre patientes peut être très enrichissant. L’équipe soignante doit y contribuer en fournissant aux patientes les adresses d’associations de malades ou d’associations scientifiques ou sociales concernant leur maladie.
Adresses des différentes associations pour le cancer du sein :
- Vivre comme avant (association de malades opérés du sein) 14 rue Corvisart 75013 PARIS 01.53.55.25.66.
- La ligue nationale contre le cancer 1, av Stephen Pichon 75013 PARIS 01.44.06.80.80.
- Ecoute cancer – service gratuit et anonyme d’accueil téléphonique de la ligue : soutien, information et orientation des malades et des proches ; 01.45.00.15.15.
- Europa Donna 1, av Stephen Pichon 75013 PARIS 01.44.30.07.66.
- Association psychisme et cancer 01.45.35.29.29.
SOINS EDUCATIFS
Il s’agit de conseils pratiques visant à rendre la patiente la plus autonome et la plus informée possible vis-à-vis de situations auxquelles elle se trouvera confrontée (ex : reprise des rapports sexuels après conisation, diminution des activités en cas de menace d’accouchement prématuré).
CONSEILS PRATIQUES DE PREVENTION DU LYMPHOEDEME ET DE LA LYMPHANGITE APRES CURAGE AXILLAIRE POUR CANCER DU SEIN
- faire pratiquer les séances de kinésithérapie avec drainage lymphatique prescrites à la sortie
- du côté opéré, faire attention aux :
.coupures (bricolage, jardinage, couture…)
.piqûres (prélèvements, insectes, acupuncture)
.plaies (griffures d’animaux)
.pressions excessives (prise de pression artérielle, garrots, vêtements)
.charges lourdes
.brûlures (repassage, four, flamme, eau chaude, soleil)
- protéger le bras et la main :
.en utilisant des gants et des moufles de protection
.en prévenant le personnel soignant, les pédicures ou manucures
.par une bonne hygiène des ongles et des mains
- faire attention :
.au soleil, aux séances d’UV
.aux bains trop chauds
.aux épilations ou au rasage
- ne pas oublier :
.d’effectuer des soins immédiats en cas de piqûre, brûlure ou plaie
.en cas d’œdème, retirer bagues et bracelets
.de conserver une prescription médicale d’antibiotiques en cas de lymphangite
.de s’assurer de la vaccination antitétanique
CONSEILS ET SOINS HYGIENO-DIETETIQUES
- En gynécologie, en plus des soins infirmiers communs, certains soins sont rendus indispensables par les difficultés rencontrées selon le type de chirurgie ou de pathologie. La liste n’est bien sûr pas exhaustive :
o aide à la toilette après curage axillaire dans le cancer du sein
o toilette vulvaire après chirurgie du prolapsus
o conseils de rééducation périnéale et vésicale après chirurgie de l’incontinence urinaire (contraction volontaire des releveurs de l’anus, calendrier mictionnel, contrôle des apports hydriques…) en y associant une perte de poids chez les obèses
o conseils concernant l’arrêt du tabac après traitement pour dysplasie ou cancer du col
o conseils d’hygiène et de protection contre les maladies sexuellement transmissibles après hospitalisation pour salpingite
- En obstétrique, les patientes présentant un diabète gestationnel doivent suivre un régime alimentaire. Pour cela, une diététicienne est attachée au service. Elle suit quotidiennement les patientes pour réajuster leur régime alimentaire. Elle prend en charge leur éducation ainsi que celle de leur famille. L’infirmière est chargée plus particulièrement :
o de la surveillance du poids
o de la distribution des plateaux
o en suites de couches, une attention particulière sera portée à la toilette vulvaire, aux soins d’hygiène des seins en cas d’allaitement et aux soins apportés au nouveau-né (toilette, soins du cordon ombilical).
PRISE EN CHARGE DE LA DOULEUR
DEFINITION
L’International Association for Study of Pain (ISAP) propose de définir la douleur comme « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à un dommage tissulaire présent ou potentiel, ou décrite en termes d’un tel dommage ».
En gynécologie, les douleurs pelviennes sont l’un des motifs les plus fréquents de consultation.
EVALUATION DE LA DOULEUR
Il existe différents modes d’évaluation, ou échelles d’évaluation de la douleur.
LA PRISE EN CHARGE des douleurs aigues ou chroniques est très différente.
En gynécologie, la prise en charge de l’algie pelvienne aigue entraîne un traitement médical ou chirurgical immédiat, tandis que la prise en charge de l’algie pelvienne chronique implique le plus souvent toute une équipe (médecin, chirurgien, infirmières, kinésithérapeutes, psychologues, aides-soignantes) ou une équipe spécialisée dans la consultation de la douleur.
