IFSI - Neurologie - 1

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NEUROLOGIE

 

 

 

Liste des abréviations

 

1. LA DEMARCHE INFIRMIERE FACE AUX PERSONNES ATTEINTES D’AFFECTIONS DU SYSTEME NERVEUX

Accueil et prise en charge de la patiente et de sa famille

Soins infirmiers spécifiques

Plan de soins infirmiers

Diagnostics infirmiers prévalents

Les transmissions infirmières

Soins infirmiers individualisés à la personne soignée (SIIPS)

Sécurité sanitaire

Sorite du patient

 

2. RAPPELS ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES

Introduction

Encéphale

Moelle épinière

Liquide céphalo-rachidien (LCR)

Système nerveux périphérique

Système nerveux autonome ou végétatif

 

3. SEMIOLOGIE

Examen neurologique

Céphalées

Troubles de l’équilibre. Vertiges. Vomissements en neurologie.

Déficit moteur central et périphérique

Troubles de la sensibilité d’origine centrale et périphérique

Pertes de connaissance

Comas

Aphasie, apraxie et agnosie

Douleurs

 

4. PATHOLOGIES NEUROLOGIQUES

Accidents vasculaires cérébraux

Epilepsie

Sclérose en plaques (SEP)

Maladie de Parkinson

Tumeurs cérébrales

Traumatismes crâniens

Traumatismes médullaires

Neuropathies périphériques

Prise en charge du malade grabataire

 

5. EXAMENS COMPLEMENTAIRES

Ponction lombaire (PL)

Biopsie neuro-musculaire (BNM)

Explorations électrophysiologiques du système nerveux – Introduction

Electromyographie (EMG)

Electro-encéphalographie (EEG)

Potentiels évoqués

Exploration du sommeil

Imagerie neuroradiologique

Imagerie fonctionnelle cérébrale : tomographie par émission de positons (TEP) et par émission monophotonique (TEMP)

Explorations fonctionnelles et pathologies psychiatriques

 

Références bibliographiques

 

 

 

 

LISTE DES ABREVIATIONS

 

ACA Artère cérébrale antérieure

ACI Artère carotide interne

ACM Artère cérébrale moyenne ou sylvienne

ACP Artère cérébrale postérieure

AIT Accident ischémique transitoire

AVC Accident vasculaire cérébral

BNM Biopsie neuromusculaire

CV Champ visuel

DSC Débit sanguin cérébral

ECG Electrocardiogramme

EMG Electromyogramme

AOG Electro-oculogramme

ETO Echographie cardiaque tyransoesophagienne

ETT Echographie cardiaque transthoracique

HAD Hospitalisation à domicile

HC Hématome cérébral

HED Hématome extra-dural

HIC Hypertension intracrânienne

HLH Hémianopsie latérale homonyme

HM Hémorragie méningée

HSD Hématome sous-dural

IRM Imagerie par résonnance magnétique

MAV Malformation artério-veineuse

MC Métastase cérébrale

NORB Névrite optique rétro-bulbaire

PC Perte de connaissance

PL Ponction lombaire

PUM Potentiel d’unité motrice

ROT Réflexe ostéo-tendineux

RPM Résidu post-mictionnel

SEP Sclérose en plaques

SIIPS Soins infirmiers individualisés à la personne soignée

SN Système nerveux

SNA Système nerveux végétatif ou autonome

SNC Système nerveux central

SNG Sonde naso-gastrique

SNP Système nerveux périphérique

SNP Système nerveux parasympathique

SN Système nerveux ortho-sympathique

SPECT Single Photon Emission Computed Tomography

TB Tronc basilaire

TC Traumatisme crânien

TCP Tumeur cérébrale primitive

TEMP Tomographie par émission monophotonique

TEP Tomographie par émission de positons

UM Unité motrice

VNC Vitesse de conduction nerveuse

 

 

 

CH. 1. LA DEMARCHE INFIRMIERE FACE AUX PERSONNES ATTEINTES D’AFFECTIONS DU SYSTEME NERVEUX

 

1.1. ACCUEIL ET PRISE EN CHARGE DU PATIENT ET DE SA FAMILLE

 

1.1.1. COMMENT ENTRE-T-ON EN SERVICE DE NEUROLOGIE ?

 

Devant un symptôme persistant tel que céphalée, perte de sensibilité, atteinte de la mobilité physique, perte de al mémoire... il existe plusieurs cas :

– Consultation du médecin traitant qui, après un examen général et/ou des examens complémentaires, oriente la personne vers un neurologue.

