Traumatismes sportifs
Traumatismes sportifs
Les gestes d'urgence face aux traumatismes sportifs
Le sport, c'est bon pour la santé ! Mais parfois, du sportif du dimanche au professionnel, quelques traumatismes peuvent apparaître. Du petit bobo à la grosse fracture, le point sur les gestes d'urgence à effectuer face à ces accidents.
SOMMAIRE
1. Dents cassées : les bons réflexes :
Un traumatisme dentaire, que la dent soit ou non cassée, est toujours une urgence. Plus la prise en charge est rapide, plus les chances de récupérer la dent en bon état de fonctionnement sont grandes.
2. Gestes d'urgence face à une entorse et une luxation
Difficiles à distinguer des fractures, les entorses et les luxations sont souvent consécutives à un accident sportif. Comme en cas de fractures, l'immobilisation la plus précoce possible permet d'éviter toute aggravation
3. Gestes d'urgence face à des accidents sportifs
Le sport, c'est bon pour la santé ! Mais parfois, du sportif du dimanche au professionnel, quelques traumatismes peuvent apparaître. Du petit bobo à la grosse fracture, le point sur les gestes d'urgences à effectuer face à des accidents sportifs.
Complément : les crampes
4. Gestes d'urgence face à une fracture de membres
Les fractures des os ou des articulations surviennent, dans la majeure partie des cas, à la suite d'une chute ou d'un traumatisme direct. Souvent, seules les circonstances permettent de diagnostiquer une fracture.
5. Gestes d'urgence face à un traumatisme crânien
Tout coup sur la tête représente un traumatisme crânien. Néanmoins, on désigne par ce terme les traumatismes suffisamment importants pour provoquer des symptômes neurologiques.
1. Dents cassées : les bons réflexes
Un traumatisme dentaire, que la dent soit ou non cassée, est toujours une urgence. Effectivement plus la prise en charge est rapide, plus les chances de récupérer la dent en bon état de fonctionnement sont grandes. Dans la pratique, quand la dent a été expulsée sous l’effet du choc, elle doit être réimplantée dans les 20 minutes. L’enfant peut la garder dans sa bouche, au contact de sa salive, en attendant l’intervention du dentiste.
Il doit bien sûr faire attention à ne pas l’avaler. A cet effet, on peut l’envelopper dans une gaze par exemple. Autre milieu favorable au transport de la dent, le lait ou le sérum physiologique, qui permet de gagner quelques minutes supplémentaires.
Réagir rapidement
Si la dent est cassée et que seul un fragment peut être recollé, il convient, là encore, de conserver le morceau "en bouche". Les circonstances sont alors idéales et la réparation quasi-immédiate, surtout si la fracture intéresse la pulpe. Il existe maintenant des colles et des composites permettant de recoller le fragment ou de reconstituer la dent si le morceau a été perdu.
Des radiographies sont de toute façon nécessaires pour s’assurer de l’intégrité des dents voisines. On peut ainsi éliminer l’éventualité d’une fracture de la racine même si les dents ne sont apparemment pas cassées. Il n’est pas question d’attendre la fin de la journée pour s’en occuper si l’accident s’est produit dans la matinée : aucun dentiste ne vous en voudra de bouleverser son programme pour ce motif.
Les bons réflexes
Lorsque la dent a été expulsée, elle est remise en place après désinfection puis une contention (c’est-à-dire une immobilisation) est réalisée avec un petit fil maintenu par des composites, opération proche de la contention d’une articulation. Si les dents doivent nécroser, mourir, elles le font en général dans le semestre suivant le choc. Cela justifie des visites de surveillance à intervalle régulier, jusqu’à deux à trois ans après le traumatisme. Un changement de couleur n’est pas un bon signe.
Enfin un traumatisme dentaire n’est jamais banal, qu’il affecte les dents de lait ou les dents permanentes. Le germe de dent définitive peut souffrir de l’expulsion ou de l’intrusion d’une dent de lait. Si, par ailleurs, rien n’a été fait sur cette dent de lait et si un abcès survient, le germe devient également vulnérable.
Le traumatisme dentaire est un problème de santé publique ; il concerne un grand nombre d’enfants et la prévention des complications est possible… à condition d’être informé. En témoignent ces quelques chiffres : 20 à 30 % des enfants de 12 ans présentent un traumatisme des dents permanentes et un tiers des enfants d’âge préscolaire ont déjà subi un traumatisme des dents temporaires, ou dents de lait, souvent lié à l’apprentissage de la marche, aux accidents domestiques ou aux jeux de cour de récréation…
Les dents les plus souvent cassées sont les incisives et les canines de la mâchoire supérieure.
