Cancérologie 7

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Partie II - Localisations
Chapitre 8 - Cancer du testicule

 

 

Sections

8.1 - Anatomopathologie
8.2 - Epidémiologie
8.3 - Diagnostic
8.4 - Bilan pré-thérapeutique
8.5 - Voies de dissémination métastatique
8.6 - Classification par stades
8.7 - Classification pronostique
8.8 - Traitement
8.9 - Surveillance
8.10 - Séquelles du traitement
8.11 - A retenir

 

 

8.2 Epidémiologie

  • 1 à 2 % des cancers de l'homme
  • 75 % sont diagnostiqués entre 20 et 40 ans
  • Les facteurs étiologiques restent peu connus :
    • La cryptorchidie est le principal facteur de risque (risque relatif vers 5). L'influence de l'orchidopxie et de sa date optimale de réalisation restent controversées.
    • Les formes familiales sont rares
    • Les formes bilatérales restent exceptionnelles (2 %). Il existe cependant un risque relatif de cancer métachrone de 28 % par rapport à une population du même âge sans antécédent.

8.3 Diagnostic

  • Circonstances de découverte :
    • Consultation pour augmentation du volume testiculaire
    • Examen clinique systématique
    • Devant une maladie déjà métastatique :
      • Lâcher de ballons sur une radiographie de thorax
      • Douleurs abdominales liées aux adénopathies rétropéritonéales
      • Adénopathie sus-claviculaire.
    • Gynécomastie
  • Examen clinique :
    • induration localisée (pas de signe d'uréthrite), non douloureuse, ou
    • dans les formes avancées, une grosse bourse déformée ne permettant pas de retrouver les repères anatomiques habituels
    • l'échographie permet de confirmer rapidement le diagnostic clinique

Toute lésion non douloureuse du testicule doit être considérée comme un cancer et doit nécessité une exploration chirurgicale.

  •  

  • Diagnostic différentiel :
    • hydrocèle, épididymite : intérêt de l'échographie
    • torsion du cordon : douleur +++
    • exceptionnellement, la tuberculose épididymo-testiculaire.

En pratique il existe deux groupes :

  • Les tumeurs séminomateuses : 40 %
  • Les tumeurs germinales non séminomateuses : 60 %

Le séminome pur :

  • âge habituellement plus tardif
  • l'immunohistochimie est négative avec les anticorps marquant l'-FP et la ß-HCG.

Les tumeurs non séminomateuses (= TGNS) :

  • les carcinomes embryonnaires : constitués de cellules épithéliales représentent des embauches embryonnaires, associés à de nombreuses atypies cytonucléaires ; c'est une forme histologique de mauvais pronostic
  • le choriocarcinome : il existe deux composantes (synciciotrophophoblaste et cytotrophoblaste), associées à des remaniements nécrotiques et hémorragiques
  • le tératome : tumeur souvent kystique on distingue :
    • le tératome immature
    • le tératome mature, tumeur « bénigne » n'ayant qu'un risque d'évolution loco régionale (compression des structures avoisinantes).

Plusieurs types histologiques peuvent s'associer.

L'étude immunohistochimique (anticorps anti FP et ß-HCG) doit obligatoirement être réalisée.

En cas d'association avec un séminome, c'est la lignée non séminomateuse qui fait le pronostic et guide la thérapeutique +++.

8.4 Bilan pré-thérapeutique

Avant tout geste chirurgical

Dosage des marqueurs :

·         -FP, souvent associées au carcinome embryonnaire mais non spécifique (élévation en cas d'hépatite, cirrhose, hépatocarcinome…)

·         ß-HCG, souvent associée au choriocarcinome

·         LDH+++, liée à la masse tumorale mais non spécifique, c'est un facteur pronostique très important (voir tableau de classification)


Bilan pré-opératoire usuel,
Radiographie du thorax
Auto-conservation de sperme (si réalisable rapidement). La spermatogenèse est très altérée chez ces patients (jusqu'à 10 % d'azoospermie)

Après orchidectomie

Dosage des trois marqueurs, hebdomadaire +++
Imagerie :
TDM thoracique et abdominale
TDM cérébrale en cas d'anomalie à l'examen clinique