– La personne consulte directement un neurologue qui, à partir d'un examen neurologique approfondi et d'examens complémentaires (scanner, IRM...), va déterminer ou orienter un diagnostic et mettre en place un traitement. Ce même neurologue assurera le suivi du patient tout au long de sa maladie.

Installation d'emblée d'un symptôme grave, voire menaçant le pronostic vital : la personne est adressée au service des rugences pour être réorientée ensuite vers un service de neurologie ou de neurochirurgie.

 

1.1.2. L'HOSPITALISATION

 

– Un diagnostic a pu être réalisé suite aux examens réalisés en ville : le médecin détermine avec le patient une hospitalisation de jour (retour au domicile le soir), de semaine (inférieure à 5 jours en semaine) ou traditionnelle, afin de débuter le traitement.

Le neurologue n'a pas établi le diagnostic ou il est incertain : il organise alors avec les secrétaires et les infirmiers du service une hospitalisation pour effectuer les examens complémentaires nécessaires.

 

1.1.3. ACCUEIL DANS LE SERVICE

 

Une hospitalisation est toujours source d'anxiété. Le rôle de l'équipe médicale est capital à ce moment précis..

 

Accueil et rôle infirmier en 4 points

1. Il faut assurer un accueil chaleureux et rassurant tout d'abord, en présentant le service et les différentes personnes du service présentes. Il est important que ce moment se déroule dans la sérénité afin de ne pas provoquer de stress supplémentaire.

Etablir l'admission administrative, entrer le patient dans le système informatique de l'hôpital, sortir son dossier.

Organiser le dossier infirmier et faire le recueil de données. Cette étape permet de déterminer les degrés d'autonomie du patient, ses besoins ainsi que les diagnostics infirmiers. Si des problèmes sociaux se posent, c'est dès ce moment qu'il faut contacter l'assistante sociale.

Enfin, fournir au patient et à sa famille les informations relatives au séjour : téléphone, télévision, fonctionnement de la sonnette, horaires des visites..., et l'inviter à solliciter l'équipe en cas de besoin.

 

En neurologie, les patients peuvent présenter un handicap moteur et/ou des troubles de la conscience dont il faut évaluer le degré et en informer l'équipe afin de mettre en place rapidement les actions appropriées.

 

1.2. SOINS INFIRMIERS SPECIFIQUES

 

1.2.1. SOINS TECHNIQUES

 

1.2.1.1. PROTOCOLES D'EXAMENS

 

Les examens, en neurologie, sont très nombreux. Ils permettent d'affirmer ou d'infirmer un diagnostic, de suivre l'évolution de la maladie.

Le rôle de l'infirmier est d'informer le patient de l'examen, de lui expliquer l'intérêt et le déroulement de celui-ci. L'infirmier utilisera, si besoin, les protocoles de préparation liés à l'examen.

Il est important d'être à l'écoute du malade ; en effet, tout examen est source d'angoisse.

Les examens faits le plus souvent en neurologie sont :

– un examen clinique : il est pratiqué par le médecin et permet d'émettre des hypothèses diagnostiques et d'orienter les examens complémentaires ;

– imagerie neuroradiologique : radio du crâne, scanner, IRM (voir Démarche infirmière p 147), échodoppler, doppler transcrânien, artériographie cérébrale, myélographie (voir Démarche infirmière p 148), SPECT (Single Photon Emission Computed Tomography) ;

explorations électrophysiologiques : EEG, EMG, polysomnographie, potentiels évoqués ;

ponction lombaire ;

biopsie neuromusculaire (voir Protocole de soins p 125) ;

prélèvements sanguins : immunologie, biochimie, hématologie et microbiologique ;

d'autres examens peuvent être nécessaires pour affiner le diagnostic.

 

1.2.1.2. GESTES TECHNIQUES

 

– Utilisation de produits cytotoxiques et usage de la chambre implantable pour les patients ayant une tumeur cérébrale ;

alimentation entérale et parentérale (pose de sonde naso-gastrique, soins et surveillance d'une sonde de gastrostomie) ;

aspiration bronchique.

 

Les autres gestes techniques (prélèvements veineux et artériels ; injections sous-cutanées, intramusculaires, intraveineuses ; pose et surveillance de cathéter court ; pose et surveillance de sonde urinaire ; administration de traitement intraveineux...) sont les mêmes que dans les autres spécialités.

