I.F.S.I. - Cardiologie - 1
CARDIOLOGIE
- DEMARCHE INFIRMIERE FACE AUX PERSONNES ATTEINTES D’AFFECTIONS CARDIO-VASCULAIRES
- GENERALITES
- PHARMACOLOGIE
- EXAMEN CLINIQUE ET PRINCIPAUX EXAMENS COMPLEMENTAIRES
- PRINCIPAUX SYMPTOMES EN CARDIOLOGIE
- PATHOLOGIE CARDIO-VASCULAIRE
ACFA Arythmie complète par fibrillation auriculaire
AINS Anti-inflammatoires non stéroidiens
AO Aorte
AP Artère pulmonaire
ASIA Anévrisme du septum interauriculaire
AVK Antivitamine K
BAV Bloc auriculo-ventriculaire
CEE Choc électrique externe
CIA Communication inter-auriculaire
CMD Cardio-myopathie dilatée
EES Entraînement électro-systolique
ES Extra-systole
ESV Extra-systole ventriculaire
ETO Echographie transoesophagienne
ETT Echographie transthoracique
FE Fraction d’éjection
FOP Foramen ovale perméable
FV Fibrillation ventriculaire
HTA Hypertension artérielle
IEC Inhibiteurs de l’enzyme de conversion
IVA Interventriculaire antérieure
IVG Insuffisance ventriculaire gauche chronique
OAP Œdème aigu du poumon
OG Oreillette gauche
PA Pression artérielle
PAD Pression artérielle diastolique
PAS Pression artérielle systolique
RAA Rhumatisme articulaire aigu
SIIPS Soins infirmiers individualisés à la personne soignée
TSA Troncs supra-aortiques
TVP Thrombose veineuse profonde
USIC Unité de soins intensifs en cardiologie
VCI Veine cave inférieure
VD Ventricule droit
VG Ventricule gauche
VP Veine pulmonaire
CH. 1. DEMARCHE INFIRMIERE EN SERVICE DE CARDIOLOGIE
ACCUEIL ET PRISE EN CHARGE DU PATIENT ET DE SON ENTOURAGE
Accueil
Patient admis sur convocation (hors Unité de soins intensifs) – Patient admis en Unité de soins intensifs en cardiologie (USIC) – Quel est le traitement actuel du patient et son régime éventuel ?
Organiser le séjour du patient
SOINS INFIRMIERS SPECIFIQUES
Protocoles d’urgence
Soins techniques
Soins éducatifs et relationnels
Patients sous anticoagulants au long cours (antivitamine K) – Régime sans sel – Prévention secondaire : prise en charge des facteurs de risque chez le patient cardiaque
Prise en charge de la douleur
Soins d’hygiène et de confort
PLAN DE SOINS INFIRMIERS
Méthodologie succinte de la démarche de soins
DIAGNOSTICS INFIRMIERS PREVALENTS
Définition du diagnostic infirmier
Diagnostics prévalents en cardiologie
TRANSMISSIONS
Transmissions orales
Transmissions écrites
SECURITE SANITAIRE
Cadre législatif
Matériovigilance
Hygiène
SORTIE DU PATIENT
Décision de sortie
Différents modes de sortie
Organisation de la sortie
Continuité des soins
Questionnaire de sortie / archivage
EXEMPLE D’UNE DEMARCHE DE SOINS
Présentation du patient – Date d’entrée dans le service de cardiologie – Motif de l’hospitalisation – Diagnostic médical – Antécédents – Histoire de la maladie – Synthèse de l’hospitalisation
SOINS INFIRMIERS A LA PERSONNE SOIGNEE (SIIPS)
Définition
Buts
Objectifs
Méthode
Procédure (ou diagramme d’activité)
ANNEXE : LISTE DES LIVRETS D’INFORMATION EDITES PAR LA « FEDERATION FRANCAISE DE CARDIOLOGIE »
Dépliants de prévention
Brochures d’information aux cardiaques
L’infirmier(e) en cardiologie exerce ses fonctions selon trois axes essentiels :
- le rôle propre qui désigne le domaine spécifique de l’exercice infirmier lui reconnaissant une autonomie et une capacité de jugement et d’initiative ;
- l’obligation d’exécution des prescriptions médicales établies par les médecins ;
- la participation à la surveillance clinique des patients et à la mise en œuvre des thérapeutiques en collaboration avec les membres d’une équipe pluridisciplimaire: aide-soignant, diététicienne, assistante sociale, kinésithérapeute, manipulateur en électroradiologie, cadre de santé, médecins.
ACCUEIL ET PRISE EN CHARGE DU PATIENT ET DE SON ENTOURAGE
PATIENT ADMIS SUR CONVOCATION (HORS UNITE DE SOINS INTENSIFS)
La personne qui accueille le patient se présente, ainsi que l’aide-soignante qui va l’aider. A son entrée, on lui remet le livret d’accueil du service ainsi que celui présentant l’établissement, si ceci n’a pas été fait lors de son admission. Le livret d’accueil ne dispense pas de répondre directement aux questions posées par le patient, même si les réponses figurent dans le livret.
Les documents remis contiennent :
- la charte du malade
- la marche à suivre pour obtenir le téléphone et la télévision
- les horaires des repas
- les horaires de visite
- les noms et fonction des médecins du service, avec éventuellement les jours et horaires de réception des familles
- le nom et le numéro de téléphone du cadre de santé responsable, de l’assistante sociale, de la secrétaire médicale
- le règlement intérieur de l’établissement de santé
- la tarification.
PATIENT ADMIS EN UNITE DE SOINS INTENSIFS EN CARDIOLOGIE (USIC)
Le patient est transporté par le SAMU donc attendu par l’équipe soignante de l’USIC, la chambre est prête. S’informer auprès de l’infirmier du SAMU pour savoir si un membre de la famille est prévenu de son hospitalisation, sinon s’enquérir de ses coordonnées auprès du patient si son état le permet, pour contacter un proche. Lui expliquer que tout sera mis en œuvre pour le soulager, afin d’alléger son angoisse.
