Cancérologie 2
|
| 18.1 |
|
| 18.1.1 | |
|
| 18.1.2 | |
|
| 18.1.3 | |
|
| 18.1.4 | Les progrès récents (dans les 10 dernières années) sont liés |
|
| 18.2 |
|
| 18.2.1 |
|
| 18.2.1.1 | |
|
| 18.2.1.2 | |
|
| 18.2.1.3 | |
|
| 18.2.1.4 | |
|
| 18.2.1.5 | |
|
| 18.2.1.6 |
|
| 18.2.2 |
|
| 18.2.2.1 | |
|
| 18.2.2.2 |
|
| 18.2.3 |
|
| 18.2.3.1 | |
|
| 18.2.3.2 |
|
| 18.2.4 | |
|
| 18.2.5 |
|
| 18.3 |
|
| 18.3.1 | |
|
| 18.3.2 | |
|
| 18.3.3 |
|
| 18.3.3.1 | |
|
| 18.3.3.2 | Autres régions : base de langue et paroi postérieure de l'oropharynx |
|
| 18.3.4 | |
|
| 18.3.5 |
|
| 18.4 |
|
| 18.4.1 |
|
| 18.4.1.1 | |
|
| 18.4.1.2 | |
|
| 18.4.1.3 | |
|
| 18.4.1.4 | |
|
| 18.4.1.5 | |
|
| 18.4.1.6 | |
|
| 18.4.1.7 |
|
| 18.4.2 |
|
| 18.4.2.1 | |
|
| 18.4.2.2 |
|
| 18.4.3 | |
|
| 18.4.4 | |
|
| 18.4.5 |
|
| 18.5 |
|
| 18.5.1 |
|
| 18.5.1.1 | |
|
| 18.5.1.2 | |
|
| 18.5.1.3 | |
|
| 18.5.1.4 | |
|
| 18.5.1.5 | |
|
| 18.5.1.6 | |
|
| 18.5.1.7 |
|
| 18.5.2 |
|
| 18.5.2.1 | |
|
| 18.5.2.2 |
|
| 18.5.3 |
|
| 18.5.3.1 | |
|
| 18.5.3.2 |
|
| 18.5.4 | |
|
| 18.5.5 |
|
| 18.6 |
|
| 18.6.1 |
|
| 18.6.1.1 | |
|
| 18.6.1.2 |
|
| 18.6.2 |
|
| 18.7 | |||
| Partie I - Cancérologie générale Chapitre 1 - Généralités cliniques | ||||
Sections
Sous-sections
Sous-sous-sections
| 1.1 - Fréquence du cancer |
| 1.1.1 - Epidémiologie descriptive |
| 1.1.1.1 - Taux de mortalité |
Auteur : F. Baillet
1.1 Fréquence du cancer
Le cancer est responsable de 26 % des décès en France, 31 % chez l'homme, 21 % chez la femme. Il est la 1ère cause de décès chez l'homme (maladies cardiovasculaires 29 %) et la 2ème chez la femme après les maladies cardiovasculaires (38 %). Il est la 1ère cause de décès chez la femme entre 20 et 60 ans. Ces pourcentages de décès sont connus en France parce que la déclaration des causes de décès est obligatoire.
En 1993, il y a eu 137 848 décès déclarés par cancer en France (84 202 chez l'homme et 53 746 chez la femme).
La fréquence des cancers est moins bien connue que la mortalité par cancer parce qu'il n'y a pas de déclaration obligatoire de cette maladie. Globalement en 2002, il y a environ 250 000 nouveaux cancers par an et 150 000 décès. L'estimation est faite à partir des taux de décès, des statistiques disponibles (Sécurité Sociale, registres des cancers dans certains départements).
Les taux de mortalité et de morbidité sont exprimés plus précisément en taux brut (qui est le taux pour 100 000 habitants) et en taux standardisé qui tient compte en plus de la répartition des âges (pour permettre des comparaisons car la fréquence des cancers varie avec l'âge et les répartitions selon les âges varient selon les pays et les régions).
La fréquence des cancers augmente régulièrement en France en même temps qu'augmente l'âge moyen de la population. De plus la fréquence augmente par la découverte de petits cancers à un stade très précoce grâce aux moyens de détection actuels, en particulier des épithéliomas in situ du sein et des micros cancers de la prostate. Ces cancers surtout lorsqu'ils surviennent chez des sujets âgés, n'étaient pas comptabilisés autrefois car très souvent ils n'ont pas le temps de se développer suffisamment pour entraîner des signes cliniques et le décès des malades. A cause de ce fait, et à cause des progrès des traitements, le nombre de cancers augmente actuellement plus vite que les décès par cancer
Elle cherche à retrouver les causes ou les facteurs favorisant l'apparition des cancers en mettant en relation la fréquence de certains cancers avec certaines habitudes alimentaires, intoxications (alcool, tabac), activités professionnelles (cancers professionnels...), certains comportements, modes de vie.
Elle s'appuie en particulier sur les différences de fréquence de certains cancers dans le temps et dans l'espace en recherchant les causes apparentes.
