DEA 30
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Le système endocrinien (ou système hormonal) est composé de l’ensemble des glandes et des tissus qui sécrètent des hormones.
Hormone Substance sécrétée par des glandes endocrines, déversées dans le sang pour agir sur des organes précis appelés organes cibles ou récepteurs.
Glande endocrine Glande a sécrétion interne dont le produit (hormone) est directement libéré dans le sang, par opposition aux glandes exocrines qui libèrent leurs produits de sécrétion dans une cavité de l’organisme ou à sa surface (ex : glandes sudoripares ou mammaires).
Endocrinologie Spécialité médicale qui étudie les hormones et traite leur dysfonctionnement.
4.5.1. ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE
GLANDES ENDOCRINES
Nom Localisation Rôle
Pancréas Dans l’abdomen sous le -Il sécrète l’insuline qui règle le taux de sucre dans le sang.
rebord des côtes, entre -Intervient dans le métabolisme des composants alimentaires (par sa sécrétion exocrine).
l’estomac et le foie.
Glandes surrénales Au-dessus de chaque rein -Agissent sur le cœur et la tension artérielle. Elles sécrètent l’adrénaline.
Axe hypothalamo- Base du cerveau -Agit sur la croissance
hypophysaire -Contrôle la rétention d’eau par les reins
-Agit sur les glandes sexuelles
-Agit sur l’utérus au moment de l’accouchement et sur les seins en période d’allaitement
Thyroïde Base du cou -Agit sur le métabolisme de l’organisme
-Agit sur la croissance
Thymus Derrière le sternum -Participe à la mise en place des défenses immunitaires
Testicules Glandes sexuelles masculines -Produisent la testostérone, responsable des caractères sexuels masculins et de la morphologie masculine
Ovaires Glandes sexuelles féminines -Produisent des œstrogènes et la progestérone. Ces hormones sont responsables des caractères sexuels secondaires (morphologie féminine et cycle menstruel)
Placenta -Produit des hormones permettant le maintien et le bon déroulement de la grossesse, puis de l’accouchement
Au regard de la fonction de l’ambulancier, seuls les perturbations liées au dysfonctionnement du pancréas ont une incidence sur son travail.
4.5.2. IDENTIFICATION DES ANOMALIES AU REGARD DES PARAMETRES HABITUELS LIES AUX AGES DE LA VIE
PARTICULARITES PHYSIOLOGIQUES EN FONCTION DE L’AGE
Adolescence Le thymus s’atrophie (diminue de volume) pendant les premières années
Vieillesse (cf. ménopause, appareil génital féminin)
4.5.3. EVALUATION DES PARAMETRES VITAUX EN UTILISANT LES OUTILS SPECIFIQUES ET IDENTIFICATION DE LEURS ANOMALIES
2.10. LA GLYCEMIE CAPILLAIRE (DEXTRO) (T)
Ce n’est pas un acte qui relève de la compétence d’un ambulancier. Il sera réalisé par le patient lui-même dans le cadre d’un diabète connu, dans les autres cas, le dextro est pratiqué par un infirmier ou un médecin (UMH, ambulance paramédicalisée).
Indication
- Le diabétique connu
- Devant tout malaise inexpliqué
- Jeûne prolongé (otage, ramadan, gréviste de la faim)
- Devant tout tableau clinique évoquant une alcoolisation aigue
- Devant un état délirant, d’agitation ou d’agressivité, d’excitation psychomotrice ou de syndrome confusionnel, afin d’écarter la cause hypoglycémique.
Justification
Dosage du sucre dans le sang. Le résultat sera une aide au diagnostic et pourra venir confirmer une hyper ou hypoglycémie.
Matériel
Lecteur de glycémie (glucometer) (A). La lecture directe par colorimétrie d’une bandelette présentant un résultat moins précis est donc plus aléatoire.
Technique
Désinfection : le lieu de ponction n’est pas désinfecté, car le produit aurait pour effet de diluer la goutte, la rendant ainsi difficilement prélevable, par contre on s’assurera que le geste soit effectué sur les mains propres, lavées préalablement à l’eau chaude, ce qui a pour effet de vasodilater les vaisseaux et d’obtenir ainsi une plus belle goutte.
Lieu de ponction : au niveau des doigts chez l’adulte (B et C) et l’enfant, au niveau du talon chez le nourrisson. Ne pas piquer la pulpe des doigts car perte de sensibilité à la longue. Pas de prélèvement au niveau du pouce et de l’index, c'est-à-dire des deux doigts qui servent à former la pince. Site de ponction : sur les côtés des dernières phalanges du majeur, annulaire et auriculaire.
Risques et accidents
S’agissant d’un examen invasif, le port de gants est nécessaire.
Valeurs Certains évaluent encore le résultat en grammes par litre (g/l) alors que traditionnellement il est exprimé en millimol par litre (mmol/l).
Photo A : A1. Glucometer
. A2. Dispositif pour piquer le doigt du patient
. A3 : Bandelette à introduire dans le glucometer et qui va recevoir la goutte de sang
. A4. Carré de coton ou compresse pour essuyer le doigt du patient après avoir été piqué.
Photo B : Au niveau des doigts pour la ponction (majeur, annulaire, ou auriculaire)
Photo C : Sur le côté du doigt, dans la pulpe.