Il se peut que le patient soit connu du service, événement fréquent en cardiologie. Dans ce cas, sortir son dossier, ou, en dehors des heures d’ouverture des archives centrales, un compte rendu d’hospitalisation. Toutes les informations nécessaires seront dispensées dès que possible au patient accueilli en urgence, en tenant compte de son état et de ce qui lui est utile à connaître pendant son séjour en USIC. Compléter les informations indispensables pour la suite de son séjour lors de son passage en secteur d’hospitalisation (horaires de visites, télévision, téléphone, fonction et nom des personnels qui vont le prendre en charge…).
QUEL EST LE TRAITEMENT ACTUEL DU PATIENT ET SON REGIME HABITUEL ?
Comme dans toutes les spécialités, le traitement médicamenteux en cours doit être précisé : Traitement à visée cardio-vasculaire : anticoagulants, bêta-bloquants, aspirine, diurétiques, digitaliques, anti-arythmiques, vasodilatateurs artériels ; Traitement général : antibiotiques, antidiabétiques oraux ou insuline ainsi que tout médicament traitant une pathologie associée. Ces informations seront retranscrites dans le dossier de soins infirmiers, au chapitre « traitement à l’arrivée » dans le recueil de données.
Il est important de l’informer au fur et à mesure sur l’organisation des journées, les visites des médecins, l’organisation des examens programmés, l’heure et le lieu des rendez-vous d’examen, le mode de transport éventuel en cas d’examen à l’extérieur de l’hôpital, les contraintes induites par l’examen (patient à jeun, durée à prévoir, anesthésie locale ou générale…)
SUPPORT DE L’INFORMATION
Le dossier de soins infirmiers (document unique, que le patient entre en USIC ou en secteur traditionnel) est le support de l’information. La couverture, ainsi que chaque page du dossier doit comporter l’étiquette informatique du patient. Remplir la fiche d’identification, le recueil de données, puis mettre à disposition du médecin une fiche journalière de prescription médicale. Préparer les fiches d’observation, de transmissions ciblées, les diagnostics infirmiers, la fiche répertoriant les rendez-vous d’examens complémentaires, ainsi que les fiches spécifiques, si besoin : surveillance du diabète, du traitement anti-coagulant, selon celles en vigueur dans le service.
soins infirmiers specifiques
Toute situation d’urgence doit faire l’objet d’une prise en charge immédiate par l’infirmier, selon le protocole en vigueur dans le service daté et signé par le médecin responsable. Ils doivent être connus et accessibles à tous. Voir Protocole d’urgence en cas d’arrêt cardio-respiratoire (encadré p 56).
Chaque établissement hospitalier définit une procédure simplifiée d’appel d’un réanimateur en cas d’urgence vitale, cette procédure comporte l’appel du standard ou du SAMU local, en précisant le motif de l’appel, le lieu de l’urgence (service, étage, numéro de chambre). Le standard ou le régulateur du SAMU transmet ensuite l’appel en vue de l’arrivée rapide du médecin réanimateur de garde.
Le chariot d’urgence doit être scellé, complet, accessible à tous et immédiatement recomposé après utilisation. On doit y trouver deux fiches : 1) la liste du matériel et des médicaments nécessaires ; 2) la fiche de traçabilité (date, nom, et signature de l’infirmier qui l’a contrôlé et scellé).
Les principaux composants du charriot d’urgence sont : un scope défibrillateur, un obus d’oxygène, une planche de massage cardiaque, un système d’aspiration trachéale, le matériel de ventilation au masque et un plateau d’intubation, plusieurs kits de cathéters veineux central et périphérique et l’ensemble des médicaments d’urgence par voie orale ou injectables (solutés de perfusion, trinitrine, diurétiques, tonicardiaques, antiarythmiques, anesthésiques locaux, bronchodilatateurs, cortocoides).
CONDUITE A TENIR FACE A L’URGENCE EN CARDIOLOGIE
- conduite à tenir devant une douleur thoracique (voir encadré p. 8)
- conduite à tenir devant une dyspnée (voir encadré p. 45)
- conduite à tenir devant une syncope (encadré p. 46)
- conduite à tenir devant des palpitations (voir encadré p. 46)
- premiers gestes devant un OAP (voir p. 60)
- premiers gestes devant un état de choc cardio-génique (voir p. 61)
- conduite à tenir devant un arrêt cardio respiratoire (voir p. 56)
DEMARCHES INFIRMIERES : PRISE EN CHARGE DU PATIENT CARDIAQUE, EN FONCTION DU STADE DE TRAITEMENT DE SA PATHOLOGIE
- prise en charge d’un patient en angor instable. (voir p 52)
- prise en charge d’un patient hospitalisé pour un infarctus en dehors de l’angioplastie (voir p 55)
- prise en charge d’un patient après une angioplastie coronaire au stade aigu de l’infarctus. (Voir p 55)
- prise en charge du patient à la sortie de l’USIC. (Voir p 55)
PREPARATION ET SURVEILLANCE DES PATIENTS
- rôle de l’infirmier en salle de cathétérisme.
- surveillance d’un patient au retour d’un cathétérisme artériel.
- surveillance après la pose d’un pace maker.
- préparation d’un patient avant ue scintigraphie cardiaque.
- bilan stomatologique et ORL chez un patient valvulaire.
PROTOCOLE DE SOINS
- mise en route d’une seringue d’héparine.
- injection d’une héparine de bas poids moléculaire en sous-cutané.
- perfusion de Dobutrex / Dopamine à la seringue électrique.
PROTOCOLES D’EXAMENS
- enregistrement d’un ECG.
- ponction artérielle pour l’analyse des gaz du sang.
- ECG d’effort.
- pose d’un Holter.
- échographie trans oesophagienne.
- échographie dobutamine.
- échographie d’effort.
FICHES TECHNIQUES
- prise de la pression artérielle.
- massage cardiaque externe.
- ventilation au masque – bouche-à-bouche.