Elle s'appuie sur des enquêtes rétrospectives ou prospectives auprès de certaines populations permettant de définir des populations à risque d'avoir tel ou tel cancer.
Exemples typiques
- Les enquêtes rétrospectives dans les cancers des cavités aériennes de la face ont débouché sur les travailleurs du bois avec reconnaissance d'une maladie professionnelle indemnisable et mise au point de méthodes préventives efficaces contre les particules de bois, en particulier celles dont les dimensions se sont révélées les plus dangereuses.
- Les enquêtes rétrospectives dans les cancers du cavum en Chine ont permis de trouver 3 co-facteurs, à savoir l'infection par le virus d'Epstein-Barr, les infections pharyngées à répétition, l'alimentation riche en poisson séché.
- Les enquêtes prospectives réalisées chez des fumeurs ont bien confirmé la relation du tabac avec le cancer bronchique, et ont permis en plus de découvrir la relation du tabac avec le cancer de la vessie.
Globalement la fréquence des cancers augmente avec l'espérance de vie de la population considérée. En France le taux standardisé d'incidence était de 300 (pour 100 000 habitants) dans la période 1978-1982 et il était, 15 ans plus tard, de 350. On a enregistré 80000 décès par cancer en 1954 et 135 000 40 ans plus tard, et ceci malgré une diminution de la mortalité grâce à l'amélioration du diagnostic et du traitement. L'augmentation des décès est due à l'important accroissement de la population de plus de 50 ans dans la période considérée.
En France, lors des 30 dernières années, les cancers des bronches, de la prostate et du sein ont augmenté de fréquence alors que diminuaient les cancers de l'estomac et du col de l'utérus. Par contre, les décès par cancer du sein ont peu augmenté, principalement parce que le diagnostic est devenu plus précoce et parce que le traitement est devenu plus efficace. Les cancers du col de l'utérus sont non seulement devenus moins fréquents, mais en plus, la mortalité a diminué de façon importante à cause des diagnostics précoces par dépistage. Les cancers bronchiques ont augmenté de fréquence chez les fumeurs en même temps que la consommation de tabac augmentait alors que la fréquence des cancers bronchiques chez les non-fumeurs est restée stable.
Aux USA, les décès par cancer bronchique chez la femme ont augmenté de façon importante de sorte qu'ils ont dépassé les décès par cancer du sein à partir de 1990. Avec un décalage dans le temps, une évolution du même type s'observe en France mais les décès par cancer bronchique restent encore loin des décès par cancer du sein.
En France, comme ailleurs, le cancer de l'estomac a diminué de fréquence. On attribue cette évolution à la diminution de la prise d'aliments salés et fumés grâce à la généralisation de remploi du réfrigérateur.
Dans les pays développés, si la fréquence globale des cancers est du même ordre dans chaque pays il peut y avoir des différences importantes concernant les localisations. Par exemple, sur la période 78-82, on a estimé le taux standardisé d'incidence des différents cancers en France et on les a comparé à ceux du Royaume-Uni. On a obtenu ainsi chez les hommes (pour 100 000 habitants) un taux pour les cancers ORL de 47,6 en France et de 9,2 au R.U., et pour les cancers bronchiques 45,4 en France et 72 au R.U. les mêmes localisations chez les femmes ont donné pour les cancers ORL 4,1 en France et 3,1 au R.U, et pour les cancers bronchiques 3,7 en France et 19 au R.U. (à l'époque l'alcoolisme était plus important chez les hommes en France et le tabagisme chez les hommes et chez les femmes au R.U).
Au Japon, le cancer de l'estomac est le plus fréquent et sa fréquence diminue chez les Japonais de la Côte Ouest des USA avec les modifications des habitudes alimentaires.
Dans les pays en voie de développement les cancers sont beaucoup moins fréquents car la proportion des 50 ans et plus est faible. Par exemple pour un cancer en Inde il y en a 4 aux USA. Par contre leur gravité est en général plus grande car le diagnostic est habituellement tardif et les moyens thérapeutiques insuffisants.
Le cancer est d'abord lié à l'âge. Il est exceptionnel avant 35 ans (il est cependant la 2ème cause de mortalité chez l'enfant et chez le jeune adulte après les morts violentes). Sa fréquence augmente régulièrement ensuite. Cette augmentation à partir de 35 ans fait apparemment du cancer une maladie du vieillissement alors qu'avant 35 ans les cancers sont de types « embryonnaires » ou proches des cancers expérimentaux en particulier de cause virale.
Pour beaucoup de cancers au delà de 35 ans, il y a comme une « usure » de tel ou tel organe exposé à une cause « d'irritation » pendant des années. C'est le cas pour les 2 principales causes connues par les statistiques : l'alcool et le tabac qui sont responsables d'environ 25 % des cancers observés (bronches, ORL, vessie). Par ailleurs, à ce sujet, il faut indiquer que la persistance de l'intoxication alcoolotabagique grève les résultats des traitements.
| Partie I - Cancérologie générale Chapitre 1 - Généralités cliniques |
1.2 - Diagnostic
Sections
Sous-sections
Sous-sous-sections
| 1.1 - Fréquence du cancer |
| 1.2.1 - Le diagnostic positif |
| 1.2.1.1 - Les signes révélateurs |
Ils sont très variables selon la localisation et on insiste sur l'absence fréquente de corrélation anatomoclinique.