Indépendance Santé
Les accidents
Des chocs directs ou des chocs des dents entre elles, peuvent provoquer des lésions internes de la dent, des fractures, voire des expulsions. Ce sont surtout les dens antérieures et les lèvres qui seront atteintes lors des chutes, des coups, des contacts brutaux.
Les accidents sont fréquents chez l'enfant. Dans tous les cas il faut consulter rapidement son chirurgien dentiste. En cas de perte de tout ou partie de la dent, il faut conserver la dent ou le morceau de dent dans la salive, du sérum ou du lait.
Risques du sportif
Lors de la pratique de certains sports à risques, il faut porter une protection dento-maxillaire "personnalisée". Ce protège dents efficace est fabriqué au cabinet dentaire grâce à des empreintes précises.
Son rôle est multiple :
- Protéger les dents antérieures ;
- Prévenir les dommages des dents postérieures qui entrent en contact brutalement lors d'un coup sur le menton ;
- Protéger les tissus mous : lèvres, langue, joues ;
- Prévenir les dommages cérébraux et cervicaux.
Cette protection dento-maxillaire personnalisée devra être adaptée à la pratique sportive. Elle tient facilement en bouche et permet une respiration buccale facile. Elle sera réalisée en tenant compte de la spécificité des arcades dentaires de chaque sportif.
Source : Union Française de Santé Bucco-dentaire
Contact : Comité national de l’enfance (à Paris au 01 42 51 01 01).
2. Les entorses et les luxations
Difficiles à distinguer des fractures, les entorses et les luxations sont souvent consécutives à un accident sportif. Comme en cas de fractures, l’immobilisation la plus précoce possible permet d'éviter toute aggravation.
Comment réagir face à une atteinte des articulations ? Dans tous les cas, il convient d'immobiliser les membres traumatisés et de connaître pour cela les bons gestes permettant d'éviter de plus graves séquelles.
Luxation
Lors d'une luxation, l'articulation est déboîtée et les surfaces articulaires ne sont plus en contact. La luxation la plus fréquente est celle de l'épaule. Le diagnostic est alors souvent évident : la victime se présente avec une épaule déformée et les mouvements sont impossibles, particulier tout mouvement du coude en direction du corps.
Avant d’envisager tout transport du blessé, il faut immobiliser l’épaule à l’aide d’une écharpe oblique, c’est-à-dire une écharpe croisée nouée sur l’autre épaule.
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Cette technique permet de réduire la douleur.
A l'issue de cette immobilisation, appeler des secours ou conduire la victime à l'hôpital en cas d'isolement.
C’est la seule manière rationnelle de procéder. Ne jamais tenter de réduire (de remettre en place) la luxation ! Seul un médecin peut l’envisager.
Entorse
L'entorse la plus fréquente est celle de cheville. Les signes sont la douleur, le gonflement et la présence d’un hématome. L’intensité de chacun de ces phénomènes varie selon les entorses.
Là encore, il est indispensable d'immobiliser le membre traumatisé afin d'éviter toute aggravation.
L’application de froid (sous forme de vessie remplie de glace, de "bombe de froid"…) doit être effectuée à chaque fois que cela est possible. Elle permet en effet une diminution de la douleur et une modération du gonflement.
Un examen médical de la cheville s’impose. Dans certains cas, prévoir éventuellement des radiographies, cela limite souvent le risque de complication.
Seul un professionnel doit immobiliser la cheville car un simple bandage expose à la récidive, voire à une fracture, notamment en cas de maintien de l’activité.
Dr Pascal Cassan
Avertissement : La seule façon de bien effectuer ce type de gestes est d'avoir bénéficié auparavant d'une formation de secouriste diplômé.
3. Les accidents sportifs
Le sport, c'est bon pour la santé ! Mais parfois, du sportif du dimanche au professionnel, quelques traumatismes peuvent apparaître. Du petit bobo à la grosse fracture, le point sur les gestes d'urgences à effectuer face à des accidents sportifs.
En dehors du squelette, les accidents sportifs touchent essentiellement les parties molles (muscles, ligaments, etc.). Ainsi, les muscles peuvent être déchirés de manière plus ou moins complète. Les conséquences sont alors très voisines des accidents du squelette.
Les contusions musculaires
Ces lésions musculaires sont consécutives à un traumatisme direct et sans plaie. Une douleur vive, des mouvements "limités", l’apparition d’un hématome : ces signes doivent vous alerter.
La conduite à tenir est simple : appliquer du froid (aérosols de "froid", torchons ou vessie de caoutchouc remplis de glace.) et rester au repos.
Les élongations musculaires
Cette lésion musculaire, consécutive à l'allongement d'un muscle au-delà de ses possibilités d'extension, se traduit essentiellement par une douleur localisée.
