Investissement paternel
Le comportement de l'enfant corrélé à l'investissement paternel
Le Monde.fr | 20.07.2012 à 11h08
Par Sylvie Kerviel (avec AFP)
Un bébé pouponné par son père a davantage de chances de grandir sereinement qu'un nourrisson peu porté par lui. Tel est le résultat d'une étude réalisée par des chercheurs de l'université d'Oxford et publiée par la revue Journal of Child Psychology and Psychiatry.
La présence du père durant les deux premières années d'un enfant semble favoriser sa socialisation future. | AFP/MARTIN BUREAU
Selon cette étude, publiée le 19 juillet, des interactions positives père-bébé dès l'âge de 3 mois permettent de réduire les problèmes de comportement du nourrisson à l'âge d'un an, et par la suite. Cette étude a également montré que l'impact du père était plus important chez les bébés garçons que chez les filles."Nous avons découvert que les enfants avec qui les pères avaient davantage de contacts avaient de meilleurs résultats, avec par la suite moins de problèmes de comportement. A l'inverse, les troubles étaient plus nombreux lorsque les pères étaient plus distants, perdus dans leurs pensées ou avaient moins de contacts", explique le Dr Paul Ramchandani, qui a dirigé l'étude.
Les chercheurs ont suivi 192 familles, recrutées dans deux maternités britanniques, qui ont été rencontrées à deux reprises– l'une lorsque le bébé avait 3 mois et la seconde au moment où l'enfant atteignait l'âge d'un an.
UNE MEILLEURE SOCIALISATION DE L'ENFANT
Le Dr Ramchandani précise que d'autres facteurs peuvent cependant intervenir pour expliquer un comportement perturbé. Le désengagement du père pourrait ainsi être le résultat d'une mauvaise relation de couple avec la mère ou refléter un manque général de supervision ou de soins, auquel l'enfant réagirait par un comportement agité.
D'autres études ont déjà montré l'influence sur le développement du bébé d'un investissement paternel. On a ainsi observé que les enfants dont le père était très présent avaient un meilleur quotient de coordination vision-préhension, utilisaient mieux leurs jambes et leurs bras pour résoudre des problèmes concrets.
Le psychologue Jean Le Camus, auteur de Comment être père aujourd'hui (éditions Odile Jacob), note ainsi que les pères encouragent plus et gratifient moins que les mères, en ayant moins tendance à intervenir pour résoudre les difficultés à la place de l'enfant. La présence du père durant les deux premières années semble sociabiliser davantage l'enfant. Il sera plus confiant et plus entreprenant en présence d'une personne étrangère.
Pour le pédiatre Philippe Grandsenne, auteur de Bébé dis-moi qui tu es (éditions Marabout), le père, du fait de sa position extérieure au couple mère-bébé, fait la transition entre famille et société.
Sylvie Kerviel (avec AFP)
Source : "Do early father–infant interactions predict the onset of externalising behaviours in young children ? Findings from a longitudinal cohort study", Journal of Psychology and Psychiatry, le 19 juillet 2012
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1469-7610.2012.02583.x/full
EXTRAITS DE COURS IFSI ET PSYCHIATRIE ECN :
Mégalomanie
La mégalomanie, la domination : je veux que les autres soient comme moi ; tout ce qui est autour de moi, c’est encore moi, et je vais le prouver.
Pendant du délire de persécution.
Thème délirant mégalomaniaque dans la bouffée délirante, ou délire paranoïaque chronique mégalomaniaque :
Le patient se croit investi d’une puissance extraordinaire. Il est destiné à accomplir une mission.
Dans certains cas, ce délire mégalomaniaque prend des aspects particuliers :
- Délire mystique : le sujet se croit en contact avec une divinité et se considère comme la réincarnation d’un prophète ou comme un nouveau prophète. Il crée une secte, fait des adeptes. Il peut se croire la réincarnation d’un personnage important (Napoléon)
- Délire de filiation : il se considère comme le fils d’un personnage célèbre. Au XIXè siècle, les sujets se présentaient comme Louis XVII, au XXè siècle comme les enfants du tsar de Russie. On trouve toujours des paranoïaques qui prétendent faire partie d’une famille royale.
- Délire politique : le sujet croit influencer les événements politiques, influencer les hommes politiques
- Délire scientifique : le sujet croit avoir trouvé une théorie qui explique tout, qui résout tous les problèmes, et cela sans le moindre souci de vérification.
Idéaliste passionné
Délire paranoïaque chronique idéaliste passionné :
Ces idées sont volontiers des idées généreuses, altruistes, qui deviennent des systèmes totalitaires.
Exemples d’idéalistes :
- Les régicides, qui tuent les rois, et auxquels il faut rattacher les terroristes
- Les idéalistes politiques farfelus qui prêchent des systèmes utopiques. Ils sont philanthropes, prêchent la paix et le bonheur ; mais si ils ont le pouvoir, ils deviennent des dictateurs pour imposer leur conception du bonheur et de la liberté.
- Les prédicateurs et les gourous qui fondent des sectes et des communautés, dans lesquelles ils se comportent de façon totalitaire, exerçant un pouvoir sur tous leurs adeptes, et constituant un monde fermé et séparé qui vit dans le mépris de l’extériorité. Leurs disciples sont de grands naïfs qui en fait rêvent d’avoir le pouvoir de ceux qu’ils adorent.
Personnalité narcissique
La caractéristique la plus stable de la personnalité narcissique est le sentiment de grandeur et hypertrophie de sa propre importance. A cet idéal du moi grandiose s’ajoute un besoin intense d’être admiré et aimé. Les relations interpersonnelles sont caractérisées par le manque d’empathie, par la tendance à exploiter systématiquement autrui. La jalousie ressentie vis-à-vis des autres témoigne de mécanismes de défenses archaïques d’envie et d’une mauvaise intégration de l’image de soi ; ce qui est donné à autrui lui est enlevé. L’adaptation sociale est relativement bonne en surface.
L’étiopathogénie oscille entre l’existence de sur-gratifications narcissiques durant la petite enfance et au contraire le défaut de valorisation et de contenance par la mère. C’est probablement cette seconde hypothèse qui peut expliquer le besoin perpétuel de reconnaissance et d’exigence affective.
Un exemple de personnalité narcissique est le pervers narcissique, c’est pourquoi il n’apparaît pas dans la classification du DSM IV ni dans celle du CIM 10.
DSM IV TR – Critères diagnostiques de la personnalité narcissique
Mode général de fantaisie ou de comportements grandioses, de besoin d’être admiré et de manque d’empathie, qui apparaît au début de l’âge adulte et qui est présent dans des contextes divers, comme en témoignent au moins cinq des manifestations suivantes :
1.Le sujet a un sens grandiose de sa propre importance (par exemple, surestime ses réalisations et ses capacités, s’attend à être reconnu comme supérieur sans avoir accompli quelque chose en rapport)
2.Est absorbé par des fantaisies de succès, de pouvoir, de splendeur, de beauté ou d’amour idéal
3.Pense être spécial et unique et ne pouvoir être compris que par les institutions ou des gens spéciaux de haut niveau
4.Besoin excessif d’être admiré
5.Pense que tout lui est dû, d’attend sans raison à bénéficier d’un traitement particulièrement favorable et à ce que ses désirs soient automatiquement satisfaits
6.Exploite l’autre dans ses relations interpersonnelles. Utilise autrui pour parvenir à ses propres fins
7.Manque d’empathie. N’est pas disposé à reconnaître ou à partager les sentiments et les besoins d’autrui
8.Envie souvent les autres et croit que les autres l’envient
9.Fait preuve d’attitudes et de comportements hautains.