Trois éléments sont particulièrement suspects :
- l'hémorragie (y compris sous anticoagulants),
- les troubles fonctionnels récents persistant au-delà de 2 à 3 semaines (telle la dysphonie dans le cancer du larynx) et en tout cas une évolution vers l'aggravation, éventuellement entrecoupée de paliers mais sans véritable amélioration,
- l'apparition d'une tuméfaction.
Assez souvent (10 - 15 % des cas) c'est l'examen systématique du médecin qui découvre la tumeur alors que le malade vient pour un autre motif.
Enfin, certains cancers sont découverts par dépistage systématique de masse ou par un dépistage orienté sur une population à risque.
Il est utile de faire un diagnostic « précoce » car les résultats sont bien meilleurs dans le groupe des petites tumeurs (T1-T2) que dans le groupe des tumeurs plus évoluées, diagnostiquées plus tardivement (T3-T4).
Les arguments locaux sont cliniquement l'infiltration associée dans les cas typiques à une ulcération et à un bourgeonnement hémorragique. Une ulcération, avec ou sans bourgeonnement, est surtout suspecte si elle s'accompagne d'une infiltration. Une ulcération traumatique ou infectieuse se répare rapidement seule ou avec un traitement antibiotique. Une ulcération qui persiste au delà de 10 jours est suspecte.
Des signes spécifiques existent pour certaines localisations. Exemples : une tuméfaction du sein avec rétraction cutanée est un cancer du sein, une sinusite douloureuse et hémorragique est un cancer des cavités aériennes de la face jusqu'à preuve du contraire...
Les arguments locaux existent en endoscopie pour les organes accessibles à ce moyen d'investigation. L'infiltration se manifeste par une rigidité. Au moindre doute, on profite de l'examen pour faire des biopsies. En imagerie, existent également des arguments locaux. L'infiltration, l'envahissement se manifestent par des diminutions de mobilité et par des « lacunes » ou des opacités à contours irréguliers.
Des signes spécifiques existent également en imagerie pour certaines localisations. Exemples : l'opacité stellaire avec microcalcifications en amas au même endroit et un peu à distance dans le cancer du sein, l'opacité en TDM ou IRM du cerveau plus ou moins régulière mais avec nécrose en son sein dans le glioblastome...
Les arguments liés au contexte tiennent compte de l'âge, d'une éventuelle intoxication alcoolo tabagique, d'un contexte familial d'orientation (par exemple plusieurs cancers du sein dans la famille alors qu'on a une petite tuméfaction mammaire avec image peu éloquente), d'une origine géographique particulière, d'une pathologie prédisposante (par exemple antécédents de polypes coliques pour les cancers du colon et du rectum).
Les arguments biologiques ne sont habituellement d'aucun secours lorsque le diagnostic n'est pas d'emblée évident. Une VS élevée au delà de 40 à la 1ère heure est rarement observée dans ces situations et elle peut être élevée pour d'autres raisons. Les marqueurs ne sont élevés que lorsque les tumeurs sont importantes ou lorsqu'elles ont diffusé c'est à dire lorsque la masse tumorale est importante sauf pour le PSA dans le cancer de la prostate, l'Alpha FP et la Bêta HCG dans le cancer du testicule, la calcitonine dans le cancer médullaire de la thyroïde.
Ils sont histologiques ou cytologiques à la suite de biopsies au bistouri, de biopsies à l'aiguille, ou de ponctions à l'aiguille fine. Ils reposent sur l'aspect malin des cellules et l'envahissement des tissus normaux. Ils permettent la certitude médicale et précisent la variété, notion utile pour le pronostic et le traitement. Enfin l'intérêt est également médicolégal. Il y a cependant des situations exceptionnelles au cours desquelles le traitement peut être entrepris sans certitude histo cytologique représentées essentiellement par les tumeurs médiastinales compressives avec syndrome cave supérieur sans élément périphérique biopsiable et les tumeurs du tronc cérébral.
Pour chaque localisation tumorale existent des diagnostics différentiels, c'est-à-dire des pathologies qui peuvent plus ou moins prêter à confusion avec un cancer. Le plus souvent, ce sont des dysplasies ou des tumeurs bénignes. En pratique il faut les connaître pour ne pas se laisser égarer et diminuer ainsi la fréquence des diagnostics tardifs.
| Partie I - Cancérologie générale Chapitre 1 - Généralités cliniques |
1.2 - Diagnostic
Sections
Sous-sections
Sous-sous-sections
| 1.1 - Fréquence du cancer |
| 1.2.1 - Le diagnostic positif |
| 1.2.2.1 - L'étude de l'évolutivité |
Le bilan d'extension par la clinique, l'imagerie, l'endoscopie et les constatations chirurgicales a une importance capitale pour le pronostic et le traitement.