- Types de douleur aigue en gynécologie :
La salpingite, l’infection génitale basse, la torsion d’annexe, la rupture de kyste de l’ovaire, la nécrobiose aseptique, la GEU rompue, l’abcès du sein, l’hématome rétroplacentaire, la rupture utérine…
- Types de douleur chronique :
L’endométriose, les séquelles d’infection génitale, la dysménorrhée, les kystes de l’ovaire, les fibromes, les cancers pelviens ou mammaires et leur localisation métastatique…
OBSERVATION
- masque de douleur
- plaintes, formulations de la patiente
- repli sur soi
- comportement révélateur (position antalgique, mouvements évités)
- comportement de diversion ou de défense, agressivité
- réactions du système nerveux autonome (modification des signes vitaux).
APPRECIATION DU DEGRE D’ANXIETE
Cette perception peut varier selon les individus et en fonction de leur culture, de leur éducation et de la connaissance de leur pathologie. L’équipe soignante doit être à l’écoute. L’image de l’hôpital peut faire peur et entraîner une anxiété qui est majorée par le motif d’hospitalisation (suspicion de cancer) et l’idée que la patiente s’en fait (fausse couche et crainte sur la fertilité ultérieure).
EMPLOI D’UNE ECHELLE VISUELLE ANALOGIQUE (EVA)
Cette échelle est très utile dans l’évaluation de la douleur chronique (cancer métastatique et soins palliatifs). Elle permet de mieux évaluer l’effet des antalgiques et d’adapter les doses.
ACTIONS
L’objectif est de diminuer la douleur en ne masquant pas les signes éventuels d’une urgence chirurgicale.
Pour diminuer la douleur :
- La chirurgie peut répondre à des douleurs aigues (torsion d’annexe, GEU, rupture utérine…). L’équipe soignante doit réduire l’anxiété des patientes en expliquant que le geste chirurgical va permettre de faire disparaître la douleur.
- La radiothérapie peut aussi diminuer des douleurs résistant aux antalgiques comme dans les métastases osseuses ou les douleurs liées au cancer du col avancé.
- La chimiothérapie adjuvante permet aussi, dans des cancers avancés, d’obtenir des rémissions de la maladie et de réduire ainsi les douleurs.
- Les médications : antalgiques, tranquillisants, opiacés, anxiolytiques, corticoides, antidépresseurs, anti-inflammatoires… constituent l’arsenal essentiel de lutte contre la douleur. Ils seront prescrits en fonction de la pathologie rencontrée, des plaintes exprimées de la patiente, de l’évaluation du type de douleur et des troubles psychologiques associés. Plusieurs classifications de la douleur et des médicaments utilisés pour la combattre existent. La classification OMS pour les douleurs cancéreuses est la plus connue ; elle comporte trois niveaux successifs :
Niveau I : douleurs légères et modérées
Niveau II : douleurs modérés ou sévères et/ou échec des antalgiques utilisés pour le niveau I
Niveau III : douleurs intenses et/ou échec des antalgiques utilisés pour le niveau II.
Pour éduquer la patiente :
- Il faut que l’équipe soignante éduque la patiente à signaler le début de la douleur et son intensité
- La patiente doit se servir de la réglette EVA (échelle visuelle analogique)
- On doit aussi apprendre à la patiente à se servir des modes d’administration de morphiniques autocontrôlés comme le PSA (pousse seringue autocontrôlé)
- Le traitement de la douleur doit être adapté à chaque patiente
- L’équipe soignante peut être amenée à solliciter les psychologues, les psychiatres, les kinésithérapeutes
- Les massages, la relaxation doivent être utilisés en fonction du contexte
- Les soins infirmiers : toilette, soins d’escarres, respect des positions antalgiques, mise au bassin, soins de paroi nécessitent une attention particulière
- Le matériel doit être adapté à la situation : hauteur du lit, matelas à eau, sonnette à portée de main, lit d’accompagnant
- Enfin l’écoute attentive, la compassion, la gentillesse de l’équipe soignante sont autant d’éléments qui peuvent aider la patiente à surmonter la douleur
- Les effets secondaires des traitements doivent être expliqués et limités, en particulier :
.cystite ou rectite de l’irradiation pelvienne
.gastrite des anti-inflammatoires non stéroidiens (AINS)
.désorientation après un traitement par neuroleptiques
.effets secondaires des morphiniques : sédation, constipation, nausées, vomissements, sécheresse buccale, prurit.
PLAN DE SOINS INFIRMIERS
METHODOLOGIE DE LA DEMARCHE DE SOINS
Se reporter au Cahier n°2.
Il s’agit de la suite ordonnée des opérations qui visent à dispenser des soins individuels continus et adaptés aux besoins d’une personne soignée.