 

1.2.1.3. PROTOCOLES DE TECHNIQUES DE SOINS

 

En neurologie, il existe surtout des protocoles thérapeutiques qui incluent bien sûr une technique de soins :

– bolus de corticoides pour les patients ayant une sclérose en plaques ;

– protocoles de chimiothérapie pour les patients ayant une tumeur cérébrale ;

protocole d'immunoglobuline pour les patients ayant une neuropathie périphérique ;

protocole d'administration d'antiépileptiques en urgence.

 

Ces protocoles doivent être signés par un médecin référent pour être validés et utilisés.

Ces protocoles mentionnent :

– l'indication de ce type de traitement ;

la voie et le mode d'administration ;

les examens et la surveillance à faire avant et/ou pendant et/ou après le traitement.

Le protocole est un outil de travail pour l'infirmier.

 

ATTENTION !

Pour appliquer un protocole, il faut une prescription médicale complète.

 

A côté des protocoles thérapeutiques, on peut trouver :

– protocole d'isolement infectieux et protecteur ;

protocole de prélèvements lors de suspicion de maladie de Creutzfeldt-Jacob ;

protocole de gestes techniques (mentionnés auparavant) mais qui sont propres à chaque service (chacun a sa façon de faire!).

 

1.2.2. SOINS EDUCATIFS ET RELATIONNELS

 

1.2.2.1. EDUCATION ET INFORMATION

 

TRAITEMENTS ET PATHOLOGIES

 

Il est important d'expliquer l'intérêt des traitements, le respect des horaires de prises, le besoin de régularité.

Rappeler qu'il ne faut jamais arrêter brutalement un traitement en dehors d'une prescription médicale (surtout chez les épileptiques et les parkinsoniens), respecter les doses prescrites.

Favoriser la prise au cours des repas pour éviter les brûlures d'estomac.

Apprendre au patient à reconnaître les effets secondaires pour les signaler, mais aussi l'efficacité.

 

HYGIENE DE VIE AU QUOTIDIEN

 

ALIMENTATION.

De manière générale, l'alcool et les excitants sont à éviter, surtout lors de la prise de traitements antiépileptiques où ils sont formellement déconseillés.

Si le patient suit un régime sans sel, revoir avec lui les aliments autorisés ; si besoin organiser une rencontre avec la diététicienne, lui rappeler qu'il existe du sel de substitution en l'absence de contre-indications.

 

LOISIRS ET ACTIVITES.

Il faut continuer dans la mesure du possible les activités antérieures en respectant le temps de repos. C'est un atout capital pour garder le moral, il est important de conserver une vie sociale et relationnelle satisfaisante.

 

HANDICAP.

Il est parfois nécessaire d'adapter l'environnement lorsque la mobilité physique est atteinte ; il faut alors mettre le patient et sa famille en relation avec le kinésithérapeute, l'ergothérapeute, les associations...

 

LE SUIVI MEDICAL

 

Expliquer à quel point il est important d'être rigoureux sur le plan médical, par le respect des rendez-vous, des examens de contrôle.

 

1.2.2.2. PRISE EN CHARGE PSYCHOLOGIQUE

 

Les personnes atteintes d'une affection du système nerveux peuvent présenter à plus ou moins long terme des troubles moteurs, visuels, urinaires, des fonctions supérieures...

Tous ces bouleversements deviennent parfois invalidants, entraînant une dépendance, et même une altération de l'image corporelle, de l'estime de soi.

Le retentissement sur la vie quotidienne et les activités professionnelles, sociales et familiales, est parfois considérable. Certains patients et même leur entourage proche sont souvent en détresse psychologique.

La présence et l'écoute sont indispensables, l'équipe est un repère. Il ne faut pas hésiter à solliciter l'aide du psychologue. Le soutien moral est complémentaire du traitement médical.

 

1.2.3. PRISE EN CHARGE DE LA DOULEUR

 

Les douleurs en neurologie sont d'origine très variées : douleurs purement neurologiques (fourmillements, brûlures, céphalées parfois très intenses, décharges électriques, broiements), douleurs d'origine psychologique, ainsi que les douleurs liées à l'altération de l'état cutané et à l'alitement ou en relation avec d'autres pathologies.