Cliniquement on précise le siège de la tumeur et les dimensions en cm en faisant des schémas et des photographies si possible. Parfois la distinction entre infiltration inflammatoire et infiltration tumorale est difficile à faire. Un réexamen après un court traitement antibiotique et anti inflammatoire permet en général de faire le partage.
Pour l'extension régionale ganglionnaire, on procède avec la même précision. Le dessin sur la peau des limites ganglionnaires permet des photographies utiles. On recherche enfin d'éventuelles localisations à distance directement accessibles à l'examen clinique : ganglionnaires, cutanées, hépatiques, pleurales. On recherche aussi des signes fonctionnels pouvant traduire la présence de métastases osseuses (douleurs), pleuro pulmonaires (toux, gêne respiratoire), cérébrales (maux de tête, ralentissement idéomoteur, petits troubles aphasiques), ganglionnaires intra abdominales (douleurs, troubles digestifs).
L'imagerie a un intérêt majeur pour le bilan d'extension. Elle fait appel selon les circonstances aux radiographies simples ou numérisées, à la tomodensitométrie (TDM ou scanner) à l'IRM, à l'échographie abdominale, aux autres examens radiologiques spécialisées en cas de besoin, et enfin aux examens scintigraphiques principalement représentés par la scintigraphie osseuse. Le TEP donne des renseignements très spécifiques et sensibles. Ces examens permettent de préciser l'extension tumorale locale et régionale. Les problèmes posés par l'interprétation des résultats sont variables selon les localisations et doivent être étudiés dans les chapitres consacrés aux localisations particulières. Dans certains cas, en cas de doute, on peut utiliser la ponction cytologique sous scanner.
Le bilan d'extension permet de bien définir le problème carcinologique à résoudre. S'il est bien fait et à temps, il augmente les chances de succès. Le bilan d'extension est adapté à la situation apparente du malade. Des recommandations sont faites pour chaque localisation tumorale. On ne fait pas tout à tout le monde. Des examens trop nombreux par esprit de système perturbent la vie du malade et coûtent cher aux assurances maladie.
L'endoscopie permet de mesurer l'extension en surface des tumeurs accessibles à ce moyen d'investigation et éventuellement à des organes de voisinages (arbre trachéo-bronchique pour les cancers de l'oesophage, vessie pour les cancers de l'utérus par exemple).
En cas d'intervention chirurgicale, le CRO et le CRH donnent des informations utiles sur les structures envahies et sur l'extension éventuelle au delà de la zone d'exérèse chirurgicale. On sait si l'exérèse est histologiquement complète ou non et s'il existe un envahissement ganglionnaire régional ou non (N+ ou N-). On précise alors le nombre de ganglions envahis comparativement au nombre de ganglions identifiés et s'il existe des ruptures capsulaires et/ou des foyers néoplasiques en dehors des ganglions.
L'aide apportée par les prélèvements histologiques et cytologiques est importante. Il s'agit de prélèvements sur des zones suspectes à l'examen clinique, à l'endoscopie, en peropératoire ou même en imagerie (ponction sous scanner) ou de prélèvements systématiques.
La recherche de 2èmes cancers (appelés également 2èmes localisations) est systématique pour certaines localisations : foyers multifocaux dans le même organe pour un cancer de vessie, un cancer de l'oesophage ou un cancer du colon et 2èmes cancers de la sphère ORL pour les cancers ORL par exemple.
L'évolutivité est une notion qui a été mise en évidence et systématisée dans le cancer du sein ou l'on distingue avec une gravité croissante : la simple croissance rapide, l'inflammation locale (au niveau de la tumeur) et l'inflammation régionale (au niveau du sein). L'intérêt pronostique et thérapeutique de cette notion est important dans le sein. L'inflammation est une notion impossible à utiliser pour les tumeurs profondes et elle doit être distinguée de la simple inflammation d'origine infectieuse pour toutes les tumeurs des muqueuses qui s'accompagnent constamment ou presque d'une ulcération. En pratique donc, en dehors du sein, c'est la notion de croissance rapide qui définit à elle seule la « poussée évolutive ». Sa valeur pronostique est retrouvée pour chaque localisation dès lors qu'elle est mesurée. C'est pour cette raison que la tumeur doit être mesurée précisément dès le premier examen et remesurée ultérieurement en profitant du temps du bilan. Souvent c'est par le malade seulement qu'on apprend en l'interrogeant que l'anomalie a doublé en 1 ou 2 mois.
Ce terrain est, avec la taille de la tumeur et l'envahissement ganglionnaire, un élément de pronostic important. Il modifie souvent le traitement théorique prévu par le stade du cancer. La maladie en effet est souvent observée chez des personnes âgées (plus de 70 ans) et, pour les cancers en rapport avec l'alcool et le tabac, l'âge physiologique est souvent supérieur à l'âge physique. Des tares sont possibles (cirrhose, artérite, coronaropathies, bronchoemphysèmes, polynévrite). Les antécédents pathologiques et les pathologies associées sont donc recherchés soigneusement.