PLAN DE SOINS INFIRMIERS
Il comporte :
- le diagnostic infirmier : titre, étiologie, signes (ou facteurs de risque s’il s’agit d’un diagnostic infirmier de « risque de »)
- les objectifs de soins : formulés en termes positifs de capacités pour le patient, ils suggèrent les critères permettant l’évaluation des soins dispensés
- les interventions infirmières (encore appelées actions infirmières)
- le dispositif d’évaluation des soins prévus et/ou dispensés
La planification permet à l’IDE d’organiser les soins au sein d’une équipe pluridisciplinaire. Elle résulte de la programmation des soins prévus, elle regroupe et compose, de façon chronologique en termes de priorité :
- les soins sur prescription médicale
- les soins relevant du rôle propre de l’infirmier(e)
- les soins relevant des autres intervenants de soins (aide-soignant, soins confiés en kinésithérapie, diététique, bloc…).
DIAGNOSTICS INFIRMIERS PREVALENTS
DEFINITION DU DIAGNOSTIC INFIRMIER
Un diagnostic infirmier est l’énoncé d’un jugement clinique sur les réactions aux problèmes de santé présents ou potentiels, ou aux processus de vie d’une personne, d’une famille ou d’une collectivité. Les diagnostics infirmiers seront la base pour choisir les interventions de soins dont l’infirmier est responsable.
DIAGNOSTICS PREVALENTS EN GYNECOLOGIE OBSTETRIQUE
DIAGNOSTICS INFIRMIERS PREVALENTS – PERCEPTION ET GESTION DE LA SANTE
Risque infectieux
Difficulté à se maintenir en santé
Risque d’accident hémorragique
Nutrition et métabolisme :
- allaitement maternel efficace, inefficace ou interrompu
- déficit nutritionnel
- hyperthermie
- atteinte à l’intégrité de la peau
- risque élevé d’atteinte à l’intégrité de la peau
- atteinte à l’intégrité des tissus
Elimination :
- constipation/pseudo-constipation
- diarrhée
- altération de l’élimination urinaire
- incontinence urinaire
- rétention urinaire
Activité et exercice :
- fatigue
- altération de la mobilité physique
- incapacité d’effectuer ses soins d’hygiène
- incapacité de se vêtir, d’utiliser les toilettes, d’entretenir le domicile
Cognition et perception :
- douleur aigue
- douleur chronique
- manque de connaissance
Perception et concept de soi :
- anxiété
- désespoir
- perturbation de l’image corporelle
- perturbation de l’estime de soi
- peur
- sentiment d’impuissance
Relation et rôle :
- altération de la dynamique familiale
- perturbation des interactions sociales
- perturbation dans l’exercice du rôle
Sexualité et reproduction :
- perturbation de la sexualité
- dysfonctionnement sexuel
- syndrome du traumatisme de viol
Adaptation et tolérance au stress :
- réaction post-traumatique
- adaptations individuelles inefficaces
- adaptation familiale inefficace
- incapacité de s’adapter au changement dans l’état de santé
- risque d’accidents : chutes, malaise hypoglycémique (diabète gestationnel)
Valeurs et croyance :
- détresse spirituelle
Sommeil, repos :
- perturbation des habitudes du sommeil
PATHOLOGIES COURANTES EN GYNECOLOGIE OBSTETRIQUE ENTRAINANT DES DIAGNOSTICS INFIRMIERS PREVALENTS
Intervention chirurgicale :
- mastectomie, tumorectomie, ovariectomie, vulvectomie, hystérectomie, curetage…
Maladies infectieuses :
- salpingite
- endométrite
- infection génitale basse
- abcès du sein
- infections materno-fœtales
Maladies provoquant une perte sanguine et/ou fœtale :
- avortement provoqué ou spontané
- accouchement prématuré
- placenta preavia, rupture utérine, hématome rétroplacentaire
- GEU, môle
- pathologies utérines ou cervicales
Pathologies responsables de fuite urinaire :
- prolapsus génital et IUE (insuffisance urinaire d’effort)
- fistule vésico-vaginale (traumatisme obstétrical, cancers génitaux)
Pathologies gynécologiques responsables de douleur :
- kyste de l’ovaire
- fibromes utérins
- endométriose
- pathologie bénigne du sein (dystrophie mammaire, adénofibrome, kyste…)
- syndrome prémenstruel
Pathologies cancéreuses et métastatiques en gynécologie :
- cancer du corps et du col de l’utérus
- cancer de l’ovaire
- cancer du sein
- cancer de la vulve
Pathologies gynécologiques ou étapes physiologiques entraînant l’absence de règles :
- aménorrhées primaires et secondaires
- ménopause
- grossesse
Evénements touchant à la sexualité, à la reproduction et à la fertilité
- contraception (orale, stérilet)
- ligature de trompes
- pathologie de la grossesse (HTA, diabète, malformations fœtales)
- stérilité et PMA
- IVG
- agression sexuelle (viol)
- troubles de la sexualité
- etc…
Tab. 1.1. Diagnostics prévalents en gynécologie obstétrique
SYNTHESE: EXEMPLE D’UNE DEMARCHE DE SOINS EN GYNECOLOGIE
PRESENTATION DE LA PATIENTE
Il s’agit de Mlle P., âgée de 30 ans.
