DEA 40
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Compétence : utiliser les techniques préventives de manutention et les règles de sécurité pour l’installation et la mobilisation des patients.
OBJECTIFS DE FORMATION
Etre capable de :
- Identifier et appliquer les principes d’ergonomie et de manutention lors des mobilisations, des aides à la marche et des déplacements :
- o Principes de base d’ergonomie et de manutention
- o Le matériel nécessaire à la manutention et au transport
- o Les techniques de déplacement.
- Identifier et appliquer les règles de sécurité et de prévention des risques, notamment ceux liés aux pathologies et à l’utilisation du matériel médical :
- o Règles de base de prise en charge d’un patient
- o Prises en charge particulières et transport en fonction des pathologies, des handicaps ou de certains appareillages
- o Prise en charge et transport des patients appareillés
- o Prise en charge et transport des patients agités et/ou agressifs
- Installer le patient en tenant compte de ses besoins, de sa pathologie, de sa douleur et des différents appareillages médicaux :
- o Tenir compte des besoins physiologiques du patient et de son confort
- o Prévenir l’apparition d’escarres
- o Les techniques d’installation
- o Les techniques de transfert.
1. IDENTIFIER ET APPLIQUER LES PRINCIPES D’ERGONOMIE ET DE MANUTENTION DES MOBILISATIONS, DES AIDES A LA MARCHE ET DES DEPLACEMENTS
La manutention des malades, des blessés et des handicapés est le cœur du métier de l’ambulancier. Il est important de connaître des méthodes de manutention afin de ne pas blesser ou aggraver l’état de santé du patient, lors de son installation et/ou de sa mobilisation. Il faut également que l’utilisation de ces méthodes ne soit pas dangereuse pour l’ambulancier afin de le préserver des conséquences du port de charge.
1.1.1. COMPLICATIONS PHYSIOLOGIQUES DU PORT DE CHARGE
Les principales complications se situent au niveau dorsal et plus particulièrement au niveau de la zone lombaire. Lors de mobilisations de charge avec une mauvaise ergonomie les disques intervertébraux souffrent et peuvent être endommagés.
VERTEBRES ET COLONNE VERTEBRALE
7 cervicales dont les deux premières Atlas et Axis
12 dorsales
5 lombaires
Sacrum
Coccyx
VERTEBRES
Le disque intervertébral (1), situé entre chaque vertèbre, dont il recouvre le corps vertébral, assure le rôle d’amortisseur du poids du corps et l’articulation de la colonne vertébrale. La moelle épinière passe à l’intérieur du canal vertébral (2).
VERTEBRE VUE DE DESSUS
1
2
Si le disque est soumis à des contraintes trop importantes, cela peut provoquer un accident au niveau du dos, dont les principales complications sont :
- Lumbago Blocage musculaire consécutif à une sollicitation inappropriée d’un disque intervertébral.
- Sciatique Inflammation du disque intervertébral qui vient comprimer le nerf sciatique
- Hernie discale Hernie du disque intervertébral avec parfois rupture et perte de substance, le disque appuie sur la moelle au niveau du trou vertébral.
- Tassement discal Disparition d la fonction « amortisseur » du disque intervertébral avec risque de tassement vertébral et de compression de la zone médullaire.
Ces lésions peuvent être de deux types :
- L’accident lombaire d’effort consécutif à un travail avec une mauvaise posture dorsale qui entraîne une lésion immédiate des disques intervertébraux
- La lésion consécutive à l’usure, le vieillissement et des maladies peut être la cause mais c’est surtout une mauvaise ergonomie dans des gestes répétitifs de la vie quotidienne qui entraîne des lésions des disques intervertébraux.
1.1.2. CONSEQUENCES DU PORT DE CHARGE
Lors du port d’une charge, si le poids est levé à la force des bras avec le dos courbé, la sollicitation pour les disques intervertébraux multiplie par 15 le poids porté.
Schéma : poids de 20 kg, équivaut à 300 kg dans le dos.