Dans l'étude du terrain, il faut préciser le poids actuel et noter le poids « habituel » pour comparaison (en notant également la taille). Les pertes de poids de 10 % par rapport au poids habituel sont un signe de gravité.
Une appréciation globale de l'état général du malade est donnée par les indices de performance tel l'Indice de Karnofsky ou le Performans Status (OMS).
| Indice de Karnofsky | |||||||||||||||||||||
|
| Performans status (maintenant plus utilisé bien que moins précis) | |||||||||||
|
Son importance est capitale. Pour le traitement initial et pour la surveillance, on se réfère toujours à l'observation initiale. A chaque rechute ou événement majeur, l'observation est mise à jour, complétée aussi soigneusement que lors de l'observation initiale. Elle doit donc contenir les éléments indispensables que sont :
- la description écrite des lésions avec schémas (dimensions en cm) et photos si les lésions s'y prêtent,
- la description des signes fonctionnels et d'une éventuelle évolutivité,
- l'appréciation du terrain (antécédents, état actuel)
- les documents d'imagerie (si nécessaire les documents les plus importants sont dupliqués),
- le compte rendu anatomopathologique ou cytologique,
- les éléments biologiques utiles (en particulier les marqueurs s'il y en a),
- les éventuelles constatations chirurgicales avec un double du compte rendu opératoire (CRO) et de l'analyse anatomopathologique des pièces opératoires (CRH),
- les informations données au malade sont notées dans un but pratique et médico légal.
| Partie I - Cancérologie générale Chapitre 1 - Généralités cliniques |
1.2 - Diagnostic
Sections
Sous-sections
| 1.1 - Fréquence du cancer |
| 1.2.1 - Le diagnostic positif |
La crainte du cancer, d'une évolution fatale après une « longue et pénible maladie » est présente chez tous les malades à des niveaux variables selon les personnalités et selon l'état de la maladie. L'information doit être loyale, adaptée, utile (une trace qu'elle a été donnée doit exister dans l'observation comprenant l'exposé des risques importants des traitements). Toutes les précautions doivent être également prises pour que le malade ait confiance dans la médecine et dans l'équipe soignante qui s'occupe de lui. Il ne faut certainement pas brusquer l'information. Il faut éviter de décourager le malade en donnant des informations trop dures à entendre et sans ouverture vers une évolution « favorable » à un titre ou à un autre (au maximum la guérison sans séquelles, au minimum des traitements symptomatiques efficaces). La gravité des craintes, la fragilité de certaines personnalités, fait qu'il peut être nécessaire de faire appel à un médecin de formation psychiatrique ou à un psychologue, de préférence entraînés à ce contexte clinique particulier. En prat
La maladie, par sa gravité potentielle, déstabilise non seulement le malade, mais également ses proches (nouvelle répartition des rôles dans la famille, anxiété). Et les relations professionnelles sont plus ou moins interrompues. Des problèmes économiques peuvent survenir, sources d'inquiétude pour tous. Si la famille est souvent un soutien, elle peut aussi être effondrée et être un poids pour le malade. Il est impossible de traiter un cancer en ignorant ces problèmes. L'assistante sociale a un rôle capital dans l'estimation de la situation socio économique du malade. Son intervention a un intérêt pratique (permettre au malade de faire valoir ses droits) et psychologique (il se sent soutenu).
| Partie I - Cancérologie générale Chapitre 1 - Généralités cliniques |
Sections
| 1.1 - Fréquence du cancer |
1.3 Le TNM
Le TNM est un système de classement reposant sur l'extension tumorale locale, régionale (ganglionnaire) et métastatique. Il a été établi pour permettre des comparaisons en particulier internationales. Il était initialement exclusivement clinique afin d'être applicable par toutes les équipes (classement simple à faire, peu coûteux). Son succès, les progrès de la cancérologie, le désir de faire des comparaisons plus fines, ont fait introduire dans le classement certaines données de l'imagerie et les constatations anatomopathologiques.
Les classements ont varié dans le temps de sorte qu'il est nécessaire de préciser l'année du TNM choisi pour décrire une population tumorale. Les dimensions centimétriques de T et de N sont de plus en plus prises en compte au détriment des autres critères. D'une certaine façon, le TNM résume l'observation mais ne la remplace pas. A lui seul, il ne peut permettre de poser les indications de façon correcte.
Le T va de 1 à 3 ou 4 selon l'extension locale révélée par le bilan clinicoradiologique. Le pT va de 1 à 3 ou 4 et tient compte de l'extension tumorale constatée par l'examen anatomopathologique de la pièce opératoire.
Le N va de N0 à N3 selon la taille et le siège des adénopathies. N- et N+ sont utilisés en l'absence ou en présence d'un envahissement ganglionnaire à l'analyse anatomopathologique des ganglions.
Le M correspond à l'existence (M1) ou non (M0) de métastases.
