Cardiologie - Minimum vital

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Chapitre 2 - Cardiologie

 

Sections

2.1 - Angor
2.2 - L'infarctus du myocarde
2.3 - Arrêt circulatoire
2.4 - Embolie pulmonaire (EP)
2.5 - Dissection aortique aigüe
2.6 - Insuffisance cardiaque gauche
2.7 - Péricardite
2.8 - Hypertension artérielle
2.9 - Syncope d'origine cardiovasculaire
2.10 - Prophylaxie endocardite
2.11 - Surveillance anticoagulation des prothèses
2.12 - Associations médicamenteuses à risque

 

 

Pour tout renseignement complémentaire, veuillez contacter :

Madame POUSSET Françoise
Service Cardiologie
Bâtiment Rambuteau
LA SALPETRIERE
Tél. 01 42 17 68 30

 

En cardiologie l'interrogatoire est primordial ; il faut savoir écouter et interroger le patient.

2.1 Angor

A évoquer

devant une douleur thoracique médiane, rétrosternale constrictive déclenchée par l'effort, disparaissant totalement après arrêt de l'effort ; les irradiations sont caractéristiques vers le bras gauche mais aussi dans la mâchoire. La douleur est de courte durée, souvent moins de 5 minutes, et est sensible à la trinitrine sub-linguale.

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des facteurs de risque cardiovasculaire : hypercholestérolémie, hypertension artérielle, tabagisme, diabète, hérédité coronarienne, surpoids, stress, âge, sédentarité.

Conduite à tenir

  • L'angor est stable c'est à dire que les crises surviennent dans des conditions stéréotypées, la fréquence et l'intensité des douleurs ne s'aggravent pas :

 

adresser le patient en consultation de cardiologie.

 

 

 

 

  • L'angor est instable : angor de novo (première crise d'angine de poitrine), angor de repos, angor aggravé (la douleur survient pour des efforts moins intenses , elle est plus intense, plus prolongée, elle est moins sensible à la trinitrine) :

 

il faut considéréer que c'est une menace d'infarctus et hospitaliser le patient en milieu cardiologique spécialisé.

 

 

 

 

  • Dans tous les cas la correction des facteurs de risque cardiovasculaires modifiables est impérative (tabac +++, cholesterol, surpoids, équilibre du diabète).

2.2 L'infarctus du myocarde

S'il n'y avait qu'une seule chose à retenir : ne pas méconnaitre un infarctus du myocarde devant une douleur thoracique prolongée.

A évoquer

devant toute douleur angineuse prolongée résistant à la trinitrine. Parfois la douleur est atypique. Signes d'accompagnements fréquents : nausées, vomissements.

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  • des antécédents d'angor (mais l'infarctus est souvent la première manifestation) ;
  • des facteurs de risque cardiovasculaire : hyperchostérolémie, hypertension artérielle, tabagisme, diabète, hérédité coronarienne, surpoids, stress, âge, sédentarité ;
  • des signes de gravité : état de choc.

Conduite à tenir

Si possible faire un ECG : sus décalage du segment ST systématisé (DII, DIII, aVF : inférieur ; V1V2V3 : anteroseptal ; V1V2V3V4V5V6 : antérieur ; V5, V6, D1 et aVL : latéral) :

  • appel du 15 : la prise en charge précoce ++ permet de limiter la taille de la nécrose (thrombolyse, angioplastie coronaire en urgence), dosages de la troponine
  • aspirine 500 mg per os ou mieux en IV.

A distance

Traitement médicamenteux associant au moins un bêta-bloquant et de l'aspirine (sauf contre-indication) et prise en charge de tous les facteurs de risque cardiovasculaires.

2.3 Arrêt circulatoire

A évoquer

  • mydriase bilatérale
  • perte de conscience
  • arrêt respiratoire.

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abolition du pouls fémoral et carotidien (affirme l'inefficacité circulatoire).

Conduite à tenir

  • Appel du 15, massage cardiaque externe et ventilation artificielle.

2.4 Embolie pulmonaire (EP)

A évoquer

  • EP grave : douleur classiquement basithoracique en coup de poignard, accompagnée d'une dyspnée majeure, d'une tachycardie et d'une hypotension artérielle, voire état de choc.
  • EP d'importance modérée : diagnostic difficile, devant toute douleur thoracique accompagnée d'une dyspnée modérée avec parfois sensation d'angoisse.