Le dépistage de la douleur est parfois difficile car de nombreux patients présentent une altération de la communication verbale, voire une aphasie, des troubles de la conscience ou une confusion.

L'infirmier doit s'adapter en repérant des signes ou des attitudes évoquant la douleur. Il est important de travailler en équipe pour cette évaluation et de faire de la douleur une priorité notamment pour aborder les soins d'hygiène (voir p 58).

 

1.2.4. SOINS D'HYGIENE ET DE CONFORT

Les soins d'hygiène et de confort sont des actes de soins infirmiers relevant du rôle propre de l'infirmier. Ils s'effectuent en collaboration avec les aides-soignants et autres acteurs de soins (article R. 4311-5 du décret n° 2004-802 du 29 juillet 2004).

De nombreuses pathologies en neurologie peuvent rendre, à plus ou moins long terme, le patient dépendant, c'est-à-dire ayant perdu toute ou partie de son autonomie. Ce patient (qu'il soit dans une phase curative ou palliative) nécessitera une attention particulière, notamment pour les soins d'hygiène et de confort.

Les soins d'hygiène permettent d'assurer la propreté du corps et d'en préserver l'intégrité. L'infirmier doit tenir compte des besoins du patient, mais aussi de ses habitudes. C'est un moment très privilégié puisqu'il favorise les échanges verbaux mais aussi le contact physique.

Les soins de confort (tout ce qui constitue le bien-être) demandent à l'infirmier d'avoir une attention particulière aux besoins du corps. Il/elle doit être attentif à tout symptôme pouvant conduire à un inconfort. Son rôle sera donc de prévenir les inconforts, de les corriger, d'en atténuer les effets.

 

1.3. PLAN DE SOINS INFIRMIERS

 

1.3.1. METHODOLOGIE DE LA DEMARCHE DE SOINS

 

DEFINITION.

C'est un processus intellectuel par lequel l'infirmier détermine, met en œuvre et évalue les actions du rôle propre infirmier dans le cadre d'un contrat de soins avec la personne soignée. Elle doit être opérationnelle, c'est une aide pour atteindre la finalité : le soin.

 

LE RECUEIL DE DONNES.

C'est la première étape ; elle sera réalisée grâce à différents moyens :

– l'observation ;

l'entretien avec le patient et/ou son entourage ;

le dossier médical : il fournit des informations concernant les précédentes hospitalisations, rendez-vous médicaux...

 

L'ANALYSE.

Il s'agit de rassembler, scruter, décomposer, comprendre les informations obtenues afin d'identifier le ou les problèmes posés ; le but étant d'aboutir aux notions de dépendance et d'indépendance.

 

LA POSE DU DIAGNOSTIC INFIRMIER.

Il est composé d'un énoncé, de facteurs favorisants et des signes observés.

 

LES OBJECTIFS DE SOINS.

C'est la formulation du résultat attendu chez le patient à l'issue des interventions : les actions de soins.

 

EVALUATION, REAJUSTEMENT.

Il s'agit d'apporter une appréciation sur le travail et un jugement sur l'atteinte ou non des objectifs. On aboutit éventuellement à une révision des actions de soins.

 

1.4. DIAGNOSTICS INFIRMIERS PREVALENTS

 

1.4.1. DEFINITION GENERALE

 

D'après l'ANADI : « le diagnostic infirmier est l'énoncé d'un jugement clinique sur les réactions d'une personne, d'une famille ou d'une collectivité, à des problèmes de santé présents ou potentiels, ou à des processus de vie. C'est à partir des diagnostics infirmiers que l'infirmier choisit les interventions visant la promotion ou le recouvrement de la santé. »

 

1.4.2. DEFINITION DES DIAGNOSTICS PREVALENTS

 

Les diagnostics prévalents sont les diagnostics le plus souvent rencontrés dans la spécialité.

 

1.4.3. LISTE DES DIAGNOSTICS PREVALENTS EN NEUROLOGIE PAR MALADIE

 

Voir tableau 1.2.

 

Tableau 1.2. Liste des diagnostics prévalents en neurologie par maladie.