EXAMENS BIOLOGIQUES SPECIFIQUES
PREPARATION ET SURVEILLANCE DES PATIENTS
Examens biologiques spécifiques à la surveillance des patients en cardiologie :
- patient coronarien : ionogramme plasmatique (kaliémie), dosage sanguin des enzymes cardiaques : Troponine, CPK, ASAT, LDH (prise en charge d’un patient en angor instable, voir p 52)
- patient valvulaire/ suspicion d’endocardite : bilan sanguin inflammatoire (NFS, CRP, vitesse de sédimentation), prélèvements bactériologiques (hémocultures).
- Patient sous anti-coagulant : activité anti Iia ou TCK sous héparine non fractionnée ; activité anti Xa sous héparine de bas poids moléculaire ; INR sous anti vitamine K
- Prélèvement des gaz du sang artériel en cas de suspicion d’embolie pulmonaire ou chez le patient insuffisant cardiaque décompensé (voir Gaz du sang artériel).
- Rôle de l’infirmière en salle de cathétérisme.
En plus des documents personnalisés existants dans chaque établissement de santé, il existe un support écrit d’information et de prévention édité par la Fédération Française de Cardiologie, qui peut être utilisé pour illustrer et étoffer la démarche éducative et relationnelle (voir la liste de ces documents en annexe à la fin de ce chapître).
PATIENTS SOUS ANTI COAGULANTS AU LONG COURS (ANTI VITAMINE K)
Voir démarche infirmière.
REGIME SANS SEL
Expliquer au patient cardiaque que si la surcharge en eau et en sel persiste après l’accident cardiaque, elle peut entraîner une récidive. Un régime pauvre en sel doit être associé au traitement médicamenteux. Il est important de supprimer ou de réduire fortement l’alimentation, les 5 familles de produits suivants (reconnus pour leur forte teneur en sodium) :
- Conserves et plats préparés
- Fruits de mer et poissons salés
- Charcuterie
- Fromage
- Certains jus de fruits, hormis les produits frais « 100% pur jus ».
D’une manière générale, un régime pauvre en sel (2 à 3 g de sel par jour) peut se résumer à l’exclusion des produits ci-dessus, et à saler modérément l’eau de cuisson des aliments en bannissant la salière de la table. Pour faciliter le respect du régime hyposodé, l’infirmier peut conseiller au patient d’aromatiser ses plats avec des épices, des herbes, etc.
PREVENTION SECONDAIRE : PRISE EN CHARGE DES FACTEURS DE RISQUE CHEZ LE PATIENT CARDIAQUE
L’infirmier doit expliquer au patient que les traitements médicamenteux sont efficaces mais qu’ils ne font pas tout. Ils doivent être associés à des mesures hygiéno-diététiques: pratique régulière de l’exercice physique et lutte contre les facteurs de risque vasculaires reconnus.
-L’exercice physique atténue le stress et favorise le maintien d’un bon état général. Il faut pratiquer la marche le plus possible, monter les escaliers, pratiquer la natation et la bicyclette.
-Le cholestérol est l’un des principaux facteurs de risques de la maladie coronaire. Le « mauvais cholestérol » ou LDH cholestérol est athérogène, son taux doit être inférieur à 1,3 g/L voire 1 g/L après un infarctus du myocarde. Le « bon cholestérol HDL » doit être supérieur à 0,35 g/L de sang. Les triglycérides doivent être inférieurs à 1,5 g/L de sang. Une consultation diététique est le plus souvent possible en cours d’hospitalisation.
-Le tabac. Le sevrage tabagique réduit le risque de récidive après un accident cardio-vasculaire. Il faut dire au patient qu’il n’est jamais trop tard pour arrêter de
fumer. Un soutien psychologique au sevrage est indispensable, la nicotine provoquant une dépendance physique ; pour ce faire il existe des consultations anti
tabac.
-L’hypertension artérielle. Expliquer au patient que la pression artérielle est le reflet de la pression du sang dans les artères. Elle s’exprime en deux chiffres:
pression artérielle systolique (PAS) qui doit être inférieure à 14 millimètres de mercure ; pression artérielle diastolique (PAD) qui doit être inférieure à 9
millimètres de mercure. Dans certains cas, on peut conseiller l’achat d’un appareil électronique de mesure de la TA. Néanmoins, l’automesure ne remplace en
aucun cas les consultations médicales et il faut bien préciser au patient qu’il doit consulter le médecin en cas de chiffres tensionnels élevés.
-Le diabète. Il s’agit d’un trouble du métabolisme des hydrates de carbone qui se traduit par une élévation anormale du taux de sucre dans le sang. Le diabète est
un puissant facteur de risque d’athérosclérose. Le taux de glycémie doit être surveillé et maintenu dans les normes 0,80 à 1,20 grammes par litre de sang.
-La surcharge pondérale entraîne un surcroît de travail cardiaque néfaste, en plus de son rôle aggravant pour le diabète de type II et l’HTA. Il est fortement
conseillé de recourir à l’aide d’un diététicien, qui décèlera les erreurs alimentaires et aidera le patient à retrouver un poids normal.
Les douleurs les plus fréquemment rencontrées en cardiologie sont les douleurs thoraciques, abdominales et les douleurs au niveau du membre inférieur.
DOULEUR THORACIQUE
La douleur thoracique (voir chap. 5) doit toujours être prise en compte comme un signe de gravité, car elle peut révéler une pathologie grave : angine de poitrine, infarctus du myocarde, dissection aortique, embolie pulmonaire ou péricardite.
DOULEUR DANS LE MOLLET
La douleur dans le mollet évoque en premier lieu une phlébite (voir p 73). Cette douleur doit être prise en compte immédiatement comme tout autre signe douloureux et évalué selon l’EVA (échelle visuelle analogique). Prévenir le médecin qui prescrira les examens complémentaires et las antalgiques adaptés. Il faut également évaluer régulièrement l’EVA pour contrôler l’efficacité du traitement.