Elle mesure 1,70 m et pèse 55 kg. Elle est bien habillée.
Elle vit en concubinage, sans enfant. Elle est hôtesse d’accueil. Elle se couche souvent très tard et consomme des quantités excessives d’alcool.
Elle est prise en charge par la sécurité sociale et adhère à une mutuelle.
DATE D’ENTREE DANS LE SEVICE DE GYNECOLOGIE
Le 20 juillet en urgence à 13 heures.
MOTIF DE L’HOSPITALISATION
Prise en charge de douleurs pelviennes et d’une hyperthermie depuis 24 heures.
DIAGNOSTIC MEDICAL
Infection génitale haute : salpingite aigue.
ANTECEDENTS
Habitus :
- intoxication tabagique (2 paquets/jour)
- consommation d’alcool excessive
- pas de contraception
Antécédents médicaux :
Elle souffre d’anorexie sans prise en charge médicale et de troubles dépressifs.
Chirurgicaux
Elle a subi 2 IVG chirurgicales.
HISTOIRE DE LA MALADIE
Depuis le 19 juillet, Mlle P. présente des douleurs pelviennes basses bilatérales accentuées à la marche.
Le 20 juillet, les douleurs ont augmenté d’intensité avec apparition d’une hyperthermie à 39°C et de pertes sales et nauséabondes. Elle présente des nausées sans vomissements. Elle décide de venir consulter aux urgences gynécologiques.
SYNTHESE DE L’HOSPITALISATION
A L’ARRIVEE DANS LE SERVICE
Elle est installée en chambre seule.
On lui pose une voie d’abord périphérique : perfusion de G5%, 2L/24h + 2gNaCl/l + 1gKCl/l.
Ses constantes sont : TA : 12/9 ; pouls : 150 bpm ; Température : 38,5°C.
La numération formule sanguine montre une hémoglobine à 12 g/ 100 ml, une hyperleucocytose à 12 000, une VS > 15 à la première heure, une CRP à 25. Le test de grossesse est négatif.
L’échographie pelvienne réalisée par voie vaginale est douloureuse et réveille la douleur. On note un utérus normal mais il existe un épanchement de faible abondance du cul-de-sac de Douglas et une image hétérogène latéro-utérine droite faisant évoquer un pyosalpinx.
Des hémocultures sont prélevées ainsi qu’une sérologie de chlamydia, un ECBU. Les sérologies de la syphylis, de l’hépatite B et de l’infection HIV sont proposées et prélevées. Enfin des prélèvements bactériologiques vaginaux sont réalisés.
A L’EXAMEN CLINIQUE
Les douleurs pelviennes sont bilatérales avec position antalgique (jambes repliées sur l’abdomen) et irradiation hypogastrique de la douleur. A la palpation abdominale, il existe une défense avec une accentuation des douleurs en fosse iliaque droite.
La patiente est pâle avec des sueurs, prostrée, fatiguée, communiquant très peu avec le personnel soignant.
Elle est repliée sur elle-même et pleure. Elle répond difficilement aux questions. Elle dit de façon agressive : « J’ai mal et je veux qu’on me soigne. J’ai peur de ne plus pouvoir avoir d’enfant. Je veux qu’on m’explique ce qui se passe. Ma vie est fichue, c’est de ma faute, je fais n’importe quoi. ».
Une cœlioscopie est réalisée en urgence, elle montre une salpingite aigue avec un épanchement purulent qui est aspiré, la trompe droite est le siège d’un pyosalpinx qui est drainé. Il existe de nombreuses adhérences vélamenteuses qui sont sectionnées.
LES PROBLEMES PRIORITAIRES sont :
-L’hyperthermie
Elle est liée à l’infection pelvienne et au foyer infectieux profond (pyosalpinx).
La patiente reste à jeun pour 24 h. On laisse donc en place la perfusion : G5% (1l/24h avec 2 g de NaCl/l + 1 g de KCl/l).
Un traitement anitbiotique est mis en place par Augmentin 6g/jour IV et Oflocet 400 mg/jour IV, associé à une perfusion de Perfalgan 1 g* 3/jour en IV (action antipyrétique et antalgique).
Les constantes hémodynamiques sont stables (contrôlées toutes les heures en post-opératoire pendant 4 heures puis 2 fois par 24 h).
La T° est encore à 38° (contrôlée toutes les h en post-opératoire pendant 4 h, puis 2 fois par 24 h).
