IFSI - Gérontologie - Gérontopsychiatrie 16/

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CH. 10. – TROUBLES NEUROPSYCHIATRIQUES

 

DEMENCE

 

DEFINITION DE LA DEMENCE

 

Pathologie de l’intelligence, définie comme une diminution progressive et irréversible des fonctions supérieures, liée à une atteinte cérébrale organique et limitant les capacités sociales acquises de la personne.

Elle s’oppose aux altérations congénitales comme la débilité (les capacités sociales ont toujours été limitées) et aux déficits transitoires comme les états confusionnels.

LES CRITERES DE DEMENCE DE LA CLASSIFICATION DES MALADIES MENTALES (DSM-IV) :

- Diminution des capacités intellectuelles : retentissement sur insertion sociale et activité professionnelle

- Troubles de mémoire

- Au moins une des manifestations suivantes :

o Aphasie ou détérioration du langage

o Apraxie ou incapacité à réaliser une activité gestuelle malgré des fonctions motrices et sensorielles intactes

o Agnosie ou incapacité à reconnaître ou identifier les objets malgré des fonctions sensorielles intactes

o Perturbations des fonctions exécutives

- Absence d’obscurcissement de la conscience

- Mise en évidence d’un facteur organique et exclusion des troubles mentaux non organiques.

 

EPIDEMIOLOGIE

 

15 à 20 % de la pop âgée de 75 ans et plus, soit 770 000 personnes en France en 2004.

Prévalence : pourcentage de personnes atteintes dans une population donnée

Incidence : nombre de nouveaux cas par an.

La majorité des personnes atteintes vivent avec leur famille : 45 % avec un conjoint, 23 % avec leurs enfants

20 % vivent seuls et seulement 12 % vivent en institution.

 

MALADIE D’ALZHEIMER

 

Démence sénile de type dégénératif quel que soit l’âge du malade.

 

SIGNES CLINIQUES

 

Début insidieux et évolution progressive.

 

PHASE DE DEBUT

Le début est toujours retrouvé à postériori.

LES DIFFICULTES LES PLUS FREQUENTES au début :

- Troubles de mémoire des faits récents

- Difficultés voire incapacité pour de nouveaux apprentissages

- Difficultés pour des gestes usuels

- Difficultés d’assumer de nouvelles situations.

Au début, la personne masque ses difficultés à ses proches.

La conscience des troubles entraîne syndrome dépressif réactionnel qui gêne le diagnostic.

 

PHASE D’ETAT

AU BOUT DE PLUSIEURS MOIS apparaissent les signes permettant de poser le diagnostic :

- Troubles de mémoire, d’abord des faits récents, puis des faits anciens.

- Désorientation dans le temps et dans l’espace.

- Troubles du jugement et du raisonnement : difficultés de calcul, adaptation aux situations de danger.

- Syndrome aphasie-apraxie-agnosie :

o Aphasie : raréfaction du vocabulaire aboutissant à mutisme

o Apraxie : alimentation, toilette, habillage

o Agnosie : non-reconnaissance des lieux, objets, visages, soi-même dans la glace

- Activité motrice : hyperactivité motrice (déambulations)

PHASE TERMINALE

Dépendance totale et communication impossible.

Evolution sur 8 à 10 ans.

Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont très différentes entre elles.

 

PHYSIOPATHOLOGIE

 

SUR LE PLAN HISTOLOGIQUE

Nombreuses lésions de vieillissement cérébral.

Atrophie cérébrale + élargissement des sillons corticaux + dilatation ventriculaire.

Ces lésions existent chez le sujet âgé non dément.

ATROPHIE CORTICALE

Le poids du cerveau diminue avec l’âge, mais plus vite chez les personnes démentes.

Raréfaction des neurones de grande taille.

PLAQUES SENILES

Entre les neurones.

DEGENERESCENCE NEUROFIBRILLAIRE INTRANEURONALE

Anomalie intra-neuronale qui peut entraîner la mort neuronale.

DEGENERESCENCE GRANULO-VACUOLAIRE

Intraneuronale.