Si le même poids est levé en maintenant le « dos droit » en utilisant la force des cuisses, la sollicitation pour les disques intervertébraux ne multiplie plus que par 3 le poids porté.
Schéma : poids de 20 kg, équivaut à 60 kg dans le dos, si on maintient le dos droit.
1.1.3. BONNES POSTURES
Il est important que l’ambulancier applique et fasse appliquer (collègues, stagiaires), systématiquement, les postures qui garantissent une protection maximale du dos, lors des manutentions, relevages et brancardages mais également lors de tous les actes techniques.
FICHE ATTITUDE 4.1. LES PRINCIPES DE BASE DE LA MANUTENTION
VERROUILLER LE DOS
- Maintenir le dos droit, c’est-à-dire conserver la position naturelle du dos.
- Garder la tête droite
- Epaules légèrement en arrière
- Expirer durant l’effort
ETRE STABLE
- Travailler jambes suffisamment écartées
- Décaler ses pieds
- Poser les talons au sol
UTILISER LES MEMBRES INFERIEURS
- Fléchir les jambes
- Utiliser la force des cuisses
SE RAPPROCHER DE LA CHARGE
Superposer les centres de gravité, pour ce faire :
- Se placer au-dessus de la charge
- Régler les supports (monter ou descendre lit ou brancard)
- Utiliser des aides techniques
LES PRISES
- Porter bras tendus
- Assurer des prises solides et non douloureuses.
PRINCIPALES POSTURES ADOPTEES A LA MOBILISATION DES MALADES
Positionnement des membres supérieurs
- Les mains en cuiller Les mains sont positionnées pouce et doigts à plats pour ne pas pincer.
- La dragonne Les mains saisissent les poignets. Cette position évite de glisser.
- L’arche Barre d’appui ou de portage, le poids repose sur les avants bras.
Positionnement des membres inférieurs
- La fente latérale fléchie Passage d’une jambe à l’autre, d’avant en arrière ou en latéral
- Le trépied Un genou au sol, un genou levé : position qui permet d’attendre
- L’haltérophilie Jambes fléchies, le poids est levé par une poussée verticale.
1.1.4. REGLES DE BASE D’UNE BONNE MANUTENTION
FICHE ATTITUDE 4.2. LES REGLES D’UNE BONNE MANUTENTION
Réunir plusieurs conditions
- Conditions physiques Ne pas être affaibli par une maladie ou un traitement médical lourd
- Conditions vestimentaires Vêtements amples
Chaussures antidérapantes couvrant les orteils
Pas d’objets préhensibles (cravate, chaine…)
- Conditions matérielles Connaître le matériel (notamment le brancard)
Vérifier le matériel
Manipulation à deux lors de la descente du brancard avec une personne dessus.
Utiliser les freins.
- Conditions d’hygiène spécifiques Cheveux attachés
Ongles courts et propres
Poignets et avants bras dénudés (pas de bijoux, manches courtes)
Savoir travailler en équipe et savoir diriger une manutention
- Anticiper Evaluer la charge (poids, taille, gabarit…)
Adapter le nombre d’ambulanciers à la charge et à la pathologie
Dégager les lieux (fil de téléphone, tapis, meubles, portes, animaux domestiques…)
Préparer le parcours (minuterie, largeur, ascenseur, gabarit…)
Préparer et vérifier le matériel.
- Positionner Positionner les ambulanciers
Répartir la charge en fonction du poids et de la morphologie des ambulanciers
Expliquer succinctement la technique et s’assurer de la compréhension de tous.
Rappeler les ordres
Se positionner (souvent à la tête) afin de voir tous les opérateurs
Respecter et faire respecter les règles de base d’ergonomie.
- Commander Annoncer des ordres précis d’une voix ferme et forte, pour chaque étape clé de la technique (les ordres doivent être compréhensibles, notamment quand l’ambulancier travaille avec d’autres services).
