Toxiques de guerre

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LES TOXIQUES DE GUERRE

 

 

Les menaces d’utilisation des armes chimiques dans le cadre des conflits armés ou d’actes terroristes surviennent de plus en plus fréquemment dans diverses régions du monde.

 

Historique :

 

C’est le 22 avril 1915, à Ypres en Belgique, que les Allemands utilisèrent pour la 1ère fois le chlore comme gaz de combat. De 1915 à 1918, environ 18 différents gaz asphyxiants et vésicants furent utilisés.

 

Entre les deux guerres mondiales, plusieurs utilisations de gaz furent évoquées. Le phosgène et le gaz moutarde auraient été utilisés en 1935-36 en Ethiopie par les Italiens. C’est en cherchant à développer un insecticide plus puissant que les Allemands firent la synthèse du sarin et de tabun vers 1937.

 

Les utilisations les plus récentes de ces gaz sont celle du gaz moutarde et du tabun par l’Irak pendant la guerre contre l’Iran, puis des agents vésicants contre les Kurdes de 1984 à 1988.

 

En 1995, la secte Aum Shinrikyo a fait exploser 5 bombes contenant du sarin dans le métro de Tokyo faisant 11 morts et 5000 blessés.

 

Définition :

 

La Convention des Nations Unies sur les armes chimiques propose cette définition :

 

« Toute substance chimique  qui, à cause de ses effets sur les organismes vivants, peut entraîner la mort, une perte temporaire de performance, ou une lésion permanent aux humains ou aux animaux.

 

Produits susceptibles d’être utilisés :

 

Les agents incapacitants :

 

Ces produits ont pour but de neutraliser temporairement les troupes non protégées. Ils ont une action rapide mais fugace.

 

On distingue :          -  les incapacitants physiques (lacrymogènes, sternutatoires) dont les effets sont surtout respiratoires (toux, gêne respiratoire, irritation oculaire…).

                                  

                                 - les incapacitants psychiques qui ont pour but de modifier le comportement des individus pendant une durée plus ou moins longue. Parmi ces produits, il faut distinguer ceux qui agissent par dépression du système nerveux central (provoque des troubles de l’attention) de ceux qui provoquent une stimulation du système nerveux central (troubles visuels, fatigabilité extrême, troubles de l’humeur).

 

Les toxiques létaux :

 

Ces produits ont un rôle bien défini : tuer ou blesser.

 

On distingue :

 

- les vésicants :

 

Produits toxiques agissant soit par contact de goutelettes liquides provoquant des lésions, soit par inhalation de vapeurs. La pénétration dans l’organisme se fait donc à la fois par voie percutanée et par voie pulmonaire.

 

On retrouve :           

 

- les ypérites (ypérite à l’azote et ypérite au soufre ou HD), ou gaz moutarde.

                                  

- de la léwisite, dérivé arsenical beaucoup plus volatil que les ypérites.

 

- de loxime de phosgène (ou CX).

 

 

- les suffocants :

 

Les suffocants sont le plus souvent des composés chlorés. Ces gaz provoquent une inflammation immédiate des voies respiratoires. Les poumons sont noyés par les liquides sécrétés (œdème) et la mort survient dans les 24 heures (composés chlorés volatils).

 

On distingue : les asphyxiants primaires (chlore), les asphyxiants secondaires (phosgène) et les anoxiants (dérivés du cyanure).

    

 

- les toxiques généraux :

      

Ils comprennent des produits de nature très différente :

 

- les agents cyanés (ou cyanogènes),

- l’hydrogène arsénié (SA),

- les neurotoxiques organophosphorés (sarin, tabun, soman).

 

Ils ont des actions hémo-toxiques, cyto-toxiques et neurotoxiques.

 

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