 

MODIFICATIONS DES SYSTEMES DE NEUROTRANSMISSION

Raréfaction des neurones cholinergiques

DIMINUTION DES AUTRES NEUROTRANSMETTEURS

Adrénergine, sérotonine, dopamine

 

FACTEURS DE RISQUE PROPRE A LA MALADIE D’ALZHEIMER

 

FACTEURS DE RISQUES CONFIRMES

- L’âge

- Les antécédents familiaux de maladie d’Alzheimer

- La trisomie 21

 

FACTEURS DE RISQUES POSSIBLES

- Les traumatismes crâniens

- le niveau de scolarité

- les antécédents familiaux

 

HYPOTHESES ETIOLOGIQUES

 

HYPOTHESE GENETIQUE

Dans les formes familiales précoces de la maladie, chromosome 21

AUTRES HYPOTHESES

Virale, immunologique, toxique

 

CLASSIFICATION DES DEMENCES

 

DEMENCES DEGENERATIVES

La moitié des démences

 

MALADIE D’ALZHEIMER

80 % des démences dégénératives

 

AUTRES DEMENCES DEGENERATIVES

DEMENCE FRONTO-TEMPORALE

Englobe démence de Pick à début précoce et formes survenant à un âge plus avancé.

Troubles du comportement, négligence physique, convenances sociales

DEMENCE A CORPS DE LEWY

Troubles des fonctions supérieures très fluctuants sur plusieurs mois

DEMENCE DANS LA MALADIE DE PARKINSON

Chez 20 à 30 % des patients après 10 ans d’évolution

CHOREE DE HUNINGTON

PARALYSIE SUPRANUCLEAIRE DE STEELE-RICHARDSON

 

DEMENCES VASCULAIRES

20 à 30 % de l’ensemble des démences

 

PARTICULARITES CLINIQUES

Antécédents d’accidents ischémiques cérébro-vasculaires

Début des troubles : concomitant accidents neurologiques

Evolution : concomitant accidents cardio-vasculaires

PHYSIOPATHOLOGIE

Infarctus multiples et bilatéraux (multi-infarct-dementia)

 

DEMENCES MIXTES

Eléments évoquant une démence dégénérative associée à des troubles vasculaires visibles : démence mixte

Le score d’ischémie modifié permet de classer ces trois types de démences (tab. 10.1)

TAB. 10.1 Score d’ischémie modifié (d’après Hachinski)

1 Début brutal 2

2 Antécédents d’AVC 1

3 Symptomes neurologiques focaux 2

4 Signes neurologiques focaux 2

5 Foyers à faible densité (scanner)

Isolés 2

Multiples 3

Score maximum : 10

Score de 0 à 2 démence dégénérative

Score de 5 à 10 démence vasculaire

Score de 3 et 4 démence mixte

 

PSEUDO-DEMENCES ET DEMENCES SECONDAIRES

 

PSEUDO-DEMENCES

Troubles de mémoire associés à des troubles de la vigilance.

Réversibilité des troubles.

MEDICAMENTEUSES

Tous les médicaments ayant une action anticholinergique peuvent être en cause : neuroleptiques, tranquillisants, antidépresseurs tricycliques, somnifères, antiépileptiques.

Devant tout trouble des fonctions supérieures d’apparition récente, il est impératif de rechercher soigneusement tous les médicaments pris prescrits (souvent par plusieurs médecins) et non prescrits.

HYDROCEPHALIE A PRESSION NORMALE

Association de troubles des fonctions supérieures, de troubles de l’équilibre et de troubles sphinctériens.

Ponction lombaire

ENDOCRINIENNES

Troubles dans dysfonctionnement de la thyroïde

METABOLIQUES

Carences en vitamine B12 et en acide folique

 

DEMENCES SECONDAIRES

INFECTIEUSES

Paralyse générale syphilitique exceptionnelle

Maladie de Creutzfeldt Jakob

Encéphalites herpétiques

Sida

TRAUMATIQUES

Hématomes, contusions, chez boxeurs

ALCOOLIQUES OU SYNDROME DE KORSAKOFF

Amnésie antérograde avec fabulation

TUMORALES

Destruction bilatérale du système limbique, dilatation ventriculaire due aux tumeurs

 

BILAN PARACLINIQUE

 

TESTS PSYCHOMETRIQUES

Permettent de mesurer le type et la gravité des troubles cognitifs.