Cesser alors l’activité sportive et appliquer du froid.
La rupture musculaire ou claquage
Cette distension excessive d'un muscle survient brutalement lors d'un effort musculaire. En cas de mauvaise préparation à l’effort musculaire, la probabilité que cet accident survienne à froid est plus grande.
La douleur est fulgurante et l'impotence impose l'arrêt de l'activité. Consulter alors un médecin spécialisé du sport, rester impérativement au repos et appliquer du froid.
Les courbatures
Les courbatures sont une réaction normale à l'effort musculaire. Elles entraînent spontanément une baisse notable de l'activité physique.
On préconise alors un réchauffement, par bain chaud par exemple.
![]() | Si le froid est autant utilisé en cas d’accidents sportifs, c’est pour son action contre la douleur et ses effets sur la constitution des hématomes. |
![]() | Le froid peut revêtir plusieurs formes : il existe des "bombes de froid", des vessie de caoutchouc qu’on remplit de glace, des sachets de froid à accumulation… |
La meilleure prévention réside dans l'entraînement et l'exercice musculaire régulier. Surmenage musculaire et mauvaise préparation physique sont, rappelons-le, les principales causes d'accidents sportifs d'origine non traumatique.
Dr Pascal Cassan
Avertissement : la seule façon de bien effectuer ce type de gestes est d'avoir bénéficié auparavant d'une formation de secouriste diplômé.
Complément : Les crampes
Qu'est-ce que c'est ?
La crampe musculaire est une contraction soudaine, intense, involontaire et passagère d’une partie ou de la totalité d’un muscle. Sa durée est variable, généralement brève.
Causes et facteurs de risque
Les crampes peuvent survenir de façon inopinée ou être déclenchée par une contraction musculaire à l’occasion d’un effort comportant un raccourcissement musculaire.
La survenue de crampes musculaires est en général un phénomène bénin, survenant au repos (notamment la nuit, touchant fréquemment les muscles de la jambe) ou à l’effort.
De nombreux facteurs sont connus pour favoriser la survenue de crampes musculaires :
- La grossesse, la pilule ;
- Les états de déshydratation (coups de chaleur, sueurs profuses, vomissements, diarrhée) ;
- La dialyse de l’insuffisance rénale chronique ;
- L’abus d’excitants (café, thé), les toxicomanies ;
- Le froid.
Enfin, lorsque les crampes sont fréquentes, invalidantes, de localisation inhabituelle ou de durée prolongée, elles peuvent être un symptôme d’une maladie sous-jacente :
les maladies neurologiques touchant les nerfs périphériques (tétanie, sclérose latérale amyotrophique, sclérose en plaque, poliomyélite, maladie de Parkinson, atteinte nerveuse suite à la prise de certains médicaments, d’alcool ou à l’exposition à certains toxiques).
- Certaines maladies hormonales telles que le myxoedème, la maladie d’Addison, le diabète.
certains troubles sanguins comme des anomalies du potassium, du magnésium , du calcium ou du phosphore). Ces troubles métaboliques peuvent survenir isolément ou être le plus souvent eux-mêmes révélateurs d’une maladie sous-jacente.
- Certaines maladies cardiovasculaires : cardiopathie, varices des membres inférieurs, artérites, maladie de Raynaud ;
- Les causes infectieuses : maladies virales (grippe), tétanos...
- Les causes orthopédiques : crampes sous plâtre, crampes survenant lors de la rééducation, déchirures musculaires, fractures, luxations, rhumatismes.
Les signes de la maladie
Lorsque la crampe survient, elle est généralement visible et palpable et cesse en général lors de l’élongation du muscle.
La consultation
Il est surtout utile pour retrouver des éléments en faveur d’une maladie sous-jacente responsable des crampes musculaires.
Examens et analyses complémentaires
Dans la majorité des cas, ils sont inutiles.
En revanche, des explorations biologiques ou radiologiques peuvent être utiles si le médecin soupçonne l’existence d’une maladie sous-jacente responsable des crampes musculaires.
Evolution de la maladie
Elles est bénigne dans la plupart des cas ou dépend de la maladie sous-jacente.
Ne pas confondre avec
Le diagnostic est évident dès la description par le patient des signes ressentis et ne permet pas d’envisager d’autres diagnostics.
Traitement
Dans la plupart des cas, aucun traitement n’est justifié : lorsque la crampe survient, il faut conseiller au patient d’étirer le muscle douloureux (par exemple, en cas de crampe du mollet, conseiller de tirer progressivement les orteils et le pied vers soi).
Lorsque les crampes deviennent invalidantes, certaines médicaments peuvent être efficaces (myorelaxants).