 

ACCIDENTS VASCULAIRES CEREBRAUX

Mobilité physique réduite

Communication verbale altérée

Incapacité partielle ou totale d'accomplir les soins personnels

Entretien inefficace du domicile

Déficit de soins personnels : s'alimenter

Négligence de l'hémicorps

Diminution chronique de l'estime de soi, ou, de l'image corporelle

Irrigation tissulaire inefficace

Trouble de la perception sensorielle

Maintien inefficace de l'état de santé

Exercice du rôle perturbé

 

EPILEPSIE

Connaissances insuffisantes (par rapport à sa maladie, son traitement)

Risque de traumatisme

Diminution chronique de l'estime de soi, de l'image corporelle

Déni non constructif

Stratégies d'adaptation individuelles inefficaces

 

SCLEROSE EN PLAQUES

Mobilité physique réduite

Trouble de la perception sensorielle (visuelle, kinesthésique, tactile)

Elimination urinaire altérée

Opérations de la pensée perturbées

Incapacité partielle ou totale d'accomplir ses soins d'hygiène

Entretien inefficace du domicile

Sentiment d'impuissance

Stratégies d'adaptation familiale compromises

 

SCLEROSE LATERALE AMYOTROPHIQUE

Mobilité physique réduite

Mode de respiration inefficace

Incapacité partielle ou totale d'avaler

Communication verbale altérée

Deuil anticipé

Risque de tension dans l'exercice du rôle de l'aidant naturel

Risque de fausse route

Incapacité partielle ou totale d'accomplir ses soins personnels

Entretien inefficace du domicile

 

MALDIE DE PARKINSON

Mobilité physique réduite

Déficit de soins personnels : se laver/effectuer ses soins d'hygiène

Déficit de soins personnels : s'alimenter

Communication verbale altérée

Risque de fausse route

Risque de syndrome d'immobilité

 

SYNDROME GUILLAIN ET BARRE

Mode de respiration inefficace

Trouble de la perception sensorielle

Mobilité physique réduite

Peur ou anxiété

 

TUMEUR CEREBRALE

Douleur aigue ou chronique

Opérations de la pensée perturbées

Trouble de la perception sensorielle

Incapacité partielle ou totale d'accomplir ses soins personnels

Communication verbale altérée

Mobilité physique réduite

Deuil anticipé

 

PYASTHENIE

Mode de respiration inefficace ou dégagement inefficace des voies respiratoires

Communication verbale altérée

Déficit de soins personnels : s'alimenter

Mobilité physique réduite

Trouble de la perception sensorielle

Anxiété

 

COMA (INCONSCIENCE)

Risque de syndrome d'immobilité

Incapacité totale d'accomplir ses soins personnels

Risque de suffocation

Incapacité de maintenir une respiration spontanée

Mode de respiration inefficaces

 

PARAPLEGIE

Mobilité physique réduite

Trouble de la perception sensorielle (kinesthésique et tactile)

Incontinence urinaire réflexe

Image corporelle perturbée

Dysfonctionnement sexuel

Exercice du rôle perturbé

Incapacité partielle ou totale d'accomplir ses soins personnels

Deuil anticipé

Entretien inefficace du domicile

 

1.5. LES TRANSMISSIONS INFIRMIERES

 

Il s'agit d'un compte-rendu des actions réalisées auprès du patient et de sa famille sur une période donnée.

C'est le moment clé pour l'équipe qui prend en charge le patient pour assurer la continuité des soins.

LES TRANSMISSIONS SONT ORALES ET ECRITES :

– Ecrites : Elles doivent être claires, précises, lisibles, datées et signées. En neurologie, on insistera particulièrement sur la vigilance, la mobilité physique, l'état psychologique, la communication verbale ou non verbale, la douleur. Les patients sont très fluctuants, notamment sur le plan de la conscience.

– Orales : C'est un moment d'échange et de communication entre les équipes ; elles sont complémentaires et concourent à une prise en charge globale et de qualité du patient.

En neurologie, les transmissions portent plus particulièrement sur :

– l'état de conscience et de vigilance du patient ;

les déficits sensitifs moteurs dont la mobilité physique du patient ;

l'état cutané ;

la communication.

 

1.6. SOINS INFIRMIERS INDIVIDUALISES A LA PERSONNE SOIGNEE (SIIPS)

 

1.6.1. CRITERES D'EVALUTATION DE LA QUALITE DES SOINS ET DES RESULTATS

 

La méthode dite des SIIPS (soins infirmiers individualisés à la personne soignée) est un moyen d'apprécier quantitativement, globalement et synthétiquement, les soins infirmiers lors du séjour d'un malade.