Avant chimiothérapie

Bilan biologique, notamment pour évaluer la fonction rénale
EFR en cas d'administration de Bléomycine
Auto-conservation de sperme si non réalisée avant l'orchidectomie

 

8.1 - Anatomopathologie
8.2 - Epidémiologie
8.3 - Diagnostic
8.4 - Bilan pré-thérapeutique
8.5 - Voies de dissémination métastatique
8.6 - Classification par stades
8.7 - Classification pronostique
8.8 - Traitement
8.9 - Surveillance
8.10 - Séquelles du traitement
8.11 - A retenir

 

Partie II - Localisations
Chapitre 8 - Cancer du testicule

 

Sections

Sous-sections

8.1 - Anatomopathologie
8.2 - Epidémiologie
8.3 - Diagnostic
8.4 - Bilan pré-thérapeutique
8.5 - Voies de dissémination métastatique
8.6 - Classification par stades
8.7 - Classification pronostique
8.8 - Traitement
8.9 - Surveillance
8.10 - Séquelles du traitement
8.11 - A retenir

 

8.8.1 - Séminomes purs
8.8.2 - Tumeurs non séminomateuses

 

 

8.5 Voies de dissémination métastatique

Par voie lymphatique et hématogène :

  • Lymphatique : le premier relais atteint en fréquence est latéro-aortique, au niveau des veines rénales +++ puis iliaque primitif et iliaque externe. Elle peut également être à l'origine de métastases médiastinales et sus-claviculaires (à gauche par l'intermédiaire du canal thoracique)
  • Hématogène : par la veine spermatique puis la veine cave inférieure, elle est responsable essentiellement des localisations pulmonaires +++ (plus rarement cérébrales, hépatiques, voire osseuses).

8.6 Classification par stades

Stade I

Tumeur localisée au testicule (imagerie et marqueurs normaux ou normalisés)

Stade II
 

          2a

 

 

 

 

          2b

 

 

 

 

          2c

 

 

 

Métastase ganglionnaire lombo-aortique exclusive

Adénopathie de moins de 2 cm
Adénopathie comprise entre 2 et 5 cm
Adénopathie de plus de 5 cm

Stade III

Extension supra-diaphragmatique et viscérale


8.7 Classification pronostique

La classification internationale est la seule actuellement retenue.

Elle est basée sur :

La concentration initiale des marqueurs

La présence de métastases viscérales extra-pulmonaires

Le site initial tumoral (médiastinal ou non).

Pronostic favorable
Tumeur non séminomateuse
Tumeur testiculaire ou rétropéritonéale et
Absence de métastases viscérales non pulmonaires et
-FP < 1000ng/ml, -HCG < 5000 UI/l, LDH < 1.5 N
 
Séminome
Tous sites initiaux et
Pas de métastases viscérales non pulmonaires et
Marqueurs normaux.

Pronostic intermédiaire
Tumeur non séminomateuse
Tumeur testiculaire ou rétropéritonéale et
Absence de métastases viscérales non pulmonaires
Et
-FP 1000 < 100 000 ng/ml,
Ou ß-HCG
5000 < 50 000 UI/l,
ou LDH
1.5 < 10 N
 
Séminome
Tous sites initiaux et
Pas de métastases viscérales non pulmonaires et
Marqueurs normaux

Pronostic défavorable
Tumeur non séminomateuse
Tumeur médiastinale ou
Métastases viscérales autres que pulmonaires
et
-FP > 100 000 ng/ml,
ou ß-HCG > 50 000 UI/l,
ou LDH > 10 N
 
Séminome
Pas de patient dans cette catégorie


8.8 Traitement

  • Orchidectomie : c'est le premier temps thérapeutique.
    Orchidectomie élargie par voie inguinale après clampage premier du cordon (voie transcrotale interdite)
8.8.1 Séminomes purs
  • Stade I : irradiation exclusive des aires lombo-aortiques et iliaques primitives homolatérales de 20 à 25 Gy.
  • Stade II de faible volume (stade IIa) : irradiation du même volume que précédemment, à la dose de 35 Gy
  • Autres stades : Chimiothérapie, 4 cures de protocole EP

Les masses résiduelles après chimiothérapie sont opérées si > 3 cm (alternative : surveillance radiologique étroite suivie d'une chirurgie différée si lésions persistantes > 3 cm).