Le repos strict au lit, nécessaire pour mettre le cœur au repos, implique d’aider le patient à effectuer les actes (pluri-quotidiens) d’hygiène. Il doit être aidé pour sa toilette et ses besoins naturels ; le massage du dos et le changement régulier des draps en cas de sueurs importantes sont indispensables. Mettre à la portée immédiate du patient tous les ustensiles (urinal, bassin) dont il peut avoir besoin, sans oublier de les vider dès l’usage, afin de préserver un environnement sain et confortable. Le mobilier de la chambre est nettoyé et désinfecté tous les jours par l’aide-soignant. Ne pas oublier de déposer une bouteille d’eau et un verre, ainsi que la sonnette et le téléphone.
plan de soins infirmiers
Elle permet de délivrer des soins infirmiers individualisés centrés sur la personne cardiaque, dont on doit assurer le suivi au décours de son hospitalisation.
Elle comprend cinq étapes :
- Le recueil de données
- Les diagnostics infirmiers
- La planification
- La mise en place des actions
- L’évaluation des actions
ENCADRE 1 – EDUCATION D’UN PATIENT SOUS ANTIVITAMINE K (AVK)
Relation dose / INR
ENCADRE 2 – CONDUITE A TENIR DEVANT UNE DOULEUR THORACIQUE
- Faire allonger le patient sur son lit
- Appeler le médecin rapidement
- Prendre le pouls, la pression artérielle, les noter sur la feuille de surveillance
- Rechercher des signes de gravité : pâleur, sueurs, polypnée, angoisse, marbrures (signes de choc)
- Evaluer selon l’EVA (échelle visuelle analogique), échelle de 1 à 10, 1 = douleur faible, 10 = douleur forte
- Poser une voie d’abord veineuse, faire amener le chariot de réanimation en présence de signes de gravité
- Enregistrer un ECG douze dérivations sans attendre la prescription médicale
- Mettre en route au plus vite le traitement antalgique prescrit et réévaluer l’EVA régulièrement, parallèlement, rechercher la cause et le traitement.
diagnostics infirmiers prevalents
definition du diagnostic infirmier
La definition du diagnostic infirmier retenue par l’Association francophone européenne des diagnostics, interventions et résultats infirmiers (AFEDI) est la suivante: c’est l’énoncé d’un jugement clinique sur les réactions aux problèmes de santé présents ou potentiels, ou aux processus de vie, d’une personne, d’une famille ou d’une collectivité. Les diagnostics infirmiers servent de base pour choisir les interventions de soins visant l’atteinte des résultats dont l’infirmier(e) est responsable. Pour élaborer le diagnostic, l’infirmier(e) en cardiologie doit observer, surveiller et écouter attentivement la personne.
diagnostics prevalents en cardiologie
Quatre diagnostics fréquemment posés en cardiologie sont développés dans les cas concrets :
- Anxiété : vague sentiment de malaise, d’origine souvent indéterminée ou inconnue, voir cas concret p
- Conflit décisionnel : incertitude quant à la ligne de conduite à adopter lorsque le choix entre les actes antagonistes implique un risque, une perte ou une remise en cause des valeurs personnelles, voir cas concret p
- Constipation : changement dans les habitudes d’élimination intestinale, caractérisé par la diminution de la fréquence des selles ou l’émission de selles dures et sèches, voir cas concret p
- Douleur aigue : expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite dans des termes évoquant une telle lésion. Le début est brusque ou lent ; l’intensité varie, de légère à sévère ; l’arrêt est prévisible.
D’autres diagnostics sont posés régulièrement en cardiologie comme :
- Débit cardiaque diminué : volume insuffisant de sang pompé par le cœur pour répondre aux besoins métaboliques
- Echanges gazeux perturbés : excès ou manque d’oxygénation et/ou d’élimination du gaz carbonique entre les alvéoles pulmonaires et le système vasculaire (préciser s’il s’agit d’une hypercapnie ou d’une hypoxémie)
- Irrigation tissulaire inefficace (cardio-pulmonaire et cérébrale) : diminution de la nutrition et de l’oxygénation cellulaire, consécutive à une circulation capillaire insuffisante
- Mode de respiration inefficace : état dans lequel la vitesse, l’amplitude, le rythme, la fréquence respiratoires et les mouvements thoraciques ou abdominaux lors de l’inspiration et/ou de l’expiration sont insuffisants pour maintenir une ventilation optimale de l’individu
- Excès de volume liquidien : augmentation de la rétension de liquide isotonique
- Fatigue : sensation accablante et prolongée d’épuisement réduisant la capacité de travail physique et mental
- Habitudes de sommeil perturbées : dérèglement du cycle de sommeil qui incommode le patient et nuit au mode de vie qu’il désire
- Déficit de soins personnels : se laver / effectuer ses soins d’hygiène sans aide
- Mobilité physique réduite : situation entraînant une limitation dans la capacité de se mouvoir de façon autonome, ou, plus généralement une intolérance à l’activité physique
- Inadaptation à un changement dans l’état de santé : incapacité de modifier son mode de vie ou ses comportements en adéquation avec un changement dans l’état de santé, prise en charge insuffisante du programme thérapeutique.
transmissions
transmissions orales
Afin d’assurer la continuité des soins de façon efficiente, il est capital de privilégier une transmission verbale des informations importantes concernant le patient, ceci à chaque changement d’équipe soignante. Ce temps favorise l’échange et la réflexion et optimise la qualité de la prise en charge par les infirmiers et les aides-soignants.
transmissions ecrites
Les transmissions écrites complètent les transmissions orales. Elles constituent un élément essentiel du dossier de soins infirmiers dont l’infirmier, selon le décret du 11 février 2002 relatif aux actes professionnels et à l’exercice de la profession, est chargé de la conception, de l’utilisation et de la gestion. Le dossier de soins permet la transmission des informations et la coordination de la prise en charge de la personne soignée entre les différents professionnels de santé.