Seulement aide au diagnostic

Mini-Mental Test de Folstein (MMS)

 

EXAMENS COMPLEMENTAIRES

Si pseudo-démence, afin de ne pas passer à côté d’une démence curable :

- IRM

- Dosage TSH

- Dosage vitamine B12

Permettent la classification de la démence.

 

TRAITEMENT

Double objectif thérapeutique :

- Améliorer le bien-être et la qualité de vie

- Tenter de rendre l’évolution inéluctable vers l’aggravation la plus lente possible

 

MEDICAMENTS DE LA MALADIE D’ALZHEIMER

 

INHIBITEURS DE LA CHOLINESTERASE (ICH)

Basé sur théorie cholinergique de la maladie

Pour limiter le déficit en acétylcholine observé, on tente d’empêcher par les ICH la destruction de l’acétylcholine produite par le sujet.

Trois molécules : pas de guérison, mais état amélioré pour un tiers, ou cessation aggravation pour un autre tiers. Dernier tiers inefficace.

Permet de reculer l’entrée en institution de deux ans.

Effets secondaires : troubles digestifs nécessitant parfois l’arrêt du tt.

Perte de poids, asthénie, vertiges, agitation.

Médecin « habilité ».

 

MEMANTINE (EXIBA)

Libération excessive de glutamate ds la fente synaptique : facteur de dégénérescence neuronale

La mémantine agit en régulant l’excès de glutamate.

Indiquée ds les formes modérément sévères à sévères, seule ou en association avec les ICHe.

Amélioration du fonctionnement global et effet positif sur les troubles du comportement.

Précautions d’emploi : épilepsie

 

LES VOIES DE RECHERCHE

ACTION SUR LES AUTRES NEUROTRANSMETTEURS

Autres déficits : sérotonine, dopamine.

Sélégiline compense perturbations dopaminergiques

LES ANTIOXYDANTS

Vitamine E et Ginkgo biloba en tt ou prévention

LES OESTROGENES

THS ménopause protecteur

LES ANTI-INFLAMMATOIRES NON STEROIDIENS

Anti-inflammatoires non-stéroidiens au long cours (pathologies rhumatismales) protecteurs

AINS curatifs

LA THERAPIE GENIQUE

Nombreux espoirs

 

VASODILATATEURS ET ANTI-ISCHEMIQUES

Molécules préconisées dans les troubles de mémoire, troubles liés à la sénescence : Nootropyl, Tanakan, Duxil, Hydergine, Praxilène

Pas de guérison

Vecteur de la relation médecin-malade-famille.

 

TRAITEMENT SYMPTOMATIQUE

Inhibiteurs de la cholinestérase pr tt des formes légères à modérées

Mémantine pr tt stade sévère

Tt de la démence symptomatique

 

TRAITEMENT DU SYNDROME DEPRESSIF ASSOCIE

Syndrome dépressif réactionnel à traiter : Améliore fonctions cognitives et recule le niveau de dépendance.

Tt antidépresseur avec peu ou pas d’effet anticholinergique pr ne pas majorer le déficit en acétylcholine : Miansérine (Athymil) : action anxiolytique et antidépressive

En cas de troubles du sommeil associés, donner la dose le soir

Si le désintérêt domine le tableau dépressif, antidépresseurs plus psychostimulants : sérotoninergiques (Prozac, Deroxat) ou viloxazine (Vivalan).

Si aucun résultat n’est observé au-delà de trois semaines, il n’y a aucun intérêt à poursuivre le tt.

 

TRAITEMENT SYMPTOMATIQUE DES MANIFESTATIONS LIEES A LA MALADIE

Souffrance pr le malade ; angoisse et épuisement pr les aidants

Le médecin calme ces manifestations sur le plan symptomatique, en respectant trois règles :

- Pour tout psychotrope, la dose initiale doit être minime : chercher la plus petite dose efficace possible

- Recherche d’effet secondaires doit être systématique

- Durée du tt doit être la plus courte possible : à chaque renouvellement, l’indication doit être reposée

L’ERRANCE ANXIEUSE

Quête d’un objet ou d’une présence.