Un protocole d’hémocultures est mis en place si la température est supérieure à 38,5° mais on note le soir même une décroissance de l’hyperthermie.
La NFS, la CRP et la VS seront contrôlées tous les jours jusqu’à normalisation.
Une sérologie de contrôle de Chlamydia sera réalisée dans 15 jours.
Seul le prélèvement bactériologique vaginal à la recherche de Chlamydia, prélevé lors de la cœlioscopie, s’est avéré positif.
-La douleur
Elle est secondaire à l’infection pelvienne, à l’irritation péritonéale due à l’épanchement et à l’angoisse générée par la peur d’une stérilité secondaire.
En post-opératoire, elle se manifeste par une douleur pelvienne modérée persistante (plaintes aux changements de position) et au niveau des pansements de la cœlioscopie.
L’objectif est de diminuer la douleur pelvienne : pour cela, on lui administre l’antalgique en IV : Perfalgan : 1 g*3/j et l’antibiothérapie.
La cœlioscopie a permis de laver et drainer l’infection entraînant une diminution des douleurs mais des douleurs liées à l’acte chirurgical persistent, notamment au niveau des orifices des trocarts de cœlioscopie et du pneumopéritoine (douleur dans le bas de l’omoplate droite).
L’infirmière fait l’évaluation de la douleur :
.EVA : 8/10 avant le Perfalgan
.EVA : 3/10 une h après le traitement.
Elle demande à la patiente de s’installer dans une position qui lui est antalgique, de ne pas se lever sans l’aide du personnel soignant, de rester dans la chambre, de ne pas fumer, de se reposer au maximum, de ne pas recevoir de visites dans l’immédiat.
Lors des soins, des déplacements, on la mobilise avec précaution.
-Le syndrome dépressif et réactionnel
Il se manifeste par des pleurs, l’anxiété, un comportement agressif en rapport avec la peur d’une stérilité définitive. Il est augmenté par un terrain déjà fragilisé (anorexie, troubles dépressifs).
o Objectifs :
Diminuer l’anxiété de la patiente par rapport à ses problèmes de santé.
Obtenir une meilleure prise en charge de ses troubles dépressifs et de son anorexie.
Obtenir une meilleure hygiène de vie.
o Actions :
Il faut expliquer à Mlle P. que le traitement mis en œuvre peut amener à une restitution quasi complète de sa fertilité et surtout que sa trompe droite va probablement récupérer. Il faut la préparer au fait qu’une nouvelle cœlioscopie sera peut-être nécessaire pour refaire le point sur ses trompes et que de toute façon une prise en charge en PMA pourrait être entreprise.
On lui proposera de voir la psychologue du service pour la prise en charge de ses angoisses, de son problème d’anorexie et de troubles dépressifs.
On lui recommandera de diminuer sa consommation de tabac ou d’alcool.
On notera les différents comportements de la patiente (voir si elle est triste, si elle se déprécie, noter les paroles qu’elle prononce).
EXEMPLES DE DIAGNOSTICS INFIRMIERS
LA FATIGUE
Mlle P. présente un important état de fatigue liée à l’infection, la douleur, l’intervention, l’anxiété, le syndrome dépressif, l’anorexie et sa mauvaise hygiène de vie.
OBJECTIF
Il faut que la patiente puisse de nouveau être rapidement autonome et reprendre son activité professionnelle dans un délai raisonnable, en forme tant sur le plan physique que moral.
ACTIONS
On préconisera à la patiente de se reposer pendant l’hospitalisation (limiter les visites, les appels téléphoniques…) ; on regroupera les soins et on respectera les rythmes du sommeil.
On appréciera le degré de dépendance de la patiente et on évaluera chaque jour les efforts constatés (ex : aide à la toilette en post-opératoire puis autonomie les jours suivants).
On organisera des périodes de repos dans la planification des soins.
La prise d’antalgiques sera poursuivie jusqu’à disparition des douleurs.
EVALUATION
Evaluer les efforts constatés.
A la sortie, s’assurer que l’arrêt de travail est adapté, que les antalgiques et les antibiotiques ont été prescrits.
PERTURBATION DE L’ESTIME DE SOI
Elle se manifeste par des critiques contre sa personne (« ma vie est fichue », « c’est de ma faute », « je fais n’importe quoi »), par un sentiment de culpabilité (2 IVG) et par une plus grande vulnérabilité liée aux troubles dépressifs et à l’anorexie.
OBJECTIF
La patiente doit se rendre compte de ses jugements négatifs face à elle-même.
On doit lui redonner une meilleure estime de soi par rapport à la situation actuelle et l’amener à faire face aux événements présents et à venir.
ACTIONS
Apprécier si Mlle P. peut trouver du soutien auprès de son compagnon, sa famille, ses amies.
Proposer la consultation d’un psychologue.