Les transmissions ciblées sont une méthode d’organisation des informations. Elles permettent d’améliorer la communication des divers événements survenus au cours de l’hospitalisation d’un patient. La cible est un énoncé très précis qui doit attirer l’attention des soignants sur la situation du patient. Face à la cible, l’information se répartit en trois rubriques : Données (description de la cible), Actions (ce que l’équipe a fait), Résultats (ce qui a changé). Parfois, la cible n’est pas accompagnée de l’ensemble des 3 rubriques.
Date, heure, IDE Cible Données Action Résultats
14.06.05 Anxiété M. X appréhende Entretien avec M.X. M. X. a verbalisé
la coronarographie Information donnée toutes ses craintes.
sur le déroulement Il se dit moins anxieux
de l’examen et les suites et soulagé
postcoronarographiques
14.06.05 Retour de Retour à 15 h 30 Surveillance Pansement compressif
Coronarographie Ponction au niveau toutes les 3 heures et propre
de l’artère radiale gauche Pouls radial perçu
Patient informé Main gauche chaude,
du repos strict au lit sensibilité et mobilité
correcte
Absence d’hématome
EVA = 0
Repos respecté
14.06.05 Devenir Mme Z. est inquiète pour sa Entretien avec Mme Z. Famille et patiente
sortie. Elle ne se sent pas et sa famille soulagées
la force de rentrer tout de suite Rendez-vous pris avec
chez elle mais a peur de l’assistante sociale
ne pas pouvoir payer les demain à 11 h
frais d’un séjour en rééducation
Tab. 1.1. Exemple de transmission écrite en cardiologie
securite sanitaire
Décret n° 2004-802 du 29 juillet 2004 relatif aux parties IV et V du Code de la santé publique :
-Article R 4312 – 11 du Code de la santé publique : l’infirmier ou l’infirmière respecte et fait respecter les règles d’hygiène dans l’administration des soins, dans l’utilisation des matériels et dans la tenue des locaux. Il s’assure de la bonne élimination des déchets solides et liquides qui résultent de ses actes professionnels ;
-Article R 4312 – 29 du Code de la santé publique : l’infirmier ou l’infirmière applique et respecte la prescription médicale écrite, datée et signée par le médecin prescripteur, ainsi que les protocoles thérapeutiques et de soins d’urgence que celui-ci a déterminés.
Le comité de matériovigilance de l’établissement de santé doit immédiatement être averti en cas de dysfonctionnement d’un matériel à usage médical. Il mettra en œuvre la procédure d’éviction du matériel défaillant, puis son remplacement, ou publiera les recommandations spécifiques d’utilisation.
TRACABILITE EN MILIEU HOSPITALIER
- Declarer les infections nocosomiales au service d’hygiène de l’établissement
- Déclarer les maladies à déclaration obligatoire
- Appliquer les protocoles d’hygiène de l’établissement
- Signaler en cas de transfert d’un patient, sur la fiche de liaison, si le malade est infecté
- En cas d’isolement infectieux, le signaler aux différents services accueillant le patient (brancardage central, service de radiologie, salle de cathétérisme…)
ELIMINATION DES DECHETS
Le tri des déchets est impératif à l’hôpital, il faut respecter la réglementation en vigueur qui impose de procéder au tri : déchets domestiques, déchets de production de soins (septique), élimination des objets piquants ou tranchants.
PROTECTION DU PERSONNEL SOIGNANT
- Utilisation de matériel sécurisé pour lutter contre les accidents liés à l’exposition au sang
- Respect des procédures d’isolement quand elles sont indispensables
- Lavage des mains ou alternative à ce lavage dès que nécessaire.
sortie du patient
La decision de sortie est prise par le médecin en collaboration avec le patient ou sa famille.
La plus courante en cardiologie est le retour au domicile ou le transfert dans un service de réadaptation cardiaque. Le transfert en centre de réadaptation cardiaque est généralement réservé aux patients jeunes (< 70 ans) au décours d’un infarctus du myocarde étendu ou au décours d’une chirurgie cardiaque. Les autres cas sont rares. Une hospitalisation à domicile peut aussi être envisagée pour des patients partiellement dépendants. Il arrive d’être confronté à une sortie contre avis médical, le patient refusant son hospitalisation malgré les informations et conseils fournis sur la nécessité d’une prise en charge médicale ; dans ce cas le patient devra signer une décharge, afin de dégager l’équipe médicale et l’établissement de leurs responsabilités. En dernier lieu, malgré l’évolution des techniques et des traitements, il arrive que le patient cardiaque décède à l’hôpital de façon subite, surtout en USIC (voir p 55).
Le mode de transport doit être prévu : retour assuré par la famille, taxi ou véhicule sanitaire léger voire en ambulance si le patient doit rester allongé. S’assurer de la justification médicale du mode de transport. Donner au patient les ordonnances (traitement, examens complémentaires) et les dates des rendez-vous éventuels (consultation de cardiologie, échographie cardiaque, ECG d’effort, etc.) selon prescriptions.
Un certain nombre de documents peuvent être remis au patient :
- Arrêt de travail
- Bon de transport pour la prise en charge par la Sécurité sociale
- Film de coronarographie sur cassette vidéo ou CD-ROM
- Carnet de surveillance de pacemaker
- Carnet de surveillance de traitement anti-coagulant
- Lettre de synthèse de l’hospitalisation pour le médecin traitant
Si le patient est adressé en réadaptation cardiaque, on doit fournir au service d’accueil le compte-rendu d’hospitalisation, le résumé de soins infirmiers et si possible les résultats des examens du jour. L’infirmier doit vérifier l’ensemble des documents remis au patient et complètera son information si besoin.
Il est indispensable pour évaluer la qualité des prestations offertes ; il faut le donner au patient en l‘encourageant à le remplir et lui indiquer l’endroit où le déposer. Pour l’archivage, le dossier patient contenant le dossier médical et le dossier infirmier est unique. Il fait l’objet d’un classement aux archives centrales ou d’un classement informatique.
exemple d’une demarche de soins
presentation du patient
Il s’agit de M. R. âgé de 48 ans.