Anxiolytiques : Xanax, Buspar, Atarax

LES EPISODES DELIRANTS, L’AGRESSIVITE

Episodes délirants avec composante de préjudice ou des hallucinations non critiquées : neuroleptiques à très faibles doses, malgré effets anticholinergiques

Agitation, hyperactivité fébrile : Melleril

Hallucinations ou persécution : halopéridol

Correcteurs : sources de syndrome confusionnel car effet anticholinergique

L’AGITATION

Episodes de grande agitation : sédatifs par voie parentérale (Tiapridal)

Surveillance après tt : risque d’hypotension orthostatique et chute, somnolence prolongée

LES TROUBLES DU SOMMEIL

Si troubles du sommeil rattachés à un syndrome dépressif : antidépresseur

Si troubles du sommeil dus à un délire : neuroleptiques

Si réveils nocturnes : hypnotiques à durée de vie courte (Imovane, Stilnox)

 

PRISE EN CHARGE DU MALADE

Prise en charge beaucoup plus large que simple prescription médicamenteuse.

 

STIMULATION COGNITIVE

Exercices de mémorisation, d’évocation de souvenirs, de langage et d’écriture

Non pas pr faire régresser les troubles, mais stimuler les capacités restantes pr limiter le handicap

Orthophoniste à domicile

 

SURVEILLANCE DE L’ETAT D’HYDRATATION ET DE L’ETAT NUTRITIONNEL DU PATIENT

Le patient ne boit plus et ne mange plus car il ne sait plus comment faire.

Malgré vigilance, les patients ont tendance à maigrir.

 

TRAITEMENTS DES AFFECTIONS INTERCURRENTES DONT LE PATIENT NE SE PLAINT PAS

Le patient ne peut plus expliquer ce qu’il ressent.

La douleur le rend plus triste, plus agressif, ou plus agité.

Avant de majorer les doses de psychotropes, examen soigneux du patient (TR, car le fécalome est souvent responsable de cet état de fait).

 

EVITER AUTANT QUE POSSIBLE LES DEMENAGEMENTS

Le patient ne peut plus acquérir de nouveaux repères. Tout changement de lieu majore son angoisse.

Ne pas minimiser les conséquences d’hospitalisations ou hébergements temporaires.

 

PRISE EN CHARGE DE LA DEPENDANCE INDUITE

 

QUELQUES GENERALITES INDISPENSABLES

LES PRINCIPES DE BASE DES SOINS AUX PERSONNES AGEES S’APPLIQUENT AUSSI AUX PERSONNES AGEES ATTEINTES DE PATHOLOGIE DEMENTIELLE

Voir Ch 4, Soins aux personnes âgées

LEUR DONNER DES REPERES

- Dans le temps : garder horaires réguliers pr toilette, habillage, repas

- Dans l’espace :

o Laisser le patient ds la même chambre

o L’aider à s’orienter ds sa chambre

o Flécher toilettes, salle à manger, télévision : panneaux à hauteur des yeux, càd plus bas que normalement

o Le placer à table au même endroit

o Dans les personnes autour d’eux : se présenter, se nommer à chaque occasion. Les soignants peuvent être référents de quelques patients, ce qui permet un suivi plus personnalisé.

LEUR DONNER DES EXPLICATIONS SUR CE QU’ON LEUR DEMANDE OU LEUR FAIT

- En s’exprimant clairement, à distance correcte, de façon audible, peu de mots

- En accompagnant le geste à la parole si besoin

NE PAS OUBLIER QUE LE DEFICIT EST INTELLECTUEL ET NON AFFECTIF

- Si le patient ne comprend pas, il ressent très bien les tensions, les moqueries, la tendresse ou l’amitié. Le ton de notre voix, l’attitude de notre corps, le regard, sont autant de « bouées » auxquelles le patient se raccroche pour se sentir sécurisé.