Se montrer attentive, à l’écoute, en incitant la patiente à s’exprimer de façon positive en utilisant le « je » ; La faire participer aux traitements mis en place. Déceler les idées fausses et discuter avec elle de la façon dont elle perçoit les choses afin de réajuster son discours.
EVALUATION
Noter ses réactions aux différentes interventions du personnel soignant et les progrès réalisés.
L’ANXIETE
Elle se manifeste par la peur de ne pas guérir de l’infection, de ne plus pouvoir avoir d’enfant. Le ton est parfois agressif vis-à-vis du personnel soignant. On note des pleurs et une certaine prostration.
OBJECTIF
La patiente devra se montrer moins anxieuse, par une meilleure connaissance de sa pathologie et par une participation active à la résolution de ses problèmes.
ACTIONS
- noter les signes de repli sur soi, l’insomnie, la difficulté de communication, les mécanismes de défense (mutisme, agressivité)
- parler ouvertement à la patiente de sa peur
- envisager la prescription d’anxiolytiques
- on recherchera les personnes susceptibles de lui procurer un soutien
- on pourra la rassurer sur ses possibilités de grossesse ultérieure et sur l’efficacité des moyens thérapeutiques mis en œuvre pour l’infection et la fertilité.
EVALUATION
On notera les visites qu’elle recevra sur le dossier infirmier, ainsi que son ressenti après les visites.
TRANSMISSIONS
TRANSMISSIONS ECRITES OU ORALES
DEFINITION
C’est le compte-rendu des actions réalisées auprès de la patiente. C’est également un compte-rendu des observations, événements, incidents ou chutes, des imprévus ou changements survenus pendant la journée.
CONSIGNES
- s’identifier, dater et signer
- respect du patient
- écrire lisiblement
- être logique
- utiliser le vocabulaire précis et professionnel
- proscrire les abréviations.
BUT
- assurer la continuité des soins
- décrire l’état physique et mental du patient
- évaluer la charge de travail
- conserver et mémoriser les oins réalisés = traçabilité
- responsabiliser le personnel.
TRANSMISSIONS CIBLEES
Voir Tab. 1.2. et 1.3.
CAS GENERAL
C’est un énoncé concis de ce qui arrive à la patiente, de ses réactions face à un problème de santé.
Elles sont ciblées pour attirer l’attention sur l’état de la patiente.
L’information est répartie sur trois colonnes, ce qui permet de focaliser l’attention de l’infirmière et de faciliter le suivi.
Les transmissions ciblées sont réparties en :
- Données : ce sont les observations, les signes cliniques et les expressions
- Actions : ce sont les interventions de soin en vue de traiter un problème ou modifier une situation
- Résultats : effets observés des actions entreprises. Ils doivent être évalués et réajustés.
ALIMENTATION :
- Inappétence
- perte de poids
- déficit nutritionnel
HYDRATATION :
- oedème (membre inf. ou sup.)
ELIMINATION :
- constipation
- vomissements, nausées
- hémorragies génitales
REPOS :
- fatigue
- troubles du sommeil
PERCEPTION ET ESTIME DE SOI :
- douleur
- anxiété
- perturbation de l’image corporelle
- troubles du comportement
- perte d’espoir
- état dépressif
- non-observance du traitement
- mécanisme de protection
- atteinte à l’intégrité de la peau et/ou des tissus (rougeur, érythème, prurit, nécrose)
- risque d’atteinte de l’intégrité cutanée
- hyperthermie
ACTIVITES :
- altération de l’état général
- mobilité altérée
- fatigue.
Fig. 1.2. Cibles les plus fréquentes en gynécologie – obstétrique
PATIENTE AYANT BENEFICIE D’UNE MASTECTOMIE POUR UN CANCER DU SEIN
Date, heure, IDE
24.10
16 h
M.P.
25.10
11 h
B.P.
26.10
12 h
A.T.
29.10
12 h
B.P.