Il pèse 90 kg et mesure 1, 75 m. Il a les yeux cernés et le teint gris.
Il ne pratique pas de sport et a une alimentation déséquilibrée.
Directeur commercial dans une grande entreprise, M.R. est marié, père de deux enfants.
Le père de M. R. est décédé brusquement d’une crise cardiaque à l’âge de 55 ans. M.R. est de nature plutôt anxieuse, il dit fumer environ 30 cigarettes par jour depuis l’âge de 18 ans. Il est pris en charge par la sécurité sociale et est affilié à une mutuelle complémentaire.
date d’entrée dans le service de cardiologie
Le 15 février 2005 à 9 heures dans l’unité de soins intensifs de cardiologie.
motif de l’hospitalisation
Prise en charge de la surveillance post angioplastie coronaire, avec pose de stent à H+3 d’un infarctus du myocarde. Gestion de la douleur résiduelle et de l’anxiété. Bilan des séquelles éventuelles.
diagnostic medical
Infarctus du myocarde.
antecedents
MEDICAUX
Hypercholestérolémie à 2,7 g/L, traitée depuis 2 ans par Zocor 20 mg.
Souffre d’insomnies, prend chaque soir 1 comprimé de Stilnox.
CHIRURGICAUX
Chirurgie ligamentaire du genou, il y a 12 ans pour entorse grave suite à un accident de ski.
histoire de la maladie
Depuis une semaine environ, M. R. signale avoir ressenti des douleurs dans la poitrine intermittente, modérées surtout liées à des efforts, la douleur cède spontanément avec l’arrêt de l’effort. Donnant priorité à son travail, son entreprise est actuellement en difficultés, il néglige ces signes d’alerte. Le 15 février à 6 heures du matin, il est réveillé par une douleur thoracique qui irradie dans le bras gauche et la mâchoire. Son épouse appelle au numéro 15, le SAMU qui envoie une équipe auprès de M. R., et pose le diagnostic d’infarctus du myocarde.
synthese de l’hospitalisation
A L’ARRIVEE DANS LE SERVICE
Transporté par le SAMU directement en salle de cathétérisme, où il a subi en urgence une angioplastie sur occlusion de la coronaire droite, ainsi que la pose d’un stent ; mise en place d’un angioseal pour obturer le point de ponction fémoral. M. R. est installé dans une chambre seule un USIC. Il est porteur d’une perfusion de glycosé à 5 % 500 ml par 24 h + 2 g KCl, d’une seringue électrique d’héparine 24 000 UI / 24 h. Il est prescrit du Perfalgan 1 G IV en fonction de la douleur. Le traitement per os est le suivant : Seloken (bêta bloquant) 100 mg / jour ½ cp * 2, Aspégic 300 mg / jour, Mopral (prévention de l’ulcère gastro-duodénal de stress) 20 mg / jour, Lexomil (anxiolytique) ½ cp * 3/jour et Zocor (hypocholestérolémiant) 20 mg / jour.
A L’EXAMEN CLINIQUE
M.R. est fatigué mais soulagé, car il a cru mourir, la douleur et la tragique disparition de son père, l’ont fortement marquées. Il présente cependant une douleur résiduelle qu’il évalue à 3/10 sur l’échelle EVA. Sa TA est à 12/6,5. Sa fréquence cardiaque à 68 / min. Température 37,8 ° C.
PROBLEMES PRIORITAIRES A CE JOUR
Surveillance d’une récidive douloureuse, surveillance de l’ECG : signe en faveur d’une récidive ischémique. Le dosage de la troponine est effectué à l’arrivée dans le service, 12 heures et 24 heures après.
Les constantes hémodynamiques sont contrôlées toutes les 2 heures.
Le traitement bêta-bloquant est donné au patient matin et soir.
Aspégic en une prise le matin.
Mopral en une prise.
Lexomil matin, midi et soir.
Le traitement anticoagulant par héparine est administré en continu par seringue électrique. Une héparinémie (anti-Xa) de contrôle est pratiquée à la 6ème heure d’administration.
DIAGNOSTICS INFIRMIERS
On en pose 5, qui caractérisent les problèmes de M. R. :
- Anxiété : vague sentiment de malaise d’origine déterminée par la peur de mourir occasionnée lors de la crise douloureuse et le rapprochement fait par M. R. avec le décès de son père
- Douleur : expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, sensation de brûlure diffuse dans la poitrine
- Fatigue : sensation accablante et prolongée d’épuisement. Largement générée par la peur, la douleur inaugurale, l’hospitalisation et la revascularisation coronaire en urgence
- Altération de la mobilité physique : liée à la contrainte imposée à M. R., de rester allongé afin de prévenir l’apparition d’un hématome au point de ponction de l’artère fémorale
- Incapacité de s’adapter à un changement dans l’état de santé : incapacité de modifier son mode de vie, notamment sur le plan professionnel, ou ses comportements en adéquation avec un changement dans l’état de santé.
LA DOULEUR. A l’arrivée en USIC, le patient souffre d’une douleur résiduelle estimée à 3/10 sur l’EVA. D’une part au niveau de la poitrine, d’autre part au niveau du point de ponction obturé par une suture résorbable (Angioseal).
Objectifs : diminuer la douleur résiduelle.
Actions : administration d’antalgique IV (selon prescription médicale) : Perfalgan jusqu’à 1 g * 3/jour en fonction de la douleur. L’administration du Seloken a pour but de ralentir la fréquence cardiaque et diminuer la consommation en oxygène du myocarde, afin de limiter l’ischémie.
Il est demandé à M. R. de rester allongé et d’éviter tout effort afin de ne pas déclencher une douleur. Le lever est proscrit pendant les 24 premières heures.
Evaluation : EVA 3/10 avant le Perfalgan ; EVA 0/10 1 heure après traitement. Si les douleurs persistent : l’IDE appelle de médecin qui réévalue la prescription.
En cas de douleur thoracique : il/elle pratique un ECG.