- La « pudeur » est de l’ordre de l’affectif et reste très longtemps très forte chez ces patients, surtout pour les femmes. Plus on entre rapidement dans son champ intime, plus on est vécu par elle comme étant agressif.

DEMARCHE INFIRMIERE – COMMENT ABORDER UNE PERSONNE AGEE DEMENTE ?

Mme Yolande F., 72 ans

 

GESTES DE LA VIE QUOTIDIENNE

TOILETTE ET HABILLAGE

Faire faire plutôt que de faire à la place de :

- En décomposant les gestes en ordres simples

- En évitant de placer la personne en situation d’échec

La toilette : souvent vécue comme agression par la personne démente

Vêtements personnels : garder une image digne conforme au passé, et évite de stigmatiser le handicap

REPAS

Fiche de goût établie avec la famille, car la personne ne peut plus dire ce qu’elle aime.

Bannir le « plateau repas ». Le patient « joue » avec les aliments au lieu de manger.

Prothèses dentaires peuvent faire mal.

Règle d’or : pour éviter la déshydratation, faire boire la personne éventuellement en aromatisant l’eau (sirop, vin).

 

CONTINENCE

(voir Troubles sphinctériens)

Passage régulier aux toilettes, quitte à mettre une protection jetable.

 

SECURITE

Déambulation : nécessité absolue, jusqu’à fatigue, sieste.

EN INSITUTION

Les personnes marchent à la recherche d’un endroit connu ancien dont elles se souviennent plus ou moins. C’est la raison pour laquelle lorsqu’elles « fuguent », on les recherchera prioritairement à leur domicile ou un lieu qu’elles ont habité longtemps.

Le risque est qu’en déambulant, elles marchent droit devant elles, sortent et se perdent.

Surveillance des portes dangereuses. Surveillance électronique.

Pr éviter dérive sécuritaire, parler du pb au cours du projet de soins.

A DOMICILE

Organiser promenades régulières pr satisfaire ce besoin et éviter prescription de psychotropes.

 

ANIMATION ET ACTIVITES OCCUPATIONNELLES

Voir Ch 7 Animation

Les activités tiendront compte de leur passé et de leurs habitudes.

Eviter infantilisation.

EXEMPLE

 

FAIRE FACE AUX TROUBLES DU COMPORTEMENT

Sautes d’humeur et agressivité sont les réponses aux frustrations intenses des patients.

 

PRISE EN CHARGE DES AIDANTS

Vivre avec un parent dément est une charge physique et psychologique très lourde.

Voir paragraphe sur les aides à domicile

 

AIDES AU MAINTIEN A DOMICILE

Les réticences de l’entourage à demander de l’aide s’expliquent par le fait que la démence est une maladie encore entourée des tabous qui entourent les maladies mentales ou n’est pas toujours considérée comme une « vraie » maladie.

 

AIDES MATERIELLES

- Prise en charge à 100 % ALD

- Carte d’invalidité

- Allocation personnalisée à l’autonomie

 

PREPARATION A UN EVENTUEL DEPART EN INSTITUTION

Eviter le placement en situation d’urgence qui est toujours dramatique.

Pb financier.

LES INSTITUTIONS accueillant les personnes démentes :

- Les services de soins de longue durée

- Les maisons de retraite médicalisées publiques ou privées

- Des maisons de retraite privées spécialisées dans l’accueil de malades déments.

 

MISE EN PLACE DE SEJOURS DE « SOULAGEMENT FAMILIAL »

Lorsque l’aidant lui-même est malade ou simplement épuisé et nécessite un temps de repos, on proposera un hébergement temporaire dans un service de soins de suite malgré le risque que cela peut représenter pour la personne malade. (hôpital de jour possible, qq demi-journées par semaine)

 

SOUTIEN PSYCHOLOGIQUE DES AIDANTS

LA PLAINTE le plus souvent exprimée par les aidants est le sentiment d’isolement et d’exclusion dans leur propre famille.

Aider l’aidant ppal à analyser la situation, rencontrer les autres mbres de la famille, fait partie de la prise en charge.