CIBLE
Perturbation de l’image corporelle
Atteinte à l’intégrité cutanée et douleur au niveau de la cicatrice
Anxiété (par rapport à l’annonce des résultats)
DONNEES
Repli sur soi
Angoisse ressentie concernant la cicatrice
Peur du premier pansement
La patiente ne souhaite pas voir son pansement
Cicatrice présentant des signes de rougeur et d’œdème
Cicatrice douloureuse
Absence de douleur
Pleurs
Refus de voir sa famille
ACTIONS
Médecin prévenu et équipe soignante à l’écoute tout en expliquant à la patiente ce qu’est une cicatrice de mastectomie
L’infirmière envisage avec elle la reconstruction après lui avoir prescrit une prothèse externe
L’infirmière lui explique « l’épreuve du miroir » et la possibilité de voir sa cicatrice
L’infirmière lui propose de voir la psychologue et le kinésithérapeute du service
PM d’anxiolytiques, voir fiche prescription
Médecin prévenu
Pansement vérifié 2 fois par jour
Le médecin vient expliquer les résultats des différents examens (mastectomie et curage ganglionnaire) et le traitement et la surveillance qui sera mis en œuvre
RESULTATS
La patiente a bien voulu regarder sa cicatrice dans le miroir et l’a même trouvée jolie
Elle a exprimé ses craintes vis-à-vis de son image de femme et de sa sexualité auprès de la psychologue
Elle a touché sa cicatrice et le kinésithérapeute a pu la masser
Elle a refusé les anxiolytiques car elle ne pense pas en avoir besoin
La patiente n’exprime plus de plaintes par rapport à la cicatrice
La patiente se dit rassurée et désire voir son mari et ses enfants (si elle en a)
Elle souhaite que le médecin en sa présence explique à sa famille le traitement et la surveillance
Cicatrice propre sans rougeur ni œdème
Tab. 1.3. Fiches de transmission ciblée
SECURITE SANITAIRE
CAS GENERAL
La matériovigilance, la pharmacovigilance, l’hémovigilance et la prévention des infections nocosomiales concourent à la sécurité sanitaire de façon générale.
Pour plus de précision, on se reportera aux cahiers suivants : n°5, n°26, n°21.
MATERIOVIGILANCE
TRAITEMENT MANUEL D’UN HYSTEROSCOPE NON AUTOCLAVABLE
(Dispositif médical critique nécessitant une désinfection de haut niveau avec sporicidie en l’absence de stérilisation).
Tableau
DESINFECTION DES SONDES D’ECHOGRAPHIE ENDO-VAGINALES ENTRE DEUX UTILISATIONS EN SERVICE DE GYNECOLOGIE OBSTETRIQUE OU DE PMA
Tableau
PREVENTION DES INFECTIONS NOCOSOMIALES
PREPARATION CUTANEE DE L’OPEREE
Fiche de traçabilité de la préparation préopératoire : cette fiche de traçabilité est indispensable à remplir que si le dossier est complet: ce qui doit être vérifié avant l’arrivée du patient au bloc, la veille si possible.
PREVENTION DE LA DIFFUSION DU STAPHYLOCOCCUS AUREUS (DORE) RESISTANT A LA METHICILLINE (SARM) EN SERVICE DE COURT SEJOUR
Cette fiche technique permet de définir qui dépister et quand.
Fiche technique : Réaliser un prélèvement de nez et un prélèvement des lésions cutanées.
SORTIE DE LA PATIENTE
CAS CONCRETS ADMISSIONS/SORTIES
MME X. VIENT EN HOSPITALISATION DE JOUR POUR UNE HYSTEROSCOPIE ET BIOPSIE D’ENDOMETRE SOUS ANESTHESIE LOCALE
- consultation du médecin de service
- dossier administratif en hospitalisation de jour ouvert pour l’année
- prise en charge à 100%
- prévoir l’hospitalisation
- sortir le dossier de la patiente
- accueil, inscrire la séance d’hôpital de jour sur le système informatique de gestion des patients
- sortie : prévoir prochaine consultation (résultats anatomopathologiques)
Donner si besoin :
.ordonnance
.bon de transport pour remboursement
.rendez-vous pour examens et consultation
- dossier administratif non clôturé
Dossier médical gardé dans le service.
MME Y. VIENT EN HOPITAL DE SEMAINE POUR UNE TUMORECTOMIE DU SEIN
- Patiente vue en consultation ; le médecin pose l’indication de tumorectomie.
- La patiente vient à l’accueil du service pour ses rendez-vous.
.RV pour la tumorectomie
.RV pour la consultation d’anesthésie
.RV pour l’hospitalisation
La patiente repart avec ses RV et sa feuille de préadmission
- Le jour de son hospitalisation, elle vient avec son formulaire d’admission
Le dossier médical a été préparé
Si nécessaire, un dépôt de valeur et de bijoux est effectué au coffre de l’hôpital
- Sortie de la patiente
Elle sort avec ordonnance, bon de transport, prochain RV de consultation.
- La sortie est faite sur le système informatique de l’hôpital
- Le dossier médical est archivé, après y avoir mis les derniers comptes rendus opératoires, anatomopathologiques et le compte rendu opératoire.
MME Z. VIENT POUR L’AGGRAVATION DE SA MALADIE : CANCER DU COL DE STADE III METASTATIQUE AVEC METRORRAGIES. ELLE SERA HOSPITALISEE EN GYNECOLOGIE.
N.B. : seule sera abordée ici la prise en charge administrative de la sortie par décès.
- Elle vient en ambulance de son domicile
- Les ambulanciers vont faire l’admission
- La patiente est installée dans sa chambre. L’infirmière est prévenue de son arrivée
- La patiente est prise en charge à 100%. Les ambulanciers repartent avec un bon de transport pour que leur prestation soit payée.