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  • des facteurs favorisants (alitement, intervention chirugicale récente, pathologie cancéreuse, troubles de la coagulation, antécédents de phlébite ou d'embolie pulmonaire, voyage en avion) ;
  • thrombose veineuse périphérique (le plus souvent d'un membre inférieur). Un fébricule à 38°C est fréquent.

Conduite à tenir

  • Hospitaliser le patient, appel du 15 si EP grave.

2.5 Dissection aortique aigüe

A évoquer

Douleur très intense à début brutal, rétrosternale irradiant dans le dos. Assymétrie tensionnelle, disparition d'un pouls, souffle de régurgitation aortique. Parfois tableau atypique avec douleur moins intense prolongée, tableau clinique d'infarctus du myocarde avec ECG normal.

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  • des antécédents d'hypertension artérielle ;
  • complications : insuffisance aortique, tamponnade, ischémie aigue de membre, paraplégie.

Conduite à tenir

  • Faire baisser la pression artérielle.
  • Appel du 15, hospitaliser le patient dans centre spécialisé (70 % de décès).

 

2.1 - Angor
2.2 - L'infarctus du myocarde
2.3 - Arrêt circulatoire
2.4 - Embolie pulmonaire (EP)
2.5 - Dissection aortique aigüe
2.6 - Insuffisance cardiaque gauche
2.7 - Péricardite
2.8 - Hypertension artérielle
2.9 - Syncope d'origine cardiovasculaire
2.10 - Prophylaxie endocardite
2.11 - Surveillance anticoagulation des prothèses
2.12 - Associations médicamenteuses à risque

 

Chapitre 2 - Cardiologie

 

Sections

2.1 - Angor
2.2 - L'infarctus du myocarde
2.3 - Arrêt circulatoire
2.4 - Embolie pulmonaire (EP)
2.5 - Dissection aortique aigüe
2.6 - Insuffisance cardiaque gauche
2.7 - Péricardite
2.8 - Hypertension artérielle
2.9 - Syncope d'origine cardiovasculaire
2.10 - Prophylaxie endocardite
2.11 - Surveillance anticoagulation des prothèses
2.12 - Associations médicamenteuses à risque

 

 

2.6 Insuffisance cardiaque gauche

A évoquer

  • OEdème du poumon : tableau dramatique avec suffocation, polypnée superficielle, toux incessante marquée par un expectoration mousseuse rosée, abondante. Râles crépittants bilatéraux, tachycardie, bruit de galop gauche.
  • Décompensation modérée : tableau moins intense avec dyspnée de repos, râles crépittants pulmonaires limités aux bases pulmonaires. Survient fréquemment après quelques jours marqués par une dyspnée d'effort survenant pour des efforts de moins en moins importants, avec crises de toux nocturne et de grésillement laryngé.

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  • Signes de gravité : insuffisance circulatoire (PA effondrée, extrémités froides), hypoxémie profonde, troubles de la vigilance ;
  • notion de cardiopathie sous jacente ;
  • facteurs favorisants la décompensation : surinfection bronchique, médicament inotrope négatif, arrêt du traitement ou du régime si antécédents de dysfonction VG, troubles du rythme, embolie pulmonaire, ischémie myocardique.

Conduite à tenir

  • diurétique d'action rapide : lasilix intraveineux, oxygénothérapie ;
  • hospitaliser le patient, appel du 15 si oedème aigu du poumon.

2.7 Péricardite

A évoquer

devant une douleur thoracique prolongée rétrosternale, irradiant dans les épaules et les bras. Elle peut être confondue avec la douleur de l'angor, mais elle augmente à l'inspiration profonde. Signes d'accompagnement : fébricule d'emblée. A l'auscultation on a parfois un frottement péricardique. Syndrome grippal récent.

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Signes de tamponnade (= compression aigue des cavités cardiaques par l'épanchement) : dyspnée importante majorée par le décubitus dorsal, tachycardie, pouls paradoxal (chute de la pression artérielle systolique supérieure à 10 mmHg à l'inspiration), turgescence jugulaire.

Conduite à tenir

  • adresser en consultation de cardiologie (ECG + echocardiographie) ;
  • appel du 15, si tamponnade : évacuation de l'épanchement.

2.8 Hypertension artérielle

Définition

hypertension artérielle

légère

modérée

sévère

pression artérielle systolique (mmHg)

140-159

160-179

180

ou pression artérielle diastolique (mmHg)

90-99

100-109

110



L'hypertension est permanente : chiffres élevés à au moins deux consultations différentes.