8.8.2 Tumeurs non séminomateuses

Stade I

Tumeurs limitées aux testicules avec normalisation des marqueurs dans un délai d'environ un mois.
Trois attitudes peuvent être proposées :

·         curage ganglionnaire lombo-aortique (risque de 10 % d'éjaculation rétrograde, peu utilisé en Europe)

·         2 cures de chimiothérapie (protocole BEP)

·         surveillance : marqueurs et radiographie de thorax tous les mois, TDM abdominale tous les 2 mois pendant un an.


La décision est prise selon :

·         l'observance du patient

·         le taux de carcinome embryonnaire et l'existence d'embols vasculaires sur la pièce d'orchidectomie +++

Stades II et III

Chimiothérapie après orchidectomie.
La classification pronostique permet de définir le nombre de cures :

·         pronostic favorable ou intermédiaire : 3 cures de BEP (ou 4 EP)

·         pronostic défavorable : 4 cures de BEP

 

Protocole

Dose

Jour

BEP

Bléomycine

30 mg/m2

J2, J9, J16

Etoposide

100 mg/m2

J1 à J5

Cisplatine

20 mg/m2

J1 à J5

EP

Etoposide

100 mg/m2

J1 à J5

Cisplatine

20 mg/m2

J1 à J5


S'assurer de la normalisation des marqueurs sous chimiothérapie

Masses résiduelles : l'exérèse chirurgicale est obligatoire +++ :

  • en cas de nécrose et de persistance de tératome mature : fin de traitement et début de la surveillance
  • en cas de lésions cancéreuses persistantes : poursuite de la chimiothérapie.

 

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8.6 - Classification par stades
8.7 - Classification pronostique
8.8 - Traitement
8.9 - Surveillance
8.10 - Séquelles du traitement
8.11 - A retenir

8.8.1 - Séminomes purs
8.8.2 - Tumeurs non séminomateuses

 

Partie II - Localisations
Chapitre 8 - Cancer du testicule

 

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8.3 - Diagnostic
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8.5 - Voies de dissémination métastatique
8.6 - Classification par stades
8.7 - Classification pronostique
8.8 - Traitement
8.9 - Surveillance
8.10 - Séquelles du traitement
8.11 - A retenir

 

 

8.9 Surveillance

Elle comprend l'examen clinique, le dosage des marqueurs, des radio de thorax et un TDM abdomino-pelvien.

Tous les 3 mois pendant 2 ans puis tous les 6 mois jusqu'à 5 ans puis tous les ans.

8.10 Séquelles du traitement

Elles ont nettement diminué grâce aux meilleures indications de la chimiothérapie, la réduction du nombre de cures, l'amélioration des techniques de radiothérapie (et la diminution des doses).

  • Complications précoces :
    • elles sont essentiellement liées à la chimiothérapie : nausées, vomissements, réactions hématologique, néphrotoxicité du cisplatine.
  • Complications tardives :
    • atteinte pulmonaire liée à la bléomycine (atteinte interstitielle, surveillance de la DLCO+++)
    • neuropathie périphérique liée au cisplatine
    • seconds cancers : essentiellement gastrique et lié à l'irradiation
    • leucémies induites par le VP16
    • troubles de la fertilité induits par la chimiothérapie
    • éjaculation rétrograde liée au curage lombo-aortique
    • retentissement psychologique des traitements chez les sujets jeunes.

8.11 A retenir

  • Cancer de pronostic très favorable
  • Séminomes/ tumeurs germinales non séminomateuses
  • 3 marqueurs pour les TGNS +++
  • Radiothérapie pour les séminomes : doses et volumes à connaître
  • Alternatives thérapeutiques des TGNS de stade I
  • Protocole BEP des stades II et III (TGNS)
  • Chirurgie des masses résiduelles (TGNS
  • Complications tardives des traitements.


 

8.1 - Anatomopathologie
8.2 - Epidémiologie
8.3 - Diagnostic
8.4 - Bilan pré-thérapeutique
8.5 - Voies de dissémination métastatique
8.6 - Classification par stades
8.7 - Classification pronostique
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8.10 - Séquelles du traitement
8.11 - A retenir

 

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