LE SENTIMENT DE CULPABILITE est très fort pour l’aidant.

 

DEMARCHE INFIRMIERE – L’ENTREE EN INSTITUTION EST DIFFICILE AUSSI POUR LES FAMILLES

Mme Denise J. 92 ans

 

POINTS CLES

1. La maladie d’Alzheimer est la démence la plus fréquente chez les personnes âgées.

2. De début insidieux et d’évolution progressive, elle associe à des troubles de mémoire, une désorientation temporospatiale, un syndrome aphaso-apraxo-agnosique et une perturbation des fonctions exécutives

3. Le bilan clinique et paraclinique, systématiquement fait devant des troubles des fonctions supérieures d’une personne âgée, permet :

a. D’infirmer ou confirmer un diagnostic de démence

b. En cas de démence, de la classer en démence dégénérative (dont la plus fréquente est la maladie d’Alzheimer), vasculaire, mixte ou secondaire.

4. La prise en charge est basée sur le tt médicamenteux symptomatique dont l’objectif est de ralentir autant que possible l’évolution, de soulager la souffrance morale et psychique induite par la maladie. Cette prise en charge concerne le patient dans sa globalité et son entourage, tant les interactions entre les deux sont importantes.

 

DEPRESSION

La caractéristique de la dépression du sujet âgé est son caractère masqué.

 

EPIDEMIOLOGIE

La prévalence des symptômes dépressifs significatifs ds la population âgée de 65 ans et plus se situe entre 10 et 25 %, mais la prévalence de la dépression majeure est de 5 % (autant que ds la population générale).

Par contre, ce taux de dépression augmente ds les institutions pr personnes âgées puisqu’il y atteint 15 à 20 %.

 

SEMIOLOGIE

Eviter les risques d’erreurs par excès ou par défaut.

Triade :

- Perte d’intérêt et de plaisir

- Trouble de l’humeur

- Ralentissement psychomoteur.

 

PERTE D’INTERET ET DE PLAISIR

Perte d’intérêt normale ds le vieillissement (sérénité) à distinguer de la perte d’intérêt symptomatique :

- Manque d’intérêt pénible pour la personne

- Disproportionné par rapport à ses aptitudes

- S’amplifie brutalement

- Atteint le domaine de la nourriture.

 

TROUBLES DE L’HUMEUR

Des troubles du caractère récents peuvent inaugurer une dépression.

Il est important de se souvenir que les idées de mort ne sont pas toujours dépressives chez le sujet âgé : elles peuvent témoigner d’un souci légitime de prévoir sa disparition et ses conséquences.

 

RALENTISSEMENT PSYCHOMOTEUR

Le tableau varie de la simple asthénie, prédominant le matin, à une apathie et une inertie permanente réalisant le syndrome de glissement.

 

PARTICULARITES DE CERTAINS SIGNES ASSOCIES CHEZ LE SUJET AGE

Troubles somatiques associés : leur rattachement à la dépression doit être un diagnostic d’élimination

Troubles cognitifs associés : si prédominants, alors pseudo-démence

Idées délirantes associées

Angoisse rarement majeure

Insomnie

 

PARTICULARITES DES FORMES CLINIQUES CHEZ LE VIEILLARD

 

FORMES TYPIQUES

Différenciation très difficile entre dépression endogène et dépression psychogène.

 

DEPRESSIONS ENDOGENES

MELANCOLIE D’INVOLUTION

Après 60 ans, la dépression est majeure, inhibition ou agitation anxieuse, thèmes délirants, troubles du sommeil, risque suicidaire (refus d’alimentation).

Risque important de ne pas reconnaître ce diagnostic et de sous-estimer le risque suicidaire.

PSYCHOSE MANIACO-DEPRESSIVE

Au fur et à mesure, la bipolarité s’efface pour un tableau de dépression.

 

DEPRESSIONS PSYCHOGENES

DEPRESSIONS REACTIONNELLES

Secondaires à un traumatisme psychique

DEPRESSIONS D’EPUISEMENT

Trois phases :

- Hypersensibilité et irritabilité

- Phase « psychosomatique »

- Phase dépressive avec anxiété

 

FORMES ATYPIQUES

 

DEPRESSIONS MASQUEES

Symptômes physiques au premier plan : équivalent dépressif.