Pour les comparaisons, on peut regrouper les cas en stades selon le schéma habituel suivant :
|
| Stade I : T1N0M0 |
|
|
|
|
|
| Stade II : T1 N1 M0 et T2 N0 ou N1 |
|
|
|
|
|
| Stade III : T1 N2 T2 N2 T3 N0 ou N1 ou N2 |
|
|
|
|
|
| Stade IV : T4 et/ou N3 et/ou M positif. |
|
|
|
|
1.4 Les principes de traitements
Il a pour but d'être le plus efficace possible, le mieux toléré possible (en particulier avec le moins de séquelles possibles) et enfin d'être le moins cher possible. Ce dernier aspect ne doit pas être négligé et semble destiné à avoir une importance croissante.
Globalement, la survie à 5 ans est passée de 25-30 % il y a 30 ans à 40 % voire plus
Ce progrès a été obtenu autant par le diagnostic précoce et le dépistage que par la plus grande efficacité des traitements.
L'efficacité est définie par la possibilité de guérison mais aussi par la possibilité d'obtenir un effet palliatif valable.
Les moyens
On estimait il y a quelques années que l'influence des différentes méthodes thérapeutiques se répartissait approximativement de la façon suivante (De Vita et Coll.) :
Pour 100 cancers
- 22 étaient guéris à 5 ans par chirurgie
- 12 par radiothérapie
- 6 par chirurgie + radiothérapie
- 4 par chimiothérapie +/- chirurgie +/- radiothérapie.
On fait actuellement plus de chimiothérapie et on a gagné 5 % de plus à 5 ans.
Les traitements sont devenus plus conservateurs et il y a plus de chirurgies réparatrices.
La chirurgie peut être curative, conservatrice ou radicale (non conservatrice) ou radicale avec réparation. Elle peut être palliative.
La radiothérapie peut être curative ou palliative faisant appel à la radiothérapie externe, à la curiethérapie en sources scellées (c'est à dire sans contamination possible de l'organisme) ou à la curiethérapie en sources non scellées (exemple de l'I131 pour le cancer de la thyroïde).
Les traitements médicaux spécifiques du cancer, chimiothérapie, hormonothérapie, immunothérapie, sont utilisés dans un but curatif soit seuls, (exceptionnellement pour une tumeur non métastasée), soit en association avec les traitements loco régionaux dans le but de traiter la maladie infraclinique à distance de la tumeur primitive. Ce traitement est alors adjuvant s'il est fait après le traitement loco-régional et néoadjuvant (ou premier) s'il est fait avant. Lorsqu'il est néoadjuvant, il est utilisé également dans le but de faciliter le traitement loco-régionaI.
Les différents traitements spécifiques du cancer sont de plus en plus intriqués d'où l'aspect pluridisciplinaire de la cancérologie.
Il y a enfin les traitements médicaux non spécifiques du cancer : inhibiteurs de la résorption osseuse, correcteurs ou protecteurs des effets adverses des traitements (Amifostine pour la radiothérapie et les dérivés du platine, Setrons pour les vomissements chimio ou radio induits par exemple).
1.5 Le pronostic
Le pronostic est lié à :
- L'existence ou non d'une extension métastatique qui, sauf exceptions, indique que le malade ne pourra pas guérir (les exceptions sont les lymphomes malins, les cancers du testicule, certaines métastases isolées ou très peu nombreuses et groupées accessibles à une chirurgie d'exérèse).
- En l'absence d'extension métastatique décelable les principaux facteurs pronostics sont dans l'ordre :
- la taille de la tumeur (plus encore la taille en cm que le T du TNM). S'y associe l'extension aux organes de voisinage ce qui définit habituellement le T4. Ce sont les tumeurs de grande taille qui en sont en général responsables. Cette extension à une valeur pronostique en ce sens que le traitement chirurgical devient plus difficile dans ce cas. A noter que les petites tumeurs à cheval sur plusieurs structures sont classées T4. Elles ont cependant un « bon » pronostic en rapport avec leur taille. C'est bien la taille de la tumeur le facteur pronostic principal, mais, à taille égale, l'envahissement d'un organe de voisinage est un élément de pronostic défavorable supplémentaire.
- L'état général. Il est lié à l'existence de la tumeur, aux conséquences nutritionnelles éventuelles de celle-ci (obstacle sur la voie digestive), à l'âge, aux antécédents pathologiques, à l'intoxication alcoolotabagique, à une situation économique insuffisante etc…
- L'extension ganglionnaire. Elle est d'autant plus fréquente que la taille de la tumeur est grande. Les deux facteurs pronostics sont donc habituellement liés. Cependant l'extension ganglionnaire est bien un facteur pronostic en soi. En effet, à taille tumorale égale, le pronostic est toujours plus défavorable en cas d'extension ganglionnaire. Le nombre de ganglions envahis est un élément pronostic (particulièrement bien étudié dans le cancer du sein), de même que la taille du plus gros ganglion. La grosse adénopathie palpable, en général plus ou moins fixée (par le volume et par l'extension en profondeur hors du ganglion) est un élément de mauvais pronostic.