Connaître les précautions spécifiques à la manipulation d’un malade, d’un blessé ou d’un handicapé
- Pathologie L’ambulancier connaît la pathologie, avant de manipuler (renseignements fournis par l’équipe médicale sur place, par le patient, par son entourage ou par l’évaluation de l’état clinique)
« Quelles sont les précautions pour le déplacer ? », « Le malade peut-il marcher ? », « Le malade peut-il être assis ? ».
Il adapte la manutention à l’état du malade.
- Communication L’ambulancier explique la manutention au malade et le fait participer.
- Appareillage L’ambulancier gère l’appareillage médical (perfusion, sonde urinaire…), il est vigilant au risques d’arrachement et de « clampage » accidentel (coude, nœuds, compression…).
Il gère l’appareillage du handicap (orthèses et prothèses)
Il adapte la technique et utilise l’aide apportée par l’appareillage
Il est vigilant sur les risques de luxation ou déboitement des prothèses.
- Confort et sécurité L’ambulancier veille au confort et à la sécurité du patient lors de sa manipulation et de son installation
Il prend en compte sa douleur et sa souffrance (cf. module 2)
Il prévient l’apparition et la formation d’escarres.
FICHE MATERIEL 4.1. LE BRANCARD (CHARIOT + CIVIERE)
Rôle
Permet le portage, le brancardage et le chargement dans l’ambulance.
Composition
Le brancard est composé de deux parties :
- Le chariot ou portoir (A1)
- La civière ou brancard portable (A2).
Le chariot est une structure en métal léger et résistant. Il est doté de ridelles, d’un cale-pieds et d’un pied à perfusion.
Il comporte :
- 4 poignées télescopiques (B1)
- 2 roulettes de guidage dans le rail pour le chargement (B2)
- 2 roues fixes ou pivotantes à l’avant du chariot (B3)
- 2 roues fixes ou pivotantes à l’arrière du chariot (B4)
- 1 manette de déblocage des roues arrière (B5)
- 1 manette de déblocage des roues avant
- 1 système de séparation de la civière et du chariot.
Les bras avec roues du chariot sont repliables afin de :
- Charger le brancard dans une ambulance
- Descendre l’ensemble « chariot + civière » au sol (C)
- De baisser seulement un des bras du chariot afin de réduire la hauteur de la tête ou des pieds du brancard (uniquement sur des chariots qui possèdent des positions intermédiaires). (D).
La civière est une structure en métal léger et résistant défini par la norme européenne 1865. Elle peut être séparée du chariot et permet ainsi la mise en œuvre de technique de relevage et de brancardage.
Elle comporte :
- 4 pieds ou roulettes qui permettent l’installation sur le chariot
- Des sangles de fixation
- Un matelas de confort
- Une têtière qui permet l’installation en demi assis (E)
- Les membres inférieurs peuvent être relevés ou fléchis (F)
La civière est recouverte d’une toile tendue ou une planche métallique (complète ou partielle) qui permet les manœuvres de RCP sur la civière.
PHOTOS
A 1. Chariot ou portoir 2. Civière ou brancard portable
B 1. 4 poignées télescopiques 2. 2 roulettes de guidage dans le rail, sous le brancard, mais en l’air
3. 2 roues fixes ou pivotantes à l’avant du chariot 4. 2 roues fixes ou pivotantes à l’arrière du chariot
5. Manette de déblocage des roues arrière.
C Ensemble chariot+civière au sol
D baisser un des bras du chariot ou les deux, afin de réduire la hauteur de la tête ou des pieds de moitié, ou les deux (brancard bras écartés = pieds à 45 °)
E Une têtière permet l’installation en demi-assis
F Les membres inférieurs peuvent être relevés et fléchis
G Sous le matelas du brancard se trouve une toile ou une planche permettant les manœuvres de RCP sur la civière.
NB : Il existe des brancards de secours qui sont en quelque sorte un filet (en cas d’urgence) (matériel militaire).