Normal Pathologique
Autour d’1 g à entre 4 et 6 mmol Hypo : < 0,60 g/l (3,33 mmol/l)
Hyper : > 1,80 g/l (10 mmol/l)
Tableau de conversion, Mmol/l à g/l
Pour convertir de gramme en millimol, il faut multiplier par 5,56
Pour convertir de millimol en gramme diviser par 5,56
2,0 = 0,36 5,0 = 0,90 8,0 = 1,44 11,0 = 1,98 14,0 = 2,52 17,0 = 3,06 23,0 = 4,14
2,5 = 0,45 5,5 = 0,99 8,5 = 1,53 11,5 = 2,07 14,5 = 2,61 18,0 = 3,27 24,0 = 4,32
3,0 = 0,54 6,0 = 1,08 9,0 = 1,62 12,0 = 2,15 15,0 = 2,7 19,0 = 3,42 25,0 = 4,50
3,5 = 0,63 6,5 = 1,17 9,5 = 1,71 12,5 = 2, 23 15,5 = 2,79 20,0 = 3,6 26,0 = 4,58
4,0 = 0,72 7,0 = 1,26 10,0 = 1,80 13,0 = 2,34 16,0 = 2,88 21,0 = 3,78
4,5 = 0,81 7,5 = 1,35 10,5 = 1,89 13,5 = 2,43 16,5 = 2,97 22,0 = 3,96
4.5.4. IDENTIFICATION DES RISQUES LIES A L’ETAT DU PATIENT, A LA PATHOLOGIE ANNONCEE OU SUSPECTEE ET A LA SITUATION DU PATIENT
PRINCIPALES CAUSES DE DETRESSE
Elles sont liées à la variation du taux de sucre dans le sang et/ou à la production d’insuline.
SIGNES D’ALERTE
2.26. LA RECHERCHE DES SIGNES D’ALERTE ET DE DETRESSE CHEZ UN DIABETIQUE (A)
MALAISE HYPOGLYCEMIQUE MALAISE HYPERGLYCEMIQUE = ACIDOCETOSE
- Sensation de fatigue (asthénie) -Emission d’une quantité excessive d’urine (polyurie)
- Sensation de faim -Soif exagérée (polydipsie)
- Sueurs profuses -Nausées, vomissements
- Pâleur -Douleurs abdominales
- Céphalées, vertiges -Fièvre
- Possibilité d’agitation, incohérence verbale -Déshydratation
- Troubles de conscience (somnolence, confusion…) -Etat stuporeux
puis coma, convulsions -Odeur acétonique de l’haleine (pomme pourrie)
- Augmentation de la salive (hyper sialorrhée)
PRINCIPALE PATHOLOGIE : LE DIABETE
DIABETE
L’insuline permet le passage du sucre du sang vers les cellules pour pouvoir être utilisée comme composant énergétique.
En l’absence de l’insuline, le sucre ne peut donc pas passer dans les cellules, il va alors s’accumuler dans le sang et entraîner ce que l’on appelle : l’hyperglycémie.
A l’inverse s’il y a trop d’insuline et que la personne ne mange pas, donc pas d’apport de sucre, elle va se retrouver en hypoglycémie. C’est la raison pour laquelle les patients qui sont traités à l’insuline, doivent manger après injection.
Le diabète est une maladie qui ne se guérit pas mais que l’on peut stabiliser avec un traitement. Il en existe deux types.
Le diabète de type I Le pancréas ne fabrique pas du tout ou presque pas d’insuline : la vie du malade dépend alors d’un traitement par l’insuline. On parle alors de Diabète Insulino-Dépendant (DID).
Le diabète de type II Le pancréas ne fonctionne pas efficacement, tout se passe comme si l’insuline qu’il fabrique ne suffisait plus. Il n’y a pas de nécessité de traitement par l’insuline. On parle alors de Diabète Non Insulino Dépendant (DNID).
L’acidocétose : lorsque l’organisme manque de sucre, il se met à consommer ses graisses de réserves comme composant énergétique. Ces graisses sont utilisées sans que l’insuline soit nécessaire pour permettre leur entrée dans les cellules, mais en contrepartie il y a production de déchets toxiques : les corps cétoniques dont le représentant est l’acétone.
Le traitement par injections d’insuline : le patient adapte ses doses d’insuline en fonction du résultat de sa glycémie capillaire (dextro) (cf. 2.10), puis pour se faire des injections, il se sert soit :
- D’une seringue à insuline en prélevant la dose nécessaire dans un flacon d’insuline (A)
- D’un stylo à insuline, dont il a juste à changer l’aiguille (B).
Photo A : Seringue et flacon
Photo B : Stylo à insuline
Les diabétiques ayant beaucoup de mal à cicatriser correctement, ils ont donc une prédisposition importante à s’infecter, c’est pourquoi une prise charge correcte lors d’une palie ou une brûlure est importante.
2.27. LE BILAN ET L’ATTITUDE FACE A UNE PERSONNE PRESENTANT DES SIGNES D’HYPOGLYCEMIE (A)
Eléments à rechercher -A quand remonte le dernier repas ?
-Jeûne + traitement antidiabétique ?
-Y a-t-il un traitement par comprimé ou par insuline
-Si traitement par comprimé, lequel ?
-Si traitement par insuline : quel produit ? Combien d’injections par jour et à quelle dise ?
-A quand remonte la dernière injection ? Associée à la prise de nourriture ? Si oui, quoi ?
-Y a-t-il eu écart, rupture ou erreur dans la prise du traitement ?
-Ivresse ?
-Efforts physiques non prévus ou non équilibrés par un ajout de sucre ?
Actions à entreprendre -Prise de constantes dont glycémie capillaire (par le patient)
-Chez le DID évacuation en pensant à prendre le carnet de suivi
-Resucrage selon protocole et en accord avec le médecin régulateur.
Un malaise hypoglycémique peut survenir chez toute personne, les facteurs de risque à rechercher sont : jeûne, alcool, régime, dénutrition, femme enceinte.