Il/elle contrôle le point de ponction pour vérifier la survenue d’un hématome.
L’ANXIETE. L’anxiété connue du patient est majorée par le problème de santé du jour.
Objectifs : M. R. sera capable d’exprimer son anxiété relative à la peur de mourir et au décès de son père (crise cardiaque) dans le but de la diminuer.
Actions : inciter M. R. à exprimer l’anxiété prédéfinie en communiquant avec lui le plus possible tout en respectant son repos, au maximum.
Lui donner son traitement anxiolytique (Lexomil) et le Mopral, traitement complémentaire pour éviter l’ulcère de stress.
L’informer des modifications de son traitement anxiolytique. Lui expliquer les progrès de la médecine quant à la prise en charge de l’infarctus (la pose de stent, le traitement anti-coagulant, la rapidité de prise en charge), faire une relation avec l’époque du décès de son père. Solliciter le médecin pour toute information complémentaire afin de dédramatiser. Plus tard s’appuyer sur le livret de la Fédération Française de Cardiologie, Après l’accident coronaire et Angioplastie transluminale, pour lui faciliter la compréhension des choses.
Evaluation : noter toutes les paroles qu’il prononce. Signaler tout signe de tristesse, idées noires, au médecin.
LA FATIGUE.
Objectif : M. R. sera capable de se reposer le plus possible.
Actions : regrouper les soins pour permettre à M. R. de se reposer le plus possible entre chaque soin. Faire respecter les horaires de visite.
Evaluation : noter la quantité et la qualité de son sommeil.
ALTERATION DE LA MOBILITE PHYSIQUE. L’immobilité du patient est une prescription.
Objectif : il faut donc assurer le confort du patient tout en évitant et surveillant l’apparition d’un hématome.
Actions : tirer les draps du lit du patient pour éviter les plis et masser les points d’appui sont nécessaires. Il faut faciliter au patient l’accès à ses effets personnels. Notamment en rapprochant la table de nuit et l’adaptable.
INCAPACITE DE S’ADAPTER A UN CHANGEMENT DANS L’ETAT DE SANTE
Objectifs : aider M. R. à comprendre l’intérêt d’adopter une nouvelle hygiène de vie.
Actions : lui proposer un rendez-vous en consultation antitabac avec l’accord du médecin ainsi qu’un rendez-vous avec la diététicienne. L’infirmier(e) administre l’hypolipidémiant (Zocor) dont l’effet bénéfique (prévention de la récidive de l’infarctus) est démontré médicalement parlant. Un dosage de la cholestérolémie sera effectué selon la prescription médicale afin d’évaluer l’efficacité du régime et réévaluer le traitement si nécessaire.
Il faut lui donner les livrets de la Fédération Française de Cardiologie concernant le tabac et le cholestérol.
Evaluation : revoir avec le patient les points importants exposés dans les livrets, afin de tester les connaissances acquises.
Les soins infirmiers a la personne soignee (SIIPS)
definition
Il s’agit de l’appréciation quantitative des soins infirmiers au cours du séjour d’un malade, donnant une information globale et synthétique.
buts
- Connaître la structure et l’intensité des soins pour chaque séjour de chaque malade
- Visualiser l’évolution de l’activité de soins
- Faire un complément à la codification MSI (qui ne faisait pas apparaître l’activité infirmière).
objectifs
- Reconnaître et valoriser les soins infirmiers
- Créer des moyens de gestion pour le service infirmier
- Créer une réflexion objective sur la quantité et la qualité des soins
methode
Elle se base sur 3 grands principes :
- la démarche des soins
- le dossier de soins avec :
-Le diagramme de soins
-Les trasmissions ciblées
-Le protocole de soins
-Le plan de soins
- le résumé de soins infirmiers
procedure (ou diagramme d’activite)
SOINS DE BASE. Alimentation, locomotion, élimination, hygiène et confort.
SOINS TECHNIQUES. Prescription médicale, surveillance des traitements, applications thérapeutiques et aide avec actes diagnostiques.
A ces soins sont attribués 4 coefficients :
- coefficient 1 ou autonomie ; prédominance de soins légers de durée inférieure à 10 minutes
- coefficient 4 ou dépendance modérée ; soins courts de 10 à 40 minutes
- coefficient 10 ou dépendance majeure ; soins lourds de 1 à 2 heures
- coefficient 20 ou dépendance totale ; tous les soins donnés en réanimation pour un malade intubé-ventilé.
La cotation des soins s’effectue au moment de la transmission de chaque équipe.
Un relevé des cotations se fera une fois par semaine et à la sortie du patient, et il sera retranscrit sur des données informatiques.
annexe: liste des livrets d’information edites par la « federation francaise de cardiologie »
depliants de prevention
- Cholestérol
- Tabac
- Sédentarité
- Calculez vos risques
- Urgence cardiaque
- Les 4 bourreaux du cœur
- Alimentation équilibrée
- Mon cœur de 15 ans…
- La santé du cœur au travail
- Hypertension
- Infarctus
brochures d’information aux cardiaques
- Après l’accident coronaire
- Cathétérisme et coronarographie
- Pontage aorto-coronaire
- Prothèse valvulaires
- Angioplastie transluminale
- Endocardite infectieuse
- Après l’attaque cérébrale
- Les troubles du rythme
- Traitement anti-coagulant
- L’insuffisance cardiaque
- Stimulateur et défibrillateur
- L’artérite des membres inférieurs
- L’ablation radio-fréquence
- Cœur des seniors
- L’écho-doppler cardiaque.