- Signes généraux : asthénie, anorexie, amaigrissement

- Manifestations algiques : céphalées, arthralgies, douleurs abdominales

- Troubles digestifs : constipation

Parfois : valeur hypochondriaque du symptôme.

 

DEPRESSIONS DELIRANTES

Délire de persécution

 

DEPRESSIONS PSEUDO-DEMENTIELLES

Troubles des fonctions cognitives

Diagnostic a posteriori

 

FORMES ASSOCIEES

DEPRESSIONS ET AFFECTIONS SOMATIQUES

Dépression symptomatique d’une pathologie somatique ou dépression réactionnelle.

Cette dépression aggrave les manifestations organiques et il faut traiter les deux. Traiter uniquement la pathologie somatique ne suffit pas pour guérir la dépression dont elle est la cause.

DEPRESSION ET DEMENCE

La différence entre dépression et démence est complexe : dépression souvent associée à démence débutante.

Traiter la dépression permet de reculer le niveau de dépendance.

 

PRISE EN CHARGE

Dépression souvent associée à un contexte particulier (problèmes familiaux, maladies incurables, deuils).

Tt médicamenteux + autres intervenants médico-sociaux.

 

BUTS DU TRAITEMENT

Le tt a pour but :

- Une rémission partielle ou totale des symptômes physiques

- L’amélioration de l’état mental, des relations sociales et des troubles cognitifs

- Réduction des récidives et de la mortalité.

LE TRAITEMENT

En ambulatoire

CEPENDANT L’HOSPITALISATION sera demandée qd risque suicidaire, patient isolé, ou tension de l’entourage.

 

TRAITEMENTS ANTIDEPRESSEURS

 

CRITERES DE CHOIX DE L’ANTIDEPRESSEUR

SI L’ANXIETE EST AU DEVANT DU TABLEAU

Miansérine (Athymil) doses minimes

Si troubles du sommeil, dose le soir pr éviter hypnotiques

A L’INVERSE, SI LE TABLEAU EST DOMINE PAR UNE GRANDE APATHIE ET UN DESINTERET

Molécule plus psychotonique : Efferox

DANS LES TABLEAUX INTERMEDIAIRES

Antidépresseurs de 2è génération : Zoloft, Prozac, Stablon, Clédial.

Si inefficaces, antidépresseurs tricycliques mais effets secondaires (sédation, troubles confusionnels) dc surveillance étroite

 

DEROULEMENT ET SURVEILLANCE

POUR TOUS LES ANTIDEPRESSEURS, LA DOSE EFFICACE EST INFERIEURE A CELLE DE L’ADULTE

L’EFFICACITE THERAPEUTIQUE ne peut être évaluée qu’après 15 à 21 jours de tt

APRES UN TRAITEMENT INITIAL efficace de 3 mois, tt à poursuivre sur 6 à 12 mois.

 

SISMOTHERAPIE (ELECTROCHOCS)

Efficacité thérapeutique et faibles risques.

 

PSYCHOTHERAPIES

Difficultés de déplacement

 

PROTOCOLE DE SOINS – SURVEILLANCE INFIRMIERE D’UN TRAITEMENT ANTIDEPRESSEUR

M. Lucien L. 88 ans

 

POINTS CLES

1. La dépression est fréquente chez les personnes âgées et répond à des critères diagnostiques précis. Par contre la symptomatologie est souvent différente de la dépression de l’adulte jeune :

o moins de tristesse et d’angoisse apparente

o plus grande fréquence du ralentissement idéomoteur, des troubles cognitifs

o plus grande fréquence des formes atypiques : dépressions délirantes et dépressions agressives.

2. le traitement médicamenteux est basé sur les antidépresseurs de seconde génération, efficaces et ayant moins d’effets secondaires que les antidépresseurs de référence.

3. La fréquence des effets secondaires rend cependant indispensables une adaptation posologique individuelle et une surveillance rigoureuse du patient.