Ainsi, il est possible de :

– connaître les structure et l'intensité des soins pour le séjour de chaque patient ;

visualiser l'évolution et la variabilité des soins ;

aider à) optimiser les ressources ;

repérer certains aspects de l'organisation du travail.

La méthodologie des SIIPS s'appuie sur quatre principes :

– la démarche de soins ;

le dossier de soins infirmiers ;

le classement des soins ;

l'appréciation de l'ensemble des soins demandés par le patient.

La grille des SIIPS s'appuie sur trois fonctions de soins :

– soins de base : alimentation, locomotion, élimination, hygiène et confort ;

– soins techniques : tout soin fait directement au lit du malade ;

soins relationnels et/ou éducatifs (malades et/ou familles).

Des coefficients, allant de 1 (patient autonome) à 20 (patient totalement dépendant), sont attribués à ces différents soins (voir tableau 1.3.p 11). La cotation s'effectue chaque jour (le moment est choisi par l'ensemble de l'équipe), et est reportée sur la feuille de cotation. Elle sera enlevée du dossier infirmier à la sortie du patient et transmise aux personnes intéressées.

 

1.7. SECURITE SANITAIRE

 

1.7.1. TRACABILITE DES IMMUNOGLOBULINES IINTRAVEINEUSES

 

DEFINITION DE LA TRACBILITE : toute mesure qui permet, à partir d'une identité enregistrée, de retrouver à la fois l'historique, l'utilisation et la localisation d'un produit sanguin.

 

BUT : assurer une sécurité optimale pour le patient.

Les immunoglobulines humaines sont un produit dérivé du sang issu d'un grand nombre de donneurs.

Leurs indications en neurologie sont les suivantes :

– polyradiculonévrite aigue ou chronique ;

neuropathie multifocale avec bloc de conduction moteur ;

neuropathie associée à une gammapathie monoclonale dans certains cas ;

myasthénie ;

polymyosite.

La feuille de traçabilité doit être remplie au moment de la pose de chaque flacon. Elle sera ensuite envoyée à la pharmacie. Le double (feuille rose) sera conservé dans le dossier transfusionnel.

Toute apparition d'effets secondaires (malaise, fièvre, frisson, dyspnée, tachycardie...), doit être signalée sur la feuille de traçabilité et faire l'objet d'un appel au service de pharmacovigilance de l'hôpital et au médecin du service.

 

1.7.2. PRECAUTIONS D'HYGIENE A PRENDRE LORS DE L'HOSPITALISATION DE PATIENTS ATTEINTS DE LA MALADIE DE CREUTZFELDT-JACOB

 

En référence à la circulaire n° 138 du 13 mars 2001, des recommandations précises relatives à l'ESST ont été proposées à tous les établissements hospitaliers afin d'éviter la contamination de l'agent de la maladie de « Creutzfeldt-Jacob » :

– évaluer le niveau de risque pour les patients ;

évaluer les actes à risque ;

mettre en œuvre des procédures d'inactivation des agents infectants.

Pour les actes comportant un contact avec les tissus considérés comme potentiellement infectants (moelle, tissu cérébral, méninge, tissu lymphoide), il est recommandé d'utiliser en 1er choix des dispositifs médicaux à usage unique. Le matériel recyclé doit faire l'objet d'une traçabilité spécifique pour chaque patient.

 

DANS L'HYPOTHESE D'UNE CONTAMINATION, tout le matériel utilisé subit une procédure de décontamination, les dossiers patients sont examinés afin d'identifier les personnes pouvant avoir subi des actes contaminants et les informer.

 

DANS L'HYPOTHESE D'UN PATIENT ATTEINT DE LA MALADIE DE CREUTZFELDT-JACOB :

– Isolement : nécessité d'une chambre individuelle (malade dépendant parfois agité) ; housse pour les matelas, oreillers, traversins, linge à usage unique, matériel de soin dans la chambre (boîte à aiguilles, antiseptiques...) ; extérieur de la chambre : surblouses, gants, masques...

– Protection du personnel : ce sont les précautions habituelles concernant les produits biologiques (sang, sécrétion...) avec une particularité pour la ponction lombaire : se référer au protocole en vigueur au sein de l'hôpital (double emballage des tubes et prévenir les différents laboratoires, protection avec visière, tablier...)

En cas de décès : une autopsie est toujours proposée et très conseillée (visée diagnostique et scientifique). Solliciter la famille et prévenir le service d'anatomopathologie ainsi que le personnel de l'amphithéâtre, l'incinération est recommandée.