FICHE MATERIEL 4.2. LA CHAISE DE TRANSPORT
Rôle
Portage d’un patient assis. Adapté pour le brancardage dans les escaliers.
Descriptif
C’est un dispositif pliant (A) comprenant :
- Un dossier
- Un siège
- 2 montants latéraux
- Des roues (2 ou 4)
- Des poignées de portage en haut et au niveau des pieds.
La chaise repliée peut être transportée (B) et rangée dans l’ambulance (C).
Dépliage
- Saisir la chaise par les montants (D)
- Déplier les montants latéraux (E)
- Relever le siège et le fixer aux montants
- Relever le dossier et verrouiller le côté droit (F)
- Verrouiller le dossier côté gauche (G)
Pliage
- Déverrouiller le dossier (H)
- Rabattre le dossier (I)
- Ecarter les montants
- Rabattre le siège (J)
- Replier les montants (K)
Matériel complémentaire
Un harnais de portage peut être installé sur certaines chaises, il est adapté au transport dans les escaliers et c’est l’ambulancier qui porte les épaules qui l’installe, après réglage (L) et fixation sur le haut de la chaise (M).
PHOTOS
A Chaise montée posée au sol
B Chaise pliée portée par l’ambulancier à la main droite
C Chaise pliée rangée dans l’ambulance
>Dépliage
D Chaise posée par terre sur les roues, face à l’ambulancier, prête à être dépliée
E Dépliage du premier bras (droit) et du deuxième bras (gauche)
F Relever le siège et le fixer aux montants
G Fixer le côté droit, puis le côté gauche
>Pliage
H Déverrouiller le dossier
I Rabattre le dossier
J Ecarter les montants, et rabattre le siège
K Replier les montants
>Harnais
L Le harnais de portage se règle sur les épaules de l’ambulancier qui portera les épaules, avant de s’approcher de la chaise
M Le harnais se fixe par deux crochets sur le haut de la chaise
FICHE MATERIEL 4.4. LES AUTES DISPOSITIFS DE TRANSPORT
Le brancard et sa civière ne sont pas toujours pratiques à utiliser pour le relevage et le brancardage. L’ambulance peut alors être équipée de matériel complémentaire de relevage et brancardage comme notamment :
- Le matelas immobilisateur à dépression (A)
Description et composition (cf. module 1.)
- Le plan dur (B)
Description et composition (cf. module 1.)
- Le brancard dit « cuiller » (C)
Appelé aussi « brancard à aube », il permet le relevage au minimum à deux, dans les lieux exigus.
Il est composé d’un cadre tubulaire avec ses cuillères inclinées vers l’intérieur, permettant le ramassage de la victime. Les cuillers sont réglables en longueur, articulées et peuvent se séparer en deux parties, des sangles permettent d’attacher la victime (cf. module 1.)
- Le portoir souple (D)
Il permet :
- o Le relevage dans des lieux exigus par pivotement du patient
- o De faciliter les transferts notamment sur le brancard de l’ambulance
Il est composé d’un rectangle de toile renforcée avec des poignées latérales de transport (6 ou 8).
Les ambulanciers sont amenés à travailler avec d’autres professionnels du pré-hospitalier. Ils peuvent alors manipuler d’autres dispositifs de transport avant d’effectuer un transfert sur leur brancard.
- Le brancard dit ‘de catastrophe’ (E et F)
Il permet le brancardage dans tout type de situation (poste de secours, catastrophe, secours en entreprise…). Il est composé d’un brancard en tissu ou toile plastifié, les hampes sont de bois ou de métal, munies de pieds fixes ou de roulettes, il peut être pliable ou fixe.
- La barquette (G)
Structure rigide de relevage et de brancardage avec quatre bords et des sangles de maintien, elle est particulièrement adaptée pour les treuillages ou les héliportages.
PHOTOS
A Matelas immobilisateur à dépression
B Plan dur
C Brancard cuiller
D Portoir souple
E Brancard de catastrophe
F Petits brancards de catastrophe empilables
G Barquette (avec sangles et rebords).