- Le dossier médical est sorti. L’admission dans le logiciel de l’hôpital est faite
- Différents examens et gestes thérapeutiques lui sont prescrits (radiographie pulmonaire, scanner pelvien) ainsi qu’une embolisation des artères utérines ; le service des transports de malades est prévenu 24 h à l’avance pour amener et ramener la malade pour les examens et gestes thérapeutiques.
- Elle doit subir une radiothérapie palliative qui se fait dans un autre établissement.
.Le service prend le rendez-vous
.Il commande l’ambulance
.Un dossier de prestation inter-hospitalière est fait, afin que l’hôpital qui effectue l’examen soit payé.
- Aggravation de l’état de la malade.
Si la famille proche n’est pas sur place, un avis d’aggravation est transmis par téléphone.
- Décès de la malade.
.Un médecin constate le décès
.Celui-ci est noté sur le billet de salle
.La secrétaire hospitalière apporte ce billet aux admissions
.Retour des admissions avec le certificat de décès à remplir par un médecin. Ce certificat sera porté de nouveau aux admissions.
- La toilette mortuaire est faite. Au poignet de la personne décédée, un bracelet d’identification est posé, avec identité, service, jour et heure du décès. Sur le drap qui entoure le corps, un bulletin de corps avec les mêmes renseignements est agrafé.
- Le service transport malades est appelé par l’infirmière pour emmener le corps à la morgue
- Les affaires sont rendues à la famille. Les valeurs déposées à la caisse de l’hôpital seront rendues avec les documents de filiation
- Le dossier administratif est clôturé avec la sortie par décès
- Le dossier médical est archivé lorsque les derniers comptes rendus y sont mis.
LISTE DES MALADIES A DECLARATION OBLIGATOIRE
LA LISTERIOSE (il s’agit d’une maladie infectieuse d’origine alimentaire pouvant entraîner une infection materno-fœtale et responsable d’accidents obstétricaux : fausses couches, accouchements prématurés, morts fœtales in utero, infections néonatales). Cette infection fait donc l’objet d’une surveillance nationale pour rechercher les produits contaminés (produits laitiers, carnés, patisseries…)
L’INFECTION PAR LE VIRUS HIV, quel que soit le stade : séropositivité VIH et Sida.
L’INFECTION AIGUE SYMPTOMATIQUE PAR LE VIRUS DE L’HEPATITE B.
Ces maladies à déclaration obligatoire peuvent être rencontrées en gynécologie et doivent être déclarées à la DDASS à l’aide d’un imprimé qui est propre à chaque maladie.
Ces imprimés sont remplis parle médecin responsable du patient et adressés à la DDASS.
LISTE DES 28 MALADIES A DECLARATION OBLIGATOIRE
Botulisme
Brucellose
Charbon
Cholera
Diphtérie
Fièvres hémorragiques africaines
Fièvre jaune
Fièvres typhoides et fièvres parathyphoides
Hépatite aigue A
Infection aigue symptomatique par le virus de l’hépatite B
Infection par le VIH quel qu’en soit le stade
Infection invasive à méningocoque
Légionellose
Listériose
Orthopoxviroses dont la variole
paludisme autochtone
Paludisme d’importation dans les départements d’outre-mer
Peste
Poliomyélite
Rage
Rougeole
Saturnisme de l’enfant mineur
Suspicion de maladie de Creutzfeldt-Jakob et autres
encéphalopathies subaigues spongiformes transmissibles humaines
Tétanos
Toxi-infection alimentaire collective
Tuberculose
Tularémie
Typhus exanthématique
LES SOINS INFIRMIERS INDIVIDUALISES A LA PERSONNE SOIGNEE (SIIPS)
INTENSITE
STRUCTURE
Soins de base
Alimentation
Mobilisation
Hygiène/confort
Elimination
Soins techniques
Soins relationnels
et éducatifs
COEFF.1
Autonomie
Prédominance
de soins légers
ex : surveillance des
constantes <= 4/24 h
Intervention ponctuelle
ex : information sur un régime
COEFF. 4
Dépendance
modérée
Prédominance
de soins courts
ex : prélèvements 4 à
6 / 24 h ou perfusion
Intervention d’aide
ex : reformulation
et explication
COEFF. 10
Dépendance
majeure
Soins lourds
ou courts répétés
ex : pansement complexe
ou surveillance des
constantes > 8 / 24 h
Intervention d’aide en
situation difficile
ex : aide lors d’une
dépression
COEFF. 20
Dépendance
totale
Soins
très lourds
ex : assistance continue,
perfusions lourdes
Intervention d’aide
en situation de crise
ex : décès,
agitation extrême
Tab. 1.4. SIIPS : tableau récapitulatif