- La notion de poussée évolutive. Cette notion n'est pas applicable à toutes les tumeurs car il faut avoir la possibilité de définir une croissance rapide (impossible à définir pour une tumeur qu'on vient de découvrir) ou une inflammation locale ou régionale (impossible à utiliser pour toutes les tumeurs ulcérées des muqueuses qui sont nécessairement plus ou moins surinfectées). Lorsqu'elle peut être reconnue, la poussée évolutive accompagne presque toujours des tumeurs de grande taille avec adénopathie. Elle ajoute une gravité supplémentaire au pronostic.
- Le caractère indifférencié, ou peu différencié de la tumeur pour les épithéliomas et les sarcomes à l'anatomopathologie.
- La persistance ou non de l'intoxication alcoolotabagique, pour les cancers ORL.
1.1 - Fréquence du cancer
1.2 - Diagnostic
1.3 - Le TNM
1.4 - Les principes de traitements
1.5 - Le pronostic
1.6 - La surveillance
1.7 - Les marqueurs
1.8 - Les résultats
1.9 - Les essais randomisés
| Partie I - Cancérologie générale Chapitre 1 - Généralités cliniques |
Sections
| 1.1 - Fréquence du cancer |
1.6 La surveillance
En cours de traitement, on contrôle, d'une part, la tolérance et d'autre part l'évolution du cancer.
La surveillance des traitements médicaux concerne essentiellement la situation hématologique et pour la radiothérapie la tolérance cutanéomuqueuse. Pour la chimiothérapie, le risque infectieux domine et pour la radiothérapie, le risque de radiomucite domine (avec selon le siège de la région irradiée des dysphagies, des diarrhées, des cystites, des rectites... le risque immédiat le plus fréquent étant la déshydratation et la dénutrition). La surveillance permet d'adapter le traitement à la tolérance.
L'évolution du cancer est surveillée (mensurations des tumeurs, dosages des marqueurs) pour contrôler l'efficacité du traitement avec éventuellement une adaptation de celui ci en fonction de l'efficacité. Par exemple, une chimiothérapie première inefficace sera remplacée par une autre plus toxique mais éventuellement plus active. Telle tumeur trop grosse pour bénéficier d'une chirurgie conservatrice d'emblée aura ou n'aura pas, dans certains cas, un traitement conservateur selon la qualité de la réponse au traitement médical ou à la radiothérapie.
La surveillance après traitement a pour but de déceler les rechutes locorégionales et métastatiques à un stade clinique précoce afin que le traitement ait le plus de chance possible d'obtenir un résultat significatif curatif ou palliatif. Elle repose sur la clinique, l'imagerie, éventuellement l'endoscopie et les marqueurs biologiques. Si un marqueur est élevé initialement, la surveillance du taux en cours d'un traitement prolongé ou après traitement est très utile pour déceler une nouvelle rechute ou un échappement au traitement médical.
Les problèmes diagnostiques et thérapeutiques liés aux rechutes sont fréquents puisqu'ils concernent 60 % des malades. La fréquence des consultations de surveillance s'adapte à l'évolution connue de la maladie. La surveillance est en général assurée à la fois par le spécialiste d'organe et le cancérologue avec habituellement des consultations alternées. Il est nécessaire que ce dernier suive le malade pour bien mesurer les conséquences de son traitement sur le plan de l'efficacité et de la tolérance. La surveillance après traitement concerne en effet aussi les séquelles et complications. L'étude à postériori des conditions techniques du traitement permet parfois de modifier les traitements ultérieurs pour diminuer ou supprimer les séquelles et les complications. Cette même étude à postériori peut concerner les rechutes de la maladie. La surveillance régulière des malades après traitement est indispensable pour analyser les résultats et faire des progrès. C'est une des raisons qui ont amené à la création des Centres Anti-Cancéreux (Centres de Lutte Contre le Cancer : dans ces institutions, la surveillance ultérieure est assurée systématiquement avec les moyens nécessaires pour assurer le suivi).
La surveillance soulève quelques problèmes psychologiques. Le malade doit en comprendre l'intérêt et l'accepter. Certains malades en rémission complète ont en effet tendance à rejeter tout contact avec l'équipe soignante parce qu'ils désirent oublier leur maladie. D'autres sont angoissés longtemps avant la consultation de crainte que l'on trouve quelque chose et par le rappel de leur maladie. Certains n'arrivent pas à se réadapter dans la vie normale. D'autres qui ont bien fait face pendant le traitement, qui parfois même ont continué de travailler pendant celui-ci, font un syndrome dépressif « paradoxal » lorsque le traitement est fini, alors qu'ils sont en rémission complète. Heureusement, beaucoup de malades sortent renforcés de l'épreuve, en particulier les alcoolo-tabagiques qui ont cessé leur intoxication à cette occasion. Si une rechute survient, le risque d'une crise de confiance éloignant le malade de l'équipe soignante est important. Dans ce cas, le malade peut demander avis ailleurs ce qui n'est pas nécessairement la meilleure solution. Il peut aussi ne pas se faire traiter. Pour éviter la plupart de ces écueils, il faut instaurer et maintenir un climat de confiance réel en expliquant, entre autre, dès le début, qu'un risque de rechute ultérieur existe justifiant des consultations de surveillance à long terme.