Traitement pharmacologique

Monothérapie ou bithérapie, en privilégiant la monoprise (association des faibles doses).

Objectif thérapeutique

PA < 140/90 mmHg

  • Si l'objectif thérapeutique est non atteint malgré l'association de plusieurs classes thérapeutiques il faut adresser le patient à un spécialiste.

Etiologie

95 % des cas sont des HTA essentielles (cf « Néphrologie »).

Urgence hypertensive

A évoquer

céphalées, phosphènes, acouphènes, epistaxis, convulsion, hémorragie méningée, oedème aigu du poumon, douleur thoracique.

Rechercher

prise de la pression artérielle aux deux bras plusieurs fois de suite (PAD > 115 mmHg), et réalisation d'un fond d'oeil si possible.

Conduite à tenir

  • repos jusqu'au transfert en centre spécialisé pour mise en route d'antihypertenseurs par voie intraveineuse.

2.9 Syncope d'origine cardiovasculaire

A évoquer

devant toute perte de connaissance brève de quelques secondes à 1 minute, survenue sans prodrome. Si la syncope se prolonge on peut avoir des convulsions avec perte d'urine mais en général pas de morsure de langue. Le pouls est le plus souvent bien frappé et régulier à distance de l'épisode.

Rechercher circonstances de survenue

  • à l'effort : rétrécissement aortique, ou maladie coronaire si douleur avant la syncope, ou une tachycardie ventriculaire si palpitations associées ;
  • avec palpitations : crise de tachycardie paroxystique (Bouveret, trouble du rythme auriculaire, tachycardie ventriculaire) ;
  • lors du passage brusque de la position couché à debout ;
  • aucune circonstance déclenchante : penser au bloc auriculoventriculaire paroxystique +++.

Conduite à tenir

  • adresser le patient en consultation de cardiologie.

2.10 Prophylaxie endocardite

L'antibiothérapie prophylactique doit être appliquée à chaque fois qu'un patient porteur d'une valvulopathie se trouve dans une situation où il y a un risque de bactériémie

Pour qui

  • prothèse valvulaire cardiaque mécanique ou biologique,
  • valvulopathie aortique ou mitrale (y compris prolapsus), communication interventriculaire, coarctation aortique, persistance du canal artériel, cardiopathies congenitales.

Comment

  • interventions dentaires (y compris détartrage) et sur les voies respiratoires :
    dans l'heure précédent les soins : Clamoxyl 3 gr (pristinamycine 1 gr ou clindamycine 600 mg, si allergie à la pénicilline) ;
  • interventions et explorations urinaires et gastrointestinales :
    antibiothérapie (bithérapie) par voie intraveineuse.

2.11 Surveillance anticoagulation des prothèses

  • Les patients porteurs de prothèses valvulaires mécaniques doivent être anticoagulés à vie de manière efficace : INR entre 3 et 4.5.
    Pour les prothèses à ailettes en position aortique chez des sujets en rythme sinusal et sans insuffisance cardiaque : INR entre 2 et 3.
  • Habituellement la surveillance s'effectue toutes les 3 à 4 semaines si le niveau d'anticoagulation est stable. Un contrôle est nécessaire après chaque modification de posologie.
  • Pour toute intervention chirurgicale mais aussi pour des extractions dentaires il faut arrêter les anticoagulants et prendre le relais par l'héparine.

2.12 Associations médicamenteuses à risque

  • Béta-bloquant et vérapamil, amiodarone, diltiazem, digitaliques : risque de troubles conductifs.
  • Diurétiques hypokaliémiants avec médicaments augmentant l'espace QT (le sotalol, l'amiodarone, les quinidiniques, les digitaliques) : risque de torsade de pointe.
  • IEC et AINS chez l'insuffisant cardiaque : risque rénal.
  • Antivitamine-K et phenylbutazone ou miconazole : contre-indications.
  • Antivitamine-K déconseillée avec AINS, ticlopidine, aspirine, latamoxef.

2.1 - Angor
2.2 - L'infarctus du myocarde
2.3 - Arrêt circulatoire
2.4 - Embolie pulmonaire (EP)
2.5 - Dissection aortique aigüe
2.6 - Insuffisance cardiaque gauche
2.7 - Péricardite
2.8 - Hypertension artérielle
2.9 - Syncope d'origine cardiovasculaire
2.10 - Prophylaxie endocardite
2.11 - Surveillance anticoagulation des prothèses
2.12 - Associations médicamenteuses à risque

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Publié dans MEDECINE

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