CH 2 – GENERALITES
CIRCULATION FOETALE
Les shunts pendant la vie fœtale – Fermeture des shunts
ANATOMIE CARDIOVASCULAIRE
Myocarde, endocarde, péricarde
Circulations pulmonaire et systémique
Grande et petite circulations
Anatomie descriptive
Réseau veineux, veines caves et leurs collatérales – Cœur droit – Artère pulmonaire et ses branches – Veines pulmonaires – Cœur gauche – Aorte thoracique et ses collatérales – Aorte abdominale et ses collatérales – Branches terminales de l’aorte – Tissu nodal - Rapports
PHYSIOLOGIE CARDIOVASCULAIRE
Systole / diastole
Pression artérielle
Automatisme cardiaque
Système neurovégétatif
Organisation du système neuro-végétatif – Système sympathique – Système parasympathique
EPIDEMIOLOGIE ET PREVENTION DES MALADIES CARDIOVASCULAIRES
Athérosclérose
Facteurs de risque cardiovasculaires – Prévention
Prévention de l’endocardite
Sujets à risque – Situations à risque
circulation foetale
les shunts pendant la vie foetale
Dès la sixième semaine de développement, le cœur du fœtus comporte quatre cavités : deux oreillettes et deux ventricules. Au cours de la période prénatale, les poumons ne sont pas fonctionnels et le sang du fœtus est amené par l’artère ombilicale au placenta, où il est oxygéné ; il est ensuite ramené par la veine ombilicale et la veine cave inférieure à l’oreillette droite. Le sang oxygéné passe directement des cavités droites vers la circulation systémique par deux « courts-circuits » droite-gauche ou shunts :
- Un shunt à l’étage auriculaire : l’ostium secundum ou foramen ovale
- Un shunt entre le tronc de l’artère pulmonaire et l’aorte descendante : le canal artériel (fig. 2.1.).
ààà A.O. ààààààààà
I (2) \ (1): Foramen ovale
I / \ (2): Canal artériel
I / \
\ A.P. ! I: vers le haut
Veine cave--à--à--à--- \ --(1)-- / --à---à O.G. ! !: vers le bas
I ! \ / ! !
I ! \ / ! ! A.O.: aorte
I ! / \ ! ! A.P.: artère pulmonaire
I ! / \ ! ! O.G.: oreillette gauche
Veine ombilicale ! V.G.: ventricule gauche
I ! V.D.: ventricule droit
I ORGANES
I !
I !
I !
I !
ß---ß---ß---ß---ß---ß PLACENTA ß---ß---ß---ß---ß--ß
Fig. 2.1. Circulation foetale
FERMETURE DES SHUNTS
A la naissance, l’irruption d’air dans les poumons entraîne la fermeture des deux shunts : foramen ovale et canal artériel. La fosse ovale est fermée par une membrane imperméable (la valve du foramen ovale, fig. 2.4.) et l’occlusion du canal artériel le transforme en ligament artériel qui relie la bifurcation de l’artère pulmonaire à la partie initiale de l’aorte descendante (fig.2.8.). A partir de ce moment, les circulations du cœur droit et du cœur gauche sont indépendantes et fonctionnent sous des régimes de pression différents.
anatomie cardio-vasculaire
Le Coeur est un organe musculaire creux comportant deux oreillettes et deux ventricules. Le muscle cardiaque, ou myocarde, est un muscle strié dont la principale différence avec les muscles striés squelettiques est qu’il se contracte de façon automatique.
L’automatisme cardiaque est possible grâce à un circuit électrique composé de cellules hautement différenciées : le tissu nodal. Le cœur comporte également quatre valves qui assurent l’absence de régurgitation entre les différentes cavités, un système de vascularisation (les artères et les veines coronaires) et une innervation qui le relie au système nerveux sympathique et parasympathique.
Le Coeur comporte trois tuniques : le myocarde, l’endocarde ou revêtement interne, et le péricarde ou séreuse, qui enveloppe le cœur.
LE MUSCLE CARDIAQUE OU MYOCARDE est d’épaisseur variable en fonction des différentes cavités. Le ventricule gauche représente la plus grande partie de la masse myocardique avec une épaisseur pariétale mesurant entre 8 et 10 mm chez l’adulte. L’épaisseur myocardique est moindre pour la paroi ventriculaire droite (5 mm en moyenne) et encore plus mince pour les oreillettes où elle mesure 2 mm.
L’ENDOCARDE est la couche cellulaire qui revêt l’intérieur des cavités cardiaques et les valves.
LE PERICARDE est l’enveloppe séreuse du cœur, il comporte un feuillet interne (l’épicarde) qui recouvre directement la surface du myocarde, et un feuillet externe (le péricarde pariétal) situé immédiatement au contact du précédent. Le péricarde recouvre l’ensemble de la masse cardiaque et s’arrête à la naissance des gros vaisseaux de la base. Les deux feuillets péricardiques délimitent une cavité virtuelle et glissent l’un sur l’autre grâce à la présence d’une très faible quantité de liquide sécrétée par les cellules péricardiques.
Artère carotide primitive droite Artère carotide primitive gauche
(A.Carotide commune droite) (A.carotide commune gauche)
(sort du tronc brachio-céphalique) (sort directement de l’aorte ascendante)
Veine jugulaire interne droite Veine jugulaire interne gauche
(entre dans la veine subclavière droite) (entre dans la veine subclavière gauche)
Artère sous-clavière droite Tronc brachio-céphalique A. sous-clavière droite
(A.Subclavière droite) (sort de l’aorte ascendante (A.subclavière gauche)
(sort du tronc brachio-céphalique) vers artère subclavière droite (sort directement de l’aorte ascendante)
et artère carotide primitive droite)
Veine sous-clavière droite Veine sous-clavière gauche
(V. subclavière droite) (V. subclavière gauche)
(entre dans la veine cave supérieure) (entre dans la veine cave supérieure)
Ligament artériel (relie l’aorte ascendante et
le tronc de l’artère pulmonaire)
Aorte ascendante (sort du V.G.)
Veine cave supérieure (entre dans l’O.D.)
Tronc de l’artère pulmonaire (sort du V.D.)
Hile du poumon droit Ligne de réflexion du péricarde
Oreillette droite Auricule droit Ventricule droit Ventricule gauche
(Atrium droit) (partie haute droite de l’O.D.)
Fig. 2.2. Vue antérieure du cœur, rapports dans le médiastin