Enfin, lorsqu’une cause est retrouvée, le traitement est celui de la cause.
Dr Lyonel Rossant et Jacqueline Rossant-Lumbroso
4. Les fractures de membres
Les fractures des os ou des articulations surviennent, dans la majeure partie des cas, à la suite d'une chute ou d'un traumatisme direct. Souvent, seules les circonstances permettent de diagnostiquer une fracture.
Il est toujours difficile de mesurer l'importance du traumatisme ; une fois les secours prévenus, le seul geste à effectuer est l’immobilisation du membre fracturé.
Les fractures du membre supérieur
Le membre fracturé peut être déformé, gonflé ou présenter un hématome.Le plus souvent, la victime soutient elle-même spontanément son bras, après le choc, afin de réduire la douleur. L'immobilisation du membre est de rigueur car elle évite l’aggravation de la fracture. Elle consiste à poser une écharpe simple ou à retourner un pull-over ou une chemise.
Le membre traumatisé sera ainsi maintenu. Dans tous les cas, il est indispensable de consulter un médecin.
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Les fractures du membre inférieur
La victime est allongée, le membre inférieur fracturé est douloureux, déformé et présente éventuellement un gonflement. Là encore, le membre doit être calé afin de réduire le risque de déplacement. Appeler immédiatement les secours afin d'envisager un transport vers l'hôpital où seront pratiqués les examens complémentaires.
Toute fracture de la cuisse est grave et nécessite l'appel immédiat du SAMU. La fracture du fémur (os de la cuisse) peut en effet provoquer une hémorragie et une détresse circulatoire grave.
Les fractures ouvertes
On parle de factures ouvertes s’il existe une plaie en regard de la fracture, l'os étant alors parfois visible.
Vous devez immédiatement alerter les secours. Mettre des compresses stériles ou un linge propre sur la plaie et éviter tout mouvement du membre dans l'attente des secours.
Quelques conseils
Il ne faut jamais mobiliser une fracture. Ne jamais chercher à la réduire ou à redresser un membre déformé.
Il ne faut pas donner à boire ni à manger à la victime car, dans les heures qui suivent, elle risque d’être prise en charge par les chirurgiens et opérée.
Dr Pascal Cassan
Avertissement : la seule façon de bien effectuer ce type de gestes est d'avoir bénéficié auparavant d'une formation de secouriste diplômé.
5. Les traumatismes crâniens
Tout coup sur la tête représente un traumatisme crânien. Néanmoins on désigne par ce terme les traumatismes suffisamment importants pour provoquer des symptômes neurologiques.
Le risque de tout traumatisme crânien est d'être ignoré et de se compliquer de signes pouvant induire des complications majeures, en particulier sur le plan cérébral et neurologique.
Il s’agit d’un accident très fréquent chez l’enfant, mais peut survenir aussi chez l’adulte après une chute, un accident de la circulation ou un accident du sport.
Comment réagir ?
Une déformation, un hématome à l’endroit du choc peuvent être un signe évident de traumatisme crânien.
Néanmoins il faut rechercher systématiquement les signes associés qui peuvent survenir parallèlement au traumatisme crânien :
- Saignement de nez, saignement d’oreille ;
- Nausées et vomissements ;
- Maux de tête ;
- Troubles de l’équilibre ;
- Perte de connaissance même brève qui peut survenir au moment de l’accident ou bien à distance. Il faut alors noter l’heure de l’accident ainsi que les heures de conscience et d’inconscience de la victime, afin de les communiquer à l’équipe médicalisée.
Dans tous les cas, il est indispensable d’immobiliser la victime, et d’éviter toute flexion ou rotation de la tête. Maintenez la tête de la victime en plaçant vos mains à plat de chaque côté de sa tête. Ce maintien permettra d'éviter tout mouvement de la colonne et de maintenir l’axe tête-cou-tronc strictement droit.
L’alerte des secours médicalisés devra être effectuée le plus rapidement possible.
Devant tout trouble de la conscience, la victime sera mise en position latérale de sécurité.
Pour éviter le traumatisme...
A la suite de tout traumatisme crânien, il est indispensable de surveiller la victime dans les jours qui suivent. En effet, les signes d’accompagnement peuvent survenir plusieurs heures, voire plusieurs jours après le traumatisme initial : ce temps écoulé sans signes inquiétants s’apelle l’intervalle libre.
Il faut noter aussi que beaucoup de traumatismes crâniens chez l’enfant peuvent être souvent évités par le port de casque (lorsqu’ils font du vélo par exemple) et bien sûr par une surveillance rapprochée lors d’activités dangereuses.
Dr Pascal Cassan