 

1.7.3. MALADIES A DECLARATION OBLIGATOIRE

 

Elles sont au nombre de deux en neurologie :

– méningite ;

maladie de Creutzfeldt-Jacob.

 

1.8. SORTIE DU PATIENT

 

1.8.1. PREPARATION ET DECISION DE SORTIE

 

La sortie du patient se décide généralement après une concertation de l'équipe pluridisciplinaire se composant du médecin, du cadre infirmier, de l'infirmier et de l'assistante sociale, puis dans un second temps avec le patient et/ou la famille.

La concertation de l'équipe médicale et paramédicale permet que la sortie se fasse dans les meilleures conditions ; en effet, une réflexion commune évite de commettre des erreurs. Bien sûr, la décision revient toujours au médecin.

 

1.8.2. LES DIFFERENTS MODES DE SORTIE

 

– Retour au domicile : il peut être envisagé pour tout patient qu'il soit autonome, semi-dépendant, dépendant ou palliatif. La différence se fera au niveau de la prise en charge. Pour tout patient, il faut s'assurer qu'il a des ressources humaines, financières, matérielles suffisantes pour le retour à domicile (voir auprès de l'assistante sociale).

Il existe des services tels que Santé service, hospitalisation à domicile, soins palliatifs à domicile, ou tout simplement les infirmières libérales qui assurent les soins auprès de ces patients.

– Transfert dans une autre unité de soins tels que centre de rééducation, long séjour, moyen séjour, maison de repos, ou service hospitalier.

Transfert dans une unité de soins palliatifs : il s'adresse à des patients ayant une maladie grave, évolutive ou terminale et dont la prise en charge devient difficile (apparition de douleurs physiques et autres symptômes difficiles à soulager, souffrance morale, spirituelle, sociale...).

Sortie contre avis médical : le patient doit signer une décharge devant un médecin qui l'informe des risques qu'il encourt. L'infirmier note en détail dans son dossier de soins cet événement.

Décès du patient : suivre le protocole validé par le service.

 

POUR TOUTE SORTIE :

– Planifier et envisager la sortie avec le patient et/ou l'entourage.

Rencontrer les personnes ressources et s'assurer qu'il n'y a pas de problèmes sociaux, matériels...

Vérifier que la date de la prochaine hospitalisation et/ou des examens et/ou des consultations est bien indiquée sur les papiers de départ.

Contrôler les documents remplis par le médecin : ordonnances médicales (traitement, matériels...), ordonnance de soins paramédicaux (infirmiers, kiné, orthophonie...), bon de transport, arrêt de travail. Ces documents doivent être signés, datés, tamponnés ; doit aussi être indiquée la durée du traitement, des séances, de l'arrêt.

S'assurer que le patient et la famille ont eu toutes les informations nécessaires et ne partent pas avec des points non éclaircis.

Pour les patients allant dans un autre service, ne pas oublier de faire une fiche de liaison. Celle-ci doit mentionner le nom du patient, un résumé de l'hospitalisation, son état actuel, les problèmes réels et potentiels, les soins paramédicaux qu'il reçoit, les soins effectués avant son transfert. Une bonne fiche de liaison permet une bonne continuité des soins.

A chaque sortie, l'infirmier fait ses transmissions dans le dossier de soins puis le range dans le dossier médical qui sera ensuite archivé.

 

1.8.3. PATIENT DEPENDANT

 

Voici les différents cas de figure :

 

MAINTIEN A DOMICILE POSSIBLE : mise en place d'une hospitalisation à domicile (HAD), en lien étroit avec le médecin traitant.

 

SERVICE DE LONG OU MOYEN SEJOUR, centre de rééducation.

 

SI LE PATIENT EST DANS UNE PHASE DE SOINS PALLIATIFS

– maintien à domicile avec HAD.

Unité de soins palliatifs.

Hospitalisation dans le service référent jusqu'au décès.

 

La sortie d'un patient peut être simple en se résumant à quelques formalités (prise de rendez-vous), mais parfois elle mobilise l'ensemble de l'équipe médicale, infirmière, sociale pour trouver la solution la plus appropriée au patient et à sa famille.

Cette organisation prend souvent beaucoup de temps, mais il est important de prendre les bonnes décisions : la qualité de vie en dépend.

 

 

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Publié dans I.F.S.I.

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