 

TROUBLES CONFUSIONNELS

A ne pas confondre avec la démence.

Etat pathologique de la conscience, le plus souvent transitoire, dominé par l’obnubilation intellectuelle et une grande désorientation temporo-spatiale.

 

SEMIOLOGIE

 

DEBUT

Brutal, en qq heures, qq jours.

Début souvent nocturne.

 

PERIODE D’ETAT

Désorientation temporo-spatiale, troubles de la vigilance, contact difficile (patient absent avec regard flou, visage figé, hébétude, égarement)

Discours pauvre, incompréhensible ou mutisme.

Troubles du comportement : de l’hyperactivité désordonnée à une totale apathie. Impulsivité, dangerosité. Hallucinations visuelles ou acoustiques favorisant le passage à l’acte.

Troubles mnésiques.

Céphalées, tremblements, hypertonie musculaire.

 

CAS CLINIQUE

Mme Yvette X. 87 ans

 

TAB. 10.2. Médicaments et troubles confusionnels

 

PROTOCOLE DE SOINS – CONFUSION CHEZ UNE PERSONNE AGEE

 

ETIOLOGIE

 

CONFUSION IATROGENE

Plus de 50 % des causes de confusion chez le vieillard.

Nbreux médicaments peuvent être incriminés.

 

CAUSES METABOLIQUES ET INFECTIEUSES

- Déshydratation

- Hypoglycémie même sans diabète

- Toutes infections, en particulier pulmonaires.

 

AUTRE CAUSES SOMATIQUES FREQUEMMENT EN CAUSE

Globe vésical et fécalome.

Hématome sous-dural si chute récente.

Alcoolisme

Intoxication à l’oxyde de carbone (gaz)

 

STRESS PSYCHOAFFECTIF

Déménagement, deuil, agressions, vols, etc.

 

TRAITEMENT

 

TRAITEMENT DE LA CAUSE PREMIERE

Simple en cas de déshydratation, pathologie infectieuse, pathologie iatrogène, fécalome ou globe vésical.

 

TRAITEMENT DES CONSEQUENCES DE LA CONFUSION

Déshydratation parfois conséquence de la confusion car le patient a oublié de boire.

 

TRAITEMENT DES SYMPTOMES DE LA CONFUSION

Ne pas attendre que « ça passe »

Calmer l’angoisse : Haldol neuroleptique gouttes

 

EVOLUTION

Dépend de l’étiologie.

2 à 3 jours déshydratation

2 à 3 semaines cause médicamenteuse

Diagnostic difficile chez personnes démentes.

La fin du syndrome confusionnel est difficile à déterminer.

Attention à ne pas confondre syndrome confusionnel et démence (institutionnalisations abusives).

 

POINTS CLES

1. La confusion est toujours de début brutal, due à une cause assez facilement identifiable (métabolique, infectieuse, toxique ou neurologique). Le tt de la cause permet une régression complète des troubles.

2. Une analyse sémiologique précise permet d’éviter de confondre démence et confusion mais malheureusement, les personnes atteintes de démence débutante sont plus à risque que les autres d’avoir des syndromes confusionnels.

 

DELIRES AIGUS ET CHRONIQUES

Très fréquents.

 

SEMIOLOGIE

 

DELIRE DE PERSECUTION ET DE PREJUDICE

Personnes isolées parfois réellement victimes.

 

DELIRE DE JALOUSIE

Conjoint

 

DELIRE HYPOCHONDRIAQUE

 

DELIRE A ECTOPARASITES

La personne voit ou sent courir sur son corps des parasites de toutes sortes.

 

ETIOLOGIE

 

DEMENCE

Le délire, souvent de préjudice, sera associé à une désorientation temporo-spatiale, des troubles mnésiques, des troubles du jugement, du langage, etc.

 

DEPRESSION

Délire d’incurabilité

 

CONFUSION MENTALE

Début brutal et totalement inattendu du délire oriente vers syndrome confusionnel.

 

PSYCHOSE HALLUCINATOIRE CHRONIQUE

Diminution des troubles avec l’âge, tendance à la somatisation sur des plaintes hypochondriaques.

 

 

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