1.7 Les marqueurs
Les marqueurs servent plus à la surveillance après traitement initial qu'au diagnostic initial.
Les plus courants sont :
L'alpha-foetoprotéine (AFP) dans les carcinomes hépatocellulaires et les cancers du testicule (en sachant que ce marqueur peut être élevé dans les cirrhoses hépatiques et les hépatites toxiques ou infectieuses).
L'antigène carcino-embryonnaire (ACE) dans les carcinomes du colon, du sein, du pancréas, de l'ovaire (en sachant que ce marqueur peut être élevé chez les fumeurs, dans les pancréatites, les cirrhoses hépatiques, les colopathies inflammatoires).
Les phosphatases acides prostatiques dans les adénocarcinomes de la prostate ont été détrônées par le PSA.
L'antigène prostatique spécifique (PSA) dans le cancer de la prostate (en sachant que ce marqueur peut être élevé en cas de prostatite ou d'adénome prostatique).
Le CA 15/3 dans l'adénocarcinome mammaire.
Le CA 125 dans l'adénocarcinome ovarien (en sachant qu'il peut être augmenté dans toutes les causes d'irritation péritonéale et dans la grossesse).
Le CA 19/9 dans les adénocarcinomes pancréatiques et du colon (en sachant que ce marqueur peut être augmenté dans les pancréatites et les colites).
Le SCC dans les épithéliomas épidermoïdes
La gonadotrophine chorionique sous unité bêta (Bêta HCG) dans les cancers du testicule et le choriocarcinome placentaire (en sachant que ce marqueur est augmenté dans la grossesse).
La Neuron Specific Enolase (NSE) dans les cancers bronchiques à petites cellules et les neuroblastomes.
Une immunoglobuline monoclonale dans le myélome (en sachant que ce marqueur peut être augmenté en cas de gammapathie monoclonale isolée).
Les catécholamines et leurs métabolites dans le phéochromocytome.
Pour les marqueurs qui peuvent être augmentés lors d'une pathologie bénigne, la différence habituelle est que, d'une part, le marqueur est à un faible taux et que, d'autre part, il n'augmente pas régulièrement contrairement à ce qu'on observe avec la pathologie maligne correspondante.
1.8 Les résultats
Les critères de jugement sont :
- La survie qui est représentée par la survie globale, elle-même mesurée par méthode directe, la méthode actuarielle ou la méthode de Kaplan-Meyer (ces 2 dernières méthodes permettent de calculer la survie sans que tous les malades aient atteint les délais étudiés). D'autres survies peuvent être étudiées telles que la survies sans rechute (ou survies un 1ère rémission) que a l'avantage de faire apparaître plus rapidement des différences entre les traitements mais dont les résultats ne sont pas nécessairement confirmés ultérieurement par la survie globale. La survie sans maladie évolutive correspond à la survie en état de guérison apparente.
- Les « causes » de décès lesquels sont soit avec évolution loco régionale, soit avec métastases, soit avec les deux, soit en rapport avec une « autre cause » (sans rapport avec le cancer traité), ou avec une cause inconnue.
- La qualité de la survie qui est beaucoup moins souvent analysée car plus difficile à étudier (séquelles diverses). Elle est cependant de plus en plus souvent prise en compte.
- Les rechutes locales, régionales et métastatiques dont on précise les dates de survenue, le siège, le type, le traitement, les résultats.
Ces études sont souvent gênées par les malades dits « perdus de vue ». Ce sont ceux qui n'ont pas été revus par les médecins. Pour la survie, ces « perdus de vue » ne posent problème que lorsqu'ils sont nés à l'étranger (les réponses aux lettres aux mairies de naissances sont alors très aléatoires). Pour les études prospectives et surtout pour les essais thérapeutiques, les malades qui risquent particulièrement d'être « perdus de vue » sont en général exclus car les informations sur la survie risquent d'être insuffisantes.
1.9 Les essais randomisés
Lorsqu'il n'y a pas de supériorité connue évidente entre 2 attitudes thérapeutiques différentes, on entreprend volontiers un essai randomisé pour savoir laquelle est la meilleure des deux. Ces essais sont légalement encadrés (Loi Huriet) pour protéger le malade. On vérifie la validité de l'étude, on informe correctement le malade et on couvre les risques de l'étude par une assurance particulière. Le malade est libre de participer ou non. En cancérologie beaucoup de progrès thérapeutiques sont modestes de telle sorte qu'ils ne peuvent être reconnus que par la méthode des essais randomisés. Même ainsi les différences sont parfois si modestes que, pour la même comparaison, certains essais donnent une différence et d'autres non, de sorte que ce sont souvent des méta analyses, qui reprennent les résultats individuels des différents essais pour les étudier ensemble, qui permettent de conclure.
1.1 - Fréquence du cancer
1.2 - Diagnostic
1.3 - Le TNM
1.4 - Les principes de traitements
1.5 - Le pronostic
1.6 - La surveillance
1.7 - Les marqueurs
1.8 - Les résultats
1.9 - Les essais randomisés